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Sommaire Avril 2003 :

  • 10 Avril 2003 :
    • Marc Aurèle est-il l'auteur de la "Prière de la sérénité" ? : Clic ! 
  • 14 Avril 2003 :
    • Qui était Symmaque ? : Clic !
  • 18 Avril 2003 :
    • Sainte Blandine, martyre de gré, ou de force ? : Clic !
    • Quelques petites infos sur Arbogast : Clic ! 
  • 19 Avril 2003 :
    • Descendants d'empereurs romains : les illusions perdues d'un sympathique internaute : Clic ! 
  • 22 Avril 2003 :
    • Quel est cet auteur latin tardif qui dénonça avec tant de verve les perversions de l'ancien système éléctoral romain ? : Clic !
    • … il s'agit en fait de Claudius Mamertinus ! : Clic ! 
  • 22 Avril 2003 :
    • Pourquoi Tibère rappela-t-il Germanicus à Rome ? Pourquoi Tacite dégoise-t-il tant de médisances sur ce pauvre Tibère ? : Clic !
    • Quel fut le rôle de Drusus, fils de Tibère, après la mort de Germanicus ? : Clic !
    • Quels écrits de Julien dit "l'Apostat" sont-ils parvenus jusqu'à nous ? : Clic !  

PAGE SUIVANTE 

  •  24 Avril 2003 :
    • Quelques petites remarques sur l'Apocalypse, "de Jean"… ou de Jésus ! : Clic !
  • 26 Avril 2003 :
    • Qui étaient les "principaux acteurs" des théâtres romains ? : Clic ! 
  • 26 Avril 2003 :
    • Germanicus et le film "Gladiator" - La liberté de ton des écrivains romains : Clic ! 
  • 27 Avril 2003 :
    • À la recherche d'un prototype romain du Grand Leader de l'Occident chrétien : Clic !
  • 27 Avril 2003 :
    • Mise à jour du site Civitas-fr.com : Clic !
    • Qui étaient les "Circoncellions" ? : Clic !
    • Quelles "sources" pour l'histoire de l'Église dans l'Antiquité tardive ? : Clic !
  • 28 Avril 2003 :
    • Que devint (Grande-)Bretagne romaine au Ve siècle ? : Clic !
    • Qui était Ambrosius Aurelianus ? : Clic !
  • Avril 2003 :
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"EMPEREURS ROMAINS"
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10 Avril 2003

M.C. a écrit : 

Je cherche désespérément le texte original de la "prière" de Marc Aurèle : "O dieux, donnez-moi la sérénité d'accepter ce que je ne puis changer, le courage de changer ce que je puis et la sagesse d'en connaître la différence."

Ayant parcouru les Pensées pour moi-même, cette prière ne semble pas en faire partie. Je suis très ignorante du monde antique, il me semble que Marc Aurèle écrivait en grec, et je cherche donc le texte dans sa "mouture" originale (grec ou latin ?), et d'où il est extrait.

Beaucoup de recherches sur le Web ont été infructueuses, car si je trouve bien la citation traduite très différemment, je ne sais quel en est le texte de référence (il y a même un pasteur américain qui s'en dit l'auteur…).

RÉPONSE :

Quoique très sympathique, votre mail me plonge dans un abîme de perplexité…

Je ne connaissais pas cette édifiante prière (excusez le quasi-pléonasme) qui, me dites-vous, serait née de la plume de Marc Aurèle.

Effectivement, mis à part l'appel à l'intercession de dieux un peu trop "interventionnistes" pour un stoïcien tel que l'empereur-philosophe, cette paternité semble plausible. Cependant, comme vous l'avez d'ailleurs remarqué vous-même, cette fameuse prière ne figure pas dans les Pensées pour moi-même. Or, mis à part quelques lettres à son précepteur Fronton, ce petit recueil constitue la seule œuvre que nous ayons conservée de ce grand homme et grand empereur.

Alors quoi ?…

Et bien alors, j'ai fait comme vous, j'ai cherché sur Internet… Et j'ai bien dû constater que l'attribution de ce texte à Marc Aurèle ne va pas de soi, que du contraire. En effet, la plupart des sites (sérieux) que j'ai consultés expliquent clairement que c'est erronément que cette fameuse Prière de la sérénité a été attribuée soit à l'empereur-philosophe, soit à saint François d'Assise. En réalité, elle aurait été écrite par un pasteur américain, le révérend Reinhold Niebuhr (voir ici : Clic !), et publiée pour la première fois en 1935.

Naturellement, dans cette version "originale" anglaise, Dieu est au singulier - nous ne vivons plus au temps des païens, que diable ! - : "God, give us grace to accept with serenity the things that cannot be changed, courage to change the things which should be changed, and the wisdom to distinguish the one from the other."

Personnellement, malgré toute mon admiration pour la sagesse Marc Aurèle, je ne vois aucune raison de douter de l'exactitude de ces renseignements que vous semblez pourtant considérer comme assez fantaisistes.

