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Sommaire Février 2003
:
- 1er Février :
- 2 Février :
- Comment l'Église chrétienne nommait-elle
ses "diocèses" avant le Concile de Nicée : Clic !
- 4 Février :
- Quelques réserves quant à la forme de
ce site, et demande d'infos sur Spartacus : Clic !
- Spartacus au théâtre (intervention de Michel
ELOY) : Clic !
- Une petite biblio pour Spartacus : Clic !
- Un livre de Catherine SALLES sur la révolte
de Spartacus : Clic !
- 5 Février :
- Cléopâtre : Grecque ou Égyptienne
? Quelle macédoine !
: Clic !
- 6 Février :
- La vie après la mort : Comment les Romains imaginaient-ils
l'Au-delà ? : Clic !
- 7 Février :
- 12 Février :
- Quel est l'empereur le plus "important" de chaque dynastie
? : Clic !
PAGE
SUIVANTE
- 12 Février :
- Quid du déroulement des dîners de gala
chez les riches Romains : Clic !
- Le repas du soir (la cena) à Rome, à
l'apogée de l'Empire : Clic !
- 14 Février :
- À la recherche d'un Emmanuel, empereur byzantin
qui aveugla un doge de Venise : Clic !
- 21 Février :
- Un arbre généalogique pour Aphrodite ? : Clic !
- 21 Février :
- Juste pour rire, Bertrand a calculé la valeur
d'un sesterce, puis s'interroge sur le recrutement des
Prétoriens, s'étonne des différences
de mentalité entre nous les Romains, émet
l'hypothèse que la réussite du christianisme
serait due à son intransigeance dogmatique, et
se demande pourquoi les Romains ont loupé le coche
au point de vue technologique ; : Clic !
- Comment devenait-on Prétorien ? : Clic !
- Nos ancêtres les Romains, si proches et si différents
de nous
: Clic !
- Réussite du Christianisme et intransigeance dogmatique : Clic !
- Constantin se convertit au culte de Mithra, l'Empire
romain devenu mithriaste survit jusqu'au beau milieu du
VIIIe siècle ? Oui
mais seulement dans les
livres de Rachel Tanner ! : Clic !
- Antiquité romaine et technologie moderne
: Clic !
- 21 Février :
- Jean-Paul II, un héritier direct de Romulus Augustule
? : Clic !
- 22 Février :
- La belle Cléo et le vinaigre perlé : les
sources ? : Clic !
- 24 Février :
- 27 Février :
- Quelques précisions sur l'esclavage dans l'Empire
romain : Clic
!
- Février :
- Les nouveautés du site Archeobel : Clic !
- Quelle était la spécialité de Jupiter
"Stator" ? : Clic !
- Quelle était l'utilité de ces pièces
dites "barbares" ? : Clic !
RECHERCHE
DANS LE SITE
"EMPEREURS ROMAINS"
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1er Février 2003 |
| J.
Audibert a écrit : |
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Je tenais
à vous signaler l'apparition d'un nouveau
site sur la civilisation romaine, le mien :
Civitas-fr.com
: Le site de la Civilisation Romaine
! J'espère qu'il pourra être intéressant
et que vous le signalerez à vos lecteurs
dont je fais partie (
).
Je vais essayer de le
mettre à jour tous les trois mois. Comme
vous pourrez le voir, j'ai tenté de mettre
en ligne quelques articles tirés de "A
Dictionary of Greek and Roman Antiquies"
de W. Smith . À part un article sur Boudicca,
je ne compte écrire que sur l'histoire
de la République qui est une période
qui semble très pauvre sur le web français.
Sur un autre point, je
voudrais vous demander si vous ne connaîtriez
pas un ou des livres portant sur la responsabilité
chrétienne dans la chute de l'Empire
romain ?
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| RÉPONSE : |
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La thèse de la responsabilité
chrétienne dans la "Chute de l'Empire romain"
a été développée à la
fin du XVIIIe siècle par le célèbre
historien anglais Edward Gibbon dans sa célèbre
"Histoire du Déclin et de la Chute de l'Empire
romain" (disponible dans toute bonne librairie, en deux
forts volumes, aux Éditions Robert Laffont, coll.
"Bouquins").
