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Mai 2003 (page 3/3)
Sommaire du mois de Mai : Clic
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19 Mai 2003 |
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Stefanina a écrit : |
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Une chose m'intrigue au sujet
de l'assassinat de Jules César, comment
quelqu'un comme lui n'a pu déjouer une pareille
conspiration grossière (avec des preuves tangibles
comme les messages sur les murs de Rome a l'intention
de Brutus faisant référence a son ancêtre
qui avait chassé Tarquin le Superbe), malgré
son service de renseignement, malgré sa célèbre
"celeritas" d'action. Cela m'a toujours étonnée.
Quel est votre avis ? |
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RÉPONSE : |
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Vous me demandez donc ce que je pense
des circonstances de l'assassinat de Jules
César, et plus particulièrement
de la tragique insouciance dont le grand homme fit preuve
à cette occasion
Sans compter les "prodiges" dont Suétone se fait
l'écho (voir Vie
de Jules, 81), un devin lui notifie d'avoir à
se méfier des ides de Mars, sa femme fait un rêve
prémonitoire, un quidam lui glisse un billet qu'il
n'aura jamais l'occasion de lire
mais, imperturbable,
César ne tient aucun compte de ces avertissements
et se rend à la séance du Sénat,
aussi sottement qu'un buf à l'abattoir.
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Bien sûr, comme le dit un proverbe
latin : quos vult Jupiter perdere dementat prius
("Jupiter aveugle d'abord ceux qu'il veut perdre").
Cependant, je suis comme vous : j'ai des doutes
: le récit de l'assassinat de Jules César
cadre assez mal avec ce que l'on croit savoir de
la personnalité de la victime. Certes, César
n'hésitait pas risquer sa vie dans les batailles.
On le vit même adopter des comportements presque
suicidaires : à la bataille de Munda, par
exemple, où, afin de ranimer l'ardeur combative
de ses soldats, il chargea l'armée pompéienne
à lui tout seul. Mais, au printemps 44, à
Rome, César n'avait aucun intérêt
à jouer les trompe-la-mort ; bien qu'il eût
atteint la cinquantaine bien sonnée, bien
qu'il fût le seul maître du monde romain,
il estimait sans doute que sa carrière politique
et militaire ne faisait que commencer. Mille projets
se bousculaient dans sa tête, et il avait
désormais à sa disposition les moyens
de tous les réaliser. Il avait l'or, les
hommes, le pouvoir
il ne lui manquait que
du temps !
Et là-dessus, les historiens antiques nous
racontent que tout Rome (ou presque) était
au courant du complot visant à abattre le
grand Jules
sauf ledit grand Jules ! Et que
non content d'avoir un service de renseignement
digne de la CIA d'avant le 11 septembre, César,
avec une superbe inconscience, aurait délibérément
ignoré toutes les mises en garde, pour se
présenter "tout nu" devant des conspirateurs
armés jusqu'aux dents !
Dans un album d'Astérix, Goscinny
et Uderzo montrent le futur assassin Brutus en train
de jouer avec un couteau, et César de lui
dire : "Arrête, tu vas finir par blesser
quelqu'un !"
Hilarant, mais finalement
assez conforme à ce que les historiens antiques
nous rapportent de l'état d'esprit du Dictateur
à la fin de sa vie : on l'avertit de la date
du complot, des tas de gens lui montrent presque
Brutus et ses complices occupés à
aiguiser leurs poignards, et lui ne les voit pas,
ou semble penser que s'ils fourbissent leurs ames,
c'est seulement pour couper quelques tranches de
jambon
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Le récit de l'assassinat de César
a été "romancé", c'est évident.
Mais pourquoi ? Peut-être pour dédouaner
un peu les assassins "républicains" : si le "tyran"
tombe, c'est parce qu'il est au moins autant victime de
la fatalité que des conjurés. C'est peut-être
aussi un moyen d'indiquer à quel point César
était chéri des dieux : ceux-ci l'aveuglent
afin qu'il les rejoigne au plus vite pour partager avec
eux gloire et vie éternelle. Ou alors les historiens
antiques, assez hostiles à ces "douze Césars"
dont Jules fut le premier, voulurent-ils montrer que,
finalement, le grand Dictateur, tout brillant stratège
qu'il fût, pouvait lui aussi commettre d'énormes
bêtises, surtout s'il était aveuglé
par une ambition sacrilège, celle de ceindre la
couronne royale. |
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20 Mai 2003 |
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Véronique
a écrit : |
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(
) Sur les contacts
entre Rome et la Chine (voir ici : Clic
!), je peux témoigner que, à l'École
des Langues orientales, le professeur d'Histoire de l'Indochine
nous disait (il y a longtemps !) que des annales chinoises
du IIe siècle (Apr. J.-C.) mentionnent le passage
de bateleurs romains à la cour de l'empereur.
