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Juin 2003 (page 3/4)
Sommaire du mois de Juin : Clic
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| 19 juin 2003 |
| Aelius
a écrit : |
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| Que
peut-on savoir de Syagrius ? Était-il le dernier
détenteur de la légitimité ? |
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| RÉPONSE
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| En réalité,
Syagrius appartient plus à l'histoire de
France qu'à celle de l'Empire romain.
| Il était le fils de cet Ægidius
(ou Egidius, si vous préférez) qui
fut le dernier représentant "légal"
de l'Empire romain en Gaule.
Egidius, un Gallo-romain dont la famille était
peut-être originaire de Lyon, commença
sa carrière sous le règne de Majorien.
Il accompagna cet empereur - le dernier que tenta
de sauver un Empire qui prenait eau de toute part
- dans sa désastreuse expédition contre
les Vandales qui occupaient l'Afrique du Nord. Ensuite,
Majorien ayant été plus que probablement
assassiné par le chef barbare Ricimer, Ægidius
se retira en Gaule. Il envisagea un moment de marcher
sur Rome à la tête de ses troupes afin
de venger la mort de son chef vénéré,
mais, pour faire diversion, Ricimer lança
sur lui les Wisigoths, déjà maîtres
de l'Espagne. Le Gallo-romain résista héroïquement,
mais un traître ayant livré Narbonne
aux envahisseurs, il dut se retirer au Nord de la
Loire. Toutefois, les Wisigoths ne purent pousser
plus avant : avec l'aide des Francs de Childéric
(père de Clovis), Ægidius leur infligea
une cuisante défaite à Orléans.
Il resta donc le maître du Nord de la Gaule
tandis que les Barbares en occupaient toute la partie
méridionale, coupant définitivement
ses communications avec l'Italie et Rome. Ægidius
était désormais devenu le souverain
d'une "principauté gallo-romaine" indépendante,
dernier vestige de la civilisation romaine dans
un "océan de barbarie". |
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Puisque les Wisigoths n'ayant pas réussi liquider
le chef Gallo-romain, Ricimer - qui gouvernait l'Italie
au nom d'empereurs romains de plus en plus fantomatiques
- lui suscita d'autres ennemis, en l'occurrence les terribles
pirates saxons. Egidius rechercha alors de l'aide auprès
de son ancien ennemi, le Vandale Genséric, mais
il mourut (octobre 464) de la peste avant d'avoir signé
le traité d'alliance. Il laissait un fils en bas
âge, notre Syagrius.
Nous ne connaissons vraiment pas grand-chose de lui.
Vers 486, il était le maître d'une "principauté"
dont les limites territoriales sont assez floues, mais
dont le centre était la ville de Soissons. En fait,
Syagrius aurait probablement pu continuer à vivoter
longtemps, retranché sans sa citadelle dominant
l'Aisne, si les territoires qu'il contrôlait n'avaient
pas constitué le dernier obstacle qui empêchât
Clovis de s'emparer de tout le Nord de la Gaule.
On prétend que, pour se conformer à la
coutume germanique, l'ambitieux chef franc envoya un défi
à Syagrius, le sommant de fixer le jour et le lieu
de la bataille. Le Gallo-romain accepta le combat, mais
nous ignorons la date exacte et l'endroit précis
(aux environs de Juvigny ?) de l'affrontement entre la
coalition franque dirigée Clovis et les forces
gallo-romaines de Syagrius. Quoi qu'il en soit celui-ci
fut vaincu et s'enfuit à Toulouse afin de chercher
aide et secours auprès des Wisigoths, les anciens
ennemis de son père. Le roi Alaric semble avoir
gardé un moment Syagrius auprès de lui,
mais ayant été vaincu lui aussi par les
terribles Francs, et ceux-ci ayant profité de leur
victoire pour s'emparer de tout le Nord de la Gaule, le
roi des Wisigoths acheta la paix en livrant Syagrius à
Clovis, au mépris de toutes les lois de l'hospitalité.
Le roi des Francs l'emprisonna d'abord quelque temps,
histoire de ne pas provoquer ses éventuels partisans,
puis, comme personne ne brochait, il le fit exécuter
(vers 498 ?).
La légitimité de Syagrius ?
