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Septembre 2002 (page 3/3)
Sommaire du mois de Septembre : Clic
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| 25 Septembre 2002 |
| Olivier a écrit : |
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| J'ai deux questions à
vous poser :
1.
Quel fut le premier Imperator ? |
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| RÉPONSE : |
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| On considère traditionnellement que le
premier "empereur" romain fut Auguste.
Je vous entends déjà me dire : "Alors,
comment se fait-il que, dans votre site, ce n'est
pas Auguste, mais Jules César qui figure en
tête de la liste des empereurs ?". Mais
comme je me suis déjà expliqué
à plusieurs reprises sur les raisons de cette
présence que d'aucuns jugent abusive, je n'y
reviendrai pas. (voir : Clic
!, Clic
!, Clic
!, et Clic
!). |
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2.
Étant passionné
par Caligula, je voudrais savoir où
trouver une bibliographie complète
et récente sur lui. Je cherche aussi
à trouver des informations sur le monnayage
au cours de son bref règne, pas des
informations "techniques" facilement trouvables
auprès de sites de numismates mais plutôt
des infos "littéraires" (p. ex. la monnaie
dans la vie quotidienne romaine durant le règne
de Caligula
) que je n'arrive pas à
trouver. |
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| RÉPONSE : |
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| Vous trouverez une bibliographie
succincte concernant le règne de Caligula
au bas de la notice que l'excellent site américain
DIR
- De Imperatoribus romanis consacre à
cet empereur (voir : Clic
!)
Mais, naturellement, l'écrasante
majorité des titres qui figurent sur
cette liste sont en Anglais. De mon côté,
comme je n'ai guère utilisé que
les sources antiques (Suétone et Tacite)
pour rédiger la courte biographie de
Caligula présentée dans mon site
(Clic
!), je ne dispose d'aucun travail historique
moderne proposant bibliographie sur ce César
qui vous intéresse tant. Car, à
mon avis, c'est seulement dans une étude
sérieuse et récente sur Caligula
que ;vous pourrez trouver la bibliographie que
vous recherchez. Votre libraire, s'il est sérieux,
vous indiquera certainement un livre sur Caligula
susceptible de vous fournir les références
de bien d'autres ouvrages.
C'est également dans la bibliographie
d'une étude sur Caligula que vous aurez
les meilleures chances de trouver un livre sur
l'usage courant des monnaies durant le règne
de cet empereur
Bien qu'à mon avis,
un livre consacré spécifiquement
à un sujet aussi "pointu" ne doit pas
se trouver aisément
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| Olivier a réécrit : |
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| Auriez-vous
connaissance d'ouvrages récents
parus sur Caligula ?
Merci |
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| RÉPONSE : |
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Comme je vous l'ai écrit dans mon précédent
mail, mes connaissances bibliographiques sur Caligula
sont très superficielles. Cependant, et
bien que je ne l'aie pas (encore) lu, je crois
que le Caligula de Daniel Nony (Éditions
Fayard) devrait répondre à vos attentes.
Outre que M. Nony est un historien de renom, son
livre sur Caligula est cité parmi les sources
utilisées par Cristina Rodriguez pour écrire
son très beau roman historique intitulé
"Le César aux Pieds nus" (voir ici : Clic
!). Or, comme j'ai pu me le rendre compte
par moi-même, cette romancière est
très exigeante quant à la qualité
de sa documentation historique.
Bien sûr, il ne s'agit là que
d'un indice de satisfaction par procuration,
mais je le crois néanmoins qu'il suffit
à garantir la qualité de cet ouvrage. |
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| 28 Septembre 2002 |
| Valérie
a écrit : |
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| J'aimerais avoir le plus
d'infos possible sur la cérémonie
du mariage chez les Romains.
Merci. |
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| RÉPONSE : |
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| Mon site "Empereurs romains" étant
(comme son titre l'indique) consacré à
la vie des souverains de la Rome antique et non à
celle de leurs humbles sujets, je ne dispose que d'assez
peu de documentation sur le mariage romain.
