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Décembre 2002 (page 3/3)
Sommaire du mois de Décembre : Clic
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| 25 Décembre 2002 |
| Bertrand a écrit : |
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| Tout d'abord, j'aimerais vous
féliciter pour la qualité de votre site,
le meilleur sur le sujet, au moins parmi les sites francophones.
Le ton libre et humoristique est assez plaisant et moins
rébarbatif que celui de nombreux historiens. Du
point de vue formel, un petit regret : l'écriture
de couleur sur fond noir fatigue vite les yeux (en tout
cas les miens).
Sur le fond, vous avez un point
de vue assez tranche et acerbe sur le christianisme primitif
(et par conséquent aussi actuel). C'est parfaitement
votre droit, qu'on le déplore ou non et je ne veux
pas revenir sur les critiques et polémiques à
ce sujet, d'autres lecteurs ont présenté
leurs arguments mieux que je ne le ferais. Je me contenterai
donc de m'interroger s'il n'y a pas des combats plus
utiles et plus urgents que celui contre le christianisme,
surtout catholique, qui est depuis des décennies
une des religions les plus critiquées et même
moquées dans le monde, alors que des gens meurent
chaque jour à cause de leur foi dans cette religion.
Le catholicisme me paraît bien inoffensif aujourd'hui
- certains disent en déclin -, ce qui n'est pas
le cas de certaines autres religions. |
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| RÉPONSE : |
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| Vous avez raison d'affirmer qu'il
existe "des combats plus utiles et plus urgents
que celui contre le christianisme, surtout catholique"
Mais je ne livre aucun "combat" ! Suis-je Voltaire pour
vouloir "écraser l'infâme" ? Et d'ailleurs,
aujourd'hui, cet "infâme" dogmatique, rétrograde
et intolérant, ne se trouve plus à Rome,
mais plutôt du côté de Riad, de Téhéran,
d'Islamabad, ou dans certains quartiers de Londres, Paris
ou Bruxelles !
Cela dit, je pense très sincèrement que
ce qui, dans mon site, peut choquer certains chrétiens,
ce n'est pas tant ce que j'écris, mais plutôt
la façon dont j'expose certaines hypothèses
que, moi-même, je qualifie souvent d'hasardeuses.
Si j'utilisais un style "savant", mes suppositions historiques,
même les plus aventurées, même les
plus "irréligieuses", passeraient sans doute comme
lettre à la poste. Mais, ce faisant, je me ferais
passer pour ce que je ne suis pas, c'est-à-dire
pour un vrai historien, sérieux, diplômé,
patenté
et c'est alors que mes "hypothèses
hasardeuses choquantes" risqueraient de devenir parole
d'Évangile aux yeux de lecteurs trop jeunes et/ou
trop influençables !
Entre imposture et honnêteté, le choix me
paraît clair, même si c'est au prix de quelques
fautes de bon goût et de quelques incongruités
stylistiques !
Mais je me suis déjà suffisamment expliqué
sur mon supposé "parti pris anti-chrétien",
je ne m'étendrai pas davantage sur le sujet. Venons-en
donc à vos questions. |
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| Après cette parenthèse,
j'aimerais aborder quelques points de détail sur
vos écrits.
Je m'intéresse particulièrement
à l'anarchie militaire, de 235 a 285. J'aurai
à ce sujet plusieurs questions.
1.
Vous ne mentionnez pas systématiquement les impératrices,
Otalgie, Etruscille, Afinia Gemina Bæbiana (épouse
de Trébonien Galle), Pauline, Cornelia Supera (épouse
d'Émilien). Que sait-on sur celles-ci ?
Que sont devenues les impératrices Orbiane,
Otacilie, Tranquilline, Etruscille, après la
mort de leurs maris ?
Que sait-on de la descendance des empereurs de cette
période : par exemple la fille d'Aurélien,
les descendants de Zénobie ?
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| RÉPONSE : |
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| En ce qui concerne les impératrices du IIIe
siècle, je plaide coupable ! Il est vrai que
je ne les évoque pas systématiquement. Mais
je ne parle pas non plus automatiquement des épouses
d'empereurs d'autres siècles : seules m'intéressent
celles qui ont joué un rôle politique auprès
de leur impérial époux (ce n'est pas sans
raison, pour par esprit machiste, que mon site s'intitule
"Empereurs romains"). Et justement, même
sans avoir farfouillé longuement dans la documentation
dont je dispose, il me semble que je puis affirmer, sans
grands risques de me tromper, que ces Otalgie, Etruscille,
Afinia Gemina Bæbiana, et autre Cornelia Supera
ne sont plus guère connues que par leur nom
Et encore, car, je dois bien l'avouer, la plupart de ceux-ci
me sont royalement inconnus.
En fait, nous connaissons très mal les empereurs
du IIIe siècle : les sources antiques sont presque
inexistantes, et les rares qui sont parvenues jusqu'à
nous sont le plus souvent tardives et parfois assez fantaisistes
(L'Histoire
Auguste, par exemple). Même la chronologie
est controversée ! Quand on voit que d'éminents
spécialistes ne s'accordent même pas sur
la durée exacte du règne d'un empereur aussi
prestigieux et important qu'Aurélien,
il est difficile d'attendre d'eux des précisions
sur les fantomatiques épouses d'empereurs aussi
évanescents que, par exemple, Trebonianus
Gallus ou Émilien.
