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Sommaire Janvier 2003 :
- 2 Janvier :
- Lionel émet quelques critiques quant à
la forme de ce site, quelques objections quant à
sa conception anti-sénatoriale de l'histoire romaine,
puis évoque l'association Vox Latina ainsi que
la reconstruction de l'Amphithéâtre flavien : Clic !
- Les conséquences de l'évincement progressif
du Sénat : Clic !
- Quid du manque de lisiblité de ce site ? : Clic !
- Dans la ligne de Vox Latina ? : Clic !
- Va-t-on reconstruire le Colisée ? : Clic !
- 5 Janvier :
- Combien de provinces faut-il pour former un diocèse,
et combien de diocèses pour une préfecture
? : Clic !
- 7 Janvier :
- Un décret sénatorial anti-chrétien
dès 35 ap. J.-C. ? : Clic !
- 8 Janvier :
- "Empereurs", "Empire", "Principat", "Dominat" : un vrai
casse-tête ! Quelques mots pour tenter d'y voir
plus clair
: Clic !
- 10 Janvier :
- Où trouver des sites consacrés à
l'apprentissage du latin ? : Clic !
- 10 Janvier :
- Pourquoi Tacite et Suétone étaient-ils
si violemment hostiles aux Julio-claudiens ? : Clic !
- 10 Janvier :
- L'identité romaine des citoyens de l'Empire -
Stilicon, Hun ou Vandale ? - Des sites sur les explorations
romaines en Chine
ou en Amérique ? : Clic !
- Les habitants de l'Empire se sentaient-ils "Romains"
? : Clic !
- Comment ressentirent-ils les Grandes invasions ? : Clic !
- Stilicon : un Vandale, naturellement ! Suis-je bête
: Clic !
- Explorations romaines : pas de pow wow pour Caius
Bonus
mais peut-être un bol de riz ! : Clic !
PAGE
SUIVANTE
- 11 Janvier :
- DE MURENA À LOLLIA PAULINA, un article
de Michel Eloy sur la BD Murena, de Dufaux et Delaby
: Clic !
- 12 Janvier :
- À la recherche d'un "historien latin tardif'
Probablement Ammien Marcellin : Clic !
- 13 Janvier :
- Camille a "tout lu" et se pose quelques questions sur
les guerres civiles romaines, sur l'expansion des Romains
en Afrique, sur leur connaissance de l'Asie, sur le nombre
de pièces mises en circulation et sur les occupations
des jeunes Romains : Clic !
- Pourquoi les Romains se massacraient-ils si volontiers
entre eux, en particulier lors du massacre de Thessalonique
? : Clic !
- Pourquoi les Romains n'ont-ils conquis que le Nord de
l'Afrique ? : Clic !
- Les Romains connaissaient-ils l'Asie, en particulier
l'Inde ou la Chine ? : Clic !
- Y avait-il assez de pièces de monnaie pour tous
les habitants de l'Empire ? : Clic !
- Et les jeunes (riches) Romains, qu'est-ce qu'ils fichaient
toute la sainte journée ? : Clic !
- 16 Janvier :
- Une autre hypothèse pour l'usurpateur Sibannacus
: Clic !
- 16 Janvier :
- Domitia Lepida, tante de Néron - Son influence
sur son jeune neveu ? : Clic !
- 20 Janvier :
- À votre avis, quel est le plus beau péplum
? : Clic !
- 21 Janvier :
- Un site pour apprendre le latin : Clic !
3e
PAGE
- 21 Janvier :
- La Chute de l'Empire romain : la faute au plomb ? : Clic !
- 24 Janvier :
- Julien dit "l'Apostat" : pourquoi cautionner
cette insulte sectaire ? : Clic !
- 26 Janvier :
- Des infos un peu "people" sur Cléopâtre
: Clic !
- 28 Janvier :
- Pompes aspirantes-foulantes, feu grégeois et
poudre noire
: Clic !
- 29 Janvier :
- Réforme grégorienne : pourquoi le pape
Grégoire XIII modifia-t-il le calendrier du grand
Jules ? : Clic !
RECHERCHE
DANS LE SITE
"EMPEREURS ROMAINS"
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| 2 Janvier 2003 |
| Lionel a écrit : |
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| 1.
Je suis d'avis que l'on demande au Sénat de te décerner
un triomphe, avec banquet et maintes libations à
Jupiter pour te féliciter de ton site. Tu dis que
tu n'es pas un "amateur fanatique, monomaniaque, polarisé
et nostalgique de la civilisation romaine". C'est tout à
ton honneur. Moi qui le suis un peu, jamais j'aurais eu
la patience toute stoïcienne de faire un site comme
le tien.
