-> emp - vox
courrier site emp
-> emp - vox

Sommaire Juin 2003 :

  • 1er juin :
    • Date exacte du baptême de Constantin ? : Clic !
  • 2 juin :
    • La Xe Légion était-elle "connue" ? - César et la Xe Légion : Clic !
    • Les légions italiennes se révoltent contre César ! : Clic !
  • 3 juin :
    • Et la Judée devint la Palestine… : Clic ! 
  • 6 juin :
    • De l'origine des noms d'oiseaux de la belle Cléo ! : Clic !
    • "Cléopâtre, la putain insatiable", on cherche Tite-LIve et l'on trouve le Pseudo Aurelius Victor ! : Clic !
    • Cléopâtre : Recueil des références antiques - par Philippe Boyer : Clic ! 
  • 6 juin :
    • L'empereur Caligula était-il fou ? Une tentative de réponse (en anglais) à cette angoissante question… : Clic ! 
  • 6 juin :
    • L'interdiction des Lupercales par le pape Gélase Ier : un indice de l'influence persistante du paganisme dans la Rome de la fin du Ve siècle ? : Clic ! 

PAGE SUIVANTE 

  • 8 juin :
    • Aurélien adorait-il le même dieu qu'Élagabal ? : Clic !
    • L'Héliogabale d'Antonin Artaud est-il conforme à la vérité historique ? : Clic !
      • Héliogabale et Artaud : deux Antonins pour le prix d'un ? : Clic !
    • Le statut de l'évêque de Rome changea-t-il après la conversion de Constantin ? : Clic !
    • Outre Aurèlien, d'autres empereurs adorèrent-ils le Soleil ? : Clic ! 
  • 13 juin :
    • Comment les Romains s'y prenaient-ils pour fabriquer des "eskimos" : Clic !
  • 13 juin :
    • Quelques infos sur la Maison dorée (Domus aurea) de Néron : Clic !
  • 17 juin :
    • Rectificatif : un certain Tertullus fut bien consul au Ve siècle ! : Clic !
    • Que penser de ces généalogies fabuleuses de Constantin et de Licinius : Clic !
    • Le pape Caius, neveu de l'empereur-persécuteur Dioclétien ? : Clic !
    • L'épopée navale des Francs sous le règne de Probus et la fable de leurs origines troyennes : Clic ! 

3e PAGE

  • 19 juin :
    • Syagrius, le "dernier des Romains" en Gaule ? : Clic !
    • Egidius, (ou Ægidius, ou Égide), père de Syagrius : Clic !
  • 20 juin :
    • Qu'est-ce donc qu'un "janiteur" ? : Clic ! 
  • 20 juin :
    • Quelle date choisir pour faire débuter le règne de Tibère ? : Clic ! 
  • 22 juin :
    • "Le Génie du Peuple romain"… En quoi le peuple romain était-il génial ? : Clic !
  • 22 juin :
  • 25 juin :
    • De quel pouvoir disposaient les assemblées du peuple romain (les comices) ? La vox populi était-elle réellement la vox dei ? : Clic ! 

4e PAGE :

  • 26 juin :
    • Al Qaida à l'école des espions romains : Clic !
  • 26 juin :
    • Que penser de la destruction des livres sibyllins par Stilicon ? : Clic !
    • Que penser de l'émission de contorniates antichrétiennes à la fin du IVe siècle ? : Clic ! 
  • 26 juin :
    • Des légionnaires de Crassus seraient-ils les ancêtres de villageois chinois ? : Clic !
  • 29 juin :
    • ConnaÎt-on des empereurs gauchers ? : Clic !
    • Malgré son surnom, Mucius "Scævola" était un droitier… mais il avait deux mains gauches ! : Clic ! 
  • 26 juin :
    • Les nouveautés du site Archeobel : Clic !
    • Quelques précisions sur les lampes à huile de l'Antiquité romaine : Clic 
RECHERCHE DANS LE SITE
"EMPEREURS ROMAINS"
Google Custom Search

 

1er Juin 2003

Arwen a écrit : 

Pourrais-je avoir d'après toi la date exacte du baptême de Constantin, stp.

