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Juillet 2003 (page 2/3)
Sommaire du mois de Juillet : Clic
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10 Juillet 2003 |
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Michel
ELOY a écrit : |
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Voici quelques précisions
supplémentaires à la question
d'un de tes visiteurs, relative à la Xe
Légion.
Il ne faut pas confondre la Xe
légion romaine et le Xe R.P.C. (Régiment
de parachutistes coloniaux) dont parlait Jean Lartéguy
dans son roman Les Centurions. Les régiments
français ne portent pas de chiffres romains mais
arabes. Le régiment imaginaire du colonel Raspéguy,
le Xe R.P.C. [lisez ixième, un peu comme
le Duc de N*** ou mademoiselle C. dans les romans du XIXe
s.], n'est rien d'autre que le 3e R.P.C. (1)
de Marcel Bigeard, le vainqueur de la "bataille d'Alger",
avec tous les raccourcis, emprunts et extrapolations avec
d'autres bataillons ou régiments qui relèvent
de la licence poétique du romancier, ou plutôt
de sa cuisine intérieure.
Donc, la Xe légion existe.
Je l'ai rencontrée... dans mes studieuses lectures.
Pour répondre au visiteur qui s'interrogeait sur
l'existence d'une Xe légion romaine, j'aimerais
préciser qu'il n'y en eut pas qu'une mais deux,
la X Fretensis et la X Gemina. Héritières
probablement de cette Xe légion de Jules César
(SUÉTONE,
Cæs., 70),
qui participa à la conquête de la Gaule,
et dont il avait fait, sa "cohorte prétorienne".
C'est l'aquilifère (porteur de l'aigle) de la Xe
légion qui, en Grande-Bretagne, montra l'exemple
à ses camarades hésitants en débarquant
le premier (B.G., IV,
25).
Voici ce que l'on peut lire dans
le "Daremberg & Saglio", sous la plume du grand épigraphiste
R. Cagnat :
- Legio X Fretensis.
Insigne : Taureau, sanglier (galère). -
Aurait combattu, d'après M. Mommsen, dans
la guerre de Sicile contre Sextus Pompée
et aurait tiré son nom de Fretensis
du fait qu'elle aurait eu son camp pendant plusieurs
années sur le rivage du Fretum Siculum
(2)
: c'est pour cela que certains monuments figurés
relatifs à cette légion portent
l'image d'un Neptune, ou d'une galère.
Elle fut envoyée par Auguste en Syrie.
Sous Tibère, en 18, son camp était
à Cyrrhus (3).
Son histoire jusqu'en 59 se confond avec celle
de la VI Ferrata. A cette date, Corbulon
l'emmena contre les Parthes et les Arméniens,
d'où elle revint à Cyrrhus. Après
avoir calmé la révolte des Juifs
d'Alexandrie, unie à la légion V
Macedonica, elle allait avoir à se
mesurer de nouveau avec eux, dans leur pays même,
en Judée. Titus l'amena, en effet, en 67
à son père Vespasien; le légat
de la légion était alors Trajan,
le futur empereur. Elle prit part à la
plupart des opérations qui marquèrent
la guerre (prise de Japhta, de Tibériade,
de Taricheæ, de Gamala), jusqu'au jour où
Titus l'emmena faire de siège de Jérusalem;
elle établit son camp sur la montagne des
Oliviers. Elle commença par plier par deux
fois devant l'attaque des Juifs; mais elle se
ressaisit bientôt et déploya une
grande valeur dans l'attaque même de la
place. Quelques-uns de ses officiers, et en particulier
son légat Larcius Lepidus, reçurent
à l'occasion de cette guerre des décorations
militaires. Le siège terminé, elle
demeura campée aux portes de Jérusalem.
De là elle fit encore quelques opérations,
sous Lucilius Bassus, contre la ville de Machærus,
sous Flavius Silva, contre Masada. Mais son siège
était toujours Jérusalem, comme
le prouvent les briques estampillées que
l'on a découvertes autour de cette ville,
et des inscriptions du IIe et du IIIe siècle,
de même provenance. C'est de Judée
que partit le détachement qu'elle envoya,
sous le règne de Trajan, contre les Parthes.
Elle prit naturellement une grande part à
la guerre de l'empereur Hadrien contre les Juifs;
nous avons, sur une inscription, le nom d'un de
ses centurions qui reçut, à la suite
de la victoire, des récompenses honorifiques.
Dion Cassius lui donne pour province la Palestine.
Elle y séjournait encore au temps de la
Notice; son camp était à Aila (Elath,
sur la mer Rouge).
Son nom figure sur les monnaies de Victorin.
- Legio X Gemina.
Insigne : Taureau. - Légion qui est peut-être
la même de la Xe légion de César,
mais qui en tout cas, a appartenu à l'armée
de Lépide ou d'Antoine, sans qu'il soit
possible de décider sous lequel des deux
elle servait. Son surnom fait supposer qu'elle
fut formée par la fusion de deux légions
en une.