Autre chose, dans une réponse
du 28 juillet 2002 (ton idée de répondre individuellement
et doit d'ailleurs être saluée), tu dis que
"l'instauration du pouvoir impérial fut en bonne
partie le triomphe du parti "populaire" qui mit fin au pouvoir
égoïste et arbitraire des aristocrates du Sénat,
au plus grand soulagement du petit peuple romain et des
nations soumises à Rome. Mais, naturellement, les
théoriciens "républicains" du XIXe siècle
ne pouvaient concevoir qu'une "monarchie autoritaire" fût
finalement (relativement) plus "démocratique" qu'une
"république sénatoriale."
Ne m'en veux pas si, en lisant ces
lignes, j'ai sorti mon gladius. Le déficit de
pouvoir du Sénat n'a fait que remettre l'égoïsme
et l'arbitraire entre les mains du Princeps. Et je ne crois
pas que ce fût un si grand soulagement pour le petit
peuple. Après Auguste, le Peuple Romain est complètement
et définitivement dépossédé
de ses prérogatives politiques. Le soldat-citoyen
n'existe plus et les comices et les tribuns de la plèbe
sont réduit au silence. Quant à la différence
que tu fais entre "monarchie autoritaire" et "république
autoritaire", elle n'a aucun sens dans le cadre de l'Histoire
romaine. Tout au plus, on peut dire que la République
et l'Empire (et l'Antiquité en général)
étaient plus libéraux, au niveau des libertés
individuelles, que la société féodo-vassalique.
Mais parler d'autoritarisme ou de démocratie, c'est
un non-sens. |
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| RÉPONSE : |
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| Si c'est le Sénat qui doit m'accorder les honneurs
du triomphe, je crains bien, après tout le mal que
j'ai dit de lui, que cette cérémonie soit
remise aux calendes grecques !
D'après ce que tu m'écris, tu parais fort
prompt à défourailler ton glaive. Pire que
Spartacus et que le général Maximus (du film
Gladiator) réunis ! Et pourtant, nous sommes,
ce me semble, à peu près d'accord sur l'essentiel.
En effet, ma "sortie" du 28 juillet (voir ici : Clic
!), que tu juges viscéralement anti-sénatoriale,
visait surtout à indiquer qu'il est absurde rechercher
des similitudes entre ce que les anciens nommaient "république,
démocratie, empire" et leurs équivalents modernes.
Ce qui semble être également ton avis.
Pour le reste, c'est-à-dire savoir si la plèbe
fut plus heureuse, plus libre et plus influente sous l'Empire
que sous la République finissante (je ne parle pas
des temps reculés et héroÏques, où
les citoyens-soldats défendaient Rome contre les
Carthaginois ou conquerraient l'Italie), on peut, bien sûr,
en discuter longuement
et rester chacun sur sa position
puisqu'il n'existe pas d'argument décisif, ni dans
un sens, ni dans l'autre. Cependant, et même si, comme
tu le soulignes justement, l'avènement de l'autorité
impériale priva le Peuple romain de tout pouvoir,
son poids "politique" (ou pour parler plus justement, sa
"capacité de révolte") resta cependant assez
impressionnant pour que certains empereurs le détournent
à leur profit pour contrecarrer les velléités
"réactionnaires" du Sénat. (Excuse ces anachronismes
qui fleurent un peu la dialectique marxiste !).
Il n'en demeure pas moins que, depuis le Ier siècle
av. J.-C., la réalité du pouvoir n'appartenait
plus ni au Sénat ni au Peuple romain, mais à
l'armée. C'est grâce à elle que des
généraux ambitieux, tels Sylla, Pompée
ou César
devinrent, un moment, les maîtres de Rome. Ensuite,
les soldats n'obéirent plus que quand ils le voulaient
bien, c'est-à-dire quand ils y trouvaient profit,
aux successeurs de ces imperatores, à ces
"empereurs" qu'ils tenaient pour leurs débiteurs.
Et enfin, ils finirent par désigner eux-mêmes
celui qui devait régner sur le monde romain - et,
quand on leur faisait encore l'honneur de les consulter
à ce sujet, les dignes Pères conscrits, tremblants
comme feuilles mortes sur leurs chaises curules, n'avaient
plus qu'à ratifier le choix de l'armée en
opinant du chef, de peur de le perdre
Mais naturellement,
il ne faut pas en déduire pour autant que l'Empire
romain fut une "dictature militaire" ; ce serait là
un nouvel anachronisme qui te ferait à nouveau dégainer
plus vite que ton ombre ! |
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| 2.