Et pour savoir ce que ces nobles dames devinrent après
la mort (le plus souvent tragique) de leur impérial
époux, cela ne relève pas de la compétence
d'historiens, mais de ce celle des spécialistes
de la série TV "Mission impossible" !
Quant aux généalogies
de tous ces souverains, comment faire la part des
choses, comment séparer le bon grain de l'ivraie,
le vrai du faux, bref comment distinguer les ancêtres
réels de ceux qu'ils revendiquaient afin de d'asseoir
leur légitimité ? Par exemple, Constance
Chlore, père de Constantin,
se disait descendant de Claude
le Gothique, voire de Maximin
le Thrace. Était-ce vrai ? Était-ce
faux ? Bien malin qui pourrait le dire.
Le IIIe siècle (surtout de 235 à 285) est
la période la plus obscure de l'histoire romaine,
et il faut, hélas, "faire avec" !
Mais reprenons le fil de vos questions
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2.
Certains affirment que l'impératrice Séverine
serait la fille du sénateur Ulpius Crinitus (une
invention de l'Histoire Auguste ?), d'autre la disent
fille de Zénobie. Quel est votre avis ? |
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| RÉPONSE : |
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| D'après A. Chastagnol, le sénateur Ulpius
Crinitus, ce présumé descendant de Trajan
qui aurait adopté Aurélien,
serait une pure invention de l'auteur de l'Histoire
Auguste. Mais l'auteur de la notice consacrée
à Aurelien dans le site DIR - De Imperatoribus
romanis (voir ici : Clic
!) paraît un peu moins affirmatif, et Eugen
Cizek (L'empereur Aurélien et son temps,
Éd. Les Belles Lettres), lui, ne l'est pas du tout
: pour lui, Ulpius Crinitus, "père" d'Aurélien
dans la hiérarchie mithraïque, fut même
"l'éminence grise du régime instauré
par cet empereur".
Quant à l'impératrice Séverine,
elle se trouve dans la même situation que la plupart
de ses consurs du IIIe siècle : on ne connaît
pratiquement rien d'elle. Elle fut l'épouse de
l'empereur Aurélien,
elle reçut le titre d'Augusta ainsi que
celui de "Mère des camps, su Sénat et de
la Patrie" (Mater castrorum et Senatus et Patriae).
Elle joua peut-être un rôle politique de premier
plan pendant le court interrègne qui suivit la
mort de son impérial époux. Voici ce qu'écrit
à ce sujet Eugen Cizek : "L'influence d'Ulpia
(= Séverine) a dû être importante
en matière de politique intérieure, en 274
et 275, lors des réformes entreprises par Aurélien.
Nous avons déjà signalé qu'elle a
géré l'État pendant l'interrègne.
Selon nous, Ulpia Severina a pesé de tout son poids
durant les pourparlers qui ont déterminé
le choix de Tacite comme empereur. Très fidèle
à la mémoire de son mari, elle ne pouvait
se résoudre à soutenir un autre général
de l'Empire. Il ne lui restait donc qu'à appuyer
un "black horse", un sénateur, ayant moins
d'éclat militaire. Ainsi, le souvenir des victoires
militaires d'Aurélien ne risquait pas de pâlir.
En outre, elle pouvait aussi éviter de se mêler
de la rivalité des généraux, dont
certains n'étaient peut-être pas près
à accepter Probus comme prince ; ce dernier ne
voulait pas encore du trône impérial. Nous
ne savons pas ce que devint Ulpia Severina après
l'interrègne" (Eugen Cizek, L'Empereur Aurélien
et son temps, Édition Les Belles Lettres, Paris,
1994).
Évidemment, il ne s'agit là que de conjectures.
Des conjectures certes brillantes, mais néanmoins
hypothétiques
En outre, puisque M. Cizek estime que Ulpius Crinitus
n'est pas un personnage fictif, il pense, naturellement,
que l'impératrice Séverine était
"peut-être la fille ou une proche parente d'Ulpius
Crinitus". Mais quant à moi, n'ayant pas la
prétention de contredire d'aussi éminents
historiens que M. Cizek ou M. Chastagnol, je ne me prononcerai
pas à ce sujet.
Pour terminer, un grand merci pour votre mail, dont,
rassurez-vous, je n'ai pas trouvé le ton acerbe
pour un sou - ni au début, ni au milieu, ni à
la fin. Des questions sensées, des remarques pertinentes
et des critiques constructives : que demander de plus
? |
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3.Il
me semble que Marc Aurèle a eu de nombreux enfants,
dont une fille qui serait morte sous Caracalla. |
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| RÉPONSE : |
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| D'après un arbre généalogique
figurant dans l'édition d'André Chastagnol
de l'Histoire
Auguste (édition Robert Laffont, Coll.
