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Juin 2003 (page 4/4)
Sommaire du mois de Juin : Clic
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26 Juin 2003 |
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Mario a écrit : |
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J'ai une question intéressante
à vous poser / partager. En consultant le manuel
d'entraînement d'al Qaida sur l'Internet
(la traduction anglaise), j'ai constaté, à
l'article 11 du chapitre 2 (intitulé Deuxième
leçon), une référence à des
activités d'espionnage de la part des Romains.
Je tente de déterminer à
quels événements l'auteur du manuel se réfère.
Je déduis que les " Tomidians " sont les Perses,
mais qui sont Speer, Lilius et King Sifax ? S'agit-il
de l'invasion de Julien en 363 ? La traduction des noms
et des lieux est " phonétique " de l'anglais. Il
est donc difficile d'en déduire quoique ce soit.
Des suggestions ? Merci !
Voici le texte :
11. Caution
and Prudence
In his battle against
the king of Tomedia, the Roman general Speer sent
an emissary to discuss with that king the matter
of truce between the two armies. In reality, he
had sent him to learn about the Tomedians' ability
to fight. The general picked, Lilius (ph), one
of his top commanders, for that task and sent
with him some of his officers, disguised as slaves.
During that mission, one of the king's officers,
Sifax pointed to one of the (disguised) slaves
and yelled, "That slave is a Roman officer I had
met in a neighboring city. He was wearing a Roman
uniform." At that point, Lilius used a clever
trick and managed to divert the attention of the
Tomedians from that by turning to the disguised
officer and quickly slapping him on the face a
number of times. He reprimanded him for wearing
a Roman officer's uniform when he was a slave
and for claiming a status that he did not deserve.
The officer accepted the slaps quietly. He bowed
his head in humility and shame, as slaves do.
Thus, Sifax men thought
that officer was really a slave because they could
not imagine that a Roman officer would accept
these hits without defending himself.
King Sifax prepared
a big feast for Lilius and his entourage and placed
them in a house far away from his camp so they
could not learn about his fortifications. They
(the Romans) made another clever trick on top
of the first one. They freed one of their horses
and started chasing him in and around the camp.
After they learned about the extent of the fortifications
they caught the horse and, as planned, managed
to abort their mission about the truce agreement.
Shortly after their return, the Roman general
attacked King Sifax' camp and burned the fortifications.
Sifax was forced to seek reconciliation. |
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TRADUCTION WEBMASTER
:
11. Attention et prudence
Lors de la bataille contre
le roi de Tomedia, le général romain
Speer envoya un émissaire pour discuter
avec ce roi de la conclusion d'une trêve
entre les deux armées. En réalité,
il l'envoya pour se renseigner sur la combativité
des Tomedians. Pour accomplir cette tâche,
le général choisit Lilius, un de
ses meilleurs commandants, et envoya avec d'autres
officiers, déguisé en esclaves.
Pendant cette mission, Sifax, l'un des officiers
du roi, s'approcha d'un des esclaves (déguisés)
et se mit à crier : "cet esclave est un
officier romain que j'ai déjà rencontré
dans une ville voisine. Il portait un uniforme
romain !" Lilius recourut alors une ruse pour
détourner l'attention des Tomedians : il
se tourna vers l'officier déguisé
et lui asséna une volée de gifles,
lui reprochant d'oser porter l'uniforme d'un officier
romain alors qu'il n'était qu'un esclave
et se prévalant ainsi d'une qualité
à laquelle il n'avait aucun droit. L'officier
reçut placidement les gifles, en baissant
la tête en signe d'humilité et de
honte, comme le font les esclaves.
Ainsi, les hommes de Sifax
pensèrent que l'officier était vraiment
un esclave parce qu'ils ne pouvaient imaginer
qu'un officier romain ait pu recevoir ces coups
sans se défendre.
