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Mai 2002 (page 2/2 )

Sommaire du mois de Mai : Clic !

21 Mai 2002

Tony a écrit : 

Je possède une bague gravée qui porte le numéro de la neuvième légion précédé du "L".

Je présume qu'il s'agit de "l'Hispania" .

Est-il possible d'en savoir un peu plus sur elle ?

bague IX legio

RÉPONSE :

En ce qui concerne votre bague elle-même, n'étant pas expert en matière de bijoux antiques, je ne saurais pas vous dire grand-chose de pertinent à son sujet. Je vous conseille d'éventuellement vous adresser au webmaster du site "Archeobel" qui, sans nul doute, se fera un plaisir d'éclairer votre lanterne.

En revanche, et bien que l'histoire militaire ne soit pas précisément ma tasse de thé, quelques sites anglais m'ont livré quelques renseignements sur cette IXe Légion qui vous est chère. Vous trouverez au bas de mail les références de ces sites, mais, comme je ne sais si vous maîtrisez la langue de Shakespeare, voici, en gros (c'est-à-dire d'après ce que j'ai compris) ce qu'ils racontent :

La IXe légion "Hispana" trouve peut-être ses origines dans la neuvième légion de César, qui était déjà casernée déjà en Gaule quand le grand Jules prit possession de la province en 58 av. J.-C. Cependant, outre le fait que cette hypothèse n'est étayée par aucune preuve épigraphique ou littéraire, la IXe légion césarienne fut congédiée vers 45 av. J.-C. Des vétérans s'installèrent alors à Picenum (sur l'Adriatique, aux environs d'Ancône), et d'autres peut-être à Histria (sur la Mer Noire)

La IXe légion de César fut reconstituée par Ventidius Bassus en 44 av J.-C., mais fut à nouveau presque aussitôt congédiée. La légion fut probablement reformée par Octave (futur Auguste) de 41 à 40 av. J.-C. et elle le servit jusqu'à la bataille d'Actium (31 av J.-C.). Ensuite, elle fut casernée en Espagne où elle fut active de 30 à 19 av. J.-C., prenant notamment part aux campagnes de pacification menées sous la direction d'Auguste. Elle fut transférée sur le Rhin aux environs de 20 av. J.-C..

En 9 ap. J.-C., la IXe légion est signalée en Pannonie, où elle stationna d'ailleurs en permanence jusqu'en 43 ap. J.-C., à l'exception d'une courte mission en Afrique. En effet, en 20 ap. J.-C., elle fut confiée à Junius Blæsus afin de réprimer le soulèvement du chef maure Tacfarinas (entre 17 et 24 ap. JC), mais, elle revint en Pannonie avant l'écrasement final de la révolte.

C'est peu après son déplacement vers la Germanie que la IXe Légion reçut son surnom d'Hispaniensis, signifiant "cantonnée en Espagne", mais, plus tard, la forme Hispana (signifiant "l'Espagnole") lui fut préférée. Ce titre est attesté au milieu du règne d'Auguste. Un autre des titres de la légion, Macedonica, lui fut attribué après une expédition dans les Balkans, à une époque indéterminée du règne des premiers Julio-Claudiens.

Sous le règne de Claude, la IXe légion participa à la conquête de la Grande-Bretagne. Elle s'installera à demeure dans l'île à partir de 43 ap. J.-C.

Lors de la révolte de Boudicca, (vers 60) le légat Cerialis tenta d'utiliser la IXe légion Hispana pour empêcher le sac de Londinium (= Londres). À cette occasion, la légion fut si durement éprouvée qu'elle dut aller refaire ses forces dans une forteresse (près de Longthorpe. Là, son effectif fut reconstitué grâce à deux mille hommes des légions rhénanes. Elle fut alors répartie entre les forteresses de Longthorpe et Newton-sur-Trent avant de s'installer, vers 65, dans la forteresse toute neuve de Lindum (= Lincoln).

En 71, elle fut déplacée de Lindum à Malton (près d'Eburacum - York) et le gouverneur Cerialis prit alors personnellement son commandement pour prendre part à la campagne de pacification dirigée par Agricola.

Les campagnes de Domitien en 83 contre les Chattes (sur le Rhin moyen), ainsi que les guerres de Trajan en Dacie, nécessitèrent sans doute l'envoi sur le continent de détachements de la IXe Légion Hispana.

