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Août 2002 (page 2/2)
Sommaire du mois d'Août : Clic
!
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| 24 Août 2002 |
| Francesco a écrit : |
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| Il y a une newsletter ?
Je veux m'inscrire
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| RÉPONSE : |
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| Désolé, mais il n'y a pas de "Newsletter"
pour le site Empereurs
romains. Cependant, la page Quoi
de IX ? vous indiquera toutes les nouvelles pages
(notices biographiques, pages "courrier", cartes, etc
).
Il vous suffit de placer cette adresse parmi vos "liens
favoris" et de la consulter régulièrement. |
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| 26 Août 2002 |
| Denis a écrit : |
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| De la part de l'Association
de prière citoyenne (APC) :
Peut-être devriez-vous
chercher dans la puissante intercession de sainte
Philomène, si chère au curé d'Ars,
la réponse à vos interrogations sur
la persécution de Dioclétien
? La foi soulève les montagnes. Ne peut-elle
aussi résoudre les grandes énigmes de
l'Histoire ?
Pour plus de détails,
cf. la page suivante (Clic
!), et en particulier, le témoignage
apporté par Sr Marie Louise de Jésus. |
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| RÉPONSE : |
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| Un grand merci pour ce judicieux conseil.
À vrai dire, pour résoudre mes interrogations
sur la persécution
de Dioclétien, j'avais déjà
demandé l'intercession de Notre-Dame de Foy,
la Sainte Madone protectrice de ma petite ville natale
de Rochefort (Belgique). Cependant, vous devez avoir
raison : sainte Philomène, plus spécialisée
"ès persécution", devrait se montrer
en l'occurrence plus efficace.
Encore merci pour votre aide. |
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| 26 Août 2002 |
| Georges a écrit : |
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| Sauriez-vous me dire où
trouver plus d'informations sur la bataille qui
eut lieu entre Clodius Albinus et Septime Sévère
en 197, au nord de Lyon, pense-t-on ? |
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| RÉPONSE : |
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| La bataille de Lyon qui opposa,
le 19 février 197, l'empereur Septime
Sévère à son rival Clodius
Albinus est relatée par deux historiens
romains (mais qui écrivaient en Grec) : Dion
Cassius et Hérodien. Ces deux auteurs ayant
vécu au début du IIIe siècle,
donc assez peu de temps après cette guerre
civile, leurs témoignages sont en général
considérés comme à peu près
fiables.
Le récit de Dion Cassius (Histoire romaine,
livre 76, 6) est disponible (en traduction anglaise
uniquement, hélas) sur le site LacusCurtius
(Clic
!). À noter que cet auteur prétend
que, lors de la bataille de Lyon, trois cent mille
hommes s'affrontèrent (cent cinquante mille
soldats dans chaque camp). Rien que ça !
Mais on sait que les historiens antiques avaient toujours
tendance à "gonfler les effectifs" !
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Quant au texte d'Hérodien,
le voici : "Quand l'armée de Sévère
fut parvenue en Gaule, des escarmouches eurent
lieu dans différents secteurs, mais la
dernière se produisit à Lyon,
cité puissante et prospère, où
Albinus s'était enfermé et se
maintenait après avoir envoyé
son armée au combat. Une violente bataille
s'engagea. Pendant très longtemps, l'issue
en resta douteuse et l'on ne sut à quel
camp reviendrait la victoire. C'est que les
Bretons (d'Albinus) ne le cèdent
en rien aux Illyriens (de Septime Sévère)
pour la vaillance et l'ardeur meurtrière,
et comme les deux armées luttaient bravement,
ni l'une ni l'autre ne prenaient aisément
la fuite. Selon le récit de certains
historiens d'alors qui ne cherchaient pas à
plaire, mais à dire la vérité,
la ligne de bataille de l'armée d'Albinus
l'emporta si largement dans le secteur où
se trouvaient Sévère et sa propre
armée que ce dernier, en prenant la fuite,
tomba de cheval et dut abandonner le manteau
impérial pour n'être pas reconnu.
