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Février 2003 (page 3/3)
Sommaire du mois de Février : Clic
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| 21 Février 2003 |
| Ramaille a écrit : |
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| Je me suis régalé
à lire toutes vos notices (même si ça
fait un peu mal aux yeux !) . Je suis de plus en plus
amené à croire que l'Empire romain existe
encore par ses héritiers, les Papes catholiques.
Qu'en pensez vous ? |
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| RÉPONSE : |
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| J'espère que vos pauvres yeux retrouveront
rapidement toute leur acuité. Normalement, d'après
la Faculté, les hallucinations en noir-jaune-rouge
causées par la mise en page quelque peu "clinquante"
de mon site se dissipent au bout de quelques heures seulement
(du moins si le patient ne consomme pas entre-temps une
ration de frites, ou une chope de bière belge,
qui seraient susceptibles de provoquer de sérieuses
rechutes).
Mais trêve de plaisanterie
Je ne sais pas si l'on peut affirmer que les papes
sont réellement les héritiers de l'Empire
romain
En revanche, ce dont je suis sûr,
c'est qu'ils ne reculèrent devant aucun moyen afin
de le faire croire. Par exemple, par la fameuse Donation
de Constantin : pour remercier le pape Silvestre Ier
(314 - 335) de l'avoir miraculeusement guéri de
la lèpre, le premier empereur romain chrétien
lui aurait octroyé des possessions, pouvoirs, titres
et pouvoirs proprement exorbitants. En vrac, Constantin
lui aurait conféré la primauté sur
les grands patriarcats d'Orient (Alexandrie, Constantinople,
Antioche, Jérusalem), de nombreuses églises
à Rome, le palais du Latran, et surtout, les insignes
impériaux ainsi que tout pouvoir sur la ville de
Rome, l'Italie et la partie occidentale de l'Empire. Constantin
y affirmait aussi, avec une humilité toute chrétienne,
que lui et ses successeurs se contenteraient désormais
de la partie orientale de l'Empire romain
Ce document est évidemment un faux grossier, qui
ne commença d'ailleurs à circuler (presque
exclusivement en Occident) que vers les VIIIe et IXe siècles,
précisément à l'époque où
le pouvoir des empereurs byzantins sur l'Italie commençait
à s'amenuiser, et où la Papauté tenait
à affirmer ses prétentions face à
son nouvel allié, la dynastie franque des Carolingiens
(Pépin le Bref, puis Charlemagne).
Bien sûr, les Papes sont, d'une certaine façon,
les héritiers des empereurs romains puisqu'ils
furent les souverains temporels de la ville de Rome (ainsi
que de l'Italie centrale), en gros, depuis le milieu du
VIIIe siècle jusqu'à la fin XIXe siècle.
On peut aussi dire que le christianisme a, en quelque
sorte, "squatté" l'Empire romain, un peu à
la manière d'un bernard-l'hermite qui fait sienne
la coquille vide d'un autre coquillage
ou plutôt
du coucou qui pond son uf dans le nid d'un autre
oiseau !
En effet, le religion chrétienne, qui n'avait
pu prospérer que grâce à l'étendue
et la (relative) tolérance d'un Empire largement
pacifié, calqua ses structures sur celles de cet
Empire, et, celui-ci disparu (peut-être, et en partie,
précisément à cause du développement
du christianisme ?), constitua la seule autorité
organisée capable de résister à l'anarchie
politique et à la décadence culturelle.
On pourrait aussi évoquer la prétention
"impériale" des Papes des XIIe et XIIIe siècles
(Innocent III par exemple), qui se voulaient représentants
de Dieu sur terre, qui prétendaient faire et défaire
les rois et les empereurs, et qui tentèrent en
quelque sorte de rétablir l'Empire romain en unifiant
la "Chrétienté" sous l'autorité écrasante
de leur crosse pontificale.