La présence de la IXe légion en Grande-Bretagne est attestée pour la dernière fois en 108 ap. J.-C. (marques légionnaires sur des pierres de la forteresse d'Eburacum - York). La neuvième légion disparut d'York vers 120. En 122, elle y fut remplacée par la Légion VI Victrix, venant de Germanie.

La fin de l'histoire de la IXe légion est hypothétique :

Selon Marguerite Yourcenar (Mémoires d'Hadrien), elle aurait été exterminée par les Calédoniens ; cette défaite romaine étant une des raisons qui poussèrent Hadrien à faire construire son fameux "Mur" défendant la Bretagne romaine des incursions des sauvages Pictes et Calédoniens. Mais il est aussi possible que la IXe légion ait été affectée à la défense de mur d'Hadrien, mais dans un secteur dépourvu de maçonnerie, ce qui expliquerait qu'on ne trouve aucune trace archéologique de sa présence…

Une autre hypothèse voudrait que cette légion se soit déshonorée dans des combats contre les Calédoniens vers 125, ses soldats survivants étant congédiés sans être autorisés à mentionner jamais le nom de cette légion maudite.

Il est également possible que la Legio IX Hispana ait été exterminée sous Hadrien lors de la révolte juive de 135, ou encore plus tard, sous Marc Aurèle, en Arménie ou en Cappadoce s (161), ou alors sur le Danube, lors de la campagne que l'empereur-philosophe y mena contre les Chattes (162)…

Voici quelques liens (surtout anglophones) sur cette fameuse IXe légion :

  • Roman Britain - Legio Nonae Hispana (auquel je dois l'essentiel de mes informations) : Clic !
  • livius.org - Legio IX Hispana : Clic !
  • legio-ix-hispana.org - Legio IX Hispana : Clic !
  • Histoire des Bretons dans l'Antiquité - Légions romaines de Bretagne : Clic !
  • marikavel.net : Noms de personnes - Legio IX Hispania : Clic !

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22 Mai 2002

Pierre a écrit : 

Je m'étonne que dans votre présentation des règnes de Vespasien et de Titus, vous ne rapportez rien des massacres des Juifs en Palestine et des déportations à Rome qui vont servir de main d'œuvre pour la réalisation des grands travaux et en particulier du Colisée.

RÉPONSE :

Vous avez raison ! À ce jour, les notices consacrées à Vespasien et à Titus s'attardent assez peu sur la Guerre des Juifs et sur ses conséquences dramatiques. Cependant, croyez bien que ce n'est ni une quelconque mauvaise volonté de ma part, ni un manque d'intérêt pour la question qui seraient causes de cette regrettable lacune. En réalité, par simple manque de temps, je n'ai pas encore eu l'occasion de développer ces notices autant que je souhaiterais. Je compte pourtant bien m'intéresser bientôt aux empereurs de la dynastie flavienne et refondre intégralement ces textes encore à l'état d'ébauche. Par conséquent, si Dieu me prête vie, des textes plus satisfaisants, plus complets, et qui n'éluderont certainement pas la grande révolte juive de 66-70 (sujet qui m'intéresse au plus haut point) devraient être disponibles sur le Net dans les prochains mois.

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22 Mai 2002

Christophe a écrit : 

Ça peut paraître bizarre comme questions mais je pense qu'elles ont le mérite d'être posées :

1. Peut-on penser que de nos jours, il se pourrait qu'il y ait encore des descendants d'empereurs romains ou de famille impériale romaine ?

RÉPONSE :

Si tu ouvres (il me semble qu'on se tutoyait dans nos mails précédents, non ?) cette page (Clic !), tu auras l'indubitable preuve qu'une certaine Isabella Holdt, descendante directe de Germanicus, est bien la 61e arrière petite-nièce de Néron. Quant à Ingeborg Brigitte Castel (Clic !), elle fait remonter son arbre généalogique jusqu'au père de l'empereur Théodose le Grand ; ce qui n'est pas mal non plus !

Si ça leur fait plaisir…

Bien sûr, il ne faut pas être un expert pour voir que ces généalogies sont aussi fantaisistes que celles de la fée Mélusine ou de l'enchanteur Merlin : elles deviennent contestables dès les premières branches ! La seule chose qui est certaine, c'est que nous tous sans exception, aussi bien ces présomptueux internautes américains, que toi ou moi, pouvons - bien évidemment ! - nous revendiquer d'ancêtres ayant vécu temps de Néron, de Constantin ou de Théodose. Mais ces aïeux furent-ils empereurs ou simples citoyens ? étaient-ils des Romains ou des "Barbares" ? habitaient-ils l'Europe, l'Asie ou l'Afrique ? cela personne ne peut ni ne pourra jamais le dire avec certitude… même si le fameux "décryptage du génome humain" est achevé !

