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| Sommaire
Mai 2003 :
- 1er Mai :
- Pourquoi sainte Hélène est-elle parfois
appelée "l'Égale des Apôtres" ? : Clic
!
- 2 Mai :
- 4 Mai :
- Pourquoi Caracalla n'est-il pas repris sur la liste des
"empereurs-enfants" ? : Clic !
- La mort de Caracalla : Clic
!
- 5 Mai :
- Connait-on le nombre de victimes du grand incendie de
Rome ? : Clic !
-
et le "bilan officiel" des persécutions
anti-païennes de Théodose ? : Clic
!
- 5 Mai :
- Encore et toujours à propos de ces descendants
d'empereurs romains
: Clic
!
- 5 Mai :
- À la recherche d'un gâteau romain : Clic
!
- Des liens pour d'antiques recettes : Clic
!
- 6 Mai :
- Quelques mots sur les prisons romaines : Clic
!
- 7 Mai :
- Pourpre, or, améthyste... et bleu : l'emploi et
la signification de certaines couleurs à Rome : Clic !
- 9 Mai :
- Le film Caligula de Tinto Brass (1977) est disponible
en DVD : Clic !
PAGE
SUIVANTE
- 10 Mai :
- Où trouver quelques infos sur la condition féminine
dans l'Antiquité romaine : Clic !
- 11 Mai :
- Un buste de Gordien III ? : Clic !
- 13 Mai :
- En quoi Marthe et Marie (surs de Lazare) seraient-elles
les "égales des apôtres" ? : Clic !
- 13 Mai :
- 15 Mai :
- Hypatie sans apathie ! : Clic !
- 18 Mai :
- Quelques précisions quant aux tableaux généalogiques
figurant dans ce site : Clic !
- Venissa (ou Genuissa) Julia, fille de Claude et reine
des Bretons : Clic !
- 18 Mai :
- Constantin se posa-t-il en protecteur des Chrétiens
de Perse ? : Clic !
- 18 Mai :
- Jules, descendant de Vénus
et de Mars ! : Clic !
- 19 Mai :
3e
PAGE
- 19 Mai :
- Pourquoi le grand Jules, d'ordinaire si résolu,
se laissa-t-il si trucider avec un tel tatalisme ? : Clic !
- 20 Mai :
- Des clowns romains en Chine ? : Clic !
- Verre mou contre empereur inflexible
: Clic !
- 23 Mai :
- À la recherche d'un Tertullus, consul au Ve siècle
ap. J.-C. : Clic !
- Les "forfaits" de saint Augustin : Clic !
- 25 Mai :
- 30 Mai :
- Webmaster pro Probus ? : Clic !
- Mai 2003 :
RECHERCHE
DANS LE SITE
"EMPEREURS ROMAINS"
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1er Mai 2003 |
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Bidzina
a écrit : |
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Ste Hélène
est parfois dite "l'égale des apôtres".
Je voudrais connaître votre
avis sur ce sujet. |
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RÉPONSE : |
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De prime abord, je pensais que l'appellation "égale
des apôtres" était propre à l'Église
orthodoxe. Cependant, je constate que certains sites, pourtant
des plus catholiques (par exemple : Clic
!), l'utilisent aussi pour qualifier la bonne sainte
Hélène.
D'où provient ce titre ?
À vrai dire, je ne suis pas sûr à 100
%, mais je crois que les chrétiens orthodoxes appelèrent
d'abord "isapostole", c'est-à-dire "égales
aux apôtres", les Saintes Femmes qui suivaient Jésus
(Marie Madeleine, Marthe, Marie-Salomé, etc). Ensuite,
ce titre fut conféré un peu arbitrairement
à divers saints ou saintes, sans qu'aucune règle
universellement admise ne préside à son attribution.
La liste de ces saints "égaux aux apôtres"
est donc susceptible de varier selon les branches de l'orthodoxe.
Par exemple, saint Vladimir (le premier souverain chrétien
de Russie) est "isapostolos" (= égal aux apôtres)
pour l'Église orthodoxe russe, mais ne l'est sans
doute pas (?) pour les Églises grecque, serbe, ou
roumaine
(à ce sujet, voyez ici : Clic
!)
