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Novembre 2002 (page 2/3)
Sommaire du mois de Novembre : Clic
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| 17 Novembre 2002 |
| Sébastien
a écrit : |
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| Ma requête concerne l'éducation
dans la Rome antique, et plus particulièrement
pendant les trois premiers siècles de la période
impériale (milieu du Ier siècle avant
JC à la fin du IIe siècle après J.-C.).
J'ai en ma possession des informations
sur l'éducation dans la Rome républicaine.
Mais il semble que par la suite il y a eu une évolution
dans le système éducatif. Notamment
une démission progressive des parents dans l'éducation
des enfants aux profits d'institutions impériales.
Avez-vous donc des informations
sur l'éducation dans la ville de Rome pendant cette
période ? |
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| RÉPONSE : |
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| Moi non plus, je ne dispose que de peu de renseignements
sur l'éducation dans la Rome impériale,
mais d'après ce que j'ai pu y lire, il ne semble
pas y avoir à cette époque de modification
profonde du système éducatif de la République.
En fait, les changements les plus radicaux semblent s'être
produits plus tôt, au cours des IIIe et IIe siècles
av. J.-C., quand Rome entra en contact avec le monde hellénique
puis conquit la Grèce.
Voici ce d'ailleurs (en gros) ce qu'écrit à
ce sujet mon petit Dictionnaire de l'Antiquité
:
Au début de la République, l'éducation
d'un garçon était laissée à
son père, qui lui tenait lieu de maître et
d'entraîneur. Il apprenait à son fils à
lire, à écrire et à manier les armes,
mais il lui enseignait aussi solidement les convenances,
la morale et le respect des lois.
Même si ce modèle traditionnel persista
dans certaines familles nobles, l'éducation prit
cependant très tôt un caractère
institutionnel qui se généralisa à
l'époque impériale. Aux IIIe et IIe siècles
av. J.-C., sous l'influence de la Grèce, l'éducation
pouvait être dispensée dans des écoles
conçues d'après le modèle grec,
ou par le biais d'un tuteur. Les maîtres étaient
souvent des esclaves ou des affranchis, fréquemment
grecs. Le litterator (= celui qui enseigne les
lettres) ou le Iudi magister (= maître
d'école) apprenait à lire, écrire
et compter aussi bien aux garçons qu'aux filles
de sept à onze ans, les filles étant nettement
plus scolarisées qu'en Grèce. À
l'instar des Grecs, l'emploi d'un pédagogue se
généralisa. Celui-ci enseignait parfois
le grec à son élève. L'éducation
secondaire, de douze à quinze ans, relevait du
grammaticus, qui enseignait la littérature
grecque et latine afin de développer la culture
générale et de préparer à
l'enseignement de la rhétorique.
L'éducation supérieure pour les élèves
de plus de seize ans est attestée à Rome
dès le IIe siècle av. J.-C. Seule la rhétorique
grecque y était alors enseignée. L'étude
de la rhétorique romaine débuta tôt
au Ier siècle av. J.-C. avec la fondation de
l'école rhétorique romaine. Il existait
ainsi deux systèmes parallèles d'enseignement
de la rhétorique, l'un grec, l'autre romain,
l'éducation y étant principalement littéraire
bien que l'on prétendît également
enseigner les principes moraux.
Les Romains accordèrent également moins
d'attention que les Grecs à l'éducation
physique, excepté celle destinée à
l'entraînement des futurs soldats. Quand la pratique
oratoire politique déclina sous l'Empire avec
la perte de liberté politique, les écoles
de rhétorique, toujours s'inspirant des Grecs,
préparèrent leurs élèves
à la carrière d'avocat ou d'administrateur
dans les services publics. Les élèves
qui voulaient poursuivre leurs études au-delà
partaient habituellement pour Athènes ou Rhodes.
Jules
César, Cicéron, Octave
et Horace étudièrent tous à l'étranger.
Sous la République, les expulsions régulières
de maîtres ou, à l'inverse, les mesures
destinées à les attirer à Rome,
manifestent l'attachement de l'État à
un certain type d'éducation. Les empereurs et
autres bienfaiteurs fondèrent quelquefois des
chaires et des écoles publiques municipales,
mais jamais l'État romain n'institua de magistrats
chargés de contrôler les écoles.