Bouquins, p. 219), Marc
Aurèle et son épouse Faustine la Jeune
auraient eu treize enfants, dont ces six filles :
- Annia Aurelia Galéria Faustina : née
en 14. Ép. Claudius Severus. Morte en 180 ;
- Annia Aurelia Galéria Lucilla : née
en 149 - Ép. Lucius
Verus, puis Ti. Claudius Pompéianus - morte
en 182 (?). C'est elle, la Lucilla
du film
Gladiator ;
- Domitia Faustina ;
- Fadilla : née en 159 (?) - Ép. M. Peducaeus
Plautius Quintillus ;
- Cornificia : née en 160 (?) Ép. M. Petronius
Sura Mamertinus, puis L. Didius Marinus. Morte en 212
(donc sous le règne de Caracalla)
- Vibia Aurelia Sabina : Ép. Antistius Burrus,
puis L. Aurelius Agaclytus.
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4.
Annia Faustina, 3e femme d'Élagabal, serait liée
aux Antonins. Auriez-vous des précisions ?
Que sont d'ailleurs devenues les épouses d'Élagabal
? |
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| RÉPONSE : |
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Toujours selon l'édition de l'Histoire
Auguste d'André Chastgnol, cette Annia Faustina
serait la sur d'une certaine Vitrasia Faustina,
elle-même cousine de Commode.
En fait, les "Annia et Vitrasia Sisters" seraient les
filles de la sur de Faustine l'Ancienne (l'épouse
d'Antonin
le Pieux). Par alliance, Marc
Aurèle était donc leur oncle.
À noter aussi que je n'ai lu nulle part que cette
Annia Faustina fût jamais l'épouse d'Élagabal.
D'ailleurs, si on la présume contemporaine de son
cousin Commode
(né en 161), elle aurait été âgée
de plus de cinquante ans quand le jeune Élagabal
accéda au pouvoir suprême (en 218). Or, à
cette époque, une femme était considérée
comme "vieille" dès qu'elle avait atteint la quarantaine.
Même si on suppose qu'Élagabal
était un tantinet vicieux, personne ne l'accusa
jamais être gérontophile !
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DEUX ANNIA FAUSTINA POUR
LE PRIX D'UNE ?
Voyez ici : Clic
! |
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5.
Il existe 2 antoniniens mentionnant l'usurpateur Silbannacus.
Il aurait tenté de prendre le pouvoir à
Rome alors qu'Émilien etait parti affronter Valérien.
Un unique aureus à l'authenticité incertaine
mentionne un certain Sponsianus, usurpateur quelque
part en Mésie sous Philippe. Savez-vous quelque
chose sur ces deux personnages ? |
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| RÉPONSE : |
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| En fait, je ne sais rien de plus que ce qu'en dit
l'excellent site DIR
- De Imperatoribus Romanis (voir ici : Clic
!).
Silbannacus n'est connu que par un seul antoninianus,
trouvé en Lorraine. Sur base de critères
stylistiques, cette monnaie fut datée de l'époque
de Philippe
l'Arabe (244-249). L'avers représente un Silbannacus
(légende : IMP MAR. SILBANNACUS AUG). Au revers
: Mercure, avec une Victoire et un caducée (légende
; VICTORIA AUG).
Donc une seule et unique pièce, à l'effigie
d'un illustre inconnu de surcroît ! C'est bien peu
de chose
Cela n'empêcha cependant pas certains
historiens de reconstruire la carrière probable
de cet énigmatique Silbannacus. Selon eux, il aurait
été d'origine gauloise (son nom est Celte,
et le dieu Mercure était très vénéré
en Gaule). Chef des auxiliaires germains qui veillaient
sur la frontière du Rhin, il se serait révolté
contre Philippe
l'Arabe après avoir repoussé victorieusement
une incursion germanique. Sa rébellion aurait pris
fin sous le règne de Dèce
(249-251).
N'ayant été élaborée que
par analogie avec autres usurpations du IIIe siècle,
cette reconstruction demeure très fragile. En réalité,
on n'est même pas très sûr que la monnaie
de Silbannacus se rapporte effectivement à l'époque
de Philippe
l'Arabe, et la carrière de cet usurpateur (peut-être
gaulois, peut-être du milieu du IIIe siècle)
reste énigmatique.
Quant à Sponsianus, il
n'est connu que par de mystérieux aurei, trouvés
en Transylvanie en 1753. Des monnaies de Philippe
l'Arabe et de Gordien
III ayant été découvertes dans
le même contexte, on supposa que ce Sponsianus aurait
été proclamé empereur vers 240 en
Mésie.
Mais il y a, paraît-il (car je ne connais pas grand-chose
en numismatique), un hic dans cette belle histoire : le
revers de cette pièce est celui d'une monnaie républicaine
de la gens Minucii (IIe siècle av. J.-C) !
Les fans de Sponsianus ont alors présumé
que celui-ci aurait pris la tête d'une révolte
sénatoriale contre Philippe
l'Arabe. Des historiens plus raisonnables leur ont
répliqué qu'on ne trouve nulle part trace
d'une telle révolte à l'époque de
Philippe, et qu'en outre, si une telle révolte
avait eu lieu à cette époque, ses dirigeants
ne se seraient pas réclamé d'une famille
républicaine éteinte depuis belle lurette
mais plutôt de Pupien
et Balbin, ces empereurs intronisés par le
Sénat quelques années auparavant.