J'aurais voulu savoir si tu étais plus ou moins dans
la ligne de Vox Latina (promotion de l'entente entre
les peuples latins) ou dans le courant philosophico-politique
qui dit que le salut de l'Europe ne serait être autre
que son encrage à ses origines les plus profondes,
à savoir le bassin méditerranéen (cf.
Rémy Brague: Europe, la voix romaine). |
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| RÉPONSE : |
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| Ne connaissant pas cette Vox Latina, je
serais bien incapable d'être "dans sa ligne". D'ailleurs,
je ne fais partie d'aucune association, groupe, ligue, mouvement,
courant, etc
et préfère garder mon indépendance
d'esprit ("Ce sont les moules qui adhèrent"
disait, je crois, Paul Valéry). Je suis certes très
heureux de m'exprimer dans une langue romane de diffusion
internationale comme le français, et parfois très
ému de retrouver des racines latines dans ce patois
wallon, ce "latin qui est venu à pieds jusque
chez nous", comme dit le poète Julos Beaucarne,
que parlent encore bien des braves gens de mon patelin natal
mais mon "engagement latinophile" s'arrête là.
Quant aux projets de reconstruction de l'amphithéâtre
flavien, je n'en au jamais entendu parler
Mais,
à mon avis, le Vatican ne doit pas voir cela d'un
il des plus bienveillant ! |
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| 3.
Je conçois qu'il ne serait pas très séant
de ma part de critiquer ton site mais j'ai tout de même
quelques reproches à faire. Ton site gagnerait
à être plus lisible. Les liens qui ouvrent
une autre fenêtre, ceux qui renvoient à la
même page, les gros "Clic !" et le jaune sur fond
noir, entre nous, c'est pas très romain.
Une dernière question: que
sais-tu sur l'éventuelle reconstruction de l'amphithéâtre
flavien ? |
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| RÉPONSE : |
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| Il est vrai que les couleurs de mon site n'ont rien
de "romain", et peut-être les changerai-je un jour
Mais c'est vraiment un très gros boulot. Aussi je
préfère actuellement consacrer mon temps -
qui n'est, hélas, pas illimité - au contenu
(réponses au courrier, nouvelles notices, mise à
jour des liens) plutôt qu'à la refonte d'une
mise en forme, certes discutable, mais qui, du moins,
semble satisfaire la majorité de mes visiteurs. Quant
à ces gros Clic !, je suis le premier à
reconnaître que leur effet n'est pas des plus heureux
Mais c'est le seul moyen de j'ai trouvé d'éviter
que des liens hypertextes s'étendent sur des phrases
entières. Pour les liens qui s'ouvrent dans une autre
fenêtre, les avis de mes visiteurs sont partagés
: certains apprécient, d'autres détestent
et c'est un dispositif que, personnellement, j'apprécie
lorsque je visite d'autres sites car il permet de revenir
rapidement à la page principale après consultation
d'une autre page. Et enfin, pour ces liens répétitifs
qui renvoient vers une même page, j'avoue que me suis
inspiré (comme pour d'autres choses d'ailleurs, exception
faite des textes des notices) de l'excellent site américain
"De
Imperatoribus romanis qui, d'ailleurs, est encore plus
systématique que moi puisqu'il établit en
lien à chaque occurrence d'un nom, alors que je ne
le fais, en général, qu'une fois par paragraphe. |
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| 5 Janvier 2003 |
| Bidzina
a écrit : |
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| Je sais que dans l'Empire Romain,
les territoires ont été divisés en
Préfectures, Diocèses et éparchies,
mais je n'ai pas trouvé l'ouvrage pour savoir en
combien de diocèses furent divisés les
préfectures et combien d'éparchies constituaient
un diocèse. |
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| RÉPONSE : |
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| Effectivement, ce n'est pas toujours très évident
de s'y retrouver dans les réformes territoriales
de Dioclétien.
Cette page de mon site (Clic
!) contribuera peut-être à éclairer
votre lanterne à ce sujet. Elle reprend la liste
des Préfectures du prétoire, des diocèses
et des provinces (ou éparchies) à l'époque
de la Tétrarchie. Je vous conseille également
cette page du site d'Émilia
Robin qui explique les réformes administratives
de Dioclétien (Clic
!).
Comme vous pouvez le constater, Dioclétien n'initia
nullement un regroupement "mathématique" de territoires,
où chaque Préfecture aurait compté
un nombre précis de diocèses, et chaque
diocèse un nombre identique de provinces ! En réalité,
les précoccupations de l'empereur étaient
d'un tout autre ordre : les provinces devaient être
plus facilement gouvernables (et procurer moins de richesses
tentatrices à leurs gouverneurs), et, par conséquence,
ne devaient pas être trop vastes. C'est pourquoi,
de nombreuses provinces furent divisées en deux,
et leur nombre total fut quasiment doublé (avant
Dioclétien,
l'Empire romain comptait une cinquantaine de provinces
: après lui, une centaine). Quant aux diocèses
et aux préfectures, ce furent des impératifs
strictement géographiques, et non arithmétiques
qui présidèrent à leur institution.