Je puis cependant vous proposer ces deux textes qui
me paraissent intéressants.
Le premier - tiré du célèbre
roman Néropolis
d'Hubert Monteilhet - décrit, dans le style
inimitable de cet auteur malicieux, les diverses formes
du mariage romain ainsi que l'évolution de
l'institution matrimoniale :
"La femme étant considérée
à Rome comme une éternelle mineure,
il fallait toujours qu'elle fût sous la
puissance, "sous la main", d'un responsable
légal.
Dans les temps anciens, le mariage faisait passer
les femmes de la main du père dans la
main du mari. Qu'il s'agisse du mariage patricien
par « confarreatio» où
les époux offraient un gâteau d'épeautre
à Jupiter Capitolin en présence
du Grand Pontife et du flamine de Jupiter ;
qu'il s'agisse du mariage plébéien
par « coemptio », où
le père vendait fictivement sa fille
au mari ; qu'il s'agisse du mariage par «
usus »(ou à l'usure !), où,
après une année de cohabitation
constante, la fille usagée était
réputée épouse légitime.
Mais de l'antique et
grande confusion entre les patriciens
et les plébéiens, à
partir de laquelle une nouvelle noblesse
devait s'élever au dessus de la
plèbe stagnante, un mode uniforme
de mariage s'était peu à
peu dégagé, qui avait relégué
les trois premiers dans le domaine des
vieilles lunes. Mode révolutionnaire
en ce sens que l'autorité tutélaire
sur la femme n'était plus remise
au mari, mais demeurait le privilège
de l'ascendant paternel le plus direct
de l'épouse. Chaque femme était
ainsi nantie d'un tuteur de sa famille,
qui avait à charge de garder sa
dot à l'il, de défendre
ses intérêts en cas de divorce,
de veiller enfin à ce qu'elle se
remarie au mieux. Les droits du mari romain
se réduisaient à coucher
quand il pouvait y parvenir et à
donner des conseils de toilette le reste
du temps. Ce système hautement
original n'était d'ailleurs que
l'application à la femme mariée
du système ordinaire, qui voulait
déjà qu'un enfant orphelin
de père fût légalement
protégé par un tuteur de
sa branche paternelle durant sa minorité,
puisque la loi en réputait la mère
incapable.
À force d'être soumise
physiquement au mari tout en demeurant
sous la tutelle d'un père, d'un
oncle ou d'un remplaçant, la femme
romaine, doublement soumise en principe,
en était vite arrivée à
ne plus être soumise à personne
: la nature veut que des forces contradictoires
s'annulent. Insoumission d'autant plus
remarquable qu'après avoir possédé
leur mari, les Romaines s'étaient
acharnées à bafouer l'autorité
de tutelle dans tout ce qu'elle pouvait
avoir de gênant, faisant hypocritement
valoir en particulier que la liberté
de se remarier selon leur goût ne
pouvait que déchaîner des
forces prolifiques. Et les magistrats
leur avaient donné raison, leur
accordant la déchéance et
le remplacement du tuteur dès qu'il
faisait mine de s'opposer à leur
caprice.