Voici ce qu'en pense Godefroid Kurth, l'historien belge
auquel je dois l'essentiel des informations qui précèdent
:
| "Il (= Syagrius) ne portait plus,
comme son père, le titre de maître
des milices, moins encore celui de duc ou de patrice,
qui lui est donné par des documents peu
dignes de foi. Nulle part on ne voit qu'il ait
tenu d'une délégation impériale
le droit de diriger les destinées de la
Gaule : et quelle eût d'ailleurs été
l'autorité d'un mandat qui venait d'être
brisé en 476 ? Nous ne pouvons donc regarder
le gouvernement de Syagrius que comme un pouvoir
de fait, reconnu exclusivement par les cités
qui préféraient sa domination à
celle d'un autre, ou encore aux dangereux hasards
de la liberté. Quelles étaient ces
cités ? Nous l'ignorons absolument, et
il serait bien téméraire d'identifier
le domaine sur lequel s'étendait l'autorité
du fils d'Ægidius avec la Gaule restée
romaine. Celle-ci allait de la Somme à
la Loire et de la Manche à la Haute-Meuse,
sans qu'il soit possible de délimiter d'une
manière plus précise les frontières
de l'Est. Dans cette vaste région, plus
d'une cité indifférente aux destinées
de Syagrius et sans sympathie pour sa politique,
devait posséder un régime semblable
à celui de la ville de Rome au VIIe siècle,
c'est-à-dire que l'autorité spirituelle
des évêques y avait pris la place
du pouvoir civil absent.
L'histoire s'est donc laissée éblouir
par le titre de roi des Romains, que Syagrius
porte dans les récits de Grégoire
de Tours. Elle a supposé qu'à cette
royauté correspondait un royaume, et que
ce royaume comprenait toute la partie de la Gaule
qui n'était pas soumise pour lors à
des rois germaniques. C'est une illusion. Le titre
de roi que le chroniqueur attribue à Syagrius,
il l'a emprunté aux traditions des barbares
eux-mêmes, qui n'en connaissaient pas d'autre
pour désigner un chef indépendant.
Sous l'influence de ces traditions, d'autres sont
allés plus loin, et ils ont imaginé
une dynastie de rois des Romains de la Gaule,
dans laquelle se succèdent de père
en fils Aétius, Ægidius, Paul et
Syagrius. Si Grégoire avait connu celui-ci
par d'autres sources que les légendes franques,
il se serait gardé de lui donner un titre
si peu en harmonie avec la nomenclature officielle
de l'Empire. Mais il était dans la destinée
du dernier tenant de la civilisation romaine de
n'arriver à la postérité
que dans les traditions nationales de ses vainqueurs."
(Godefroid Kurth, Clovis, Librairie Jules
Tallandier, 1978). |
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| 20 Juin 2003 |
| Vincent
réécrit : |
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)
Je viens de relire les "Mémoires d'Hadrien". Le
livre est un bijou. Le personnage contient toute la sagesse
que nous devrions avoir. (
) J'ai été
arrêté par le mot janiteur
que je n'ai pas trouvé dans le dictionnaire. |
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| RÉPONSE
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| Vous me dites que vous n'avez
pas trouvé le mot "janiteur" dans votre
dico ?
Ça ne m'étonne pas : il eût fallu
pour cela que vous regardassiez (marrants, ces imparfaits
du subjonctif, n'est-ce pas ?) dans un dictionnaire latin
car il s'agit de la francisation - à mon sens,
et en dépit de mon admiration pour Marguerite Yourcenar,
un fifrelin prétentieuse - du mot janitor
qui signifiait tout bêtement "portier".
Ce mot janitor vient d'un surnom de Janus, ce
dieu à double face qui défendait les foyers
romains contre les esprits malfaisants et qui, surtout,
présidait au commencement de toutes choses (c'est
pourquoi le premier mois de l'année lui fut consacré
: Janus, januarius, janvier). |
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| 20 Juin 2003 |
| Christian
a écrit : |
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| Dans
le cadre d'une étude biblique sur les jours de
la mort et de la résurrection du Christ, je cherche
à savoir en quelle année a commencé
le règne de Tibère César ?
Les textes ci-dessous placent la
quinzième année du règne de Tibère
César en l'an 29 :
Selon Luc 3:1, Jean-Baptiste
commença son ministère "la quinzième
année du règne de Tibère César".
Comme Luc utilise un mot grec signifiant littéralement
"fonction de gouverneur", certains en ont conclu que la
"quinzième année" devait être
comptée à partir du moment où Tibère
est devenu co-régent avec Auguste. Ainsi, ils placent
le commencement du ministère de Jésus en
l'an 27 de notre ère. Toutefois, la date exacte
à laquelle commença cette co-régence
est mise en question.