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14 Avril 2003

Benjamin (Voir ici : Clic !) a écrit : 

Je suis à la recherche d'une documentation sur le Sénateur SYMMAQUE.

Pouvez-vous me renseigner ?

RÉPONSE :

Comme je le craignais un peu, le Web francophone ne n'est pas très riche en infos sur ce brave Symmaque. Heureusement, les sites anglais (et ma documentation personnelles) sont plus diserts. Voici, en résumé, ce que j'ai pu glaner à son sujet :

Symmaque (Quintus Aurelius Symmachus - vers 345-402) appartenait, comme son nom latin l'indique, à une ancienne patricienne, la gens (= famille) Aurelia. Son père (Lucius Aurelius Avianius Symmachus) était déjà un homme politique influent. Entre autres postes importants, il fut préfet de Rome en 364, et en remerciement des services rendus à l'État, le Sénat fit ériger une statue dorée à son effigie.

Notre Symmaque, lui, fut, tant sur le plan politique que littéraire, le dernier grand représentant du paganisme moribond. Éduqué en Gaule, il exerça les fonctions de préteur et de questeur avant d'être nommé préfet d'Afrique (du Nord) en 373. À Rome, son prestige, sa richesse, ses vues politiques élevées ainsi que son éloquence firent de lui le champion du parti païen du Sénat.

En 382, l'empereur Gratien, en bon souverain chrétien qu'il était, ordonna que l'autel de la Victoire fut enlevé du Sénat. Symmaque protesta et fut banni de Rome. Deux ans plus tard, Gratien fut assassiné à Lyon. Symmaque revint d'exil, fut promu au poste de préfet de la Ville de Rome, et profita du changement de règne pour implorer l'empereur Valentinien II de permettre le relèvement de ce fameux Autel de Victoire. Cette requête, qui nous a été conservée, ne manque ni d'éloquence ni d'habileté, bien que le sénateur païen soit constamment contraint de "marche sur des œufs" afin d'éviter d'offenser la sensibilité chrétienne du jeune souverain. Par exemple, il fait intervenir la ville de Rome elle-même sous les traits d'une vieille matrone viscéralement attachée à de vieilles marottes, jadis respectables, aujourd'hui résolument obsolètes, certes, mais dont il serait cruel (et dangereux pour sa santé) de la priver : "César, laisse-moi continuer ces pratiques que je révère, fait dire Symmaque à sa Rome incarnée. Puisque je suis née libre, laisse-moi jouir de mes institutions domestiques ! Ma religion a soumis l'univers à mon empire. Mes pieuses cérémonies ont chassé Hannibal de mes portes et les Gaulois du Capitole. Feras-tu à mes cheveux blancs cette cruelle injure ? Je ne sais rien de ce nouveau système que tu me proposes, mais ce dont je suis sûr, c'est qu'en voulant corriger la vieillesse, tu entreprends une tâche ingrate, fastidieuse et peu glorieuse".

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La requête de Symmaque ne rencontra pas le succès escompté. Son éloquence se brisa contre celle - non moins persuasive - de l'évêque de Milan, le grand saint Ambroise, en ce temps-là la plus éminente autorité chrétienne d'Occident. De plus, et comme pour mieux enfoncer les thèses chrétiennes dans le crâne quelque peu débile du jeune empereur Valentinien II, le poète Prudence se fendit également d'une réfutation poétique des thèses de Symmaque. (NB : vous trouverez des extraits de ces textes sur cette page de l'excellent site Maquette de Rome de l'Université de Caen : Clic !).

L'Autel de la Victoire ne fut jamais restauré. Les victoires romaines - de plus en plus rares, il faut le noter (sans y voir aucune relation de cause à effet, bien sûr) - furent désormais dédiées non plus aux idoles, mais au Christ, et à travers lui, sans doute plus précisément à Sabaoth, le Dieu hébreu des armées.

Quand l'usurpateur Maxime envahit l'Italie afin de détrôner Valentinien II, Symmaque se rallia à sa cause. Il est vrai que Maxime persécutait davantage les hérétiques chrétiens que les païens…
Choix du mauvais cheval ! Maxime fut finalement vaincu par Théodose le Grand. Toutefois, bien que celui-ci fût un chrétien fanatique (qui n'allait d'ailleurs pas tarder à interdire définitivement les cultes païens), et quoique la magnanimité ne fût pas sa vertu la plus signalée, il pardonna pourtant à l'éloquent patricien romain.

Il avait eu chaud, le Symmaque !

Cette alerte ne le dégoûta pourtant pas de la politique. Il fut consul ordinaire pour l'année 391 et semble avoir poursuivi ses activités jusqu'à sa mort, que l'on peut situer vers 402, date de ses dernières lettres.

Malgré son conservatisme aristocratique, Symmaque apparaît comme un personnage plutôt sympathique : sa correspondance (plus de 900 lettres ont été conservées, mais elles ne sont pas toutes très intéressantes, loin de là) le montre honnête, affable, fidèle en amitié… mais un peu verbeux à la manière des rhéteurs de son époque.

