|
|
Sommaire Juillet 2003 :
- 1er Juillet :
- Comment les Romains se représentaient-ils la Méditerranée,
l'Europe
et le monde ? : Clic !
- 1er Juillet :
- Et la Guerre de Pérouse, elle compte pour du beurre
? : Clic !
- 2 Juillet :
- Les Commentaires de César : À vaincre
sans périls
: Clic !
- 2 Juillet :
- Les légionnaires, gardiens des frontières
ou des prisons ? : Clic !
- N'existait-il pas des sous-offs appelés optio
carceris : Clic !
- 3 Juillet :
- Et l'empereur Majorien s'érigea en défenseur
du patrimoine
: Clic !
- 8 Juillet :
- Quid de la restauration du portique des Dii Consentes par
Prétextat ? : Clic !
- L'usurpateur Eugène, restaurateur du culte des
dieux, était-il chrétien ? : Clic !
- L'empereur très chrétien Théodose
a-t-il embrassé tardivement à la Vraie Foi
? : Clic !
- 9 Juillet :
- HELP !! Que signifie cette inscription ? : Clic !
PAGE
SUIVANTE
- 10 Juillet :
- Michel ELOY nous propose une moisson de renseignements
sur la Xe Légion et nous parle des légions
dont César disposait pour conquérir les
Gaules : Clic !
- 10 Juillet :
- Quelques mots sur Apollonios de Tyane : Clic !
-
Et sur Nicomaque Flavien (Nicomachus Flavianus)
: Clic !
- 13 Juillet :
- Comment des empereurs romains ont-ils pu subsister en
Occident après la fondation de Constantinople ? : Clic !
- 17 Juillet :
- Une (petite) liste chronologique des (principaux) écrivains
latins : Clic
!
- 18 Juillet :
- Quelques-unes des premières hérésies
chrétiennes : Clic !
- 22 Juillet :
- Des nouvelles de Perse
l'écrivain, pas
le pays ! : Clic !
- 22 Juillet :
- Les visions de saint Paul : mysticisme, épilepsie
ou syphilis ? : Clic !
- 23 Juillet :
- Quid de la vague de répression anti-païenne
de 435 ? : Clic !
- Pour liquider les amis de feu l'apostat Julien : les
purges "staliniennes" de l'empereur chrétien Valens : Clic !
- Le bordel flottant de Caligula : info ou intox ? : Clic !
- 28 Juillet :
- Quelques lectures pour l'été
: Clic !
RECHERCHE
DANS LE SITE
"EMPEREURS ROMAINS"
|
|
|
|
|
1er Juillet 2003 |
|
Ben
a écrit : |
|
|
|
J'aimerais vous poser une petite
question géographique antique : les Romains de
l'époque avaient-ils une idée précise
(et juste) de la forme de la Méditerranée
et de l'Europe et les auraient-ils éventuellement
représentées sur des cartes ? |
|
|
|
|
|
RÉPONSE : |
|
|
|
Napoléon Ier disait : "Un petit dessin vaut
mieux qu'un long discours". Vous trouverez donc à
cette page que je viens de mettre "en ligne" une carte
du monde tel que l'imaginait l'illustre géographe
et mathématicien Claude Ptolémée
(IIe siècle ap. J.-C.) : Clic
!
Comme vous le constaterez, si le littoral méditerranéen
est grosso modo correctement représenté,
le reste du "monde" - en fait seulement le Proche-Orient
et le Nord de l'Afrique - est nettement plus problématique.
|
|
|
|
|
|
|
|
|
1er Juillet 2003 |
|
Philippe
a écrit : |
|
|
|
En lisant votre notice sur Auguste,
j'ai noté un hiatus de deux ans entre la victoire
de Philippes en -42 et la paix de Brindisi en -40. Vous
omettez tout simplement la guerre de Pérouse !
(bon, 1 de +, 1 de -
).