Le Roi Sifax prépara
un grand banquet pour Lilius et son entourage,
et les logea dans une maison très éloignée
de son camp afin qu'ils ne puissent se renseigner
sur ses défenses. Ils (les Romains) recoururent
alors à une autre ruse, aussi intelligente
que la première. Ils libérèrent
un de leurs chevaux et se mirent à le poursuivre
à travers tout le camp ainsi qu'aux alentours.
Après s'être renseignés sur
l'ampleur des fortifications, ils attrapèrent
le cheval puis, selon le plan prévu, ils
parvinrent à faire échouer leur
mission de conciliation. Peu de temps après
leur retour, le général romain attaqua
le camp du Roi Sifax et brûla les fortifications.
Sifax fut forcé de demander la paix. |
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RÉPONSE : |
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Au premier abord, cette histoire d'espionnage romain
m'a laissé aussi perplexe que vous
L'anecdote décrite dans le manuel d'Al Qaida,
me faisait un peu songer à une ruse "à la
Caracalla",
comme lorsque cet empereur feignit de convoler en justes
noces avec une princesse parthe afin de tomber à
bras raccourcis sur la noblesse ennemie, convoquée
pour célébrer ce mariage du siècle
Et puis, comme on dit trivialement, "mon franc est tombé"
! Ce Sifax, c'est Syphax, roi de Numidie (les prétendus
Tomedians restent un mystère pour moi) ;
Lilius, c'est Lælius
et Speer,
et bien figurez-vous qu'il ne s'agit pas de l'Albert du
même nom (l'architecte de Hitler), mais du grand
Scipion l'Africain himself, le vainqueur d'Hannibal
à Zama.
Quant à l'histoire que colportent (j'allais écrire
"cloporte"- lapsus calami révélateur
!) ces terroristes, elle me semble inspirée par
l'Histoire romaine de Tite-Live (Livre XXX, 4 -
voir ici : Clic
!)
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26 Juin 2003 |
| Benjamin
(Voir ici : Clic
!) a écrit : |
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1.
Pouvez-vous me donner des précisions sur la
destruction des livres sibyllins par Stilicon peu
après 400. |
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RÉPONSE : |
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Des infos sur la destruction des livres sibyllins
par Stilicon ?
Et bien, je pense bien que l'on n'en possède pas.
Dans la documentation dont je dispose, on se contente
d'enregistrer le fait, sans plus : En 83 av. J.-C., les
livres sibyllins originaux furent détruits par
un incendie, et une nouvelle collection d'oracle dut être
recueillie. Plus tard, Auguste
fit déposer ces livres dans le Temple d'Apollon,
et ils s'y trouvaient encore quand, au début du
Ve siècle, le général Stilicon, en
bon Vandale qu'il était, les fit détruire.
On signale aussi que la dernière consultation officielle
de l'oracle sibyllin semble s'être déroulée
en 363 p. J.-C., sous le règne de l'empereur Julien.
La raison du geste iconoclaste de Stilicon ?
Je n'ai rien trouvé à ce sujet dans mes
bouquins (ni sur le Net, d'ailleurs), mais j'ai quand
même ma petite idée :
Les Juifs, puis (et surtout) les Chrétiens avaient
forgé de faux oracles sibyllins, qui prédisaient
la venue, puis le triomphe du Messie, et annonçaient
les pires catastrophes aux affreux païens idolâtres.
Évidemment, si les "vrais" livres avaient subsisté,
la fraude chrétienne aurait été par
trop patente. Mieux valait donc se débarrasser
de ces témoins littéraires gênants
; il ne restait plus qu'à trouver un vandale qui
voulût bien se charger de cette épuration,
et ce fut Stilicon. |
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2.
Que savez-vous sur les contorniates, monnaie émise
à Rome de 358 à 472 dans une intention de
propagande antichrétienne.
Pourquoi, après l'édit
de Théodose, les Empereurs ont toléré
l'émission d'une telle monnaie ? |
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RÉPONSE : |
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Avec cette question, vous m'avez collé grave
- si j'ose m'exprimer ainsi !
Je n'avais jamais entendu parler de ces "contorniates".