Mais je n'ai pas la référence.
Dommage. |
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RÉPONSE : |
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Cette histoire de bateleurs me disait vaguement quelque
chose
Après avoir un peu torturé mes
pauvres méninges, je me suis souvenu avoir lu cela
dans un autre excellent roman, Les Fourmis, de
Bernard Werber.
Voici l'extrait en question : "Les annales de l'Empire
chinois signalent, aux environs de l'an 115 de notre ère,
l'arrivée d'un bateau vraisemblablement d'origine
romaine, que la tempête avait malmené et
qui s'échoua à la côte après
quelques jours de dérive. Or, les passagers étaient
des acrobates et des jongleurs qui, à peine à
terre, voulurent se concilier les habitants de ce pays
inconnu en donnant un spectacle. Les Chinois virent ainsi
- bouche bée - ces étrangers au long nez
cracher le feu, nouer leurs membres, changer des grenouilles
en serpents, etc. Ils en conclurent à bon droit
que l'Ouest était peuplé de clowns et de
mangeurs de feu. Et plusieurs centaines d'années
passèrent avant qu'une occasion de les détromper
ne se présente". (Bernard Werber, Les Fourmis,
Albin Michel 1991 - Livre de Poche n° 9615). |
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Véronique
réécrit : |
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1. Je
suis restée sidérée par l'histoire
des clowns romains en Chine, telle qu'elle figure
dans Les fourmis. Car j'ai entendu cette information
en 1983/1984, alors que le livre date de 1991. Mon honorable
professeur aurait-il pompé l'uvre en cours
d'écriture ? L'histoire a-t-elle été
publiée antérieurement ? |
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RÉPONSE : |
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Puisque cette anecdote des "bateleurs romains des
Mers du Sud" a l'air de vous intéresser, je suis
également livré, de mon côté,
à quelques petites recherches supplémentaires.
À vrai dire, je ne vous avais communiqué
le texte de Werber que faute de mieux car je me souvenais
avoir lu cette histoire autre part, mais il m'était
impossible de me souvenir où. Ce n'est qu'hier,
en contemplant une nouvelle fois ma modeste bibliothèque
d'un air résigné, que j'ai enfin discerné
un petit bouquin que j'avais négligé parce
que trop généraliste
et, ô surprise,
j'y ai trouvé ce qui constitue peut-être
la source d'inspiration commune de votre vieux prof et
de l'excellent romancier.
Voici ce texte :
| "(
) les Romains, qui voulaient à
tout prix contourner l'obstacle parthe, cherchèrent
à atteindre la Chine, cette fois-ci par
la voie maritime. La Géographie
de Ptolémée nous apprend quelles
erreurs de distance faisaient les Romains en situant
la Chine plus loin qu'elle n'était. De
même, on ignorait tout de la fabrication
de la soie. Le secret en sera gardé longtemps.
Cependant, vers 120, des acrobates romains au
service d'un roi birman, capables de cracher du
feu et d'interchanger les têtes des vaches
avec celles des chevaux, arrivent en Chine par
la route de Birmanie. Toujours d'après
le Heou-Han-chou, « les communications
furent ouvertes pour la première fois »
en l'an 166, date à laquelle «
An-Toun », Antonin le Pieux, envoya un
« ambassadeur », par mer, qui offrit
à l'empereur des défenses d'éléphant,
des cornes de rhinocéros, des écailles
de tortue, ce qui, pour les Chinois, était
monnaie courante et dut leur faire mal augurer
d'un Empire aussi pauvre ! Il ne semble pas qu'au
total des relations régulières se
soient établies. De la même manière,
Pan Tch'ao avait essayé en 97 d'envoyer
« Kan-ying en ambassade au Ta-ts'in (Rome).