Antoine est resté en Orient
après Philippes, rencontré Cléo,
et c'est les manigances de sa femme Fulvie et de son frangin
Lucius qui le ramènent en Occident. Comme Fulvie
vaincue par Octave a fui à Athènes où
elle a eu la bonne idée de mourir, rien ne s'oppose
plus à une nouvelle alliance entre Octave et Antoine,
par le biais d'Octavie
la paix de Brindisi.
Voilà qui mériterait
d'être inséré à sa place, et
je ne doute pas que vous preniez plaisir à écrire
quelques lignes sur le remuant personnage de Fulvie
|
|
|
|
|
|
RÉPONSE : |
|
|
|
Vous avez raison, j'ai omis (et pas nécessairement
oublié ; la différence est dans la nuance
!) de mentionner la "Guerre de Pérouse"
dans la notice biographique consacrée à
Auguste.
Il faut dire aussi que ce texte - comme d'ailleurs toutes
les autres notices de ce site - ne vise pas à l'exhaustivité
: je choisis les faits qui me paraissent importants
et compte sur les perspicaces visiteurs de mon site pour
me signaler ceux que j'aurais inconsidérément
négligés.
Ainsi, cette "guerre de Pérouse", qui ne m'avait
paru être qu'une péripétie dans l'histoire
tumultueuse du 2e
Triumvirat. Mais puisque, comme vous le signalez très
justement, cette bisbrouille (parmi bien d'autres) se
termina avec la paix de Brindisi et surtout par le mariage
d'Antoine
avec Octavie - événement d'une portée
historique considérable -, il aurait fallu au moins
lui consacrer quelques lignes.
Merci d'avoir attiré mon attention sur ce "détail
de l'histoire" bien plus intéressant qu'il ne m'avait
semblé au premier abord. Je ne manquerai pas de
corriger le tir lorsque, prenant mon courage à
deux mains, je réviserai à nouveau de fond
en comble cette fameuse notice d'Auguste (la version qui
est actuellement "en ligne" est déjà la
quatrième). Mais, en attendant cette nouvelle mouture,
votre mail constituera un "codicille" fort utile cette
approche de la vie d'Auguste encore par trop lacunaire. |
|
|
|
|
|
|
|
|
2 Juillet 2003 |
|
Vincent
a écrit : |
|
|
|
Les Belges, nous l'avons vu,
étaient "fortissimes". Ils le sont toujours.
Mais César était malin : ces géants
Gaulois ou ces Belges si forts ne rendaient-ils pas sa
victoire plus éclatante ?
La guerre des Gaules c'est l'agence
Havas. |
|
|
|
|
|
RÉPONSE : |
|
|
|
Exact : la valeur d'une victoire est en grande partie
fonction de celle de l'adversaire ; à vaincre sans
périls, on triomphe sans gloire ! Et même
si votre Vercingétorix (à Gergovie) et notre
Ambiorix (en massacrant les quinze cohortes de Sabinus
et Cotta) lui infligèrent des revers bien réels
et bien sensibles, le grand
Jules avait tout intérêt à montrer
les Gaulois "chevelus" et les Belges "fortissimes" encore
plus redoutables qu'ils ne l'étaient.
En écrivant ses Commentaires
sur la Guerre des Gaules, César fut confronté
à un genre de dilemme : il lui fallait à
la fois décrire les énormes difficultés
rencontrées lors de la conquête d'un immense
pays, majoritairement hostile, et la suprême aisance
avec laquelle lui, le plus grand chef de guerre que Rome
eût jamais connu, les avait surmontées.