Les Bretons, partis à la poursuite de
leurs ennemis, entonnaient déjà
un péan en signe de victoire quand apparurent
Lætus, général de Sévère
et, avec lui, les troupes qu'il commandait,
encore fraîches parce qu'elles étaient
tenues en dehors de la bataille. On accuse Lætus
d'avoir attendu la fin du combat et d'avoir
volontairement tardé à intervenir.
S'il avait gardé ses troupes fraîches,
c'était, prétend-on, parce qu'il
aspirait lui-même à diriger l'Empire
; d'ailleurs, n'était-il pas apparu seulement
lorsqu'il avait appris la chute de cheval de
Sévère. |
La suite des événements confirme assurément
ces allégations. En effet, aussitôt l'ensemble
de la situation rétablie, Sévère,
exempt désormais de tout souci, récompensa
généreusement tous ses généraux,
à l'exception du seul Lætus à qui,
seul, il gardait rancune et qu'il fit exécuter.
Mais cela n'intervint que plus tard. Pour l'heure, Lætus,
comme on l'a dit, était apparu avec des troupes
fraîches. Les soldats de Sévère,
qui s'en trouvèrent renforcés, replacèrent
celui-ci sur son cheval et lui remirent son manteau.
Les troupes d'Albinus, elles, croyaient déjà
tenir la victoire, et quand celles de Sévère
les abordèrent, elles n'étaient plus en
bon ordre. L'arrivée soudaine de cette armée
vaillante qui n'avait pas encore lutté les obligea,
au terme d'une brève résistance, à
plier. Ce fut alors une débandade générale.
Les troupes de Sévère les poursuivirent
et en firent un carnage jusqu'à Lyon. Sur le
nombre des soldats qui, de chaque côté,
subirent la mort ou la captivité, chacun des
historiens de l'époque a donné ses propres
évaluations, au gré de ses préférences.
Les soldats de Sévère pillèrent
ensuite la ville, l'incendièrent, capturèrent
Albinus et lui tranchèrent la tête, qu'ils
apportèrent à Sévère. Puis
ils dressèrent deux trophées, l'un pour
l'Orient, l'autre pour le Nord". (Hérodien,
Histoire des Empereurs romains, Traduction de
Denis Roques, Édition Les Belles Lettres, Paris,
1990).
Sur le Net, je n'ai pas trouvé grand-chose
au sujet de cette bataille. Au cas où vous
ne les auriez pas déjà repérés,
je vous transmets néanmoins ces trois "liens"
:
- Histoires d'un jour - 19 février 197 -
Victoire de Septime Sévère à
Lyon : Clic
!
- E. Robin - Septime Sévère et l'armée
: Clic
!
- Frédéric Bey - L'armée romaine
aux Ier et IIe siècles : Clic
!
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| 27 Août 2002 |
| Bert
a écrit : |
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| Ça faisait
longtemps que je n'étais pas venu
Ah,
toujours un régal ! Et puis, la touche "libre-penseur",
voltairienne en diable, est encore là, heureusement
À propos de la statue
de Marc Aurèle, parlez-vous de celle placée
en haut de la colonne du même nom, colonne qui
soutient (supporte ?) la statue de St Paul depuis
Sixte Quint ? (Réponse : Clic
!)
| Il existe
une édition des Pensées
de Marcus Aurelius, appelées là
des Soliloques, traduction augmentée
d'une réflexion sur les rapports entre
le stoïcisme d'Aurèle et les "premiers
Chrétiens", pas mal du tout, je trouve.
Je vous en conseille
la lecture, ainsi qu'à ceux de vos lecteurs
que cela intéresserait !
