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Octobre 2002 (page 3/3)

Sommaire du mois d'Octobre : Clic !

24 Octobre 2002

Joffrey a écrit : 

Je fais un exposé en latin sur "manger et boire chez les Romains".

J'aurais besoin de renseignements de votre part.

RÉPONSE :

Malheureusement, mon site "Empereurs romains" étant, comme son nom l'indique, consacré aux faits et gestes des souverains de Rome antique, et non à la vie quotidienne de leurs sujets, je ne dispose de que peu de renseignements sur la gastronomie romaine. (liste vérifiée et complétée le 25/01/04)

Voici cependant les adresses de quelques pages Internet consacrées à cette question :

  • A tout seigneur tout honneur : le site, très complet, très documenté et très intéressant, de Jacqueline Honoré, consacré à la Cuisine romaine antique : Clic !
  • Ac-Versailles - Le Musée vivant de l'Antiquité :
    • l'Alimentation et la cuisine dans l'Antiquité : Clic !
      • Instruments de cuisine et préparation des repas chez les Romains : Clic !
      • Repas de tous les jours chez les Romains : Clic !
      • Repas de fête chez les Romains : Clic !
  • Site "Ils sont fous ces Romains" :
    • La gastronomie : Clic !
    • Un menu de banquet : Clic !
    • La présentation des plats, la cuisine, la salle à manger : Clic !
    • Les ingrédients internationaux : Clic !
  • Site "La Cuisine antique" - pour se faire livrer et déguster des petit plats romains : Clic !
  • Travaux d'élèves :
    • college.belrem.free.fr - la cuisine à Rome : Clic !
    • lycos.fr/dgari - la cuisine romaine : Clic !
    • ac-grenoble.fr/lamure - la nourriture chez les Romains : Clic !

Plus "compliqué" :

  • ac-orleans - Autour d'Apicius (textes latins) : Clic !
  • Sur le site américain LacusCurtius, des liens vers d'autres sites traitant de la nourriture et de la cuisine des anciens Romains (malheureusement, la plupart de ces sites sont en Anglais) : Clic !

Désolé de ne pouvoir vous aider davantage.

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24 Octobre 2002

Valérie a écrit :

Sous le règne de quel empereur, l'éruption du Vésuve en août 79 a-t-elle eu lieu ?

J'ai pu déterminer que Vespasien avait régné de 69 à 79, et Titus de 79 à 81, mais je n'ai pas trouvé d'info sur la date exacte de passation des pouvoirs…

Pouvez-vous m'aider ?

RÉPONSE :

Titus succéda à son père le 23 juin 79 (mais il avait été nommé "César" et associé au pouvoir depuis le début du règne de Vespasien), tandis que la catastrophique éruption du Vésuve n'eut lieu que le 24 août de la même année.

Un peu tard, et un tantinet excessif, comme feu d'artifice !

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25 Octobre 2002

Michel a écrit : 

Je vous envoie ce mail pour signaler l'existence d'une série de bandes dessinées (actuellement 4 "chapitres") que je viens de découvrir : "MURENA" de Dufaux et Delaby, qui m'a paru intéressante.

L'histoire se déroule à l'époque de Néron et, bien qu'il ne soit pas le personnage principal de la série, il y tient un rôle important.

Je pense que cette série mérite d'être présentée dans votre page "Quelques livres sur Néron".

RÉPONSE :

Vous n'êtes pas le premier internaute à me recommander la bande dessinée Muréna de Dufaux et de Delaby (voir Clic ! et Clic !). Malheureusement - honte sur moi ! - je n'ai encore lu aucun de ces quatre albums unanimement décrits comme excellents. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle cette BD n'est pas mentionnée dans la page "Quelques livres sur Néron" (Clic !). Je n'ai en effet pas la prétention d'y fournir une bibliographie exhaustive de Néron (des centaines de pages n'y suffiraient sans doute pas), mais seulement d'indiquer quelques "bons" livres sur les temps néroniens, quelques ouvrages que je connais j'ai lus, relus et (le plus souvent) hautement appréciés.

Pour l'instant, ce n'est, hélas, pas (encore) le cas de la série Muréna !

livre murena

NB : Quelques liens sur Muréna de Dufaux et Delaby

La BD Murena vous intéresse ?
voyez aussi : DE MURENA À LOLLIA PAULINA,

un article de Michel Eloy

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27 Octobre 2002

Isabelle a écrit : 

J'ai une dissertation à faire sur le personnage d'Agrippine dans la pièce de Racine "Britannicus".