Bref, aujourd'hui, la plupart des numismates estiment
que ces monnaies de Sponsianus sont des contrefaçons
modernes de piètre qualité. |
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6.
Gallien et Carin n'ont pas bonne réputation chez
les historiens latins : l'Histoire Auguste et Aurélius
Victor s'acharnent contre Gallien en particulier. Pour
quelles raisons ? Est-ce lié au fait qu'il
ait supprimé les charges militaires pour les Sénateurs
? |
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| RÉPONSE : |
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| Certainement
Mais aussi au fait que ces historiens
écrivaient sous le règne de Constantin
et de ses successeurs. Or, la dynastie de Constantin prétendait
descendre de Claude
le Gothique, ce militaire qui s'était emparé
du trône impérial après l'assassinat
de Gallien.
Il fallait donc justifier cette usurpation en noircissant
la mémoire posthume ce pauvre empereur. (voir à
ce sujet la notice biographique consacrée de Gallien
(Clic
!) |
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7.
Dans votre fiche sur la persécution de Dèce,
vous semblez dire que la persécution de Dèce,
a votre avis exagérée par les historiens
chrétiens, serait due à une réaction
exaspérée après les privilèges
qu'auraient obtenus les chrétiens de la part de
Philippe que vous présentez comme crypto-chretien,
sans preuves à mon avis bien convaincantes. Sur
quoi vous appuyez-vous pour cette hypothèse ? |
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| RÉPONSE : |
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| Bien sûr, il n'existe pas de preuve formelle
que l'empereur Philippe
l'Arabe fût chrétien. Cependant les témoignages
successifs d'Eusèbe de Césarée, de
saint Jérôme, de saint Jean Chrysostome,
et plus près de nous, de Daniel-Rops et de Mgr.
Jean Daniélou (sans parler de la Légende
dorée de Jacques de Voragine) vont dans ce
sens. J'avais d'ailleurs, en son temps, cédé
au site e-stoire.com un petit article à ce sujet,
mais je viens de constater qu'il n'est plus accessible.
Il faudra donc sans doute que je publie ce texte dans
mon propre site afin de répondre de manière
plus satisfaisante à votre question, car, dans
ce mail, cela risque d'être un peu longuet !
| Phlippe
l'Arabe, empereur chrétien ? :
Article (revu et complété) disponible
ici : Clic
! |
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8.
De même, pour la persécution de Valérien,
à votre avis aussi exagère, vous y voyez
une réaction face à la collusion des chrétiens
d'Orient avec les Perses, qui reste à démontrer.
Les Perses ont aussi persécuté les chrétiens
et je ne vois pas trop pourquoi les chrétiens auraient
souhaité voir les Perses envahir l'Orient romain.
Si on dit que certains chrétiens ont trahi en soutenant
les Perses, on pourra toujours répondre que c'est
pour empêcher les persécutions des Valérien,
or vous dites que celles-ci ont été motivées
par la trahison des chrétiens ? La question est
: qui a commencé ? |
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| RÉPONSE : |
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| Dans le deuxième volume de la très volumineuse
- et très sérieuse - Histoire du Christianisme
(éditions Desclée), je lis ceci : "Les
campagnes de Shâhpuhr Ier (240-272) dans l'Empire
romain, en 241, en 256, puis en 260, eurent pour conséquence
le transfert en Perse de nombreux chrétiens. De
Cappadoce, de Cilicie, de Syrie furent en effet déportés
et Installés en diverses provinces - Susiane, Babylonie,
Perside, Parthie - des milliers, voire des dizaines de
milliers de captifs, parmi lesquels des chrétiens.
(
) Shâhpuhr fut donc un des artisans de
la chrétienté perse, et, pour des raisons
essentiellement politiques - le désir
d'obtenir une bonne presse dans les communautés
chrétiennes du monde romain oriental, sur lequel
il avait des visées -, il sut aussi
faire preuve envers elle d'une réelle tolérance.
(
) Les successeurs immédiats de Shâhpuhr,
Hormizd Ier (quelques mois) et Vahram Ier (273-276), conservent
encore une attitude semblable envers ces communautés
(
). Le règne du second est marqué,
en 276, par la condamnation de Mani,
qui avait pourtant été le protégé
de Shâhpuhr Ier, et de sa doctrine, tenue comme
dangereuse pour l'unité nationale. Son successeur
Vahram Il (276-292), après dix ans de
règne, réactive la persécution
contre les manichéens, auxquels cette fois sont
associés les Chrétiens et tous les fidèles
d'une religion étrangère." (Histoire
du christianisme, Vol II : Naissance d'une chrétienté.
Partie V, Chap.VIII - Éditions Desclée).
Bon !
Donc, le roi des Perses Sapor (Shâhpuhr) Ier déporte
(ou accueille) des captifs (ou des réfugiés)
chrétiens dans ses domaines. Pour se faire bien
voir de la minorité chrétienne de l'Orient
romain, il se montre tolérant à l'égard
des Chrétiens et des Manichéens (ceux-ci
étant peu ou prou considérés comme
des hérétiques chrétiens). Mani accompagne
d'ailleurs Sapor dans ses campagnes contre Gordien (242-244)
ou contre Valérien (256-260). Ce n'est que sous
le règne de Vahram Ier que les Chrétiens
(et les Manichéens) commencent à être
inquiétés. Nous sommes à ce moment
dans les années 276, et, à cette époque,
dans l'Empire romain, le christianisme est presque reconnu
comme religion licite (c'est la "Petite Paix de l'Église").