(Sources principales : encyclopedia.org : Symmachus - Edward GIBBON, Histoire du Déclin et de la Chute de l'empire romain)

 

Benjamin Gras réécrit : 

Me voilà de retour avec deux nouvelles demandes.

1. Blandine s'est livrée d'elle où a t elle été arrêtée ?

RÉPONSE :

Rappelons tout d'abord que l'histoire des martyrs de Lyon (saint Pothin, sainte Blandine, etc), exécutés dans la capitale des Gaules à la fin du règne de Marc Aurèle, ne nous est connue que par l'Histoire Ecclésiastique d'Eusèbe de Césarée. Cet auteur, qui écrivait au début du IVe siècle, y reproduit une lettre que les chrétiens survivants de Lyon et de Vienne, auraient adressée à leurs coreligionnaires d'Asie mineure juste après les tragiques événements lors desquels leurs compatriotes lyonnais témoignèrent de leur Foi en Christ.

Mais si l'auteur, anonyme, de la lettre reproduite par Eusèbe est assez prolixe dès qu'il s'agit de relater les divers supplices infligés aux pauvres martyrs, et presque intarissable pour célébrer la magnanimité, la longanimité, et le courage de ces "athlètes de la Foi", il reste assez flou sur les événements qui précédèrent la comparution des futurs martyrs devant leur juge romain, et fort taiseux sur les motifs réels de leur condamnation. Il semble toutefois indiquer que la répression brutale fut précédée d'une montée progressive de l'animosité des païens envers les chrétiens : "Notre ennemi commun (= le Démon) a rassemblé toutes ses forces contre nous ; mais ayant formé le dessein de notre perte, il y a travaillé peu à peu, et il a commencé d'abord à nous faire sentir quelques marques de sa haine (…) Il a accoutumé insensiblement ses ministres (= les Romains) à haïr les serviteurs de Dieu (…). Non seulement on les chassait des maisons, des bains, de la place publique, mais on se souffrait pas même qu'aucun parût en aucun lieu".

Ce climat malsain mit la puce à l'oreille de certains Chrétiens qui s'empressèrent de mettre les voiles, de quitter cette ville de Lyon dont le pavé devenait de plus en plus en plus brûlant à leurs sensibles orteils. Quant aux autres, les plus courageux ou les plus inconscients, - "ces généreux soldats de Jésus-Christ", comme les qualifie l'auteur de la lettre - il semble qu'ils furent appréhendés lors d'une vaste rafle, accompagnée d'un pogrom populaire : "Ils ont essuyé avec une constance admirable les clameurs d'un peuple, ses emportements, sa férocité : ils ont souffert d'être frappés, traînés sur le pavé, dépouillés de tous leurs biens, accablés sous des monceaux de pierres, jetés dans des prisons obscures ; en un mot, ils ont éprouvé tout ce qu'une populace brutale et livrée à l'esprit de haine aurait pu entreprendre contre les ennemis les plus conjurés à sa ruine".

Le texte ne le précise pas, mais il paraît logique de penser que Blandine, simple esclave, fut "raflée" en même temps que sa maîtresse - sans doute avec toute la "familia" de celle-ci. En effet, la lettre atteste que la maîtresse de Blandine "combattait parmi les autres martyrs" et qu'elle craignait que cette jeune vierge, cette frêle enfant, manquât de courage pour affronter chrétiennement les horribles supplices que les persécuteurs ne manqueraient pas lui infliger. Elle "ne pouvait dissimuler la crainte où elle était, que la complexion délicate de son esclave venant à succomber sous la violence des tourments, elle manquât de force pour confesser J.-C.. Mais son grand cœur soutint de telle sorte la faiblesse de son corps que les bourreaux, qui, depuis le matin jusqu'au soir, se relayant sens cesse, avaient épuisé sur elle tout ce que leur cruauté leur avaient suggéré de supplices différents, se virent contraints de se rendre et de s'avouer vaincus par une fille, ne pouvant concevoir comment une âme pouvait demeurer encore dans un corps si déchiré et percé de toutes parts".

"Dieu soit loué !" dut se dire in petto la douce maîtresse de sainte Blandine !

N.B. : Les citations de la lettre des Martyrs de Lyon sont extraites de Soliloques de Marc Aurèle, Livre de Poche n°4650, trad. Jean-Louis Grateloup.

2. Quelques renseignements concernant les empereurs Eugène et Arbogast.

RÉPONSE :

Une notice biographique complète est consacrée à l'usurpateur Eugène : Clic !. Mais comme celui-ci ne fut finalement qu'un fantoche entre les mains d'Arbogast, ce général franc devenu général en chef des armées romaines est également évoqué dans cette page.

Arbogast proclama empereur Eugène parce que ses origines barbares lui interdisaient d'assurer lui-même le remplacement de l'empereur légitime Valentinien II qu'il venait d'assassiner. Ce général ne fut donc jamais "empereur" même s'il fut, de fait, pendant quelques années, le maître réel de l'Empire romain d'Occident. Il se suicida après la bataille du Frigidus (septembre 394) où l'armée "romaine" de Théodose (composée en fait de barbares orientaux) écrasa ses propres légions "romaines", formées en majeure partie d'autres barbares, occidentaux ceux-là !…

C'est là à peu près tout ce que l'on sait de ce personnage.