En voici les références
:
Soliloques
de Marc Aurèle - Classiques de poche,
dans la collection du livre de poche. Outre
les Soliloques (titre que cet éditeur
a préféré à Pensées,
remember les "commentarii" du grand Jules
?), on, trouvera aussi dans ce livre un texte
de Jean-Louis Gratteloup, qui, (je le résume
trop, mais bon
), reprenant la formule
d'Auguste Comte, considère que la religion
chrétienne a remplacé le stoïcisme
en le détruisant, et que désormais,
la dernière vraie "philosophie" de l'homme
décidant lui-même, maître
de sa pensée, a été remplacé
par ce qu'il appelait (si mes souvenirs sont
exacts
) l'infaillibilité papale,
le dogme remplacent le libre-arbitre
Enfin, ce petit (mais
décidément complet !) bouquin
se termine par la relation (tirée des
Actes des martyrs ou d'Eusèbe,
me semble t-il) des martyres de St Ignace sous
Trajan (hilarant, si, si), celui de St Polycarpe
(sous Marc Aurèle, il me semble
),
ceux de Justin, de Pothin, de Laurent et de
Blandine, des récits qui, tous, montrent
avec quel fanatisme (je ne vois pas d'autre
mot
) ces braves types exigent le supplice,
un cruel, et surtout, surtout, que personne,
même leurs amis, ne les en prive, pour
l'amour de Dieu |
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| RÉPONSE : |
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| Ça fait toujours plaisir de revoir - ou
plutôt de relire - de vieilles connaissances
! Merci pour votre mail, ainsi que pour ce renseignement
concernant cette version des Pensées
de Marc
Aurèle. J'ai bien pris note des références
de ce livre. Vos commentaires étant si élogieux,
j'ai immédiatement passé commande à
ma libraire. Celle-ci étant Flamande, donc
théoriquement efficace, et se prénommant
Rita (comme la sainte spécialiste des causes
désespérées), je ne devrais,
en principe, pas trop tarder à entrer en possession
de ce livre. À mon avis, ce seront surtout
les annexes "martyrologiques" qui retiendront surtout
mon attention, car, bien sûr, les Pensées
de Marc Aurèle se trouvent déjà
depuis belle lurette dans ma bibliothèque.
Cependant, ces "Livres de Poche" ne sont pas onéreux
au point de rechigner devant ce doublet.
Vous évoquez le "fanatisme"
des premiers chrétiens qui, à cor
et à cris, réclamaient le martyre aux
autorités romaines. Peut-être vaudrait-il
mieux parler de "masochisme obstiné"
! Comme l'écrivait jadis Marc
Aurèle : "Quelle âme forte que
celle qui est disposée, à l'instant
même s'il le faut, à se séparer
de son corps ! Cependant, le fait d'être prêt
à mourir doit provenir d'une réflexion
individuelle et non, comme chez les Chrétiens,
d'une pure obstination". (Pensées,
XI, 3)
À propos d'obstination (notre ami Voltaire
aurait quant à lui parlé d'"enthousiasme",
ce qui, sous sa plume, était loin d'être
un compliment), connaissez-vous cette savoureuse anecdote
relatée par G. W. Bowersock dans son tout récent
ouvrage "Rome et le martyre" (Éditions
Flammarion) ?
À la fin du règne de Commode,
en Asie Mineure (Turquie actuelle), un magistrat romain
était en train d'expédier les affaires
courantes lorsqu'une bande d'excités se présenta
spontanément devant son tribunal. Ces gens
lui hurlèrent qu'ils étaient Chrétiens,
qu'ils refusaient d'honorer l'empereur, et qu'en conséquence,
tous tenaient mordicus à encourir la
sanction prévue par la Loi, c'est-à-dire
la peine capitale. La vile populace païenne présente
dans le Prétoire ayant emboîté
le pas à ces fous en reprenant à tue-tête
la sinistre antienne "Aux lions, les Chrétiens",
le magistrat, complaisant (et surtout soucieux de
maintenair l'ordre public), fit conduire quelques-uns
de ces illuminés jusqu'au lieu d'exécution,
dans l'espoir que leur supplice calmerait les autres.
Hélas, ceux-ci n'en démordaient pas
: coupables de christianisme, ils étaient venus
pour recevoir les palmes du martyre, et il était
du devoir du magistrat d'appliquer les lois ! Finalement,
le Romain dut se résoudre à faire chasser
manu militari ces fanatiques de son prétoire
en s'écriant, exaspéré : "Pauvres
fous ! Si vous tenez tant à en finir avec la
vie, vous avez des falaises pour vous y précipiter
et des cordes pour vous pendre !".