(D'après : Dictionnaire de l'Antiquité
- article Éducation, Université
d'Oxford, Édition Robert Laffont, Coll. Bouquins).
Il n'est donc pas question de "démission des parents",
mais plutôt d'influence de la civilisation grecque.
Mais si l'éducation s'institutionnalise, elle ne
quitte pas pour autant la sphère privée.
Reste à savoir si cet enseignement de type "privé"
était accessible au plus grand nombre ? N'a-t-on
pas tendance à surestimer l'impact de l'éducation
?
En fait, même si, à Rome et dans les grandes
villes, l'écrit était partout présent,
une importante partie de la population (même urbaine)
restait analphabète : "On admet que l'époque
impériale est en matière de lecture et d'écriture
une période d'extension. Chez Juvénal, sous
la satire d'un enseignement médiocre et méprisé,
pointe, malgré tout, l'idée que la scolarisation
élémentaire touchait un nombre non négligeable
d'enfants à Rome même. L'impulsion donnée
par une administration vouée à la confection
de documents écrits explique cette progression.
Toutefois, la diffusion large de l'écrit n'était
pas forcément en rapport avec le nombre de ceux
qui savaient lire. Les textes officiels faisaient certainement
l'objet d'une lecture collective sous la dictée
de ceux qui étaient suffisamment alphabétisés.
Les pratiques n'ont pas varié sur ce point avec
l'Empire. Les contenus écrits ont évolué,
mais ils n'ont pas touché moins de gens. L'exemple
de l'affranchi Hermeros dans le Satiricon est justement
cité : le personnage n'est pas vraiment alphabétisé,
mais déchiffre l'écriture lapidaire et dit
posséder quelques rudiments de calcul. Ce devait
être un type répandu d'apprentissage non
scolaire chez les gens de la ville et dans les domesticités
urbaines. La haute culture individuelle était restreinte
à une élite qui ne se limitait pas à
l'aristocratie. La pratique réelle de l'écriture
et de la lecture sous la houlette d'un pouvoir qui diffusait
l'écrit dans les espaces publics permettrait de
parler d'une « alphabétisation pauvre »
relativement répandue, à Rome, mais aussi
dans l'Empire, surtout en Italie" (Patrick Le Roux,
Le Haut Empire romain en Occident d'Auguste aux Sévères,
Édition du Seuil, Coll. Points - Histoire).
Pour terminer, j'ai trouvé sur Internet ces pages
du site Musée
vivant de l'Antiquité (Académie de Versailles)
qui pourront peut-être vous fournir d'utiles renseignements
sur le système éducatif romain (sans d'ailleurs
faire aucune distinction entre l'époque de la République
tardive et l'époque impériale) :
- L'éducation dans l'ancienne Rome : Clic
!
- L'influence grecque : Clic
!
- es écoles romaines sous la république
et sous l'empire (du IIe s. avant J.C. au Ve s. après
J.C.) :
- l'École du magister ludi : Clic
!
- L'école du grammaticus : Clic
!
- L'école du rhéteur : Clic
!
- L'école du magister juris : Clic
!
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| 19 Novembre 2002 |
| Sylvie a écrit : |
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| Les catalogues de numismatique
ne sont pas très bavards quant aux principes
de datation.
En Histoire les années impériales
sont comptées de la mort d'un empereur à
l'autre (ou à quelques semaines près le
temps que le nouvel empereur reçoive du Sénat
le titre d'Augustus).
En numismatique, il semblerait
qu'on ne compte pas les années de la même
manière. Elles semblent aller de janvier à
janvier. En tous cas, les pièces ne sont pas cataloguées
à cheval sur deux années. Quels principes
sont appliqués ? La réponse ne devrait pas
être difficile à trouver, mais à force
d'éplucher les pages sans rien trouver j'en viendrais
à perdre la vue !
Auriez-vous une idée bibliographique
ou autre ?