Pouvez-vous me dire ce qui caractérisait cette femme ? Ce qu'on savait d'elle ?

RÉPONSE :

Ça doit bien faire vingt ans que je n'ai plus fréquenté le Britannicus de Jean Racine, mais, d'après ce qu'il m'en souvient, son Agrippine est parfaitement conforme au portrait que l'historien romain Tacite fait de cette "brave" dame : un monstre d'ambition ; une mégère cynique et cruelle, prête à tout, même au sacrifice de son fils, afin de garder un pouvoir acquis à grand coups d'assassinats !

Dans mon site Empereurs romains, le personnage d'Agrippine est évoqué à plusieurs reprises. Voici les liens directs vers ces endroits :

  • Agrippine et Claude : Clic !
  • Agrippine et Néron : Clic !
  • L'exil d'Agrippine sur ordre de son frère Caligula : Clic !

Pour info, voici également deux autres pages qui pourraient vous être utiles dans vos recherches :

  • Site Noctes Gallicanae - Agrippine la Jeune : Clic !
  • Les personnages qui ont inspiré Jean Racine pour son Britannicus : Clic !

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28 Octobre 2002

Bidzina a écrit : 

Connaissez-vous un exemple de conversion d'une province de l'empire Romain au Christianisme avant l'édit de Milan de 313.

Par exemple les Arméniens prétendent que leur Roi a été le premier gouverneur d'une province de l'Empire à adopter le Christianisme en 301.

Connaîtriez-vous un autre exemple à la même époque ?

RÉPONSE :

À la fin du IIIe siècle, et quoiqu'elle fût constamment tiraillée entre l'Empire romain et la Perse sassanide, l'Arménie était plutôt un royaume indépendant qu'une "province romaine". Il n'en reste pas moins vrai qu'à ma connaissance, l'Arménie fut bien la toute première "entité administrative" à adopter le christianisme comme religion d'état : saint Grégoire "l'Illuminateur" convertit le roi Tiridate, et celui-ci promulgua un édit imposant la nouvelle religion à tous ses sujets, édit que le grand saint se chargea de faire respecter en parcourant le pays à la tête de bandes armées fanatisées.

Il faut cependant noter que la date de la christianisation définitive de l'Arménie reste controversée : elle se situe dans une fourchette allant de 278 à 314 - les années les plus fréquemment retenues étant 294 et 314.

Pour le reste, je ne connais pas d'autre exemple de province ou d'état adoptant le christianisme avant l'"Édit" de Milan.

Bien sûr, si l'on considère le manichéisme comme une hérésie chrétienne, l'Empire perse serait peut-être devenu un état "chrétien" dès le milieu du IIIe siècle… Mais le roi Châhpuhr Ier (ou Sapor Ier) se méfiait-il du pouvoir des mages zoroastriens au point de transformer la doctrine de Mani en "religion d'état" ? C'est loin d'être sûr !

Et s'il avait régné plus longtemps, l'empereur romain Philippe l'Arabe, qui était probablement chrétien (voir ici : Clic !), aurait-il peut-être reconnu le christianisme comme "religion licite" soixante bonnes années avant Constantin ?
Avec des si…

Ce ne furent là que des tentatives avortées parce que prématurées. Car si l'Arménie put adopter si rapidement le christianisme comme religion d'état, c'était sans doute parce qu'il s'agissait d'un tout petit royaume, bien plus "monolithique" que ces empires "universels", poly-culturels et poly-ethniques qu'étaient Rome et la Perse.

 

Bidzina réécrit : 

Je vous remercie pour votre réponse intéressante, et permettez-moi de vous adresser la question suivante :

Est-ce que, vers la fin du IIIe siècle, l'Ibérie (Géorgie) faisait partie de l'Empire Romain ?

RÉPONSE :

Je ne dispose pas d'énormément de documentation concernant l'histoire de la Georgie, mais d'après les renseignements que j'ai pu recueillir, il semble bien que ces régions de la rive orientale de la Mer Noire ne firent jamais partie intégrante de l'Empire romain. Même à l'apogée de sa puissance (milieu du IIe siècle), Rome ne fit jamais qu'y entretenir quelques garnisons installées sur littoral, chargées de protéger des comptoirs commerciaux, et dont les légionnaires ne s'aventuraient guère dans l'arrière-pays. Ces avant-postes isolés de l'Empire romain s'étaient d'ailleurs installés en Géorgie occidentale (en géorgien : Egrisi et Apxazeti - en grec : Lazique et Abasgie) plutôt qu'en Géorgie orientale (en géorgien Kartli - en grec : Ibérie) qui était, elle, dans la "zone d'influence" de la Perse.

