|
| Sommaire
Juin 2003 :
- 1er juin :
- Date exacte du baptême de Constantin ? : Clic
!
- 2 juin :
- La Xe Légion était-elle "connue" ? - César
et la Xe Légion : Clic
!
- Les légions italiennes se révoltent contre
César ! : Clic !
- 3 juin :
- Et la Judée devint la Palestine
: Clic
!
- 6 juin :
- De l'origine des noms d'oiseaux de la belle Cléo
! : Clic !
- "Cléopâtre, la putain insatiable",
on cherche Tite-LIve et l'on trouve le Pseudo Aurelius Victor ! : Clic !
- Cléopâtre : Recueil des références
antiques - par Philippe Boyer : Clic
!
- 6 juin :
- L'empereur Caligula était-il fou ? Une tentative
de réponse (en anglais) à cette angoissante
question
: Clic !
- 6 juin :
- L'interdiction des Lupercales par le pape Gélase
Ier : un indice de l'influence persistante du paganisme
dans la Rome de la fin du Ve siècle ? : Clic
!
PAGE
SUIVANTE
- 8 juin :
- Aurélien adorait-il le même dieu qu'Élagabal
? : Clic !
- L'Héliogabale d'Antonin Artaud est-il conforme
à la vérité historique ? : Clic
!
- Héliogabale et Artaud : deux Antonins pour
le prix d'un ? : Clic
!
- Le statut de l'évêque de Rome changea-t-il
après la conversion de Constantin ? : Clic
!
- Outre Aurèlien, d'autres empereurs adorèrent-ils
le Soleil ? : Clic
!
- 13 juin :
- Comment les Romains s'y prenaient-ils pour fabriquer des
"eskimos" : Clic !
- 13 juin :
- Quelques infos sur la Maison dorée (Domus aurea)
de Néron : Clic
!
- 17 juin :
- Rectificatif : un certain Tertullus fut bien consul au
Ve siècle ! : Clic
!
- Que penser de ces généalogies fabuleuses
de Constantin et de Licinius : Clic
!
- Le pape Caius, neveu de l'empereur-persécuteur
Dioclétien ? : Clic
!
- L'épopée navale des Francs sous le règne
de Probus et la fable de leurs origines troyennes : Clic !
3e
PAGE
- 19 juin :
- Syagrius, le "dernier des Romains" en Gaule ? : Clic
!
- Egidius, (ou Ægidius, ou Égide), père
de Syagrius : Clic
!
- 20 juin :
- Qu'est-ce donc qu'un "janiteur" ? : Clic
!
- 20 juin :
- Quelle date choisir pour faire débuter le règne
de Tibère ? : Clic
!
- 22 juin :
- "Le Génie du Peuple romain"
En quoi le peuple
romain était-il génial ? : Clic
!
- 22 juin :
- 25 juin :
- De quel pouvoir disposaient les assemblées du peuple
romain (les comices) ? La vox populi était-elle
réellement la vox dei ? : Clic
!
4e
PAGE :
- 26 juin :
- Al Qaida à l'école des espions romains :
Clic !
- 26 juin :
- Que penser de la destruction des livres sibyllins par
Stilicon ? : Clic
!
- Que penser de l'émission de contorniates antichrétiennes
à la fin du IVe siècle ? : Clic
!
- 26 juin :
- Des légionnaires de Crassus seraient-ils les ancêtres
de villageois chinois ? : Clic
!
- 29 juin :
- ConnaÎt-on des empereurs gauchers ? : Clic
!
- Malgré son surnom, Mucius "Scævola"
était un droitier
mais il avait deux mains
gauches ! : Clic !
- 26 juin :
- Les nouveautés du site Archeobel : Clic !
- Quelques précisions sur les lampes à huile
de l'Antiquité romaine : Clic
RECHERCHE
DANS LE SITE
"EMPEREURS ROMAINS"
|
|
| |
|
1er Juin 2003 |
|
Arwen a écrit : |
|
|
|
Pourrais-je avoir d'après
toi la date exacte du baptême de Constantin,
stp. |
|
|
| |
|
RÉPONSE : |
|
|
|
Dieu seul sait pourquoi - les mystères de l'informatique
sont aussi impénétrables que ses voies -,
ton mail m'est parvenu assez endommagé. Toutefois,
je crois comprendre que tu me demandes la date exacte
du baptême de Constantin
Et bien, je ne crois pas qu'on la connaisse précisément
!