Ce qui explique que le nombre de provinces par diocèses
et de diocèses par préfectures pouvait sensiblement
varier d'une région de l'Empire à l'autre.
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| 7 Janvier 2003 |
| Jacky a écrit : |
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| Je recherche des précisions
sur un soi-disant décret sénatorial de
l'an 35 qui stipulerait que "La religion chrétienne
est étrange et illicite". Le principe de cette
loi était "non licet vos esse" : "il
ne vous est pas permis d'exister".
Donc, je recherche des documents
sur internet qui me renseigneraient. |
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| RÉPONSE : |
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| Si vous recherchez un décret sénatorial
condamnant la religion chrétienne dès l'an
35 ap. J.-C, j'ai bien que toutes vos investigations
soient vouées à l'échec. À
ma connaissance, il n'existe en effet aucun document "officiel"
romain évoquant la religion chrétienne avant
la célèbre réponse de l'empereur
Trajan (98 - 117) à son ami Pline le Jeune, alors
gouverneur de Bithynie. J'évoque cette correspondance
dans la notice consacrée à Trajan
ainsi que dans une réponse à un autre (sympathique)
internaute (voir ici :Clic
!).
Bien sûr, certains historiens (surtout catholiques)
ont supposé l'existence d'un décret "néronien",
du nom de l'empereur Néron
(54 -68 ) qui aurait, le premier, persécuté
les Chrétiens après le grand incendie de
Rome. Mais personne n'a jamais pu fournir la moindre preuve
de l'existence de ce document, et encore moins le produire.
On comprendrait d'ailleurs mal pourquoi Néron aurait
"pondu" une loi d'exception pour punir de "simples" incendiaires
romains ! (Sur l'incendie de Rome, voir ici : Clic
!).
La première persécution légale,
conséquence d'un décret impérial,
n'aurait eu lieu que sous le règne de l'empereur
Dèce
(249 - 251). Et encore
car Ici non plus, le texte
original de l'édit de persécution ne nous
est pas parvenu, ce qui incite certains (dont je suis)
à contester non la réalité de cette
persécution, mais sa gravité (voir ici :
Clic
!). Les "grandes persécutions" dites "de
Valérien" et "de
Dioclétien" sont, quant elles, relativement
mieux attestées et, partant, mieux connues.
Pour terminer, si les relations entre l'Empire romain
et l'Église chrétienne naissante vous intéressent,
vous trouverez à cette page des liens vers les
pages de mon site où cette question, aussi complexe
que controversée, est évoquée : Clic !
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| 8 Janvier 2003 |
| Aurélie
a écrit : |
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| Je sais bien que tu n es pas
là pour me faire mes exposés, mais voilà,
j ai pour sujet "du princeps à l'empereur".
Le fait est que je n'arrive pas à voir l'évolution
entre les deux, parce que, comme j'ai pu le lire,
le principat désigne l'empire, c'est la même
chose. Aussi j'aimerais savoir si j'ai mal compris le
sujet, et si cela est le cas pourrais-tu me le reformuler
?
Je compte parler d'Auguste comme
fondateur de cette politique originale, mais, pour la
suite, je ne vois pas le rapport. |
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| RÉPONSE : |
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Tu as raison ! N'en déplaise à ton prof,
le sujet de ton exposé ("Du princeps à
l'empereur") n'est pas formulé de manière
à rendre ton travail des plus aisés. Afin
d'éviter toute confusion, il aurait sans doute
mieux valu proposer comme énoncé : "Du
principat au dominat".
Tu te dis sans doute : "Ben v'là autre chose
! C'est pas ça qui va simplifier mes recherches
!".
Et bien, justement, peut-être bien que si
Afin de savoir de quoi il retourne exactement, commençons
par ces quelques définitions :
- Principat.
Ce mot, qui vient du mot latin princeps
(= "le premier"), désigne le régime
politique mis en place par Auguste
(tu vois que tu étais sur le bon chemin
!). Dans le Principat augustéen,
les formes du gouvernement républicain
étaient maintenues, mais tous les pouvoirs
se trouvaient réunis entre les mains
d'un seul homme, le Princeps, en l'occurrence
Auguste,
puis ses successeurs.
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- Dominat.
Du latin dominus (= "maître", "seigneur").