RÉPONSE :

Dieu seul sait pourquoi - les mystères de l'informatique sont aussi impénétrables que ses voies -, ton mail m'est parvenu assez endommagé. Toutefois, je crois comprendre que tu me demandes la date exacte du baptême de Constantin

Et bien, je ne crois pas qu'on la connaisse précisément !

Tout le monde convient que Constantin fut baptisé in articulo mortis, c'est-à-dire sur son lit de mort. Or, il tomba malade après les fêtes de la Pâques de l'an 337 et il mourut le jour de la Pentecôte de la même année, soit le 22 mai 337.

Par conséquent, le sacrement du baptême dut lui être conféré (par les mains hérétiques de l'évêque arien Eusèbe de Nicomédie,) dans les cinquante jours qui séparaient Pâques (en 337, le dimanche 3 avril, si j'ai bien compté) de la Pentecôte (22 mai 337).

nav vox - emp

 

2 Juin 2003

Patrice a écrit : 

Mon fils de 14 ans, latiniste passionné, me demande aujourd'hui : "La Xe Légion était-elle connue ?"

Avez-vous connaissance de Légions particulièrement célèbres, qui auraient laissé un souvenir particulier chez les Historiens ?

RÉPONSE :

Oui, la Xe Légion est très "connue" ! C'était même (et cela répond - du moins en partie - à votre deuxième question) l'une des préférées de Jules César. Cette légion s'illustra en particulier lors de cette fameuse bataille de la "Sabis" qui est, pour nous Belges, aussi célèbre que le siège d'Alésia pour vous Français… et qui fut aussi calamiteuse. J'évoque d'ailleurs cette mémorable défaite de nos vaillants ancêtres ("de tous les peuples de la Gaule, les Belges sont les plus braves", n'est-ce pas) dans la notice biographique consacrée au grand Jules César (voir ici : Clic !)

Vous trouverez de nombreux renseignements sur la Xe Légion dans cette page internet : livius.org - Legio X Gemina (c'est en anglais, mais si vous ne maîtrisez pas la langue de Shakespeare, vous pourrez trouver une traduction française approximative ici : Clic !)

Je ne suis pas particulièrement fasciné par l'histoire militaire romaine, cependant, j'avais déjà entendu parler de cette légion. Il faut dire que l'anecdote est archi-célèbre, même si, bizarrement, la page internet mentionnée ci-dessus n'en fait pas état. Il s'agit de la célèbre révolte des légions contre César.

Voici, en gros ce qui se passa :

En 47 av. J.-C., pendant que Jules se prélassait en Égypte dans les bras douillets et cajolants de la belle Cléopâtre, ses soldats restés en Italie commencèrent à murmurer contre lui : "Où reste notre César ? César est sans doute devenu Égyptien ! il nous a oublié ; il nous délaisse pour sa putain orientale : c'est à elle que vont désormais ses cadeaux alors que, nous, nous à qui pourtant il doit tout, nous restons sans un sou, sans un morceau de pain, dans la misère la plus noire !".
Un excité entraînant l'autre, le ton monta, le mécontentement devint rébellion ouverte. Après avoir failli lapider à mort des officiers qui tentaient de les reprendre en main et avoir agoni d'injures le pourtant populaire Antoine venu tout exprès de Rome pour entendre leurs doléances, les légions mutinées (principalement les Xe et XIIe légions) quittèrent le Sud de l'Italie où elles étaient cantonnées pour faire mouvement sur la Ville.

La situation de César devenait à nouveau alarmante : en Afrique du Nord, le parti sénatorial qu'on aurait pu croire moribond après la mort de Pompée regroupait ses forces pour envahir l'Italie… Là où justement ses plus fidèles légions étaient entrées en rébellion.

emp 01

Mais c'est dans les circonstances les plus désespérées que se révèle tout le génie de César. Il s'arrache enfin aux charmes égyptiens de la belle Cléo et cingle à toutes voiles vers l'Italie… Non sans s'être permis un "petit" détour par le Nord de l'Asie mineure (Turquie actuelle) afin de régler définitivement son compte, en quatrième vitesse - Veni, Vidi, Vici -, à Pharnace, roi du Pont.