Mais il n'en reste pas moins que les seuls héritiers
"légaux" des empereurs romains d'Occident furent
leurs collègues d'Orient, ces "basileus byzantins"
que les historiens occidentaux méprisèrent
longtemps, ne voyant en eux que des "coupeurs de cheveux
en quatre" décadents. Ce furent pourtant eux qui
recueillirent puis défendirent - souvent non sans
un certain panache - l'héritage politique et culturel
romain (ou plutôt gréco-romain), et ce pendant
plus de sept longs siècles après que l'Empire
d'Occident ne fut "tombé"
Jusqu'à
ce que les "Croisés" de la Quatrième croisade
viennent porter un coup fatal à cette civilisation
(malgré l'excomunication aussi tardive qu'hypocrite
du "césaro-pape" Innocent III) en ravageant de
fond en comble la richissime cité "romaine" de
Constantinople, plus consciencieusement encore que, jadis,
Alaric et ses Goths ou Genséric et des Vandales
n'avaient dévasté la "Ville Éternelle". |
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| 22 Février 2003 |
| Geneviève
a écrit : |
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| J'ai bien lu votre récit
du pari de Cléopâtre et Antoine (Clic
!), mais pourriez-vous me préciser quel
auteur latin rapporte cette histoire ? |
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| RÉPONSE : |
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| Vous voyez ce que c'est de ne pas vérifier
systématiquement ses sources !
J'avais repris l'anecdote du pari gagné par la
belle Cléo et de ses perles dissoutes directement
du bouquin de Benoist-Méchin, Cléopâtre,
ou le rêve évanoui, en croyant dur comme
fer qu'il s'agissait d'un récit tiré de
la Vie d'Antoine de Plutarque. Or, après
avoir feuilleté le texte de Plutarque dans tous
les sens mais en vain, je viens de constater, ô
stupeur, que je me trompais sur toute la ligne ! Cette
ingénieuse (mais peut-être pas très
authentique) historiette est, en fait, tirée des
Histoires Naturelles de Pline l'Ancien (Hist.
nat., IX, 58).
Vous trouverez ce texte (latin et traduction française)
dans cette page de l'excellent site Noctes
Gallicanae : Clic
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| 24 Février 2003 |
| Jacques
Paradoms a écrit
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pour signaler
l'heureux avènement de son site personnel :
Clic
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| 27 Février 2003 |
| Charlotte a écrit : |
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| Avez-vous des renseignements
sur la vente des esclaves romains, les châtiments
qu'on leur inflige et il nous faudrait une photo. |
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| RÉPONSE : |
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| J'ai déjà eu l'occasion de parler de
l'esclavage à Rome lors d'une réponse
à un autre internaute (voir ici : Clic
!). Cependant, vous trouverez encore d'autres
renseignements, bien plus nombreux, sur des sites plus
spécialisés en matière de "Civilisation
romaine" que le mien. Je vous conseille en particulier
ces pages :
- Histoire de la Civilisation romaine - L'esclavage
: Clic
!
- Ac. Versailles - Musée vivant de l'Antiquité
- l'esclavage à Rome : Clic
!
- L'Empire romain (site de Karl Claerhout) - les citoyens
et les non-citoyens : Clic
!
Peut-être quelques précisions supplémentaires,
plus particulièrement en ce qui concerne la vente
des esclaves.
L'esclavage était pratiqué partout dans
le monde antique, mais, paradoxalement, la ville de Rome
elle-même, pourtant grande "consommatrice" de main
d'oeuvre servile, ne possédait pas de vrai grand
"marché aux esclaves" digne de la capitale d'un
empire par nature esclavagiste. En fait, les plus grands
de ces marchés se situaient dans les îles
grecques de la Méditerranée (à Délos
par exemple où, quotidiennement, 10.000 esclaves
pouvaient être réceptionnés,
conditionnés et revendus). Au départ
de ces "plaques tournantes", des marchands d'esclaves
(très mal considérés malgré
l'utilité reconnue de leur métier) se chargeaient
d'écouler au détail cette ressource humaine
(si j'ose m'exprimer ainsi),, aux quatre coins de l'Empire,
et en particulier à Rome.