Lors de sa réorganisation par Auguste,
elle fut établie en Espagne où elle
demeura pendant une centaine d'années.
En 69, au dire de Tacite, elle fut sur le point
de passer en Maurétanie pour combattre
la révolte du procurateur Lucceius Albinus;
mais la mort de ce gouverneur rendit son intervention
inutile. Après Crémone, de même
que les autres légions d'Espagne, elle
reconnut sans retard Vespasien. On ne sait pas
au juste où elle était fixée
pendant cette période; peut-être
partageait-elle le camp de la légion VI
Victrix. En 70, elle fut appelée en
Germanie Inférieure. Elle y figure sur
des inscriptions qui datent de la fin du Ier siècle
ou du commencement du IIe. Il semble qu'elle ait
campé d'abord à Arenacum (4);
mais bientôt elle se transporta à
Noviomagum (5),
où elle remplaça la IIe légion.
On y a trouvé le nombreux témoins
de son séjour, inscriptions ou briques
estampillées. Sauf la part qu'elle prit
aux combats livrés par Cerialis, on ne
peut pas affirmer qu'elle ait, pendant son séjour
en Germanie, fait quelque expédition sur
les confins du Rhin ou ailleurs. Au moment des
guerres Daciques de Trajan, elle était
encore dans la province. Elle passa de là
en Pannonie, sous Trajan, et se fixa dans le camp
de Vindobona (6),
abandonné par la légion XIII
Gemina. Elle y resta jusqu'à la fin
de l'Empire. C'est de là qu'elle envoya
des détachements pour la guerre Parthique
de L. Verus en Asie et pour celle des Marcomans.
Plus tard elle défendit la cause de Gallien.
On sait également qu'elle se conduisit
valeureusement pendant la guerre Gothique de l'empereur
Claude II.
La Notice des Dignités nous montre la légion
X Gemina divisée en trois parties
: le dépôt à Vindobona, des
liburnarii à Arradona, et un détachement
devenu legio comitatensis en Orient.
Cette légion reçut les surnoms de
Pia Fidelis, en récompense de la
fidélité dont elle fit preuve lors
de la révolte d'Antonius Saturninus en
89.
On n'a point rencontré son nom sur les
monnaies de Septime Sévère; M. Ritterling
admet, cependant, qu'elle fut des premières
à saluer le nouvel empereur et à
combattre pour lui : il n'y aurait, dans cette
absence de documents, qu'un effet du hasard.
R. CAGNAT, s.v. "legio", in DAREMBERG
et SAGLIO, Dictionnaire des antiquités
grecques & romaines, Hachette, 10 vols,
1877-1903, pp. 1084 et 1085
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C'est Auguste qui réforma
l'armée romaine qu'il constitua en 25 légions
(soit 150.000 hommes et à peut près autant
de troupes auxiliaires), en fait 28 avec les XVII, XVIII
et XIX, massacrées par Arminius en +9 et qui ne
furent jamais reconstituées.
Elles étaient numérotées
de I à XXII, et non jusqu'à XXV ou XXVIII,
car plusieurs se partageaient le même numéro
: il y avait trois III (Augusta, Cyrenaica et Gallica),
deux IIII (Macedonica et Scythica), deux
V (Alaudæ et Macedonica), deux VI
(Ferrata et Victrix) et deux X (Fretensis
et Gemina).
J'ignore la raison de ces dédoublements,
mais si je puis me permettre une hypothèse personnelle
: j'attribuerais ces doublets au fait que les triumvirs
Octave, Antoine et Lépide prenant possession des
légions de l'armée de Jules César,
qui à la fin de la guerre civile étaient
bien plus que dix, se seraient partagé des contingents
de certaines d'entre elles, qui servirent de noyau à
de nouvelles légions envoyées en Orient
ou demeurant en Occident. Chaque légion ayant un
génie propre incarné par l'aigle légionnaire,
l'ancienne numérotation fut conservée telle
quelle, par respect religieux ou superstitieux (ce qui
n'avait pas empêché César de reconstituer
la XIV exterminée à l'Atuatuca, en 54 -
toutefois ceci n'exclut pas cela, il se peut qu'ayant
préservé l'essentiel de la XIV, son aigle
par exemple, le grand Jules pouvait se permettre cette
résurrection).
Après Dioclétien, on verra du reste ces
numérotations se démultiplier à nouveau,
chaque ancienne légion en générant
plusieurs nouvelles (R. Cagnat dénombre alors dix-huit
légions I, onze II, six III etc.).
J'ai essayé de reconstituer
la liste des légions de César, en Gaule.