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19 Avril 2003

Marc a écrit : 

Je ne sais pas si j'aurai une réponse, mais ce n'est pas le but recherché, donc, au fond, je n'en attends pas. D'autant plus que la question qui me turlupine depuis des années a trouvé sa réponse dans les pages de ce site.

Certes, elle m'a un peu fait descendre de mon petit nuage mais elle est au fond tellement logique. Mon interrogation portait sur d'éventuels descendants d'empereurs romains qui seraient parmi nous. Même si ceux qui s'en revendiquent ne peuvent en apporter une preuve formelle, cela permet un peu d'y croire et de rêver à une actuelle continuité de cette passionnante histoire. Statistiquement c'est possible, n'est-ce pas ?

RÉPONSE :

Même si mes pages sur les Empereurs romains vous ont fait chuter (pas trop lourdement j'espère) de votre douillet petit nuage d'illusions, je suis ravi d'apprendre qu'elles ont pu venir à bout d'un problème qui vous tracassait depuis des lustres.

Effectivement, être le descendant d'empereurs romains est statistiquement possible, mais le prouver est généalogiquement impossible… et s'en glorifier est (à mon avis) vainement, vaniteusement et prétentieusement ridicule ! Le célèbre comédien italien Toto descendait peut-être des empereurs byzantins Paléologues, mais cela n'ajouta rien à son génie comique ; et si la famille Bouchayer de Grenoble a pour ancêtre le beau-père l'empereur Septime Sévère (voir ici : Clic !), si un certain Daniel Rostrup Holdt est l'arrière-arrière…-neveu de Néron (Clic !), et si une autre Ingeborg Brigitte Gastel est l'arrière…petite-fillotte du Grand Théodose (Clic !), cela ne leur fait pas la jambe plus belle !…

Reste qu'il est plaisant d'imaginer que votre boucher pourrait être le descendant du cruel Caracalla, votre pharmacienne celle de l'empoisonneuse Agrippine, la "Madame Pipi" de votre bistrot préféré celle de Vespasien, votre percepteur des contributions celui d'Olybrius… et votre marchand de salades un digne héritier des historiens Tacite et Suétone !

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22 Avril 2003

Carfugerio a écrit : 

Je suis étudiant et j'ai besoin de votre aide… Je suis désolé, mais je n'ai pas trouvé ce que je recherchais sur votre site bien qu'il soit plutôt bien fait. Peut-être que vous pourriez m'aider.

En fait je recherche la traduction d'un texte latin sur les comices sous la République… J'ai quelques indices pour m'aider à chercher, mais je n'arrive définitivement pas à trouver… J'ai donc besoin de votre aide…

J'ai une note préliminaire avec mon texte : LES ÉLECTIONS ? COQUINERIES ET BASSESSES ! L'auteur vient d'être nommé consul par l'empereur et il l'en remercie en expliquant que la nomination est supérieure à l'élection. Il brosse donc un sombre tableau des intrigues et des passions lors des Comices sous la République, comme au temps des premiers empereurs…

J'en ai donc conclu que l'auteur de ce texte n'appartenait pas aux premiers empereurs.

VOICI MON TEXTE :

An vero, si centuriatis comitiis consul creatus essem, gloriusus mihi universi populi suffragiis declaratus viderer? minime, siquidem etiam illis priscis temporibus multorum ambitu fuit Campus infamis. Nota divisorum flagitia, notae loculorum paestigiae, tum operarum ad vim et seditionem manus emptae. Nec sane poteste in confusa imperitorum mulitutdine quicquam esse perpensum. Nam cum boni rari sint,

improborum vulgus immensum, in Campo autem numerus et turba praepolleat, sine dubio intellegitur eum suffragiis populi magistratum capere quem plures, id est, quem pejores probarunt. Unde factum ut majores nostri viderent Gabinios designatos et repulsos Catones. Sed haec vetusta : detur recordari quemadmodum paulo ante honor petitus sit. Vix pauci industriae ac probitatis merces veniret. ceteri vero perditissimum quemque ex aulicis frequentabant. Uti quispiam per artes turpissimas impertatori acceptissimus videbatur, eum adsiduis obsequiis emerebantur donisque captabant… Hi, cum in provinicas immissi erant, qua sacra qua profana rapiebant, iter sibi ad consultatum pecunia munientes.

Voilà, j'espère que j'aurai pu vous mettre sur la voie…

 

N.B. ; Pour traduction de ce texte,
voir ici :
Clic !

RÉPONSE :

Ça n'a pas été facile, mais je suis quand même parvenu à trouver l'auteur de ce texte. En fait, il fut écrit au IVe siècle par un certain Claudius Mamertinus… donc un auteur tardif, comme vous l'aviez deviné.

