|
Février 2002 (page 2/3)
Sommaire du mois de Février : Clic
!
|
| |
| 2 Février 2002 |
| Philippe a écrit
: |
| |
| Je voudrais savoir si être
sénateur dans les dernières années
de l'empire est un poste identique qu'au temps d'Auguste
? |
| |
| |
| RÉPONSE : |
| |
| Évidemment non ! Pendant les cinq
siècles d'existence de l'Empire romain, le rôle
politique du Sénat et les fonctions des Sénateurs
évoluèrent considérablement.
J'ai vainement cherché un site Internet (francophone)
expliquant clairement le lent déclin de l'institution
sénatoriale romaine. Ayant fait chou blanc, afin
de vous donner un aperçu de cette évolution,
j'ai bien dû me résoudre à compiler
et résumer quelques textes dénichés
dans ma bibliothèque. Voici donc - esquissé
à traits grossiers, je le concède volontiers
- un résumé de l'évolution politique
du Sénat de Rome au cours des siècles.
À l'origine conseil consultatif des rois étrusques
de Rome, le Sénat comprenait 100 membres des familles
patriciennes. À l'époque de Sylla (début
du Ier s. av. J.-C.), ils étaient 600 ; sous César
(101 - 44 av. J.-C.), 900 ; Auguste
(27 av. J.-C. - 14 ap. J.-C.) réduisit leur nombre
à 600.
À partir de 312 av. J.-C., les sénateurs
furent choisis par les censeurs parmi les anciens magistrats.
Ces censeurs disposaient également du droit de
rayer de la liste les sénateurs indignes.
Théoriquement, la seule compétence du Sénat
était d'émettre des avis, mais en pratique,
il assumait tout le pouvoir ; sa puissance provenait de
ses attributions, qui - en gros- étaient les suivantes
:
a) Assurer la continuité du pouvoir (les
sénateurs étaient nommés à
vie) ;
b) Gestion des Finances ;
c) Contrôle de la politique étrangère
;
d) Répartition des provinces et des commandements
militaires ;
e) Maintien du culte officiel.
C'est surtout au IIIe s. et au IIe s av. J.-C. que le
pouvoir sénatorial fut le plus puissant, lorsque
Rome posait les bases de son Empire, Les sénateurs
étaient choisis dans une certaine caste :
les "Optimates", citoyens les "plus nobles" (qui
bien souvent n'étaient que les plus riches).
"L'établissement du régime impérial
réduisit considérablement l'influence et
les attributions du Sénat. En effet, sous le règne
d'Auguste (entre 27 av. J.-C. et 14 ap. J.-C.),
on est passé de ce régime d'assemblée
à un autre qui a confié à celui que
nous appelons l'" empereur " un large pouvoir personnel
aux dépens des institutions préexistantes
mais sans les supprimer. Cette évolution n'a nullement
annihilé les pouvoirs que possédait le Sénat,
elle en a seulement changé la nature et remplacé
les attributions perdues par des compétences nouvelles.
Au premier rang figurent les attributions constitutionnelles.
C'est le Sénat qui confère à l'empereur
ses pouvoirs légaux : imperium, puissance
tribunicienne, grand pontificat. La fiction et l'idéologie
officielle imposent que le princeps dispose de pouvoirs
et de titres qui se rattachent nominalement à la
tradition républicaine dont le Sénat demeure
en fait l'unique garant, même si l'armée
a joué un rôle de plus en plus important
dans le processus avant d'officialiser son influence prédominante
vers la fin du IIe siècle.
Cette prérogative entraîne pour l'Assemblée
un prestige moral incontestable, car elle dévoile
au grand jour qu'elle représente seule, désormais,
la tradition des ancêtres (
), et que,
dans le nouvel ordre des affaires, elle remplit la fonction
d'un Conseil constitutionnel gardien de cette tradition.
C'est elle qui, après la mort du prince et en tenant
compte de l'attitude qu'il avait adoptée à
son égard, lui accorde l'apothéose, acte
qui lui permet d'être assimilé aux dieux.
Mais elle peut à l'opposé condamner la mémoire
du tyran dont les générations suivantes
garderont un mauvais souvenir et perpétueront la
flétrissure. Le Sénat sert de garde-fou
pour éviter ou limiter le règne de l'arbitraire
et empêcher que le régime ne devienne dictatorial.