(Cette incertitude se reflète dans The International
Bible Encyclopædia, où il est dit:
"En 13 de notre ère (ou en 11 selon Mommsen),
T[ibère] fut élevé
à la co-régence par une loi spéciale".
On peut aussi faire remarquer que bien qu'étant
associé à Auguste dans la fonction de
gouverneur, Tibère a commencé à
régner en tant que César seulement à
partir du moment où il exerça seul le
pouvoir. Logiquement, "la quinzième année
de César" est en réalité la
quinzième année de son règne. Bien
qu'étant partisan de compter la quinzième
année de Tibère à partir de la
co-régence, le bibliste hollandais J. J. Van
Oosterzee reconnaît: "Les années de
règne d'un empereur romain étaient effectivement
comptées à partir du moment où
il gouvernait seul.)
Alors que la date de cette co-régence est incertaine,
celle du commencement du règne de Tibère
en tant que César est bien établie : le
17 août 14 (selon le calendrier grégorien).
Par conséquent, la quinzième année
va du 17 août 28 au 16 août 29, ce qui situe
le commencement du ministère de Jésus
en l'an 29, environ six mois après le début
de celui de Jean.
Ces raisonnements sont-ils crédibles
? Qu'en pensez vous ? |
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| RÉPONSE
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| Peut-être, pour commencer,
quelques s incontestables éléments
chronologiques :
- 4 ap. J.-C. : après la mort de Caius
César, son héritier et successeur présomptif,
Auguste
adopte Tibère
(ainsi que son dernier petit-fils, Agrippa Postumus
- voir tableau
généalogique). En même temps
que cette adoption, le vieil empereur confère
également à Tibère la puissance
tribunitienne, celle-ci étant accompagnée
de perspectives de succession. Dès cette date,
Tibère peut donc être considéré
comme "participant et héritier du gouvernement
de l'Empire" (en latin : consors successorque imperii).
Bref, pour dire les choses plus clairement, dès
4 ap. J.-C., Tibère devient (au même titre
qu'Agrippa Postumus) co-régent de l'Empire romain.
- 7 ap. J.-C. Agrippa Postumus s'avère
n'être qu'une parfaite nullité. Étant
de surcroît aussi pourri de vices que sa mère
Julie, Auguste le condamne à l'exil. Tibère
reste le seul prétendant à la succession
du vieil empereur
et le seul co-régent
de l'Empire romain.
- En 13, la "puissance tribunitienne" de Tibère
est renouvelée. En même temps, une loi
consulaire (lex consularis) lui confère
un imperium proconsulaire étendu (imperium
proconsulare majus) qui fait de lui le "collègue"
à part entière du vieil Auguste.
- Le 19 août 14, Auguste
meurt.
- 17 septembre 14 : les Sénateurs, à
genoux, supplient Tibère
d'accepter le Principat. Tibère se fait violence
et s'incline devant leur insistance. C'est le début
officiel de son règne.
Comme vous le constatez, si l'on veut pinailler, couper
les cheveux en quatre, on n'a que l'embarras du choix
! Le règne de Tibère, on peut, à
plus ou moins bon droit, le faire débuter en 4,
en 7, en 13 ou en 14 ap. J.-C
. et par conséquent,
le rugueux Jean le Baptiste peut avoir inauguré
ses activités nautiques en 19, en 22, en 28 ou
en 29.
Et justement, puisque ce brave Jean le Précurseur
préconisait de "d'aplanir les chemins raboteux
et de redresser ce qui est tortueux", n'y aurait-il
pas moyen d'appliquer ses préceptes à cette
épineuse question ?
Les textes que vous citez montrent de que savants exégètes
se sont longuement penchés sur cette question sans
pouvoir se mettre d'accord. Mais puisque vous me demandez
mon avis, je vais vous le donner
En fait, je ne sais pas très bien quand le Baptiste
a réellement commencé son
ministère aquatique, mais, en revanche, ce dont
je mettrais ma main au feu, c'est que l'année indiquée
par l'évangéliste Luc est bien 29 ap. J.-C.
Je m'explique :
Si l'Évangile selon Luc avait été
écrit immédiatement après la mort
de Jésus, on pourrait certes hésiter sur
la signification réelle de cette datation. Tibère
n'était jamais que le deuxième Princeps,
et, bien qu'il fût absolu, la nature du pouvoir
de ces empereurs qui n'hésitaient encore
à se proclamer tels n'en restait pas moins encore
assez floue. D'autant plus qu'au fil du temps, Auguste
avait accumulé sur ses épaules aussi bien
des titres militaires que religieux, politiques ou judiciaires.