En 58, face aux Helvètes, César n'avait
que la seule Xe légion, aussi rappela-t-il d'urgence
ses autres troupes stationnées en Italie, à
Aquillée (VII, VIII et IX). Ainsi César
commença-t-il la "guerre des Gaules" avec les quatre
légions (VII, VIII, IX et X) affectées
à sa charge de proconsul d'Illyrie, Cisalpine et
Narbonnaise, plus deux supplémentaires (XI
et XII) qu'en même temps il leva en Gaule Cisalpine
en se prévalant de son imperium proconsulaire
ou en les finançant de sa cassette personnelle
(B.G., I,
7
et 8).
Pendant l'hiver 58-57, il en leva deux autres (XIII et
XIV) que lui amena son neveu Quintus Pedius (B.G.,
II,
2),
ce qui lui faisait en tout huit légions.
Après la conférence de Lucques réunissant
César, Pompée et Crassus (avril 56), Pompée
prêta à César une de ses légions
(I) et, en 53, ses lieutenants Marcus Silanus, Caius Antistius
Reginus et Titus Sextius lui en ramenèrent encore
trois levées ou prélevées sur son
propre contingent par Pompée (XIII, XIV
et XV [7])
(B.G., VI,
1).
Donc, à la veille d'Alésia, César
dispose de dix légions, compte tenu des pertes
subies à l'Atuatuca.
(Ouvrons une parenthèse
: Quid de la V Alaudæ ? La fameuse
"Légion de l'Alouette" composée de Gaulois
transalpins, soumis à la discipline romaine et
qui se distingua notamment pendant la guerre civile, à
Munda. C'est Suétone (Cæs.,
24)
qui en parle comme de l'une des deux que César
leva à ses frais. La XI ou la XII, donc, comme
indiqué plus haut - mais R. Cagnat lui attribue
le numéro V. Per che ? Mystère. A
Alexandrie, on vit accourir à la rescousse de César
une XXXVIIe légion : pendant la guerre civile les
troupes étaient devenues pléthoriques. Il
était grand temps qu'Auguste réformât
ces numérotations qui avaient explosé pendant
les guerres civiles ! Fermons la parenthèse.)
Pendant la Guerre des Gaules il
y eut un incessant va et vient de renforts et d'officiers
supérieurs, que sans doute César ne signale
pas toujours. Lorsque Vercingétorix lance le signal
de la révolte générale, César
qui l'hiver se trouve en Italie, possède en Gaule
: six légions dans le nord, chez les Sénons,
avec Labiénus; deux légions chez les Trévires;
et deux légions chez les Lingons. César
lui-même, qui alerté vient de fortifier la
Narbonnaise, traverse les Cévennes avec des troupes
fraîchement levées, avec lesquelles il terrorise
le territoire arverne - avant de rallier les deux légions
qui sont chez les Lingons. Troupes de complément
ou onzième légion ?
Ô combien complexes et incertains
sont les mouvements des troupes césariennes. J'imagine
que les légions n'étaient jamais à
effectifs complets, ayant laissé ici et là
des détachements appuyés par des auxiliaires
gaulois ou des mercenaires non comptabilisés (frondeurs
baléares, archers crétois, cavaliers espagnols
ou numides; une fois César parle de 500 cavaliers
germains; mais à Alésia, combien de Germains
? 2.000 ? Pure supputation des historiens modernes). Mais
tout ceci nous éloigne de la Xe légion.
J'aimerais parler "boutique". Sur
le site associé, PEPLVM
- IMAGES DE L'ANTIQUITÉ, un de ces jours (8)je
rapatrierai de feu Cinerivage.com mon étude du
film et télésuite Masada/Les
Antagonistes (1981) où l'on voit la fameuse
X Fretensis en action. Oh, les emblèmes
sur les boucliers sont les mêmes que ceux vus dans
Cléopâtre et dans Spartacus,
de même que ces armures à bandes articulées...
de cuir (qui n'ont jamais existé) : c'est le matériel
de la Maison Peruzzi, qui a habillé la plupart
des péplums italiens et américains. Mais
à quelques détails près, l'ensemble
donne bien le sentiment de voir la vraie X Fretensis
en action, avec ses centurions, ses primipilaires aux
traits rudes, ses tribuns blanchis sous le harnais (merveilleux
Jack Watson et Anthony Quayle) réalisant un défi
poliorcétique à côté duquel
le siège d'Avaricum semblait une plaisanterie !
Depuis une bonne vingtaine d'années,
des groupes de reconstitution étudient le fonctionnement
de l'armée romaine. Le mouvement est parti d'Angleterre
et des travaux de l'érudit H. Robinson Russell,
armurier de la Tour de Londres, avec le groupe pionnier
spécialisé dans l'époque flavienne
que fut et est toujours la fameuse "Ermine Street Guard"
- la Legio XX Valeria Victrix, une des quatres
légions qui occupèrent en permanence la
Grande-Bretagne au long de l'histoire impériale.