Notez également qu'à l'instar d'Hélène,
sa sainte maman, l'empereur Constantin
fut lui aussi gratifié de ce titre glorieux. Oui,
vous avez bien lu : parce qu'il favorisa les Chrétiens
et reçut le baptême in articulo mortis,
le cruel Constantin, renégat, parjure, meurtrier
de son fils et de son épouse, est considéré
par certains comme "l'égal des apôtres" !
De tous, non
mais de Judas, peut-être bien
!
Comme dirait San Antonio : "Il a des coups de pied au culte
qui se perdent !" |
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| 2 Mai 2003 |
| Greg
a écrit : |
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| Mon site Web consacré
au monnayage de Probus est maintenant
à :
http://probvs.info
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4 Mai 2003 |
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Christine a écrit : |
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Je ne vois pas Caracalla
dans la liste des empereurs-enfants. Il existe pourtant
des pièces à son effigie à l'age
de neuf ans.
Et de quoi est-il mort à
29 ans ? |
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RÉPONSE : |
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Vous avez raison, Caracalla
n'est pas repris dans la courte liste
des "empereurs-enfants"
Mais c'est parce que
celle-ci ne prend en considération que ceux qui,
dès leur plus jeune âge, "régnèrent"
seuls (théoriquement s'entend) sur l'Empire romain
; et non ceux qui furent (tout aussi théoriquement)
associés au pouvoir par leur empereur de père
alors qu'ils étaient encore "dans les maillots
de l'enfance".
Notre Caracalla par exemple.
Né le 4 avril 188, son père, l'empereur
Septime
Sévère, le nomma César
(= empereur-adjoint) en 196 - il avait donc 8 ans -,
et des monnaies furent frappées à son effigie.
Le 28 janvier 198, Caracalla
fut promu au rang d'Auguste (= empereur), tandis
que son cadet Geta
prenait sa place de César. Mais, naturellement,
aucun de ces bambins, âgés respectivement
de 10 et 9 ans, ne régnait réellement :
tout le pouvoir restait concentré entre les mains,
ô combien fermes et autoritaires - de papa Septime
!
Ce ne fut que quand celui-ci mourut (en 211 ap. J.-C.)
que Caracalla s'empara effectivement des rênes de
l'État, d'abord avec Geta, puis seul après
qu'il eut assassiné ce frère détesté
(27 février 212). Il était alors âgé
de près de 24 ans
un peu vieux pour être
considéré comme un "empereur-enfant" !
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Quant aux circonstances -
rien moins qu'"impériales" - de la mort
de Caracalla,
je les ai brièvement évoquées
dans la notice biographique consacrée à
son successeur Macrin,
mais peut-être n'est-il pas inutile de compléter
ce récit tiré des Histoires
Hérodien, un écrivain à peu
près contemporain de ces événements.
En 217, après sa campagne victorieuse contre
les Parthes, Caracalla
fut curieux de connaître son avenir : deviendrait-il
un nouvel Alexandre le Grand, son modèle
? Mais, bien qu'il fut vaniteux, l'empereur n'en
était pas moins lucide. Jugeant les mages
et devins de son entourage trop serviles, il demanda
à un certain Maternianus, l'un de ses plus
fidèles amis, resté à Rome,
de consulter anonymement les meilleurs devins d'Occident.
On ne sait si l'ami en question "consulta" réellement
ou bien s'il se fit seulement l'écho de rumeurs,
mais toujours est-il qu'il adressa une lettre à
l'empereur où il lui enjoignait vivement
d'avoir à se méfier de Macrin,
son préfet du Prétoire, qui quoiqu'efféminé
n'en était pas moins ambitieux : "Tu feras
de vieux os et connaîtra un destin glorieux,
écrivit en substance Maternianus, si tu
te débarrasses au plus vite de ce Macrin
qui guigne ton trône comme une hyène
lorgne sur le festin du lion." |
Fatalité ! quand cette lettre arriva, enliassée
parmi un tas d'autres qui semblaient de peu d'intérêt,
Caracalla, empereur sportif malgré sa petite taille,
était tout occupé à une course de
char. Estimant avoir mieux à faire que de s'occuper
des affaires de l'État, il confia la liasse de
correspondances à
Macrin, à charge
pour lui de dépouiller tout ce fatras pour ne l'informer
que de l'essentiel ! Je vous laisse à imaginer
la tête du préfet du prétoire quand
il lut que le complot qu'il ourdissait depuis des semaines
y était décrit par le menu
Prenons maintenant la prose d'Hérodien :
| "Tombant alors sur la lettre qui le condamne
à la mort, il (= Macrin) voit qu'un
danger manifeste le menace. Et comme, il connaissait
l'irascibilité et les penchants sanguinaires
qui animaient Antoninus (= Caracalla) à
la lecture de telles lettres et qu'il saisissait
l'excellent prétexte que celle-là
fournirait à l'Empereur, Macrin l'enlève
du paquet tandis que, pour les autres, il fait
savoir à Antoninus qu'elles sont ordinaires.