Confrontés à un système politique
tout neuf et très complexe, les contemporains des
deux premiers Césars auraient peut-être
été bien en peine de se mettre d'accord
sur la date exacte du début de leur règne.
La "monarchie" romaine et son protocole étaient
encore en chantier ; il n'y avait pas encore de "tradition"
bien établie.
| Mais voilà, l'auteur (ou les
auteurs) que tradition appelle Luc n'était
pas un contemporain de Tibère
ou de Caligula
! Son Évangile, il ne l'écrivit
pas dans les années 30 ou 40 de notre ère,
mais, au bas mot, quarante ans plus tard, après
la chute de Jérusalem, après l'incendie
du Temple
et après qu'une dizaine d'empereurs
se fussent succédés sur le trône
des Césars. À cette époque,
il y avait belle lurette qu'on avait l'habitude
de dater les événements d'après
les années de règne de l'empereur
qui régnait à Rome - étant
bien entendu que l'an 1 du règne d'un
Auguste était l'année où
il avait succédé à son prédécesseur
(assassiné, empoisonné, liquidé,
etc).
En 80 ap. J.-C. qui se souvenait encore que Tibère
avait été associé au pouvoir
dix ans avant la mort d'Auguste
? Qui se rappelait encore que, la toute dernière
année de l'interminable règne de son
beau-père, Tibère avait partagé
l'Empire avec lui ? Personne ! Pour tout un chacun,
la première année du règne
de Tibère était celle de la mort d'Auguste,
un point c'est tout !
Enfin - last but not least -, l'évangéliste
Luc n'avait nullement intérêt à
valoriser l'action de Jean-Baptiste en lui accordant
un "ministère" de trop longue durée,
que du contraire
Même si Jean avait été actif
bien plus longtemps que cela (ce qui est du reste
très probable), mieux valait limiter son
action prophético-contestataire à
une seule année, celle qui avait immédiatement
précédé l'année où
Jésus s'était manifesté. L'Évangéliste
était déjà suffisamment embarrassé
avec cette histoire de baptême du Christ,
qui montrait celui-ci en position d'évidente
subordination face au "Précurseur". Nul besoin
d'en remettre une couche en accordant au dernier
prophète une longévité digne
de ses illustres prédécesseurs de
l'Ancien Testament.
N'oublions pas qu'entre les premiers chrétiens
et les disciples de Jean le Baptiste, la "concurrence"
fut longtemps très vive. |
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22 Juin 2003 |
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Michel
a écrit : |
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J'ai fait l'acquisition d'une
monnaie romaine qui ne paraîtra pas sur mon site
Archeobel.
Il s'agit d'un follis argenté de Constantius
I Chlorus.
Au revers, vous allez voir le texte
: GENIO POPULI ROMANI.
Comme mon latin s'arrête
a Olybrius, Cave canem et tout ce que l'on
trouve de rigolo dans les pages roses de mon Larousse;
je me suis donc tenu à la traduction française
que j'avais lue : "Au génie du peuple romain".
Mon fils, qui a fait les latin-math
à l'époque, me regarde en fronçant
les sourcils et me dit que le mot Genius ne veut
pas tout à fait dire "génie", mais plutôt
"esprit protecteur", ou encore la virilité de l'homme
(sa descendance).
Alors je suppose que, sur le revers de ma monnaie, il
s'agit d'un esprit protecteur ou une petite divinité
protectrice.
Selon vous quelle est la traduction
exacte ou la signification exacte de ce texte au revers
de cette monnaie; de ce Genio Populi Romani ? Ce
texte revenant très souvent quand on parle des
empereurs romains. Il devait bien y avoir une signification
particulière à ce fameux Genius ?
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RÉPONSE : |
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Et bien, les souvenirs de latin-maths de votre fils
sont fort bien conservés ! Si j'étais prof,
je lui donnerais
euh
allez (vogelpick !)
8.5 sur dix !
En effet, si j'en crois les quelques bouquins que j'ai
consultés (car, quant à moi, mes souvenirs
scolaires sont assez flous), chez les Romains, le génie,
c'était d'abord la force qui permettait à
l'homme d'engendrer (pour la femme, cette force génésique
s'appelait la Junon).
Il faut aussi signaler que si un Romain s'exclamait :
"le lit, c'est génial !", il ne fallait
pas automatiquement en déduire que l'on avait affaire
à un obsédé sexuel; dans le genre
de Caligula
ou de Néron.