La conquête de la Grande-Bretagne - en 43, sous
Claude - fut accomplie par les quatre légions en
question : II Augusta, IX Hispania, XIV Gemina
et XX Valeria Victrix. Ils ont fait tâche
d'huile avec la IX Hispana (9)
(Londres) et la II Augusta (qui, soit dit en passant,
a fourni l'encadrement aux figurants de la bataille contre
les Germains dans le film Gladiator, tournée
dans une forêt de la région de Farnham),
ainsi que la Milites Litoris Saxoni (spécialisée
dans les IVe et Ve s.). Ils ont fait des émules
sur le continent comme la germano-américaine Legio
XIV Gemina Martia (Francfort, 1982) de Dan Peterson,
historien militaire américain, alors conservateur
du 3rd Armored Division Museum, ou les Legio XXI Rapax
et Ala II Flavia d'un autre historien militaire,
bavarois celui-ci, le Dr Marcus Junkelmann. Mais il y
en a d'autres comme la VI Victrix (Opladen, Allemagne)
et, justement, notre seconde Xe légion, la X
Gemina (Zandam, Pays-Bas).
(Il suffit de taper "ermine
street guard+legion" dans un moteur de recherche pour
trouver un nombre impressionnant de sites consacrés
à la reconstitution. Celui-ci, par exemple, qui
contient de nombreux liens : Legio
XII Fulminata - Liens).
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La
Xe Légion en action à Masasa ?
CLIC
! |
| NOTES :
(1)
Devenu, depuis la dissolution de l'empire colonial
français, RPIMa (Régiment parachutiste
d'infanterie de marine). - Retour
texte
(2)
Fretum Siculum : le détroit de Messine.
- Retour texte
(3)
Cyrrhus : Nabi Hun, à 76 km au nord d'Alep,
en Syrie. - Retour texte
(4)
Arenacum : Arnhem, aux Pays-Bas. - Retour
texte
(5)
Noviomagum : Nimègue, aux Pays-Bas - Retour
texte
(6)
Vindobona : Vienne, capitale de l'Autriche. -
Retour texte
(7)
Camille Jullian leur attribue les numéros
XIII, XIV et XV. Mais XIII et XIV étaient
déjà en service depuis 57. En fait
ces troupes, dit César, devaient remplacer
par le double les quinze cohortes de Sabinus et
Cotta massacrées à l'Atuatuca, dont
la XIVe entièrement. Les cinq autres cohortes
appartenant probablement à la XIIIe, diminuée
de moitié.
Il y a donc lieu de considérer uniquement
la XVe comme une nouvelle légion, les autres
n'étant que des troupes de remplacement.
- Retour texte
(8)
Masada
- Les Antagonistes est en ligne sur le
site PEPLUM
depuis le 7 août 2003 (note du webmaster).
- Retour texte
(9)
La IX Hispana a été l'héroïne
de plusieurs romans pour la jeunesse, notamment
Ernest A. GRAY, Trois de la Neuvième
légion (Roman Eagle, Celtic Hawk),
éd. Alsatia, coll. "Signe de Piste", n°
135, 1960 (a fait l'objet d'une adaptation BD
par RIGOT, "Trois de la Neuvième légion",
dans Signe de piste, n° 15, févr.
1971), et d'un autre roman de Rosemary SUTCLIF,
Eagle of the Ninth, avant de se voir consacrer
une mini-série TV de la BBC écossaise
: Eagle of the Ninth (Michaël Simpson,
1976). - Retour texte |
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10 Juillet 2003 |
| Benjamin
(Voir ici : Clic
!) a réécrit : |
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1.
Pouvez-vous me donner des infos sur le mystique Apollonius
de Tyane qui vécut au Ier siècle après
JC ? |
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RÉPONSE : |
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J'ai déjà eu l'occasion d'évoquer
Apollonios (ou Apollonius) de Tyane dans
les pages de mon site Empereurs
romains :
- Dans la notice biographique consacrée à
Aurélien,
je raconte que, deux bons siècles après
sa mort, ce saint homme (ou plutôt son fantôme)
serait miraculeusement apparu à l'empereur romain,
lui conseillant d'user de la clémence envers
ses sujets rebelles plutôt que de succomber à
son désir de vengeance.
- Dans la page consacrée au courrier mois d'août
2001 - ça ne nous rajeunit pas ! - cette intéressante
correspondance avec un internaute "fan" d'Apollonios
où je reviens sur cette étrange vision
d'Aurélien, qui rappelle malicieusement celle
de son futur impérial collègue in hoc
signo vinces Constantin
: Clic
!)
Comme je le signale également dans cette correspondance,
mes connaissances personnelles sur Apollonios se limitent
à peu de chose
Mais en définitive,
je crois que personne ne sait réellement grand-chose
d'historiquement fondé sur ce très évanescent
personnage.
Contemporain du Christ (né vers 4 av. J.-C), Apollonios
de Tyane fut un philosophe pythagoricien itinérant.
