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Février 2002 (page 2/3)

Sommaire du mois de Février : Clic !

2 Février 2002

Philippe a écrit :

Je voudrais savoir si être sénateur dans les dernières années de l'empire est un poste identique qu'au temps d'Auguste ?

RÉPONSE :

Évidemment non ! Pendant les cinq siècles d'existence de l'Empire romain, le rôle politique du Sénat et les fonctions des Sénateurs évoluèrent considérablement.

J'ai vainement cherché un site Internet (francophone) expliquant clairement le lent déclin de l'institution sénatoriale romaine. Ayant fait chou blanc, afin de vous donner un aperçu de cette évolution, j'ai bien dû me résoudre à compiler et résumer quelques textes dénichés dans ma bibliothèque. Voici donc - esquissé à traits grossiers, je le concède volontiers… - un résumé de l'évolution politique du Sénat de Rome au cours des siècles.

À l'origine conseil consultatif des rois étrusques de Rome, le Sénat comprenait 100 membres des familles patriciennes. À l'époque de Sylla (début du Ier s. av. J.-C.), ils étaient 600 ; sous César (101 - 44 av. J.-C.), 900 ; Auguste (27 av. J.-C. - 14 ap. J.-C.) réduisit leur nombre à 600.

À partir de 312 av. J.-C., les sénateurs furent choisis par les censeurs parmi les anciens magistrats. Ces censeurs disposaient également du droit de rayer de la liste les sénateurs indignes.

Théoriquement, la seule compétence du Sénat était d'émettre des avis, mais en pratique, il assumait tout le pouvoir ; sa puissance provenait de ses attributions, qui - en gros- étaient les suivantes :

a) Assurer la continuité du pouvoir (les sénateurs étaient nommés à vie) ;

b) Gestion des Finances ;

c) Contrôle de la politique étrangère ;

d) Répartition des provinces et des commandements militaires ;

e) Maintien du culte officiel.

C'est surtout au IIIe s. et au IIe s av. J.-C. que le pouvoir sénatorial fut le plus puissant, lorsque Rome posait les bases de son Empire, Les sénateurs étaient choisis dans une certaine caste : les "Optimates", citoyens les "plus nobles" (qui bien souvent n'étaient que les plus riches).

"L'établissement du régime impérial réduisit considérablement l'influence et les attributions du Sénat. En effet, sous le règne d'Auguste (entre 27 av. J.-C. et 14 ap. J.-C.), on est passé de ce régime d'assemblée à un autre qui a confié à celui que nous appelons l'" empereur " un large pouvoir personnel aux dépens des institutions préexistantes mais sans les supprimer. Cette évolution n'a nullement annihilé les pouvoirs que possédait le Sénat, elle en a seulement changé la nature et remplacé les attributions perdues par des compétences nouvelles. Au premier rang figurent les attributions constitutionnelles. C'est le Sénat qui confère à l'empereur ses pouvoirs légaux : imperium, puissance tribunicienne, grand pontificat. La fiction et l'idéologie officielle imposent que le princeps dispose de pouvoirs et de titres qui se rattachent nominalement à la tradition républicaine dont le Sénat demeure en fait l'unique garant, même si l'armée a joué un rôle de plus en plus important dans le processus avant d'officialiser son influence prédominante vers la fin du IIe siècle.

Cette prérogative entraîne pour l'Assemblée un prestige moral incontestable, car elle dévoile au grand jour qu'elle représente seule, désormais, la tradition des ancêtres (…), et que, dans le nouvel ordre des affaires, elle remplit la fonction d'un Conseil constitutionnel gardien de cette tradition. C'est elle qui, après la mort du prince et en tenant compte de l'attitude qu'il avait adoptée à son égard, lui accorde l'apothéose, acte qui lui permet d'être assimilé aux dieux. Mais elle peut à l'opposé condamner la mémoire du tyran dont les générations suivantes garderont un mauvais souvenir et perpétueront la flétrissure. Le Sénat sert de garde-fou pour éviter ou limiter le règne de l'arbitraire et empêcher que le régime ne devienne dictatorial.