Que nenni ! En fait, l'honnête et banal lit conjugal
étant souvent qualifié de "génial"
(en latin : lectus genialis), ce bonhomme voulait
simplement dire qu'il aimait partager la couche de sa
légitime épouse.
À l'origine, les "Génies" étaient
donc des petites divinités personnelles, mais au
fil du temps, ils étendirent leur sphère
d'influence à des collectivités de plus
en plus nombreuses. D'abord, le Génie du
chef de famille devint celui de la maisonnée tout
entière (le jour de l'anniversaire du pater
familias, toute la familia se réunissait
et vénérait le "Génie de la maison"
- représenté sous la forme d'un serpent
ou d'un homme en toge portant une corne d'abondance).
Ensuite, comme le Génie du chef de
famille semblait capable de protéger toute une
famille, on trouva normal que des lieux ou des corporations
disposent de leur Génie particulier. Et
puisque des Génies présidaient à
des carrefours, à des quartiers de la Ville, il
était logique que le Peuple de Rome lui-même
eut son Génie spécifique
Cela dit, il est assez difficile de savoir ce représentait
réellement ce Génie du peuple romain.
C'était la force conquérante de Rome, mais
aussi le culte de l'empereur divinisé ; sur certaines
monnaies, le Génie du peuple romain est
représenté sous les traits de l'empereur
régnant.
Dans d'autres cas, ce Génie symbolisait
seulement tout ce qui faisait la grandeur de Rome ; un
peu comme quand nos voisins d'outre-Quiévrain évoquent
leur fameux "génie français"
Cependant, le Génie du Peuple romain pouvait
être tout autre chose qu'une simple allégorie
; il pouvait parfois prendre une forme très concrète.
C'est ainsi que l'empereur Julien
l'Apostat le rencontra à deux reprises, "en
chair et en os", si j'ose dire
La première
fois, à Lutèce, le Génie apparut
pour lui conseiller d'accepter la pourpre impériale
que lui offraient les soldats révoltés ;
la seconde apparition eut lieu en Perse, juste avant la
dernière bataille : Julien vit le Génie
du Peuple romain se couvrir la tête d'un pan
de sa toge et s'éloigner, lugubre. |
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| 22 Juin 2003 |
| Jacqueline
(site Divertissements
à Rome) a écrit : |
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| À tout hasard,
voici un site sur Rome qui vaut le détour
:
Roma
- Rome
Auteur
:
Denise Van Bignoot, une Gantoise, qui vit
à Cannes depuis 1976 et qui séjourne
régulièrement à Rome.
Ce site fournit des
informations pertinentes, inattendues, et
sur l'histoire, et sur la ville de Rome.
Una dulcia !
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25 Juin 2003 |
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SCH a écrit : |
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Que sait-on du pouvoir consenti
aux assemblées du peuple dans le Droit romain
?
Les assemblées convoquées
pouvaient-elles exercer le rôle de juré ?
Quel rôle etait reconnu légalement
a la vox populi ? |
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RÉPONSE : |
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Ces assemblées populaires (les comices)
sont des institutions propres à la République
romaine. Sous l'Empire - période historique à
laquelle s'intéresse ce site Internet -, même
si on les laisse "survivoter", elles ne jouent plus aucun
rôle politique ; l'empereur, tribun du peuple à
vie n'est-il pas le porte-parole et le protecteur de la
Plèbe ?
Voici néanmoins les quelques renseignements (d'ordre
très général) sur ces comices que
j'ai pu trouver dans ma modeste documentation :
À Rome, les comices étaient l'assemblée
du peuple tout entier, l'assemblée des citoyens.
Ils constituaient donc l'élément démocratique
de la "constitution" romaine. Cependant, l'État
romain restait bien de nature oligarchique et les limitations
à l'expression démocratique des comices
étaient nombreuses : ils ne pouvaient se réunir
que les jours "comitiaux", après proclamation et
affichage officiels ; de nombreux citoyens renonçaient
donc à "tout plaquer" afin se trouver à
Rome au jour et à l'heure fixés. En outre,
les résolutions des comices devaient être
ratifiées par le Sénat.
Le peuple étant divisé en curies, centuries
et tribus, il existait trois types de comices : les comices
curiates, les comices centuriates et les comices tributes.
Lorsque le peuple était convoqué en masse
et non en groupes particuliers, l'assemblée portait
le nom de contio ; il s'agissait alors d'une réunion
informelle, le peuple se contentant d'écouter des
orateurs à propos de questions politiques ou judiciaires.