Aujourd'hui, la plupart des historiens rejettent l'hypothèse
chrétienne de Gibbon (voyez à ce sujet ce
courrier du mois de mai 2002 : Clic
!). Beaucoup évitent même de parler
de Chute à propos d'un empire qui survécut
encore près de mille ans à sa disparition
"officielle", ou du déclin d'une civilisation
qui connut, certes, son apogée au IIIe siècle
puis qui évolua, se transforma afin de s'adapter
à de nouvelles donnes politique, culturelle, démographique,
économique et militaire, mais sans "décliner"
pour autant !
Quant à moi, je ne puis m'empêcher de penser
que le christianisme contribua à l'affaiblissement
de l'Empire romain, d'abord par l'hostilité manifeste
des Chrétiens à l'égard des institutions
romaines (Ier - IIe siècle de notre ère),
puis par leur antipatriotisme, voire leur défaitisme
(IIe - IIIe siècle), et enfin, après que la
Croix eut triomphé, par les troubles, émeutes,
guerres civiles religieuses qu'ils initièrent et
qui ravagèrent la plupart des plus belles, des plus
riches, et des plus fertiles provinces de l'Empire.
Mais, comme je l'ai déjà dit à plusieurs
reprises, je ne suis pas vraiment un "historien". |
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| 2 Février 2003 |
| Bidzina
a écrit : |
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| Pouviez-vous me dire
par quel terme l'Église chrétienne désignait
ses divisions territoriales avant les réformes
administratives de Dioclétien et le Concile de
Nicée ? |
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| RÉPONSE : |
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| Les grands auteurs chrétiens d'avant le Concile
de Nicée (Irénée de Lyon, Tertullien,
Origène, Cyprien de Carthage) se contentent, semble-t-il,
d'évoquer une "Église" (communauté
de tous les Chrétiens) qui serait divisée
en plusieurs "églises" locales (église
de Rome, d'Alexandrie, de Carthage, etc
).
Cela c'est (à peu près) clair
Mais
le problème, c'est de savoir comment ces auteurs
envisageaient les relations de ces "églises locales"
entre elles. Il semble qu'il ne s'agissait que d'une vague
fédération, chacune de ces communautés
chrétiennes ayant ses propres traditions théologiques
et liturgiques, plutôt que d'une structure administrative
hiérarchisée. Les conciles qui se tiennent
à cette époque ne sont que régionaux
; quant à la primauté de l'église
de Rome, elle ne commence à s'affirmer, au plus
tôt, que vers la fin du IIIe siècle (et encore
ne s'agit-il encore, à cette époque, de
que d'une vague "primauté d'honneur" accordée
à l'évêque de Rome, et non de l'autorité
bien réelle d'un "Pape" sur ses "églises"). |
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| 4 Février 2003 |
| Marc
a écrit : |
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| Je suis de ces (nombreux ?)
lecteurs qui se désolent de la faible lisibilité
de ces pages sur fond noir. Mon truc : à chaque
nouvelle page, je tape Ctrl-A (Select all) ce qui inverse
les couleurs de tout le texte. Bingo !
Moi non plus, je n'aime pas trop
ces multiples pages qui s'ouvrent. En réalité,
cela crée des problèmes de stabilité,
et souvent mon Internet Explorer se plante quand
je consulte votre site (ou d'autres à fenêtres
multiples). Mais bon, c'est du détail. Le contenu
est plus important que la forme.
Enfin, ayant relu Le Fils de Spartacus
(Alix) et la passionnante explication de Michel Eloy sur
Howard Fast (Clic
!), je souhaitais en savoir plus sur la vie
de Spartacus et sa révolte. Connaissez-vous
d'autres sources, historiennes ou romanesques ? Existerait-il
une pièce de théâtre ?
REACTION
DE MICHEL ELOY (9 Avril 2005)
(Site
Peplum - Images de l'Antiquité)
"Existerait-il
une pièce de théâtre ?"
Blague à part : oui, il y a une pièce
de théâtre sur Spartacus.
Plusieurs même, entre le XVIIIe s. et... jusqu'à
une date récente. Je rappellerais la comédie
(?) musicale d'Elie Chouraqui, musique de Maxime
le Forestier, l'année passée. Je n'ai
pas été voir le spectacle à
Paris (…), la BD qu'on en a tiré est
nulle, mais le CD, mes amis, un pur bonheur : en
particulier le chant de Batiatus : "Je
veux des hommes... qui relèvent la tête...
quand on les fait ramper" ! Je l'associe
volontiers à cette BD un peu barge, 300,
dont j'ai parlé à propros des Thermopyles.