Il est cependant un autre aspect que le Sénat
présentait déjà sous la République
et qu'il a conservé, parfois même renforcé
; il sert de symbole physique et d'image concrète,
de lieu d'affirmation à la classe sociale que ses
membres représentent avec leur famille, celle des
plus grands propriétaires fonciers, celle des plus
riches.
Auguste a limité à six cents membres
l'effectif de l'Assemblée ; or, au fur et à
mesure que le temps passait, les familles sénatoriales
ne suffisaient plus à assurer le recrutement, aussi
dut-on faire appel à des hommes " nouveaux ", chevaliers
ou notables locaux de l'Italie, puis des provinces. Un
fait frappant est que toujours - ou à peu près
- les nouveaux membres, qui ont été introduits
ainsi du dehors et qui auraient pu apporter avec eux une
atmosphère différente, se sont très
vite moulés dans le cadre préexistant et
en ont adopté les préjugés, tels
les modes de pensée et l'idéologie, même
lorsqu'ils étaient chrétiens." (André
Chastagnol, in Dictionnaire historique de la Papauté.
Art. : Sénat romain et Papauté, Fayard)
On a bien essayé de démontrer que le principal
reposait sur une dyarchie, c'est-à-dire une répartition
équilibrée du pouvoir entre le princeps
et le Sénat, mais ceci n'a jamais été
que théorique. En fait l'histoire de la politique
intérieure romaine du premier siècle de
notre Ère pourrait plutôt se résumer
en une lutte, le plus souvent sourde, mais parfois ouverte,
entre l'empereur et le Sénat. Caligula
(37 - 41) aurait envisagé de ne régner que
pour et par le peuple, sans le Sénat, et fut sans
doute assassiné à cause de cela. Néron
(54 - 68) et Domitien
(91 -96) reprirent grosso modo cette politique, eux aussi
aspirèrent à un pouvoir plus autocratique,
mais échouèrent et finirent comme Caligula.
Hormis Commode,
leur dernier représentant, les empereurs de la
dynastie des Antonins (96 - 192) s'inspireront plutôt
d'Auguste
qui avait scrupuleusement respecté les formes républicaines
et le prestige du Sénat tout en veillant sournoisement
à priver celui-ci de tout pouvoir réel.
Après l'assassinat de Commode et la guerre civile
qui porta au pouvoir la dynastie
des Sévères, l'influence politique du
Sénat commença à décroître
très sensiblement.
Sous Septime
Sévère, il fut décimé
par les proscriptions. Caracalla
ouvrit à de simples soldats sortis du rang la porte
de l'ordre équestre, permettant même à
certains de poursuivre leur ascension jusqu'au Sénat.
Maximin
le Thrace fut le premier empereur qui n'était
pas sénateur : choisi uniquement par l'armée,
il ne jugea pas utile de se faire reconnaître de
l'Assemblée, et si le Sénat finit cependant
par reconnaître ce soudard, ce fut seulement par
crainte de sa puissante armée. Les empereurs Dèce,
Valérien
et Gallien
furent encore des sénateurs. Mais, à partir
de 268, quand l'empereur Gallien interdit aux membres
du Sénat d'embrasser la carrière militaire,
les maîtres de Rome, tous anciens soldats sortis
du rang, firent désormais exclusivement partie
de l'ordre équestre et non plus sénatorial.
C'est à l'avènement de Carus
(282), que le Sénat aurait définitivement
perdu sa principale prérogative constitutionnelle
: l'investiture impériale. Sous Dioclétien,
les provinces proconsulaires (gouvernées directement
par le Sénat) furent retaillées et, du coup,
les postes de gouvernement offerts à des sénateurs
s'en trouvèrent drastiquement réduits. Au
IVe siècle, il ne subsista plus comme gouvernements
proconsulaires que ceux d'Afrique "Proconsulaire" (Nord
de la Tunisie actuelle) et d'Asie (Ouest de la Turquie
actuelle), plus celui d'Achaïe (Sud de la Grèce
: Péloponnèse), promu à cette dignité
par Constantin.
