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Mai 2003 (page 2/3)

Sommaire du mois de Mai : Clic !

10 Mai 2003

Aurélie a écrit : 

J'effectue une recherche sur la condition féminine dans la Rome antique pour mon cours de latin. J'ai beaucoup d'informations concernant la condition de la femme à notre époque mais très peu concernant l'époque romaine. J'aimerais donc avoir quelques renseignements sur les conditions féminines dans la Rome antique.

Je vous remercie d'avance.

RÉPONSE :

Mon site internet n'étant pas particulièrement centré sur les questions de vie quotidienne, je ne dispose personnellement que de peu de documentation sur la condition féminine dans l'Antiquité romaine. J'ai toutefois trouvé sur le Net ces quelques pages où vous devriez trouver d'utiles renseignements :

(liste vérifiée et complétée le 12/05/2005)

  • Ac. Versailles - Musée vivant de l'Antiquité :
    • La femme dans l'Antiquité grecque et romaine : Clic !
    • Condition de la femme à Rome : Clic !
    • Le mariage à Rome : Clic !
  • MEMO, le site de l'Histoire - Condition de la femme à Rome : Clic !
  • L'encyclopédie de l'Agora - Les femmes à Rome, leur éducation et leur rôle dans la société romaine, par Gaston Boissier : Clic !
  • Site "Empire romain" (Karl Claerhout) - La condition de la femme : Clic !
  • Site "Ils sont fous ces Romains" :
    • 1. La femme à Rome : Clic !
    • 2. Mariage et maternité : Clic !
    • 3. Le travail des femmes : Clic !
    • 4. Mode et produits de beauté : Clic !
  • Site feminaweb.free.fr - Femme romaine : Clic !
  • Site "La Main à Rome" - Mains de mariées (travail d'élèves) : Clic !
  • Site istp.org - les Femmes à Rome (travail d'élèves) : Clic !
  • Site du Collège "Les Prés" (Montigny-le-Bretonneux)
    • Les femmes dans la société romaine (travail d'élèves) : Clic !
    • Les vêtements de la femme à Rome (travail d'élèves) : Clic !
  • Site perso.wanadoo.fr/opaland - Condition de la femme à Rome : Clic !
  • Site Bibliotheca Classica Selecta - Vie sociale, situation de la femme (Biliographie d'orientation) : Clic !
  • Site Diotima - Women & Gender in the Ancient World : Clic !
  • Feminae Romanae - Women of Ancient Rome : Clic !
SUR LA CONDITION FÉMININE À ROME
VOYEZ AUSSI : CLIC !

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11 Mai 2003

Gérald a écrit : 

Suggestion de réponse à la question du 4 avril 2002 (voir ici : Clic !)

Il me semble qu'il s'agit de Gordien III. un beau buste au musée du Louvre en est très ressemblant. Je possède en outre un sesterce de cet empereur et la ressemblance est également frappante.(voir ici : Clic !)

L'information est à vérifier…

RÉPONSE :

Effectivement, il y a bien comme un "air de famille"… et même un peu plus que ça !

gordien III ?

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13 Mai 2003

Bidzina a écrit : 

Je vous remercie de votre renseignement sur les femmes isapostolai ("égales aux apôtres"). Mais parmi ces femmes, dans l'encyclopédie, on mentionne Marthe et Marie, sœurs de Lazare, sans aucune explication. Le cas de Marie Madeleine est expliqué. Pourriez-vous m'expliquer pourquoi Marie et Marthe étaient honorées de ce titre.

RÉPONSE :

Le problème, c'est que ce titre "Égal aux apôtres" est employé presque exclusivement par le christianisme oriental (Églises orthodoxes grecque, russe, serbe, etc.). Or, je connais nettement moins bien les traditions du rite orthodoxe que celles du catholicisme romain dans lequel j'ai été élevé…

Toutefois, d'après ce que j'en sais, toutes les "Saintes Femmes" qui suivaient Jésus ont automatiquement droit au titre d'Égales des Apôtres, et il me semble bien que Marthe et Marie peuvent être rangées parmi ces dames. Bien sûr, on peut ergoter en disant que les deux sœurs de Lazare, plutôt du genre casanières, ne "suivirent" pas littéralement Jésus sur les chemins de Galilée et de Judée. Elles semblent plutôt être restées à Béthanie, auprès de leur frère Lazare afin de veiller sur la santé fragile de ce "disciple que Jésus aimait". Mais elles crurent en Jésus et le servirent avec zèle chaque fois qu'il logeait dans leur demeure.