Bidzina réécrit :

Il me semble qu'après le Traité de Nisibe 298-338, pendant 40 ans la Géorgie (Ibérie) était considérée comme une province de Rome, et que le Roi d'Ibérie était nommé Rome. Il existe aussi une œuvre littéraire géorgienne qui montre l'influence de Rome (Patria Protestas) au IIIe siècle

Est-ce que vous disposez de renseignements à sujet ?

RÉPONSE :

D'après ce je vois, vous êtes mieux bien documenté que moi sur la Géorgie antique, sa littérature et ses codes législatifs
;-))

Je lis effectivement dans L'Empire chrétien de René Piganiol (PUF, 1972) : "Tandis que Valens avait les mains liées par l'usurpation de Procope (365-366), le roi de Perse Sapor II décida d'occuper l'Arménie et aussi l'Ibérie (la Géorgie), état client de Rome depuis Dioclétien. Après une série d'expéditions mal connues (364-368), il fit prisonnier le roi d'Arménie Arsace III, qui s'était toujours montré si fidèle allié de Rome, et le tua après quelques années. Il chassa d'Ibérie Sauromax, nommé par Rome, et le remplaça par un vassal (369)" .

Naturellement, que la Géorgie fût un royaume vassal de Rome ne veut pas dire que cet état avait perdu toute indépendance et était officiellement réduit au rang de simple province de l'Empire romain… Que du contraire !

Dans le Dictionnaire encyclopédique du Moyen Age (sous la direction d'André Vauchez - Éditions Cerf, 1997), je lis également ceci : "Jusqu'au VIIe siècle, les deux parties de la Géorgie connurent des évolutions relativement distinctes. À l'Ouest, au contact du monde romain par les garnisons que celui-ci entretenait sur le littoral, le royaume du Lazique oscilla entre l'alliance sassanide et l'alliance byzantine ; celle-ci l'emporta au Ve siècle avant d'évoluer au VIe siècle vers une annexion pure et simple qui favorisa une certaine unification de toute la Géorgie occidentale. (…) En Géorgie orientale où le poids des peuples de la montagne et de l'Outre-Caucase est une donnée constante de l'histoire, des régions diverses que leur évolution rattachait par moments à l'Arménie ou à l'Albanie gravitaient autour d'un noyau central, dominé par la ville de Mexeta, puis par Tbilissi. Il y avait là un royaume d'antique origine, dirigé à partir du IVe siècle par une dynastie en partie iranienne, mais intégré au monde chrétien depuis la conversion de son roi à l'époque de Constantin". (Bernadette Martin-Hisard, Article : Géorgie).

Donc, à l'Ouest de la Géorgie, des influences romaines, avec des garnisons sur le littoral, et en Géorgie orientale, un petit royaume de type "féodal", vassal de Rome depuis l'époque de Dioclétien jusqu'à celle de Valens, et dont le roi se convertit au christianisme à l'époque de Constantin… Mais sans perdre pour autant son indépendance !

Voilà, vous connaissez maintenant absolument tous les renseignements dont je dispose au sujet de la Géorgie antique.

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30 Octobre 2002

Madeleine a écrit : 

Je cherche des renseignements sur saint Triphon (époque Gallien ?) ; pouvez-vous m'aider ?

Merci d'avance.

RÉPONSE :

Dans les Bijoux de la Castafiore, ce formidable épisode des Aventures de Tintin le professeur Tournesol (Tryphon de son élégant prénom), délaisse ses dangereuses expériences accoutumées pour se consacrer, en jardinier de génie qu'il est, à la création d'une nouvelle variété de rose blanche.

Contre-emploi du plus célèbre savant de la bande dessinée ? Pas réellement car saint Tryphon, c'est le saint patron des jardiniers !

On ne connaît pas grand-chose de la vie de ce saint, en bonne partie légendaire. Il serait né à Kampsade, en Phrygie, où, enfant, il aurait été gardien d'oies (il n'y a pas de sot métier). Aux temps de la persécution de Dèce, vers 250 ap. J.-C., il aurait été pris par les païens et exécuté d'horrible manière (entre autres joyeusetés, mis en croix et lacéré au coups d'épée, traîné derrière un cheval et brûlé à petit feu avant d'être enfin décapité), non sans (bien entendu) avoir auparavant converti le préfet de la province, un affreux païen nommé Licius.