Le pouvoir réel du Sénat ne put bientôt
plus s'exercer que sur l'Italie, puis seulement l'intérieur
de la ville de Rome. Malgré le grand prestige dont
elle restait dotée, la très noble assemblée
romaine ne fut que celle des édiles communaux d'une
ville devenue "de seconde zone" depuis que Constantin
avait transféré la capitale impériale
à Constantinople. D'ailleurs, après Constantin,
les empereurs "romains" ne séjournèrent
plus que très épisodiquement à Rome.
Désormais, "l'autorité du Sénat
n'est plus qu'un mot. Pourtant, à l'occasion de
l'avènement des princes, le Sénat, informé
de l'acclamation de l'armée, semble avoir été
invité à apporter sa confirmation. L'empereur
avait cessé de lui soumettre des projets de loi,
mais il lui adressait directement, sous forme de messages,
les édits qui le concernaient en particulier.
(
) Enfin le Sénat a tout à fait
perdu cette juridiction d'appel que lui avait concédée
Auguste. (
) Reste au Sénat le droit de présenter
ses vux au prince, par de fréquentes legationes
(= ambassades), et aussi de proposer l'érection
se statues au Forum de Trajan en l'honneur de grands personnages.
Le président du Sénat est le préfet
de la ville, et le Sénat n'est plus que le conseil
municipal de Rome" (André Piganiol, L'Empire
chrétien, PUF, 1947)
Le Sénat romain semble avoir disparu au tout début
du VIIe siècle. Son existence est mentionnée
pour la dernière fois le 25 avril 603.
Sources :
- Jean H. CROON, Encyclopédie de l'Antiquité
Classique, Édition Séquoia, Paris-Bruxelles,
1962
- Philippe LEVILLAIN, Dictionnaire Historique de
la Papauté, Fayard - art. : Sénat
et Papauté d'André CHASTAGNOL.
- Jean-Michel CARRIÉ et ALINE ROUSSELLE, L'Empire
romain en mutation, des Sévères à
Constantin (192 - 337), Éd. su Seuil, Coll.
Points Histoire, 1999)
- André PIGANIOL, L'Empire chrétien,
Presses Universitaires de France, 1947)
QUELQUES LIENS SUR LE SÉNAT ROMAIN, SON RÔLE,
SA COMPOSITION :
- chemphys.u-strasbg.fr/~baud - Le Sénat romain
(sous la Royauté, la République et l'Empire)
: Clic
!
- Site "La Main à Rome" - La Main d'orateur et
de de Citoyen (Composition et rôle du Sénat)
: Clic
!
- Site Émilia Robin :
- Le Sénat : Clic
!
- L'ordre sénatorial : Clic
!
- Composition du Sénat sous les Sévères
: Clic
!
- cliohist.net - Les institutions romaines au IIe siècle
av. J.-C. : Clic
!
|
| |
| |
|
| |
| 3 Février 2002 |
| Kioscian
a écrit : |
| |
| Pouvez-vous
me dire quelque chose sur ces images :
|
| |
| |
| RÉPONSE
DE MICHEL (site Archeobel) |
| |
Ce n'est évidemment
pas par hasard que je suis tombé (dans me faire
mal) sur la demande de M. Kioscian, concernant une monnaie
romaine.
Quoique le scan
était très mal visible, j'y ai reconnu
sans trop de peine un denier de notre ami Alexandre
Sévère. (...)
|
| |
| |
|
| |
| 3 Février 2002 |
| Alexandra
a écrit |
| |
| Il y un point que j'aimerais
élucider à propos de toutes les rénovations
effectuées à Rome sous Auguste et des explications
concernant ces nouveaux bâtiments (j'ai lu celle
du temple de Mars)
Merci de votre précieuse
aide. |
| |
| |
| RÉPONSE : |
| |
| Excusez-moi, mais je ne comprends pas bien quel genre
de renseignement vous attendez précisément
de moi. Cependant, si c'est la politique urbanistique
de l'empereur Auguste qui vous intéresse (voir
à ce sujet le passage des 12 Césars
de Suétone - Auguste, XXIX : Clic
!), les sites suivants pourront sans doute vous
renseigner bien mieux qu'en tout état de cause,
je ne pourrais le faire :
- Université de Caen - Plan de Rome : Clic
! et en particulier la page consacrée
à la visite chronologique de Rome : Clic
!
- Archéologie romaine - Période républicaine
et augustéenne : Clic
!
- LIBERTE - Histoire : L'Empire romain au temps d'Auguste
: Clic
! et en particulier la page consacrée
à Rome, la ville et sa société
: Clic
!