Sur ces généalogies, voir aussi ici :
Clic !

2. Qu'est-ce que les latrines ?

RÉPONSE :

Les latrines, ce sont les W.-C., les toilettes, les commodités - qu'elles soient publiques ou privées, qu'elles soient à Rome ou ailleurs ! En ce qui concerne celles de l'Antiquité romaine, je te recommande vivement l'intéressante page que le non moins intéressant site Noctes Gallicanae consacre à ce sujet assez délicat : Clic !

Quant à moi, je ne puis résister au plaisir de citer ici un extrait de Néropolis, l'extraordinaire roman d'Hubert Monteilhet; où les latrines publiques de Rome sont décrites dans le style inimitable de cet auteur malicieux :

"Kaeso (le héros du roman) arriva aux grandes latrines du Forum, qui comptaient parmi les plus magnifiques de la Ville, avec leur chauffage central et leur revêtement de marbre blanc. Le gracieux hémicycle comportait vingt-quatre sièges, séparés par des accoudoirs sculptés en forme de dauphins. Au-dessus des sièges, trois niches étaient consacrées à une déesse Fortune porte-bonheur, encadrée par Esculape et par Bacchus, alors que sur le diamètre de la pièce, en face de l'hémicycle, étaient alignés les bustes rassurants des sept sages de la Grèce, qui n'avaient pu manquer de se libérer les intestins et la vessie avec une philosophique et régulière aisance. Un petit vestiaire, gardé par deux esclaves publics, était adjoint à l'édifice ; l'un étant toujours disponible pour aller chercher une boisson ou une friandise dans une proche " thermopolia ", l'autre aidant à revêtir un manteau ou à rectifier la chute d'une toge.

Sous le demi-cercle des sièges percés coulait en permanence un fort courant d'eau pour entraîner les matières à l'égout, et, en continuité avec chaque trou horizontal, était aménagée de face une indentation verticale, qui permettait de manier la douce éponge d'Afrique ou de Grèce, fixée au bout d'un manche. Au pied des sièges, en arrière des talons des chalands, un courant d'eau plus modeste suivait une rigole, où étaient rincées les éponges. Et au centre des lieux, un jet d'eau glougloutait dans une vasque, qui servait de lavabo.

Par son harmonieuse beauté et par sa position au cœur de Rome, au milieu de l'animation matinale des Forums, cet endroit si utilitaire était devenu pour les hommes un élégant lieu de rendez-vous. (Les latrines des thermes mixtes étaient communes aux deux sexes, mais les femmes ne se hasardaient point dans les latrines extérieures. Et comme elles ne pouvaient non plus uriner dans les amphores ou dans les tonneaux si libéralement distribués, elles étaient obligées de se contenir, habitude qu'elles avaient perdue d'autre part.) De la sorte, accoudé sur le dos des dauphins, on s'attardait volontiers…"

livre neropolis

(Hubert Monteilhet, Néropolis, Édition Julliard, 1984).

3. Je cherche plus d'infos sur le sac de Rome en 410. Pourriez-vous me donner des adresses ?

 
RÉPONSE :
 

Je n'ai pas trouvé grand-chose sur Net (du moins en Français) au sujet de la prise de Rome par Alaric

J'ai donc seulement deux liens à te proposer :

  • Site Byzantina - Alaric le Wisigoth : Clic !

Et, si tu as beaucoup de courage :

  • Site Livres mystiques : Saint Augustin, la Cité de Dieu - Les Goths à Rome : Clic !

Cependant, si le sujet t'intéresse, je te recommande un excellent petit bouquin, pas récent récent, mais qu'il ne devrait pas être impossible de trouver dans une bonne bouquinerie. Il s'agit de livre d'André PIGANIOL, La Chute de l'Empire romain, Édition Albin Michel 1964 - réédité par les Nouvelles Éditions Marabout (MU 379) en 1982.

 
livre piganiol

4. Il est vrai qu'en lisant la vie des empereurs, ils n'ont pas eu de chance avec leurs familles. Je pense qu'un bon empereur ne se marie pas (aucun risque d'être empoisonne par son autre moitié) et pas d'enfant (aucun risque d'être trucidé par son fils si on lui donne la fessée). Enfin bon, c'est mon avis !