Un exercice de propagande assez périlleux
Mais comme j'ai déjà eu l'occasion d'évoquer
les enjeux littéraire et politique de ce "texte
fondateur" de nos histoires nationales qu'est la "Guerre
des Gaules", je me permets de vous renvoyer à ce
courrier du mois de septembre 2002 (Clic
!) |
|
|
|
|
|
|
|
|
2 Juillet 2003 |
|
Benoît a écrit : |
|
|
|
Je recherche des informations
sur l'armée romaine, en particulier sur son rôle
: par exemple, c'est l'armée qui surveillait
les prisons. Comment ça se passait ?
|
|
|
|
|
|
RÉPONSE : |
|
|
|
À ma connaissance les légionnaires romains
ne se transformaient jamais en gardiens de prisons, et
ce pour une seule bonne et simple raison : dans la Rome
de l'Antiquité, il n'y avait pas réellement
de prisons (voir à ce sujet ici : Clic
!).
Donc, dans l'Empire romain, pas de Fresnes, ni de "Santé"
et à fortiori, pas de "Guantanamo", non
plus ! |
|
|
|
|
|
Benoît répond : |
|
|
|
Je me dois de te contredire,
l'armée romaine s'occupait des prisons puisque
l'on retrouve des stèles dédiées
à un "optio" (comme tu le sais sous officier) des
prisons (musée gallo romain de Fourvière
- Lyon) |
|
|
|
|
|
RÉPONSE : |
|
|
|
Tu as raison, il existait bien des soldats - en fait
des sous-offs" - appelés optio carceris
(= sergent des prisons).
Pour obtenir quelques précisions sur les tâches
réservées à ce militaire, j'ai consulté
divers sites anglo-américains (e. a. Clic
! ou Clic
!), mais je n'ai pu en tirer d'autre renseignement
que cette définition laconique : l'optio carceris,
c'est le sous-officier en charge des cellules ; un point
c'est tout
Faut-il comprendre que ces soldats étaient chargés
de surveiller la prison militaire ; ce que l'on appelait
dans le temps la "salle de garde", le mitard, le gnouf,
bref, les cachots où l'on enfermait les soldats
récalcitrants, désobéissants ou les
déserteurs ? C'est possible
Note aussi, que même s'il n'existait pas réellement
de prisons dans l'Empire romain (c'est-à-dire des
lieux où des condamnés purgeaient de longues
peines de détention), et qu'il ne pouvait donc,
nécessairement, y avoir de "légionnaires-matons"
non plus, des soldats étaient susceptibles d'être
affectés, occasionnellement, à la garde
de prisonniers en attente de jugement ou de condamnation.
Par exemple, saint Paul qui fut, pendant quelques mois,
"emprisonné" sous le régime de la
custodia militaris : c'est-à-dire qu'il
était libre de se déplacer où bon
lui semblait
mais en restant toujours sur la surveillance
du légionnaire auquel il était enchaîné
par le poignet.
Certains Actes de Martyrs" (ceux de Ste Perpétue
par exemple - voir ici : Clic
!) montrent aussi des Chrétiens condamnés
à mort qui, reclus dans divers lieux (prétoire,
caves de l'amphithéâtre), attendent pieusement
leur exécution sous la garde de soldats. Mais je
ne pense pas que ce ceux-ci étaient employés
en permanence à cette tâche peu gratifiante. |
|
|
|
|
|
|
|
|
3 Juillet 2003 |
|
Jdecl
a écrit : |
|
|
|
Avez-vous des informations sur
un édit (ou une loi) du Ve siècle en
disant long sur le sens civique de l'époque, car
stipulant qu'il était interdit de se servir
des pierres des bâtiments publics pour des constructions
privées ?
C'est un vieux souvenir, et je
n'ai pas réussi à en retrouver la trace
dans mes lectures
|
|
|
|
|
|
RÉPONSE : |
|
|
|
Ne vous torturez plus les méninges à
la recherche de ce vieux souvenir ! Il s'agit de cet édit
de l'éphémère et malheureux empereur
Majorien
(457 - 461) qu'évoque le bon Edward Gibbon dans
sa célèbre Histoire du Déclin
et de la Chute de l'Empire romain.