Désolé de ne pouvoir vous aider davantage. |
| |
| |
|
| |
| 7 Février 2002 |
| "Herculannium"
a écrit : |
| |
| J'ai entendu l'autre jour à
E=M6 qu'il y avait eu un empereur qui avait été
enterré vivant, Pourrez-vous me dire son
nom . et aussi les 5 suicidés et les 2 empoisonnés
? |
| |
| |
| RÉPONSE : |
| |
| Je dois bien vous l'avouer, votre abracadabrante
histoire d'empereur mort-vivant n'évoquait strictement
rien chez moi
Et pour cause car, pour l'instant,
je m'occupe exclusivement des empereurs romains de Rome,
et non des souverains byzantins, ces empereurs "romains"
de Constantinople. Or, si j'en crois un site canadien
(mais dont je ne veux diffuser l'adresse ici, car cette
propagande eugéniste m'écure profondément),
c'est l'empereur d'Orient Zénon (474 - 491)
qui faillit être enterré tout vif.
Il paraît que ce Zénon était épileptique,
surtout quand il avait un verre dans le nez. Une nuit,
après une mémorable beuverie, le basileus
tomba dans une syncope si violente qu'on le crut mort,
si bien qu'au petit jour, l'impératrice profita
de l'occasion pour faire porter à la sépulture
impériale son intempérant époux,
inanimé, mais encore bien vivant. Elle fit sceller
le tombeau, et défendit à quiconque, sous
peine de mort, d'approcher de la tombe ou de l'ouvrir,
quoi qu'il puisse arriver.
Si vous souhaitez en savoir plus sur ce Zénon,
je vous recommande la page (en anglais) que lui consacre
le site De
Imperatoribus romanis : Clic
!
Quant aux suicidés et empoisonnés,
voici le résultat d'un survol de mes notices biographiques.
(Cependant, il y en peut-être d'autres que je n'ai
pas repéré au passage. En outre, on n'est
pas toujours sûr à 100 % des circonstances
exactes de la mort de bien des empereurs)
Les suicidés :
|
| |
| |
|
| |
| 10 Février 2002 |
| Luc a écrit
: |
| |
| Je me demande comment se
fait-il que l'empire romain acceptait de confier sa
destinée à des empereurs aussi jeune
que 13 ans comme Gordien III. Comment les Romains
pouvaient-ils sincèrement penser que des enfants
pouvaient diriger un empire d'une telle ampleur.
Avant Jules César, Rome était dirigée
par des consuls élus annuellement, parfois
il fut nommé des dictateurs pour gérer
des situations particulières, mais comment
en sont-il arrivé à se faire diriger
par des enfants ? Pourquoi ne pouvait-il pas revenir
à une méthode de gouvernement qui avait
fait ses preuves. |
| |
| |
| RÉPONSE : |
| |
| "Malheur à la ville dont
le prince est un enfant !" dit la vielle sentence
(du diable si je me souviens de qui elle est !).
| Les Romains ne raisonnaient pas
différemment, et le cas de Gordien
III que vous évoquez, sans être
unique dans l'histoire de l'Empire romain, relève
plutôt de l'exception que d'une règle
générale. En effet, si vous consultez
une liste des empereurs, vous constaterez que,
de 27 av. J.-C. à 218 ap. J.-C., il n'y
eut qu'un seul "enfant-couronné",
Néron,
qui accéda à l'Empire à
l'âge de 16-17 ans - ce qui n'est quand
même pas l'âge du biberon ! De 218
jusqu'à la "chute de l'Empire" en 476,
sauf erreur ou omission de ma part, il n'y en
eut que sept autres : Élagabal
(14 ans), Sévère
Alexandre (13 ans), Gordien
III (13 ans), Valentinien
II (4 ans), Honorius
(11 ans), Valentinien
III (6 ans) et Romulus
Augustule (14 ans ?).
Alors sur environ quatre-vingts empereurs qui
régnèrent sur la Rome impériale
pendant ses cinq longs siècles d'histoire,
il n'y aurait donc que huit "enfants-rois" seulement.
Pas de quoi confondre sceptre romain et hochet,
palais impérial et garderie, manteau
de pourpre et barboteuse !