C'est donc couronné de lauriers tout frais que César débarque en Italie. Mais, contrairement à ce qu'espéraient les légionnaires révoltés, il ne se précipite pas à leur rencontre, que du contraire. L'Imperator leur demande seulement de se rassembler au Champ de Mars, puis les laisse mariner de longues heures…

César ne vient à leur rencontre que le lendemain matin, sans s'être fait annoncer, à l'improviste. Cette arrivée inopinée déconcerte totalement les soldats. Au lieu de hurler leurs griefs, ils se taisent. César les presse de leur dire pourquoi ils sont si mécontents. Enfin, quelques centurions se décident à parler pour décrire, longuement, leur situation matérielle qu'ils jugent catastrophique. Puisque César tarde tant à les récompenser, ils ne supporteront pas un instant de plus la vie de chien qu'on leur fait mener depuis des lustres ! Des sous, tout de suite, ou alors que César les libère immédiatement du service militaire !

Mais l'Imperator refuse de céder à ce chantage ; il rétorque immédiatement : "Si c'est bien ce que vous voulez, je vous licencie tous. Quant aux récompenses que je vous ai promises, vous les recevrez… lorsque j'aurai triomphé de tous mes ennemis… grâce à d'autres que vous !"

C'est peu de dire que cette fin de non-recevoir désarçonne les soldats ; ils sont littéralement soufflés ! Ils ne savent plus que faire, que dire. Ils attendent que César reprenne la parole, propose un compromis. Mais le grand Jules reste de marbre, impassible. Le silence devient pesant. Enfin, un des familiers de l'Imperator, sans doute aussi mal à l'aise que les légionnaires, lui demande de prononcer quelques mots, juste histoire de ne paraître ni ingrat ni arrogant envers des hommes qui ont été si longtemps sous ses ordres. Et César de dire : "Finalement, je vous comprends, citoyens ! vous êtes fatigués et affaiblis par vos blessures. Mais César n'est point un ingrat : vous m'avez servi et vous serez justement récompensés".

Ces mots ne font que raviver le désarroi des soldats. Pourquoi César les a-t-il appelés "citoyens" ou lieu de "soldats" ? Les considère-t-il déjà comme des civils ? Ne voit-il plus en eux que de simples ploucs ? Et de fait, l'Imperator semble se préparer à s'en aller, comme si l'incident était clos. Il faut le retenir ! Ils l'entourent, le supplient : "Reste avec nous, César ! Nous te restons fidèles ! Punis seulement les coupables !".

Et César feint d'hésiter, puis remonte à la tribune : "Je voudrais ne punir personne, mais je suis indigné par la trahison de la Xe légion, celle qui m'est chère entre toutes et que j'ai comblée de bienfaits. Puisque vous reconnaissez vos torts, je vus pardonne donc à tous… excepté à la Xe légion que je licencie".

Allégresse générale… Sauf dans les rangs de la Xe légion, naturellement.
Ses officiers se concertent puis s'avancent vers César et lui demandent que le châtiment de la décimation leur soit infligé : puisque César les considère comme rebelles, qu'il ordonne qu'on leur applique le châtiment réservé aux rebelles. Mieux vaut qu'un homme sur dix périsse plutôt que de mettre toute leur unité au ban de l'armée.

César, encore une fois, fait mine d'être inflexible. Son entourage le presse de pardonner, de se laisser fléchir. Et naturellement, Jules fléchit et englobe à sa chère Xe légion dans son pardon.

Et c'et ainsi, avec une remarquable économie de moyens, que César parvint à mâter une dangereuse révolte. Quel homme… et quel commediante, ce Jules !