Comme c'est toujours un plaisir pour moi que de citer
cet auteur, surtout dans la traduction française
- un fifrelin précieuse - de la collection Bouquins
de chez Laffont, voici ce texte in extenso :
|
| "Le spectateur qui contemple
tristement les ruines de l'ancienne Rome
est tenté d'accuser les Goths et
les Vandales d'un dégât qu'ils
n'ont eu ni le temps, ni le pouvoir, ni
peut-être le désir d'exécuter.
Les fureurs de la guerre ont bien pu renverser
quelques tours ; mais la destruction qui
mina les fondements de tant de solides édifices
s'opéra lentement et sourdement durant
une période de dix siècles.
Le goût noble et éclairé
de Majorien réprima sévèrement,
pour un temps, ces motifs d'intérêt
qui, après lui, travaillèrent
sans honte et sans obstacle à la
dégradation de Rome. Dans sa décadence,
une partie de ses monuments publics avaient
beaucoup perdu de leur prix et de leur utilité.
Le cirque et les amphithéâtres
subsistaient encore, mais on y donnait rarement
des spectacles. Les temples qui avaient
échappé au zèle des
chrétiens n'étaient plus habités
ni par les dieux, ni par les hommes, et
les faibles restes du peuple romain se perdaient
dans l'espace immense des bains et des portiques.
Les vastes bibliothèques et les salles
d'audience devenaient inutiles à
une génération indolente qui
laissait rarement troubler son repos par
l'étude ou les affaires. Les monuments
de la grandeur impériale ou consulaire
n'étaient plus révérés
comme la gloire de la capitale ; on ne les
estimait que comme une mine inépuisable
de matériaux, moins chers et plus
commodes que ceux qu'il aurait fallu tirer
d'une carrière éloignée.
De continuelles requêtes adressées
aux magistrats de Rome en obtenaient sans
peine la permission de tirer des édifices
publics les pierres et la brique nécessaires,
disait-on, pour quelques ouvrages indispensables
; la plus légère réparation
servait d'occasion ou de prétexte
pour défigurer grossièrement
les plus beaux morceaux d'architecture. |
|
Un peuple dégénéré
détruisait d'une main sacrilège les
monuments élevés par ses ancêtres,
et la postérité des premiers Romains
ne songeait qu'à s'enrichir de leurs dépouilles.
Majorien, qui avait souvent contemplé ce
désordre avec douleur, en arrêta, par
une ordonnance sévère, les progrès
toujours croissants ; il réserva au prince
et au sénat la connaissance exclusive des
circonstances qui pourraient nécessiter la
destruction d'un ancien édifice ; condamna
à une amende de cinquante livres d'or, ou
environ deux mille livres sterling, tout magistrat
qui, au mépris des lois et de la décence,
prendrait sur lui d'en accorder la permission, et
menaça de punir la complicité des
officiers inférieurs par le châtiment
du fouet et l'amputation des deux mains. On trouvera
peut-être qu'entre le crime et cette dernière
peine, le législateur n'observa point de
proportion ; mais son zèle partait d'un sentiment
généreux, et Majorien avait à
cur de protéger les monuments des siècles
dans lesquels il aurait désiré et
mérité de vivre."
(Edward Gibbon, Histoire du Déclin et
de la chute de l'Empire romain, vol. 1, chap.
XXXVI, Édition Robert Laffont, coll. Bouquins).
|
Hou, les vilains Romains décadents ! Bravo, "noble
et éclaire" Majorien
! |
|
|
|
|
|
|
|
|
8 Juillet |
| Benjamin
(Voir ici : Clic
!) a écrit : |
|
|
|
1. En
367 le Sénateur Prétextat fait restaurer
le portique des Dii Consentes près du Forum
Romain. De quoi s'agit-il au juste ? |
|
|
|
|
|
RÉPONSE : |
|
|
|
La documentation que j'ai consultée se borne
à mentionner cette restauration du portique
des "Dii consentes", réalisée en 367
ap. J.-C. à l'instigation du sénateur païen
Vettius Prætextatus, alors préfet de la ville
de Rome. Une inscription sur l'architrave du monument
attesterait d'ailleurs le fait (voir à ce sujet
le site LacusCurtius
: Clic
! et le site Unicaen
- Plan Rome : Clic
! et Clic
!)