S'il écrivit, entre autres uvres, une Vie
de Pythagore, il dut surtout son immense notoriété
à ses dons de guérisseur car il fut l'un
des thaumaturges les plus réputés de son
temps (qui, pourtant, en compta une flopée : Jésus
de Nazareth, Dosithée, Simon le Magicien, etc).
Après sa mort, il fit l'objet d'un culte divin
Et comme on ne raconte pas la vie d'un demi-dieu comme
celle d'un homme ordinaire, sa biographie, écrite
par Philostrate au début du IIIe siècle,
n'offre que peu de renseignements historiquement exploitables.
D'autant plus que ce récit visait surtout à
proposer aux païens un modèle de "divinité
incarnée et bienfaisante" susceptible d'être
opposé au Christ. Le souci d'approcher la vérité
historique (ou même de respecter un semblant de
vraisemblance) n'a guère sa place dans une uvre
de nature purement "hagiographique", n'est-ce pas ?
Voici quelques sites où vous pourrez trouver d'autres
renseignements sur Apollonios :
- cobalt.lang.osaka-u.ac.jp/~benoit - Des réflexions
sur la Vie d'Apollonius de Philostrate : Clic
!
- apollonius-de-tyane.ch - Apollonius de Tyane : Clic
!
- apollonius.net - Apollonios de Tyane, le singe du
Christ ? : Clic
!
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2.
L'aristocrate païen du IVe siècle Virius
Nichomachus Flavianus qui a traduit en latin la vie
d'Apollonius de Tyane ne fait qu'un avec le Préfet
du prétoire sous Eugène Flavianus ? |
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RÉPONSE : |
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Il y eut deux Nicomaque Flavien (ou, si vous
préférez, deux Nichomachus Flavianus).
Nicomaque Flavien l'Aîné fut, effectivement,
préfet du prétoire de l'Italie sous l'usurpateur
Eugène
(tandis que son fils Nicomaque Flavien le Jeune était
nommé préfet de Rome - à ce sujet,
voir site DIR
- Flavius
Eugenius). Il se suicida en 394 après la bataille
du Frigidus où Théodose, champion du parti
chrétien, triompha définitivement d'Eugène
et de son puissant mentor, le général Arbogast,
qui avaient, quant à eux, rallié à
leur cause le parti de la réaction païenne.
Nicomaque Flavien Senior traduisit-il en latin la Vie
d'Apollonios ?
Le poète chrétien Sidoine Apollinaire (milieu
du Ve siècle) rapporte que ce Nicomaque "s'occupa"
de l'uvre de Philostrate, mais sans
que l'on puisse préciser s'il se contenta de recopier
le texte grec ou s'il le traduisit en latin.
Quant à son fils Nicomaque Flavien le Jeune,
certains philologues le soupçonnent d'être
le véritable auteur de l'Histoire
Auguste, ce fameux recueil de biographies d'empereurs,
prétendument rédigées par d'illustres
inconnus du temps du Dioclétien,
mais qui serait en réalité l'uvre
d'un seul auteur, un païen vivant à l'époque
de Théodose
le Grand.
Voici ce qu'écrit à ce sujet André
Chastagnol dans la passionnante introduction de son édition
de l'Histoire Auguste :
| "On a parfois essayé
d'identifier parmi les grands noms de la noblesse
des années 390 un candidat possible à
la paternité de l'H.A (= L'Histoire Auguste).
Hohl pensait à l'entourage de Symmaque
et de Nicomaque Flavien. Ce dernier a rencontré
quelques faveurs et, plus que lui sans doute,
son fils. Le détail qui a orienté
la réflexion dans cette direction est le
fait que, d'après une lettre déjà
signalée (
) de Sidoine Apollinaire,
Nicomaque Flavien le père avait traduit
ou recopié la Vie d'Apollonius de Tyane
; or l'H.A., peu après avoir également
évoqué Apollonius, indique qu'un
certain Nicomaque était doté d'une
réputation de traducteur (Aur., XXVII,
6), au surplus, le biographe d'Aurélien
prétend qu'il a l'intention d'écrire
lui-même une brève Vie d'Apollonius.
Hartke penche plutôt pour le fils, non sans
raison si l'H.A. a été achevée
après l'année 394 qui a vu la mort
de Nicomaque le père
J'ai observé en outre que la propagande
païenne avait été réprimée
avec force dans les années 394-398 et que
Nicomaque Flavien fils, après plusieurs
années de disgrâce, était
« revenu à la lumière »,
comme l'écrit Symmaque, à la fin
de 398 et avait été nommé
préfet de Rome en 399, reprenant ainsi
le fil de sa carrière interrompue ; pour
garder la vie sauve, il avait été
contraint de se convertir au christianisme, et
cela pourrait expliquer certaines des réticences
et précautions de l'auteur (les pseudonymes
en particulier) lorsqu'il manifeste son paganisme
secret et en appelle à la tolérance.