À son arrivée au Tiao-tche (?)
près de la grande mer, Kan-ying voulut
pousser plus avant. Les capitaines des navires
à la frontière occidentale du Ngan-Si
(Iran) lui dirent que la mer était
extrêmement étendue et que, pour
effectuer le voyage aller et retour, il fallait
trois mois avec vent favorable et, si le vent
était faible, deux ans environ. »
Les Parthes firent si bien qu'ils découragèrent
Kan-ying qui repartit. Ainsi, les deux Empires
extrêmes tentèrent vainement de se
joindre. Ce n'est qu'au début du IIIe siècle,
ou du Ve selon certains, que les Chinois nous
donnent, toujours dans le Heou-Han-chou une
description très déformée
de l'Empire romain, les détails justes
concernant la poste et les routes, l'abondance
des villes et la justice impériale."
(Michel Rouche, Les Empire universels IIe
- IVe siècles (Histoire universelle Larousse),
Larousse et Livre de Poche, 1968). |
Comme vous pouvez le constater, tout se trouve dans ce
texte
hormis l'amusante remarque anthropologique
de Bernard Werber sur les fâcheux amalgames des
Chinois estimant que l'Occident n'était peuple
que de pitres, de clowns et de saltimbanques, |
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2. Le
thème des faux-vrais semblants me passionnant,
je vous fais part d'un passage bien intéressant
déniché dans Histoire de la verrerie
et de l'émaillerie, par Édouard Garnier
1886, p. 46-47 (cote Bibliothèque Beaubourg : 747
GAR.) Livre très sérieux, je vous le garantis
! Voici l'extrait :
| "Il est bon du reste
de se mettre en garde contre les narrations des
auteurs anciens, et de ne pas prendre au pied
de la lettre tout ce qu'ils racontent au sujet
du verre. C'est ainsi que Pétrone, et après
lui Pline, Dion Cassius et d'autres écrivains
ont raconté que, du temps de Tibère,
on avait trouvé le moyen de rendre le verre
non seulement incassable mais encore malléable.
Il y eut pourtant,
du temps de Tibère, dit Pétrone,
un ouvrier qui fabriqua une fiole de verre, laquelle
ne se cassait point. Il fut admis à en
faire hommage à l'empereur ; après
quoi, l'ayant reprise de ses mains, il la lança
sur le pavé. Le prince, effrayé
comme on ne peut l'être, l'ouvrier ramasse
sa fiole : Elle était bosselée tout
comme un vase d'airain. Cet homme tire alors un
petit marteau de sa ceinture, et tranquillement
et fort joliment, remet la fiole en état.
Il pensait déjà tenir Jupiter par
les pieds - putabat se coelum Jovis tenere - surtout
quand l'empereur lui demanda "Quelque autre que
toi a-t-il le secret de cette composition ? Pèse
bien ta réponse"
Sur la négative, César lui fit trancher
la tête ; car enfin, si ce secret était
connu, on ne ferait pas plus de cas de l'or que
de la boue" [Satyricon, trad. Nizart, LI]
(
) Le récit
de Pétrone, malgré l'appui que lui
ont donné plus tard de graves auteurs [Dion
Cassius LVII,21 et Isidore de Séville -
Origines XVI,6], nous semble devoir
être rangé parmi ces contes absurdes
dont plusieurs écrivains se sont fait trop
complaisamment l'écho, bien que cependant
il y ait souvent un fond de vérité
dans les faits qui lui ont donné naissance." |
[ suit une autre citation,
où un écrivain du XVII met en scène
un verrier, un vase, et Richelieu, qui, signe d'un indiscutable
progrès des murs, expédie le malheureux
en forteresse]
Bref, la question que je pose est
: Les Romains ont-ils inventé le caramel ? Car
je me souviens de l'époque lointaine où
les verres qui explosaient au cinéma étaient
réalisés ainsi, de manière très
artisanale. Techniquement parlant, est-il possible de
produire du caramel sans betterave ni canne à sucre
? Je présume que l'intérêt scientifique
et historique de la chose ne vous échappera pas.
(À propos de l'habileté
des verriers Romains, une jolie photo du "vase de Portland"
: Clic
!) |
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RÉPONSE : |
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Je ne sais pas si vous avez repéré ce
passage, mais j'évoque l'art des maîtres
verriers romains - qu'on avait tendance à sous-estimer
- dans mon site (voir ici : Clic
!). Cela dit, techniquement parlant, il n'est
pas impossible que les Romains aient fabriqué,
utilisé et même aimé le caramel puisqu'ils
connaissaient le sucre de canne (importé à
grand prix de Perse et donc, il est vrai, assez rare). |
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23 Mai 2003 |
| Benjamin
(Voir ici : Clic
!) a écrit : |
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1.