Au fil du temps, des récits fabuleux vinrent se greffer sur cette légende - normal puisqu'il s'agissait du saint patron des jardiniers, me direz-vous. Vers l'an Mil, un moine, fort opportunément nommé Théodoric de Fleury, compila toutes ces anecdotes ébouriffantes pour rédiger une nouvelle relation de ce martyre où apparaît un certain Respicius, saint compagnon de notre saint Tryphon. Les reliques de ces deux saints auraient été conservées à l'Hôpital du Saint-Esprit de Sassia (voir ici : Clic !) avec celles de sainte Nympha, une vierge de Palerme qui, quant à elle, aurait été martyrisée au début du IVe siècle, ou qui se serait enfuie de Palerme à cause de l'invasion des Goths pour s'en aller mourir à Savone au VIe siècle.

Saint Tryphon est très vénéré par l'Église grecque, qui célèbre sa fête le 1er février, tandis que l'Église romaine le fête le 10 novembre.

(Source : Catholic Encyclopedia - Art : Tryphon, Respicius, and Nympha).

J'ai également trouvé sur le Net cette page (Clic !) également en anglais,mais dont le contenu me paraît, à première vue, beaucoup plus hagiographique qu'historique. Dois-je réellement préciser que je ne suis pas, mais alors là vraiment pas sûr à 100 % que, par exemple, l'empereur Gordien III fit venir à Rome notre brave Tryphon afin qu'il exorcisât son impériale fille, possédée par de vilains démons tous noirs et tous velus…

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Octobre 2002

Michel a écrit : 

Afin d'y ajouter une série de nouvelles pièces le site Archeobel a été complètement retravaillé, et c'est ainsi que j'ai le plaisir de vous le présenter aujourd'hui, dépoussiéré et passé à l'aspirateur !

Vous y trouverez en particulier :

  • Une pointe de flèche du premier âge du fer : Clic !

Et, en ce qui concerne l'époque gallo-romaine :

  • Un sympathique petit pot gaulois : Clic !… la "jatte à café" d'Ambiorix ? ;o))
  • Une coupelle : Clic !,
  • Quatre nouvelles lampes à huile : Clic !
    • Parmi celles-ci, vous remarquerez une petite lampe au dauphin sur le miroir : Clic !
      Cette pièce est importante car, comme vous le savez sans doute, le dauphin est un animal très fréquemment utilisé comme symbole du "guide", celui qui vous emmène droit au but. Chez les Romains, des dauphins, on en trouve partout !… jusque sur les balles de frondes en plomb de l'armée, afin que la balle de fronde se dirige en plein sur le front de l'adversaire !
  • Dans les "divers", un "simpulum" en bronze : Clic !… qu'il ne faut pas confondre avec une louche pour la soupe ! ;o))
    Au sujet du "simpulum", cet objet figure avec les accessoires du Pontife sur certains revers de monnaies romaines (voir cet as de Marc Aurèle : Clic !). Cependant, cette "louche" n'était pas qu'un objet de culte. Comme simple objet utilitaire, le simpulum pouvait servir à goûter le vin. De la même façon qu'aujourd'hui, le sommelier verse dans votre verre un petit gorgeon de vin en vous présentant la bouteille, à cette époque le "cellarius" (je crois que c'est comme ça que s'appelait le sommelier romain) présentait un simpulum afin que le type à table puisse renifler, goûter et donner avis. Il y a des simpulum avec pied, qui tiennent donc debout tout seuls, et d'autres sans pied, qu'on dépose comme cela sur table.
  • Pour les monnaies romaines :
    • Un as (9,65 gr) et un quinaire (1,36gr = demi denier) d'Auguste : Clic !
    • Un as (10,44gr) de Germanicus frappé en 37 sous Caligula : Clic !
    • Un denier de notre petit ami Caligula et sa maman chérie (sale bête !) Agrippine : Clic !
      Cette monnaie, frappée à Lyon en 37 avec les deux effigies, est extrêmement rare. Ici, il s'agit d'une pièce "saucée".
      Pour info, les termes "saucées", ou "fourrées" qualifient des monnaies simplement enduites d'une couche de métal précieux mais dont le cœur est de vil métal (cuivre ou même fer). Sur Archeobel, le denier de Néron (Clic !) est lui aussi saucé. À quoi voit-on cela ? C'est bien simple : avec un bon œil, ou une bonne loupe, on peut constater que le cuivre sous l'argent s'oxyde et donne une légère teinte vert-de-gris.… preuve indéniable de la présence de cuivre !
      Hadrien, quant à lui, fit même frapper des as en cuivre avec une âme en fer ! Peu de pièces ont survécu car la rouille ayant boursouflé le cuivre, celui-ci s'est effrité et a disparu.
    • Quelques pièces supplémentaires à l'effigie de Néron : Clic ! … (Comme vous le verrez, c'est pas seulement son nez qui était rond, mais aussi le reste !)
    • Un as (8,49gr) d'Hadrien serrant la main à Felicitas au revers : Clic !
    • Ensuite ce fameux as d'Aelius : Clic ! dont nous avons eu l'occasion de parler (voir ici : Clic !)
    • Et le denier de Julia Domna "Pia" : Clic ! où cette brave dame est qualifiée de "pieuse" (Pia) - voir commentaire ici : Clic !
site archeobel