On ne saurait cependant émettre qu'une
hypothèse à ce sujet. D'autres,
derrière Hohl et Straub, penchent plutôt
pour un plébéien lettré,
un grammairien par exemple, d'un niveau social
moins élevé, vivant dans la clientèle
ou sous le patronage d'un aristocrate;"
(André CHASTAGNOL, Histoire
Auguste (introduction générale),
Éditions Robert Laffont, coll. Bouquins,
1994). |
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13 Juillet 2003 |
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Vincent
a écrit : |
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Donc, au moment de sa mort,
Constantin était un bon Arien. Je n'arrive pas
à comprendre comment l'Empire s'étant
déplacé à Constantinople, comment
des Empereurs romains d'Occident ont-ils pu subsister
? |
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RÉPONSE : |
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J'ai déjà eu l'occasion de parler dans
ce courrier de novembre 2001 (voir ici : Clic
!) des raisons qui poussèrent Constantin
à doter l'Empire romain d'une nouvelle capitale.
Toutefois, il semblerait que ce qui vous tracasse plus
particulièrement, c'est de savoir comment l'Empire
romain a pu subsister en Occident alors que son centre
de gravité avait été définitivement
déplacé vers l'Orient.
Je crois que c'est un faux problème, car en réalité
il n'y eut jamais qu'un seul et unique "Empire romain".
L'Empire romain, c'était, stricto sensu,
l'ensemble des pays, villes, peuples qui reconnaissaient
le pouvoir de Rome (en latin imperium romanum).
Donc, et même si on utilise couramment ces termes
par facilité, il n'y eut jamais à proprement
parler d'Empire romain d'Occident et d'Empire
romain d'Orient ; seules existaient - et la nuance
est importante - une partie occidentale et une
partie orientale d'un unique Empire romain
! Que chacune de ces parties fût gouvernée
par un empereur ne changeait rien : même
bicéphale (comme l'aigle impériale byzantine)
l'Empire romain restait un !
D'ailleurs, quand, en 476, Odoacre déposa Romulus
Augustule, dernier empereur d'Occident, il ne prétendit
pas avoir "liquidé" l'Empire romain d'Occident
(même si, dans la réalité des faits,
c'était le cas). Le chef barbare procéda
plutôt à un genre de passation de pouvoirs
au profit de l'empereur d'Orient Zénon, désormais
seul détenteur de l'imperium romanum : la
succession impériale n'étant plus assurée
en Occident, Odoacre expédia (ou réexpédia)
les insignes impériaux à Constantinople
et revendiqua pour lui le titre de roi d'Italie, sous
la suzeraineté (très théorique) de
l'empereur "romain" de Constantinople.
Ceci explique pourquoi, quelques années plus tard,
le chef franc Clovis sera aussi ravi que flatté
de recevoir de ce même empereur Zénon le
titre - purement honorifique, cela va de soi - de "consul".
Pour nous, Zénon n'est qu'un empereur "byzantin"
(terme un peu péjoratif), mais pour Clovis, il
était l'unique, le seul et le vrai "empereur romain"
!
Et quand le pape Léon posa une couronne impériale
sur la tête de Charlemagne par un beau soir de Noël
de l'an 800 tandis que les soldats francs, peu accoutumés
au bon vin de Frascati, chantaient à tue-tête
Heilige Nacht et O Tannenbaum dans les rues
de Rome, les diplomates "byzantins" ne trouvèrent
pas cette plaisanterie drôle du tout. Pour eux,
le seul empereur romain, c'était (en l'occurrence)
l'impératrice Irène, et nul autre ! Quant
à ce barbare rougeaud que le pape venait de couronner
illégalement, ce n'était qu'un vulgaire
usurpateur auquel les armées "romaines" règleraient
son compte dès qu'elles en auraient fini avec les
Arabes et qu'elles pourraient reconquérir les provinces
occidentales perdues !
L'ire byzantine fit un foin tel que, pour s'excuser,
Charlemagne dut jurer ses grands dieux que le pape l'avait
pris au dépourvu : "Si j'avais su ce que Léon
mijotait, jamais je serais entré dans cette église
!" aura-t-il front de déclarer en dépit
de toute vraisemblance.
C'était certes, une absurdité, doublée
d'un gros mensonge
Mais cela ménageait les
susceptibilités d'une cour de Constantinople fort
sourcilleuse dès que l'irréfragable et sacro-sainte
unité de l'Empire romain semblait remise en question. |
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17 Juillet 2003 |
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Alexandre a écrit : |
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Je recherche une chronologie
des auteurs latins jusqu'à la chute de l'Empire.