J'aimerais avoir des nouvelles de Tertullus
(Consul à Rome au début du Ve siècle
après J.-C.) |
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RÉPONSE : |
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Comme diraient les PTT, il n'y a pas de Tertullus
à l'adresse que vous avez indiquée. En effet,
pas de consul de ce nom au Ve siècle (voir liste
: Clic
!), ni au IVe siècle, d'ailleurs (Clic
!).
Personnellement, les seuls Tertullus dont j'ai jamais
entendu parler sont :
- Ce Publius Tertullus dont parle Roar
Skolmen dans son excellent roman Bleu marine
et qui, gouverneur de Judée dans les années
30 de notre ère (!), aurait adressé
à l'empereur Tibère
une fort élogieuse missive au sujet de
Notre Seigneur Jésus-Christ.
J'évoque ce personnage fictif dans cette
ancienne correspondance : Clic
!
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- Un Tertullus du milieu du Ier siècle
qui aurait soutenu l'accusation des Juifs contre
saint Paul (Voir Actes
des Apôtres, 24).
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- Le Cornutus Tertullus, "homme d'un
rare mérite et d'une franchise incorruptible",
dont parle Pline le Jeune dans sa correspondance
(Clic
!)
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- Sextus Sulpicius Tertullus, consul pour
l'année 158. (voir : Clic
!).
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- Un autre Tertullus qui fut, paraît-il,
un des amants de l'impératrice Faustine
la Jeune, la fort volage épouse de l'empereur-philosophe
Marc
Aurèle. L'Histoire
Auguste (recueil tardif de biographies
impériales "à la manière
de" Suétone) rapporte d'ailleurs une anecdote
assez plaisante à ce propos. L'infortune
conjugale de Marc Aurèle était si
notoire et la magnanimité de l'empereur
si éprouvée qu'un comédien
se permit d'y faire publiquement allusion. Dans
la pièce qu'il jouait, un maître
un peu bouché demandait à son esclave
le nom de l'amant de sa femme ; celui-ci s'appelait
"Tullus", mais, rien à faire, le maître
ne parvenait pas à mémoriser ce
nom. Le serviteur le répéta donc
une fois, deux fois, trois fois, puis, comme son
maître insistait encore : "Quel est le
nom de ce suborneur qui orne mon chef de si colossales
ramures ?", il s'exclama, à l'hilarité
générale (empereur excepté)
: "Je te l'ai déjà dit trois
fois : Tullus" (en latin "ter Tullus")
(Histoire Auguste, Vie de Marc Aurèle,
29, 4).
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- Et enfin, un P. Julius Scapula Tertullus
Priscus, consul en 198 ap. J.-C. (Clic
!)
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NB :
Un Tertullus, consul au Ve siècle ?
Voyez ici : Clic
! |
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2. Dans
votre tâche consacrée à Théodose,
vous parlez des actions anti-païennes de St Martin
de Tour, avez-vous une idée des "forfaits" commis
par saint Augustin ? |
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RÉPONSE : |
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| Rendons justice à saint
Augustin : il ne fut certainement pas le pire,
le plus fanatique, le plus intolérant évêque
chrétien de son temps. Ce fut surtout par
la plume, et non par le glaive, qu'il lutta contre
les Manichéens et contre les Pélagiens,
ces hérétiques qui pensaient que l'homme
pouvait accéder au salut de par sa propre
volonté et non par l'effet "suffisant" de
la grâce divine. Il écrivit qu'il ne
fallait en aucun cas persécuter ceux que
Dieu tolérait
Malheureusement, il montra moins d'indulgence à
l'égard des Donatistes. Il faut cependant
dire à la décharge de l'évêque
d'Hippone que ces hérétiques, africains
comme Augustin, représentaient pour lui une
menace bien plus proche, et bien plus dangereuse
que les adversaires dont je viens de citer. Les
Manichéens étaient déjà
persécutés depuis l'époque
de Dioclétien.
Quant aux Pélagiens, contrairement aux Donatistes,
ils ne touchèrent jamais en Afrique qu'une
minorité de brillants intellectuels (qui
poussèrent d'ailleurs le "Père de
l'Église" dans ses ultimes retranchements
polémiques).