Comme pour toute marchandise, le prix d'un esclave dépendait
de l'offre et de la demande. S'il y en avait beaucoup
sur le marché, les prix s'effondraient (par exemple
quand le général Paul Émile fit vendre
d'un seul coup 150.000 esclaves grecs, où quand
Jules
César inonda le marché avec plus de
20.000 prisonniers gaulois).
À l'époque qui intéresse mon site
internet (c'est-à-dire la période impériale,
de 27 av. J.-C. à 476 ap. J.-C.), les grandes guerres
de conquêtes romaines ont pris fin, et les esclaves
commençant se faisant de plus en plus rares, ceux-ci
deviennent de plus en plus chers. Et, bien sûr,
s'ils tendent à devenir marchandise de luxe,
on ne les gaspille pas, on ne les abîme
pas, bref; on ne les maltraite pas sans fort bonnes raisons.
Il est bien révolu, le bon vieux temps où
un sénateur, fin gastronome à ses heures,
pouvait sacrifier quelques esclaves joufflus afin de nourrir
ses chères murènes et leur conférer
une chair délicatement parfumée ! Bien avant
le christianisme, dès le IIe siècle de notre
ère, les empereurs romains retirèrent aux
maîtres le droit de vie et de mort sur leurs esclaves.
Mais, naturellement (comme je crois l'avoir déjà
signalé), en dépit de toutes ces améliorations
humanitaires, et bien qu'elle ait été généralement
acceptée avec résignation, la condition
servile restait, trop souvent, physiquement épouvante,
et, toujours, psychologiquement insupportable
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| Février 2003 |
| Michel
a écrit : |
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| Nouveautés
du site Archeobel
:
- Tout d'abord (en guise
de hors d'uvre), une pointe de flèche
gauloise : Clic !
- Une magnifique petite
lampe romaine "classique" du Ier siècle,
avec, autour du miroir, un décor de feuilles
: Clic
!
Un modèle différent
de clochette, à anse ronde : Clic
!
J'ai surtout complété
ma page concernant les monnaies d'avant et de pendant
l'occupation romaine :
- Un nouvel as de Nîmes
(du groupe 4) avec les têtes d'Auguste et
Agrippa et les lettres "P P" - Après des
monnaies d'Auguste, de Tibère et de Claude,
j'ai pu trouver une monnaie "barbare" de Néron,
frappée - les ouvriers des ateliers monétaires
étant analphabètes - de plein de
lettres qui ne veulent rien dire
Rigolo
! : Clic
!
- Sur la page suivante,
un denier de Julia Mammaea coulé
avec une mixture contenant du plomb et de l'étain
; un vrai faux d'époque !
De plus, j'ai trouvé deux monnaies "barbares"
de Claude II le Gothique et une de son successeur
Gallien. Celle-ci est très remarquable
car la matrice du revers est la matrice officielle,
tandis que celle de l'avers a été
remplacée par une matrice "barbare" pur
style. Ce genre de monnaie hybride est très
rare.
Toujours sur cette page, une monnaie "barbare"
de Constantin. Également une pièce
hybride de Magnus Maximus, frappée
à Lyon. À noter que la légende
figurant au revers de cette monnaie est inversée
par rapport aux émissions officielles :
Clic
!
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- Enfin, la cerise sur le chou
de crème fraîche du gâteau, un
sesterce de Claude Ier, rare. Cette monnaie est
un peu plus légère que les autres. Selon
le brave Cohen, ces monnaies plus légères
devraient principalement être attribuées
aux ateliers d'Angleterre et de Gaule. Il est vrai que,
même pour les as et les dupondius
frappés en Gaule (Lyon), le poids est toujours
inférieur aux monnaies du même type frappées
en Italie
On utilisait donc chez nous et bien
avant l'heure, un genre de "franc léger" ! :
Clic
!