Plus précisément en commençant vers
100 av. J.-C. jusqu'à vers 476 apr. J.-C. J'ai
effectué plusieurs recherches sur internet mais
sans résultats. J'ai réussi à trouver
quelques auteurs mais pas une liste complète et
encore moins chronologique.
Si vous avez des suggestions de
sites, une liste vous-même etc. j'apprécierais
grandement votre aide. Ceci est pour un projet personnel
qui prendra quelques années à compléter. |
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RÉPONSE : |
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Dans ma bibliothèque, j'ai déniché
cette petite liste d'auteurs latins classés par
ordre chronologique. Elle est loin d'être exhaustive
(elle ne reprend que les écrivains plus les célèbres),
mais je vous la livre toutefois dans l'espoir qu'elle
puisse vous aider dans vos recherches :
Si vous souhaitez identifier d'autres auteurs latins
que ceux repris dans cette courte liste - et Dieu sait
s'il y a ! -, je vous conseille de consulter ce site qui
les repend tous (y compris les latinistes tardifs du Moyen
Age et de Renaissance : Clic !.
Bien sûr, les écrivains y sont classés
par ordre alphabétique, mais comme l'époque
à laquelle ils vécurent est mentionnée,
il vous est possible de repérer ceux qui vous intéressent
puis, éventuellement, de les insérer dans
liste ci-dessus
Un véritable travail de bénédictin,
je vous préviens ! |
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18 Juillet 2003 |
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Bidzina
a écrit : |
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À part l'arianisme et
le manichéisme, quelles d'autres hérésies
ont existé aux IIe - IIIe siècles. |
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RÉPONSE : |
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"Il faut qu'il y ait des hérésies"
écrivait saint Paul (I Cor, 11 : 19)
Et l'on doit avouer qu'aux IIe et IIIe siècles,
les premiers chrétiens prirent au pied de la lettre
cette recommandation de l'Apôtre des Gentils.
Impossible en effet d'établir une liste exhaustive
des hérésies chrétiennes des trois
premiers siècles de notre Ère : autant
tenter de compter les gouttes d'eaux de l'océan
ou les étoiles du ciel ! Quant à expliquer
par le menu les spécificités de ces différentes
doctrines, un épais dictionnaire y suffirait à
peine (je crois d'ailleurs qu'il existe de tels "Dictionnaires
des Hérésies", écrits par de savants
ecclésiastiques du XIXe siècle).
Rien que pour vous donner une vague idée de l'incroyable
diversité de ces croyances, je me contenterai de
citer quelques-unes des plus célèbres hérésies
des Ier - IIe et IIIe siècles, en tentant d'expliquer
un peu de quoi il s'agissait - du moins lorsque je comprends
quelque chose à ces divagations souvent échevelées.
(Source : Jean DANIÉLOU, L'Église des
premiers temps, Points Histoire) :
| Les Ébionites.
Ces judéo-chrétiens estimaient
que le Christ était un homme comme les
autres, rien de plus qu'un prophète comme
ceux de l'Ancien Testament.
Les Elkasaïtes.
Autre sorte de judéo-chrétiens,
ils pensaient aussi que Jésus n'était
qu'un prophète. Ils pratiquaient la circoncision
mais aussi des rites baptistes. Ils rejetaient
presque tout l'Ancien Testament ainsi que les
épîtres de saint Paul, refusaient
les sacrifices et priaient en se tournant vers
Jérusalem. Notez que Mani, fondateur du
manichéisme, passa les premières
années de sa vie dans une communauté
de cette secte.
Les Nicolaïtes rejetaient le Dieu
de l'Ancien Testament et prônaient la liberté
totale (y compris sexuelle) On ne sait pas grand-chose
d'eux, les Pères de l'Église n'ayant
parlé d'eux qu'avec répugnance.
Cérinthe.
Ce judéo-chrétien pensait que
Jésus n'était qu'un homme éminent
dans lequel Christ s'était incarné
lors du baptême pour le quitter et remonter
vers le Père juste avant la Passion.
Ménandre.
Ce Samaritain, disciple de Simon le Magicien,
prêchait que ceux qui le suivaient ne mourraient
pas. Il se présentait comme le Sauveur
envoyé par Dieu pour sauver les hommes.
Il prodiguait un baptême qui, à ce
qu'il prétendait, rendait les hommes supérieurs
aux anges.
Satornil.
Disciple de Ménandre, il opposait un
Dieu caché aux sept anges qui créèrent
le monde et dont le chef était Yahvé,
le Dieu des Juifs. L'homme était prédestiné
à ramper sur terre tant qu'il n'avait pas
reçu une part de la lumière du Dieu
caché. Satornil condamnait le mariage,
uvre de Satan, et semble avoir interdit
la viande à ses disciples.
Les Barbélognostiques.
Comme les disciples de Satornil, ils pensaient
que le monde et l'homme avaient été
créés par les sept anges supérieurs
(les Archontes) mais que ceux-ci avaient
bâclé leur travail. Tant que l'homme
ne recevait pas un souffle de la Sagesse divine
(Sophia), il restait incapable de se mouvoir.
