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Sommaire Juin 2002 :
- 2 Juin :
- En quatrième vitesse, des traductions du poème
Animula
d'Hadrien et des représentations
de cet empereur : Clic
!
- 3 Juin :
- Où trouver un résumé du roman Néropolis
d'Hubert Monteilhet : Clic
!
- 4 Juin :
- Du bon usage de la tolérance dans les sites "perso"
: Clic !
- Que penser de ces généalogies qui remontent
jusqu'à l'Antiquité ?
: Clic
!
-
Et des génalogies juives ? : Clic
!
- 4 Juin :
- La belle Cléopâtre, reine d'Égypte,
était-elle alcoolique ? : Clic
!
- 5 Juin :
- Une fort jolie monnaie à identifier
:
Clic !
-
Une monnaie de Lucius Verus ?
: Clic
!
-
Enfin, peut-être
: Clic
!
- 12 Juin :
- Quid de ces enfants chrétiens martyrisés
avec l'accord de leurs parents ? Avant ou après
"l'Éfit de Milan" ? : Clic
!
PAGE
SUIVANTE
- 13 Juin :
- Trajan, Hadrien et Valentinien Ier moururent-ils d'apoplexie
? - Jovien fut-il asphyxié par un braséro ? : Clic !
- Quelques petites précisions sur la statue équestre
de Marc Aurèle : Clic !
- 16 juin :
- Une manifestation gastronomico-archéoiogique
à la Villa Hadriana : Clic
!
- 16 juin :
- Germanicus et Tiberius Gemellus, petits-fils et successeurs
oubliés de Tibère ? : Clic
!
- Un tableau généalogique des Julio-Claudiens
à télécharger : Clic
!
- 22 juin :
- HELP ! Je recherche la série TV Moi, Claude,
empereur ! : Clic
!
- 22 juin :
- 25 juin :
- Où Trajan mourut-il ? : Clic
!
- 26 Juin :
- Qui était Antonia la Jeune (Antonia Minor) ?
: Clic !
- Dialogue fictif entre un numismate belge et un "Candide"
: Clic
!
- Kekseksa, un "dupondius" ? : Clic
!
- Les valeurs monétaires romaines à
l'époque d'Auguste : Clic
!
- Qu'est-ce qu'un "potin" gaulois ? : Clic
!
- Qui étaient les "Leuques" ? : Clic
!
- Une "fleur de lis" sur une monnaie gauloise, n'est-ce
pas un tantinet anachronique ? : Clic
!
- Comment s'y prend-t-on pour attribuer une monnaie
gauloise à une tribu plutôt qu'à
l'autre ? : Clic !
- À propos de la longévité et
de l'usure des pièces romaines : Clic !
- Retrouver des pièces de faible valeur de
l'époque d'Auguste dans un "trésor"
du milieu du IVe siècle, est-ce normal ? : Clic !
- Toutes ces inscriptions sur les monnaies romaines
: une façon pour les empereurs d'assouvir leur
mégalomanie ? : Clic !
- Quid d'une monnaie où Vespasien ressemble
à Vitellius ? : Clic !
RECHERCHE
DANS LE SITE
"EMPEREURS ROMAINS"
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| 2 Juin 2002 |
| Vanessa a écrit : |
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| Je voudrais, très rapidement,
que vous m'envoyiez une représentation d'Hadrien
du livre "Mémoires d'Hadrien" de Marguerite
Yourcenar et que vous me traduisiez ce passage car je ne
le comprends pas s'il vous plait :
Animula vagula, blandula,
Hospes comesque corporis,
Quae nunc abibis in loca
Pallidula, rigida, nudula,
Nec, ut soles,dabis iocos.
Merci de me répondre très
rapidement |
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| RÉPONSE : |
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| Vu l'urgence, ma réponse, écrite à
la va-vite, vous paraîtra peut-être un peu "sèche".
Mille excuses, j'ai fait au plus pressé !
Dans la page de mon site consacrée à Hadrien
(Clic
!), je donne la traduction suivante du petit
poème "Animula
" :
"Amelette, vaguelette, mignonnette,
Très chère hôtesse de mon corps,
Et qui maintenant descend seulette
Dans des lieux livides et morts
Où jamais plus ne seras guillerette !"