Aussi, comme je suis fort ignorant en matière de
numismatique, je me suis aussitôt adressé
à un de mes plus fidèles correspondants,
Michel Verburg, webmaster du site
Archeobel qui a la bonté de m'aider à
résoudre ce genre d'énigme, et voici ce
qu'il m'a répondu :
| Et bien pour être une colle, ç'en
est une !
Figurez vous que jusqu'à ce jour, je n'avais
jamais entendu parler de contorniates ! En fait,
ces pièces ne font pas partie de la numismatique
courante. Apparemment, il s'agit plutôt
de jetons, un peu comme les tokens anglais
(voir ici : Clic
!). Leurs bords sont entourés d'un
genre de moulure ronde ("contorniates" de l'italien
contorno, contour)
Les textes des avers et des revers de ces "contorniates"
ne correspondraient pas entre eux. En outre, ces
pièces sont souvent de très mauvaise
facture, ce qui laisse supposer qu'elles ne furent
pas frappées dans des ateliers officiels.
Très peu de "contorniates" sont parvenus
jusqu'à nous. Personnellement, j'ai aussi
l'impression que certaines de ces "pièces"
sont parfois confondues avec les monnaies dites
"barbares" (voir ici : Clic
!)
Sur le Web, j'ai aussi découvert ceci
:
Site Biblitheoca
Classica Selecta de l'UCL :
"Alföldi A., Die Kontorniaten, ein verkanntes
Propagandamittel der stadtrömischen heidnischen
Aristokratie in ihrem Kampfe gegen das christliche
Kaisertum, Leipzig, 2 vol., 1943-1944, 196 p.,
71 pl.: Les médaillons contorniates sont
des "pseudo-monnaies" qui étaient frappées
pour être offertes en cadeau au début
de l'année. Ces médaillons furent
utilisés, à la fin de l'Empire,
comme instruments de propagande religieuse, au
service du paganisme". (voir ici : Clic
!)
Donc on parle clairement de "médaillons"
et non de "monnaies" ! Autant mélanger
les torchons et les serviettes !
Et aussi ceci :
Site russian-coins.net
:
"213 Late Roman Empire. Ca. 4th Century. AE Contorniate.
Laureate head of Nero, palm branch engraved before;
(NERO CLAV)DIVS CAESAR AVG GER PM TR P IMP (PP)
/ Warrior (Nero) on horseback r. spearing fallen
barbarian. 35.9 mm. 21.35 gm. Alfoldi, Pl.XXVII,
2. Very Rare. A few shallow, minor pits VF / F
700.
In the 4th Century, likely the late 4th Century,
a series of coin-like, Sestertius-size objects
were unofficially produced in the Roman Empire.
Known as contorniate because of the incised line,
or furrow, around the circumference of both obverse
and reverse, these pieces commonly portray early
emperors, notably Nero and Trajan. There are a
variety of reverses, but the most common depictions
are those relating to Roman Games or the Circus.
The Contorniates function is uncertain, theories
range from usage as gaming pieces or as tickets
for the games to usage as propaganda pieces -
recalling and praising the old Roman ways against
the rising sway of Christianity."(voir ici : Clic
!)
Donc, en définitive, un jeton de
propagande pouvait, éventuellement, être
anti-chrétien, mais pas une monnaie légale
émise par un empereur
. |
Pour résumer les propos de notre ami - Il s'agirait
donc de jetons (de jeu ? de cirque ?) dont les bords,
relevés, sont entourés d'un genre de moulure
ronde (d'où leur nom "contorniates" de l'italien
contorno, contour). Seulement quelques rares exemplaires
de ces contorniates sont parvenus jusqu'à nous.
Ils furent frappés vers la fin du IVe siècle,
mais pas par des ateliers monétaires officiels.
L'avers représente un grand empereur du passé
(Trajan,
Néron)
et le revers, fantaisiste, peut receler de la propagande
anti-chrétienne.