N'ayant pas vu le spectacle de Chouraqui, j'associe
aux chansons les images qui me viennent spontanément
à l'esprit, celles de ces grosses brutes
de Spartiates relookés façon heroic
fantasy de ce comic américain (…)
SPARTACUS
AU THÉÂTRE
- RACINE, Mithridate
(brève mention de Spartacus).
- Bernard-Joseph SAURIN
(1706-1781), Spartacus (pièce
présentée le 20 février
1760).
- LAMARTINE, Toussaint-Louverture
(pièce représentée à
Paris au théâtre de la Porte-Saint-Martin
le 6 avril 1850 - allusions à Spartacus).
- Edgard QUINET (1803-1875),
Les esclaves (1853).
- Urbain GOHIER, Spartacus
(1905 - semble inspiré du roman Spartacus
de Rafaelo Giovagnoli). Texte publié
dans les Cahiers de la Quinzaine, 12e
cahier, 1905.
- Eric KAHANE, Spartacus
ou l'utopie désespéré».
Mise en scène Jacques WEBER en 1983.
Texte publié dans L'Avant-scène,
Théâtre, nÁ 731, 1er juin 1983.
- Bernard DAMIEN, La
geste de Spartacus, 1983. Création
: Minuscule Théâtre/Centre Bruegel,
Bruxelles, 27 septembre 1983. Avec Bernard DAMIEN
(Spartacus) et Ilma DE WITTE (la magicienne).
- Jean-Luc JEENER, Spartacus,
1985. Créé au théâtre
André Malraux, Rueil-Malmaison, le 30
mai 1985. Avec Dominique ECONOMIDÈS (Spartacus).
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| RÉPONSE : |
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| Pour la forme de mon site, je prends
bonne note de vos remarques. J'en tiendrai certainement
compte quand je moderniserai la mise en page de ces "Empereurs
romains"
Mais ce n'est pas pour toute suite car,
actuellement, je préfère consacrer le temps
dont je dispose à l'enrichissement du contenu plutôt
qu'à la forme qui, de toute façon et quoi
que je fasse, ne fera jamais l'unanimité
"De gustibus et coloribus, etc.", on connaît la
rengaine
NOTE DU
WEBMASTER (28 novembre 2005)
Cette "modernisation"
est depuis longtemps achevée.
J'espère que cette nouvelle mise en pages,
plus sobre - fond jaune clair, texte noir -, ménagera
davantage les pauvres yeux des visiteurs de mon
site…
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Spartacus
Je n'ai pas étudié
la question, mais j'ai bien l'impression que
les sources antiques doivent encore être
plus évasives à son sujet que
pour cette belle Lollia Paulina qu'évoque
M. Eloy dans son brillant
article - il faut dire qu'en l'occurrence,
les Romains n'avaient guère de quoi
se glorifier : des armées entières
tenues en échec, pendant plus de deux
ans, par de vulgaires esclaves ! En ce qui
concerne les sources romanesques, j'ai ici,
sous la main, un petit bouquin "Marabout Junior"
(ça ne nous rajeunit pas) écrit
par Michel Duino et intitulé Spartacus,
fléau de Rome
Des aventures
épiques qui bercèrent ma jeunesse,
il y a presque quarante ans !
Je peux aussi vous signaler, L'Étreinte
de Némésis (10/18 n°
3064), un excellent "polar antique" de Steven
Saylor où le "privé" romain
Gordien enquête sur un meurtre peut-être
relié, d'une façon ou d'une
autre, à la révolte de Spartacus
Je n'en dirai pas plus afin de préserver
votre plaisir de lecture.
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| Addendum
(28 novembre 2005)
Cetherine SALLES
73 av. J.-C., Spartacus et la révolte
des gladiateurs
Editions
Complexe, 1990 et 2005)
4e
de couverture :
Au cours de l'été 73 avant
J.-C. une poignée de gladiateurs
échappés de l'École
de Capoue entraînent avec eux
des milliers d'esclaves dans une guerre
contre leurs maîtres. Pendant
plus de deux ans, ils tiennent en échec
les légions romaines sur une
grande partie du territoire italien.
Cette expérience sera tellement
humiliante pour Rome que les documents
antiques sont presque muets sur cette
épopée extraordinaire
qui se termine par la vision sanglante
de six mille esclaves crucifiés
sur la Voie Appienne.