Précisons que cette anecdote révélatrice
est tirée d'un texte de Tertullien, un écrivain
chrétien du début du IIIe siècle
qui était aussi très favorable au suicide
par autorités romaines interposées.
Il faut aussi dire que ce bouillant Africain (du Nord)
était fort suspect d'avoir embrasse l'hérésie
de Marcion, comme d'ailleurs ses (presque) contemporains,
les fameux "Martyrs de Lyon" (sainte Blandine, Pothin
et consorts)
et ledit Marcion n'avait pas prêché
un christianisme des plus mous !
En ce qui concerne la statue
de Marc
Aurèle évoquée dans mes
pages (voir : Clic
!, Clic
! et Clic
!), il s'agit bien évidemment de cette
statue équestre actuellement érigée
sur la place du Capitole à Rome , et non de
celle qui se trouvait sur la colonne Aurélienne
(voir Clic
!) et que le pape Sixte Quint (un autre Chrétien
qu'on ne peut soupçonner de mollesse) fit remplacer
par celle de saint Paul (qui, lui non plus, n'était
pas précisément un "modéré").
Finalement, tout pesé tout considéré,
ce pape n'avait peut-être pas tort : l'Apôtre
des Gentils présidant aux scènes de
massacres sculptées sur la colonne, ce n'était
pas déplacé pour un sou
Mais sans doute allez vous encor m'accuser d'avoir
la dent trop dure à l'égard Chrétiens
?
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| 31 Août 2002 |
| Raphaël
a écrit : |
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| Je suis aussi passionné
d'Antiquité et plus particulièrement
d'Antiquité tardive, mais alors là,
j'ai plein de questions, mais, aucune critique
:
1) Pour les traductions
latines, parles-tu latin ?
2) Combien d'ouvrages as-tu , peux-tu m'en conseiller
quelques-uns d'originaux et poussés ?
3) Un truc utile pour toi : veux-tu des sources
des informations sur le paganisme romain, les débuts
du christianisme et toutes ses sectes du IIIe au
VIe siècle ?
Vi ? Non ?
Les 2 : le paganisme (dans son volet populaire et
dans son aspect néo-platonicien) et les débuts
du christianisme (évolution et luttes doctrinales)
sont vraiment mon point fort. - je pourrais t'envoyer
des passages par mail si tu veux.
4) Travailles-tu seul sur ce site ?
5) Et puis la dernière : mais au juste,
que fais-tu pour être si calé dans
ce domaine ? Tu es bien la seule personne de mon
âge (la vingtaine d'années non ?) avec
un savoir aussi encyclopédique dans la matière.
(ne me dis pas que du fais des sciences, là,
je serais méga bleufé) peut-être
le dis-tu sur un de tes sites, mais je n'ai pas
trouvé.
Salut ! Et merci pour tes réponses.
Surtout, prends ton temps : je ne suis pas pressé. |
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| RÉPONSE : |
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| Tout d'abord, mille excuses si je ne respecte
pas l'ordre de tes questions
je vais cependant
essayer de n'en oublier aucune.
C'est fort obligeant de ta part, mais tu me rajeunis
de vingt bonnes années : j'ai en effet 46 ans
! C'est te dire que mes cours de latin sont bien loin
derrière le vieux croûton que je suis.
Peut-être, avec beaucoup de travail, un dico
Latin-Français, une bonne grammaire latine,
quelques litres de café fort et un bon stock
d'aspirine, serais-je encore capable de venir à
bout d'une "version" latine
mais ce n'est pas
sûr ! Dès lors, soucieux de réserver
mon temps et mon énergie à de plus nobles
(et plus gratifiantes) tâches, je préfère,
autant que faire se peut, me servir de traductions
"toutes faites" puisées dans quelque bouquin,
ou alors, passer par des traductions anglaises qui
foisonnent sur le Net.
Vu mon âge canonique, tu dois bien te douter
que je ne suis plus étudiant depuis belle lurette.