Ceci étant posé, à mon avis, même
s'il ne s'agissait pas de monnayage officiel, jamais un
empereur chrétien du Bas-Empire n'aurait toléré
la moindre critique du christianisme, devenu religion
d'État. À cette époque-là,
la tolérance religieuse et la liberté d'expression
n'existaient pas, et un "tenancier de casino" qui aurait
fait circuler des jetons ridiculisant la Foi de l'Empereur
(vicaire de Dieu sur terre) n'aurait pas vécu assez
longtemps pour se vanter de son exploit !
Il me semble donc que ces jetons sacrilèges n'ont
guère pu circuler que sous le règne d'un
souverain "réactionnaire païen", comme Julien
"l'Apostat" ou l'usurpateur Eugène.
Mais ce n'est là qu'une hypothèse de ma
part
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D'autres infos sur les contorniates
?
Voyez ces autres courriers : Clic !
et Clic
!
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26 Juin 2003 |
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Xavier
a écrit : |
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En janvier
dernier, je vous avais demandé quelques renseignements
sur d'hypothétiques voyages de Romains en Chine.
Aujourd'hui je récidive
:
Connaissez-vous l'hypothèse
selon laquelle après la bataille de Carrhae en
53 av. J.C. Un bataillon de quelques milliers d'hommes
aurait franchi les lignes de défenses parthes,
mais aurait été repoussé ensuite
à l'extrémité Est de l'Empire, avant
d'être incorporé comme mercenaires parmi
les troupes Hun combattant l'armée chinoise a l'actuelle
frontière Chine-Kazakhstan. Ces Romains
auraient été ensuite faits prisonnier par
les Chinois et réemployés par ces derniers
pour défendre des avant-postes de montagne (certains
textes chinois anciens décrivent ces étrangers
aux techniques de combat "étranges", interloqués
qu'ils étaient par la formation "en tortue" entre
autres).
Certains historiens pensent que
ces Romains auraient été (au moins après
avoir franchi les lignes parthes) sous le commandement
de Publius Licinius Crassus, le fils du triumvir.
À vrai dire les hypothèses
vont bon train (une autre dit que les Romains, prisonniers
des Parthes, auraient été déportés
à l'Est comme mercenaires avant d'être incorporés
successivement par les différents Royaumes qu'ils
étaient censés combattre (des recrues de
choix !).
Toujours est-il qu'aujourd'hui,
il existe un village en Chine du nom de Zhelaizhai
(province du Gansu) où les habitants se targuent
de descendre de ces Romains, arguant qui de sa mèche
de cheveux un peu frisés, qui de ses yeux clairs,
qui de sa haute taille, etc
(pour un héritage
génétique vieux de 2000 ans, il semble bien
tenace), et pour sceller définitivement tout ça,
les habitants ont érigé une statue représentant
un Romain debout à côté d'un représentant
du Parti Communiste Chinois.
J'aimerais bien (si vous avez le
temps) connaître votre avis sur ce sujet. Est-ce
que ceci vous semble plausible ? À vrai dire c'est
une théorie récente datant des années
50 et seulement étayée par un ou deux textes
chinois qui remontent à l'an 35 ou 36 avant notre
ère, mentionnant des prisonniers étrangers
dont les techniques militaires rappellent celles des Romains.
Merci de votre réponse.
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REACTION À CE COURRIER
:
| 10
Mai 2005 |
| Thierry
a écrit : |
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L’université
de Lanzhou a montré que 46 % des habitants
de Zhelaizhai présentent des séquences
génétiques caractéristiques
des européens.
| NOTE
DU WEBMASTER
Quelques liens sur le village de Zhelaizhai
- L'Express - La Légion perdue
de l'Empire du Milieu : Clic
!
- China.org - Un village romain dans
la province du Gansu : Clic
! - Angl. : Clic
!
- FS Ancient Mysteries - Digging
For Romans In China : Clic
!
- All Empires History Forums - Roman
City in China : Clic
!
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RÉPONSE : |
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Je crois que vous avez excellemment résumé
l'état des connaissances actuelles sur cette histoire
de légionnaires de Crassus devenus mercenaires
de l'Empire de Chine.
