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Sommaire Février 2002
:
- Du 22 janvier au 6 février : Un fructueux
échange de correspondance avec Michel Eloy : Clic !
- 22 Janvier :
- "Infidélités" historiques du film
Gladiator de Ridley Scott : Clic
!
- La magnifique bataille initiale du film Gladiator,
un tissu d'"infidélités" : Clic
!
- La technologie antique : Clic
!
- 23 Janvier :
- Tibère (et Claude) dans le cinéma
hollywoodien - Bleu Marine de Roar Skolmen : Clic !
- 25 Janvier :
- Bleu Marine de Roar Skolmen - Tibère
dans les peplums : Clic
!
- 28 Janvier :
- Théories "cryptohistoriques" fumeuses - Historicité
de Jésus-Christ - Déification de Napoléon
- Outrances de l'"égyptologie biblique" : Clic
!
- 1er février :
- Genèse du texte de Pérès "Napoléon
n'a jamais existé" - Jésus : histoire
et mythologie - le film d'Alain Chabat "Astérix
et Obélix - Mission Cléopâtre"
: Clic !
- 6 février :
- Présentation (par Petrus Borel en 1836) du
texte de Pérès "Napoléon n'a
jamais existé" : Clic !
- "Nerone e Messalina", un peplum de Primo
Zeglio : Clic !
PAGE
SUIVANTE
(courrier "courant" - mais non moins
intéressant)
- 2 février :
- Être Sénateur romain sous Auguste ou sous
Augustule, était-ce kif-kif ? : Clic
!
- Bref résumé de l'évolution politique
du Sénat romain : Clic
!
- 3 février :
- HELP ! J'ai des monnaies à identifier ! : Clic
!
- 3 février :
- Où trouver quelques infos sur la politique urbanistique
d'Auguste à Rome : Clic
!
- 6 février :
- 6 février :
- Un empereur enterré vivant, cinq suicidés
et deux empoisonnés : Clic
!
- 10 février :
- Les "empereurs-enfants" : règle générale
ou exception ? : Clic
!
- Gordien III fut-il le seul "empereur-enfant" ? : Clic
!
- 13 février :
- Comment faire "la Carla Del Ponte" d'un "procès
Néron" ? Comment étoffer le dossier d'accusation ? : Clic
!
- 13 février :
- "Libre-pensée haîtienne" - Une page sur
"le mythe de Jésus" : Clic
!
- 14 février :
- "Agrippina filio Neroni principatum volebat..." -
Quel est l'auteur de ce texte sur les crimes de Néron
? Où en trouver une traduction française
? : Clic
!
3e
PAGE
- 17 février :
- Où trouver des infos sur Poppée, 2e épouse
de Néron : Clic
!
- 21 février :
- Veuillez préciser vos sources d'information sur
Agrippine la Jeune ! : Clic
!
- 24 février :
- Site Archeobel : Nouvelles monnaies mises "en ligne"
: Clic
!
- 25 février :
- Qui sont Octave et Denarius ? : Clic
!
- Denarius... comme le PIrée ? : Clic
!
- Un "as" d'Octave frappé en 40 av. J.-C. Est-ce
possible ? : Clic
!
- Octave et Auguste, c'est chou vert et blanc bonnet ! : Clic
!
- 26 février :
- Recherche de l'Itinéraire d'Antonin pour la Basse
Normandie : Clic
!
- Quelques liens sur l'Itinéraire d'Antonin : Clic
!
- 26 février :
- Quels sont les empereurs romains les plus célèbres
? : Clic
!
- Le "Hit-Parade" des empereurs romains : Clic
!
- 27 février :
- Pourquoi Hadrien fit-il construire sa "Grande Muraille
de Bretagne" ? : Clic
!
RECHERCHE
DANS LE SITE
"EMPEREURS ROMAINS"
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| 22 Janvier 2002 |
| Michel Eloy a écrit
: |
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| En faisant une recherche
sur Néron, je viens de découvrir votre site,
absolument fabuleux ! Je suis loin encore d'en avoir exploré
toutes les merveilles, mais j'aimerais réagir à
deux courriers de vos lecteurs,
GLADIATOR
Vous avez raison de ne regarder que
le beau côté du film, plutôt que les
infidélités historiques ou archéologiques.