Enfin, "auteur", c'est un bien grand mot, car ce Mamertinus ne fut pas un écrivain professionnel. Il semble plutôt avoir été une importante personnalité politique du règne de Julien dit "l'Apostat", et même l'un des hommes de confiance de cet empereur. Mais puisque sa vie n'a que peu de rapport avec le sujet du texte qui vous préoccupe, retenons seulement que notre brave Mamertinus fut nommé consul (avec Flavius Nevitta) pour l'année 362 par Julien, et que, le jour de son entrée en fonction, tout confit de reconnaissance, il se fendit d'un petit discours afin de remercier l'empereur de l'honneur qu'il lui prodiguait. Ce "panégyrique" nous a été conservé, et le passage qui vous citez en est extrait.

Je n'ai malheureusement pas trouvé, sur le Net ou dans ma documentation, de traduction (française ou anglaise) de ce texte. Et comme je crains que mon latin scolaire soit un peu court à force d'être défraîchi, je n'ose me risquer à une traduction qui risquerait de vous induire en erreur. Force m'est donc - et je le regrette vivement - de vous laisser seul pour affronter, et je l'espère vaincre, ces turbulentes comices centuriales…

Carfugerio réécrit : 

Je vous informe que j'ai réussi à trouver une traduction du texte dont vous m'avez indiqué l'auteur… Après avoir longtemps consulté les moteurs de recherche puis les différentes listes de livres proposés dans mon université, j'ai finalement, dans un élan de désespoir, pris un Gaffiot (outil indispensable de l'élève latiniste) et, en l'ouvrant à la fin, je cherchai par hasard Mamertin… et je le trouvai ! avec sous son nom la référence d'une édition, et je me procurai les ouvrages.

C'est pourquoi je peux vous indiquer l'édition LES BELLES LETTRES si vous désirez en savoir plus sur ce personnage et par conséquent avoir la traduction du passage que je vous ai envoyé... Toutefois, si vous n'y avez pas accès, il m'est possible de vous l'écrire… La voici :

"Si j'avais été élu consul par les comices centuriates, aurais-je trouvé plus glorieux d'être nommé par les suffrages d'un peuple tout entier ? Pas du tout, puisque même dans ces temps anciens la brigue a souvent déshonoré le Champ de Mars. On connaît les turpitudes des courtiers électoraux, on connaît les supercheries des urnes ainsi que les bandes de mercenaires recrutés pour des coups de main ou pour la sédition. En vérité, dans la multitude désordonnée des ignorants, il ne peut y avoir de réflexion solide. Puisque les gens de bien sont rares et immense la foule des coquins, et qu'au Champ de Mars le nombre et la tourbe l'emportent, on devine évidemment que gagne la magistrature par les suffrages populaires celui qui a pour lui la majorité, c'est-à-dire les plus mauvais citoyens. D'où il advient que nos aïeux ont vu désigner des Gabinius et échouer des Caton. Mais ce sont là de vieux souvenirs : qu'il me soit permis de rappeler comment naguère on briguait les honneurs. C'est à peine si quelques-uns les virent décerner à leurs vertus, puisque aussi bien ne reçurent-ils que tardivement le salaire de leur talent et de leur honnêteté. Pour les autres, ils s'attachaient aux courtisans les plus dépravés. Dès que quelqu'un leur semblait être, par les plus basses menées, le mieux en cour auprès de l'empereur, ils cherchaient à le circonvenir par des flatteries continuelles et à le séduire par des cadeaux. [...] Et lorsqu'ils étaient envoyés dans les provinces, ils pillaient aussi bien les choses sacrées que profanes, se frayant par l'argent une voie vers le consulat."

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22 Avril 2003

Jdecl a écrit : 

1. J'ai lu dans les Annales de Tacite (livre II, 26) que Tibère aurait rappelé Germanicus de Germanie avant que ce dernier ne puisse en achever la conquête afin de laisser ce privilège à son fils Drusus.

"Mais Tibère, par de fréquents messages, pressait Germanicus de revenir à Rome, où le triomphe l'attendait. « C'était assez d'événements, assez de hasards ; il avait livré d'heureux et mémorables combats ; mais devait-il oublier les vents et les flots, dont la fureur, qu'on ne pouvait reprocher au général, n'en avait pas moins causé de cruels et sensibles dommages ? À présent que l'honneur de l'empire était vengé, on pouvait aussi abandonner à leurs querelles domestiques les Chérusques et les autres nations rebelles. »
Germanicus demandait en grâce un an pour achever son ouvrage : Tibère livre à sa modestie une attaque plus vive, en lui offrant un deuxième consulat, dont il exercerait les fonctions en personne. Il ajoutait "que, s'il fallait encore faire la guerre, Germanicus devait laisser cette occasion de gloire à son frère Drusus, qui, faute d'un autre ennemi, ne pouvait qu'en Germanie mériter le nom d'Imperator et cueillir de nobles lauriers." Germanicus ne résista plus, quoiqu'il comprît que c'était un prétexte inventé par la jalousie pour l'arracher à une conquête déjà faite."