Par comparaison, le royaume de France semble
plus mal loti à cet égard : François
II (1559-1560) avait quinze ans quand il devint
roi, Charles IX (1560-1574) en avait dix, Louis
XIII (1610-1643) 9 ans, le roi Soleil Louis
XIV (1643-1715) cinq ans, et Louis XV (1715-1774)
cinq ans également.
De la mort de Henri II (1559) à celle
de Louis XVI (1793), sur huit "Roy de France",
il y en eut donc cinq de couronnés (très)
jeunes (François II, Charles
IX, Henri III, Henri IV, Louis XIII,
Louis XIV, Louis XV, Louis XVI). |
|
Il faut dire aussi qu'à Rome, le pouvoir impérial
n'était (théoriquement) pas héréditaire.
Conçu à l'origine comme un "concentré"
des vieilles magistratures républicaines (censure,
tribunat, préture), religieuses ("pontifex
maximus") et militaires ("imperator") entre les mains
d'un seul homme, il semblait (a priori) exclu
qu'un enfant pût l'exercer. Théoriquement,
le pouvoir suprême aurait toujours dû
échoir, non au "mieux né", mais au plus
digne : à un sénateur vertueux et pieux
qui, ayant laborieusement parcouru toutes les étapes
du "cursus honorum", se serait, de surcroît,
couvert de gloire sur tous les champs de batailles
! S'il était né d'un père illustre,
c'était encore mieux, mais pas indispensable
Naturellement, dans la réalité des
faits, il en allait tout autrement : le plus souvent,
c'était seulement celui qui bénéficiait
du soutien de l'armée (et parfois - plus rarement
- du Sénat), ou qui achetait ces indispensable
appuis, qui pouvait s'asseoir sur le trône des
Césars. Mais, puisque le prétendant
à l'Empire devait nécessairement être
un militaire respecté ou un sénateur
plein aux as, il s'agissait rarement d'un enfant !
Pour qu'un marmot fût appelé à
régner ("araignée ? quel drôle
de nom !" oui, je sais
), Il fallait des
circonstances exceptionnelles. Voyez par exemple le
cas de notre jeune ami Gordien
III. Seul survivant d'une hécatombe d'empereurs
(Gordien
I, Gordien
II, Maximin
le Thrace, Pupien
et Balbin)
après une terrible guerre civile, ce gamin
ne devint empereur que parce que l'armée se
rallia à lui "faute de mieux", et ne se maintint
au pouvoir que parce que son beau-père, l'énergique
et dévoué Timésithée,
l'exerça à sa place. |
| |
| |
|
| |
| 13 Février 2002 |
| Lucile a écrit
: |
| |
| Dans le cadre
d'un dossier de latin, je dois condamner
Néron.
Serait-il possible
de me donner un résumé de
sa vie, avec ses crimes ?
D'avance je vous
remercie ! |
| |
| |
| RÉPONSE
: |
| |
| Ainsi, vous devez faire
la Carla Del Ponte dans un "procès
de Néron" !
Évidemment, comme vous l'avez
sûrement constaté, la notice
que j'ai consacrée à cet
empereur (Clic
! et Clic
!) vise plutôt à
ramener ses "crimes" à de plus
justes proportions qu'à ajouter
une couche aux calomnies trop souvent
colportées ce souverain trop hâtivement
qualifié de criminel psychopathe
et de persécuteur éhonté.
Mais, naturellement, cette vision de l'histoire
"ne fait pas vos affaires", comme on dit.
Cependant, rassurez-vous : l'année
passée, pour répondre à
une demande du même genre que la
vôtre, j'avais fourni à une
autre internaute un résumé
chronologique de la vie de Néron,
avec mention de ses principaux "crimes".
Vous trouverez ce courrier à l'adresse
suivante (Clic !) |
|
|
|
| |
|
| |
| 13 Février 2002 |
| Alex a écrit
: |
| |
| (...) Peut être vous
serait-il profitable de découvrir un site que
j'ai pu apprécier au même titre que le
vôtre : Libre
Pensée haïtienne : Jésus-Christ
n'a pas existé |
| |
| |
| RÉPONSE : |
| |
| Un grand merci pour votre mail ainsi que pour
l'adresse de ce site non dénué de pertinence
(ou d'impertinence, si vous préférez).