Comment s'explique l'immense succès
de cette révolte servile qui
ne fut pourtant pas la seule à
ébranler la Rome antique ? L'État
romain était-il malade de ses
victoires ? Quelle était l'importance
économique de l'esclavage ? L'esclave
était-il encore considéré
comme un homme ou bien comme un simple
objet ? Enfin, pourquoi Spartacus, que
Rome rejeta dans l'obscurité,
a-t-il pu bénéficier de
l'étonnante fortune posthume
que l'on sait, au point de devenir,
au fil des siècles, le symbole
quasi légendaire de la révolte
pour la liberté, de l'Antiquité
à Rosa Luxemburg ?
« Catherine Salles reprend
avec talent le dossier Spartacus,
faisant le point aussi bien sur l'homme
que sur la difficile question du statut
de l'esclavage dans l'Antiquité.
» - Lire
Agrégée de Lettres classiques,
docteur d'État ès Lettres,
Catherine Salles est maître de
conférences à l'Université
de Paris X Nanterre. Elle est l'auteur,
entre autres, de Quand les dieux
parlaient aux hommes (2003), La
Vie des Romains au temps des Césars
(2004) et Les Bas-Fonds (le l'Antiquité
(rééd. en 2004) |
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| J'ai également
trouvé sur internet, dans une page "en cache"
du moteur de recherche "Google", cette courte bibliographie
que je me permets de vous livrer, puisque le site
où elle figurait originellement ne semble plus
accessible aujourd'hui. Comme vous le verrez, elle
rassemble aussi bien des sources antiques qu'historiques
ou "fictionnelles"… |
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- APPIEN, Les guerres civiles à Rome
(ed. J-I. Combes-Dounous), 2 vol., Paris, Les
Belles-Lettres, 1993 et 1994
(Le récit d'un historien du IIe siècle).
- BRADLEY Keith, Slavery and Rebellion in the
Roman World, 140BC-70BC, Indianapolis, Indiana,
Univ. Press, 1989.
- BRION Marcel, La révolte des gladiateurs,
Paris, Amiot-Dumont, 1952.
- BRISSON Jean-Paul, Spartacus, Paris,
Club français du Livre, 1969.
- DUINO Michel, Spartacus, fléau de
Rome, Verviers, Gérard, 1958.
- DUMONT Jean-Christian, Servus. Rome et l'esclavage
sous la République, Rome, Ecole Française
de Rome, 1987.
- FAST Howard, Spartacus (trad. Jean Rosenthal),
Nantes, L'Atalante, 1999.
(Le roman adapté par Kubrick à l'écran).
- FLORUS, Histoire romaine (ed. P. Jal)
Paris, Les Belles-Lettres.
- GUARINO Antonio, Spartaco, analisi di un
mito, Napoli, Liguori, 1979.
- GUNTHER R., Der Aufstand des Spartacus,
Köln, 1980.
- KEREL Willem, Spartacus. Petite histoire
populaire de la révolte des esclaves contre
Rome, Bruxelles, L'Eglantine, 1932.
- KOESTEL Arthur, Spartacus (trad. d'Albert
Lehman), Albert Somogy, 1945.
- MARTIN Jacques, Le fils de Spartacus,
Tournai, Casterman, 1975
(La BD du célèbre Alix).
- MEISSNER A. G., La guerre de Spartacus en
trois campagnes, Paris, 1832.
- PLUTARQUE, Vie de Crassus (ed. R. Flacelière),
Paris, Les Belles-Lettres, 1972 (Tome 7 des Vies
parallèles).
- SALLES Catherine, Spartacus et la révolte
des gladiateurs, Bruxelles, Ed. Complexe,
1990 (rééd. 2005 - voir ci-dessus)
- SCHMIDT Joël, Spartacus et la révolte
des gladiateurs, Paris, Mercure de France,
1988.
- STAMPACCHIA Giulia, La tradizione della guerra
di Spartaco da Sallustio a Orosio, Pise, Giardini,
1976.
- WALLON Henri, Histoire de l'esclavage dans
l'Antiquité, Paris, Robert Laffont,
1988.
- YAVETZ Zvi, Slaves and Slavery in Ancient
Rome, Oxford, Transaction Book, 1988.