Je ne sais trop ce qu'en disent les vieilles chroniques
chinoises - ces sources sont fort peu diffusées
en Occident.
Du côté des écrivains de l'Antiquité
gréco-romaine, à ma connaissance seul Plutarque
(Vie de Crassus, LX) fournit un "état des
pertes" de la bataille de Carrhes. Selon lui, vingt mille
Romains furent tués et dix mille faits prisonniers
(sans faire mention de leur sort ultérieur). Notez
aussi que, dans le même ouvrage, Plutarque raconte
longuement (chap. XLVII à XLIX) comment Publius
Crassus, fils du triumvir Marcus Crassus, ayant témérairement
chargé l'ennemi avec un détachement de 1.300
cavaliers et de 500 archers, fut tué (blessé
puis décapité par les Parthes) dès
le début de l'engagement.
Si des prisonniers romains furent "envoyés sur
le front de l'Est" ce ne fut donc point sous le commandement
de Crassus Junior
Cela, c'est pour les auteurs anciens.
Du côté des historiens modernes, j'ai trouvé,
dans ma modeste bibliothèque, deux ouvrages qui
semblent corroborer l'hypothèse de cette légion
perdue aux confins de la Chine.
Dans son Empire du Levant (Payot, 1949), l'académicien
René Grousset écrit que "Crassus suivit
les perfides conseils du prince d'Édesse Abgar
II et s'engagea dans les solitudes de la Djeziré
où il fut encerclé et écrasé
par les Parthes près de Karrhai ou Carrhes (Harrân)
(28 mai 53) et finalement massacré (1er juin).
Vingt mille Romains ou auxiliaires perdirent la vie, dix
mille furent faits prisonniers. Orodès déporta
ceux-ci dans la région de Merv" (Merv, c'est
l'ancienne Alexandrie de Margiane - aujourd'hui
Mary, au Turkménistan).
Pierre Lévêque, (Empires et Barbaries
IIIe s av. - Ier s. ap., Larousse - Le Livre de Poche,
1968), lui, est plus explicite que René Grousset,
même si lui non plus ne mentionne pas ses sources
: "En 44 avant notre ère, sous la pression chinoise
et sous l'effet de discordes internes, si fréquentes
dans le monde instable de la steppe, l'unité des
Huns est rompue. Les Huns orientaux, établis dans
le Gobi, se scindent eux-mêmes en 44 après
J.-C. : les Huns méridionaux (Mongolie intérieure,
en bordure de la Grande Muraille) sont soumis par les
Han qui en établissent un grand nombre dans l'Empire
comme fédérés, tandis que les Huns
septentrionaux (Mongolie extérieure) restent indépendants.
Quant aux Huns occidentaux, fixés dans les steppes
du Kazakhstan, ils sont poursuivis par les Chinois qui
les défont (36 avant J.C.) dans une grande bataille
à laquelle semblent participer, aux côtés
des Huns, des légionnaires romains faits prisonniers
à Carres après la mort de Crassus (et qui,
ralliés ensuite aux Chinois, fonderont peut-être
la petite ville de Li-jien sur les marches de l'Empire)."
(René Lévêque, op. cit.)
Ce sont là toutes les infos dont je dispose sur
cette affaire
Pas grand-chose, comme vous pouvez
le constater !
Que penser de tout cela ?
Si des Romains furent faits prisonniers par les Parthes
après le désastre de Carrhes (ce qui est
probable), il est raisonnable de penser que les vainqueurs
les sommèrent de choisir : servir dans leur armée
ou être égorgé sur le champ (de bataille).
Et si des légionnaires acceptèrent de servir
les Parthes, il est tout aussi probable que ceux-ci les
envoyèrent aux confins orientaux de leur royaume,
là où aucune désertion n'était
possible.
Cette hypothèse de soldats romains ralliés
aux Parthes, puis aux Huns, pour finir comme "colons"
de l'Empire du Milieu me paraît donc au moins vraisemblable
à défaut d'être historiquement fondée.