Le problème de l'historicité de
Jésus a déjà été
évoqué ailleurs dans mon site (Clic
!), mais je permettez-moi d'encore revenir
sur le sujet. À mon avis, s'il est difficile
de prouver l'historicité de Jésus, il
est encore plus compliqué de le réduire
à un simple mythe. Comme le disait (grosso
modo) un intervenant (pas le courage de re-visionner
la K7 pour vérifier duquel il s'agit) de l'excellente
émission Corpus Christi (passé
en son temps sur la non moins excellente chaîne
Arte) : "À ma connaissance, aucun historien
sérieux ne nie plus l'existence historique
de Jésus. Si Jésus n'avait été
qu'un mythe, ce serait la première chose que
les opposants au christianisme auraient balancé
au travers de la figure des apologistes chrétiens
du IIe siècle. Or, ils n'ont jamais fait cela
! Le philosophe païen Celse par exemple, qui
écrit son Discours de Vérité
vers 160 ap. J.-C., ne remet jamais en cause l'existence
et la crucifixion d'un homme nommé Jésus.
C'est même l'un des arguments majeurs de sa
réfutation : comment pouvez-vous adorer un
dieu qui est mort d'une manière aussi atroce
?
En fait, je ne pense pas qu'après avoir
lu le Discours de Vérité de Celse,
on puisse encore douter de l'existence réelle
de Jésus".
J'ajouterais à titre personnel que, si Jésus
n'est qu'un mythe forgé entre les IIe et IVe
siècles, alors je m'explique mal pourquoi de
savants rabbins juifs du début du IIe siècle
se donnèrent la peine d'inventer l'histoire
de Jésus fils d'une prostituée juive
et d'un légionnaire romain ! Si Jésus
n'était qu'un "éon" platonique à
la Philon d'Alexandrie, point n'était besoin
de dénigrer sa naissance
Mais, naturellement,
tout cela n'est que spéculations ! Dans cette
histoire ("sainte" ou non), rien n'est certain. Cependant,
à première vue, le cas de Jésus
ne me semble pas tellement différent de celui
de bien des personnages de l'Antiquité, qui
ne sont connus que par les sources indirectes et tardives,
mais dont personne ne nie vraiment l'historicité
: Bouddha, Confucius
et même Mahomet (ses
premières biographies datent d'un bon siècle
après sa mort, et les historiens contemporains,
byzantins ou perses, ne disent mot de sa vie
).
Si vous avez un peu temps, je vous conseille d'aller
jeter un coup d'il à cette adresse où
l'on vous prouvera "scientifiquement" que, pas plus
que Jésus, Napoléon Bonaparte non plus
n'a jamais existé : Clic
! |
| |
| |
|
| |
| 14 Février 2002 |
| Marine a écrit
: |
| |
| Je recherche la version
latine des Crimes de Néron et sa traduction.
Ce texte commence par "Agrippina filio Neroni principatum
volebat : itaque virum suum Claudium etc..."
Je recherche l'auteur, et si
vous n'avez cela, pourriez-vous, sans vouloir abuser,
me dire la traduction de "vult" qui se trouve
en fin de phrase... Je pense que c'est un verbe. |
| |
| |
| RÉPONSE : |
| |
| Malheureusement, je n'ai trouvé ni l'auteur
ni la traduction de ce texte latin dont vous me citez
les premiers mots. J'ai regardé chez les écrivains
antiques qui ont parlé des crimes de Néron
(Suétone, Tacite, Aurelius Victor, Pseudo-Aurelius)
et n'ai rien vu correspondant à cette phrase
latine. À mon avis, il doit s'agir d'un texte
"original" de manuel scolaire, composé à
partir de textes anciens par un prof du genre "parano"
qui ne voulait pas que les étudiants trouvent
(sur Internet ou ailleurs), une traduction "toute
faite"
Je me suis également replongé dans
une vieille grammaire latine (Dieu que tout cela est
loin !) pour vérifier que le mot vult
est bien la troisième personne de l'indicatif
présent du verbe velle - "vouloir".
Cela signifie donc "il veut". "Quos Jupiter vult
perdere, dementat prius" (= "Ceux que Jupiter
veut perdre, il commence par leur ôter la raison")
dit la locution latine des pages roses du dictionnaire
Larousse.
Désolé de ne pouvoir davantage vous
venir en aide. |
| |
| |
|
|