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| 5 Février 2003 |
| Luc
a écrit : |
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| Le 26
janvier dernier, vous répondiez à Caroline,
ma compatriote québécoise que : "Bien
que papa Ptolémée et maman Cléopâtre
fussent les souverains du beau, grand et riche pays d'Égypte,
ils n'étaient pas Égyptiens pour un sou
: leur famille venait de Macédoine (au Nord de
la Grèce). Quand la petite Cléopâtre
vint au monde, les Ptolémées régnaient
sur l'Égypte depuis plus de 250 ans."
Ce n'est pas la première
fois que je lis cette affirmation que Cléopâtre
était Macédonienne et non Égyptienne.
J'ai de la difficulté à comprendre comment
Cléopâtre, étant née en Égypte,
de parents nés en Égypte depuis 250 ans,
ne serait pas considérée comme Égyptienne.
Est-ce qu'en 250 ans, les membres de la dynastie Lagide
ne se sont pas adaptés au mode de vie égyptien
? |
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| RÉPONSE : |
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| Prenez l'exemple de mon pays, la Belgique.
La dynastie qui occupe le trône royal depuis maintenant
près de 172 ans est d'origine allemande : ce sont
des Saxe-Cobourg. De plus, les six rois des Belges épousèrent
tous des princesses originaires de quatre coins de l'Europe
: de France, d'Autriche, de Bavière, de Suède,
d'Espagne, et d'Italie. Donc, rien de très authentiquement
"belgicain" là-dedans
Et pourtant, il ne
viendrait à l'idée de personne, même
du plus allumé des républicains locaux,
d'affirmer sans rire que notre brave roi Albert II n'est
pas un vrai Belge pur jus !
Vous conviendrez sans peine qu'il est difficile de comparer
notre bon roi Albert avec la belle Cléo - même
à vue de nez, si je puis me permettre cette impertinence.
L'Égypte antique ne ressemblait en rien à
l'Europe occidentale contemporaine, et ce n'est pas parce
que sa famille gouvernait l'Égypte depuis des lustres
que Cléopâtre était (ou qu'elle
se sentait) réellement Égyptienne.
En fait, si l'on voulait hasarder une comparaison historique
pour illustrer la situation "identitaire" des Ptolémées
d'Égypte, ce n'est pas du côté de
la Belgique du XXIe siècle qu'il faudrait se tourner,
mais plutôt en direction de l'Angleterre du XIe
siècle.
Après la bataille d'Hastings (1066) où
il vainc et tue le roi saxon Harold, le duc de Normandie
Guillaume le Bâtard - désormais "le Conquérant"
- s'empare de l'Angleterre, son butin de guerre. Mais
il ne devient pas pour autant "Anglais", loin de là
!
Il ne prend pas la peine d'apprendre la langue
de ses sujets, ces rustres qu'il a battu à plates
coutures, mais, au contraire, il impose le "français"
(en fait, le dialecte franco-normand) comme langue officielle,
tant à la cour qu'à la ville. Ce sont les
nobles normands qui vont diriger le pays, et si, par hasard,
un Saxon veut accéder à de hautes fonctions,
il doit préalablement apprendre le langage des
maîtres normands (voir l'exemple de saint Thomas
Beckett, archevêque de Canterbury). Cette domination
"française" sur l'Angleterre se poursuivra au XIIe
siècle (avec l'accession au trône de la dynastie
angevine des Plantagenêt et l'arrivée d'un
nouveau contingent de nobles d'Anjou et d'Aquitaine),
continuera au XIIIe siècle, et se prolongera encore
pendant une bonne partie du XIVe siècle ("Honni
soit qui mal y pense !", s'exclamera - en français
- le roi d'Angleterre Édouard III en remettant
en place la jarretière, malicieusement mouvante
-et émouvante -, de la jolie comtesse de Salisbury).
À cela près que la belle Cléo ne
portait pas de jarretières, la domination des Ptolémées
sur l'Égypte peut se comparer à celle que
les dynasties normande et angevine exercèrent sur
l'Angleterre. Le roi de Macédoine Alexandre le
Grand s'était emparé du pays du Nil par
droit de conquête. Et quand le premier de Ptolémées,
un des principaux lieutenants du grand Alex, succéda
à son chef sur le trône des Pharaons, il
ne renia pas pour autant ses origines macédoniennes
dont il était d'ailleurs très fier. Il s'installa
sa cour à Alexandrie, ville entièrement
grecque, et gouverna son pays "en grec", prenant à
son service des Grecs, considérés comme
l'élite de la population, ou des autochtones hellénisés.