D'après les Évangiles, Marie était plutôt rêveuse… Ou plutôt, pour dire les choses un peu crûment, c'était une grosse fainéante ; captivée par les douces paroles de Jésus, elle laissait le plus gros du boulot à sa pauvre sœurette Marthe qui, elle, était une femme active, réaliste… et un peu râleuse ! (Voyez à ce sujet Luc, 10, 38-42 et Jean, 11, 1-44).

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13 Mai 2003

Abdoulmajiid a écrit : 

Voudriez-vous me faire savoir si la Russie faisait-elle partie ou non du territoire de l'antique empire romain ?

RÉPONSE :

Non, non, le pouvoir de Rome ne s'étendit jamais jusqu'au territoire de la Russie actuelle. Les frontières orientales de son Empire se situaient "seulement" sur le Rhin et le Danube. Il n'englobait donc qu'une petite partie de l'Allemagne et un grand morceau de la péninsule Balkanique.

Vous trouverez ici (Clic !) une carte de l'Empire romain à son extension maximale.

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15 Mai 2003

Benjamin (Voir ici : Clic !) a écrit : 

Me voilà de retour !! Que savez-vous sur Hypathie (Philosophe et Mathématicienne) que vous connaissez forcément cela va sans dire…

Je veux tout savoir, sa vie, sa mort, bref vous voyez ce que je veux dire.

RÉPONSE :

Hypatie (ou Hypathie, les deux s'écrivent) était effectivement une philosophe et mathématicienne qui vivait à Alexandrie d'Égypte au début du Ve siècle ap. J.-C.

Palladas, un poète alexandrin qui assista à ses cours, fut tellement ébloui par sa science (et peut-être aussi par sa beauté) qu'il la chanta dans cette épigramme :

Hypatie, ô grande dame, adepte du savoir
D'en haut, en ces moments où ta voix grave et claire
Nous démontre les cieux et leur divin mouvoir,
Je m'émerveille, ô vierge sage, et je crois voir
Briller au fond des nuits l'autre Vierge, stellaire.
(Palladas, traduction Marguerite Yourcenar, in "La Couronne et la Lyre", Gallimard, 1979)

Cependant, si le nom d'Hypatie est encore célèbre aujourd'hui, c'est moins grâce à ses savants travaux qu'à cause des circonstances de sa mort.

En 415, Cyrille, l'ambitieux patriarche chrétien d'Alexandrie, voulut prendre définitivement le contrôle de la grande cité hellénistique et pour atteindre cet objectif (à la plus grande gloire de Dieu, cela va de soi), lança sur la ville ses meilleures troupes de choc, ses S.A. personnelles, les "tontons macoutes" de d'Église égyptienne : une horde de moines fanatisés tout droit sortis de leurs ermitages du désert.

Le poète Palladas (encore lui) se fit l'écho de l'étonnement de ses compatriotes Alexandrins voyant s'abattre sur leur riche cité ces nuées de dangereux "ermites" :

« Qu'est-ce que cette bande ? - Eh bien, des solitaires.
- Comment ? Par milliers ? Bons dieux, les mots s'altèrent !
»
(Palladas, traduction Marguerite Yourcenar, op. cit)

Pour son malheur, alors qu'elle se rendait au lieu où elle avait l'habitude de dispenser son enseignement, Hypatie croisa la route de ces va-nu-pieds sanguinaires. Les moines hystériques la reconnurent, écharpèrent cette satanique adepte des anciens dieux, la traînèrent violemment dans la première église venue, la dévêtirent lubriquement, la violèrent pieusement et la mirent religieusement en pièces, à coups de tessons de poteries, devant l'Autel du Très-Haut.

Comme quoi les barbus fanatiques d'Afghanistan, d'Algérie, d'Arabie Saoudite, du Pakistan ou du Nigeria (j'en oublie) ne peuvent même pas se targuer d'originalité !