D'autres traductions, soit plus littérales, soit
plus poétiques, sont encore signalées ici : Clic !
Puis-je également attirer votre attention sur le
site Papyrus
de Hanno Kuehnert. C'est en Allemand, mais vous y trouverez
néanmoins (Clic
!), outre deux représentations de l'empereur
Hadrien, des traductions de son poème dans toutes
sortes de langues
même le Français :
- Une traduction de M. Yourcenar : Clic
!,
- Des traductions de S. Goulart, Fontenelle et J. P Gallu
: Clic
!
Pour des représentations de l'empereur Hadrien
:
mais une simple recherche d'images sur un moteur
de recherche, genre "google" (Clic
!), vous fournira encore bien d'autres images. |
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| 3 Juin 2002 |
| Phil
a écrit : |
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| Pour le cours d'histoire,
le prof nous a demandé de lire le livre
"Néropolis" et d'en faire
le résumé.
J'ai lu le livre, mais
j'ai très difficile d'en faire le résumé.
Connaissez-vous par hasard des liens concernant
le livre ou des exemples de résumé.
Si oui pourriez-vous me les faire parvenir
? |
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| RÉPONSE : |
| J'ai eu beau chercher sur
le Net, mais, excepté ce que j'en dis
dans mon site (Clic !)
et qui, je le crains, ne vous aidera guère
pour votre travail, je n'ai pas trouvé
grand-chose (pour ne pas dire rien) concernant
Néropolis
Il est
vrai que cet excellent bouquin date de 1984,
c'est-à-dire bien avant "l'Ère
Internet", même si ce n'est quand même
l'époque glaciaire !
Cela dit, il est vrai que le Néropolis
d'Hubert Monteilhet, c'est un livre assez
touffu. Cependant, si l'on oublie les dissertations
philosophico-théologiques et ces digressions
érudites sur la vie quotidienne dans
la Rome des "Temps néroniens"
qui en font, me semble-t-il, le charme et
l'intérêt majeurs, la trame de
ce roman me paraît assez simple. Pour
la retrouver, il suffit de suivre pas à
pas le héros Kaeso qui, à force
de vouloir ménager une vertu toute
"romaine" et un sens de l'honneur aigu, va
de révélations fâcheuses
en découvertes malencontreuses, et
finit par provoquer involontairement une série
de catastrophes !
Désolé de ne pouvoir vous aider
davantage. |
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| 4 Juin 2002 |
| Marc
a écrit : |
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| Hohho !
me voilà
"accro" à votre courrier des lecteurs. Cela me
rappelle mes jeunes années où j'attendais
impatiemment mon Spirou chaque semaine
En réponse à ce lecteur
catho qui n'aime pas qu'on critique sa religion :
Non, la tolérance
ne consiste pas à réfréner ce qu'on
a à dire sous prétexte qu'on va heurter
les convictions de quelqu'un. À ce train-là,
la pensée n'aurait jamais progressé. S'il
a des contre-arguments à proposer, le quelqu'un
n'a qu'à répondre et la confrontation donnera
plus de vérité. S'il n'a pas de contre-arguments,
il devrait changer de conviction
ou s'abstenir de
lire.
La tolérance, c'est de dire
à l'autre : "Je ne suis pas d'accord avec toi,
mais tu as le droit de le dire", ou même : " Je
te déteste, mais tu as le droit de vivre.!". Et
non : "Tu me blesses, donc ta gueule !" ou "On n'a pas
le droit de détester !"
Quant à la liberté
d'expression, c'est une grave dérive de nos sociétés
démocratiques que d'avoir évacué
le débat de fond, en disant "il y a des forums
pour cela". Autrement dit: : "Parlez uniquement si vous
ne changez rien à l'opinion des gens ; faites-en
un hobby comme la philatélie ou le tricot." Non,
non, la liberté d'expression, c'est de dire ce
que je pense partout où je veux. Pas sur les murs,
bien entendu. Mais si pas sur un site web personnel, alors
où ?
Donc, cher Lucien, continuez à
nous charmer de votre prose frondeuse. Si nous ne sommes
pas d'accord, on en discute. Si on veut du politiquement
correct, de l'objectivité ou de la religion, on
va voir ailleurs. Vous êtes suffisamment explicite
sur la valeur relative de ce qui n'est que votre opinion
pour, non seulement ne pas induire en erreur le public
jeune qui vous lit, mais surtout leur apprendre aussi
la valeur de la réflexion personnelle et du débat
d'idées. Bravo.