Dans le dominat, le pouvoir impérial
ne s'abrite plus derrière une fiction
républicaine pour cacher sa nature monarchique.
Le chef de l'État devient un empereur
selon la signification moderne de ce terme,
c'est-à-dire un monarque absolu et de
droit divin. Le Sénat a perdu tout autorité,
et les habitants de l'Empire ne sont plus les
concitoyens de l'empereur, mais ses sujets,
sinon ses esclaves. Représentant des
dieux (ou de Dieu) sur terre, le souverain n'est
plus soumis aux lois, mais est lui-même
la Loi incarnée.
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- Empereur.
Du latin imperator, un terme qui, à
l'origine, désignait simplement un général
victorieux. Avec l'avènement du Principat,
le titre d'imperator manifestera la composante
militaire du pouvoir du Princeps, celui-ci
étant (entre autre) le commandant en
chef des forces armées romaines. La tradition
veut que l'on appelle empereurs les souverains
qui régnèrent sur Rome entre 27
av. J.-C. et 476 ap. J.-C., mais en réalité,
imperator n'était qu'un de leurs
titres parmi d'autres.
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Bien sûr, le gros problème, c'est de savoir
quand, comment et pourquoi le "Principat façon
Auguste"
s'est transformé en "Dominat style Dioclétien"
Et les réponses à ces questions ne sont
pas simples, d'autant plus que les historiens ne sont
pas toujours d'accord entre eux.
Auparavant, certains pensaient qu'après la mort
du monstrueux Commode,
l'avènement de la
dynastie des Sévères avait constitué
une étape décisive dans la mutation de l'Empire
en une monarchie absolue. D'autres affirmaient que c'était
Dioclétien
qui avait brutalement mis fin à la fiction républicaine.
Mais aujourd'hui, la plupart des historiens estiment que
cette transformation fut progressive : tout au long du
IIIe siècle, des empereurs tels que Septime
Sévère, Gallien
ou Aurélien
initièrent déjà d'importantes réformes
que Dioclétien,
puis Constantin
intégrèrent aux leurs, bien plus radicales.
J'espère que ces quelques indications d'ordre
général pourront t'aider pour ton travail. |
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| 10 Janvier 2003 |
| Stéphane
a écrit : |
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| Tandis que je me plonge avec
délice dans l'histoire et la littérature
romaines, je me rends compte que les cours de latin du
lycée - et pourtant ce n'est pas si lointain que
cela - n'ont quasiment pas laissé de trace dans
ma mémoire
Je profite donc de votre gentillesse
pour vous demander si vous pouviez m'indiquer un site
de cours en ligne de latin - pour débutants,
cela va sans dire - ou, éventuellement un logiciel
adapté. |
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| RÉPONSE : |
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| Mon latin est également fort défraîchi
Mais je suis excusable : ma dernière rencontre
scolaire avec un texte latin (il devait s'agir d'une page
de saint Augustin
horresco referens !) doit
remonter, au bas mot, à un quart de siècle.
Alors, ne m'en veuillez pas, mais vous voir patauger après
quelques années seulement, cela me console un peu.
Ma "charité chrétienne" se serait-elle
émoussée en même temps que mon latin
? ;-)
À première vue, je ne connais pas de site
fournissant de cours de latin "en ligne". Toutefois,
je suis à peu près certain que vous trouverez
votre bonheur dans les pages que l'Académie de
Versailles consacre à l'apprentissage des langues
anciennes. Voyez plus particulièrement :
- Académie de Versailles : La Page des lettres
: Clic
!
- Enseigner les langues anciennes : Clic
!
- Carnet d'adresses en langues anciennes : Clic
!.
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| 10 Janvier 2003 |
| Damien a écrit : |
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| Après avoir lu quelques
notices concernant les empereurs de la dynastie Julio-claudienne,
je m'aperçois que, selon vous, les écrivains
antiques Tacite et Suétone en tête,
étaient très hostiles à cette
dynastie d'empereurs. Quels étaient donc leurs
intérêts à être à ce
point hostiles, et étaient-ils libres d'écrire
ce qu'ils pensaient (point de censure ?)
En espérant que vous n'ayez
pas déjà répondu à cette question
dans vos précédents messages, je vous souhaite
bon courage pour la suite. |
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| RÉPONSE : |
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| Effectivement, la question de la partialité
des historiens antiques, et en particulier de celle
de Suétone, a déjà été
évoquée dans les pages "Courrier" de mon
site. En réalité, j'en ai surtout parlé
pour me défendre d'une prétendue hostilité
envers ces grands auteurs latins (voir ici : Clic
!). Ce manque d'objectivité des sources
antiques (et autres) a également été
abordé, tout récemment, par un de mes correspondants
(Clic
!)