RÉPONSE :

Et bien, le moins que l'on puisse dire, c'est qu'avec toi et tes empereurs sans femmes ni enfants, il n'y aurait pas eu beaucoup de dynasties dans l'histoire de la Rome impériale ! Bien sûr, tu n'as pas tort : beaucoup d'empereurs auraient certainement allongé leur espérance de vie en renonçant à fonder une famille… Mais cela va à l'encontre de la nature humaine ! Ces hommes qui avaient bien souvent conquis le pouvoir à la pointe du glaive rêvaient de transmettre pacifiquement leur couronne à quelqu'un de leur lignée, ne serait-ce que pour éviter qu'un étranger ne recueille les fruits de leur labeur. Et s'ils n'avaient pas d'enfants, l'adoption n'était pas faite pour les chiens ! Malheureusement, l'héritier du trône - surtout s'il était un fils "naturel" et non "choisi" - devenait facilement un "fils indigne" car, "né dans la pourpre" comme on disait à l'époque (ou "le cul dans le beurre", comme on dirait - plus vulgairement - à la nôtre), et n'ayant eu aucun effort à accomplir pour accéder au pouvoir suprême, il ne voyait que les bons côtés de la fonction impériale, la vie luxueuse, les filles faciles et les esclaves dociles. Cependant, même s'il était oublieux des devoirs liés au sceptre, le "prince impérial gâté" devenait plus souvent un mauvais empereur, l'indigne successeur de son père plutôt que son meurtrier. Les parricides - le pire des crimes aux yeux des vieux Romains - sont rarissimes dans l'histoire de la Rome ancienne !

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24 Mai 2002

"Machin Truc" a écrit : 

Je souhaite aborder deux points.

D'abord une question concernant les noms romains, et ensuite une critique personnelle au sujet de votre site.

Ma question.

J'ai un peu parcouru les archives, et n'ai pas remarqué que vous abordiez le sujet très compliqué des noms romains, à moins de n'avoir pas assez écarquillé les yeux.

Je me permets donc de le faire ici.

Quelque chose est très gênant quand on aborde l'histoire romaine. Même si l'on sait que les hommes nobles portaient 3 noms (un "praenomen" comme par exemple Caius, le nom de la "gens" au masculin comme par exemple Julius, et enfin un "cognomen" sorte de surnom héréditaire comme par exemple Caesar) on est quand même un peu dérouté de voir que les grands personnages de l'histoire sont couramment appelés soit par leur "praenomen", soit par le nom de leur famille ("gens"), soit par leur "cognomen", soit deux de ces composants accolés, soit encore par aucun mais par un autre surnom, et ce sans que l'on sache jamais pourquoi. Et apparemment, cet usage était déjà en pratique du vivant même de ces protagonistes.

Quelques exemples : "César "est un "cognomen" qui deviendra en plus un titre honorifique (mais pourquoi pas Jules ?). "Jules César"rassemble nom de famille ("gens") et surnom de famille ("cognomen").

Mais comment César était-il appelé par ses contemporains, ou ses proches ? "Caius" ? "

Octavius "est un nom de famille. Au fait quel était son "praenomen" ? Je recherche cette information désespérément. Son père s'appelait Caius, et s'il s'appelle lui-même Caius à un moment donné, c'est qu'il avait été adopté par Jules.

Précisons, puisqu'on y est, qu'en étant adopté, on prenait tous les noms de l'adoptant, le sien propre étant placé en quatrième position affublé d'un "-ianus"(comme Octavianus), enfin, je crois que c'est ça.

Et qu'en est-il de ce surnom de jeunesse "Thurinus "dont parle Suétone ? Quelle différence entre un "cognomen" devenu héréditaire, et un surnom qui ne l'est pas ? Pourquoi l'un le devient, et pas l'autre ?

Pourquoi Tibère est-il appelé par son "praenomen", Claude par son nom de famille, et Néron par son "cognomen" adoptif (du fait de son adoption par Claude) ?

Pourquoi Germanicus n'a pas de "praenomen", mais est appelé par le surnom supplémentaire ajouté aux 3 noms de son père ?