Merci d'avance pour tout renseignement
susceptible de me guider |
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| RÉPONSE : |
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| Je n'y connais pas grand-chose en numismatique, mais
d'après ce que des personnes plus savantes que
moi m'ont expliqué, la date d'émission
des monnaies impériales romaines peut souvent
être établie grâce aux légendes
qui figurent généralement à l'avers
(du côté "face") des pièces. C'est
là qu'était mentionnée la titulature
des empereurs, le nombre de consulats qu'ils avaient exercés
moment de l'émission monétaire, le nombre
de "Puissances tribunitiennes" qu'ils avaient reçues,
et/ou le nombre d'acclamations impériales dont
ils avaient été honorés. Ainsi, par
exemple, une pièce de Vespasien
qui mentionnerait : "VESPASIANUS AUG - TRP VI - IMP XI
- COS V" (Vespasien Auguste, Tribun du Peuple pour
la sixième fois, acclamé "général
victorieux" pour la onzième fois, Consul pour la
cinquième fois) daterait de 74 ap. J.-C.
À noter aussi que l'année civile romaine
commençait le premier janvier, et que les deux
consuls désignés donnaient leur nom à
l'année de leur consulat. Par exemple, 74 ap. J.-C.
fut l'année "IMP VESPASIANUS V - T CAESAR III",
c'est-à-dire, l'année où l'empereur
Vespasien était consul pour la cinquième
tandis que son fils, le "César" Titus l'était
pour la troisième fois.
La date d'émission des monnaies aussi pouvait
aussi être indiquée (mais je crois que c'est
beaucoup plus rare) depuis la fondation mythique de la
Ville de Rome (AUC : "Ab Urbe Condita") en 753
av. J.-C. Selon ce système, notre année
74 ap. J.-C. était donc l'an 827 AUC.
Il existe naturellement sur le Net des tableaux de concordance
"calendrier romain - calendrier chrétien", avec
indication des noms des consuls désignés
(voir par exemple ici : Clic
!). En revanche, je pense qu'aucun site ne propose
de listes exhaustives permettant de dater les monnaies
sur base des magistratures exercées par les empereurs.
Cela existe sûrement dans certains livres spécialisés,
mais puisque je ne suis guère féru de numismatique,
je ne pourrais vous en renseigner aucun. |
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| Sylvie réécrit : |
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| Merci infiniment pour votre
réponse précieuse, si précieuse que
je me permets de préciser ma question. Vous écrivez
: "C'est là qu'était mentionnée
la titulature des empereurs, le nombre de consulats qu'ils
avaient exercés moment de l'émission monétaire
À noter aussi que l'année civile romaine
commençait le premier janvier, et que les deux
consuls désignés donnaient leur nom à
l'année de leur consulat."
Si je vous explique plus clairement
la problématique à laquelle je suis confrontée,
la réponse sera plus aisée. Il s'agit des
pièces frappées par Pilate avec l'année
de Tibère, à propos desquelles les historiens
établissent les correspondances suivantes (d'un
mois de septembre à l'autre, Tibère ayant
été honoré comme Augustus le 17/9/14AD)
:
- 16e année : 29/30 AD
(symbole impérial : le simpulum)
- 17e année : 30/31 (symbole
impérial : le lituus)
- 18e année : 31/32 (symbole
impérial : le lituus)
La présence de deux pièces
avec le lituus, posées sur les yeux,
ont été détectées sur
le suaire de Turin. (voir ici : Clic
!)
La mort de Jésus est généralement
datée du 7 avril 30. Si les pièces frappées
en Judée sous Pilate suivaient, elles aussi, comme
je le suppose, les lois de la numismatique la 17e année
devrait donc plutôt correspondre à l'année
30, de janvier à décembre. Les pièces
étaient donc toutes neuves.
Donc la première année
de Tibère, pour le numismate, allait du 17 septembre
au 31 décembre de la même année. Je
le dis par déduction ; ce que je souhaiterais confirmer
en connaissant les sources romaines sur lesquelles on
s'appuie dans la datation de ces années impériales. |
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| RÉPONSE : |
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| Maintenant je comprends mieux votre demande ! Évidemment,
dans ce cas, la première année du règne
de Tibère devait courir du 17 septembre 14 au 16
septembre 15, la deuxième du 17 septembre 15 au
16 septembre 16, et ainsi de suite
Mais comme cette
logique historique ne correspond pas toujours à
la logique numismatique, vous pourriez peut-être
consulter ce livre sur les monnaies de Ponce Pilate que
m'avait jadis renseigné son auteur J.-Ph. Fontanille
(voir ici : Clic !).