Au début de ses Annales, Tacite proclame
haut et fort, mais avec un culot de tous les diables,
qu'il écrit "sans colère ni faveur"
Tu parles ! En fait, lui et son comparse Suétone
ne voulurent pas seulement raconter l'histoire des "Césars"
Julio-claudiens et Flaviens, mais aussi montrer, démontrer
que ces empereurs n'arrivaient pas à la cheville
des "bons" souverains de la dynastie dite "des Antonins"
qui avaient, Dieu merci, succédé aux rejetons
dégénérés d'Auguste et de
Vespasien, et sous le règne desquels ils avaient
l'ineffable bonheur de vivre. Dénigrer l'ancien
régime afin d'encenser le nouveau, telle est leur
devise
quitte à déformer certains faits,
à colporter d'improbables ragots, à prêter
d'innommables vices à de respectables personnes,
bref, un mot comme en cent, à falsifier sciemment
l'histoire !
Les mobiles de Tacite et de Suétone furent sans
doute sensiblement différents.
Le premier, aristocrate jusqu'au bout des ongles et moraliste
autant (si pas plus) qu'historien, souhaitait montrer
que l'échec des empereurs du Ier siècle
avait été provoqué, d'une part, par
leur incapacité à trouver le juste équilibre
entre leur pouvoir personnel et l'autorité traditionnellement
dévolue au Sénat, et d'autre part, par ces
murs "orientales" qui les éloignaient de
l'austérité romaine. Pour lui, la "leçon
de l'histoire" est évidente : la civilisation romaine
ne peut être sauvée que si Rome retrouve
sa pureté de murs originelle
Et puisque
empereur est, hélas, un mal nécessaire,
qu'au moins il respecte les prérogatives traditionnelles
des Sénateurs, cette élite de la nation,
ces "optimates" !
Quant à Suétone, ses motivations furent
sans doute moins élevées. Selon l'expression
de l'éminent latiniste Pierre Grimal, l'auteur
des Douze Césars était avant tout
un "écrivain de cour", et l'on peut donc
croire que son uvre majeure lui valut les récompenses
traditionnelles des "courtisans", en espèces et/ou
en nature !
| Vous posez également la question
de la liberté d'expression
À l'époque impériale, la personne
de l'empereur étant sacrée, on pouvait
certes penser de lui tout le mal que l'on voulait,
mais mieux valait ne pas le dire, et encore moins
l'écrire. Et si on se risquait néanmoins
à critiquer le régime impérial,
il était plus prudent de situer son récit
à une époque révolue, quand
sévissaient d'exécrables "Césars"
dont la mémoire avait déjà
été condamnée, et, si possible,
d'une autre dynastie que celle régnante !
Tout "bon empereur antonin" qu'il fût,
Hadrien,
le "patron" de Suétone (qui était
un haut fonctionnaire du service des archives),
acceptait fort mal toute critique, qu'elle fût
politique ou littéraire
Alors, si,
comme Suétone, on voulait terminer paisiblement
sa vie dans une retraite douillette (voir ici ;
Clic
!), mieux valait stigmatiser l'homosexualité,
la misanthropie, ou l'absurde entichement pour la
culture grecque d'un Néron,
Tibère
ou autre Caligula,
plutôt que d'aller chercher des poux (d'ailleurs
d'une espèce identique) dans l'impériale
barbe d'Hadrien,
son auguste, mais irritable "chef de bureau" ! |
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| 10 Janvier 2003 |
| Xavier a écrit : |
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1.
J'aimerais savoir ce que vous pensez de l'identité
romaine de la population de l'empire. Se sentaient-ils
Romains (mis à part l'édit de Caracalla)
ou se sentaient-ils sous le joug d'une domination dont
ils voulaient se débarrasser ? Quels furent alors,
toujours selon vous, les sentiments de la population pendant
les grandes invasions ? Avaient-ils la sensation de perdre
leur identité, de quitter un monde civilisé
pour entrer dans la barbarie ? |
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| RÉPONSE : |
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| Le problème de l'identité
romaine a déjà été abordé
(disons plutôt effleuré) dans les
pages "Courrier" de mon site par le biais d'un court extrait
d'un article de l'éminent historien Maurice Sartre
(voir ici : Clic
!) où la romanisation du monde antique
était fort intelligemment comparée à
l'américanisation de nos sociétés
modernes.