Je ne suis pas prof non plus. Je suis simplement un
amateur d'histoire qui tente, via le Net, de partager
avec d'autres une culture générale accumulée
depuis trois bonnes décennies et restée
jusqu'ici largement sous-utilisée - près
de vingt ans passés au service des Postes belges
ne m'ont en effet, jusqu'ici, guère donné
l'occasion d'aborder ces questions historiques qui
m'intéressent bien davantage que les virements,
mandats et chèques postaux !
Pour le reste, je travaille seul sur ce site (voir
: Clic
!). Comme a dit (à peu, près)
jadis quelqu'un (je ne sais plus trop qui) : "Travailler
en équipe, c'est se résoudre à
perdre la moitié de son temps à convaincre
ses collaborateurs que l'on a raison !".
En ce qui concerne les livres, je suis tenu (faute
de place dans mon appartement de Bruxelles) de n'en
garder que quelques-uns (mais cela fait quand même
déjà un beau paquet) à portée
de main, les autres restant bien au chaud dans ma
maison familiale des Ardennes belges. Je travaille
donc autant d'après des souvenirs de lecture,
parfois fort anciens, que d'après les livres
eux-mêmes. Bien souvent, je me contente d'aller
m'y assurer de la pertinence de l'un ou l'autre point
douteux, ou d'y vérifier l'exactitude d'une
citation ou d'une référence. C'est une
méthode qui ferait sans doute bondir d'horreur
les vrais historiens, mais il est vrai que moi, je
ne suis pas un "vrai historien" !
Te conseiller des livres ? C'est
toujours un peu délicat quand on ne connaît
pas les goûts, ni précisément
tes centres d'intérêt de son interlocuteur.
Un livre, finalement, cela ne se vend pas réellement,
cela s'adopte plutôt
En outre, entre les
livres "qu'on a déjà" ou ceux "qui sont
vraiment trop nuls", on n'a pas plus d'une chance
sur cent de tomber "juste". Cela dit, voici, si cela
t'intéresse, les quelques livres qui ne
quittent pour ainsi dire jamais le coin de mon bureau
:
- SUÉTONE : Vie des douze Césars
- TACITE : Annales et Histoires
- HISTOIRE AUGUSTE - Les empereurs romains
des IIe et IIIe siècles (Voir : Clic
!). Puisque tu t'intéresses à
l'Antiquité tardive, voilà bien un
livre que je te recommande vivement : non seulement
le texte antique, mais aussi l'introduction d'André
Chastagnol ainsi que ses commentaires introductifs
à chaque "Vie d'empereur" sont du plus haut
intérêt.
- PSEUDO-AURÉLIUS VICTOR : Abrégé
des Césars, les Belles Lettres, Paris,
1999
- Edward GIBBON : Histoire du Déclin
et de la Chute de l'Empire romain, Édition
Robert Laffont, Coll. Bouquins
- Patrick LE ROUX : Le Haut-Empire romain
en Occident, d'Auguste aux Sévères,
Éditions du Seuil, Coll Points Histoire.
- Maurice Sartre : Le Haut-Empire romain -
Les Provinces de Méditerranée orientale,
d'Auguste aux Sévères, Éditions
du Seuil, Coll Points Histoire.
- Jean-Michel CARRIÉ et Aline ROUSSELLE :
L'empire romain en mutation, des Sévères
à Constantin (192 - 337), Éditions
du Seuil, Coll Points Histoire.
- Louis HARMAND : L'Occident romain (Gaule
- Espagne - Bretagne - Afrique du Nord) (31 av.
J.-C. à 235 ap. J.-C.), Éditions
Payot, Paris
- Xavier LORIOT & Saniel NONY : La Crise
de l'Empire romain, 235-285, Éditions
Armand Colin.
- Maurice BOUVIER-AJAM : les Empereurs gaulois,
Édition Tallandier.
- UNIVERSITÉ D'OXFORD : Dictionnaire
de l'Antiquité, Éditions Robert
Laffont, Coll. Bouquins.