C'était le triomphe de la faiblesse
et de la ruse sur les forces écrasantes
des maris et des pères." |
 |
(Hubert Monteilhet, Néropolis,
Éditions Julliard; 1984) |
Le second texte - d'après le non moins célèbre
livre de Carcopino, La vie quotidienne à
Rome à l'Apogée de l'Empire -
expose minutieusement le déroulement de la
cérémonie nuptiale :
| "Le mariage était
précédé de fiançailles
qui, sans comporter d'obligations véritables,
se célébraient souvent à
Rome même. Elles consistaient en un
engagement réciproque pris par les
fiancés, avec l'assentiment de leurs
pères respectifs, et devant un certain
nombre de parents et d'amis dont les uns intervenaient
comme témoins, dont les autres se contentaient
de festoyer au banquet auquel ils avaient
tous été conviés et qui
terminait la fête. Elles se concrétisaient
dans la remise par le fiancé à
la fiancée de cadeaux plus ou moins
onéreux et d'un anneau symbolique,
survivance probable des arrhes préalables
à la coemptio primitive. Qu'il
fût fait soit d'un cercle de fer entouré
d'or, soit d'un cercle d'or semblable à
nos alliances, la fiancée avait soin
de le passer, séance tenante, au doigt
auquel nos alliances se portent encore d'habitude,
c'est-à-dire au doigt voisin du petit
doigt de la main gauche, qu'à cause
de cela nous appelons, d'un vocable dérivé
du bas latin, l'annulaire (annularius)
sans nous souvenir, d'ailleurs, de la raison
pour laquelle les Romains l'avaient choisi
: à force de disséquer les cadavres
pour les transformer en momies, les Égyptiens
avaient découvert qu'un nerf très
fin reliait l'"annulaire" au cur. Cette
relation directe, établie au nom d'une
science imaginaire, entre le cur et
l'anneau de fiançailles, marquait le
sérieux dont les fiançailles
étaient empreintes, la solennité
de l'engagement qu'elles consacraient, et
surtout la profondeur du sentiment de réciproque
affection qu'y attachaient les Romains et
dont l'expression volontaire et publique formait
alors l'essentiel, non seulement de la cérémonie,
mais de la réalité juridique
du mariage romain.
Au jour dit pour la célébration
des noces, la fiancée, dont la chevelure
a été, la veille au soir, emprisonnée
dans une résille rouge, revêt
le costume requis par l'usage : autour du
corps, une tunique sans ourlets (tunica
recta), maintenue par une ceinture de laine
au double nud (le cingulum herculeum),
et, par-dessus, un manteau (palla),
couleur de safran ; aux pieds, des sandales
de la même nuance ; au cou, un collier
de métal ; sur la tête, dont
la chevelure est protégée par
les six bourrelets postiches séparés
de bandelettes (seni crines) que les
Vestales portent pendant toute la durée
de leur ministère, un voile orangé
et flamboyant, d'où son nom de
flammeum, qui cache pudiquement le haut
du visage et sur lequel est posée une
couronne, d'abord (au temps de César
et d'Auguste) simplement tressée de
marjolaine et de verveine, puis, plus tard,
de myrte et de fleur d'oranger.
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Sa toilette terminée,
la fiancée accueille, au milieu
des siens, son fiancé, la famille
et les amis de son fiancé. Tout
le monde, alors, se transporte soit
dans un sanctuaire voisin, soit dans
l'atrium de la maison, pour y offrir
un sacrifice aux dieux. Quand l'immolation
de la bête choisie (parfois une
brebis, rarement un buf, le plus
souvent un porc), a été
consommée, interviennent l'auspex
et les témoins. Ces témoins,
souvent dix personnes recrutées
dans l'entourage des deux conjoints,
se bornent à apposer leurs cachets
sur le contrat de mariage dont la rédaction
n'est d'ailleurs pas obligatoire. Quant
à l'auspex, il assume, sans investiture
sacerdotale comme sans délégation
officielle, un rôle indispensable
: Après avoir examiné
les entrailles, il se porte garant de
la faveur des auspices, sans laquelle
le mariage, réprouvé par
les dieux, ne serait pas valable, et
aussitôt qu'il a prononcé,
au milieu d'un silence respectueux,
les paroles qui la proclament, les époux
échangent en sa présence
leurs consentements mutuels sous une
forme où semblent se confondre
leurs existences comme leurs volontés
: « Ubi tu Gaius, ego Gaia
» (= « Où tu seras
Caius, je serai Caia »).
Alors le rite est accompli et les
assistants éclatent en acclamations
de bon augure : « Feliciter ! »
(= « Que la félicité
soit avec vous ! »). |
Leur joie se prolonge en un festin, qui
ne cesse qu'à la nuit tombante, lorsque
le moment est arrivé d'arracher la
mariée aux embrassements de sa mère
et de l'entraîner dans la maison de
son époux. Des joueurs de flûte,
suivis de porte-torches, ouvrent la marche.