Bien sûr, comme l'affirme M. Sartre, "il ne
suffisait sans doute pas davantage à un Gaulois
de fréquenter les thermes pour devenir un Romain
qu'à un adolescent japonais de manger un hamburger
pour devenir Américain"
Mais, dans le
cas de la "romanisation", ce qu'il ne faut pas perdre
de vue, c'est le "facteur temps", c'est-à-dire
la durée de l'imprégnation romaine. Prenons
le cas de ma Belgique natale : conquise par Jules César
dans les années 50 av. J.-C. elle ne sera définitivement
perdue pour Rome qu'au début du Ve siècle.
Cela fait cinq siècles de présence romaine,
500 ans d'influence romaine.À elle seule, la "période
romaine" représente donc un bon quart de la durée
totale de l'Histoire de Belgique. Tu parles d'une "occupation
" !
Et justement, je crois que c'est là que réside
le problème. Influencés à la fois
par les tristes souvenirs des deux guerres mondiales ainsi
que par les légendes glorieuses de héros
nationaux du genre de Vercingétorix ou d'Ambiorix
(sans oublier Astérix et ses irréductibles
Gaulois qui "résistent encore et toujours à
l'envahisseur"), nous n'avons que par trop tendance
à comparer la présence romaine à
une occupation étrangère. Dans cette
optique, les Romains auraient conquis les Gaules, l'Espagne,
etc, puis occupé tous ces pays malgré
la résistance héroïque et opiniâtre
des autochtones
C'est une vision historique qui flatte sans doute l'orgueil
national, mais qui n'est pas exacte
Ou plutôt
qui n'est probablement valable que pour les premières
années, pour les premières décennies,
voire pour le premier siècle après l'annexion
romaine, mais pas pour les trois, quatre siècles
qui suivirent.
À l'exception notable de la Judée, après
les horreurs de la guerre de conquête et d'inévitables,
mais sporadiques, rébellions "nationales",
les provinces intégrées de force à
l'Empire acceptaient la domination romaine
sans
doute d'abord avec résignation, de meilleur gré
ensuite. La preuve ? Rome n'entretenait pour ainsi dire
pas de troupes destinées à "pacifier les
provinces". L'énorme majorité des légions
(24 sur 28 ou sur 30) étant affectées à
la surveillance des frontières du Rhin, du Danube
ou de l'Euphrate, il ne restait qu'environ 20.000 hommes
pour occuper un empire qui s'étendait de
l'Écosse au Soudan et de l'Atlantique au Golfe
persique !
Avec une telle "concentration de troupes", autant
dire qu'un habitant d'un village armoricain (vous savez,
dans le genre de celui d'Astérix) avait presque
autant de chance de croiser un légionnaire romain
que d'être bouffé par un crocodile du Nil
!
Mais si les soldats étaient plutôt rares,
les marchands, les fonctionnaires, les magistrats, eux,
pullulaient. Et comme ils parlaient la même langue
(le latin en Occident, le grec en Orient), comme ils utilisaient
la même monnaie, frappée à l'effigie
des empereurs de Rome, et comme ils étaient soumis
aux mêmes lois, celles édictées par
le prestigieux Sénat romain, tous ces représentants,
conscients ou inconscients, de la "civilisation romaine"
contribuèrent à créer, au fil des
années, des décennies, des siècles,
un sentiment d'appartenance à l'Empire romain.
Naturellement, puisqu'il est déjà bien
difficile de connaître les pensées de gens
que nous côtoyons quotidiennement, il est, a
fortiori, presque impossible d'entrer dans le cerveau
de nos lointains ancêtres afin de savoir s'ils se
sentaient Romains ou non.
Cependant, et bien que parler de "patriotisme" ou de
"nationalisme" romains serait sans doute anachronique,
quelques indices permettent de supposer qu'un genre de
"sentiment national" pouvait exister chez certaines populations
de l'Empire. Citons par exemple ces empereurs-soldats
de la fin du IIIe siècle (Dèce,
Claude
II, Aurélien,
Probus,
Dioclétien),
tous d'origine balkanique, qui s'emparèrent du
pouvoir suprême avec la volonté clairement
affichée de "restaurer l'Empire" qui allait
à vau-l'eau. Or si ces provinciaux, énergiques
mais frustes, entendaient sauver Rome, c'est bien
qu'ils se sentaient Romains. Voyez aussi, à
la même époque (années 260 - 270 ap.
J.-C.), l'éphémère empire
dissident des Gaules : quoique très clairement
sécessionniste, il persista à se prétendre
aussi "romain" que celui de Rome ! Et quand l'empereur
Aurélien
(270-275) dut se résoudre à abandonner la
Dacie, province de la rive gauche du Danube, conquise
par Trajan
(98-117), les habitants de ce pays, pourtant livrés
à eux-mêmes, continuèrent à
"romaniser" les peuples barbares qui les entouraient.