Etc…

Bref, quel était la règle de l'usage et de l'attribution des noms à cette époque ? (car en plus, paraît-il, cette règle a évolué par la suite). Ce serait bien aussi de nous parler du sens de tous ces noms. Est-ce vrai que "Caesar "signifiait "le chevelu "?

Et puis, je n'ai pas parlé du nom des femmes. Je pense qu'un exposé sur ce sujet serait vraiment très utile sur votre site. En fait, c'est aussi indispensable que les cartes et les tableaux généalogiques.

C'était ma question.

Réponse : Clic !

Je signale ce site de généalogie (je ne sais pas s'il est dans vos liens) consacré aux "gentes" romaines

J'oubliais une autre question : Un jour je suis tombé sur un site assez riche sur les empereurs byzantins, mais je n'arrive plus à mettre la main dessus. Peut-être avez-vous quelques liens ?

Réponse : Clic !

Voici maintenant ma critique de ce site.

Avant de commencer, je rends hommage à l'effort colossal consenti. C'est un travail de Titan qu'il faut saluer. Voilà pour l'aspect positif.

Je pense que vous avez tort d'attaquer continuellement la réputation et la doctrine de l'Eglise Catholique, et de vous moquer du sort des chrétiens en général. Je ne vous dis pas cela seulement parce que je suis moi-même chrétien, mais parce qu'en ces temps où grandit l'intolérance à tous les niveaux (politique, religieux, racial), c'est une conduite, à mon sens, vraiment peu honorable, et encore moins courageuse, car c'est plus facile de conspuer quelqu'un à genoux que lorsqu'il vous tient en sa puissance. C'est facile d'hurler avec les loups.

Je ne remets pas en cause votre droit de penser ce que vous voulez, mais je ne vois pas très bien ce que vos déclarations militantes viennent faire sur un site d' "histoire". A la limite, il existe des sites de discussions sur les religions où l'on peut exposer librement sa pensée, du moment qu'elle n'incite pas à la haine et à la discrimination.

On dirait que vous ignorez que parmi les gens qui visitent votre site, il peut se trouver des catholiques qui se sentent insultés et blessés par vos propos. La liberté de culte, encore admise aujourd'hui, implique que l'on respecte les croyances d'autrui, ce que vous ne faites guère.

Vous accusez en permanence Suétone et Tacite de n'être que de vulgaires agents de la propagande antonine, et d'avoir trafiqué l'histoire de la manière la plus odieuse qui soit, et d'être ainsi totalement dénués de la qualité première du vrai historien, à savoir la neutralité et l'impartialité. Mais c'est bien en vain que je cherche l'expression de cette qualité sur votre site. N'êtes-vous pas vous même un simple agent de propagande, qui s'ignore, de l'école de la pensée ambiante actuelle (qui sera peut-être demain désignée comme nauséabonde) ?

Vous accusez ces historiens antiques de colporter des rumeurs sans fondement, des "on dit que ", dans un but de propagande. Vous-même passez votre temps à faire de telles choses, afin d'appuyer des thèses douteuses.

De plus, le jugement définitif que vous portez sur ces illustres auteurs me parait bien léger, et indigne d'un ami de l'Histoire (avec un grand H). Il faut savoir rester simple et se faire petit face à ce qui est très loin de nous, car vous marchez sur des œufs. Tout n'est qu'extrapolations et hypothèses invérifiables. Je ne dis pas qu'il est inintéressant d'émettre des hypothèses, mais au moins respectez la liberté de jugement de vos lecteurs. Dites-nous ce que vous savez. Ce que vous ne savez pas, gardez-le pour vous. On n'a que faire de votre vérité, car chacun a sa vérité. Quand aux différentes thèses d'interprétation connues, exposez-les en restant honnête, c'est-à-dire sans omettre un parti qui s'opposerait à celui qui aurait votre préférence.