Chemin faisant, le cortège se répand
en chansons allègres et grivoises.
Près de parvenir à destination,
il lance, aux enfants qu'a attirés
son affluence, des noix à la volée,
ces noix avec lesquelles l'épouse jouait
dans son enfance et dont la résonance
sur les pavés de la rue présage
gaiement aujourd'hui le fécond bonheur
que lui réserve l'avenir. Trois amis
du marié s'avancent d'abord. L'un,
le pronubus, nous dirions le premier
garçon d'honneur, brandit la torche
nuptiale faite d'aubépines étroitement
entrelacées. À sa suite les
deux autres se saisissent de l'épouse,
la soulèvent dans leurs bras et lui
font franchir, sans que ses pieds touchent
terre, le seuil de son nouveau logis pavoisé
de blanches tentures et de frondaisons verdoyantes.
Trois de ses compagnes entrent derrière
la nova nupta (= la jeune mariée)
: deux d'entre elles portent, l'une, sa quenouille,
l'autre, son fuseau, emblèmes évidents
de ses vertus et de son activité domestiques.
Après que son mari lui a offert l'eau
et le feu, la troisième, qui, en dignité,
se trouve être la première, la
pronuba, la conduit vers la couche
nuptiale où le mari l'invite à
prendre place, lui ôte la "palla" et
s'apprête à dénouer le
"nodus herculeus" de sa ceinture, cependant
que les assistants se retirent tous avec la
discrétion et la hâte que commandaient
les convenances et la coutume"
(D'après J. Carcopino, La vie
quotidienne à Rome à l'apogée
de l'Empire,
Librairie Hachette, 1939 - Texte condensé).
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Vous trouverez sans doute encore bien d'autres renseignements
intéressant dans les sites suivants :
(liste vérifiée et actualisée
le 26/10/2004)
- Site "La Main à Rome" - Mains
de mariés, Matrimonium romanum,
le mariage à Rome : Clic
!
- Site Karl Claerhout : La condition de la femme
- le Mariage : Clic
!
- Ac-Versailles - Le Mariage à Rome : Clic
!
- Histoire de la civilisation romaine :
- Le Mariage et le divorce : Clic
!
- Le Jour des noces : Clic
!
- Site "Ils sont fous, ces Romains" :
- Site "La vie quotidienne au temps des Romains"
- Les fêtes, le mariage : Clic
!
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| 28 Septembre 2002 |
| Luc
a écrit : |
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| Bonjour, dans le livre Bleu
Marine de Roar Skolmen, il est fait mention d'une
lettre écrite en 26 après J.C. par
Publius Tertullus qui dirigeait alors la Judée
et qui confirmerait l'existence de Jésus
le Messie qui effectuerait des Miracles de même
qu'une description de Jésus. Je n'ai rien trouvé
là-dessus sur internet et je me demandais si
vous en aviez entendu parler.
Les informations véhiculées
dans le livre depuis le début me semblaient
véridiques, mais un doute reste dans mon esprit
car il y aurait peu d'autres sources indépendantes
que les évangiles pour raconter l'histoire
de Jésus. Est-ce que cette lettre en ferait
partie ?
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| RÉPONSE : |
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C'est un plaisir de recevoir
des nouvelles de vos lectures ! Cependant, au
risque de vous décevoir, et même
si le Bleu
Marine de Skolmen reste un fort beau
livre, que j'ai d'ailleurs lu avec délectation,
je ne prendrais pas les informations "historiques"
qui y figurent pour argent comptant. En particulier
en ce qui concerne ce Publius Tertullus
À vrai dire, je n'avais pas fait attention
à ce personnage, qui, Skolmen dixit,
aurait envoyé à Tibère
une lettre l'informant de la carrière
de Jésus et de ses miracles, car je l'avais
pris pour ce qu'il est : une pure fiction émanant
de l'imagination fertile l'écrivain norvégien.