- Jean-Michel THIBAUX : Pour comprendre la
Rome antique, Pocket n° 10.851.
- Sous la direction de Philippe LEVILLAIN
: Dictionnaire historique de la Papauté,
Éditions Fayard.
- Fernand HAYWARD : Histoire des Papes,
Payot, Paris (1929)
- Sous la direction de J.-M. MAYEUR, Ch.
et L. PIETRI, A. VAUCHEZ et M. VENARD : Histoire
du Christianisme, Éditons Desclée
:
- Vol. 1. Le nouveau peuple (des origines
à 250).
- Vol. 2 : Naissance d'une chrétienté
(250 - 350).
- Vol. 3 : Les Églises d'Orient
et d'Occident (432 - 610).
- Vol. 4 : Évêques, moines
et empereurs (610 - 1054).
J'espère que tu es arrivé au bout de
cette interminable liste ! Finalement, je ne sais
pas ce qui est le plus fastidieux : lire ce genre
de bibliographie, ou les établir ?
Je serais bien évidemment ravi de consulter
les textes que tu me proposes
surtout sur les
origines du christianisme : je suis demandeur de toute
information sur ce sujet, d'où qu'elle vienne.
Les problèmes du paganisme m'intéressent
moins
Voilà j'espère avoir répondu
à toutes tes questions sans en oublier aucune.
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| Août 2002 |
| Michel
a écrit : |
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J'ai l'honneur
et le plaisir (les fleurs, je les garde pour
mon épouse) de vous annoncer que la page
des monnaies de Domitien de mon site Archéobel
a été complétée
avec deux petits quadrans comme je les aime
bien : Clic
!
- Le premier quadrans
porte à son avers "Pallas" ainsi que
le texte IMP DOMIT AVG GERM. Au revers, un
"olivier" et S-C.
- La deuxième
pièce est un quadrans dit "anonyme"
car il est anépigraphe. Il porte à
l'avers "Pégase" assis sur son
derrière (la brave bête était
probablement fatiguée de voir la tête
de Domitien !).Il y a légère
confusion entre certains auteurs qui appellent
cette figure ailée "un griffon".
Pour ma part, je pense que le griffon est
un animal héraldique plus récent
que "Pégase". Quant au revers de cette
monnaie, il est aussi intéressant car
il représente un trépied avec
un serpent, et le globe terrestre au-dessus
entouré du classique S-C.
Pour info, je vous signale
également un beau denier en bon argent
de Trajan, avec, au revers "Æquitas" et
sa balance : Ciic
!
Outre
ces monnaies, d'autres nouveaux objets
sont encore arrivés sur Archeobel,
entre autres :
- Une applique décorative
et un couteau de fer : Ciic
!
Ce simple couteau (j'adore ces simples pièces
que l'on ne voit quasi jamais dans les musées
!) fut sans doute, jadis, celui d'un cuisinier
ou d'un boucher gallo-romain. La petite anse
à la fin de la soie de la pièce
devait servir à mettre un anneau, par
lequel le couteau était pendu a un
clou ou que sais-je. Vraiment le petit objet
utilitaire de l'époque. J'ai été
étonné que la pièce contienne
encore autant de fer solide ! Le test à
l'aimant était surprenant. Enfin cela
m'as permis de nettoyer la pièce en
la martelant légèrement avec
un petit marteau de fer. Cela enlève
beaucoup mieux les restes oxydés et
les petites crasses.
- Une applique de harnais
en bronze (pièce extraordinairement
grande) : Ciic
!
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| RÉPONSE : |
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Je ne vois pas comment vos "spécialistes"
en numismatique peuvent confondre Pégase
et un Griffon. .Autant confondre votre humble
serviteur et notre brave reine douairière
Fabiola, ou, comme l'écrivait jadis le
savoureux auteur français René
Fallet, "prendre le Pirée pour un
homme et les breloques de ma tante pour celles
de mon oncle" !