C'est donc que ces gens-là, ancêtres de ceux
qui s'appellent aujourd'hui encore les Roumains,
avaient au moins le sentiment diffus d'appartenir à
une romanité. Et enfin, pourquoi non seulement
ces Roumains, mais les Français, Italiens, Espagnols,
Belges, Suisses, etc, parlent-ils encore des langues latines
et non des langues germaniques, alors que la pression
militaire et démographique des invasions barbares
fut certainement beaucoup plus forte que celle qu'exerça
jamais le pouvoir romain ? Sans doute parce qu'au fil
de long siècles d'occupation, l'autorité
romaine avait été largement acceptée
par les habitants de l'Empire, et aussi parce que ceux-ci
avaient conscience que leur "identité romaine"
devait être préservée malgré
l'irruption des "Barbares".
Justement, vous me demandez aussi des renseignements
sur les sentiments des habitants de l'Empire lors des
grandes invasions.
Des documents littéraires existent qui nous montrent
l'effroi des lettrés face à cette catastrophe.
On connaît la réaction de saint Jérôme
lors de la prise de Rome par Alaric : "Horreur ! L'univers
s'écroule
". On sait aussi qu'après
ce désastre, saint Augustin entreprit d'écrire
la Cité de Dieu, autant pour se consoler
philosophiquement lui-même en tentant de trouver
un substitut chrétien à l'Empire qui s'écroulait,
autant pour disculper l'Église chrétienne
de toute responsabilité dans cette catastrophe.
On sait aussi que des auteurs chrétiens, tels Paul
Orose (Ve siècle) ou le poète Salvien (début
VIe siècle) ne manifestèrent aucun regret
de l'écroulement de l'Empire : comme il n'y avait
rien de chrétien dans Rome, Dieu n'avait pas jugé
juste et bon de la sauver, un point, c'est tout ! Quant
aux Barbares, aussi brutaux qu'ils fussent, ils ne pouvaient
être pires que les païens idolâtres,
débauchés et immoraux qui présidaient
aux destinées de l'Empire romain !
Ce sont là des témoignages de lettrés,
qui justifient ou tentent d'expliquer les faits, mais
qui ne reflètent pas nécessairement l'opinion
de la majorité de la population qui, quant à
elle, nous reste, largement inaccessible. Angoisse, colère,
résignation ? qui pourrait le dire ?
Voici d'ailleurs ce que dit à ce sujet le célèbre
historien Paul Veyne dans une interview accordée
à la revue l'Histoire :
"Question : Les habitants de la partie occidentale
de l'Empire ont-il l'impression qu'ils appartiennent à
une civilisation en voie de disparition ?
Paul Veyne : Ils savent bien qu'ils ont changé
de maître, que le maître maintenant, c'est
le barbare. Qu'est-ce que ça change ? Pour les
paysans, je crois qu'on n'en sait rien. Pour les grands
seigneurs, gallo-romains en l'occurrence, ils négocient
d'égal à égal avec les chefs barbares
qui coin, ils se mettent à leur service, ils
leur en imposent sans doute, ils ont pour eux le prestige
lié la richesse et à la culture"
(in Revue L'Histoire n° 254, mai 2001,
p. 53 - voyez aussi ici : Clic
!).
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2.
Autre question : Je suis assez passionné par les
voyages antiques. Connaissez-vous des sites qui parlent
des explorations menées par les Romains
dans les régions lointaines (Chine, Steppes, voire
même l'Amérique tant qu'on y est) |
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| RÉPONSE : |
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| À première vue, je ne connais pas de
sites internet consacrés spécifiquement
aux explorations romaines
Cela dit, si la
présence de commerçants "romains" (en fait
sans doute syriens) en Chine, au IIe siècle ap.
J.-C. est clairement attestée, je doute quand même
très fort que les navigateurs romains aient commercé
avec ancêtres de Sitting Bull ! |
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3.
Enfin une petite question concernant Stilicon :
Vous dites qu'il est Hun, mais j'ai lu ailleurs qu'il
était d'origine Vandale. Qu'en est-il vraiment
? |
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| RÉPONSE : |
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| C'est vraiment un plaisir que d'être lu par
des internautes attentifs ! Vous avez en effet entièrement
raison : le brave Stilicon était bien d'origine
vandale, et non hunnique, comme je l'avais malencontreusement
écrit dans un moment de distraction aussi orientalisant
qu'attilesque. Merci de m'avoir signalé cette erreur
que, rouge de honte autant que de confusion, je me suis
empressé de corriger
et bravo, pour votre
sagacité ! |
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