Il est assez amusant de voir comment l'historien très chrétien Daniel-Rops explique les persécutions anti-païennes (en général) et le lynchage d'Hypatie (en particulier). En fait, le bon Daniel-Rops n'insiste guère sur le sujet ; pour régler définitivement leur compte à toutes ces histoires pénibles et surtout gênantes - à tous ces "détails de l'Histoire sainte" -, une note longue de quelques lignes seulement lui suffit amplement : "Les résistances païennes que nous avons vues expliquent, sans les faire excuser, les trop fréquentes violences auxquelles se livraient, en maints endroits, des foules baptisées que le fanatisme surexcitait. De nombreux incidents montrent, aux quatre coins de l'Empire, que la leçon d'amour de l'Évangile n'avait pas pénétré bien avant chez certains convertis. Devant la fureur iconoclaste qui tendait à ruiner les temples, à briser des statues qui, du point de vue artistique, étaient sans prix, il fallut que l'Empereur édictât des mesures de protection de ces richesses. De-ci, de-là, il y eut même des attentats contre les personnes. Le plus célèbre et le plus pénible de ces épisodes fut le meurtre, à Alexandrie d'Égypte, de la célèbre philosophe Hypathie, lumière de la pensée néo-platonicienne, qu'en mars 415, une bande de forcenés, excités par un lecteur chrétien, arracha de son char, tandis qu'elle se rendait au cours qu'elle professait, entraîna dans une église, dépouilla de ses vêtements et mit en morceaux. La bêtise et la cruauté des foules sont de toutes les époques, et le baptême lui-même ne suffit à délivrer la bête humaine collective de ses passions…" (Daniel-Rops, l'Église des temps barbares (ô combien !), Éditions Fayard, 1950).

Merveilleux Daniel-Rops… Si quelques chrétiens quelque peu dénués de charité chrétienne massacrèrent "de-ci de-là" quelques païens, ce fut surtout parce ces opiniâtres ("errare humanum est, perseverare diabolicum") eurent le mauvais esprit de leur résister !. Quant aux bons empereurs chrétiens, voyez comme ils furent prévenants : ils ordonnèrent même que les "irremplaçables richesses" des temples païens fussent préservées (dommage qu'ils aient un peu oublié de protéger aussi la vie de leurs sujets païens… mais c'est sans doute parce que ceux-ci étaient aisément "remplaçables"…). Le meurtre d'Hypatie ? un excès de zèle regrettable ; un mouvement de foule incontrôlé ; un dégât collatéral du "Triomphe de la Croix"… Bref, la faute à tout le monde et à personne - et surtout pas celle de l'Église catholique, apostolique et romaine qui, comme chacun le sait, ayant autant horreur du sang que la nature du vide, fut constamment, toujours et partout, de tout temps et en tout lieu, imprégnée jusqu'au tréfonds de l'âme de l'irréfragable "leçon d'amour de l'Évangile" !

Quant à nous, nous nous consolerons un peu en disant que l'horrible assassinat d'Hypatie n'a pas été totalement inutile puisqu'il inspira au poète Leconte de Lisle (XIXe siècle) ces quelques vers joliment ciselés :

Le vil Galiléen t'a frappée et maudite,
Mais tu tombas plus grande ! Et maintenant, hélas !
Le souffle de Platon et le corps d'Aphrodite
Sont partis à jamais pour les beaux cieux d'Hellas !
Dors, ô blanche victime, en notre âme profonde,
Dans ton linceul de vierge et ceinte de lotos ;
Dors ! L'impure laideur est la reine du monde,
Et nous avons perdu le chemin de Paros.
Les dieux sont en poussière et la terre est muette ;
Rien ne parlera plus dans ton ciel déserté.
LECONTE DE LISLE. Hypatie, 1847

Pour plus d'infos sur Hypatie, vous pouvez également consulter ces pages Web :

  • Encyclopédie de l'Agora - Hypatie : Clic ! - avec de nombreux liens (en anglais) sur cette bonne dame.
  • Site Olympios - Hypatie, le personnage historique : Clic !
  • Encyclopédie Yahoo - Hypatie : Clic !
  • Théon d'Alexandrie et sa fille Hypatia : Clic !
  • Hypatie d'Alexandrie : Clic !
  • Hypatie, fille de Théon : Clic !

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18 Mai 2003

Guillaume a écrit : 

1. Étant un passionné de généalogie, vos tableaux sur l'ascendance et la descendance des empereurs et impératrices romains ont immédiatement attiré mon attention ; je fais de nombreuses recherches sur la généalogie des personnages célèbres de l'Histoire (dont ces mêmes empereurs) et j'ai découvert avec surprise que dans l'un de vos tableaux, vous écriviez que Rubellia Bassa (arrière-petite-fille de Tibère) et son époux Octavius Lænias avaient eu une postérité. Pourriez-vous, sans rentrer dans les détails, me donner un peu plus d'informations sur leur descendance ? Est elle encore représentée de nos jours (ce dont je doute fort, mais on peut toujours espérer) ? Où s'est-elle enracinée (c'est le cas de le dire) ?

RÉPONSE :

Étant très peu compétent en matière de généalogie, je n'ai réalisé moi-même que des tableaux généalogiques très simples, uniquement destinés à clarifier les relations familiales des différents empereurs. Mon site internet n'est d'ailleurs pas consacré à la généalogie de ces empereurs romains, mais a "seulement" pour but de relater leurs faits et gestes.