Cela dit, s'il s'agit seulement de justifier la présence,
au Ier siècle av. J.-C., de soldats "de type occidental"
dans les steppes d'Asie centrale, point n'est nécessairement
besoin de solliciter d'hypothétiques légions
perdues de Crassus. C'est en effet précisément
à l'époque du désastre de Carrhes
que s'effondrèrent, sous les coups des Scythes
(les Saka) et des Parthes, les derniers royaumes
hellénistiques) de Bactriane et de Sogdiane, ultimes
vestiges orientaux de l'immense empire d'Alexandre le
Grand (en 55 av. J.-C., défaite d'Hermaios, dernier
roi "indo-grec")
S'ensuivit sans doute une diaspora de combattants macédoniens
dans les pays barbares voisins ; ce qui peut également
expliquer la présence de combattants "exotiques"
dans les armées hunniques ou chinoises.
Pour les cavaliers des steppes ou pour les fantassins
chinois, les évolutions de la phalange macédonienne
devaient paraître aussi bizarroïdes que celles
d'une légion romaine formant la "tortue"
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29 Juin 2003 |
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Ben a écrit : |
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Je sais que certains grands
artistes du passé (de Vinci, Beethoven) et que
de nombreux sportifs célèbres (Pelé,
McEnroe, Senna) sont gauchers. Pourriez-vous me dire quels
empereurs sont gauchers ? |
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RÉPONSE : |
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Des empereurs romains gauchers ? Oh, nul doute
qu'il y en eût, mais, à ma connaissance,
aucune liste de ce ceux-ci ne fut jamais été
établie.
Il faut aussi préciser, dans l'Antiquité
romaine (ainsi d'ailleurs que chez bien d'autres peuples,
anciens ou modernes) tout le côté gauche
était réputé mauvais, pernicieux,
néfaste, de mauvais augure
bref, en un mot
comme en cent, "sinistre" (latin sinister = gauche).
Dès lors, on peut se douter qu'un gaucher qui devenait
empereur romain n'avait aucun intérêt à
clamer cette particularité sur tous les toits.
Être gouverné par un homme réputé
porteur du "mauvais il", ce n'était certes
pas la meilleure tactique pour plaire au peuple, fort
superstitieux. Mieux valait lui cacher cela, comme s'il
s'agissait d'une maladie honteuse !
Je ne connais qu'une seule exception : Commode
Mais si ce détestable empereur mit sa gaucherie
en exergue, ce fut uniquement afin de mieux vanter ses
exploits de gladiateur (voir sa titulature sur cette page
du site Noctes
Gallicanae : Clic
!)
Notez aussi qu'aux temps de la République, les
membres de la gens (famille) Mucia s'enorgueillirent
de porter le surnom Scaevola (= le Gaucher")
en souvenir de l'un de leurs ancêtres de la fin
du VIe siècle av. J.-C.
Pour rappel, alors que les Étrusques assiégeaient
Rome, le jeune Romain Caius Mucius aurait pénétré
dans le camp ennemi afin d'assassiner le roi Lars Porsenna.
Mais il se trompa ! Au lieu de poignarder le souverain
ennemi, il trucida par erreur son secrétaire. Fait
prisonnier, Caius Mucius montra alors son courage et son
mépris de la mort en mettant sa main droite dans
le feu, la laissant se calciner lentement sans broncher
ni proférer la moindre plainte. Impressionné,
le roi Porsenna laissa partir ce jeune fanatique. C'est
donc libre, respecté par ses ennemis, et bientôt
admiré par ses concitoyens que Mucius sortit du
camp étrusque. Mais il était aussi devenu
gaucher pour le restant ses jours ! D'où ce surnom
de Scaevola (le Gaucher) par lequel les Romains
le désignèrent ; un surnom qui, bien sûr,
n'était glorieux que parce que ce Caius Mucius
n'était pas gaucher de naissance.