Un autre point me tient à cœur, c'est l'aspect formel du site. En vous lisant, on s'aperçoit que vous maîtrisez bien la langue française, que vous savez former des phrases, en utilisant un vocabulaire riche. C'est très bien, mais alors pourquoi ce ton permanent à la dérision grossière, pour ne pas dire ordurière, et à l'humour qui n'est d'ailleurs pas toujours bien placé ? Est-ce par démagogie ? Est-ce pour détendre l'atmosphère ? Ou bien n'est-ce pas tout simplement parce que c'est dans l'air du temps de toujours user de dérision quand on parle de tout, et que la mode est à ne surtout pas se montrer sérieux dans ce que l'on fait, de peur de paraître pédant et prétentieux. C'est en quelque sorte l' "esprit Canal Plus "qui dirige nos petites consciences éteintes et endormies. Il s'agit de tout prendre sur le ton de la rigolade et de la grossièreté depuis qu'on a compris que rien n'était sérieux, dans la vie, et que la clef du bonheur de l'homme se trouve dans la fantaisie permanente et la moquerie.En fin de compte, votre prose me paraît très académique, dans le sens où j'y retrouve le style devenu très conventionnel de la littérature journalistique actuelle, et vous n'échappez guère à l'effet maniéré et ampoulé que vous souhaitiez peut-être éviter. Et très vite, vos textes deviennent lassants et pénibles à lire, parce que c'est toujours la même rengaine facétieuse qui recommence, et au bout de quelques paragraphes, on éprouve la soif de lire un texte "normal ".

En fait, ce qu'on est en droit d'attendre de vous, ce n'est pas très compliqué, malgré ce que dit Bedos : restez simple ! Simple, et sobre. Exposez donc tranquillement les choses sans insulter tout le monde à chaque ligne, même dans un cadre d'humour à deux sesterces, qu'en plus absolument rien ne justifie. N'ayez pas peur d'ennuyer le public. Celui qui ne s'intéresse pas à l'histoire romaine n'a aucune chance de venir sur votre site, croyez-moi ! Et celui qui vient ne ressent pas forcément la nécessité de lire qu'une telle était une p… , ou que tel autre était c.. Bien sûr, je vous reconnais le droit d'user d'humour et de familiarité. Mais ces choses-là produisent de l'effet qu'avec mesure et modération, et non avec excès. Car si la pitrerie devient la règle systématique (ce qui est le cas chez vous), le site devient vite imbuvable et inintéressant. Quelle est votre ambition, au juste ? Faire connaître l'Empire Romain, ou bien faire l'intéressant en se payant une bonne déconnade (en plus de la tête des malheureux visiteurs).

Et s'il vous plaît, quand vous citez quelqu'un, vous serez bien gentil de nous mettre les termes exacts retenus par l'histoire. Ce sera plus instructif que "je suis trop vieux pour ces conneries ", et en plus on aura moins l'impression d'être pris pour des ignares qui ne savent pas lire, ou pour des cul-terreux qui auraient besoin d'un langage bien rustique pour comprendre. En somme, pas la peine de nous traduire un français soutenu qu'on est capable de comprendre dans un français nécessairement ordurier. Je ne crois pas qu'il y ait tant de gens qui aient besoin de tout ce folklore. Merci donc de ne pas nous prendre pour des cons.

A bon entendeur, salut !

RÉPONSE :

Au fond, vos remarques reprennent (mais en les amplifiant considérablement) celles des rares internautes qui, jusqu'ici, ont émis (de manière d'ailleurs fort pondérée) quelques réserves sur ma façon d'aborder l'histoire de la Rome impériale, me reprochant, par exemple, mon (supposé) parti pris anti-chrétien (Clic ! et Clic !), ou affirmant que je "polluais l'esprit" de jeunes lecteurs (Clic !) ou encore qui m'accusaient de malmener injustement ces bons Suétone et Tacite (Clic !).

Que pourrais-je bien vous répondre de plus ?

Rien… Sinon peut-être cette seule petite chose :