Tout le monde convient que Constantin
fut baptisé in articulo mortis, c'est-à-dire
sur son lit de mort. Or, il tomba malade après les
fêtes de la Pâques de l'an 337 et il mourut
le jour de la Pentecôte de la même année,
soit le 22 mai 337.
Par conséquent, le sacrement du baptême dut
lui être conféré (par les mains hérétiques
de l'évêque arien Eusèbe de Nicomédie,)
dans les cinquante jours qui séparaient Pâques
(en 337, le dimanche 3 avril, si j'ai bien compté)
de la Pentecôte (22 mai 337). |
|
|
| |
|
|
|
|
2 Juin 2003 |
|
Patrice a écrit : |
|
|
|
Mon fils de 14 ans, latiniste
passionné, me demande aujourd'hui : "La Xe Légion
était-elle connue ?"
Avez-vous connaissance de Légions
particulièrement célèbres, qui auraient
laissé un souvenir particulier chez les Historiens
? |
|
|
|
|
|
RÉPONSE : |
|
|
|
Oui, la Xe Légion est très "connue"
! C'était même (et cela répond - du
moins en partie - à votre deuxième question)
l'une des préférées de Jules
César. Cette légion s'illustra en particulier
lors de cette fameuse bataille de la "Sabis" qui est,
pour nous Belges, aussi célèbre que le siège
d'Alésia pour vous Français
et qui
fut aussi calamiteuse. J'évoque d'ailleurs cette
mémorable défaite de nos vaillants ancêtres
("de tous les peuples de la Gaule, les Belges sont
les plus braves", n'est-ce pas) dans la notice biographique
consacrée au grand Jules César (voir ici
: Clic
!)
Vous trouverez de nombreux renseignements sur la Xe Légion
dans cette page internet : livius.org
- Legio X Gemina (c'est en anglais, mais si vous ne
maîtrisez pas la langue de Shakespeare, vous pourrez
trouver une traduction française approximative
ici : Clic
!)
Je ne suis pas particulièrement fasciné
par l'histoire militaire romaine, cependant, j'avais déjà
entendu parler de cette légion. Il faut dire que
l'anecdote est archi-célèbre, même
si, bizarrement, la page internet mentionnée ci-dessus
n'en fait pas état. Il s'agit de la célèbre
révolte des légions contre César.
Voici, en gros ce qui se passa :
En 47 av. J.-C., pendant que Jules se prélassait
en Égypte dans les bras douillets et cajolants
de la belle Cléopâtre, ses soldats restés
en Italie commencèrent à murmurer contre
lui : "Où reste notre César ? César
est sans doute devenu Égyptien ! il nous a oublié
; il nous délaisse pour sa putain orientale : c'est
à elle que vont désormais ses cadeaux alors
que, nous, nous à qui pourtant il doit tout, nous
restons sans un sou, sans un morceau de pain, dans la
misère la plus noire !".
Un excité entraînant l'autre, le ton monta,
le mécontentement devint rébellion ouverte.
Après avoir failli lapider à mort des officiers
qui tentaient de les reprendre en main et avoir agoni
d'injures le pourtant populaire Antoine venu tout exprès
de Rome pour entendre leurs doléances, les légions
mutinées (principalement les Xe et XIIe légions)
quittèrent le Sud de l'Italie où elles étaient
cantonnées pour faire mouvement sur la Ville.
La situation de César
devenait à nouveau alarmante : en Afrique du
Nord, le parti sénatorial qu'on aurait pu croire
moribond après la mort de Pompée regroupait
ses forces pour envahir l'Italie
Là où
justement ses plus fidèles légions étaient
entrées en rébellion.
| 
|
Mais c'est dans les circonstances
les plus désespérées que se
révèle tout le génie de César.