À moins que, tout en feignant de rendre hommage
à sa blessure de guerre, les Romains qui étaient,
on le sait, toujours un tantinet caustiques en matière
de surnoms (voyez Cicéron = cicero = "pois
chiche"), n'aient également voulu stigmatiser l'insigne
maladresse dudit Mucius, cet étourdi qui n'avait
pas été fichu de faire la différence
entre un roi étrusque et un vulgaire scribouillard.
En effet, Mucius Scaevola, cela peut tout aussi
bien vouloir dire "Mucius le Maladroit" que "Mucius le
Gaucher" (adjectif latin scaevus = gauche, ou maladroit).
Comme quoi le préjugé contre la gaucherie
était déjà tenace bien avant les
empereurs !
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Juin 2003 |
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Michel
a écrit : |
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| Nouveautés
du site Archeobel
:
- Un bracelet en argent
gallo-romain de tradition celtique et une
grande épingle romaine en os : Clic
!
- Une lampe à
huile romaine de tradition grecque, datant
des environs du début de notre ère
: Clic
!
Chaque période de
l'Antiquité a connu des styles différents
de lampes à huile, voire même
des néo-styles (tradition celtique, égyptienne,
syrienne, etc)
L'exportation était
énorme, et - l'Empire romain étant
très vaste et ses populations très
variées - certains ateliers devaient s'adapter
au goût du temps ou à celui de peuples
auxquels leurs lampes étaient destinées.
Au premier siècle,
la Gaule importe des lampes d'origine italique ;
de cette Italie, qui quant à elle, baigne
encore dans la culture grecque et aime tout ce qui
est en rapport avec cette civilisation. On retrouvera
donc des personnages mythologiques grecs sur des
lampes romaines.
Plus a l'Est, les Grecs eux, privilégient
toujours leurs traditions. Les ateliers résistent
tant bien que mal à l'importation romaine.
En Égypte, les potiers refusent également
l'art romain et préfèrent les traditions
millénaires de leur culture. |
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Vers le deuxième siècle,
en Afrique du Nord, les ateliers carthaginois assimilèrent
un peu toutes ces traditions ; ils imitent les styles
romain, égyptien, et tout ce qui leur tombe sous
la main. C'est un peu le made in HongKong de l'époque.
Cette production se caractérise par son aspect
bâclé, vite fait mal fait ; les lampes n'ont
pas le cachet de ces lampes romaines dont elles ne sont
que des "copies".
De leur côté, les Syriens continuent à
produire un type de lampes qui va avoir un certain succès
au Moyen-Orient.
Aux IIe et IIIe siècles,
les lampes de caractère palestinien vont disparaître
pour faire place à une nouvelle génération
de lampes d'origine balkanique. Il s'agit d'imitations
des imitations carthaginoises ; de vrais "produits blancs"
!
En Italie, la fabrication de belles lampes perd son souffle
devant cette concurrence. Elle recevra le coup de grâce
du chef des potiers gaulois qui, dans leur propre style,
imiteront les lampes romaines.
J'ai déjà parlé
des liens qui existent entre monnaies et lampes à
huile (Clic
!). Cela se poursuit au IIIe siècle et
même au IVe siècle quand, avec le christianisme,
commence à se répandre un nouveau style
de lampes (avec des symboles bibliques ou chrétiens
- poissons et colombes par exemple) qui, évidemment,
connaît beaucoup de succès chez les chrétiens
de l'époque.
En Syrie également, les chrétiens développent,
dès le début du Ve siècle, un style
différent du carthaginois, avec des symboles chrétiens
plus explicites (des petites croix par exemple).
Pour certaines régions,
on peut donc parler de standardisation, mais avec des
styles qui évoluent avec temps et selon les cultures.
Quand un style de lampe disparaît, un autre apparaît.
On peut également affirmer qu'en général,
les lampes des deux premiers siècles sont encore
jolies, mais après le troisième siècle,
cela se dégrade, les différentes ethnies
de l'Empire marquant de plus en plus de leur empreinte
une production qui, quoique locale, est aussi destinée
à exportation |
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