Quant aux contacts directs du roi grec avec ses sujets
"barbares" (au sens premier du mot, c'est-à-dire
qui s'exprimaient dans un idiome incompréhensible),
ils se limitaient à peu de chose : les Égyptiens,
prosternés le nez dans la poussière, ne
pouvaient guère entrevoir leur souverain que les
rares fois où il quittait ses luxueux palais d'Alexandrie-la-Grecque.
Car, bien sûr, les Ptolémées ne manquèrent
pas de s'approprier tous les attributs de l'ancienne monarchie
égyptienne. Il se firent adorer comme des dieux
vivants par le peuple soumis, et, dans les temples qu'ils
édifièrent à leur gloire, des bas-reliefs
colorés les montrèrent discutant d'égal
à égal avec les plus grands dieux du panthéon
égyptien, à l'instar des pharaons qui les
avaient précédés sur le trône
d'Égypte. Ces concessions aux coutumes (présumées
barbares) d'un pays "sous la botte" leur
conféraient cette légitimité de nature
divine qui était, finalement, la seule qui comptait
aux yeux des autochtones : peu importait en effet aux
fellahs que le "Pharaon Ptolémée" fût
un étranger puisqu'il était, aussi et surtout,
fils de dieu et dieu incarné !
Quant à Cléopâtre, nous ne savons
pas si elle se sentait "Grecque", "Macédonienne"
ou "Égyptienne"
et nous ne saurons jamais
! Cependant, une chose est certaine : même si elle
ne l'a pas fait (car elle parlait, disait-on, tant de
langues qu'elle n'avait jamais besoin d'interprètes),
notre Cléo aurait très bien pu passer toute
sa vie à Alexandrie sans prononcer le moindre mot
d'égyptien, ni côtoyer le moindre Égyptien
de souche
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Dans son excellent livre Cléopâtre,
ou le rêve évanoui, Benoist-Méchin
parle de la dernière reine d'Égypte
comme d'une "Grecque orientalisée",
et la décrit ainsi tandis qu'elle fait découvrir
la vallée du Nil à son amant, le grand
Jules César : "Nonchalamment étendus
sur des divans de soie et protégés
du soleil par des tentures de pourpre, César
et Cléopâtre se rafraîchissaient
en vidant des coupes que les échansons remplissaient
aussitôt de neige pilée et d'ambroisie,
tandis que le navire royal poursuivait son voyage,
bercé par le bruissement des harpes et le
chant des rameurs. Sortant de leurs sanctuaires,
des processions de prêtres et de prêtresses
venaient à sa rencontre, désireux
de rendre hommage à leur souveraine. Car
si Cléopâtre n'était à
Alexandrie qu'une jeune princesse macédonienne,
rieuse et enjouée, ici elle était
Isis, la déesse incarnée. L'uréus
qu'elle portait au front en était le témoignage.
Les foules se massaient en chantant le long des
berges et couraient après le bateau, dans
un crépitement joyeux de sistres et de tambourins
qui se poursuivait longtemps après qu'il
fut passé. À chaque halte, les officiants
des temples venaient se prosterner devant elle et
lui demandaient de répandre sur leurs têtes
les bénédictions du Très-Haut".
(Benoist-Méchin, Cléopâtre
ou le rêve évanoui, Perrin, 1977
- 1996). |
Princesse macédonienne pour les Grecs d'Alexandrie,
Cléopâtre était donc aussi, aux yeux
de son peuple, une déesse "supranationale". Mais,
pour les Romains elle était bien "l'Égyptienne",
ou mieux encore "la sorcière égyptienne"
ou la "putain du Nil"
À vous de choisir ! |
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| 6 Février 2003 |
| Françoise
a écrit : |
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| Je cherche de la documentation
sur la vie après la mort chez les Romains
! |
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| RÉPONSE : |
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| Je n'ai pas trouvé de sites internet spécifiquement
consacrés à cette question, mais voici quelques
renseignements d'ordre très (trop) général
qui vous permettront peut-être d'orienter vos recherches
ultérieures.
Tout d'abord, les croyances des anciens Romains ne se
distinguaient pas fondamentalement de celles des Grecs,
qui s'étaient répandues très tôt
en Italie. À partir des années tardives
de la République (IIIe - Ier siècle av.