D'autres tableaux généalogiques - souvent bien plus élaborés - proviennent d'internautes qui m'ont demandé ou qui m'ont permis de le les mettre "en ligne", afin de fournir de plus amples renseignements aux visiteurs de mon site, ou d'être confrontés à leurs critiques. Tel est le cas des dossiers à télécharger à partir de la plage consacrée au courrier d'Août 2002 (Clic !), et en particulier du tableau généalogique (Clic !) dans lequel est citée cette Rubellia Bassa qui vous intrigue tant.

Personnellement, je ne saurais vous donner aucune information au sujet de cette gente dame dont je rencontre ici le nom pour la première fois. Mais peut-être pourriez-vous vous adresser directement à l'auteur de ce tableau, Denis Vrignaud - e-mail : nanouvrignaud@aol.com.


2. Je voulais aussi vous demander une dernière chose : sur plusieurs autres sites consacrés à la généalogie, j'ai découvert que l'empereur Claude avait eu de sa première femme Plautia Urgulanilla une deuxième fille (ou peut-être est-ce la même) nommée Venissa Julia, née vers 15 après Jésus-Christ, elle aurait épousé Arviragus, ou Arvigarus, roi de Bretagne (10-74) dont elle aurait eu une postérité puisque les rois mérovingiens en descendraient. Pourriez-vous me confirmer cette supposition ou, au contraire, la réfuter ?

Je vous remercie par avance de votre réponse.

RÉPONSE :

À ma connaissance, un seul fils (Drusus) et une seule fille (Claudia) naquirent du mariage de Claude et de Plautia Urgulanilla. Personnellement la naissance d'une deuxième fille nommé Venissa Julia (curieux nom pour un rejeton des "gens" Claudii et Plautii) ne paraît hautement hypothétique.

Quant à ce mariage d'une fille de la "maison de César" avec un barbare breton, fût-il roi, il me paraît plus étrange encore. D'après le peu de ce que j'ai lu à ce sujet, il semblerait que le nom de cet Arvigarus (ou Arvigarus) ne figure que dans une satire de Juvénal (fin du Ier siècle) et ne réapparaît qu'un bon millénaire plus tard, au XIIe siècle, dans l'Histoire des rois de Bretagne de Geoffroy de Monmouth.

Voici une traduction française de ce texte :

"Il (Claude) lui proposa donc la paix (à Arvigarus), promettant de lui donner sa propre fille en mariage, mais seulement s'il reconnaissait la sujétion du royaume de Grande-Bretagne à Rome. Ses nobles le persuadèrent d'abandonner ses projets belliqueux et d'accepter les propositions de Claude. Ils arguaient qu'il n'était nullement déshonorant de se soumettre aux Romains, puisqu'ils étaient reconnus comme les suzerains de l'univers. Arvigarus fut ébranlé par ces arguments et par d'autres allant dans le même sens. Il accepta leur conseil et se soumit à Claude. Claude manda aussitôt sa fille de Rome. Avec l'aide d'Arvigarus il soumit les Orcades et les autres îles avoisinantes.

À la fin de l'hiver, les messagers amenèrent la fille de Claude et la lui remirent de la part son père. Le nom de cette fille était Genvissa (= Genuissa). Sa beauté était telle que quiconque la voyait était comblé d'admiration. Une fois qu'elle lui fut unie par droit mariage, elle enflamma le roi de tant de passion brûlante qu'il préféra sa compagnie à toute autre distraction. Et pour cela, l'idée vint à cet Arvigarus de conférer une distinction particulière au lieu où il l'avait épousée. Il suggéra à Claude que tous deux bâtissent à cet endroit une ville qui perpétuerait pour les temps à venir le souvenir d'un si heureux mariage. Claude en convint et ordonna que l'on construisit une ville qui s'appellerait Kaerglou, ou Gloucester". (Geoffroy de Monmouth, d'après : rootsweb.com/~pmcbride)

Bref, l'existence est Venissa (ou Genuissa) Julia ainsi que son mariage avec le roi Arviragus (ou Arvigarus) sont prouvés par l'existence - indubitable celle-là - de la ville de Gloucester qui - c'est l'évidence même - fut fondée pour célébrer cet heureux mariage… Selon le même raisonnement, l'existence du géant Brabo, dont la main coupée et jetée dans l'Escaut donna son nom à la ville d'Anvers (en néerlandais Antwerpen - hand werpen = "main jetée") devient une certitude historique !