Fermez la parenthèse.
Bon. J'écrivais à
propos des généalogies qui remontent aussi
loin que l'Antiquité. Certes, elles sont sujettes
à caution, car le Moyen Age a laissé peu
de traces écrites sur des trivialités comme
qui est né de qui. Sauf
pour les familles
royales. Si vous parvenez à connecter votre ligne
à une lignée princière entre ici
et env. 1500, vous pourrez aller plus loin. Mais force
est de reconnaître que les filiations de princes
saxons ou wisigoths sont assez peu crédibles. Je
ne me prononcerai pas toutefois, je ne suis pas spécialiste.
Par contre, une chose certaine,
c'est que nous pouvons tous affirmer haut et clair que
nous descendons (ou sommes cousins proches) de tous les
personnages de ces temps reculés, princes ou esclaves,
dont la famille a eu une descendance. L'argument est simplement
statistique (Non, non, ne fuyez pas à ce mot. C'est
assez élémentaire.
Tous nous avons deux parents, quatre
grands-parents, huit bisaïeuls, seize quadrisaïeuls,
etc. En théorie, en l'an mille, nous avons chacun
environ un milliard d'ancêtres
sauf qu'il
n'y a pas un milliard d'humains sur terre à cette
date. Le paradoxe s'explique ainsi : assez vite (entre
la cinquième et la dixième génération)
vous allez retrouver des mêmes individus dont vous
descendez par plusieurs chemins. On appelle ça
l'implexe des ancêtres.
Ceux chez qui il est le plus important
sont les têtes couronnées et les membres
de communautés isolées géographiquement
ou culturellement (bref, tous les dégénérés
).
Mais à cette échelle
(1000 ans) on peut dire qu'il est peu probable qu'on n'ait
pas tous au moins une fois chaque Européen de l'époque
dans notre arbre. Et si on remonte encore 1000 ans, cela
devient une certitude statistique. (Une certitude statistique,
c'est un événement qui est théoriquement
possible, mais en pratique si improbable qu'il ne se passera
jamais, comme de mélanger deux pots de peinture
rouge et blanche et, après brassage, d'avoir tout
le rouge en bas et tout le blanc en haut.)
Donc, à part ces Romains
dont nous savons avec certitude qu'ils n'ont pas eu de
descendance ou qu'elle s'est arrêtée rapidement,
tous les autres sont certainement nos ancêtres.
Directs. uaah ! je descends de Sertorius et des Gracques
!
Corollaire : l'expression "nos
ancêtres les Gaulois" est fallacieuse, puisque
les Germains, les Romains, les Numides ou les Perses le
sont tout autant. On peut faire l'hypothèse que
tous les Juifs ne sont pas nos ancêtres SI ET SEULEMENT
SI on a une raison suffisante de croire qu'ils ont maintenu
strictement leur règle de non-croisements
ce que j'ai peine à croire. De même, il est
plausible que nous ne descendions pas de *tous* les Amérindiens
de l'époque d'Auguste, parce que le brassage n'a
pu commencer qu'il y a cinq cents ans.
Par contre, il va de soi que tous
les humains n'ont pas la même proportion de présence
dans notre arbre. Sans doute, selon leur plus ou moins
grande prolificité, selon les pestes et désastres
naturels aussi, existe-t-il (mais nous ne saurons jamais
qui) certaines familles de l'Antiquité qui sont,
plus que les autres, les ancêtres de l'humanité
(ou du moins, de l'Occident).
N'est-ce pas passionnant ? |
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| RÉPONSE : |
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| En ce qui concerne les généalogies,
il est vrai que votre point du vue est aussi passionnant
que votre raisonnement imparable : en remontant suffisamment
loin, nous avons tous une chance de compter parmi nos
ancêtres un "grand homme", voire un "grand Romain"
Mais, finalement, avouez que cela ne nous fait pas la
jambe plus belle, et que cela ne nous rend pas plus riches
d'un eurocent ! Et même si je suis bien aise, et
fort honoré d'ailleurs, de saluer en vous un descendant
"statistique" des Gracques ou de Sertorius, et même
si je crois deviner en moi des traces du patrimoine génétique
de Boduognat, le roi des Nerviens (je cite ce sympathique
guerrier belge au hasard), les prétentions quelque
peu vaniteuses de certains internautes à vouloir
établir leur arbre généalogique depuis
Néron
ou Théodose
continueront à susciter chez moi une certaine hilarité
ironique !