J.-C.), l'ensemble du monde gréco-romain partageait
donc, grosso modo, les mêmes vues religieuses
et philosophiques sur l'au-delà.
En fait, il n'existait pas de croyance imposée,
pas de dogme religieux en cette matière. On se
résignait au caractère mortel de l'humanité,
et on acceptait assez généralement l'idée
d'une certaine survivance après la mort, mais à
partir de là, les opinions divergeaient, et de
nombreuses idées souvent contradictoires coexistaient.
Certains, fidèles aux anciennes traditions grecques
et romaines, pensaient que les morts vivaient encore dans
leur tombe, et qu'il convenait de leur apporter des offrandes.
Mais beaucoup, surtout parmi les couches les moins instruites
de la société, s'étaient ralliés
à l'hypothèse mythologique selon laquelle
les morts habitaient sous terre, dans le royaume d'Hadès
et de Perséphone (Pluton et Proserpine pour les
Romains), et que tous, bons ou mauvais, y menaient une
existence sans joie
Toutefois, d'autres croyaient
que des héros, des mortels privilégiés,
échappaient au sort commun et gagnaient, après
leur mort terrestre, les Champs-Élysées,
ou les Ïles des Bienheureux, pays de Cocagne
où ils vivaient éternellement, joyeusement,
et confortablement.
Petit à petit, à partir du VIe siècle
av. J.-C., se développa aussi l'idée que,
dans le royaume d'Hadès, les morts étaient
jugés selon leurs mérites (les trois juges
étant Minos, Éaque et Rhadamanthe), et que
les dieux pouvaient être influencés ou apaisés
par les prières et les sacrifices des hommes. Les
méchants étaient sans exception précipités
aux Enfers (ou dans le Tartare). Pour les bons, les opinions
variaient : certains les imaginaient partageant les joies
des demi-dieux des Champs-Élysées, d'autres
parlaient de réincarnation ou de transmigration
des âmes, la droiture dans une vie étant
la condition du bonheur dans la vie suivante.
Mais, si ces croyances étaient partagées
par la plus grande partie de la population, beaucoup de
philosophes se montraient très sceptiques à
l'égard de ces mythes qu'ils considéraient,
peu ou prou, comme des contes des bonnes femmes. Au XVIIIe
siècle, le malicieux Voltaire, a traduit en français
quelques vers latins qui se font l'écho du scepticisme
militant de certains des plus grands auteurs de l'Antiquité
romaine (citations tirées du Dictionnaire philosophique
de Voltaire, article Enfer - voir ici : Clic
!) :
| Heureux qui peut sonder les lois de la
nature,
Qui des vains préjugés foule aux
pieds l'imposture ;
Qui regarde en pitié le Styx et l'Achéron,
Et le triple Cerbère, et la barque à
Caron.
(Virgile, Géorgiques) |
Et :
| Le palais de Pluton, son portier à
trois têtes,
Les couleuvres d'enfer à mordre toujours
prêtes,
Le Styx, le Phlégéton, sont des
contes d'enfants,
Des songes importuns, des mots vides de sens.
(Sénèque, Troade) |
Ou encore :
| Ils conjurent ces dieux qu'ont forgés
nos caprices ;
Ils fatiguent Pluton de leurs vains sacrifices
;
Le sang d'un bélier noir coule sous leurs
couteaux :
Plus ils sont malheureux, et plus ils sont dévots.
(Lucrèce, De la Nature) |
Le grand philosophe grec Platon (Ve siècle av.
J.-C.) avait doté l'homme d'une âme immortelle,
mais sans préciser la nature exacte de cette immortalité.
Son successeur et disciple (un peu ingrat) Aristote admit
aussi que l'âme humaine était immortelle
mais en partie seulement. Épicure, lui, affirma
au contraire que l'âme était mortelle puisque
composée d'atomes comme tout le reste du corps
humain. Quant aux stoïciens (qui, à partir
du IIe siècle ap. J.-C. convertirent à leur
doctrine l'élite de la société romaine,
empereur compris : Marc
Aurèle, par exemple), ils estimaient que la
mort n'était pas nécessairement un mal,
admettaient que l'âme puisse survivre au corps,
mais refusaient d'entrer dans de vaines discussions philosophiques
sur ces matières par nature insaisissables. Pour
eux, les plus important était de vivre dignement
; la meilleure manière d'acquérir l'immortalité
étant de laisser une trace dans la mémoire
des hommes. Comme dit si éloquemment cet autre
grand philosophe stoïcien que fut le général
Maximus (du film Gladiator) : "Ce que l'on fait
dans sa vie résonne dans l'Éternité
!"