Voilà pour cette Xe légion, aussi chère au cœur de votre fils qu'à celui du grand Jules César. Quant à savoir si d'autres légions furent aussi célèbres que celle-là, c'est fort probable, mais, comme je vous l'ai dit d'emblée l'histoire militaire n'est pas trop "ma tasse de thé".

Plus d'infos sur la Xe Légion ?

Voyez ici : Clic !

nav vox - emp

 

3 Juin 2003

Jacques a écrit : 

Qui a rebaptisé la Judée en Palestine ? Hadrien ou Constantin ?

RÉPONSE :

C'est Hadrien qui, après la dernière grande révolte juive (135 ap. J.-C.), ordonna que la Judée s'appellerait désormais la "Palestine", un nom tiré de celui des "Philistins", ancien peuple du littoral syro-palestinien (les combats épico-bibliques du chevelu Samson contre les Philistins impies, ainsi d'ailleurs que les amours de ce "Juge d'Israël" avec la belle philistine Dalila, non moins chevelue et non mois impie, sont universellement célèbres).

Comme souvent dès qu'il est question de l'empereur Hadrien, je ne résiste pas au plaisir de citer quelques lignes de l'extraordinaire bouquin de Marguerite Yourcenar. Voici donc comment Hadrien, sous la plume de la grande romancière, commente les mesures qu'il a prises à l'encontre des Juifs vaincus :

"Une inscription placée sur le site de Jérusalem défendit aux juifs, sous peine de mort, de s'installer à nouveau dans ce tas de décombres ; elle reproduisait mot pour mot la phrase inscrite naguère au portail du temple, et qui en interdisait l'entrée aux incirconcis. Un jour par an, le neuf du mois d'Ab, les Juifs ont le droit de venir pleurer devant un mur en ruine. Les plus pieux se refusèrent à quitter leur terre natale ; ils s'établirent du mieux qu'ils purent dans les régions les moins dévastées par la guerre les plus fanatiques émigrèrent en territoire parthe d'autres allèrent à Antioche, à Alexandrie, à Pergame ; les plus fins se rendirent à Rome, où -ils prospérèrent. La Judée fut rayée de la carte, et prit par mon ordre le nom de Palestine. Durant ces quatre ans de guerre, cinquante forteresses, et plus de neuf cents villes et villages avaient été saccagés et anéantis ; l'ennemi avait perdu près de six cent mille hommes ; les combats, les fièvres endémiques, les épidémies nous en avaient enlevé près de quatre-vingt-dix mille. La remise en état du pays suivit immédiatement les travaux de la guerre ; Ælia Capitolina fut rebâtie, à une échelle d'ailleurs plus modeste ; il faut toujours recommencer."

(Marguerite Yourcenar, Mémoires d'Hadrien, Gallimard, 1974).

livre yourcenar

nav vox - emp

 

6 Juin 2003

Philippe Boyer a écrit : 

Au sujet de Cléopâtre, vous citez (Clic !) quelques auteurs latins :

"Les historiens antiques (latins surtout) l'ont considérée comme une véritable sorcière, une ensorceleuse et l'ont traitée de tous les noms : « Serpent du Nil » (Horace), "Femelle lubrique, usée par la débauche" (Properce), « Putain couronnée » (Pline l'Ancien), « Il y avait tant de vice en elle qu'elle se prostituait au premier venu » (Tite-Live). "

Je suis intrigué, car j'ai cherché à retrouver vos citations chez ces auteurs, et, à part celle de Pline, je ne les ai pas retrouvées. J'ai relu l'élégie XI du livre III de Properce, l'ode XXXVII d'Horace, quant à Tite-Live, je croyais que les livres parvenus jusqu'à nous ne couvraient pas la période. Quid ?

Je vous mets en attaché un de mes docs de travail :

RÉPONSE :

La plupart des textes qui vous intriguent ont été repris (en les "adaptant parfois légèrement, j'en conviens) d'une courte note du livre Cléopâtre ou le rêve évanoui de ce bon vieux Benoist-Méchin.