Un dernier petit mot :
Il semble bien que ayez également raison de croire
que les Juifs n'ont pas toujours "strictement maintenu
leur règle de non-croisements", pour reprendre
votre expression.
D'après Léon Poliakov (Histoire de l'Antisémitisme,
vol. 1, chap. 1), le prosélytisme judaïque
fut très actif tout au long des IIe et IIIe siècles
de notre ère, même après l'échec
de la grande révolte de Bar Kochba (136 ap. J.-C.)
et le maintien par Antonin
le PIeux d'entraves au prosélytisme. En fait,
les conversions au judaïsme, qui sont à l'origine
de "l'identité juive", seraient restées
très nombreuses jusqu'à ce que les "Pères
de l'Église" viennent, à grand renfort d'invectives
antisémites, mettre le holà à une
propagande qui menaçait leur "fonds de commerce".
Si cela est exact, les Juifs actuels pouvant tout aussi
bien descendre d'Isaac que de Vercingétorix ou
de Boduognat, la théorie d'une "race juive pure"
préservée depuis Abraham, n'aurait d'autres
fondements historiques que les élucubrations d'antisémites
allumés
ou les délires fanatiques
de rabbins intégristes !
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| 4 Juin 2002 |
| Lady de Kamegoaka
a écrit : |
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| Depuis que mon professeur de
Latin amalgame les batailles du premier siècle
avant Jésus-Christ, j'ai appris à relativiser
un minimum ce qu'il dit.
Dernièrement, nous étudions
une ode d'Horace (celle qu'il entame par le fameux "maintenant
il faut boire !"), et notre prof a légèrement
- et c'est un euphémisme - laissé sous-entendre
que Cléopâtre était portée
sur l'alcool. Il se basait sur certaines formules
employées par Horace, formules qui, à mon
sens, tendaient plus vers la métaphore.
Je n'écarte pas l'hypothèse
de mon professeur. Mais je connais également chez
lui quelques relents de misogynie, alors j'aurais aimé
savoir s'il y avait des "preuves" explicites d'un quelconque
magnétisme pour l'alcool chez cette très
célèbre reine d'Égypte. |
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| RÉPONSE : |
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| Et bien, si votre prof de latin est réellement
aussi belliqueux et misogyne que vous le dépeignez,
vous ne devez pas voir tous les jours la vie en rose bonbon
! En tout cas, vous avez mille fois raison de passer au
crible les assertions partiales de ce "macho" !
;;-))
Je suis bien loin d'avoir "tout lu" sur Cléopâtre,
mais je ne me souviens pas d'avoir vu quelque part qu'elle
fût accro à la dive bouteille. En
revanche, Antoine,
son amant, lui, était un véritable sac à
vin. Alors, afin de garder après d'elle l'unique
protecteur qu'elle s'était trouvé dans un
monde de brutes rapaces, de se conserver son seul allié,
l'unique garant de l'indépendance de son royaume
et de l'avenir de ses enfants, la reine d'Égypte
fut sans doute contrainte de partager ses plaisirs orgiaques.
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Voici ce qu'écrit à
ce sujet le souvent très sagace J. Benoist-Méchin
: "Douée d'un sens psychologique aigu,
la fille des Ptolémées a discerné
d'emblée que le plus sûr moyen de conserver
ses faveurs (d'Antoine) était de le
prendre par son point faible, c'est-à-dire
par les sens. Amoureux du faste, elle le surpassera
en faste au point de l'obliger à déclarer
forfait. Sensuel et débauché, elle
l'accompagnera jusque dans ses orgies. (
)
Mais elle est bien trop fière pour ne
pas sentir combien ce rôle la dégrade.