Comment interpréter cela (si une telle décision est avérée) ?

Tibère aurait-il essayé de remettre en selle son fils biologique pour sa succession en espérant que ce dernier se couvrirait de gloire en Germanie et à peu de frais ? Quelles furent les actions ultérieures de Drusus, Y fut-il envoyé en remplacement de Germanicus ?

Mais dans ce cas, pourquoi envoyer ensuite Germanicus en Orient pour libérer le protectorat Arménien de l'invasion parthe, action hautement prestigieuse et peu dangereuse aux vues des forces romaines déployées ? Tibère espéra peut-être une maladresse politique de Germanicus en Arménie qui aurait envenimée les relations avec les Parthes, et par là même discrédité Germanicus ?

Ou, que du contraire, Tibère pensa peut-être mettre à l'abri son héritier en titre, qui s'était montré si capable, d'un éventuel coup du sort, d'une fin à la Varus dans une sombre et obscure forêt teutonique …

Enfin, Tibère estima peut-être que la conquête de la Germanie n'était qu'une illusion et que jamais ces peuplades n'accepteraient le joug romain, rendues trop fières après la défaite de Varus ?

Ayant lui-même combattu pendant des années dans ces austères contrées, Tibère avait sans nul doute une bonne appréciation de la situation outre-rhin. Dès lors, estimant qu'une conquête était illusoire, il rappela Germanicus afin de le faire triompher à Rome. Le reste, jalousie présumée et conquête de fait abandonnée, ne serait le fait que de Tacite…

Ultime explication, donc, Tacite régla ses comptes avec Tibère à travers ce texte en le montrant jaloux de la gloire de son César. Dès lors, écrire que la Germanie était de fait conquise n'engage que lui…

Bref, comment interprétez-vous le rappel de Germanicus ?

RÉPONSE :

Ah que voilà un magnifique exemple de l'objectivité de Tacite envers Tibère !… Selon cet historien qui se proclame impartial, écrivant sans haine ni passion (sine ira et studio), ce serait donc par jalousie, accompagnée, pour faire bonne mesure, d'un népotisme écœurant, que le vieil empereur aurait fait revenir son brillant neveu de ces plaines de Germanie où il se couvrait de gloire !

Ben voyons…

En fait, ici comme ailleurs dans ses Annales, Tacite relate "objectivement" une décision de Tibère, puis lui prête arbitrairement (mais non pas involontairement) Dieu sait quelles sombres et machiavéliques arrière-pensées.

Dans l'esprit de Tibère, fidèle continuateur de la "realpolitik" d'Auguste, les campagnes militaires de Germanicus n'avaient pas pour but de conquérir les régions situées entre le Rhin et l'Elbe. Il s'agissait seulement d'expéditions punitives, destinées à montrer que la lourde défaire de Varus n'avait été qu'un accident et que, sur le long terme, l'armée romaine n'avait pas perdu son brevet d'invincibilité.

Auguste, puis Tibère après lui, s'étaient parfaitement rendus compte que, même si la conquête totale de la Germanie pouvait procurer à l'Empire des frontières plus sûres, elle risquait d'être très difficile, trop longue, trop coûteuse. Mieux valait donc se replier sur le Rhin, consolider les conquêtes récentes (Gaules, Alpes, rive droite du Danube), et mener sporadiquement quelques expéditions en territoire ennemi afin d'y entretenir le respect dû aux aigles romaines ainsi que la division des tribus germaniques. Pas la peine d'envoyer outre-Rhin des masses de légionnaires pour exterminer de dangereux Barbares si ceux-ci, adroitement excités par des agents romains, s'entretuaient allégrement de leur propre chef !

Venger, punir et diviser pour régner, telle était la mission de Germanicus. Il n'était plus question d'annexion.

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Certes, il est probable que le bouillant Germanicus se fit quelque peu tirer l'oreille pour se conformer à cette politique prudente. Il est très vraisemblable que l'empereur dut rappeler fermement son "César" à ses devoirs d'obéissance ; lui donner "l'ordre formel et militaire" de s'en tenir à la stratégie défensive, la seule qu'en tant qu'expert ès affaires germaniques, lui, vieil imperator expérimenté, estimait réalisable. Mais il n'y eut pas de rupture entre les deux hommes, ni à cette occasion, ni à d'autres : Tibère aimait son neveu comme un fils (qu'il était d'ailleurs devenu par adoption en 4 ap. J.-C). Et d'ailleurs, si l'empereur avait été jaloux de la gloire de Germanicus, lui aurait-il accordé les honneurs du Triomphe, l'un des plus splendides de l'Histoire romaine et le tout dernier qui honora un général victorieux et non l'empereur régnant ? Et si l'empereur craignait la popularité de son neveu, pourquoi lui aurait-il confié le commandement suprême (imperium) sur la partie orientale de l'Empire, là où justement ce prince, "philhellène" convaincu, était le plus populaire ?