Dans ses interviews Ridley Scott a salué le travail
de ses documentalistes, tout en affirmant ne pas avoir cherché
à faire une reconstitution archéologique.
Au niveau de l'intrigue, le terme
"infidélités" me paraît plus pertinent
que "erreurs".
C'est au XIXe s. que le philosophe
français Renouvier posait la question : que serait
devenu le monde si Marc Aurèle avait déshérité
son fils Commode au profit d'un collaborateur plus énergique
comme Avidius Cassius (Charles Renouvier, Uchronie. L'Utopie
dans l'Histoire, 1e version : 1857 - 2e version - revue
: 1876, rééd. Fayard, coll. Corpus des uvres
de philosophie en langue française, 1988).
L'uchronie (c'est du reste le titre
de son roman-essai) était lancée et le terme
connaît aujourd'hui un certain succès puisqu'il
désigne tout un pan de la science-fiction : que se
serait-il passé si
les Carthaginois avaient
vaincu les Romains à Zama, si Napoléon avait
triomphé à Waterloo ou le général
Lee à Gettysburg... ou si Hitler avait réussi
à envahir la Grande-Bretagne ? (cf. Éric B.
Henriet, L'Histoire revisitée. Panorama de l'Uchronie
sous toutes ses formes, Amiens, éd. Encrage,
1999).
Pour ma part, j'ai vibré en
voyant Gladiator et sa reconstitution du Colisée
- "héros" du film plus encore que Maximus / Russel
Crowe, me semble-t-il - et ses ambiances chromatiques qui
me rappelaient tant les toiles de Léon Gérôme
(et celles d'Alma-Tadema pour les scènes de la vie
privée). Bien sûr, les us guerriers et les
rituels de la gladiature y sont assez peu conformes à
la réalité historique ou à ce que nous
en savons. Qu'importe, Gladiator est l'un des rares
films, peut-être même le seul, à avoir
respecté le monde romain et la spiritualité
du paganisme. Marc Aurèle, Maximus et les autres
croient profondément au génie et à
la mission civilisatrice de Rome. C'est cela qu'il faut
retenir, même si cela s'est fait au prix d'un nombre
considérable d'à-peu-près (comme ces
statuettes de sa femme et de son fils, que Maximus a rangées
avec ses Lares et Pénates - normalement, seuls des
ancêtres défunts auraient dû y trouver
place !).
J'ai consacré
une critique historique à Gladiator
(Clic
!) sur notre site (Clic
!), où j'anime la rubrique dévouée
au péplum : "Les Nouvelles du Fronton" (Clic
!) et vos visiteurs intéressés
peuvent s'y référer. Mon ami Claude
Aziza, que vous citez, ne disposait sans doute pas
de suffisamment de place pour se livrer à une
analyse historique détaillée. Je pense
que la date 180 avant J.-C. (elle figurait déjà
dans Première, un an avant la sortie du film)
n'est pas une preuve de l'inculture du producteur,
mais tout bêtement une coquille d'un quelconque
préposé. J'ai, moi aussi, sursauté
au Patres (hélas confirmé par
le sous-titrage), mais ai aussitôt rectifié
mentalement en Fratres, plus acceptable...
Par contre, la novelisation parue chez J'Ai Lu (n°
5743), si elle a bien rectifié la date litigieuse,
est, quant à elle, un tissu d'inepties. L'auteur,
Dewey Gram (ou son traducteur ?) ne devaient pas très
bien savoir de quoi ils parlaient. Le travail de "reconstitution
historique" est un exercice périlleux, comme
j'ai eu maintes fois l'occasion de le constater en
écrivant pour Jacques Martin une Marine
Antique, dessinée par Marc Henniquiau ("Les
voyages d'Alix", Dargaud, 2 vols). On part de
quelques éléments fiables, mais tout
autour, il faut aussi de toutes pièces recréer
le reste, ou tout au moins essayer de le rendre crédible
Ainsi,
ma scène spectaculaire préférée
dans Gladiator est la bataille contre les Germains,
superbe de puissance et d'émotion. Le général
Maximus circulant parmi ses hommes, fatigués
mais prêts à en découdre une fois
de plus, pleins de respect et de dévotion pour
leur chef : "Vous croyez qu'ils vont attaquer,
général ?" Sauf quelques plans trafiqués,
esthétisants - bref ratés - à
la fin, toute cette séquence est magnifique.