Il est cependant un autre aspect que le Sénat présentait déjà sous la République et qu'il a conservé, parfois même renforcé ; il sert de symbole physique et d'image concrète, de lieu d'affirmation à la classe sociale que ses membres représentent avec leur famille, celle des plus grands propriétaires fonciers, celle des plus riches.

Auguste a limité à six cents membres l'effectif de l'Assemblée ; or, au fur et à mesure que le temps passait, les familles sénatoriales ne suffisaient plus à assurer le recrutement, aussi dut-on faire appel à des hommes " nouveaux ", chevaliers ou notables locaux de l'Italie, puis des provinces. Un fait frappant est que toujours - ou à peu près - les nouveaux membres, qui ont été introduits ainsi du dehors et qui auraient pu apporter avec eux une atmosphère différente, se sont très vite moulés dans le cadre préexistant et en ont adopté les préjugés, tels les modes de pensée et l'idéologie, même lorsqu'ils étaient chrétiens." (André Chastagnol, in Dictionnaire historique de la Papauté. Art. : Sénat romain et Papauté, Fayard)

On a bien essayé de démontrer que le principal reposait sur une dyarchie, c'est-à-dire une répartition équilibrée du pouvoir entre le princeps et le Sénat, mais ceci n'a jamais été que théorique. En fait l'histoire de la politique intérieure romaine du premier siècle de notre Ère pourrait plutôt se résumer en une lutte, le plus souvent sourde, mais parfois ouverte, entre l'empereur et le Sénat. Caligula (37 - 41) aurait envisagé de ne régner que pour et par le peuple, sans le Sénat, et fut sans doute assassiné à cause de cela. Néron (54 - 68) et Domitien (91 -96) reprirent grosso modo cette politique, eux aussi aspirèrent à un pouvoir plus autocratique, mais échouèrent et finirent comme Caligula.

Hormis Commode, leur dernier représentant, les empereurs de la dynastie des Antonins (96 - 192) s'inspireront plutôt d'Auguste qui avait scrupuleusement respecté les formes républicaines et le prestige du Sénat tout en veillant sournoisement à priver celui-ci de tout pouvoir réel. Après l'assassinat de Commode et la guerre civile qui porta au pouvoir la dynastie des Sévères, l'influence politique du Sénat commença à décroître très sensiblement.

Sous Septime Sévère, il fut décimé par les proscriptions. Caracalla ouvrit à de simples soldats sortis du rang la porte de l'ordre équestre, permettant même à certains de poursuivre leur ascension jusqu'au Sénat. Maximin le Thrace fut le premier empereur qui n'était pas sénateur : choisi uniquement par l'armée, il ne jugea pas utile de se faire reconnaître de l'Assemblée, et si le Sénat finit cependant par reconnaître ce soudard, ce fut seulement par crainte de sa puissante armée. Les empereurs Dèce, Valérien et Gallien furent encore des sénateurs. Mais, à partir de 268, quand l'empereur Gallien interdit aux membres du Sénat d'embrasser la carrière militaire, les maîtres de Rome, tous anciens soldats sortis du rang, firent désormais exclusivement partie de l'ordre équestre et non plus sénatorial.

C'est à l'avènement de Carus (282), que le Sénat aurait définitivement perdu sa principale prérogative constitutionnelle : l'investiture impériale. Sous Dioclétien, les provinces proconsulaires (gouvernées directement par le Sénat) furent retaillées et, du coup, les postes de gouvernement offerts à des sénateurs s'en trouvèrent drastiquement réduits. Au IVe siècle, il ne subsista plus comme gouvernements proconsulaires que ceux d'Afrique "Proconsulaire" (Nord de la Tunisie actuelle) et d'Asie (Ouest de la Turquie actuelle), plus celui d'Achaïe (Sud de la Grèce : Péloponnèse), promu à cette dignité par Constantin.