Il craignait cependant que Maternianus n'expédiât
une seconde lettre. Il voulut donc agir plutôt
que de rester dans une dangereuse expectative
et élabora l'audacieux plan que voici.
Il y avait un centurion, du nom de Martialis,
qui appartenait à la garde personnelle
d'Antoninus et le suivait partout. Macrin le fit
venir (
) et le persuada de guetter
une occasion favorable pour tramer un complot
contre Antoninus. (
)
Or quelque temps après cette concertation,
il arriva qu'Antoninus, alors à Carrhes,
en Mésopotamie, voulut quitter son camp
et se rendre au temple de la Lune, que la population
locale entoure d'une vénération
toute particulière. Ce temple se trouvait
assez loin de la cité pour que sa visite
nécessitât les apprêts d'un
voyage. Aussi Antoninus, qui se refusait à
tourmenter la totalité de l'armée,
n'effectua-t-il cette visite qu'avec quelques
cavaliers, afin de pouvoir revenir dès
la fin du sacrifice qu'il offrirait à la
déesse. Saisi, au milieu de la route, de
douleurs au ventre, il invita tous ses compagnons
à rester à distance et les quitta,
accompagné d'un seul serviteur, pour mettre
un terme aux embarras qu'il ressentait. Tous s'écartèrent
donc et se tinrent le plus loin possible de lui,
par respect et par bienséance. Martialis,
qui guettait toutes les occasions, constata qu'Antoninus
se trouvait à ce moment-là tout
seul. Il court alors vers l'Empereur, comme si,
d'un signe, ce dernier l'avait appelé pour
l'entendre ou lui parler, le surprend tandis qu'Antoninus,
le dos tourné, fait glisser ses vêtements
le long de ses cuisses, et le frappe avec un poignard
qu'il tenait caché dans ses mains. Le coup,
porté à la clavicule, fut mortel,
et Antoninus mourut à son insu, sans même
pouvoir se défendre." (Hérodien,
Histoire des empereurs romains de Marc Aurèle
à Gordien III, livre IV, 12-13, trad.
Denis ROQUES, Les Belles Lettres, coll. La roue
à livres, 1990). |
Voilà ce qui s'appelle mourir sur son trône
! |
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5 Mai 2003 |
| Benjamin
(Voir ici : Clic
!) a écrit : |
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Il n'y a aucun chiffre "officiel"
pour les victimes de l'incendie de Rome en 64 après
J.C., à combien les estimez-vous ?
Sous le règne de Gratien
et de Théodose, une déferlante de répression
s'est abattue sur les païens, idem pour les victimes
? |
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RÉPONSE : |
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Il est rigoureusement impossible de donner une estimation
chiffrée - même approximative - du nombre
de victimes de l'incendie de Rome. Tacite, le seul
historien antique qui relate cette catastrophe avec un
tant soi peu de détails, ne mentionne que les dégâts
matériels (voir : Annales,
XV, 40).
Et pour savoir combien de païens tombèrent
lors des répressions ordonnées par Gratien
et Théodose,
il faudrait disposer de sources historiques non chrétiennes.
Or, quand elles existent, celles-ci ne parlent jamais
des persécutions, ni celles dirigées contre
les chrétiens, ni celles dirigées contre
les païens. La censure impériale veillait
avec ses longs ciseaux !
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5 Mai 2003 |
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Philippos2003 a écrit : |
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Objet : Descendant d'empereur
romain.
Il y a peu de familles qui peuvent
faire remonter sûrement leur généalogie
jusqu'à l'Antiquité. Je connais la Maison
de Bourbon qui remonte à Clovis (donc toutes les
familles apparentées, royales, nobles ou non),
la maison royale de Géorgie (les princes Bagration),
la maison impériale japonaise (moins sûr
que la généalogie soit vraiment selon le
sang et non adoptive).