Si en surfant sur Internet, je tombais par hasard sur un site tel que vous décrivez le mien, un site qui ne serait qu'école d'intolérance, qui serait totalement dépourvu de cette neutralité et cette impartialité qui sont les premières qualités d'un travail historien sérieux, qui ne serait qu'un ramassis de thèses douteuses ;
un site dont le contenu serait "indigne d'un ami de l'Histoire (avec un grand H)", qui ne respecterait pas le jugement des lecteurs intelligents ;
un site qui, afin de racoler au plus large, pour être dans l'air du temps et/ou pour tourner systématiquement en ridicule les choses les plus saintes, les plus sérieuses, les plus importantes, emploierait à la fois un ton grossier voire ordurier et un style maniéré et ampoulé ;
un site dont les textes, à force de recourir toujours à la même rengaine facétieuse, deviendraient lassants et pénibles à lire ;
un site que sa pitrerie systématique rendrait imbuvable et inintéressant ;
un site dont l'auteur aurait pour seul objectif de se payer la tête de ses malheureux visiteurs sous le fallacieux prétexte de la leur remplir ;
un site enfin qui considérerait que les internautes sont tous des ignares, des analphabètes, des cul-terreux, en un mot comme en cent, qui les prendrait pour des cons (passez-moi l'expression ordurière)…
Bref, si, au hasard de mes déambulations sur le Net, je tombais sur un site d'un tel acabit, je me garderais bien d'y rester plus de trente secondes, j'en déconseillerais la lecture à tous, amis, parents, collègues (sauf au "lourd" du service, celui à qui l'on passe en catimini les "bonnes" adresses particulièrement cochonnes), et j'éviterais comme la peste de le ranger parmi mes signets de peur qu'il ne contamine les autres.
Et surtout, même si d'intéressantes questions me turlupinaient au point de m'empêcher de dormir, je m'abstiendrais prudemment de les soumettre à son webmaster, ce type aussi malhonnête et partial que grossier.
Et enfin, jamais au grand jamais je ne me hasarderais à communiquer à ce malotru des adresses d'autres sites qui, certes, rougiraient de honte d'être cités dans un contexte aussi scabreux, aussi compromettant, aussi vulgaire, aussi abrutissant, bref aussi bordélique (excusez ce mot grossier) !

Voilà ce que moi je ferais si je tombais sur une telle adresse Internet… Mais puisque vous semblez avoir passé des heures à lire attentivement mes pages, puisque vous vous en avez si minutieusement analysé la pertinence du fond et si méthodiquement évalué la qualité de la forme, puisque vous me jugez digne de me pencher sur certaines questions qui vous intéressent, et puisque que vous me renseignez certains sites que vous appréciez, tout ceci m'incite à penser que ce site infâme que je viens de décrire n'est pas tout à fait le mien !

Mais voyons plutôt votre question…

Voici, un résumé d'un article que le petit - mais fort utile - Dictionnaire l'Antiquité de l'Université d'Oxford consacre aux noms des Romains (Notez bien que si je ne cite pas littéralement l'entièreté de ce texte, mais l'adapte légèrement, ce n'est pas - comment disiez-vous ? - parce que je vous prends "pour un ignare qui ne sait pas lire, ou pour un cul-terreux qui aurait besoin d'un langage bien rustique pour comprendre", mais c'est simplement afin d'aller à l'essentiel de ce qui semble vous intéresser)

Chez les Romains (ainsi d'ailleurs que chez tous les autres peuples italiens, y compris les Étrusques), tout homme ou toute femme avait deux noms de base, le prænomen, prénom ou nom personnel, et (plus important) le nomen, le nom de la gens ou clan. En général ou y ajoutait un cognomen. Les prénoms, dont le nombre était très limité, étaient habituellement écrits sous forme abrégée (A. = Aulus, Cn. = Cnæus, D. = Decimus, etc…)

Dans les classes supérieures, le prénom des femmes romaines fut pratiquement abandonné. On ne les désignait habituellement que par la forme féminine du nom de leur famille, par exemple "Cornelia" ou "Claudia". Le nomen d'une personne était bien sûr celui de son père (naturel ou d'adoption), et les femmes ne changeaient pas de nom en se mariant.

Le cognomen était un nom personnel supplémentaire, ajouté après le nomen, et fonctionnant à l'origine plutÔt comme un surnom : Rufus ("le roux"), Brutus ("l'abruti"), Naso ("gros nez"), Scipio ("bâton" parce qu'un membre de la gens Cornelia avait servi de "bâton" à son vieux père aveugle) - Pour la signification, d'ailleurs controversée du cognomen Cæsar : Clic !

Le cognomen se transmettait souvent de père en fils, et en vint ainsi à désigner une subdivision de la gens. Cependant, certains clans, même distingués comme celui des Antonii, n'avaient que rarement des cognomina (Marc Antoine n'avait pas d'autre nom). D'autres cognomina (appelés agnomina - au singulier : agnomen) pouvaient encore s'ajouter : ainsi les Cornelii Scipiones Nasicae étaient une subdivision des Cornelii Scipiones.

Le fils adopté prenait les noms de son père adoptif, mais pouvait y ajouter comme cognomen la forme adjectivale de son propre nomen originel. Ainsi, adopté par C. Julius Cæsar, C. Octavius, devint C. Julius Cæsar Octavianus, donc Octavien (pour les prénoms d'Auguste : Clic !)