Le pouvoir réel du Sénat ne put bientôt plus s'exercer que sur l'Italie, puis seulement l'intérieur de la ville de Rome. Malgré le grand prestige dont elle restait dotée, la très noble assemblée romaine ne fut que celle des édiles communaux d'une ville devenue "de seconde zone" depuis que Constantin avait transféré la capitale impériale à Constantinople. D'ailleurs, après Constantin, les empereurs "romains" ne séjournèrent plus que très épisodiquement à Rome.

Désormais, "l'autorité du Sénat n'est plus qu'un mot. Pourtant, à l'occasion de l'avènement des princes, le Sénat, informé de l'acclamation de l'armée, semble avoir été invité à apporter sa confirmation. L'empereur avait cessé de lui soumettre des projets de loi, mais il lui adressait directement, sous forme de messages, les édits qui le concernaient en particulier. (…) Enfin le Sénat a tout à fait perdu cette juridiction d'appel que lui avait concédée Auguste. (…) Reste au Sénat le droit de présenter ses vœux au prince, par de fréquentes legationes (= ambassades), et aussi de proposer l'érection se statues au Forum de Trajan en l'honneur de grands personnages. Le président du Sénat est le préfet de la ville, et le Sénat n'est plus que le conseil municipal de Rome" (André Piganiol, L'Empire chrétien, PUF, 1947)

Le Sénat romain semble avoir disparu au tout début du VIIe siècle. Son existence est mentionnée pour la dernière fois le 25 avril 603.

Sources :
  • Jean H. CROON, Encyclopédie de l'Antiquité Classique, Édition Séquoia, Paris-Bruxelles, 1962
  • Philippe LEVILLAIN, Dictionnaire Historique de la Papauté, Fayard - art. : Sénat et Papauté d'André CHASTAGNOL.
  • Jean-Michel CARRIÉ et ALINE ROUSSELLE, L'Empire romain en mutation, des Sévères à Constantin (192 - 337), Éd. su Seuil, Coll. Points Histoire, 1999)
  • André PIGANIOL, L'Empire chrétien, Presses Universitaires de France, 1947)

QUELQUES LIENS SUR LE SÉNAT ROMAIN, SON RÔLE, SA COMPOSITION :

  • chemphys.u-strasbg.fr/~baud - Le Sénat romain (sous la Royauté, la République et l'Empire) : Clic !
  • Site "La Main à Rome" - La Main d'orateur et de de Citoyen (Composition et rôle du Sénat) : Clic !
  • Site Émilia Robin :
    • Le Sénat : Clic !
    • L'ordre sénatorial : Clic !
    • Composition du Sénat sous les Sévères : Clic !
  • cliohist.net - Les institutions romaines au IIe siècle av. J.-C. : Clic !

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3 Février 2002

Kioscian a écrit :

Pouvez-vous me dire quelque chose sur ces images :

mon1
mon2

RÉPONSE DE MICHEL (site Archeobel)

Ce n'est évidemment pas par hasard que je suis tombé (dans me faire mal) sur la demande de M. Kioscian, concernant une monnaie romaine.

Quoique le scan était très mal visible, j'y ai reconnu sans trop de peine un denier de notre ami Alexandre Sévère. (...)

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3 Février 2002

 Alexandra a écrit

Il y un point que j'aimerais élucider à propos de toutes les rénovations effectuées à Rome sous Auguste et des explications concernant ces nouveaux bâtiments (j'ai lu celle du temple de Mars)

Merci de votre précieuse aide.

RÉPONSE :

Excusez-moi, mais je ne comprends pas bien quel genre de renseignement vous attendez précisément de moi. Cependant, si c'est la politique urbanistique de l'empereur Auguste qui vous intéresse (voir à ce sujet le passage des 12 Césars de Suétone - Auguste, XXIX : Clic !), les sites suivants pourront sans doute vous renseigner bien mieux qu'en tout état de cause, je ne pourrais le faire :

  • Université de Caen - Plan de Rome : Clic ! et en particulier la page consacrée à la visite chronologique de Rome : Clic !
  • Archéologie romaine - Période républicaine et augustéenne : Clic !
  • LIBERTE - Histoire : L'Empire romain au temps d'Auguste : Clic ! et en particulier la page consacrée à Rome, la ville et sa société : Clic !