Auprès de l'épopée grisante
qu'elle a vécue aux côtés de
César, la vie avec Antoine lui paraît
une bacchanale triste. Qu'il est amer de devoir
souper tous les soirs avec les "Inimitables viveurs"
(= association de noceurs fondée et présidée
par Antoine), quand on a sa place marquée
au banquet des dieux ! Bientôt elle en vient
à mépriser Antoine et cette sorte
de confusion joyeuse dans laquelle il se complaît.
Ah ! l'ivresse de César avait une autre allure
"
(J. Benoist-Méchin, Cléopâtre
ou le rêve évanoui, Éd.
Perrin, Paris).
Pour parler vulgairement, Cléopâtre
"tenait son homme" par le lit, la panse et le gosier
! Et elle ne devait pas faire la dégoûtée,
la pauvre, car sa féminité rayonnante
et sa joie de vivre, c'étaient bien les seules
armes dont elle disposait pour sauver son trône,
ses enfants et sa dynastie
|
Évidemment, à une époque où
la femme - et surtout la femme romaine - se devait d'être
soumise, effacée, et totalement abstinente (de
vieilles lois romaines prévoyaient la peine de
mort pour les matrones dévergondées qui
s'adonnaient au vin), le spectacle de cette Cléopâtre,
vêtue seulement d'une tunique transparente, s'offrant
aux regards d'ivrognes, la coupe en main, aux côtés
de son amant plein comme une barrique, avait de quoi faire
frémir d'horreur les vieux Romains traditionalistes
!
Or, quand Octave, le futur Auguste,
décida de se débarrasser de son rival Antoine,
il ne déclara pas la guerre à ce dernier,
mais à la reine d'Égypte, histoire de présenter
une guerre civile fratricide comme une "guerre étrangère"
contre une "ennemie de Rome". Selon sa propagande officielle,
Cléopâtre devint alors la cause de tous les
maux du peuple romain : c'était elle (cette salope
!) qui avait dégoûté Antoine
de sa femme légitime Octavie, la sur d'Octave
; c'était elle (cette empoisonneuse !) qui, à
coup de philtres magique, avait transformé le brillant
généralissime Antoine tantôt en gentil
toutou docile, tantôt en animal luxurieux ; c'était
elle (cette soûlarde !) qui avait fait du grand
Antoine un immonde sac à vin ; c'était elle
(cette mégère !) qui, pour satisfaire son
ambition démesurée, avait convaincu Antoine
de démembrer l'Empire romain à son profit,
etc
À ce qu'il me semble, c'est dans le contexte de
cette "guerre de propagande" qu'il faut replacer cette
ode "Nunc est bibendum" d'Horace (I, 37 - texte
latin : Clic
!). Elle fut d'ailleurs écrite, paraît-il,
juste après la bataille
d'Actium.
Car ce texte du grand poète latin est aussi une
uvre de commande. Horace est certes un fort honnête
homme, mais, aux gages d'Octave,
il est tenu de justifier ses appointements en publiant
des vers qui, à la fois, célèbrent
le génie du futur Auguste et qui imposent la "ligne
du parti", la "version officielle" de l'Histoire. Dès
lors, bien qu'admiratif devant le courage de la reine
d'Égypte, cette noble dame qui absorba "le noir
venin" de "serpents redoutables" avec "une
intrépidité grandie par cette mort qu'elle
avait choisie", il se voit contraint de n'exercer
sa verve caustique qu'à ses dépens, fût-ce
au prix d'évidentes contrevérités
!
Même s'il écrit que la reine d'Égypte
avait "l'esprit embrumé par le vin du lac Maréotis"
quand presque tous ses navires furent détruits,
Horace, in petto, ne croit sans doute pas un seul
instant que la belle Cléo était alcoolo
! Mais, sous peine de perdre ses gages, il ne peut, il
ne doit dire la vérité et publier à
tous vents que c'était le "Triumvir" Antoine,
le beau-frère d'Octave,
qui était toujours entre deux vins, et non sa courageuse
amante
Cependant, je parierais volontiers que les contemporains
d'Horace, qui connaissaient parfaitement les (nombreux)
défauts du rival malheureux d'Octave furent probablement
moins dupes de ce mensonge pieux (et fructueux) que votre
prof de latin bien-aimé ! |
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| 5 Juin 2002 |
| Alexis a écrit : |
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| J'ai trouvé
cette pièce il y a quelques années sur le
site de Pæstum (ancienne colonie grecque) en Italie
(Campanie, je crois).