Les esclaves étaient habituellement appelés par leur propre nom (unique). Les affranchis prenaient le prænomen et le nomen de leur ancien propriétaire, ajoutant leur propre nom (d'esclave) comme cognomen.

Dans l'intimité, un homme pouvait être appelé par son prænomen, mais ses amis pouvaient aussi l'appeler par son seul nomen ou par son cognomen. Dans des situations plus formelles, c'était le prænomen et le nomen qui étaient utilisés, mais parfois aussi le cognomen. Finalement, l'utilisation de telle ou telle forme nominative était donc davantage dictée par le contexte et le niveau de langage plutôt que par des règles strictes. (Par exemple, si mes souvenirs de latinistes sont bons, Cicéron, dans ses discours, genre Pro Milone, parle toujours de "César" et non de "Jules", ni de "Caius")

Sous l'Empire, l'on finit par revenir à l'ancien usage, avec un seul nom.

(Source : Univ. d'Oxford, Dictionnaire de l'Antiquité - sous la direction de M. C. Howatson - Article : Noms de personnes, Éd. Robert Laffont, Coll. Bouquins).

En ce qui concerne les empereurs byzantins, comme ceux-ci ne figurent pas (encore) parmi mes sujets de préoccupation, je ne dispose pas de beaucoup d'informations les concernant. Je ne connais donc guère que ces quelques sites (en Français et en Anglais) :

  • Byzantina - Vie et mort de l'Empire romain : Clic !
  • Coins and History of Byzantium : Clic !
  • Mediterranean Basin Chronology - The Byzantine Empire : Clic !

Et naturellement :

  • l'excellent site "De Imperatoribus romanis" qui aborde tous les empereurs romains, tant ceux de Rome que ceux de Constantinople : Clic !

Voilà, j'espère que, bien qu'il dépassât de beaucoup les "quelques paragraphes" au-delà desquels vous affirmez que ma prose perd tout intérêt, ce long message ne vous aura pas semblé trop "lassant et pénible", et surtout qu'en le lisant, vous n'avez pas trop souffert cette inextinguible "soif de lire un texte normal" qui tant vous accable lorsque, pour votre malheur, vous vous exposez longuement au rayonnement malsain de mes impertinentes "notices biographiques d'empereurs". ;;-)

nav vox - emp

 

25 Mai 2002

"Allas 2951" a écrit : 

J'aimerais savoir si des archives autres que les récits de Salluste existent concernant le légendaire roi et guerrier berbère Jugurtha et dans quelles circonstances fut-il assassiné à Rome ?

Le roi Massinissa, était-il un soumis à l'empire romain, un allié, un ennemi ?

RÉPONSE :

Malheureusement, ça doit faire à peu près vingt-cinq bonnes années, depuis l'époque où je transpirais sur le latin un peu sec de Salluste, que je n'ai plus guère entendu parler de Jugurtha, ce roi numide qui, de plus, vécut une centaine d'années avec ces "empereurs romains" qui sont l'objet d'étude de mon site Internet. Sur base de souvenirs aussi lointains et d'une documentation qui me fait défaut, je risquerais donc de vous raconter d'énormes bêtises, aussi, je vous recommande d'aller plutôt jeter un coup d'œil sur les liens mentionnés ci-dessous. D'après ce que j'ai pu y lire (en les parcourant en quatrième vitesse), il semblerait bien que votre "ancêtre" Jugurtha mourut (étranglé ? de faim ?) en 104 av. J.-C. dans le Tullianum, la sinistre cellule souterraine de la prison Mamertine. Il paraît que quand il fut précipité dans ce cachot à demi immergé par les eaux des égouts de Rome, il aurait lancé à ses bourreaux, non sans un certain humour glauque (donc de circonstance) : "Votre bain vraiment un peu froid, ô Romains !"

Quant à son grand-père Massinissa, il fut, semble-t-il, un allié des Romains dans leur lutte contre Carthage.

Mais voici les adresses qui vous permettront d'affiner (voire de corriger) ces infos embryonnaires :

jugurtha

  • Jugurtha, un roi berbère et sa guerre contre Rome, par Mounir Bouchenaki : Clic ! ou Clic !
  • Yugurten (Jugurtha), par Belaloui Kaci : Clic !
  • Amazellaw N Titrit - Jugurtha : Clic !
  • Yahoo Encyclopédie - Jugurtha : Clic ! - Guerre de Jugurtha : Clic !
  • tafat.levillage - Massinissa : Clic !

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