Tout cela n'est, me semble-t-il, qu'adaptations tardives de vieilles légendes aux fins de reconstructions étymologiques ou d'affabulations toponymiques…

Pour le reste, c'est-à-dire en ce qui concerne l'éventuelle filiation de ce très hypothétique Arvigarus avec les non moins brumeux ancêtres des rois mérovingiens, je n'ai rien d'autre à partager avec vous qu'une bonne dose de scepticisme… Certains ne font-ils pas remonter l'arbre généalogique de Clovis jusqu'au roi David, en passant par Lohengrin ("le chevalier au cygne") et Jésus-Christ lui-même ?

Mais, comme je vous l'ai dit d'emblée, je ne suis pas généalogiste…

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18 Mai 2003

Bidzina réécrit : 

À la demande de Constantin, le roi de Perse Sapor II ne persécuta plus les chrétiens dans son empire.

Pourriez-vous me renseigner sur la date exacte de cet évènement ?

RÉPONSE :

Effectivement, dans la "Vie de Constantin" d'Eusèbe de Césarée (livre 4, 8-14), on peut lire que l'empereur romain aurait envoyé une lettre au roi de Perse Sapor (Shâhpuhr) II afin qu'il accorde la liberté de culte aux chrétiens de son royaume.

Personnellement, j'aurais sans doute été enclin à considérer cette anecdote comme une affabulation (parmi d'autres) du brave Eusèbe, mais puisque des historiens bien plus compétents que moi accordent foi à ce récit, force m'est de l'admettre également.

Voilà donc que qui semble s'être passé :

Dans les toutes dernières années du règne de Constantin le Grand (en 336 ou 337), le roi des Perses Sapor II envoya une ambassade auprès de l'empereur romain afin d'exiger de lui le rétablissement de la liberté du commerce du fer, minerai indispensable au réarmement de son royaume.

C'était un peu gros, car si les Perses réarmaient, ce ne pouvait guère être que contre Rome. Constantin répondit donc en exigeant une chose que ni le roi des Perses, ni surtout les mages zoroastriens qui l'entouraient, ne pouvaient consentir : la liberté de culte pour les chrétiens de Perse. Dans cette lettre, qui n'était rien d'autre qu'un ultimatum, qu'une déclaration de guerre déguisée, Constantin confessait sa foi chrétienne et affirmait que si, jadis, l'armée romaine de Valérien avait été vaincue en Mésopotamie, ce n'était qu'à cause de l'impiété de son chef. Mais maintenant - que Sapor se le tienne pour dit - l'empereur romain s'était converti à la vraie Foi et les légions de Rome étaient invincibles !

Les hostilités commencèrent aussitôt. Commandés par Hannibalien (neveu de Constantin), les Romains remportèrent quelques succès ; ils s'emparèrent notamment du harem du roi des Perses. Mais, très affaibli par la maladie, l'empereur romain ne voulut pas forcer la chance ; il signa la paix avec Sapor le jour de Pâques de l'an 337, juste quelques semaines avant de mourir.

Évidemment, après la mort de Constantin, ce qui devait arriver arriva… À cause de la lettre provocatrice de l'empereur romain, les Chrétiens de Perse furent considérés comme autant d'espions à la solde de Rome. Dès 340, Sapor promulgua un édit de persécution contre ces gens qui "habitent chez nous mais partagent les idées de César, notre ennemi". Cette cruelle persécution (que l'on appelle "le Grand Massacre") se prolongea jusqu'en 383.

constantin

Si vous voulez mon avis, le grand Constantin aurait mieux fait de tourner sept fois sa plume dans son encrier avant de l'écrire, cette fameuse lettre !

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18 Mai 2003

Éric a écrit : 

Il me semble avoir lu parmi vos réponses aux mails, une information fausse.

En effet, vous avez dit (Clic !) que César ne descendait pas de Mars, mais de Vénus ; or, la gens Iulia étant issue de Romulus, elle comptait les deux dieux parmi ses ancêtres.

RÉPONSE :

Bravo pour votre perspicacité !

Certes, je savais que la gens Iulia, dont faisait partie le grand Jules César, prétendait descendre de Iule, fils d'Énée, lui-même descendant de Vénus. Toutefois, j'ignorais totalement que cette famille revendiquait aussi pour ancêtres Romulus et Remus, les jumeaux nés de Mars et de la vestale Rhéa Silvia, descendante d'Énée, donc de Vénus…

Décidément le monde est petit !

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19 Mai 2003

Cédric a écrit : 

J'ai un site internet qui a pour but d'aider les prospecteurs dans leurs recherches et leur donner des conseils afin de nettoyer leurs trouvailles sans les détériorer :

www.invenio.fr.st

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