Désolé de ne pouvoir vous aider davantage.

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6 Février 2002

Roger a écrit :

Quelques traductions françaises de Tertullien sont désormais disponibles à l'adresse suivante : http://www.tertullian.org/french/french.htm

  • L'Apologétique : Clic !
  • Traité du Baptême : Clic !
  • Traité de la Prescription contre les Hérétiques : Clic !
  • Contre les Spectacles : Clic ! - Voir aussi site Nimispauci d'Ugo Bratelli : Clic !

site tertullien

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7 Février 2002

"Herculannium" a écrit :

J'ai entendu l'autre jour à E=M6 qu'il y avait eu un empereur qui avait été enterré vivant, Pourrez-vous me dire son nom . et aussi les 5 suicidés et les 2 empoisonnés ?

RÉPONSE :

Je dois bien vous l'avouer, votre abracadabrante histoire d'empereur mort-vivant n'évoquait strictement rien chez moi… Et pour cause car, pour l'instant, je m'occupe exclusivement des empereurs romains de Rome, et non des souverains byzantins, ces empereurs "romains" de Constantinople. Or, si j'en crois un site canadien (mais dont je ne veux diffuser l'adresse ici, car cette propagande eugéniste m'écœure profondément), c'est l'empereur d'Orient Zénon (474 - 491) qui faillit être enterré tout vif. Il paraît que ce Zénon était épileptique, surtout quand il avait un verre dans le nez. Une nuit, après une mémorable beuverie, le basileus tomba dans une syncope si violente qu'on le crut mort, si bien qu'au petit jour, l'impératrice profita de l'occasion pour faire porter à la sépulture impériale son intempérant époux, inanimé, mais encore bien vivant. Elle fit sceller le tombeau, et défendit à quiconque, sous peine de mort, d'approcher de la tombe ou de l'ouvrir, quoi qu'il puisse arriver.

Si vous souhaitez en savoir plus sur ce Zénon, je vous recommande la page (en anglais) que lui consacre le site De Imperatoribus romanis : Clic !

Quant aux suicidés et empoisonnés, voici le résultat d'un survol de mes notices biographiques. (Cependant, il y en peut-être d'autres que je n'ai pas repéré au passage. En outre, on n'est pas toujours sûr à 100 % des circonstances exactes de la mort de bien des empereurs)

Les suicidés :

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10 Février 2002

Luc a écrit :

Je me demande comment se fait-il que l'empire romain acceptait de confier sa destinée à des empereurs aussi jeune que 13 ans comme Gordien III. Comment les Romains pouvaient-ils sincèrement penser que des enfants pouvaient diriger un empire d'une telle ampleur. Avant Jules César, Rome était dirigée par des consuls élus annuellement, parfois il fut nommé des dictateurs pour gérer des situations particulières, mais comment en sont-il arrivé à se faire diriger par des enfants ? Pourquoi ne pouvait-il pas revenir à une méthode de gouvernement qui avait fait ses preuves.

RÉPONSE :

"Malheur à la ville dont le prince est un enfant !" dit la vielle sentence (du diable si je me souviens de qui elle est !).

Les Romains ne raisonnaient pas différemment, et le cas de Gordien III que vous évoquez, sans être unique dans l'histoire de l'Empire romain, relève plutôt de l'exception que d'une règle générale. En effet, si vous consultez une liste des empereurs, vous constaterez que, de 27 av. J.-C. à 218 ap. J.-C., il n'y eut qu'un seul "enfant-couronné", Néron, qui accéda à l'Empire à l'âge de 16-17 ans - ce qui n'est quand même pas l'âge du biberon ! De 218 jusqu'à la "chute de l'Empire" en 476, sauf erreur ou omission de ma part, il n'y en eut que sept autres : Élagabal (14 ans), Sévère Alexandre (13 ans), Gordien III (13 ans), Valentinien II (4 ans), Honorius (11 ans), Valentinien III (6 ans) et Romulus Augustule (14 ans ?).