Voici ce texte :

"PROPERCE la traite grossièrement « de femelle usée par la débauche, bien faite pour régner sur l'incestueuse Canope » - femina trita incesti meretrix regina Canopi. (Prop. III, II, 30 et 39.). PLINE l'Ancien la qualifie de « putain couronnée » - regina meretrix, (PLINE : Histoires naturelles, 357, 359 et 370-371.) Pour Dion CASSIUS c'est « Vénus tout entière à sa proie attachée ». (LI, 15, 4.) TITE-LIVE l'accusera de se prostituer au premier venu : tantae libidinis fuit ut saepe prostituerit. (De Viris Illustribus : LXXXVI, 2.)" (Benoist-Méchin, Cléopâtre ou la rêve évanoui, Éd. Perrin, 1977 - Note n° 41).

Je vous avoue, aussi humblement que franchement, n'avoir pas pris la peine de vérifier les références de ces citations. Cela n'aurait d'ailleurs pas été sans difficultés, ma bibliothèque n'étant pas assez riche et mes connaissances en langue latine plus très fraîches.

Avant de recevoir votre mail, j'étais persuadé, sur la foi de vieux souvenirs scolaires, que c'était le doux Horace qui, le premier, avait appelé Cléopâtre "le Serpent du Nil". J'en aurais mis la main au feu… Mais aujourd'hui, je n'en suis plus sûr du tout !

Je constate que Benoist-Méchin (encore lui) met cette injure dans la bouche de la populace romaine, irritée, après la mort de César, par la présence néfaste de cette l'Égyptienne au mauvais œil (op. cit. p. 237). Je vois aussi que le très érudit Claude Aziza appelle lui aussi la belle Cléo de "Serpent du Nil" (Clic !). Il me semble encore que Shakespeare utilise cette expression (est-ce dans Jules César ou dans Antoine et Cléopâtre ?). Mais elle-t-elle tirée d'un auteur de l'Antiquité, cela je n'en sais rien.

Je vous présente donc mes toutes mes excuses, les plus plates et les plus sincères, si je vous ai fait perdre un temps précieux à recherche d'une expression attribuée un peu à la légère à cet excellent homme et délicieux poète que fut Horace.

 

Philippe réécrit : 

Re-bonjour ! J'ai retrouvé après coup la citation que Benoist-Méchin attribue à Tite-Live. Elle se trouve dans le De Viris Illustribus, mais cet ouvrage n'est pas de Tite-Live. Il date vraisemblablement du IIIe siècle AD, et on a longtemps pensé qu'il était d'Aurelius Victor. On l'attribue aujourd'hui, faute de mieux, au pseudo-Aurelius Victor. C'est une sorte de reader's digest comme l'empire tardif en a pas mal produit

Je vous envoie Cléopâtre et Marc Antoine, dans la seule traduction française, un peu vieillie.

Pseudo-Sextus Aurelius Victor

De Viris Illustribus Urbis Romae

LXXXV - Marc Antoine

Marc Antoine, compagnon de Jules César dans toutes ses expéditions, essaya, pendant les Lupercales, de le couronner d'un diadème : après sa mort, il lui fit rendre les hommages divins. Traître envers Auguste, il fut vaincu par lui près de Modène, et réduit par la famine à s'enfuir de Pérouse dans la Gaule, où il se réunit à Lépide. Il causa la mort de Brutus, en gagnant ses soldats. Après avoir réparé ses pertes, il revient en Italie, et rentre en grâce avec César. Fait triumvir, il commence la proscription par le sacrifice de son oncle Lucius César. Envoyé en Syrie, il déclare la guerre aux Parthes. Vaincu par eux, il ramène à peine en Égypte le tiers de ses quinze légions ; puis, devenu l'esclave de sa passion pour Cléopâtre, il est vaincu par Auguste au rivage d'Actium. Il retourne ensuite à Alexandrie, où, paré des habits royaux, il s'assied sur le trône des rois, et se donne la mort.