Cependant, comme le conclut justement l'auteur de l'article
d'où j'ai puisé l'essentiel de ces renseignements,
ce furent précisément "ces spéculations
philosophiques sur l'âme qui prêtèrent
de la force aux enseignements des religions à mystères.
Ces religions, qui se développèrent à
la période hellénistique et s'épanouirent
encore plus à l'époque romaine, offraient,
en même temps que la promesse d'un bonheur plus
grand dans ce monde, un au-delà heureux ; quoi
que l'on en pensât, elles aidèrent ainsi
à entretenir le sentiment, qui était une
caractéristique des croyances religieuses de l'Antiquité
tardive, que l'âme survivait à la mort."
(Université d'Oxford, Dictionnaire de l'Antiquité,
article au-delà, Édition Robert Laffont,
coll. Bouquins"). |
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| 7 Février 2003 |
| Noémie et
Sophie ont écrit : |
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| Nous sommes des élèves
latinistes de 3e, du collège Albert Thomas d'Égletons,
en Corrèze.
Nous traduisons des textes latins
en français sur une page du site Web Usquam
- Nusquam que les lycéens nous ont réservée.
Le texte que nous avons traduit est un extrait De la
colère de Sénèque et évoque
Auguste, premier empereur de Rome. |
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| 12 Février 2003 |
| Josselin a écrit : |
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| J'ai un petit problème
: j'ai du mal à discerner les deux ou trois empereurs
les plus importants de chaque dynastie (les plus tyranniques,
prestigieux
). |
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| RÉPONSE : |
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| Déterminer quel empereur est "important" et
quel autre est "négligeable" ? Un choix est toujours
subjectif. De plus, cette démarche va quelque peu
à l'encontre d'un des objectifs de mon site, qui
est, justement, de mieux faire connaître ces empereurs
romains traditionnellement considérés comme
"moins importants"
Enfin, on peut toujours essayer,
mais sans garantie, car c'est raiment très subjectif,
tout ça !
1 Dynastie
Julio-Claudienne :
- Auguste.
C'est le tout premier "vrai" empereur romain
Mais moi, personnellement, je préfère
Tibère
: excellent général, homme d'état
consciencieux, et injustement agoni d'injures par
la postérité !
2. Dynastie
flavienne :
- Vespasien.
Le fondateur de cette dynastie qui ne compte d'ailleurs
que trois empereurs.
3. Dynastie
dite "des Antonins" :
Là, c'est plus compliqué. C'est qu'ils
sont presque tous "importants", ces bougres d'Antonins
!
- Trajan
porta l'Empire romain à sa plus grande extension
territoriale ; Hadrien
fut peut-être le plus intelligent de tous les
empereurs romains ; le règne d'Antonin
le Pieux est considéré comme l'âge
d'or de l'Antiquité romaine ; on lit encore
aujourd'hui les uvres morales de l'empereur-philosophe
Marc
Aurèle, et Commode,
son dégénéré de fils,
a été remis à la mode par le
film Gladiator
4. Dynastie
des Sévères :
5. Époque
de l'Anarchie militaire :
- Gallien,
un autre empereur abondamment calomnié, mais
qui initia d'importantes réformes structurelles,
annonciatrices de celles de Dioclétien.
6. Les
empereurs illyriens :
- Aurélien
et Probus
peuvent être comptés parmi les plus grands
généraux de l'histoire militaire romaine.
7. La
Tétrarchie :
- Dioclétien,
qui inventa ce système de gouvernement assez
biscornu, avec quatre empereurs régnant en
même temps. Une belle pagaille en perspective
!
8. La
Dynastie Constantinienne :
- Constantin
le Grand qui transforma l'empire romain en empire
chrétien
- Et aussi Julien
l'Apostat, qui voulut rétablir le culte
des dieux "païens" et fut presque un aussi grand
philosophe que Marc Aurèle.
9. Dynasties
Théodosienne et Valentinienne :
- Théodose
le Grand. Il fut le dernier à régner
sur tout l'Empire romain, tant en Occident qu'en Orient.
Après Théodose, les empereurs ne sont plus
que fantoches. En réalité, le pouvoir se
trouve aux mains de militaires, le plus souvent d'origine
barbare. |
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