Alors sur environ quatre-vingts empereurs qui régnèrent sur la Rome impériale pendant ses cinq longs siècles d'histoire, il n'y aurait donc que huit "enfants-rois" seulement. Pas de quoi confondre sceptre romain et hochet, palais impérial et garderie, manteau de pourpre et barboteuse !

Par comparaison, le royaume de France semble plus mal loti à cet égard : François II (1559-1560) avait quinze ans quand il devint roi, Charles IX (1560-1574) en avait dix, Louis XIII (1610-1643) 9 ans, le roi Soleil Louis XIV (1643-1715) cinq ans, et Louis XV (1715-1774) cinq ans également.
De la mort de Henri II (1559) à celle de Louis XVI (1793), sur huit "Roy de France", il y en eut donc cinq de couronnés (très) jeunes (François II, Charles IX, Henri III, Henri IV, Louis XIII, Louis XIV, Louis XV, Louis XVI).

Il faut dire aussi qu'à Rome, le pouvoir impérial n'était (théoriquement) pas héréditaire. Conçu à l'origine comme un "concentré" des vieilles magistratures républicaines (censure, tribunat, préture), religieuses ("pontifex maximus") et militaires ("imperator") entre les mains d'un seul homme, il semblait (a priori) exclu qu'un enfant pût l'exercer. Théoriquement, le pouvoir suprême aurait toujours dû échoir, non au "mieux né", mais au plus digne : à un sénateur vertueux et pieux qui, ayant laborieusement parcouru toutes les étapes du "cursus honorum", se serait, de surcroît, couvert de gloire sur tous les champs de batailles ! S'il était né d'un père illustre, c'était encore mieux, mais pas indispensable…

Naturellement, dans la réalité des faits, il en allait tout autrement : le plus souvent, c'était seulement celui qui bénéficiait du soutien de l'armée (et parfois - plus rarement - du Sénat), ou qui achetait ces indispensable appuis, qui pouvait s'asseoir sur le trône des Césars. Mais, puisque le prétendant à l'Empire devait nécessairement être un militaire respecté ou un sénateur plein aux as, il s'agissait rarement d'un enfant !

Pour qu'un marmot fût appelé à régner ("araignée ? quel drôle de nom !" oui, je sais…), Il fallait des circonstances exceptionnelles. Voyez par exemple le cas de notre jeune ami Gordien III. Seul survivant d'une hécatombe d'empereurs (Gordien I, Gordien II, Maximin le Thrace, Pupien et Balbin) après une terrible guerre civile, ce gamin ne devint empereur que parce que l'armée se rallia à lui "faute de mieux", et ne se maintint au pouvoir que parce que son beau-père, l'énergique et dévoué Timésithée, l'exerça à sa place.

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13 Février 2002

Lucile a écrit :

Dans le cadre d'un dossier de latin, je dois condamner Néron.

Serait-il possible de me donner un résumé de sa vie, avec ses crimes ?

D'avance je vous remercie !

RÉPONSE :

Ainsi, vous devez faire la Carla Del Ponte dans un "procès de Néron" !

Évidemment, comme vous l'avez sûrement constaté, la notice que j'ai consacrée à cet empereur (Clic ! et Clic !) vise plutôt à ramener ses "crimes" à de plus justes proportions qu'à ajouter une couche aux calomnies trop souvent colportées ce souverain trop hâtivement qualifié de criminel psychopathe et de persécuteur éhonté. Mais, naturellement, cette vision de l'histoire "ne fait pas vos affaires", comme on dit.

Cependant, rassurez-vous : l'année passée, pour répondre à une demande du même genre que la vôtre, j'avais fourni à une autre internaute un résumé chronologique de la vie de Néron, avec mention de ses principaux "crimes". Vous trouverez ce courrier à l'adresse suivante (Clic !)

nero

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13 Février 2002

Alex a écrit :

(...) Peut être vous serait-il profitable de découvrir un site que j'ai pu apprécier au même titre que le vôtre : Libre Pensée haïtienne : Jésus-Christ n'a pas existé

RÉPONSE :

Un grand merci pour votre mail ainsi que pour l'adresse de ce site non dénué de pertinence (ou d'impertinence, si vous préférez).