Cela fait quand même du monde
De toute manière nous avons
tous un ancêtre qui vivait à l'époque
de Cro-Magnon donc aussi aux temps des empereurs romains
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RÉPONSE : |
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Je ne connais pas la généalogie des
rois de Géorgie, ni celle des empereurs nippons
(leur premier ancêtre n'est-il pas issu du soleil
et de la lune ?). En ce qui concerne la maison de Bourbon,
ce dont on est sûr, c'est qu'elle descend de Robert
de Clermont (1256 - 1318), dernier fils de saint Louis,
et qu'elle peut donc, par celui-ci, se relier à
Hugues Capet (début du Xe siècle), comte
de Paris puis Duc de France. Jusque-là, c'est (à
peu près) bétonné, mais cela se complique
dès que l'on veut remonter plus haut ! De qui descendait
le grand Hugues Capet ? D'un noble carolingien, qui serait
lui-même un descendant des rois mérovingiens,
et qui se pourrait se rattacher par là à
Clovis ?
Ou d'un boucher parisien comme le veut
une légende dont le "divin" Dante se fit l'écho
?
Tout cela est hautement conjectural.
Pour le reste, je suis à fait d'accord avec vous.
Nous avons tous un ancêtre qui vivait au temps des
Romains
mais ce n'était pas nécessairement
l'empereur lui-même. Et quand bien même ce
le serait, personne ne pourrait jamais le prouver avec
certitude !
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5 Mai 2003 |
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Natacha a écrit : |
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Ma demande va vous paraître
quelque peu étrange, mais je n'ai pas assez de
documentation sur ce sujet. Voilà, je suis enseignante
en latin et j'aimerais faire goûter à mes
élèves un gâteau traditionnel de
l'Antiquité romaine. Pourriez-vous s'il vous
plaît me donner une recette qui puisse leur plaire
ou me donner les références d'une documentation
intéressante sur la cuisine antique romaine.
Je vous en remercie. |
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RÉPONSE : |
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Ça risque de les changer du "Macdo", votre
gâteau "à la mode d'Apicius" !
Personnellement, je ne dispose pas de recettes culinaires
romaines, mais j'ai trouvé sur le Net quelques
sites où vous pourrez sans doute trouver ce que
vous recherchez. Malheureusement, la plupart de ces textes
sont en anglais
mais si vous maîtrisez moins
bien la langue de Shakespeare que celle de Cicéron,
nul doute qu'un de vos collègues se fera un plaisir
de vous aider à traduire la recette que vous aurez
choisie.
Voici donc ces pages gastronomiques (liste vérifiée
et complétée le 25/01/04) :
- perso.wanadoo.fr/o.dournes - Le pâté
de roses (en latin + vocabulaire du texte) : Clic
!
- cvco.org - Latin food - Index des recettes : Clic
! - avec en particulier :
- les Butryri crustula - Cookies au beurre : Clic
!
encore que je crois savoir que les
maîtres-queux romains dédaignaient
superbement le beurre, et ne pâtissaient qu'à
l'huile d'olive.
- Une tarte au sésame, miel et fromage blanc
: Clic
!
- mit.edu - Antique roman dishes collection : Clic
! - De nombreuses recettes, mais, à première
vie, pas beaucoup de gâteaux.
- The Roman orgy page : Clic
!
Et pour approfondir le sujet :
- Le "De Re coquinaria" d'Apicius - Texte latin : Clic
!
- ac-orleans-tours.fr
- Autour d'Apicius - les repas à Rome (recettes
- textes latins) : Clic
!
- Liens - Banquet latin : Clic
! - Vous y trouverez aussi les références
d'un livre qui, paraît-il, fait autorité
en matière de cuisine romaine antique.
- Et enfin, sur ce site, quelques liens sur la gastronomie
romaine (en général) : Clic
!
J'espère que vous trouverez votre bonheur
(et ferez celui de vos élèves !
) grâce
à l'un ou l'autre de ces bons vieux petits plats
qui, de mon côté, m'ont mis l'eau à
la bouche. |
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6 Mai 2003 |
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Michel
ELOY a écrit : |
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(
) J'ai remarqué
qu'à l'écran, quantitativement, les prisons
étaient plus fréquentées (par les
chrétiens évidemment) que les thermes !