La numismatique ne se situant pas au premier rang de mes
préoccupations, je n'ai pas lu cet ouvrage, mais
je ne doute pas qu'il contienne des renseignements fort
utiles à vos recherches.
| Cela dit, j'avais, bien sûr, déjà
entendu parler de ces pièces, ces
leptons pour être précis,
placés sur les yeux du Jésus du
Suaire de Turin (sans doute un lepton lituus
sur l'il droit et un lepton julia sur
l'il gauche). Cependant, d'après ce
que j'ai pu comprendre dans la documentation (très
généraliste) dont je dispose, ces
pièces posent de gros problèmes de
datation même aux spécialistes. En
effet, si tous s'accordent pour estimer que ces
pièces furent émises par Ponce Pilate
entre 29 et 32 ap. J.-C., les opinions divergent
dès qu'il s'agit d'affiner cette estimation
Aussi, les plus modestes parmi les spécialistes
du Suaire de Turin (je devrais plutôt écrire
"les tenants de l'authenticité du Suaire")
se bornent à constater que, conformément
à la coutume juive du Ier siècle,
des pièces de monnaies ont été
posées sur le crucifié du Suaire,
et que, ces pièces ayant été
émises par Ponce Pilate entre 29 et 36 (peut-être
plus précisément, entre 30 et 32 ap.
J.-C.), ce supplicié était bien un
contemporain du Christ. Bref, ces pièces
les confortent dans leur foi en l'authenticité
de la relique, et ils ne leur demandent rien d'autre. |
|
Quant vous, si j'ai bien compris, vous souhaiteriez que
la date d'émission de ces leptons concorde
avec celle de la crucifixion de Jésus.
Je peux me tromper, mais cela me paraît très
difficile à démontrer. En effet, la date
de la Crucifixion est aussi controversée de la
date d'émission de ces monnaies ! Tout ce que l'on
peut dire d'à peu près certain à
ce sujet, c'est que l'exécution de Jésus
aurait eu lieu entre 30 et 36 ap. J.-C. Certains historiens
adoptent une chronologie "courte", qui fait mourir Jésus
le 7 avril 30 ; d'autres optent pour une chronologie "longue"
où Jésus est crucifié le 3 avril
33 ; d'autres encore estiment que, lorsque les Évangélistes
racontent que Jésus est mort une veille de la Pâque,
ils font de la théologie, pas de l'histoire, et
que Jésus n'a pas été mis à
mort avant la Pâque, mais bien avant la fête
des Tabernacles, en automne 30 ou 33
Vous voyez, il n'est pas facile de faire coïncider
ces monnaies difficilement datables avec une crucifixion
dont la date est également controversée.
En fait, que ces pièces aient été
frappées la 16e,, la 17e ou la 18e année
du règne de Tibère n'a guère d'importance
puisque Jésus a pu aussi bien être crucifié
en avril 30, en octobre-novembre 30, en avril 33, en octobre-novembre
33, etc
La seule chose qui compte réellement,
c'est que la présence de ces pièces constitue
un élément important (de plus) en faveur
de l'authenticité du Suaire.
N.B. Deux liens sur les pièces
du Suaire :
- Les marques visibles sur le suaire : Clic
!
- Shroud of Turin - Roman Coins : Clic
!
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| 19 Novembre 2002 |
| Michel
a écrit : |
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| Je voudrais vous demander quelque
chose au sujet de Vespasien.
J'ai lu cet après-midi encore
votre article à son sujet, mais il y a une question
qui me trotte en tête. Vespasien a-t-il simplement
taxé les "pissodromes"
euh pardon, urinoirs,
ou a-t-il inventé ces vespasiennes, ou existaient
elles déjà de son temps, mais lui aurait
inventé seulement la taxe. |
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| RÉPONSE : |
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| "Espèce d'urinoir public !"
Ça, ce n'est pas une insulte du capitaine Haddock,
mais la définition de la vespasienne. Naturellement,
le brave empereur Vespasien
n'a pas inventé les latrines publiques. Il en existait
déjà, et de fort belles d'ailleurs, à
Rome à l'époque Néron (j'en parle
dans une réponse à un courrier ici : Clic
!).
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Bien qu'il fût un tantinet
"près de ses sous" (il est vrai que Néron,
avait, lui, littéralement jeté l'or
par les fenêtres), cet empereur n'a pas non
plus taxé les commodités publiques.