Le problème de l'historicité de Jésus a déjà été évoqué ailleurs dans mon site (Clic !), mais je permettez-moi d'encore revenir sur le sujet. À mon avis, s'il est difficile de prouver l'historicité de Jésus, il est encore plus compliqué de le réduire à un simple mythe. Comme le disait (grosso modo) un intervenant (pas le courage de re-visionner la K7 pour vérifier duquel il s'agit) de l'excellente émission Corpus Christi (passé en son temps sur la non moins excellente chaîne Arte) : "À ma connaissance, aucun historien sérieux ne nie plus l'existence historique de Jésus. Si Jésus n'avait été qu'un mythe, ce serait la première chose que les opposants au christianisme auraient balancé au travers de la figure des apologistes chrétiens du IIe siècle. Or, ils n'ont jamais fait cela ! Le philosophe païen Celse par exemple, qui écrit son Discours de Vérité vers 160 ap. J.-C., ne remet jamais en cause l'existence et la crucifixion d'un homme nommé Jésus. C'est même l'un des arguments majeurs de sa réfutation : comment pouvez-vous adorer un dieu qui est mort d'une manière aussi atroce ?… En fait, je ne pense pas qu'après avoir lu le Discours de Vérité de Celse, on puisse encore douter de l'existence réelle de Jésus".

J'ajouterais à titre personnel que, si Jésus n'est qu'un mythe forgé entre les IIe et IVe siècles, alors je m'explique mal pourquoi de savants rabbins juifs du début du IIe siècle se donnèrent la peine d'inventer l'histoire de Jésus fils d'une prostituée juive et d'un légionnaire romain ! Si Jésus n'était qu'un "éon" platonique à la Philon d'Alexandrie, point n'était besoin de dénigrer sa naissance… Mais, naturellement, tout cela n'est que spéculations ! Dans cette histoire ("sainte" ou non), rien n'est certain. Cependant, à première vue, le cas de Jésus ne me semble pas tellement différent de celui de bien des personnages de l'Antiquité, qui ne sont connus que par les sources indirectes et tardives, mais dont personne ne nie vraiment l'historicité : Bouddha, Confucius… et même Mahomet (ses premières biographies datent d'un bon siècle après sa mort, et les historiens contemporains, byzantins ou perses, ne disent mot de sa vie …). Si vous avez un peu temps, je vous conseille d'aller jeter un coup d'œil à cette adresse où l'on vous prouvera "scientifiquement" que, pas plus que Jésus, Napoléon Bonaparte non plus n'a jamais existé : Clic !

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14 Février 2002

Marine a écrit :

Je recherche la version latine des Crimes de Néron et sa traduction. Ce texte commence par "Agrippina filio Neroni principatum volebat : itaque virum suum Claudium etc..."

Je recherche l'auteur, et si vous n'avez cela, pourriez-vous, sans vouloir abuser, me dire la traduction de "vult" qui se trouve en fin de phrase... Je pense que c'est un verbe.

RÉPONSE :

Malheureusement, je n'ai trouvé ni l'auteur ni la traduction de ce texte latin dont vous me citez les premiers mots. J'ai regardé chez les écrivains antiques qui ont parlé des crimes de Néron (Suétone, Tacite, Aurelius Victor, Pseudo-Aurelius) et n'ai rien vu correspondant à cette phrase latine. À mon avis, il doit s'agir d'un texte "original" de manuel scolaire, composé à partir de textes anciens par un prof du genre "parano" qui ne voulait pas que les étudiants trouvent (sur Internet ou ailleurs), une traduction "toute faite"…

Je me suis également replongé dans une vieille grammaire latine (Dieu que tout cela est loin !) pour vérifier que le mot vult est bien la troisième personne de l'indicatif présent du verbe velle - "vouloir". Cela signifie donc "il veut". "Quos Jupiter vult perdere, dementat prius" (= "Ceux que Jupiter veut perdre, il commence par leur ôter la raison") dit la locution latine des pages roses du dictionnaire Larousse.

Désolé de ne pouvoir davantage vous venir en aide.

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