Et pourtant elle n'est qu'une accumulation de bourdes.
En voici quelques-unes : |
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- les cohortes romaines sont adossées
à ses propres défenses de talus hérissés
de pieux, s'interdisant ainsi toute possibilité
de recul ;
- les archers ne devraient pas se
tenir derrière les fantassins lourds, mais devant
(puis, leurs flèches tirées, battre en retraite
par les vides laissés entre les cohortes) ;
- les flèches incendiaires
ne servent à rien dans une bataille d'infanterie
(on lance la flèche enflammée avec un arc
détendu, pour que le souffle du départ ne
l'éteigne pas : sa force de pénétration
et sa portée s'en trouvent diminuées d'autant)
;
- bizarre la rigole creusée
dans le sol, où l'on verse du pétrole ou
de la naphte, pour que les archers puissent y enflammer
leurs traits ;
- les archers déclenchent
leur tir en même temps que les catapultes et ont
une portée identique. À quoi bon des catapultes
dans ce cas ? Dans le Making of du film, Ridley
Scott rappelle que les arcs romains ont une portée
de 250 m (exact), mais se vante qu'avec l'infographie
il a pu les faire tirer à 1.000 m et ainsi montrer
au spectateur "ce que c'était que d'être
bombardé par les Romains". Ça me laisse
rêveur
- les légionnaires forment
la tortue (tactique de siège) en rase campagne
et utilisent leur pilum, arme de jet, comme arme d'estoc
!
- la cavalerie romaine contourne
les Germains, les prennent à revers. Et charge
en pleine forêt ! Une charge de cavalerie à
travers bois. On n'a jamais vu ça, même pendant
la Guerre civile américaine
et pour cause
;
- les armures et boucliers des légionnaires
romains sont bien du type encore utilisé au IIe
s. de notre Ère., mais pas les casques dont la
visière prolonge le bord (en réalité
la visière est une pièce rapportée
fixée quelques centimètres plus haut, au
sommet du front). Ce qui est pire, c'est que les cavaliers
portent la même lorica segmentata que les
fantassins, au lieu de la cotte de maille... Quant à
la cuirasse de Maximus, qui a fait fantasmer un de vos
visiteurs (21
avril 2001), c'est un hybride de thorax d'officier,
avec des protège-épaules de la lorica
segmentata du simple légionnaire ;
- étonnants aussi, ces cavaliers
qui, tout au long du film, brandissent des enseignes de
tout genre comme de vulgaires lances. Quatre enseignes
pour une patrouille de six cavaliers ! Pour faire joli,
sans doute
- et ces fantassins, le soir, la
bataille finie, qui n'ont pas débouclé leur
armure. Comme je les plains. Mais il faut que le spectateurs
puisse les identifier immédiatement comme étant
des légionnaires romains, alors
J'arrête. Il y a ce que nous
savons des tactiques romaines, et il y a le reste. Après
tout, Jules César n'a pas toujours construit ses
camps bien rectangulaires, comme le veut la règle.
Il faut savoir s'adapter au terrain. Et aux impératifs
spectaculaires du cinématographe.
LA TECHNOLOGIE ANTIQUE
On a beaucoup fantasmé sur
les découvertes des mécaniciens grecs. Ainsi
l'éolipyle décrite par Héron d'Alexandrie
dans ses Pneumatica, qui, développée,
aurait pu faire des Grecs les inventeurs de la machine à
vapeur. Dans sa bande dessinée L'île maudite
("Alix"), Jacques Martin n'hésite pas à l'affirmer.
Je résume à l'intention
de vos lecteurs ce qu'en a écrit un historien des
techniques, Bertrand Gille (Les mécaniciens grecs.