Non, il institua seulement un impôt sur la
collecte d'urine. Recueillie dans des jarres placées
le long des rues, celle-ci était en effet
collectée et livrée aux foulons (blanchisseurs)
qui l'utilisaient comme source d'ammoniac, destiné
à blanchir et à nettoyer les vêtements.
Après Vespasien,
les foulons durent payer une redevance au fisc pour
recevoir cette urine qui, jusque-là, leur
était fournie gratuitement.
"L'argent n'a pas d'odeur !" aurait (en
substance) répondu Vespasien à son
fils Titus que lui reprochait son âpreté
au gain (voir Suétone : Clic
!).
Quant au mot vespasiennes, mon dictionnaire
historique de la langue française me précise
qu'il est attesté pour la première
fois en 1834 et qu'il désignait sans doute,
à l'origine, des voitures qu'on tenta d'établir
sur les grandes artères de Paris et dans
lesquelles les passants pouvaient se soulager. Comme
quoi, les vespasiennes furent d'abord ambulantes
avant d'être fixes !
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| 19 Novembre |
| Olivia a écrit : |
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| Ma fille (12 ans) a eu un test
et une question était : "C'est quoi, un siège
romain ?".
Je n'ai rien trouvé
est-ce que vous pouvez nous répondre ? |
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| RÉPONSE : |
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| Effectivement, la formulation n'est pas des plus claires
! J'ai moi-même des difficultés à
comprendre de quoi il peut bien s'agir. Examinons donc
les hypothèses :
- On raconte qu'un jour, une star de cinéma (j'ai
oublié laquelle), fort émue d'être
reçue en audience par Notre Saint-Père
le Pape, aurait, bien plus confuse que confite, appelé
le saint homme : "Votre Saint-Siège !"
Bon ! Quoiqu'il soit aussi romain que saint, je présume
que ce n'est pas de ce siège-là dont il
était question dans le "test" de votre fille.
- Sauf si l'esprit de son examinateur était un
peu tordu, il n'était sans doute pas question
de mobilier non plus. À part les chaises curules
(voir une illustration d'un de ces "sièges" ici,
sur cette monnaie de l'empereur Philippe l'Arabe : Clic
!), les Romains ne se distinguèrent pas
particulièrement dans ce domaine.
- Naturellement, je ne connais pas le contexte, ne s'agissait-il
pas plutôt de décrire l'investissement
(donc, le "siège") d'une ville ou d'une forteresse
par l'armée romaine. Dans ce cas, vous trouverez
certainement sur le Net des renseignements des "sièges
romains" fameux : par exemple celui d'Alésia
(voir, entre autres ici : Clic
! ou Clic
!) ou celui de Massada (voir : Clic
!, Clic
!,ou Clic
!)
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| 21 Novembre 2002 |
| Selim a écrit : |
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| Je recherche actuellement
des sites qui traiteraient à la fois de
la religion et de l'armée sous l'empereur Julien.
Plus particulièrement,
je travaille sur les Discours contre Julien
(4 et 5) de Grégoire de Nazianze, ainsi
que les Discours (12 et 18) de Libanios, et
enfin mon travail s'appuie aussi sur Jean Chrysostome,
dans In Inventinum et Maximinum martyres.
J'espère vivement que
vous pourrez m'éclairer au plus vite. Ainsi
je tiens toutefois a vous féliciter et vous
remercier pour le travail que vous avez accompli sur
votre site. |
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| RÉPONSE : |
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| Le moins que l'on puisse dire, c'est
que les diatribes de Grégoire de Nazianze
contre Julien l'Apostat ne sont pas ce qui se
fait de mieux en matière de charité
chrétienne
et, s'il m'en souvient bien,
la "Bouche d'Or" de Jean Chrysostome abritait également
une langue fort acérée !
Malheureusement, ne connais guère les textes
que vous mentionnez (surtout les Discours de
Grégoire de Nazianze) que par le biais des
quelques livres - études de bonne vulgarisation
ou récits romancés - que je possède
sur l'empereur Julien.