D'où mon questionnement : la Mamertine, cet infâme
cul de basse-fosse, n'était certainement pas l'unique
lieu de détention. La logique filmique suggère
que les cachots étaient souvent des dépendances
des amphithéâtres, chrétiens et gladiateurs
passant dans l'arène sans transition. Dans GLADIATOR,
par contre, Maximus "loge" au LUDUS MAGNUS, la caserne
des gladiateurs : c'est en passant de l'un à l'autre
qu'il est abordé, dans la rue, par son ancien secrétaire.
Avez-vous des éclairages sur d'autres lieux de
relégation à Rome, outres les ergastules
privées ?
Au cinéma, c'est toujours
le même décor qui sert dans tous les films
: vastes cellules voûtées, avec de larges
grilles, des meubles de bois mal dégrossis. Mettez-y
quelques soldats en uniformes du premier Empire ou coiffés
du morion, et vous aurez au choix une geôle napoléonienne
ou un cachot de l'Inquisition. Des légionnaires
romains ? Et voilà Fabiola ou Lygie prêtes
à affronter le martyre. |
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RÉPONSE : |
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Si vous avez lu (ce dont d'ailleurs je ne doute nullement)
le Néropolis d'Hubert Monteilhet, vous vous
souvenez probablement que cet auteur, aussi ingénieux
et malicieux que généralement fort documenté,
écrit quelque part (mais je n'ai pas eu le courage
de rechercher exactement où) que Rome ignorait
la détention préventive. C'est ainsi que
Monteilhet y évoque saint Paul assigné à
résidence sous le régime de la custodia
militaris en attendant son procès, mais montre
la belle Séléné, convaincue du meurtre
de son maître, internée au vivarium
d'Ostie en attendant son exécution. Et la fin du
roman, c'est dans le célèbre Tullianum où
il a été enfermé après sa
condamnation à mort que le jeune Kæso tient
compagnie à un saint Pierre quelque peu paniqué
à l'idée de son imminente crucifixion
En dehors du domaine romanesque, j'ai trouvé dans
un intéressant petit livre que je viens d'acquérir
un non moins intéressant petit articulet sur les
prisons romaines. Le voici :
| "La
peine de prison est rarement prononcée
à Rome contre des citoyens car, au civil,
les condamnations sont pécuniaires et,
au pénal, il n'y a que deux catégories
de peines, la mort et l'exil. De même leur
épargne-t-on généralement
la prison préventive. car une fuite avant
le procès est considérée
comme un aveu de culpabilité : les prévenus
étaient confiés a la garde de particuliers.
Selon Juvénal (3, 312--314), il n'y eut
longtemps qu'une prison à Rome: c'était
le Tullianum ou prison Mamertine, au pied du Capitole,
où furent incarcérés et exécutés
Jugurtha, les complices de Catilina, Vercingétorix,
et bien d'autres. Sous l'Empire, la situation
semble avoir changé, mais nous n'avons
en fait aucun renseignement précis ni sur
la criminalité ni sur l'emprisonnement.
Les prisonniers de guerre n'étaient pas
incarcérés : ils étaient
vendus comme esclaves ou exécutés.
Il existe enfin une sorte de prison régulière,
les ergastules, où l'on enferme le soir
les esclaves des grandes propriétés
rurales."
(in Dictionnaire de l'Antiquité grecque
et romaine, article Prison, sous la
direction de Jean-Paul Thuillier, Éditions
Hachette, 2002).
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Le même petit dictionnaire précise aussi
(article Justice) que "sous l'Empire, l'essentiel
du pouvoir juridictionnel passe progressivement à
l'Empereur, mais il le délègue, notamment
aux préfets de la ville ou du prétoire".
Il me semble donc probable que les prévenus étaient
incarcérés tout près de l'endroit
où ils allaient être jugés. À
mon avis, des cellules devaient être aménagées
dans les caves des bâtiments qui abritaient les
préfectures du prétoire ou de la ville
N'en existe-t-il pas encore aujourd'hui au sous-sol du
Palais de Justice de Bruxelles ? Mais, naturellement,
je ne dispose d'aucune preuve, ni historique ni archéologique,
qui me permette d'étayer cette hypothèse
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7 Mai 2003 |
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Maryline
a écrit : |
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Voilà, je me pose une
question par rapport à un texte dans lequel l'auteur
insiste principalement sur deux couleurs : le pourpre
et le dorée.