On ne peut donc affirmer que les chrétiens furent
persécutés simultanément en Perse
et dans l'Empire romain. Exception faite de l'époque
de la persécution
de Dioclétien (303 - 313), c'est même
plutôt le contraire.
Mais naturellement, il n'existe pas de preuve formelle
de l'alliance des Chrétiens avec les Perses. Cela
se saurait !
J'ai bien trouvé quelques indices,
mais je préfère les garder "par-devers moi"
en attendant soit des preuves qui les étayent,
soit des éléments qui les réfutent
- la recherche de ces "preuves"; à charge ou à
décharge, étant d'ailleurs une des raisons
(et non la moindre) de la "publication" de mes hypothèses
sur le Net.
Il n'empêche que, sans cette "trahison chrétienne"
(ou du moins le soupçon de trahison), il me paraît
assez difficile d'expliquer pourquoi l'empereur Valérien
décida brusquement, en 257, de persécuter
les Chrétiens alors que, jusque-la, il s'était
montré particulièrement bienveillant à
leur égard. Peut-on exclure, a priori, que les
victoires des Perses ne jouèrent aucun rôle
dans répression soudaine ?
Mais, bien sûr, je ne doute pas que les Chrétiens
avaient de fort bonnes raisons d'en vouloir aux autorités
romaines qui, pour des raisons sans doute partiellement
(et non exclusivement) non religieuses, les tracassaient,
les harcelaient, les condamnaient (sans nécessairement
recourir à des persécutions légales)
depuis près de deux siècles.
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9.
Quelles sont vos sources pour cette période
: utilisez-vous seulement les sources, et lesquelles,
ou également des travaux d'historiens (par exemple
Zosso et Zingg, " Les empereurs romains " ou "la crise
de l'empire romain" de Loriot et Nony) ? |
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| RÉPONSE : |
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| Quand, il y a maintenant plus de deux ans, j'ai écrit
les notices biographiques de ces empereurs du IIIe siècle,
je me suis surtout basé sur l'Histoire
Auguste (dans l'excellente édition d'André
Chastagnol mentionnée plus haut), sur la bonne
vieille Histoire du déclin et de la Chute de
l'Empire romain d'Edward Gibbon, et surtout sur de
vieux textes que j'avais pondu quelques années
plus tôt et qui gisaient au fond de mes tiroirs.
"Bien peu de chose", me direz-vous
Oui,
mais, à cette époque, je n'imaginais pas
que mon site sur les "Empereurs romains" prendrait une
telle extension et intéresserait tant de personnes.
Comme je vous l'ai signalé, en jetant des hypothèses
hasardeuses sur le Net, je comptais surtout recueillir
des informations me permettant de les étayer ou
de les réfuter. Naturellement, aujourd'hui, ma
documentation, tant sur l'Antiquité romaine (en
général) que sur la crise du IIIe siècle
(en particulier) s'est considérablement étoffée
- entre autres de l'excellent livre de X. Loriot et D.
Nony. Mais cet enrichissement bibliophile n'a pas encore
profité à mon site puisque les anciennes
notices biographiques n'ont pas été réécrites.
Si Dieu me prête vie (et l'envie), ce sera peut-être
chose faite dans quelques mois (ou quelques années
). |
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| 30 Décembre 2002 |
| Stéphane
a écrit : |
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| Je ne parviens pas à
situer le contexte historique de la pièce de
Shakespeare Titus Andronicus. Les sources (anonymes)
utilisées par l'auteur anglais me semblent bien
fantaisistes : l'intrigue se déroule après
la mort d'un empereur (dont le nom n'est pas précisé)
auquel succède un certain Saturninus (qui ne semble
pas correspondre au Saturninus historique), frère
aîné de Bassianus. Ce dernier est assassiné
et Saturninus connaît une fin semblable à
la fin de la pièce.
D'autre part, toujours dans cette
même pièce, l'empereur Saturninus épouse
une reine barbare (Tamora), épouse d'un roi goth
vaincu par le général Titus Andronicus.
À qui peut-on identifier
cet empereur Saturninus (il me semble qu'il pourrait s'agir
de Caracalla, la confusion portant sur l'aînesse
des deux frères puisque Bassianus est l'autre nom
de Caracalla) ?
Enfin, le général
Titus Andronicus est-il réellement un personnage
historique ? |
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| RÉPONSE : |
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| "Toute ressemblance avec des personnages existants
ou ayant existé ne serait que pure coïncidence".
S'il avait vécu à notre époque,
c'est sans doute ce le grand Will aurait indiqué
en exergue de son drame Titus Andronicus.
Je ne connais malheureusement pas cette pièce,
mais, au vu du résumé que je viens d'en
lire, il me paraît illusoire de rechercher dans
ce bain de sang et cette boucherie de membres palpitants
des analogies avec l'histoire de la Rome impériale.