Naturellement, comme ces ouvrages sont plutôt
favorables à Julien, les discours enflammés
du "bon" Grégoire ne sont en général
cités que pour démontrer, au mieux,
l'incompréhension, au pire, la haine des Chrétiens
à l'encontre de "l'Apostat".
|  |
Exemple : "Parmi les jeunes
gens qu'il (= Julien) fréquentait
à Athènes se trouvait un certain
nombre de Chrétiens qui étaient
loin de lui être favorables. Il y avait
là, notamment, un certain Grégoire
de Nazianze, qui poursuivait ses études
de philosophie et éprouvait pour son
condisciple une antipathie marquée. Supérieurement
intelligent, mais haineux sectaire, il épiait
ses moindres gestes pour les consigner sur ses
tablettes et fourbissait en secret ses armes
contre lui. Il suffit pour s'en convaincre de
lire ces lignes qui, bien que rédigées
quelques années plus tard, se rapportent
à l'époque où Julien séjournait
en Grèce : « Sa scélératesse
ne fut révélée aux autres
que lorsqu'il accéda au pouvoir et obtint
ainsi licence de faire ce qu'il voulait. Pour
ma part, je l'avais démasqué dès
le moment où je le rencontrai à
Athènes
Ce qui nie permit de le
percer à jour, comme si j'étais
devin, ce fut l'inégalité de son
caractère et les excès de ses
transports. je n'augurais rien de bon en voyant
son cou sans cesse en mouvement, ses épaules
branlantes comme les deux plateaux d'une balance,
ses yeux agités qu'il roulait avec un
regard d'exalté, sa démarche incertaine,
un nez ne respirant qu'insolence et dédain
avec la même expression dans les grimaces
risibles de son visage, un rire intempérant
et convulsif, des signes de tête accordant
et refusant sans raison, une parole hésitante
et coupée comme par une respiration pénible,
des questions posées sans ordre ni intelligence
et des réponses embrouillées qui
se chevauchaient les unes les autres comme celles
d'un homme dénué de toute culiture.
» (Grégoire de Naziance, Discours
n°5, 25). À l'en croire, Julien
n'aurait été qu'un fou grimaçant,
un déséquilibré relevant
de la pathologie mentale. Mais ce portrait est
trop poussé au noir pour qu'on n'y sente
une volonté de dénigrement. À
travers Grégoire de Nazianze, c'est toute
l'opposition chrétienne qui commence
à lever la tête, cette opposition
qui allait recouvrir Julien d'un tel torrent
de boue que sa mémoire en resterait souillée
pendant des siècles" (Benoist-Méchin,
Julien ou le rêve calciné,
Librairie académique Perrin). |
Vous voyez : en toute subjectivité, Benoist-Méchin
stigmatise le manque d'objectivité de Grégoire
de Nazianze ! C'est amusant, mais cette façon
de procéder n'a que peu de rapports avec une
analyste historique argumentée. D'ailleurs,
ledit Benoist-Méchin n'a pas fort bonne presse
auprès des vrais historiens qui lui reprochent
sa sensibilité à la fois trop romanesque
et trop "nietzschéenne" !
Mais, puisque ma connaissance des uvres de
ces deux "géants de l'Église" que fuent
Grégoire de Nazianze et Jean Chrysostome se
limite à ces considérations d'ordre
général, j'en viens directement à
ce qui vous intéresse, c'est-à-dire
à quelques sites qui proposent (ou qui
renseignent) des pages intéressantes (enfin,
que je juge telles) sur l'Antiquité tardive
(armée, religion, Grégoire de Nazianze,
etc
) :
- UCL (Université Catholique de Louvain)
:
- Site BCS (Bibiotheca Classica Selecta) :
- Ressources Web concernant l'Antiquité
tardive : Clic
!
- Ressources Web concernant l'armée
romaine : Clic
!
- Centre d'Études sur Grégoire
de Nazianze : Clic
!
- Gregory of Nazianzus Homepage : Clic
!
- Base de données de recherche sur Grégoire
de Nazianze : Clic
!
- Site LacusCurtius - RomanSites :
- Site "Litarba" de Pierre-Louis Malosse : Clic
!
- Sites consacrés à l'Antiquité
tardive : Clic
!
- Site Emilia Robin
- L'Armée romaine à partir du
IIIe siècle : Clic
!
- Le Coin des historiens, Histoire ancienne
: Clic
!
- The Roman Army page : Clic
!
- Site de Philippe Pijourlet - Politique et religion
dans l'empire romain du IVe au VIIe siècle
: Clic
!
- Society for Late Antiquity : Clic
!