Lorsque l'assemblée du peuple était convoquée
par groupes, cela s'appelait un concilium ; il
ne réunissait que les plébéiens chargés
d'élire leurs propres magistrats. Les comices tributes
ont sans doute fini par remplacer cette assemblée.
Selon la légende, les comices centuriates
auraient été créés par Servius
Tullius (roi de Rome de 578 à 535 av. J.-C.) sur
base des centuries des légions romaines, mais,
en réalité, leur création serait
postérieure à 450 av. J.-C. Ces comices
centuriates étaient organisés de manière
à donner la prépondérance aux classes
aisées : la première classe (celle des citoyens
riches) comprenait 98 centuries sur un total de 193 et
elle votait toujours en premier (système de la
centurie "prérogative") ; ce vote était
par ailleurs réputé inspiré par les
dieux.
Les comices centuriates élisaient les magistrats
supérieurs et votaient certaines lois. Ils avaient
le droit de déclarer la guerre, pouvaient légiférer
(sur les propositions des consuls ou des autres magistrats
détenant le pouvoir de commandement, l'imperium),
et faisaient office de cour d'appel contre la peine capitale.
À l'origine, leurs pouvoirs législatifs
étaient limités par le droit de veto du
Sénat, mais la loi Publia (339 av. J.-C.) ayant
exigé que le Sénat ratifiât à
l'avance les propositions qui lui étaient soumises,
cette ratification devint une simple formalité.
Les comices centuriates étant à l'origine
une armée, ils ne pouvaient se réunir à
l'intérieur de la Ville ; ils s'assemblaient donc
le Champ de Mars (dans les saepta ou enclos de
vote) ; là, les citoyens pouvaient porter les armes
Depuis l'époque royale, le peuple romain était
divisé en trente "Curies", circonscriptions ou
communautés locales dont la réunion constituait
l'assemblée populaire, les comices curiates.
Ces comices n'avaient pas de pouvoir législatif,
mais se réunissaient pour entendre les affaires
communautaires et sanctionnaient de manière formelle
les questions importantes (déclaration de guerre,
par exemple). Ils ratifiaient officiellement, par la lex
curiata de imperio, l'attribution des pouvoirs aux
magistrats supérieurs nouvellement désignés.
Ils s'occupaient également des cas d'adoption,
le transfert d'une famille patricienne à une famille
plébéienne, de l'élection à
certains sacerdoces, et d'autres affaires religieuses.
À la fin de l'époque républicaine,
les réunions des comices centuriates étaient
purement formelles ; une assemblée de trente licteurs
constituait un quorum suffisant.
Le nom exact des comices tributes était
concilium plebis. C'était l'assemblée
générale de tous les plébéiens,
réunis par tribus (35 tribus). Les patriciens étaient
exclus de cette assemblée dont la fondation remontait
au milieu du Ve siècle av. J.-C. Les comices tributes
élisaient les magistrats inférieurs et,
surtout à partir de 287 av. J.-C., votaient la
plupart des lois. Ils se réunissaient à
l'origine sur le Comitium, lieu consacré en bordure
du Forum, près de la Curie et des Rostres, la tribune
aux harangues : à la fin de la République,
ils se rassemblèrent sur le Forum même.
(Sources : Université d'Oxford, Dictionnaire
de l'Antiquité [sous la direction
de M. C. Howatson], Éditions Robert Laffont,
coll. Bouquins - Dictionnaire de l'Antiquité
grecque et romaine [sous la direction de
Jean-Paul Thuillier], Hachette)
Pour plus d'infos, vous pouvez également consulter
ces quelques sites :
- etudroit.com - Institutions politiques romaines :
Clic
!
- CLIO-HIST - Les institutions romaines au IIe s. av.
J.-C. : Clic
!
- lasicileantique.ifrance.com - Comices : Clic
!
- ac-reims.fr/rocroi-maubert/ - Les institutions romaines
sous la République : Clic
!
- france.com/Vitellus/ - Le gouvernement romain : Clic
!
- Yahoo ! Encyclopédie - les Comices : Clic
!
- Historia Presse - La démocratie romaine à
la loupe : Clic
!
-
et aussi, à cette page de ce site, un
texte de la fin du IVe siècle ap. J.-C. qui décrit,
de manière fort dégoûtée
d'ailleurs, ces tumultueuses assemblées populaires
: Clic
!
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