Tout larmoyant, déplorant d'en arriver à
de telles extrémités, le bon Augustin
se résolut donc à demander l'intervention
du bras séculier contre les hérétiques
donatistes - ou à soutenir le principe de
cette demande d'intervention, ce qui, finalement,
revenait au même. Mais j'ai déjà
parlé de cette affaire dans une correspondance
récente, et vous trouverez d'autres renseignements
sur Augustin, les Donatistes et leur bras armé,
les fameux Circoncellions, dans ce courrier (Clic !). |
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| 25 Mai 2003 |
| Ugo
Bratelli a écrit : |
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| Au cas où
cela vous intéresserait de placer le
lien sur votre site, j'ai mis en ligne l'uvre
complète de l'empereur Marc Aurèle,
à cette adresse :
http://ugo.bratelli.free.fr/#MarcAurele
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30 Mai 2003 |
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Vincent a écrit : |
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Je suis étonné
de votre enthousiasme concernant l'empereur Probus,
à part la vénération de quelques
historiens, il est passé dans l'oubli.
Pourquoi donc une telle fascination,
et comment avoir d'autres éléments concernant
son règne. |
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RÉPONSE : |
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Suis-je un "fan" de Probus
? Je ne sais pas
Peut-être
Ce
qui est vrai, c'est que j'éprouve de la sympathie
pour presque tous ces empereurs-soldats du milieu
du IIIe siècle (Claude
le Gothique, Aurélien,
Probus,
Carus, et
même le très contesté Gallien),
ces rudes militaires, toujours sur la brèche,
constamment occupés à défendre
leur trône vacillant contre des usurpateurs
qui ne cessaient de proliférer ou à
tailler des croupières à des envahisseurs
qui n'en finissaient pas de déferler. C'est
grâce à eux, à leur patriotisme
souvent désintéressé, à
leur courage, à leur pragmatisme politique
et militaire que l'Empire romain survécut
encore plus de deux siècles à leurs
règnes mouvementés. Et pourtant, ils
ont presque complètement sombré dans
l'oubli : les récits de leurs exploits ne
sont pas parvenus jusqu'à nous.
Modestes même par-delà leur mort,
ces sauveteurs de la civilisation romaine !
Comme je viens de vous le signaler, les historiens
ne disposent que de peu de documents pour aborder
le règne de Probus.
Je pense d'ailleurs qu'aucune étude historique
récente ne lui est spécifiquement
consacrée. Cependant, si vous voulez en savoir
un peu plus sur cet empereur, vous pouvez toujours
jeter un coup d'il sur la liste de liens qui
figurent après sa notice biographique et
que, suite à votre message, je viens de vérifier
et compléter (Ciic
!). |
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Mai 2003 |
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Michel
a écrit : |
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| Nouveautés
du site Archeobel
:
- Exceptionnel ! un denier
gallo-romain (vallée du Rhône
- Narbonnaise romaine) datant de -70 avant J.-C.
La monnaie représente "Rome" sur l'avers
et un cavalier gaulois au revers : Clic
!
- Une fibule du IVe siècle
de style floral (en allemand "Violinfibel" et
en anglais "Openwork Dolphin Brooc") : Clic
!
Outre son nom, qui varie d'un pays à l'autre,
le "hic" avec cette fibule, c'est sa datation.
Bien qu'il existe des fibules de même type,
inspirées des fibules dauphin, mais avec
des ardillons de fermeture à ressort qui
datent clairement du IIIe siècle (voir
: http://www.geocities.com/archeobel/D3b.html),
j'ai cependant décidé de la ranger
parmi les fibules du IVe siècle, dans l'attente
d'une éventuelle trouvaille qui permettra
de la mettre dans son "juste siècle"
- Une applique en forme
de pelte (ou pelta) : Clic
!
Pour rappel, la pelta était un petit
bouclier en forme de croissant, en usage en Thrace
et en Asie Mineure.
- Une applique à
tête "d'empereur" : Clic
!
J'ai simplement indiqué : "buste lauré
d'un empereur ?", car je ne sais pas qui est cet
empereur. Au premier et deuxième siècle,
il n'y a pas de problème pour reconnaître
Claude, Néron ou Nerva. Mais à partir
du IIIe siècle, on remarque de fameuses
variations dans les portraits d'un même
empereur, et au IVe siècle, avec les bustes
stylisés à la Constantin, commence
la vraie misère.
Je ne peux donc pas "coller" de nom sur le portrait
de cet individu, mais je suis sûr que de
sympathiques internautes pourraient donner des
hypothèses valables.
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Qui est cet empereur
? |
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