Voilà, c'est déjà tout ! Cependant,
j'ai un peu peur d'avoir "enfoncé des portes
ouvertes" en ne vous communiquant que des adresses
que vous connaissiez déjà de longue
date. Néanmoins, j'espère que certaines
de ces pages vous sont inconnues, que vous y puiserez
quelques informations utiles à vos recherches,
ou qu'elle vous indiqueront l'endroit où les
trouver. |
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| 22 Novembre 2002 |
| Bidzina
a écrit : |
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| Est-ce que la date du
baptême de sainte Hélène est
connue ? |
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| RÉPONSE : |
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| Je ne crois pas que l'on connaisse
précisément la date du baptême
d'Hélène, la très sainte
mère du sinistre Constantin. En revanche, l'historien
ecclésiastique Eusèbe de Césarée
nous fournit une indication quant à la date
de sa conversion au christianisme. En effet,
selon l'historien ecclésiastique, Constantin,
après sa victoire du Pont Milvius remportée
sur Maxence (en 312), aurait incité sa mère
à embrasser le Christianisme : "Sous son
influence (de Constantin), elle (Hélène)
devint une servante dévote de Dieu, si bien
que l'on eût pu croire qu'elle était
disciple du Rédempteur de l'humanité
depuis sa plus tendre enfance" (Eusèbe
de Césarée, Vita Constantini,
III, 47 - Voir Catholic
Encyclopedia, art. St
Helena).
| Contrairement à ce que
l'on croit communément (et à ce
que sous-entendent encore certains auteurs ou
sites Internet à vocation hagiographique
- voir par exemple ici : Clic
!), ce ne serait donc pas sainte Hélène
qui aurait poussé son fils à favoriser
mais les Chrétiens, mais exactement l'inverse.
Car croyez bien que si Eusèbe de Césarée,
cet historien contemporain de Constantin, dont
le seul but était de glorifier la religion
chrétienne, avait pu écrire, sans
risque d'être désavoué par
ses ouailles, que l'Augusta Hélène
s'était convertie au christianisme bien
avant son illustre fils (donc, soit au plus
fort de l'épouvantable "persécution
de Dioclétien", soit encore auparavant,
quand la belle Hélène était
la compagne chérie du glorieux César
Constance
Chlore), il n'aurait pas raté l'occasion
de le faire !
À noter aussi qu'en ce qui concerne
Constantin,
c'est exactement le contraire : on est sûr
de la date de son baptême (sur son lit
de mort, en 337), mais la date de sa "conversion"
au christianisme reste très controversée
Avant la bataille du Pont Milvius ("vision"
de Constantin - in hoc signo vinces)
? après les assassinats de son épouse
Fausta et de son fils Crispus (seule l'Église
chrétienne lui aurait promis l'absolution
de tels crimes) ? sur son lit de mort (par peur
de l'enfer) ?
Peut-être même, au plus profond
de son âme tourmentée ne renonça-t-il
jamais à ces cultes solaires dont il
avait été si longtemps un adepte
convaincu ?
Qui peut sonder les consciences ? (Enfin, parler
de "conscience" pour le cynique et cruel "saint"
Constantin, c'est déjà énoncer
une hypothèse fort hasardeuse !
) |
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| 23 Novembre 2002 |
| Virginie a écrit : |
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| Auriez-vous quelques infos
sur les funérailles impériales à
Rome sous le Haut-Empire ? |
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| RÉPONSE : |
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| Je n'ai pas trouvé sur le Web de pages
consacrées aux funérailles des empereurs
romains, et la documentation dont je dispose n'est
guère plus explicite. Heureusement, dans ses
Vies
des douze Césars, le brave historien
latin Suétone nous donne quelques indications
à ce sujet.
Évoquant les funérailles de l'empereur
Claude,
Suétone mentionne, comme en passant, qu'elles
furent "célébrées avec toute
la pompe impériale" (Vie
de Claude, 45).
Cela semble indiquer, d'une part, une cérémonie
plus fastueuse que pour le commun des mortels, et
d'autre part, que le rituel des funérailles
impériales obéissait à un cérémonial
traditionnel.
Mais en quoi consistait cette tradition funéraire,
et à quel empereur remontait-elle ?