Dans la mesure où il s'agit
d'une histoire se déroulant à l'époque
de Néron, pourrait-on supposer que ces deux couleurs
sont symboliques du pouvoir et de la richesse ?
En fait, je me demande si les Romains
avaient un "code "des couleurs, il me semble me rappeler
qu'une bande de pourpre se trouvait sur certaines toges.
D'autre part, il est dit dans ce texte que la couleur
améthyste est interdite aux mortels et réservée
aux dieux
J'aimerais en savoir plus sur ce
sujet, j'espère que vous pourrez m'éclairer
sur l'emploi des couleurs dans l'Antiquité. |
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RÉPONSE : |
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Sans être un grand expert ès signification
des couleurs dans l'Antiquité romaine, je crois
que l'on peut effectivement affirmer que la couleur pourpre
symbolisait le pouvoir, et la couleur dorée, la
richesse (l'un étant souvent lié à
l'autre, aussi bien dans la Rome antique que de nos jours).
Le premier volume de Murena, la célèbre
- et excellente - bande dessinée "des temps néroniens",
s'intitule d'ailleurs La Pourpre et l'or (voir
ici : Clic
!)
Tout un programme !
La pourpre étant symbole de pouvoir, les
sénateurs romains portaient le laticlave,
c'est-à-dire une tunique ornée d'une large
bande ("latus clavus") de pourpre qui courait de
l'ourlet avant à l'ourlet arrière en passant
par les épaules. Les chevaliers, eux, n'avaient
droit qu'à l'angusticlave, tunique à
bande de pourpre étroite ("angustus clavus").
Quant aux jeunes gens de naissance libre, ils portaient
la toge prétexte, ourlée de pourpre, jusqu'à
ce qu'ils revêtent la toge virile (uniformément
blanche) le jour où, atteignant la majorité
civile, ils devenaient citoyens à part entière.
Cependant, la toge prétexte n'était pas
strictement réservée aux jeunes gens : certains
prêtres et certains magistrats la revêtaient
aussi dans l'exercice de leurs fonctions. Toujours cette
symbolique du pouvoir
Pourpre aussi la cape des imperators
Suétone (Vie
de Caligula, 35) rapporte que Caligula
fit assassiner son cousin Ptolémée, roi
de Maurétanie, uniquement parce qu'il aurait été
jaloux de son beau manteau de pourpre. Mais en fait, ce
n'était pas la coquetterie de l'empereur que Ptolémée
avait humiliée, c'était son autorité
! Ce vêtement était réservé
aux triomphateurs, et, depuis Germanicus, seul l'empereur
avait droit au triomphe. En s'exhibant paré de
son bel habit d'apparat, ce n'est donc pas seulement en
matière d'élégance que le roi de
Maurétanie se posait en rival de Caligula ; il
affichait surtout ses prétentions au trône
impérial ! Cependant, il est fort probable que
l'éclat doré des richesses du royaume de
Maurétanie (que Caligula finit par annexer à
l'Empire) pesa autant sur son verdict fatal que l'éclat
pourpre du beau manteau de son fastueux cousin
Cette histoire d'allergie de Néron
à la couleur améthyste se trouve
dans la biographie que l'ineffable Suétone - encore
lui - consacre à l'empereur-artiste (Vie
de Néron, 32). Mais je vous avoue n'avoir
pas réussi trouver la conformation que le violet
était "réservé aux dieux", bien qu'il
me semble avoir lu cela quelque part moi aussi
mais
où ?
Puisque les couleurs semblent vous intéresser,
si vous avez vu l'excellent film Gladiator, vous
vous souvenez peut-être que le cruel empereur Commode
y apparaissait vêtu d'un superbe manteau bleu qui,
s'il avait été semé de fleurs de
lys, aurait fait pâlir d'envie les Roys de France
le jour de leur sacre ! Le choix de cette couleur m'avait
paru bizarre car je me souvenais avoir lu que les anciens
Romains étaient, en quelque sorte, "aveugles au
bleu". En farfouillant à la recherche d'infos pour
répondre à votre courrier, j'ai retrouvé
ce texte, et je vous le communique, au cas où il
vous intéresserait :
| "Envisagée dans la longue durée,
l'histoire de la couleur bleue
au sein des sociétés occidentales
est celle d'un complet renversement des valeurs.