À ce qu'il me semble, il vaut donc mieux oublier les insinuations malveillantes de Tacite, et simplement admettre que Tibère rappela Germanicus parce que ses campagnes militaires avaient atteint leur objectif, parce que la frontière Nord-Est de l'Empire était désormais sécurisée, et parce que les talents, militaires et diplomatiques de ce brillant jeune homme seraient plus utilement employés dans l'autre zone sensible de l'Empire, dans cet Orient menacé par les Parthes.

Dans leur imbuvable jargon, les "Directeurs de Ressources humaines" modernes parleraient de "mobilité" et d'"utilisation rationnelles et optimale des expertises individuelles"… Disons simplement qu'il ne s'agissait nullement du limogeage d'un dangereux rival, mais d'une promotion destinée à affermir l'autorité d'un successeur désigné et à élargir son champ d'expériences.

Puisque vous semblez vous intéresser au portrait de Tibère dans les Annales de Tacite, je m'en voudrais de ne pas partager avec vous ce texte qui me paraît fort perspicace, extrait d'un livre qui m'a beaucoup aidé lors de la rédaction de la notice biographique de cet empereur :

Tacite a présenté Tibère comme un tyran parfaitement inique, hypocrite, cruel et pervers, alors qu'en réalité c'était exactement le contraire. Le problème de « Tibère et Tacite » a été souvent traité, mais jusqu'ici il n'a jamais été saisi dans toute sa profondeur. Le grand homme d'État tout imprégné de romantisme et le célèbre historien de la nouvelle Rome ne se sont pas compris, quoiqu'ayant des sentiments très voisins. C'est ce qui frappe tout spécialement dans l'œuvre tardive de Tacite, les Annales. Car, coïncidence étrange, ces deux êtres n'étaient pas tellement différents, ni sur le plan humain, ni sur le plan romain. (…) Et pourtant, il (= Tacite) a rendu une image défigurée de Tibère sous l'influence de certaines données tendancieuses et en commettant l'erreur d'utiliser l'histoire à des fins d'édification.

Si l'on veut bien comprendre que ce portrait a été totalement déformé dès l'origine, il faut admettre que Tacite a méconnu non seulement Tibère, mais encore toute la grandeur d'Auguste. Rien que le choix du sujet des Annales, « De la fin du Divin Auguste » (ab excessu Divi Augusti), et non comme pourtant l'on pourrait s'y attendre, « du début du règne du grand fondateur de la nouvelle Rome », donne beaucoup à réfléchir. Déjà par ce début peu heureux d'une histoire « de l'Empire », nous savons que Tacite passe à côté de la question la plus importante des deux derniers siècles de l'histoire romaine - ce qui paraît inconcevable pour un savant moderne -, à savoir les raisons du déclin d'une forme de gouvernement aristocratique et républicain et de sa transformation en une monarchie, question qui, par conséquent, se posait à tout véritable historien après la chute de la deuxième maison « impériale ». (…) Dès les chapitres d'introduction, nous savons que les Annales ne nous fourniront pas un récit fidèle ; en somme qu'il ne s'agira pas, quoiqu'on nous l'ait promis au début, d'un jugement de valeur formulé sine ira et studio (…). D'autant plus que Tacite écrit dans un but d'édification ; il ne faut donc plus . se demander constamment si l'histoire est vraie, mais plutôt si elle répond au but moralisateur que se propose l'historien de ce genre.

D'autre part, Tacite avait besoin d'un sombre personnage pour contraster avec la brillante figure de Germanicus, dans le cadre de sa composition précisément raffinée au début des Annales. Aussi s'empara-t-il de la figure de « tyran » que lui offraient si complaisamment ses sources historiques chargées du souffle empoisonné des mémoires d'Agrippine. L'historien était parfaitement convaincu que la plupart de ses précurseurs s'étaient plu « à faire ressortir les aspects négatifs du personnage de Tibère et à les exagérer » - ce sont les paroles mêmes de Tacite (Annales, IV : 11) - pourtant, il a lui-même cherché à compléter cette tragédie humaine, telle qu'elle s'offrait déjà à lui, c'est-à-dire controuvée, en utilisant les « actes », des ouvrages spéciaux, ainsi que la tradition orale ; en outre, il en affina le style et « l'améliora ». Mais Tacite a utilisé abondamment les actes du sénat et transcrit souvent textuellement des discours et des lettres de Tibère, toutes parfaitement valables lorsqu'il ne les utilise pas indirectement. La remarque suivante est fort juste : « Une énigme subsiste : Comment ce grand critique doublé d'un remarquable artiste, ne s'est-il pas aperçu du contraste frappant qui existait entre le rapport malveillant trouvé dans ses sources et le contenu des déclarations (qui sont parvenues jusqu'à nous), ainsi que les actes de cet homme à l'âme tourmentée, par conséquent généralement si mal compris de son vivant ? " (J. Vogt, Tacitus und die Unpartleichkeit des Historikers). On est porté à croire que Tacite n'a pas voulu le voir. Car il a cherché à montrer comment grandit la corruption des mœurs à l'époque de la monarchie héréditaire julio-claudienne fondée par Auguste. Et pour donner toute sa portée à son récit, il lui a fallu présenter dès le début une figure de scélérat. C'est ainsi que Tibère est devenu son bouc émissaire.