Il s'arrache enfin aux charmes égyptiens
de la belle Cléo et cingle à toutes
voiles vers l'Italie
Non sans s'être
permis un "petit" détour par le Nord de l'Asie
mineure (Turquie actuelle) afin de régler
définitivement son compte, en quatrième
vitesse - Veni, Vidi, Vici -, à Pharnace,
roi du Pont.
C'est donc couronné de lauriers tout frais
que César débarque en Italie. Mais,
contrairement à ce qu'espéraient les
légionnaires révoltés, il ne
se précipite pas à leur rencontre,
que du contraire. L'Imperator leur demande
seulement de se rassembler au Champ de Mars, puis
les laisse mariner de longues heures
César ne vient à leur rencontre que
le lendemain matin, sans s'être fait annoncer,
à l'improviste. Cette arrivée inopinée
déconcerte totalement les soldats. Au lieu
de hurler leurs griefs, ils se taisent. César
les presse de leur dire pourquoi ils sont si mécontents.
Enfin, quelques centurions se décident à
parler pour décrire, longuement, leur situation
matérielle qu'ils jugent catastrophique.
Puisque César tarde tant à les récompenser,
ils ne supporteront pas un instant de plus la vie
de chien qu'on leur fait mener depuis des lustres !
Des sous, tout de suite, ou alors que César
les libère immédiatement du service
militaire !
Mais l'Imperator refuse de céder
à ce chantage ; il rétorque immédiatement
: "Si c'est bien ce que vous voulez, je vous
licencie tous. Quant aux récompenses que
je vous ai promises, vous les recevrez
lorsque
j'aurai triomphé de tous mes ennemis
grâce à d'autres que vous !" |
C'est peu de dire que cette fin de non-recevoir désarçonne
les soldats ; ils sont littéralement soufflés
! Ils ne savent plus que faire, que dire. Ils attendent
que César reprenne la parole, propose un compromis.
Mais le grand Jules reste de marbre, impassible. Le silence
devient pesant. Enfin, un des familiers de l'Imperator,
sans doute aussi mal à l'aise que les légionnaires,
lui demande de prononcer quelques mots, juste histoire
de ne paraître ni ingrat ni arrogant envers des
hommes qui ont été si longtemps sous ses
ordres. Et César de dire : "Finalement, je vous
comprends, citoyens ! vous êtes fatigués
et affaiblis par vos blessures. Mais César n'est
point un ingrat : vous m'avez servi et vous serez justement
récompensés".
Ces mots ne font que raviver le désarroi des soldats.
Pourquoi César les a-t-il appelés "citoyens"
ou lieu de "soldats" ? Les considère-t-il déjà
comme des civils ? Ne voit-il plus en eux que de simples
ploucs ? Et de fait, l'Imperator semble se préparer
à s'en aller, comme si l'incident était
clos. Il faut le retenir ! Ils l'entourent, le supplient
: "Reste avec nous, César ! Nous te restons
fidèles ! Punis seulement les coupables !".
Et César feint d'hésiter, puis remonte
à la tribune : "Je voudrais ne punir personne,
mais je suis indigné par la trahison de la Xe légion,
celle qui m'est chère entre toutes et que j'ai
comblée de bienfaits. Puisque vous reconnaissez
vos torts, je vus pardonne donc à tous
excepté
à la Xe légion que je licencie".
Allégresse générale
Sauf dans
les rangs de la Xe légion, naturellement.
Ses officiers se concertent puis s'avancent vers César
et lui demandent que le châtiment de la décimation
leur soit infligé : puisque César les
considère comme rebelles, qu'il ordonne qu'on leur
applique le châtiment réservé aux
rebelles. Mieux vaut qu'un homme sur dix périsse
plutôt que de mettre toute leur unité au
ban de l'armée.
César, encore une fois, fait mine d'être
inflexible. Son entourage le presse de pardonner, de se
laisser fléchir. Et naturellement, Jules fléchit
et englobe à sa chère Xe légion dans
son pardon.
Et c'et ainsi, avec une remarquable économie de
moyens, que César
parvint à mâter une dangereuse révolte.
Quel homme
et quel commediante, ce Jules
!