Peut-être savez-vous qui
est l'empereur dont le profil est gravé
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RÉPONSE DE MICHEL
(Site Archeobel) |
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| Il s'agit d'une monnaie de Lucius
Verus, l'empereur associé de Marc
Aurèle.
Pour des infos complémentaires, je vous invite
à consulter le livre de Cohen, numérisé
par le site i-numis.com
: Lucius Verus n°66 : Clic
!
Seule l'image du revers pourrait confirmer mon hypothèse
quant à l'identification de la pièce (+
le diamètre de sa pièce) : en effet, certains
sesterces et as ont les mêmes avers et revers mais
en différents modules.
En étudiant votre scan, un détail m'a frappé
: le texte porte une anomalie.
En effet, le texte normal serait :
L VERVS AVG ARM PARTH MAX TRP VIIII
Or, je vois :
MAX IRP VIIII ?
Ici encore, l'examen du revers de cette pièce
serait intéressant. |
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| Alexis a répondu : |
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| Je joins à
ce message le côté pile de la pièce
et son diamètre est de 3.5 cm pour une épaisseur
de 3 à 4 mm.
Pour l'anomalie du texte, je dois
avouer que je n'en sais rien, je l'ai trouvée par
hasard.
Sinon, serai-t-il possible d'avoir
une estimation de la valeur de cette pièce actuellement,
ce qu'elle valait à l'époque et à
quoi cela correspondrait-il aujourd'hui ?
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RÉPONSE DE MICHEL
(Site Archeobel) |
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| J'ai l'impression qu'il s'agit d'une pièce
"Padouane" :
Au XVIe siècle, à Padoue, on s'amusa à
refaire des monnaies romaines en battant des flancs de
bronze avec les mêmes matrices qu'a l'époque.
Seulement le hic avec ces pièces, c'est que, n'ayant
pas séjourné longtemps dans le sol, elles
n'ont jamais cette patine typique aux vraies pièces
anciennes. Aussi, certains se sont efforcés de
donner une patine chimique à ces pièces,
facilement reconnaissable car elle ne forme qu'une fine
couche qui disparaît très vite aux endroits
fort en relief.
Pourquoi falsifier une monnaie d'un empereur aussi obscur
que Lucius
Verus ? En fait, ce sont les pièces comme celles
de Pertinax,
Othon,
Albinus
et d'autres qui sont le plus imitées. Il y a certes
aussi de simples imitations de pièces de Claude
ou d'autres empereurs qui ont du monnayage en suffisance,
mais il s'agit chaque fois de pièces assez rares.
Le seul but des faussaires étant de se faire un
maximum de fric, une pièce rare de n'importe quel
empereur, alcoolo, drag queen ou travesti notoire peut
faire l'affaire !
Évidemment, cette pièce n'avait aucune
valeur lors de sa mise en circulation. C'étaient
en effet des pièces de prestige, destinées
à être exposées dans les "cabinets
des monnaies" de riches notables afin que ceux-ci puissent
soupirer au souvenir du "bon temps" de l'empire romain
! Cependant, elles devaient certainement coûter
cher à l'achat, comme actuellement ces fausses
pièces romaines britanniques marquées "WRL"
et qui ne servent qu'à compléter des collections
d'enragés qui veulent "tout" avoir ! |
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| 12 Juin 2002 |
| Bidzina a écrit : |
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| I'm archaeologist and let me
ask to you as a specialist of Roman law concerning the
martyrological story. In the literary work were the Christians
and pagan population have peaceful relations, the baptised
children refused to eat the food sacrificed to the idol.
for this reason, the parents, with the agreement of the
chef of the region, decided to kill their children.
It is interesting that in our story,
the chef of the region assisted the accomplishment of
the verdict.
Of course, the parents could kill
their children after edict of Milan for the refuse of
the sacrificed food, but the fact, that the chef of the
region, assists the process of the killing of the children,
makes me think that, this fact took plase before Edict
of Milan, becouse the chef of the province, as a represantater
of the government after the edict of Milan couldn't assist
the judgement and killing of Christians.
That's why I'm thinking, that the
punishment might be before the edict of Milan.