Malheureusement, aussitôt l'homme était-il
investi d'une parcelle de divinité, ces
satanés Archontes se mettaient à
jalouser férocement cet être devenu
leur égal - le plus jaloux de ses prérogatives
divines étant aussi le plus puissant des
Archontes : Ialdabaoth, le Yahvé des Juifs.
Les Séthiens.
Chez eux, les principaux esprits (éons)
qu'étaient Dieu le Père, Dieu le
Fils, le Saint-Esprit et l'Église produisaient
la Sagesse (Sophia) qui, en s'unissant
avec les eaux inférieures, engendrait les
sept dieux (Ialdabaoth, Iao, Sabbaoth, Elohim,
Adonaï, Astaphain et Horaios) qui présidaient
aux sept cieux. Quand le Fils s'était incarné,
il était descendu à travers les
sept cieux en prenant la forme des sept dieux,
ce qui - on le conçoit volontiers ! - ne
manqua pas de frapper ceux-ci d'une vive stupeur.
Carpocrate enseignait que Jésus
n'était qu'un simple mortel dans lequel
une puissance supérieure (Christ)
s'était incarnée. Loin d'être
exceptionnelle, cette incarnation était
reproductible à l'infini : n'importe quel
disciple de Carpocrate était susceptible
d'être habité par Christ. Il pouvait
alors mépriser les mauvais anges, responsables
de la création du monde (les Archontes).
Cela dit, pour se libérer du pouvoir des
Archontes, l'homme devait d'abord être l'esclave
des vices auxquels ils présidaient. C'est
vous dire que, parmi les déviants chrétiens
de tout poil, les Carpocratiens n'étaient
ceux qui se distinguaient le plus par leur moralité
!
Basilide effectua une synthèse
de nombreuses doctrines gnostiques, favorisant
surtout celle de Ménandre. Des anges créent
le monde puis s'en disputent la domination (parmi
eux, c'est le Dieu des Juifs qui est le plus avide
de promotion sociale). Basilide se présente
lui-même comme un intermédiaire entre
les Juifs et les Chrétiens.
Les Marcionites.
Outre le fait qu'ils fêtaient Pâques
à une date particulière, et que,
chez eux, les femmes pouvaient accéder
au rang de diacre et procéder à
des exorcismes, ces hérétiques se
distinguent surtout par le fait qu'ils n'acceptaient
comme Saintes Écritures que l'Évangile
de Luc et les Épîtres de Paul.
Valentin.
Sa doctrine semble se rattacher à celle
des Séthiens. Bien que nous connaissions
mal son uvre, ce théologien paraît
avoir été l'un des premiers à
avoir tenté une synthèse des différentes
gnoses judéo-chrétiennes afin de
doter la religion chrétienne naissante
d'un corpus dogmatique cohérent.
Le Montanisme était un genre de
christianisme radical, prophétique et apocalyptique,
où les prophétesses jouaient un
rôle très important. Selon les Montanistes,
la fin des temps était toute proche (le
compte à rebours avait commencé
avec la prédication de Montan, vers 150
ap. J.-C.). La Jérusalem céleste
n'allait plus tarder à descendre sur terre
; Christ allait incessamment revenir, dans Sa
gloire, pour récompenses les justes et
(surtout) pour punir les méchants. Pour
se préparer à la Parousie, le bon
chrétien devait vivre dans la continence
et refuser toute compromission avec le siècle
: la violence anti-romaine ainsi que la recherche
du martyre étaient encouragées.
Le célèbre polémiste africain
Tertullien se rallia au montanisme ; l'église
de Lyon, "persécutée" à la
fin du règne de Marc Aurèle (exécution
de saint Pothin, sainte Blandine, etc - voir ici
: Clic
!) semble aussi avoir été
contaminée par cette hérésie.
Tatien.
Lui aussi prônait un christianisme radical,
de tendance judéo-chrétienne. Il
rejetait les Épîtres de Paul et l'Évangile
de Jean.
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Terminons cette énumération (largement
incomplète - je vous avais prévenu d'emblée)
par une hérésie nettement plus importante
du point de vue historique, le Donatisme, qui naît
après les premières persécutions
légales (milieu du IIIe siècle).
En gros, les Donatistes refusaient les sacrements conférés
par des prêtres indignes (ceux qui avaient apostasié,
ou ceux qui avaient livré les Saintes Écritures
aux païens). En Afrique, à partir du règne
de Constantin,
cette hérésie prendra une tournure révolutionnaire,
avec des revendications indépendantistes et sociales
(voir à ce sujet : Clic
! et Clic
!).
Vous trouverez également dans ce courrier (Clic
!) quelques réflexions personnelles, et
de portée plus générale, sur les
hérésies des premiers siècles. |
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