En effet, aucun "Tertullus" ne fut jamais préfet
de Judée. Ni avant, ni après le
"ministère" de Jésus ! Il y eut
d'abord Coponius (environ de 6 à 9 ap.
J.-C.), puis Marcus Ambibulus (± 9 à
12), puis Annius Rufus (± de 12 à
14), puis Valerius Gratus (de 15 à 26),
puis, déjà, le fameux Ponce
Pilate (de 26 à 36) qui condamna
Jésus. Donc, pas l'ombre d'un Tertullus
!
En fait, l'écrit concernant Jésus
qu'évoque Skolmen est une lettre écrite
"au Sénat et au peuple de Rome"
par un certain Publius Lentulus. Il s'agit,
bien évidemment, d'un faux chrétien.
Sur le Net, j'ai trouvé à ce sujet
un intéressant petit article (Clic !)
de la bonne vieille Catholic
Encyclopedia, par ailleurs très
chrétienne et très peu suspecte
de déviances historico-théologiques.
Mais comme c'est en anglais et que je nais si
vous lisez couramment cette langue, je me suis
risqué à une traduction : |
| "Publiés Lentulus
est un personnage fictif, prétendument
gouverneur de Judée avant Ponce Pilate,
qui aurait écrit au Sénat Romain
la lettre suivante : "Lentulus, gouverneur
des Jérusalémites, au Sénat
et au Peuple romain, salut ! À notre
époque est apparu et vit encore un homme
de grande vertu, appelé Jésus-Christ.
Les gens l'appellent le Prophète de Vérité
; ses disciples, le Fils de Dieu. Il ressuscite
les morts et guérit les malades. C'est
un homme de taille moyenne (statura procerus,
mediocris et spectabilis), d'aspect vénérable,
et tous ceux qui le voient ne peuvent s'empêcher
de l'aimer. Ses cheveux ont la couleur des noisettes
mûres, lisses jusqu'aux oreilles, mais,
en dessous de celles-ci, ils sont ondulés,
frisés et flottent sur ses épaules
avec des reflets bleuâtres et brillants.
Ils sont séparés en deux au sommet
de la tête, selon la coutume des Nazaréens.
Son front est lisse et beau, quant à
son visage, il est sans ride ni tache, et embelli
par une légère carnation rosée.
Son nez et sa bouche sont irréprochables.
Sa barbe est abondante, de la couleur de ses
cheveux, pas exagérément longue,
mais divisée au menton. Son apparence
est simple et posée, ses yeux sont changeants
et brillants. Il est terrible dans ses colères,
bon et aimable dans ses remontrances, avenant
sans que cela ne nuise à sa gravité.
Personne ne sait s'il a jamais ri, mais il a
souvent pleuré. Sa stature est droite,
ses mains et ses bras beaux à contempler.
Sa conversation est grave, laconique et modeste.
Il est le plus beau parmi les enfants des hommes"
Selon les manuscrits, le texte repris ci-dessus
varie sur certains détails : Dobschutz
(Christusbilder, Leipzig, 1899) énumère
ces manuscrits et fournit un apparat critique.
La lettre a été d'abord imprimée
dans la Vie du Christ de Ludolph le Chartreux
(Cologne, 1474) et dans L'Introduction aux
travaux de St Anselme (Nuremberg, 1491).
Mais il n'est l'uvre ni de St Anselme
ni de Ludolph.
Selon le manuscrit de Jena, un certain Giacomo
Colonna trouva la lettre en 1421 dans un vieux
document romain, envoyé de Constantinople
à Rome. Il doit être d'origine
grecque et traduit en latin au XIIIe ou XIVe
siècle, bien qu'il doive sa forme actuelle
à des humanistes XVe ou du XVIe siècle.
La description de Jésus
qui figure dans ce texte est conforme
à l'image qu'Abgar, roi d'Édesse,
aurait reçu de Notre Seigneur (c'est-à-dire
celle du Saint Suaire de Turin) ; elle
est aussi conforme aux portraits de Jésus-Christ
établis par Nicéphore, par
St Jean Damascène et par le Livre
de Peintres (du Mont. Athos).