Rappelons aussi que ce Consentes dii était,
si j'ose m'exprimer ainsi, le "Conseil des ministres"
de Jupiter. Il rassemblait les douze grands dieux de la
mythologie romaine (six dieux et six déesses),
et était convoqué quand le roi des dieux
se mettait en tête d'intervenir dans les affaires
humaines ou de bouleverser l'ordre du monde (rien que
ça !). Le culte des Dii consentes, c'est-à-dire
des douze grands dieux membres du conseil des dieux, semble
d'origine étrusque.
Quant à notre Prætextatus (ou Prétextat),
c'était un ardent défenseur des anciens
dieux. Plus exactement, il aurait été, à
l'instar de son protecteur et ami, l'empereur Julien
"l'Apostat", un adepte du culte solaire de Mithra.
"Tous les dieux infracélestes ne se rapportent
qu'à un seul, le Soleil", déclara-t-il
un jour.
Une autre parole de Prétextat est restée
célèbre. Voyant combien le pape Damase s'enrichissait
à force d'amasser des présents de ses belles
paroissiennes ou de recueillir les héritages d'ouailles
quelque peu plus chenues, l'intègre et austère
sénateur païen lui aurait déclaré
: "Nomme-moi évêque de Rome, et aussitôt,
je me ferai chrétien !"
Prétextat mourut en 384, alors qu'il était
consul désigné. |
|
|
|
|
|
|
|
2. Otez-moi
d'un doute affreux, l'Empereur Eugène que
vous persistez à ma grande irritation à
taxer de vulgaire usurpateur a-t-il été
chrétien ? cela me semble bien improbable vue
la politique qu'il mena de concert avec Arbogast en faveur
des païens. |
|
|
|
|
|
RÉPONSE : |
|
|
|
| Quand un général barbare
(Arbogast) tue l'empereur légitime (Valentinien
II) et, parce qu'il ne peut lui-même ceindre
la couronne impériale, fait couronner à
sa place un homme de paille qui règnera en
son nom (le rhéteur Eugène),
il est, me semble-t-il, tout à fait légitime
d'appeler "usurpateur" ce fantoche, cette marionnette
Même si ledit Eugène n'était
pas sans doute pas dépourvu de certaines
qualités
Ceci précisé, je dois reconnaître
que vous m'avez fait douter. Dans mon esprit, c'était
clair et net (comme clarinette) : le rhéteur
Eugène était un païen bon teint
!
Et bien non, pas du tout ! Je me trompais : même
si, pour se concilier l'aristocratie de Rome, encore
majoritairement païenne, il prit des mesures
afin de restaurer le culte officiel des anciens
dieux, Eugène était lui-même
chrétien
Un chrétien sans doute
fort mou, fort tiède, et fort peu convaincu
de l'absolue, irréfragable et intangible
Vérité de sa Foi, mais un chrétien
quand même !
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
3. L'empereur
Théodose est né en 347. Pourtant il semblerait
qu'il se soit converti au christianisme entre décembre
379 et janvier 380, soit juste après son avènement.
Est-ce à dire que Théodose a d'abord
été un fidèle des Dieux avant de
devenir athée et de rallier les camps des chrétiens
impies ? |
|
|
|
|
|
RÉPONSE : |
|
|
|
| 
|
À l'automne de l'année
380, l'empereur Théodose,
alors gravement malade, reçut le baptême
des mains de l'évêque Acholius de Thessalonique
(voir site DIR
- De Imperatoribus romanis : Clic
!). Cependant, ça ne veut pas dire
qu'il n'était pas chrétien avant de
recevoir ce sacrement, que du contraire ! À
cette époque, le baptême tenait souvent
lieu d'extrême-onction.