antoine

LXXXVI - la Reine Cléopâtre

Cléopâtre, fille de Ptolémée, roi d'Égypte, chassée par son frère et son mari, Ptolémée le Jeune, qu'elle avait voulu dépouiller de la couronne, vint, pendant la guerre civile, se réfugier auprès de César. Par ses charmes, par ses dernières faveurs, elle obtint de lui le royaume et la mort de Ptolémée. Cléopâtre était si passionnée, que souvent elle se prostitua ; si belle, que bien des hommes achetèrent de leur existence l'une de ses nuits. Mariée ensuite à Marc Antoine, dont elle partagea la défaite, elle se rendit à son mausolée, comme pour satisfaire à ses mânes, et y trouva la mort en se faisant piquer par des aspics

cleo

nav vox - emp

 

6 Juin 2003

Marc a écrit : 

L'empereur Caligula était-il fou ?

Voici un lien qui pourrait vous intéresser :

  • Was the Roman emperor Caligula as crazy as they say ? : Clic i

emp 04

nav vox - emp

 

6 Juin 2003

Benjamin (Voir ici : Clic !) a écrit : 

En 494 après Jésus-Christ, le pape Gélase Ier interdit aux chrétiens de participer aux lupercales (fête donnée en l'honneur du dieu Pan.

Est-ce à dire que l'antique religion avait encore une structure et des fidèles à cette époque-là ?

RÉPONSE :

Pour répondre à votre question, il faut d'abord se remémorer quelques faits incontestables :

Le 24 février 391, soit plus d'un siècle avant le pape Gélase, l'empereur Théodose, dit "le Grand", promulgua une loi qui interdisait le culte païen (visite des temples, sacrifices, hommage aux idoles) en Italie et particulièrement à Rome.
Le 10 juin de la même année (391), cette interdiction fut étendue à l'Égypte, et le 8 novembre de l'année suivante (392), une constitution la rendit applicable à tout l'Empire romain : il était désormais partout interdit, sous peine d'amendes et de confiscation de biens, de faire des sacrifices aux dieux (aussi bien en privé qu'en public), d'adorer des idoles ou de leur élever des autels.
Ces interdictions furent renouvelées en août 395 par Honorius et Arcadius, fils et successeurs de Théodose.
L'année suivante (396), les deux empereurs privèrent les prêtres païens de leurs privilèges (en particulier des exemptions fiscales) et ordonnèrent la démolition des temples ruraux.
En 399, cette disposition fut adoucie par Honorius, maître de l'Occident, mais ce faible souverain changea bientôt d'avis et les destructions redoublèrent. En Orient, Théodose II, devenu empereur en 408, ordonna que les prêtres païens fussent chassés de leurs temples et que tous les tenants de l'ancienne religion ("s'il en existait encore, bien qu'il ne dût plus y en avoir") fussent privés de leurs biens et exilés au diable vauvert.

Est-ce à dire que, dès le début du Ve siècle, il n'y avait plus de païens du tout dans l'Empire romain…

Bien sûr que non ! Entre la promulgation d'un édit et son application, il y a de la marge… Surtout quand le pouvoir est exercé par des empereurs aussi débiles que Honorius, Arcadius et Théodose II !

Ce n'est qu'en 529 que l'empereur Justinien - qui, quant à lui, veillait scrupuleusement à ce que les lois qu'il s'échinait à promulguer ne restent pas lettre morte - publia un édit obligeant, sous peine de confiscation de leurs biens et d'exil, tous les païens à recevoir une éducation chrétienne et à se faire baptiser. Le même édit prévoyait aussi la peine de mort de mort pour les nouveaux baptisés qui reviendraient à leurs anciennes croyances.