Voilà pour cette Xe légion, aussi chère
au cur de votre fils qu'à celui du grand
Jules César. Quant à savoir si d'autres
légions furent aussi célèbres que
celle-là, c'est fort probable, mais, comme je vous
l'ai dit d'emblée l'histoire militaire n'est pas
trop "ma tasse de thé".
|
Plus d'infos sur la Xe Légion
?
Voyez ici : Clic
! |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
3 Juin 2003 |
|
Jacques a écrit : |
|
|
|
Qui a rebaptisé la
Judée en Palestine ? Hadrien ou Constantin
? |
|
|
|
|
|
RÉPONSE : |
|
|
|
C'est Hadrien
qui, après la dernière grande révolte
juive (135 ap. J.-C.), ordonna que la Judée
s'appellerait désormais la "Palestine",
un nom tiré de celui des "Philistins", ancien
peuple du littoral syro-palestinien (les combats épico-bibliques
du chevelu Samson contre les Philistins impies, ainsi
d'ailleurs que les amours de ce "Juge d'Israël" avec
la belle philistine Dalila, non moins chevelue et non
mois impie, sont universellement célèbres).
Comme souvent dès
qu'il est question de l'empereur Hadrien, je ne
résiste pas au plaisir de citer quelques
lignes de l'extraordinaire bouquin de Marguerite
Yourcenar. Voici donc comment Hadrien, sous la plume
de la grande romancière, commente les mesures
qu'il a prises à l'encontre des Juifs vaincus
:
"Une inscription placée sur le site
de Jérusalem défendit aux juifs,
sous peine de mort, de s'installer à nouveau
dans ce tas de décombres ; elle reproduisait
mot pour mot la phrase inscrite naguère
au portail du temple, et qui en interdisait l'entrée
aux incirconcis. Un jour par an, le neuf du mois
d'Ab, les Juifs ont le droit de venir pleurer
devant un mur en ruine. Les plus pieux se refusèrent
à quitter leur terre natale ; ils s'établirent
du mieux qu'ils purent dans les régions
les moins dévastées par la guerre
les plus fanatiques émigrèrent en
territoire parthe d'autres allèrent à
Antioche, à Alexandrie, à Pergame
; les plus fins se rendirent à Rome, où
-ils prospérèrent. La Judée
fut rayée de la carte, et prit par mon
ordre le nom de Palestine. Durant ces quatre ans
de guerre, cinquante forteresses, et plus de neuf
cents villes et villages avaient été
saccagés et anéantis ; l'ennemi
avait perdu près de six cent mille hommes
; les combats, les fièvres endémiques,
les épidémies nous en avaient enlevé
près de quatre-vingt-dix mille. La remise
en état du pays suivit immédiatement
les travaux de la guerre ; Ælia Capitolina
fut rebâtie, à une échelle
d'ailleurs plus modeste ; il faut toujours recommencer."
(Marguerite Yourcenar, Mémoires d'Hadrien,
Gallimard, 1974).
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
6 Juin 2003 |
|
Philippe Boyer
a écrit : |
|
|
|
Au sujet de Cléopâtre,
vous citez (Clic
!) quelques auteurs latins :
"Les historiens antiques
(latins surtout) l'ont considérée comme
une véritable sorcière, une ensorceleuse
et l'ont traitée de tous les noms : « Serpent
du Nil » (Horace), "Femelle lubrique, usée
par la débauche" (Properce), « Putain
couronnée » (Pline l'Ancien),
« Il y avait tant de vice en elle qu'elle se prostituait
au premier venu » (Tite-Live). "
Je suis intrigué, car j'ai
cherché à retrouver vos citations chez ces
auteurs, et, à part celle de Pline, je ne les ai
pas retrouvées. J'ai relu l'élégie
XI du livre III de Properce, l'ode XXXVII d'Horace, quant
à Tite-Live, je croyais que les livres parvenus
jusqu'à nous ne couvraient pas la période.
Quid ?
Je vous mets en attaché
un de mes docs de travail :
|
|
|
|
|
|
RÉPONSE : |
|
|
|
La plupart des textes qui vous intriguent ont été
repris (en les "adaptant parfois légèrement,
j'en conviens) d'une courte note du livre Cléopâtre
ou le rêve évanoui de ce bon vieux Benoist-Méchin.