Si j'en crois André Piganiol (L'Empire
chrétien, PUF, 1972), Théodose,
originaire d'Espagne (plus précisément
de Cauca de Galice, près de Ségovie),
naquit (en 347) dans une famille qui était
chrétienne depuis au moins deux générations
: son père ne portait-il pas lui aussi le
nom chrétien de Théodose (Theodosius
= "don de Dieu") ?
Il ne faut donc pas voir dans le fanatisme de Théodose
le zèle d'un nouveau converti, mais plutôt
l'autoritarisme forcené d'un militaire borné,
bien décidé à liquider le paganisme,
à extirper les hérésies et
à faire du catholicisme (romain) la religion
d'État de l'Empire romain.
On notera d'ailleurs avec intérêt
(et même si la datation de ces faits reste
controversée) que la première mesure
pro-catholique (et accessoirement anti-païenne)
de Théodose
est antérieure de six bons mois à
son baptême. |
Je cite André Piganiol :
"Théodose est le premier empereur qui n'a pas
pris le titre de grand pontife. Il est assez piquant que
sa législation s'ouvre par un édit (17 juin
379) ayant pour objet de préciser les devoirs du
grand prêtre païen (alytarque) qui présidait
aux jeux olympiques d'Antioche. En réalité,
tout tend à prouver qu'il était résolu,
dès le début de son règne, à
faire du catholicisme une religion d'État.
Son intervention fut précédée et
préparée par un accord conclu entre les
Églises orthodoxes d'Orient et le pape Damase.
Le synode d'Antioche, réuni à la fin de
379 sous la présidence de Mélèce,
se rallia au Nicaenum et souscrivit au tomus
latin rédigé par le concile de Rome, que
Damase avait présidé en 372'. Ce même
synode d'Antioche prépara les voies d'un accord
entre Mélèce et Paulin. Enfin le mérite
revient sans doute à ce concile d'avoir réuni
le premier corpus des canons de l'Église.
Brusquement éclate alors un acte décisif,
l'édit promulgué à Thessalonique
le 28 février 380. « Tous nos peuples
doivent se rallier à la foi transmise aux Romains
par l'apôtre Pierre, à celle que professent
le pontife Damase et l'évêque Pierre d'Alexandrie,
c'est-à-dire reconnaître la Sainte Trinité
du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Ceux-là
seuls qui l'observent ont droit au titre de chrétiens
catholiques (christiani catholici). Les autres
sont hérétiques et frappés d'infamie,
leurs lieux de réunion n'ont pas droit au nom d'églises.
Dieu se vengera d'eux, puis nous aussi. » En même
temps est défini le crime de sacrilège,
commis par ceux qui par ignorance ou par négligence
ne respectent pas la loi divine.
Un peu plus tard, un édit suspendit toutes les
poursuites criminelles au cours des quarante jours qui
précèdent Pâques.
Comment s'explique l'acte du 28 février 380 ? On
a parfois songé à l'inquiétude que
Théodose éprouva pour son salut au cours
d'une maladie grave. Mais on ne connaît pas la date
exacte de cette maladie, qui pourrait être seulement
de l'automne 380 Théodose a probablement été
inspiré par les sentiments de la coterie espagnole
pieuse à laquelle il appartenait. L'édit
met en tête le nom de Damase. Si on se souvient
de la politique intelligente et profonde de ce grand pape,
on inclinera à penser qu'il a trouvé le
moyen d'agir, par cette coterie espagnole, sur l'esprit
de Théodose."
(André PIGANIOL, l'Empire chrétien,
PUF, 1972)
|
|
|
|
|
|
|
|
|
9 Juillet 2003 |
|
Bidzina
a écrit : |
|
|
|
Puis-je vous demander des
informations sur cette mystérieuse inscription
chrétienne (elle se trouve sur la façade
d'une église du IVe siècle) ? Ces caractères
n'ont aucun rapport avec l'alphabet géorgien
Quel est cet alphabet ? Que signifie
cette inscription ?
|
|
|
|
|
|

|