Naturellement, cette confirmation par Justinien de l'interdiction du culte païen montre à l'envi que, plus d'un siècle après les décrets des faibles empereurs Honorius, Arcadius et consorts, la présence de païens posait encore problème dans une société devenue pourtant très largement chrétienne. Il faut également noter que les lois de Justinien furent principalement appliquées dans la partie orientale de l'ancien Empire romain unifié, même si dans le milieu du VIe siècle, l'armée byzantine reconquit l'Italie et Rome, et que l'on peut penser que la législation anti-païenne y fut également en vigueur.

Malgré l'interdiction formelle de tout culte idolâtre - et en quelque sorte précisément parce que cette interdiction fut réitérée jusqu'au milieu du VIe siècle - il est donc possible qu'il y eût encore des païens à Rome au temps du pape Gélase. En revanche, ce qui me semble hautement douteux, c'est qu'un clergé païen organisé ait encore subsisté à cette époque. À la fin du Ve siècle, il y avait belle lurette que le culte des anciens dieux était désorganisé, déstructuré, décapité ! Songez que, déjà près d'un siècle et demi avant Gélase, l'empereur Julien (361-363) avait dû passer le plus clair du temps de son court règne et déployer d'immenses efforts pour tenter - vainement d'ailleurs - de réorganiser, de redonner de la vigueur à un clergé païen qui avait déjà du plomb dans l'aile.

Cela dit, si vous voulez mon avis, quand Gélase recommanda à ses ouailles de ne plus participer aux Lupercales - mais sans pour autant leur interdire formellement cette fête -, il ne faut pas y voir une mesure purement "anti-païenne". D'après moi, il s'agissait plutôt (et peut-être surtout) de veiller au respect des bonnes mœurs chrétiennes. En effet, aux Lupercales (le 15 février), des jeunes gens à moitié nus (Quelle honte !), recouverts de peaux de boucs (L'animal lubrique de Satan !), se répandaient à travers les rues de la Vile pour fouetter (à l'aide de lanières taillées dans la peau, fraîchement écorchée, de ce bouc dont ils avaient revêtu la toison puante - Pouah !) des jeunes filles, fort dévêtues elles aussi (Impudicité diabolique !), afin de les rendre fécondes (Une bonne prière à sainte Rita aurait pourtant suffi !).

Comme dirait la fort dévote copine de mon vieux père : "il n'y avait rien de chrétien là-dedans !".

Ce devait être également l'avis de Gélase, puisque l'on rapporte qu'il invectiva rudement les joyeux drilles qui voulaient participer à ces festivités antiques, certes, mais quelque peu "olé-olé : "Vous n'êtes ni des païens ni des Chrétiens, mais plutôt des hommes sans foi et sans mœurs !",

"Sans foi et sans mœurs !"…
Le souci du pape était autant moral que théologique : participer aux Lupercales, cela signifiait s'adonner à la débauche et attribuer aux démons un pouvoir qui n'était qu'à Dieu.

Voici d'ailleurs ce que dit à ce sujet mon bon vieux Dictionnaire de la papauté :

"(…) Enfin, Gélase envoie une « lettre contre les Lupercales » au sénateur Andromaque, qui avait manifesté un attachement à cette fête romaine traditionnelle, qui a sans doute conservé à l'époque surtout un caractère carnavalesque (Gélase critique les chansons paillardes et les comportements immoraux), avec, dérivée de son caractère lustral, une fiction conjuratoire (Gélase se moque des chrétiens qui croient nécessaire d'honorer les démons pour écarter les malheurs, et rappelle que la célébration publique des Lupercales en 473 n'a pas empêché le déclenchement d'une grande épidémie quelques semaines plus tard). C'est dans l'histoire de la Rome chrétienne la dernière fois qu'est attestée la célébration publique d'une grande fête païenne, mais il est taux de dire que Gélase l'interdit : non seulement il n'en avait pas l'autorité, mais il se contente de placer Andromaque devant la contradiction entre sa profession de foi chrétienne et des pratiques païennes."
(Sous la direction de Claude Levillain, Dictionnaire de la Papauté, Éditions Fayard, 1994 - art. Gélase Ier, par Claire Sotinel).

nav vox - emp

 

nav vox populi