Pour les peuples de l'Antiquité classique,
effet, cette couleur compte peu. Or aujourd'hui
le bleu est de loin la couleur préférée
de tous les Européens, quel que soit leur
pays d'origine. (
)
Ce qui est certain, (
) c'est que ce
goût immodéré des Européens
pour le bleu ne remonte nullement à «
une lointaine Antiquité ». Il date
du Moyen Age central, et plus précisément
des XIIe -XIIIe, siècles. On peut même
parler pour cette époque d'une véritable
« révolution bleue ».
Dans l'Antiquité gréco-romaine,
le bleu est une couleur généralement
peu appréciée et dont on fait un
usage modéré. Pour les Romains,
par exemple, le bleu est la couleur des Barbares,
notamment des Celtes et des Germains. Non seulement
parce que ceux-ci ont souvent les yeux bleus -
ce qui à Rome est dévalorisant -
mais aussi parce que, chez plusieurs peuples de
Gaule, de Bretagne et de Germanie, certains guerriers
ont coutume de se peindre le corps en bleu avant
de partir au combat. Pour ce faire, ils emploient
de la guède, plante dont ils tirent une
matière colorante leur servant à
se peindre le corps et à teindre leurs
vêtements. À Rome, personne ne s'habille
de bleu ; ce serait extravagant. Aux dires de
César et de Tacite, ce bleu un peu grisé
donne à ces guerriers barbares un aspect
« fantomatique » qui effraie leurs adversaires.
Le vocabulaire lui-même souligne cette
méfiance ou ce désintérêt
des Romains pour la couleur bleue. Dire « bleu »
en latin classique n'est pas un exercice facile.
Il existe certes un grand nombre de mots, mais
aucun ne s'impose vraiment. Tous sont en outre
polysémiques et expriment des nuances imprécises.
Ainsi le mot cæruleus, le plus fréquent
pour dire bleu à l'époque impériale,
désigne à l'origine la couleur de
la cire. Les frontières entre bleu et noir,
bleu et vert, bleu et gris, bleu et violet et
même bleu et jaune restent floues et perméables.
Il manque au latin un ou deux termes de base qui
permettraient d'asseoir solidement le champ lexical,
chromatique et symbolique du bleu, comme cela
se fait sans difficulté aucune pour le
rouge, le vert, le blanc et le noir. Cette imprécision
du lexique latin des bleus explique du reste pourquoi,
quelques siècles plus tard, toutes les
langues romanes seront obligées de solliciter
deux mots étrangers au latin pour construire
leur vocabulaire dans la gamme de cette couleur
: d'un côté un mot germanique (blau),
de l'autre un mot arabe (azur)
" .
(Michel PASTOUREAU, La révolution des
couleurs ou le triomphe du bleu, in revue
L'Histoire, N° 229 - Février
1999 - pp. 62 - 64). |
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| 9 Mai 2003 |
| Francis
Moury a écrit : |
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| (...) J'écris
régulièrement des critiques
cinématographiques sur dvdrama.com
Je vous signale que
dvdrama.com
qui est le premier site français (par
son audience en termes de connexions) consacré
aux DVD a organisé il y a peu un concours
à l'occasion de la réédition
par un distributeur français en "zone
2" du film Caligula (1977) en
édition "prestige" (1 DVD) et "collector"
(coffret 2 DVD). (voir : ici : Clic
!)
Je vous tiendrai au
courant tous deux lorsque le "test" desdits
coffrets sera paru sur dvdrama.com
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NOTE DU WEBMASTER
(1er Juillet 2003)
Les commentaires de Francis
Moury sont maintenant disponibles sur dvdrama.com
:
- Caligula - Collection Prestige :
Clic
!
- Caligula - Coffret Collector : Clic
!
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CALIGULA
(1979)
Péplum atypique, film-culte, Caligula
fut surtout un champ de bataille entre les producteurs,
le scénariste et le réalisateur
qui chacun voulurent tirer la couverture à
soi. Il nous reste un film étrange, fascinant
dans ses outrances, l'étonnante illustration
d'un des ouvrages latin les plus connus du public,
La Vie des Douze Césars.
Mais l'Histoire y a-t-elle gagné ?
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