I'm wary interested to know your
opinion about my conclusions. Thank you again.
sincerely,
Bidzina
TRADUCTION :
Je suis archéologue
et me permets de vous écrire, en tant que spécialiste
de la législation romaine, à propos de l'histoire
des martyres. Dans les ouvrages littéraires, au
moment où les Chrétiens et la population
païenne vivaient paisiblement, des enfants baptisés
refusèrent de consommer les viandes sacrifiées
aux idoles. Pour cette raison, les parents,
avec l'accord du gouverneur de la province, décidèrent
de tuer leurs enfants chrétiens.
Ce qui est intéressant dans notre histoire,
c'est que le gouverneur de province participa à
l'exécution de la sentence.
Bien sûr, les parents auraient pu tuer leurs
enfants après le décret de Milan en raison
de leur refus des viandes sacrifiées aux dieux,
mais le fait que le chef de la région participa
au processus d'exécution me donne à penser
que cet événement aurait eu lieu avant
le Décret de Milan, parce que le chef de la province,
en tant que représentant du gouvernement n'aurait
pu participer au jugement et à l'exécution
après le décret de Milan
C'est pourquoi je pense, que ces événements
se sont déroulés avant le décret
de Milan.
Je suis particulièrement intéressé
de savoir votre avis sur mes conclusions.
Encore merci.
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| RÉPONSE : |
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| Tout d'abord, mille excuses de ne pouvoir vous répondre
en Anglais : je lis (un peu) cette langue, mais ne sais
l'écrire. D'autre part, n'étant nullement
un spécialiste en législation romaine ou
en histoire de l'Église, je ne puis guère
vous proposer qu'une opinion d'amateur d'histoire, et
non de vrai historien.
Je pense comme vous : cette histoire d'enfants chrétiens
martyrisés avec l'accord de leurs parents et
sous la supervision du fonctionnaire romain responsable
de la province ne peut être située qu'avant
l'"Édit" de Milan de 313, c'est-à-dire lors
des persécutions "légales" de Dèce
(249 -251 ap. J.-C.), de Valérien
(257 -258) ou de Dioclétien
(303 - 313).
Cependant, à mon avis, avec ce genre de récit,
le vrai problème ne réside pas tellement
dans la datation des faits relatés, mais plutôt
dans leur vraisemblance ! Voyez par exemple la Vie
de saint Vitus, dans la Légende dorée
de Jacques de Voragine, une histoire qui met également
en scène en gamin de douze ans, persécuté
à la fois par son père et par le "bras séculier".
L'action est explicitement située sous le règne
de Dioclétien,
mais n'en est pas plus vraisemblable pour autant. Entre
autres prodiges, le bras du bourreau qui fouette l'enfant
martyr se dessèche et ne guérit qu'après
une prière dy saint gamin supplicié. C'est
encore une prière de l'efficace Vitus qui guérit
son père devenu aveugle après avoir surpris
sept anges veillant sur le sommeil de ce prodigieux gamin
- un miracle qui, d'ailleurs, ne suffit pas à convertir
ce païen endurci qu'est le géniteur du petit
saint. Vitus exorcise aussi le fils de Dioclétien
(?) possédé par un démon opiniâtre
; il résiste au feu du bûcher et aux dents
des lions ; il provoque des tremblements de terre et des
écroulements de temples ; et enfin, est emporté
par des anges pour mourir chrétiennement auprès
d'une charmante rivière
Bref, ce n'est pas
parce que ce récit est "daté" de l'époque
de Dioclétien qu'il est à prendre pour argent
comptant !
Bien sûr, je ne prétends pas que l'anecdote
qui vous intéresse est aussi ébouriffante
que la légende de saint Vitus, mais il n'empêche,
qu'à mon avis, toutes ces histoires d'enfants qui
refusent mordicus les viandes sacrifiées aux idoles,
qui s'entêtent dans leur refus, et que leurs parents,
païens fanatiques, livrent au gouverneur de province
afin qu'il les exécute selon les formes juridiques,
relèvent davantage davantage de la "légende
dorée", de l'"histoire sainte", plutôt que
de l'Histoire tout court !
Mais encore une fois, il ne s'agit là que d'une
opinion personnelle. |
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