Effectivement, l'empereur Caracalla
s'appela Bassianus (du nom de son grand-père
maternel, Julius Bassianus) durant les premières
années de sa vie (ensuite, il devint officiellement
le "César Marc Aurèle Antonin"). Son deuxième
successeur, le fantasque et pervers Élagabal,
arrière petit-fils de Julius Bassianus, porta lui
aussi ce nom. Quant à Saturninus, ce fut
le nom de deux usurpateurs, l'un à l'époque
de Domitien
(fin su Ier siècle), l'autre sous le règne
de Probus
(fin du IIIe siècle - voir ici : Clic
!)
sans parler du Saturninus
imaginé par le facétieux auteur de l'Histoire
Auguste pour atteindre le nombre requis des Trente
tyrans". Mais la ressemblance entre ces personnages
réels (ou presque) et ceux du drame de Shakespeare
se limite à une homonymie d'ailleurs fort peu flatteuse.
À ma connaissance Titus Andronicus est également
un personnage imaginaire. On connaît bien un certain
Livius Andronicus, l'un des premiers écrivains
romains (IIIe siècle av. J.-C.) qui fit se retourner
Homère dans sa tombe en traduisant l'Iliade et
l'Odyssée en latin
Mais ce forfait n'est
en rien comparable à ceux du héros de Shakespeare
!
Mais alors, me direz-vous, où le grand Will a-t-il
pêché toutes ces horreurs ?
Comme je ne suis pas spécialiste, j'ai été
voir dans un site anglophone consacré à
Shakespeare, et j'y ai lu ceci (traduction approximative)
: "Pour la pièce Titus Andronicus, aucune
source principale n'est identifiable, bien qu'il soit
probable que certaines aient existé, et qu'elles
ne soient plus accessibles aux lecteurs modernes. Il est
également possible que Shakespeare se soit inspiré
d'une poésie qui circulait dans les années
1570, intitulée A Lamentable Ballad of the
Tragical End of a Gallant Lord and of his Beautiful Lady,
With the Untimely Death of Their Children, Wickedly Performed
by a Heathen Blackamore, Their Servant: The Like Seldom
Heard Before. Nous savons que, comme source secondaire,
Shakespeare utilisa un conte des Métamorphoses
d'Ovide, Progné et Philomèle, qu'il
cita presque mot pour mot à l'Acte IV, Scène
I (42) de sa pièce. Les tragédies de Sénèque,
troublantes et noires, semblent aussi avoir inspiré
Shakespeare pour le plus terrifiant de ses drames. Parmi
ces uvres, ce serait le Thyeste de Sénèque
qui paraît avoir le plus influencé Shakespeare"
(d'après site shakespeare-online.com
: Ciic
!)
Notez toutefois qu'un autre site (Clic
!), lui aussi consacré aux uvres
de Shakespeare, mentionne, parmi d'autres sources possibles
pour Titus Andronicus, la Vie de Caracalla de l'Histoire
Auguste (uvre anonyme de la fin du IVe siècle
et signée du nom fantaisiste de d'Aelius Spartianus).
Comme je n'ai qu'une connaissance très superficielle
- et c'est le moins que l'on puisse dire - du drame de
Shakespeare, je me garderai bien de me prononcer à
ce sujet, même si, comme je vous l'ai signalé
d'emblée, cette corrélation me semble, à
première vue, quelque peu tirée par les
cheveux. |
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| Stéphane réécrit : |
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| Je viens tout juste de vous
écrire mais, comme je consultais le courrier des
lecteurs de votre site, je me permets de vous envoyer
cette information qui pourra vous intéresser. Un
de vos lecteurs (Clic
!) demandait si une traduction française
de la Guerre des Gaules de César était
disponible. C'est le cas à l'adresse suivante :
Bibliotheca Classica Selecta de l'université catholique
de Louvain - par conséquent, digne de confiance
: Clic
!
On y trouve d'ailleurs d'autres
traductions françaises d'auteurs latins.
NB
:
Depuis peu, une traduction française
de La Guerre des Gaules
est également disponible
sur le site Nimispauci
d'Ugo Bratelli : Clic
! |
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| Stéphane réécrit : |
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| Décidément, je
ne peux me plus me passer de votre site que je consulte
avec avidité.
Comme l'indique l'objet de mon
mail ("pax hominibus bonae voluntatis
") je
vais m'appliquer à prendre la défense
de ceux qui agissent de bonne foi, dont, ce me semble,
vous faites partie.
En effet, après avoir parcouru
avec intérêt le courrier des lecteurs de
votre site, je voulais réagir aux critiques parfois
virulentes qui ont été portées sur
votre travail - je pense tout particulièrement
à un courrier intitulé "une volée
de bois vert" (Clic
!).
En guise de préambule je
souhaite préciser que je ne suis pas spécialiste
d'histoire romaine. Cependant, je suis historien de formation
(diplômes de licence et de maîtrise d'histoire
de la Sorbonne) et je connais donc, un peu, les principes
de la recherche historique. Ainsi, pour répondre
aux propos de vos détracteurs, je souhaiterais,
si vous me le permettez, faire quelques remarques.