livre Kornemann

Dès le début des Annales, Tacite altère donc les personnages d'Auguste, de Livie et de Tibère, car ils doivent servir d'introduction à la sombre peinture de la descendance de Drusus (frère de Tibère, père de Germanicus) qui va suivre. Une fois que Tibère a disparu, point n'est besoin de noircir la réalité. Dans la deuxième partie des Annales, les passions croissent d'elles-mêmes et tous agissent jusqu'à la démesure. Le tableau va s'assombrissant jusqu'aux dernières années de Julie Agrippine et de son fils Néron, où il atteint le paroxysme de la noirceur - tout ceci sous un éclairage brutal pour éveiller l'horreur et pour exercer ainsi un rôle éducatif sur le souverain et sur le peuple dans tous les temps à venir.

Si l'on a longtemps accusé Tacite d'avoir forgé ce faux portrait de Tibère par pure haine, il convient, comme nous l'avons déjà dit, de l'en disculper. Mais nous avons le droit de l'accuser d'avoir manqué de sens critique devant des sources malveillantes, et - il faut bien le reconnaître, même s'il nous affirme le contraire - de n'avoir pas cherché à rétablir un juste jugement sur un homme malheureux qui a lui-même senti qu'on le méconnaîtrait et qu'on le décrierait encore par-delà la mort (Tacite, Annales, IV, 32 : 2). Ainsi, ce fut le dernier crime commis contre cet homme solitaire, promu contre son gré chef de l'humanité : ce portrait absolument déformé et répandu dès l'Antiquité. "

(Ernest Kornemann, Tibère, Payot, 1962)

2. J'aimerais savoir quel rôle tint Drusus entre la mort de Germanicus et son empoisonnement par sa femme. Fut-il nommé César et héritier présomptif de Tibère, malgré la filiation directe et le caractère monarchique d'une telle succession dès le début du principat ?

RÉPONSE :

Les relations de Drusus II, fils de Tibère, avec Germanicus (devenu son frère par adoption), semblent avoir été excellentes. Pendant toute la guerre de Germanie, les deux princes travaillèrent la main dans la main, le fils "biologique" de l'empereur bouclant la frontière du Danube pendant que le neveu devenu fils adoptif opérait entre Rhin et Elbe. Après le départ de Germanicus pour l'Orient, Drusus resta en Illyrie où il reçut, vers 19 ap. J.-C., la reddition de Marobod, roi des Marcomans, chassé de Germanie par la guerre civile subrepticement instillée par les légions de Germanicus. Le fils de l'empereur rentra à Rome le 28 mai 20 ap. J.-C., et son père lui accorda seulement l'Ovatio (entrée triomphale à Rome, mais simplement à cheval, et non sur un char), tandis que Germanicus, lui, avait eu droit à un vrai, grand, authentique et splendide triomphe… Pourtant, à cette époque, après la mort Germanicus (survenue en 19), Drusus était le successeur présomptif de Tibère. Voilà bien une preuve supplémentaire de l'estime et de l'affection du vieil empereur pour son fils adoptif.

Selon Tacite (Annales, III : 56), Tibère n'associa son fils à l'Empire qu'en 23 ap. J.-C. Ce qui signa peut-être son arrêt de mort (il fut empoisonné par son épouse, séduite par le démoniaque préfet du prétoire Séjan)…

3. J'aimerais savoir quels sont les écrits de Julien (discours, textes philosophiques, éloges) et si certains d'entre eux ont été conservés.

RÉPONSE :

Certaines œuvres de Julien sont effectivement parvenues jusqu'à nous. Elles sont disponibles aux éditions Les Belles Lettres (Œuvres Complètes de l'Empereur Julien).

Personnellement, de ces œuvres complètes, je possède un volume consacré à la correspondance de l'empereur, et deux recueils de ses "Discours". Si cela vous intéresse, voici les références et contenus de ces deux derniers livres :

  • L'EMPEREUR JULIEN, Œuvres complètes, tome II - 1re Partie, Discours de Julien Empereur - Texte établi et traduit par Gabriel Rochefort, Les Belles Lettres, 1963.
    Avec :
    • À Thémistius
    • Contre Héracleios le Cynique
    • Sur la Mère des dieux
    • Contre les cyniques ignorants
  • L'EMPEREUR JULIEN, Œuvres complètes, tome II - 2e Partie, Discours de Julien Empereur - Texte établi et traduit par Gabriel Rochefort, Les Belles Lettres, 1963.
    Avec :
    • Les Césars
    • Sur Hélios-roi
    • Le Misopogon.

Chez un autre éditeur, vous trouverez des fragments de son pamphlet - fort mutilé - contre les chrétiens :

  • L'EMPEREUR JULIEN, Contre les Galiléens, une imprécation contre le christianisme - Introduction, traduction et commentaire par Christopher Gérard, Éditions Ousia, 1995.

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Julien dit l'Apostat

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