Voici ce texte :
"PROPERCE la traite grossièrement
« de femelle usée par la débauche,
bien faite pour régner sur l'incestueuse Canope
» - femina trita incesti meretrix regina Canopi.
(Prop. III, II, 30 et 39.). PLINE l'Ancien la qualifie
de « putain couronnée » - regina
meretrix, (PLINE : Histoires naturelles, 357,
359 et 370-371.) Pour Dion CASSIUS c'est « Vénus
tout entière à sa proie attachée
». (LI, 15, 4.) TITE-LIVE l'accusera de se
prostituer au premier venu : tantae libidinis fuit ut
saepe prostituerit. (De Viris Illustribus : LXXXVI,
2.)" (Benoist-Méchin, Cléopâtre
ou la rêve évanoui, Éd. Perrin,
1977 - Note n° 41).
Je vous avoue, aussi humblement que franchement, n'avoir
pas pris la peine de vérifier les références
de ces citations. Cela n'aurait d'ailleurs pas été
sans difficultés, ma bibliothèque n'étant
pas assez riche et mes connaissances en langue latine
plus très fraîches.
Avant de recevoir votre mail, j'étais persuadé,
sur la foi de vieux souvenirs scolaires, que c'était
le doux Horace qui, le premier, avait appelé Cléopâtre
"le Serpent du Nil". J'en aurais mis la main au
feu
Mais aujourd'hui, je n'en suis plus sûr
du tout !
Je constate que Benoist-Méchin (encore lui) met
cette injure dans la bouche de la populace romaine, irritée,
après la mort de César,
par la présence néfaste de cette l'Égyptienne
au mauvais il (op. cit. p. 237). Je vois
aussi que le très érudit Claude Aziza appelle
lui aussi la belle Cléo de "Serpent du Nil"
(Clic
!). Il me semble encore que Shakespeare utilise
cette expression (est-ce dans Jules César
ou dans Antoine et Cléopâtre ?). Mais
elle-t-elle tirée d'un auteur de l'Antiquité,
cela je n'en sais rien.
Je vous présente donc mes toutes mes excuses,
les plus plates et les plus sincères, si je vous
ai fait perdre un temps précieux à recherche
d'une expression attribuée un peu à la légère
à cet excellent homme et délicieux poète
que fut Horace. |
|
|
|
|
| |
|
Philippe réécrit : |
|
|
|
Re-bonjour ! J'ai retrouvé
après coup la citation que Benoist-Méchin
attribue à Tite-Live. Elle se trouve dans le De
Viris Illustribus, mais cet ouvrage n'est pas de Tite-Live.
Il date vraisemblablement du IIIe siècle AD, et
on a longtemps pensé qu'il était d'Aurelius
Victor. On l'attribue aujourd'hui, faute de mieux, au
pseudo-Aurelius Victor. C'est une sorte de reader's
digest comme l'empire tardif en a pas mal produit
Je vous envoie Cléopâtre
et Marc Antoine, dans la seule traduction française,
un peu vieillie.
Pseudo-Sextus
Aurelius Victor
De Viris Illustribus Urbis Romae
LXXXV
- Marc Antoine
Marc Antoine,
compagnon de Jules César dans toutes
ses expéditions, essaya, pendant
les Lupercales, de le couronner d'un diadème
: après sa mort, il lui fit rendre
les hommages divins. Traître envers
Auguste, il fut vaincu par lui près
de Modène, et réduit par
la famine à s'enfuir de Pérouse
dans la Gaule, où il se réunit
à Lépide. Il causa la mort
de Brutus, en gagnant ses soldats. Après
avoir réparé ses pertes,
il revient en Italie, et rentre en grâce
avec César. Fait triumvir, il commence
la proscription par le sacrifice de son
oncle Lucius César. Envoyé
en Syrie, il déclare la guerre
aux Parthes. Vaincu par eux, il ramène
à peine en Égypte le tiers
de ses quinze légions ; puis, devenu
l'esclave de sa passion pour Cléopâtre,
il est vaincu par Auguste au rivage d'Actium.