À propos,
cette pièce de Gallien porte au revers la légende
IOVI STATORI. Pourriez-vous me donner un coup en main
en me disant quelle était la spécialité
de ce Jupiter "Stator" ?
Merci d'avance. |
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| RÉPONSE : |
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| Jupiter "Stator", c'est celui qui empêche
les légionnaires de fiche le camp du champ de bataille
quand ils se retrouvent en face de masses innombrables
de barbares, armés jusqu'aux dents, tatoués
du gros orteil à la canine inférieure, le
visage (et le derrière) peint façon Braveheart,
les cheveux teints rouge vif et enduits de beurre rance,
vociférant leur barritus de toute leur large
gueule empuantie d'ail et de vinasse, brandissant en guise
d'étendards les corps d'autres soldats romains
empalés, en guise d'oriflammes, les peaux écorchées
et colorées rouge sang de pauvres camarades, et
portant en sautoir, sur leur poitrail velu, les bijoux
de famille des généraux romains capturés
!
Bref, Jupiter "Stator" c'est celui qui "arrête
la déroute".
Si j'en crois mon petit (mais fort précieux) Dictionnaire
de l'Antiquité de l'Université d'Oxford
(Édition Robert Laffont, coll. Bouquins), Romulus,
fondateur légendaire de Rome, lui aurait promis
un temple lors d'un combat où les Romains allaient
être défaits par les Sabins.
Cependant, le Temple de Jupiter Stator à Rome
ne semble avoir été construit que vers 294
av. J.-C., à la suite d'un vu fait à
l'occasion d'une bataille incertaine contre les Samnites.
La légende de la fondation par Romulus ne serait
donc qu'une légende tardive.
Cela dit, j'ai quand même un petit problème
de "comprenure" avec ces pièces dites "barbares".
Vous m'avez déjà expliqué pourquoi
on appelait "barbares" ces pièces hors norme (voir
ici : Clic
!). Mais ce que je ne parviens toujours pas à
comprendre (et pourtant j'ai essayé, croyez-moi)
c'est leur utilité.
Je m'explique :
L'Empire romain était quand même, en général,
"bien tenu". Il ne pouvait donc laisser proliférer
des espèces monétaires non conformes à
celles dont l'émission avait été
décrétée par l'Empereur ou par le
Sénat.
Tout d'abord, ces pièces qui représentaient
"n'importe comment" l'auguste visage du divin César
(et de surcroît, souvent avec des légendes
fantaisistes), n'étaient-elles pas attentatoires
à la majesté impériale ? Et l'on
ne badinait pas avec les crimes de lèse -majesté,
à cette époque !
Si ces pièces "barbares" étaient frappées
avec l'assentiment des autorités romaines, ce serait
un peu comme si aujourd'hui (mutatis mutandis),
la Banque nationale de Belgique autorisait une petite
firme métallurgique (dont le patron serait un républicain
aussi rabique que notoire), de frapper des pièces
de cinq centimes d'euros où notre brave roi Albert II
serait représenté coiffé du mémorable
chapeau à plumes de la reine Fabiola !
En outre, si toutes ces pièces "fantaisistes"
avaient "cours légal", leur mise en circulation
devait immanquablement contribuer à faire baisser
la valeur de la monnaie.
Imaginons un brave paysan éburon qui, au bout
dune dure vie de labeur, a réussi, en grattant
sur tout, à remplir une pleine grosse tirelire
d'as "barbares" à l'effigie de Claude.
Avec l'âge et les rhumatismes, ses doigts se déforment.
Il envisage alors d'acheter un esclave pour traire les
vaches à sa place. Théoriquement, il n'y
a pas de problème : il y a assez dans sa tirelire
mais voilà, le marchand exige de bons deniers en
bon argent !