Naturellement, mes souvenirs mythologiques
ne vont pas si loin, mais d'après ce
que je viens de vérifier rapidement,
Pégase, ailes exceptées,
c'est un cheval on ne peut plus chevalin, avec
un corps de cheval, des jambes de cheval et
les dents de Fernandel, tandis que le Griffon,
c'est une autre histoire, un mix bizarre : un
corps de lion, des ailes et une tête d'aigle.
Donc, sur un hippodrome, Pégase serait
désigné comme favori par tous
les parieurs, tandis que le Griffon les ferait
fuir, épouvantés, aux quatre coins
du champ de courses !
Encore une petite chose qui
me tarabuste. C'est à propos de ces pièces
anonymes que vous nommez si joliment "anépigraphes"
: comment peut-on les attribuer au règne
de tel ou tel empereur
voire à
la période impériale plutôt
qu'à la République ? Est-ce que
cela se joue aux fléchettes - au "vogelpik",
comme on dit de par chez nous - , un peu comme
pour le nom des dessins des monnaies gauloises
?
|
Petit exemple : Si, moi, Béotien ignorant
que je suis, j'avais trouvé votre monnaie "Pégasifiée"
dans mon jardin, je me dirais en moi-même :
"Tiens, c'est une vieille monnaie avec Pégase
!", et j'irais voir dans un bouquin où
l'on me donnerait quelques précisions sur Pégase,
sa vie et ses murs. Je lirais alors que Pégase
était l'emblème de Corinthe et que cet
animal fabuleux apparaissait sur les monnaies de cette
ville. "Tiens, me dirais-je alors, je me
demande ce qu'une vieille pièce corinthienne
peut bien faire au fond de mon jardin, au pied de
mon prunier favori !". Intrigué, je retournerais
alors cette monnaie et verrais enfin le fameux S-C
du revers. "Ah, c'est donc une pièce romaine
! songerais-je alors. C'est déjà
plus normal !". Et je conclurais naïvement
que cette pièce aurait été frappée
quand les Romains prirent et saccagèrent Corinthe,
en 146 av. J.-C
. et j'aurais tout faux !!
Serait-ce donc trop abuser de votre patience de vous
demander quelques éclaircissements à
sujet de la datation de ces pièces anonymes
dont j'ignorais jusqu'à l'existence avant d'en
voir sur votre site ?
Il ne faut jamais perdre
une occasion d'enrichir sa culture générale
! |
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| Réponse
de Michel : |
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| Comment dater des pièces
"anonymes" ?
Pour vous rassurer, le "vogelpik"
n'entre pas en ligne de compte ! La littérature
numismatique de notre brave Cohen nous apprend que
des monnaies du même type que ces pièces
anonymes ont souvent été frappées
avec le nom de Domitien.
Ainsi, comme vous le voyez sur mon site Archéobel,
il existe un quadrans avec "Pallas" à l'avers,
aussi bien avec texte que sans texte ! De plus, dans
le contexte archéologique, ces petites monnaies
(anonymes et avec texte) furent à nouveau utilisées
depuis Domitien jusqu'à Antonin
(attention, le quadrans existait déjà
comme valeur monétaire sous la république).
Je vous ai déjà parlé de la longévité
de certaines pièces. Celles-ci ne font donc
pas exception. Elles ont été mises en
cours au temps de Domitien, et les pièces portaient
les textes IMP DOMIT AVG GERM pour la plupart. Mais
les autres (anonymes) sont probablement d'à
peu près la même époque, quoique
plus sous Domitien. Elles ont été frappées
parfois avec des autres revers (Pallas "sans texte"
porte une chouette au revers au lieu d'un olivier).
La pièce au trépied existe sous Domitien
avec son effigie à l'avers, et, en pièce
anonyme, la tête de Domitien a heureusement
été remplacée par Pégase.
Les pièces proviennent d'une même source,
et, avec le temps, certains avers ou revers furent
modifiés, mais jamais les deux à la
fois.
Comme nous savons que le quadrans
a disparu pour de bon comme monnaie sous Antonin,
la datation de ces pièces ne peut se situer
qu'entre la période de Domitien
à Antonin. C'est pas plus compliqué
que ça ! |
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