Il retourne ensuite à Alexandrie,
où, paré des habits royaux,
il s'assied sur le trône des rois,
et se donne la mort.
|
|
| |
|
LXXXVI
- la Reine Cléopâtre
Cléopâtre,
fille de Ptolémée, roi d'Égypte,
chassée par son frère et
son mari, Ptolémée le Jeune,
qu'elle avait voulu dépouiller
de la couronne, vint, pendant la guerre
civile, se réfugier auprès
de César. Par ses charmes, par
ses dernières faveurs, elle obtint
de lui le royaume et la mort de Ptolémée.
Cléopâtre était si
passionnée, que souvent elle se
prostitua ; si belle, que bien des hommes
achetèrent de leur existence l'une
de ses nuits. Mariée ensuite à
Marc Antoine, dont elle partagea la défaite,
elle se rendit à son mausolée,
comme pour satisfaire à ses mânes,
et y trouva la mort en se faisant piquer
par des aspics
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
| |
| 6 Juin 2003 |
| Marc
a écrit : |
| |
| L'empereur Caligula
était-il fou ?
Voici un lien qui pourrait
vous intéresser :
-
Was the Roman emperor
Caligula as crazy as they say ? :
Clic
i
|
| |
| |
|
|
|
|
|
|
6 Juin 2003 |
| Benjamin
(Voir ici : Clic
!) a écrit : |
|
|
|
En 494 après Jésus-Christ,
le pape Gélase Ier interdit aux chrétiens
de participer aux lupercales (fête donnée
en l'honneur du dieu Pan.
Est-ce à dire que l'antique
religion avait encore une structure et des fidèles
à cette époque-là ? |
|
|
|
|
|
RÉPONSE : |
|
|
|
Pour répondre à votre question, il faut
d'abord se remémorer quelques faits incontestables
:
Le 24 février 391, soit plus d'un siècle
avant le pape Gélase, l'empereur Théodose,
dit "le Grand", promulgua une loi qui interdisait
le culte païen (visite des temples, sacrifices, hommage
aux idoles) en Italie et particulièrement à
Rome.
Le 10 juin de la même année (391), cette
interdiction fut étendue à l'Égypte,
et le 8 novembre de l'année suivante (392), une
constitution la rendit applicable à tout l'Empire
romain : il était désormais partout interdit,
sous peine d'amendes et de confiscation de biens, de faire
des sacrifices aux dieux (aussi bien en privé qu'en
public), d'adorer des idoles ou de leur élever
des autels.
Ces interdictions furent renouvelées en août
395 par Honorius
et Arcadius, fils et successeurs de Théodose.
L'année suivante (396), les deux empereurs privèrent
les prêtres païens de leurs privilèges
(en particulier des exemptions fiscales) et ordonnèrent
la démolition des temples ruraux.
En 399, cette disposition fut adoucie par Honorius, maître
de l'Occident, mais ce faible souverain changea bientôt
d'avis et les destructions redoublèrent. En Orient,
Théodose II, devenu empereur en 408, ordonna que
les prêtres païens fussent chassés de
leurs temples et que tous les tenants de l'ancienne religion
("s'il en existait encore, bien qu'il ne dût plus
y en avoir") fussent privés de leurs biens et exilés
au diable vauvert.
Est-ce à dire que, dès le début
du Ve siècle, il n'y avait plus de païens
du tout dans l'Empire romain
Bien sûr que non ! Entre la promulgation d'un édit
et son application, il y a de la marge
Surtout quand
le pouvoir est exercé par des empereurs aussi débiles
que Honorius,
Arcadius et Théodose II !
Ce n'est qu'en 529 que l'empereur Justinien - qui, quant
à lui, veillait scrupuleusement à ce que
les lois qu'il s'échinait à promulguer ne
restent pas lettre morte - publia un édit obligeant,
sous peine de confiscation de leurs biens et d'exil, tous
les païens à recevoir une éducation
chrétienne et à se faire baptiser. Le même
édit prévoyait aussi la peine de mort de
mort pour les nouveaux baptisés qui reviendraient
à leurs anciennes croyances.
Naturellement, cette confirmation par Justinien de l'interdiction
du culte païen montre à l'envi que, plus d'un
siècle après les décrets des faibles
empereurs Honorius,
Arcadius et consorts, la présence de païens
posait encore problème dans une société
devenue pourtant très largement chrétienne.