Munter (Die Sinnbilder und Kunstvorstellungen
der alten Christen, 1825 Altona, p.
9) pense que la lettre remonterait aux
temps de Dioclétien ; mais sa thèse
n'est pas communément admise.
La lettre de Lentulus est certainement
apocryphe : il n'y eut jamais de "Gouverneur
de Jérusalem" ; on ne connaît
aucun Procurateur de Judée du nom
de Lentulus , un gouverneur Romain ne
serait pas adressé le Sénat,
mais à l'empereur lui-même,
un écrivain romain n'aurait pas
utilisé des expressions comme "le
Prophète de Vérité",
"les fils des hommes" ou "Jésus-Christ".
Les deux premiers termes sont traduits
de l'hébreu, le troisième
provient du Nouveau Testament.
La prétendue "lettre de Lentulus",
nous offre donc une description de notre
Seigneur conforme, non à la vérité
historique, mais à la piété
chrétienne". |
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(Catholic
Encyclopedia, 1913 - Art. : Publius
Lentullus - voir : Clic
!).
Pour une autre traduction française
de la lettre de Lentullus voir ici : Clic
!. |
Si Skolmen parle d'un "Tertullus", c'est
sans doute parce qu'il a mélangé (volontairement
ou non, je ne sais) deux "légendes chrétiennes"
: cette Lettre de Lentulus au Sénat romain,
et une rumeur dont, au début du IIIe siècle,
un apologiste chrétien d'Afrique, le bouillant
Tertullien (en latin : "Tertullianus"), se
fit l'écho. Selon cet auteur, l'empereur Tibère
aurait un instant songé à mettre Jésus
au rang des divinités, et aurait même
adressé une requête en ce sens au Sénat.
J'ai d'ailleurs évoqué cette fable (qui
cache peut-être un tout petit fond de vérité)
dans la notice consacrée à Tibère
(voir ici : Clic
!).
Équation "skolmenienne" : "Tertullianus" +
"Lentullus" = "Tertullus". CQFD !
Mais, comme
je vous l'ai signalé d'emblée, malgré
les libertés que son auteur prend avec l'histoire,
Bleu
marine reste un excellent - et passionnant
- bouquin ! |
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| Septembre 2002 |
| Michel
a écrit : |
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Au cours
de ce mois, le site Archéobel
s'est encore enrichi de quelques pièces.
Pour la période
gallo-romaine :
- Une coupelle romaine
: Clic
!
- Une monnaie en bronze
fort rare des Atrébates
une tribu
belge, bien sûr ! : Clic !
- Une énorme
fibule du IVe siècle, à tête
de loup. Longueur 117 mm ! Je ne sais pas
encore grand-chose au sujet de cette fibule.
Civile ou militaire, mais une chose est certaine
: cette tête de loup est en rapport
avec la louve des jumeaux Romulus et Remus.
Elle est plutôt surprenante, d'autant
plus que j'ai essayé de la reproduire
en grandeur nature - échelle 1/1) :
Clic !
Et aussi :
- Un grattoir mésolithique
: Clic
! - Le mésolithique, période
assez méconnue, se situe entre le Paléolithique
et le Holocène actuel, ou, si vous
voulez, le stade intermédiaire vers
le néolithique ou période de
la pierre polie. C'est à cette époque
que l'on retrouve pour la première
fois des microlithes en masse. Or, qui dit
microlithe veut dire automatiquement confection
d'outils plus élaborés, composés
de minis outils qui forment outil complet,
plus efficace. Un bon exemple : une faucille
faite d'un bois dans lequel sont fixées,
les unes à côté des autres,
de petites lames, ce qui agrandit considérablement
la surface coupante.
- Un bracelet du bronze
tardif (1200 à 700 av. J.-C) : Clic
! - Ce bracelet a été
martelé et ensuite recouvert d'une
pellicule d'or, ce qui est légèrement
en contradiction avec la finition plutôt
grossière des gravures
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