Tout d'abord, il n'est pas aisé
de s'engager dans la voie que vous avez suivie pour aborder,
dans un support accessible au public amateur, la vaste
question de la Rome impériale. Rien que pour ce
morceau de bravoure, vous méritez tout de même
quelques lauriers.
D'autre part, je crois me souvenir
- et je me plais à croire que j'ai une mémoire
assez solide - que, dans une sorte d'avertissement donné
au frontispice de votre site, vous précisez que
vous n'êtes pas historien : il faut féliciter
cette franchise ; d'aucuns, nombreux, n'ont pas tant de
scrupules. J'y suis personnellement très sensible.
Les principales critiques qui vous
sont faites me semblent tenir à deux traits essentiels
que, par paresse et bien trivialement, je désignerais
par "le Fond et la Forme".
La critique du fond qui vient ad
primum est, à mes yeux, la plus importante
et je me dois d'y répondre en tant que chercheur.
Ainsi, la première des choses, lorsque l'on apprend
le métier - car c'est un métier - d'historien
est-elle d'appuyer chacun de ses propos par des sources
(littéraires, archivistiques, numismatiques, archéologiques,
etc.) ; la deuxième règle fondamentale exige
de les examiner avec le plus de circonspection possible,
a fortiori lorsqu'il s'agit de sources littéraires,
souvent les plus contestables. Disant cela, je n'invente
rien, les meilleurs historiens nous apprennent à
aborder la question avec beaucoup de prudence. Je ne citerai
ici que le grand Jean FAVIER qui connaît ce sujet
mieux que quiconque. Dans sa biographie consacrée
à Louis XI - je m'excuse auprès des non-médiévistes
pour cette digression, cet archiviste et paléographe
de métier, répètent à plusieurs
reprises que les sources sont sujettes à caution : les
auteurs, par définition, sont souvent partiaux
- il suffit de lire l'Histoire de Louis XI de Thomas
Basin pour s'en rendre compte. Leurs jugements sont d'autant
plus subjectifs lorsqu'ils sont contemporains des événements
qu'ils relatent. D'ailleurs Jean FAVIER étend son
constat aux sources archivistiques (livres de comptes
parfois truqués, témoignages mensongers
: rien de bien étonnant à ce phénomène
qui traverse l'histoire avec toujours autant de succès.
Ne réclamons pas de nos anciens plus de vertus
que nous n'en avons). Bref, la première tâche
de l'historien peut être résumée par
une formule : avant tout, procéder à l'examen
critique des sources. Il me semble bien que votre démarche
soit de cet ordre même si, il est vrai, vous systématisez
quelque peu vos jugements, même si, c'est un défaut
du genre de la notice biographique, vous procédez
parfois à des raccourcis abrupts. Je réponds
toutefois aux lecteurs qui érigent en dogmes les
propos de Tacite, de Suétone ou de Tite-Live, qu'ils
font fausse route.
Quant à votre anti-christianisme
présupposé, je dois dire qu'il ne m'a pas
sauté aux yeux. En toute objectivité, étant
moi-même catholique, je trouve que votre analyse
de la biographie de Julien par Benoist-Mechin est assez
claire à cet égard : vous n'êtes pas
un "bouffeur de curés" comme disait un de mes anciens
professeurs d'histoire - qui savait de quoi il parlait
puisqu'il était Beauceron. Je laisse donc aux polémistes
de métier le soin de longuement débattre
sur vos convictions religieuses.
Enfin, examinons la forme dont
vous usez. Elle est assez irrévérencieuse,
disons-le. Pour un sujet aussi grave que celui de la Rome
impériale, il y faudrait davantage l'éloquence
des vieux maîtres de rhétorique que le verbe
imagé dont vous semblez jouer avec délice
: nul doute qu'une telle trivialité eut choqué
les oreilles de ces empereurs pourtant habitués
aux vociférations de la plèbe, aux campagnes
lointaines et aux campements de soldats - dont je doute
qu'ils fussent tous des disciples d'Ovide ou de Cicéron
! Pourtant, soit, j'admets avec l'un de vos critiques
que votre ton n'est pas à la mesure du sujet, surtout
s'il s'adresse à de jeunes enfants - ils ont, ailleurs,
suffisamment l'occasion de lire des grossièretés,
n'en rajoutons pas.
En conclusion de ce long plaidoyer
(non pas pour moi-même, je ne suis pas l'évêque
Basin), je voulais seulement dire, citant pour mes amis
et confrères chrétiens les Saintes Écritures,
que la paix soit sur les hommes de bonne volonté
et qui se consacrent à des sites tels que le vôtre. |
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| RÉPONSE : |
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| Tout d'abord, je tiens à vous remercier de
l'intérêt que vous accordez à mon
site. Ne considérez pas cela comme de la flagornerie
visqueuse ; je suis sincèrement très flatté
lorsque des historiens professionnels tels que vous prennent
la peine, non seulement de lire ma prose, mais encore
de me faire savoir que, globalement, ils apprécient
mon travail
C'est vrai, et je le répète à l'envi,
je ne suis pas un vrai historien. Cependant, je ne suis
pas aussi ignorant en matière de méthodologie
historique que je le laisse parfois entendre, et de vieux
souvenirs d'études universitaires avortées,
ainsi que la lecture de nombreux bons livres d'excellents
historiens me permettent d'estimer à sa juste mesure
(et avec moins de bienveillance que vous) l'abîme
qui sépare mes "notices biographiques" d'études
historiques "sérieuses" !