Que peut faire ce brave homme ? Aller chez le changeur
public pour troquer ses pièces barbares (qui sont
de vil métal) en monnaie de bon aloi ? Ou bien
doit-il renoncer à l'achat de l'esclave et écouler
pièce par pièce son "faux trésor"
à d'autres gogos encore plus naïfs que lui
? Ou enfin doit-il se résoudre à fondre
le contenu de sa tirelire et à se lancer dans le
commerce d'attaches "trombone" ?
Dans le premier cas, l'Empire romain est perdant puisqu'il
se porte garant de pièces intrinsèquement
dénuées de valeur et émises anarchiquement.
Dans les autres cas, l'État, qui a fait "marcher
la planche à billets" pour s'assurer des liquidités
mais sans aucune intention d'assumer ses responsabilités,
sape littéralement la confiance en sa monnaie et
se condamne à une inflation galopante, avant d'être
"brûlé" dans toutes les places fortes commerciales
du monde antique !
Il y a là quelque chose qui m'échappe
De quelque côté que j'envisage le problème
(fausse monnaie, vraie monnaie, fausse monnaie authentifiée
après coup
), je ne comprends pas ! |
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| RÉPONSE
DE MICHEL : |
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| La réponse à votre
longue question sera relativement courte.
Comme vous le dites vous-même,
au premier siècle, il y avait une pénurie
totale de petite monnaie (jusqu'à la période
de Néron).
Et cette pénurie a incité les braves Gaulois
soit à continuer à utiliser leurs propres
monnaies "nationales", soit à fabriquer des copies
qui ressemblaient vaguement (de très loin) aux
espèces romaines.
Ensuite, il y a la différence
entre les pièces "barbares" et les "fausses" pièces.
La plupart des monnaies "barbares"
furent frappées sous le règne de ces empereurs-usurpateurs
(Postumus
ou Tetricus,
par exemple). En effet, comme y avait quelques "frottements"
avec l'Auguste en place à Rome, il n'y avait plus
d'apport de nouvelles monnaies romaines. D'où la
nécessité d'en frapper soi-même
avec les résultats que l'on connaît. Il fallait
bien payer la troupe, ne fût-ce qu'avec des cacahuètes
!
Oui mais, allez-vous me dire, il
y avait encore d'autres empereurs sous lesquels les monnaies
barbares furent frappées !
Oui, mais surtout pendant le IIIe
et le IVe siècle.
En fait, on ne trouve quasi pas
de monnaies "barbares" depuis Trajan
jusqu'à Alexandre
Sévère. Ensuite, ça a commencé
à sentir le roussi ! Comme vous le savez mieux
que moi, au IIIe siècle, l'Empire romain tombait
en compote. Un empereur suivait l'autre, et l'on se suicidait,
l'on se massacrait, l'on s'empoisonnait à tour
de bras. Et pendant ce temps, les barbares s'infiltraient.
Les troupes "romaines" n'étaient plus guère
constituées que de germains qui avaient changé
de costume. Bref le bordel intégral !
Quant
aux moyens financiers, quand ils n'étaient pas
piqués en cours de route, ils étaient plutôt
maigrichons.
Même sous Constantin,
les ateliers monétaires un peu en dehors de l'épicentre
de la puissance romaine (je pense aux ateliers de Trèves,
pour ne nommer que celui-là) avaient les mains
libres. L'empereur était bien trop occupé
à cavaler à gauche à droite et tenter
de recoller l'empire (avec son tube de Pattex) pour pouvoir
tout contrôle. Or, Trèves était loin
de Constantinople, et les fonctionnaires - pour la plupart
des Germains fraîchement romanisés - ne crachaient
pas non plus sur un peu de trafic. Et si ça désavantageait
Rome, c'était le moindre de leurs soucis !
On était bien loin, le bel empire bien structuré
d'Hadrien
Ensuite, on arrive à la
dernière phase, celle où les faux-monnayeurs
imitaient tout : monnaies régulières, frappes
barbares et même les pièces hybrides, tout
y passait ! Ce qui, avouez-le devenait franchement comique
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