Il faut également noter que les lois de Justinien
furent principalement appliquées dans la partie
orientale de l'ancien Empire romain unifié, même
si dans le milieu du VIe siècle, l'armée
byzantine reconquit l'Italie et Rome, et que l'on peut
penser que la législation anti-païenne y fut
également en vigueur.
Malgré l'interdiction formelle de tout culte idolâtre
- et en quelque sorte précisément parce
que cette interdiction fut réitérée
jusqu'au milieu du VIe siècle - il est donc possible
qu'il y eût encore des païens à Rome
au temps du pape Gélase. En revanche, ce qui me
semble hautement douteux, c'est qu'un clergé païen
organisé ait encore subsisté à cette
époque. À la fin du Ve siècle, il
y avait belle lurette que le culte des anciens dieux était
désorganisé, déstructuré,
décapité ! Songez que, déjà
près d'un siècle et demi avant Gélase,
l'empereur Julien
(361-363) avait dû passer le plus clair du temps
de son court règne et déployer d'immenses
efforts pour tenter - vainement d'ailleurs - de réorganiser,
de redonner de la vigueur à un clergé païen
qui avait déjà du plomb dans l'aile.
Cela dit, si vous voulez mon avis, quand Gélase
recommanda à ses ouailles de ne plus participer
aux Lupercales - mais sans pour autant leur interdire
formellement cette fête -, il ne faut pas y voir
une mesure purement "anti-païenne". D'après
moi, il s'agissait plutôt (et peut-être surtout)
de veiller au respect des bonnes murs chrétiennes.
En effet, aux Lupercales (le 15 février), des jeunes
gens à moitié nus (Quelle honte !),
recouverts de peaux de boucs (L'animal lubrique de
Satan !), se répandaient à travers les
rues de la Vile pour fouetter (à l'aide de lanières
taillées dans la peau, fraîchement écorchée,
de ce bouc dont ils avaient revêtu la toison puante
- Pouah !) des jeunes filles, fort dévêtues
elles aussi (Impudicité diabolique !), afin
de les rendre fécondes (Une bonne prière
à sainte Rita aurait pourtant suffi !).
Comme dirait la fort dévote copine de mon vieux
père : "il n'y avait rien de chrétien là-dedans
!".
Ce devait être également l'avis de Gélase,
puisque l'on rapporte qu'il invectiva rudement les joyeux
drilles qui voulaient participer à ces festivités
antiques, certes, mais quelque peu "olé-olé
: "Vous n'êtes ni des païens ni des Chrétiens,
mais plutôt des hommes sans foi et sans murs
!",
"Sans foi et sans murs !"
Le souci du pape était autant moral que théologique
: participer aux Lupercales, cela signifiait s'adonner
à la débauche et attribuer aux démons
un pouvoir qui n'était qu'à Dieu.
Voici d'ailleurs ce que dit à ce sujet mon bon
vieux Dictionnaire de la papauté :
"(
) Enfin, Gélase envoie une
« lettre contre les Lupercales » au sénateur
Andromaque, qui avait manifesté un attachement
à cette fête romaine traditionnelle, qui
a sans doute conservé à l'époque
surtout un caractère carnavalesque (Gélase
critique les chansons paillardes et les comportements
immoraux), avec, dérivée de son caractère
lustral, une fiction conjuratoire (Gélase se moque
des chrétiens qui croient nécessaire d'honorer
les démons pour écarter les malheurs, et
rappelle que la célébration publique des
Lupercales en 473 n'a pas empêché le déclenchement
d'une grande épidémie quelques semaines
plus tard). C'est dans l'histoire de la Rome chrétienne
la dernière fois qu'est attestée la célébration
publique d'une grande fête païenne, mais il
est taux de dire que Gélase l'interdit : non seulement
il n'en avait pas l'autorité, mais il se contente
de placer Andromaque devant la contradiction entre sa
profession de foi chrétienne et des pratiques païennes."
(Sous la direction de Claude Levillain, Dictionnaire
de la Papauté, Éditions Fayard, 1994
- art. Gélase Ier, par Claire Sotinel).
|
|
|
|
|
|

|