Pour info, et bien que cela n'a guère de rapport avec les "Empereurs romains", je vous signale également :

Quelques intéressants objets préhistoriques :

  • Des pointes moustériennes : Clic !
  • Un biface moustérien de tradition acheuléenne : Clic !
    Le moustérien de tradition acheuléenne est le moustérien ancien taillé des deux faces de la pierre, de là le nom biface. Le moustérien traditionnel est taillé sur un éclat du type levalloisien ou un éclat préparé sur un silex qui est refaçonné après).
    L'homme qui est responsable de cette technique est le Néandertalien.

    Petite explication :

    Pour rappel, homme de Neandertal (de son nom officiel et scientifique Homo Sapiens neanderthalensis) vivait il y a - 80.000 ans à - 40.000 ans, en pleine glaciation de Würm. Les Néandertaliens reçurent ce nom à cause d'une calotte crânienne trouvée en Allemagne en 1856 dans une carrière de calcaire de la vallée de Neander (en Allemand : Neandertal). Les savants de l'époque prirent d'abord ce crâne pour celui d'un être débile. Mais comme, les mots "débile" et "allemand" sonnaient mal, surtout quand ils étaient associés, ils voulurent ensuite y voir les restes d'un cosaque russe égaré pendant les guerres napoléoniennes. Les découvertes d'autres "débiles" du même aspect en France, en Espagne, en Italie et en Belgique (à Engis en 1830 et en 1872, à Spy en 1886) contraignirent cependant les anthropologues de l'époque à revoir leur copie. Enfin reconnu pour ce qu'il était réellement cet "homme fossile", cet "homme antédiluvien" (comme on l'appela d'abord) devint officiellement et scientifiquement "Homo fossilis neanderthalensis" !

    Je vous passe les autres stades de l'évolution, mais disons que le "néandertalien" est bien une forme d'homme en fin de course évolutive. Avant eux, il y avait eu des pithécanthropes européens appelés par la suite "Homo Erectus". Tout ce petit monde se trimballe pendant la période interglaciaire Riss-Würm aux environs de - 100 000 ans. Les Homo Erectus utilisaient des pierres taillées, mais en utilisant une pièce pour chaque objet La pierre, taillée des deux côtés s'appelle un biface. Les Néandertaliens, plus stakhanovistes, trouvèrent que c'était du gaspillage et, pendant la période appelée "Levallois" (du nom du lieu ou ont été trouvées ces premières pierres), constatèrent que s'ils débitaient une grosse pierre en éclats et retouchaient les éclats par après, ils pouvaient faire d'une pierre, non pas deux coups, mais (par exemple) dix outils !

    Le moustérien, j'y arrive, est une continuation ou un perfectionnement du "levalloisien" et aussi de la technique de taille de pierre de notre homme de Neandertal classique. Bref, la technique moustérienne est donc valable quasiment pour tous les néandertaliens (à quelques exceptions de fabrications particulières selon les régions)

    Ente -40.000 et -35.000, notre Néandertalien est remplacé par l'Homo sapiens Sapiens Fossilis, appelé vulgairement "Homme de Cro-Magnon" (du nom de l'endroit où l'on a trouvé les os du bougre !). La technique de taille évolue encore et s'affine davantage… Mais cela, c'est une autre histoire

  • Des herminettes néolithiques : Clic !

Merci pour votre visite

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