Certes, je me réfère aux sources antiques
(Suétone, Tacite, l'Histoire Auguste, etc
),
et je les "critique". C'est même ce que j'apprécie
le plus dans la rédaction d'une notice. Mais je
suis aussi parfaitement conscient que, me contentant souvent
des allégations d'un seul historien antique, et
ne confrontant que trop rarement mes intuitions aux conclusions
de vrais historiens, il m'arrive souvent de "systématiser
mes jugements" (comme vous l'écrivez trop indulgemment)
; c'est-à-dire, pour parler franchement, de proférer
des idées très aventurées, sinon
des bêtises plus grosses que moi.
En fait, lorsque je suis confronté à deux
thèses antagonistes, je choisis celle qui me paraît
la plus raisonnable
Mais on sait assez que l'Histoire
n'est pas nécessairement "raisonnable" !
Ce sont ces lacunes en matière de méthodologie
historique qui m'ont conduit à opter pour ce style
que vous qualifiez (avec trop d'indulgence encore) d'"irrévérencieux".
Je vous explique : Avant de me consacrer aux "Empereurs
romains" j'avais commencé à écrire,
dans un style plus "scientifique", des notices biographiques
consacrées aux premiers papes. Mais je me suis
vite rendu compte que ça ne fonctionnait pas du
tout. Le texte étant complété par
des notes infra textuelles destinées à "justifier"
les hypothèses avancées, toute ironie légère
se transformait en satire mordante, toute critique en
attaque virulente, toute hypothèse "irrévérencieuse"
en affreux blasphème. Bref l'historien amateur,
sceptique mais indulgent que je suis, y apparaissait comme
un pseudo savant pédant; partial et hargneux !
Dès lors, quand, un peu plus tard, j'ai entrepris
d'écrire des notices biographiques d'empereurs,
j'ai décidé de changer mon fusil d'épaule,
de jouer d'emblée cartes sur table, et de ne plus
endosser un costume d'historien qui ne me convenait pas.
Au risque de paraître grossier à certains,
j'ai opté pour un ton léger, à la
limite de l'irrévérence ; et au risque de
paraître trop abrupt ou foncièrement irréligieux,
j'ai choisi d'éviter de trop justifier mes hypothèses
douteuses. Et si cela "décribilise" quelque peu
mon site, tant mieux ! Mes pages internet ne sont pas
conçues comme des réservoirs de connaissances
où il n'y a plus qu'à puiser une vérité
prédigérée, mais plutôt comme
des invitations à réfléchir, à
vérifier et à se faire une opinion personnelle?
Vous voyez, dans mon esprit, fond et forme sont liés.
Puisque l'honnêteté me commande de ne pas
me faire passer pour l'historien que je ne suis pas, je
préfère adopter un style qui ne pourrait,
en aucun cas, être confondu avec celui d'un scientifique
de niveau universitaire. Et mon apparente légèreté
de ton, que d'aucun pourraient juger irresponsable, est
en réalité l'aboutissement d'une réflexion
sur la meilleure façon d'aborder un sujet finalement
assez sensible. |
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| Décembre 2002 |
| Michel
a écrit : |
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| En cette
fin d'année, j'ai travaillé d'arrache-pied
pour arranger mon site !
Trop de changements pour
les décrire tous ! Le contenu de bien des
pages a été modifié. Pour l'Age
du fer (Clic
!), vous trouverez quelques objets supplémentaires.
Quant aux monnaies romaines (Clic
!), elles ont été chambardées
(les premières pages tout au moins !).
J'ai également
l'honneur et le plaisir de vous annoncer la naissance
d'une nouvelle rubrique que j'ai appelée
: "Monnaies gauloises d'avant et de pendant l'occupation
romaine : Clic
!, J'y ai rassemblé une partie des
monnaies, dites "barbares".
Comme beaucoup d'autres termes
numismatiques, cette appellation a été
inventée au XIXe siècle quand d'éminents
numismates estimèrent que tous les petits
dessins représentés sur certaines
monnaies de l'époque romaine ne répondaient
pas aux critères de la plastique et du style
romain pur. Dès qu'une pièce de monnaie
différait du sacro-saint style romain, elle
reçut donc le qualificatif de "barbare".
Il s'agissait en fait de monnaies frappées
par des artisans gaulois, le plus souvent illettrés
et qui, ne connaissant pas le style romain, fabriquaient
des matrices selon leurs propres critères
et traditions.
La situation fut sensiblement
différente dans le sud de la France, dans
cette vieille Provincia romaine (Provence)
qui possédait déjà une tradition
artistique grecque avant même la conquête
romaine. Mais, à nous, les Nordiques que
nous sommes, il nous a fallu beaucoup plus de temps
pour nous adapter, aussi retrouve-t-on ce style
"barbare" non seulement sur les monnaies,
mais aussi pour les objets de la vie quotidienne,
ou pour ces statuettes de divinités que vous
pouvez également voir sur mon site. |
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