Évidemment, à Auguste,
le premier empereur
Reprenons donc notre Suétone et sa Vie
d'Auguste :
Après la mort du premier empereur, les Sénateurs
veulent lui accorder des funérailles et des
honneurs posthumes inouïs, mais finalement, la
raison l'emporte sur la douleur (ou sur la flatterie)
: "On imposa des limites à ces honneurs.
Tibère fit l'oraison funèbre devant
le temple de Jules César ; et Drusus, fils
de Tibère, en prononça une autre devant
l'ancienne tribune aux harangues (les Rostres).
Ensuite, les sénateurs portèrent
le corps d'Auguste sur leurs épaules jusqu'au
champ de Mars où il fut mis sur le bûcher
et brûlé. Un homme, qui avait été
préteur, ne manqua pas de jurer qu'il avait
vu le fantôme d'Auguste s'élever vers
le ciel après que son corps eut été
brûlé. Les premiers de l'ordre équestre
vinrent en tunique, sans ceinture et pieds nus, recueillir
ses restes, et les déposèrent dans un
mausolée qu'il avait fait élever pendant
son sixième consulat, entre les bords du Tibre
et la voie Flaminienne, et dont il avait dès
lors ouvert au public les bosquets et les promenades"
(Vie
d'Auguste, 100
).
Ce texte révèle sans doute là
les principaux éléments constitutifs
de funérailles impériales dignes de
ce nom :
1. Oraison(s) funèbre(s) du successeur
et/ou de proches parents de l'empereur défunt.
2. Cortège funèbre jusqu'au Champ
de Mars.
Dans sa Vie
de Vespasien, Suétone nous apprend
aussi que, comme lors des obsèques de simples
citoyens, cette procession solennelle pouvait être
accompagnée d'acteurs, chargés d'imiter
- et parfois de caricaturer - le défunt :
"À ses funérailles (de Vespasien),
le chef des mimes, nommé Favor, qui portait
le masque de l'empereur et contrefaisait, selon
la coutume, ses paroles et ses gestes, demanda publiquement
aux gens d'affaires combien coûtaient le convoi
et les obsèques. Comme ils répondirent
: « Dix millions de sesterces », il s'écria
: « Donnez-m'en plutôt cent mille et
flanquez-moi dans le Tibre ! » (Vie
de Vespasien, 19).
3. Crémation .
Si l'empereur est populaire, une personne
de qualité ne manquera pas de voir son "fantôme",
son numen ou son génie (nous
dirions, "son âme") s'envoler du bûcher
funéraire : cela justifiera l'"apothéose"
du défunt, c'est-à-dire, sa déification,
sa mise au rang des dieux (Voir ici : Clic
!)
4. Les cendres et les ossements sont recueillis
et placés dans une urne funéraire.
5. Cette urne est déposée dans un
mausolée (en l'occurrence le Mausolée
d'Auguste).
Il n'y a là rien d'exceptionnel. En fait,
seule la qualité des intervenants distingue
les funérailles impériales de celles
des simples citoyens : l'oraison funèbre est
prononcée par le successeur de l'empereur défunt
; des Sénateurs - les aristocrates romains,
l'élite de la Patrie - portent le corps jusqu'au
lieu de crémation, et les chefs de la classe
des "chevaliers" (le deuxième ordre de l'État)
recueillent les cendres et les conduisent à
leur dernière demeure.
Éventuellement, vous pouvez également
aller jeter un coup d'oeil sur les lignes que Suétone
consacre aux pbséques de Caligula
(Clic
!), de Néron
(Clic
!) ou de Galba
(Clic
!). Cependant, ces empereurs ayant été
assassinés ou étant morts dans des circonstances
très particulières, leurs "funérailles",
souvent improvisées, n'ont pu revêtir
la solennité habituelle. |
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| 23 Novembre 2002 |
| Bidzina
a écrit : |
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| La tradition d'Arcane,
élaborée par l'église chrétienne,
a été annulée après l'édit
de Milan. Pourtant j'ai lu que cette tradition a existé
jusqu'au Ve siècle.
Pourriez-vous me renseigner
à ce sujet ? |
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| RÉPONSE : |
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| Excusez-moi, mais cette fois, et même après
avoir bien cherché, je ne suis pas parvenu
à savoir ce qu'était cette "Tradition
d'Arcane" dont vous me parlez. Je ne peux donc
vous donner aucun renseignement à son sujet
et j'en suis très sincèrement désolé. |
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