La naissance de la technologie, Seuil, coll. Science
ouverte, 1980, pp. 191-195). Selon cet auteur, l'Antiquité
grecque atteignit l'extrême limite de ses possibilités
scientifiques et, si elle ne sut aller plus loin dans leur
développement, ce ne fut pas en raison de "blocages
psychologiques" (du genre : pas besoin de machines, puisqu'on
a des esclaves) mais, plus prosaïquement, à
cause d'"obstacles épistémologiques". Les
Grecs seraient passés à côté
de la machine à vapeur puisqu'ils ne surent pas perfectionner
l'éolipyle, machine consistant en une chaudière
emplie d'eau et communiquant par ses axes creux avec une
sphère munie de deux tuyères; en soumettant
la chaudière à une forte source de chaleur,
la vapeur qui sortait par les tuyères placées
en opposition faisait tourner la sphère sur son axe,
"comme une turbine". Or, fait d'abord remarquer B. Gille,
au sens où nous l'entendons, une machine à
vapeur classique, alternative, n'est pas une turbine : elle
fonctionne avec une bielle-manivelle actionnée par
des pistons. Si les Grecs connurent bien l'arbre à
came, ils ignorèrent toujours la bielle : premier
obstacle épistémologique - et il y en aura
d'autres. Les Grecs ignoraient certains principes physiques
comme le vide, la condensation, la pression atmosphérique,
tout un pan de la métallurgie tel la fonte (dont
on se sert pour le fond des cylindres) et n'avaient pas
la capacité de fabriquer de grandes plaques de tôle
(pour les cylindres eux-mêmes) ; enfin, ils ne possédaient
que très peu de charbon de terre et trop peu de forêts
régénérables pour produire en quantités
suffisantes le charbon de bois nécessaire pour faire
tourner de telles machines. En fait, l'invention de la machine
à vapeur était tout simplement inconcevable
dans le bassin oriental de la Méditerranée
- c'est pourquoi elle fut inventée en Europe septentrionale.
Voilà les raisons pour lesquelles les Grecs ne purent
(et non "ne surent") développer l'éolipyle
pour arriver à la machine à vapeur.
À méditer.
MICHEL ELOY |
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| RÉPONSE : |
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| Un grand merci pour ces commentaires aussi
éclairés qu'éclairants. J'ai - entre
autres - beaucoup apprécié votre "dissection
archéologique" de la bataille initiale de Gladiator.
C'est également l'un de mes passages préférés
dans ce film, même si, comme vous, les derniers plans
de cette séquence, avec les "égarements oniriques
et esthétisants" du rude Maximus en pleine bouillasse
germanique me paraissent quelque peu hors contexte
Si vous voulez mon avis, le brave Ridley Scott a sacrifié
à une mode : depuis Braveheart, en passant
par le Soldat Ryan, le héros d'un film "historique";
quelque déterminé qu'il soit, se doit de connaître
des "flashs" durant toute violente bataille et en sortir
hébété, absent, hagard, ruisselant
de sueur et de sang, sur fond de musique symphonique !
Puisque vous évoquez l'"uchronie"
qui consisterait à envisager l'hypothèse
d'un Marc
Aurèle déshéritant son fils
Commode
(une idée qui n'effleura sans doute jamais
l'esprit de l'empereur-philosophe qui paraît,
au contraire, avoir très soigneusement préparé
l'accession au trône de son fils), permettez-moi
de vous donner succinctement mon avis à ce
sujet. À ce qu'il me semble, cela n'aurait
pas changé grand-chose à l'évolution
historique de l'Empire romain : l'armée, à
cette époque la seule réelle force politique
de l'Empire, aurait imposé son (ou ses) candidats
au "Sénat et au Peuple de Rome"
comme
elle le fit d'ailleurs après l'assassinat de
Commode.
En tout cas,, hautement improbable cette restauration
de la "République", "ce rêve qui s'appelait
Rome" si cher au cur des "gentils héros"
de Gladiator. Difficilement concevable, le
rétablissement de cette "République"
romaine que les scénaristes du film imaginaient
sans doute, Capitole moderne pour Capitole antique,
comme une transposition sur les rives du Tibre de
la démocratie américaine, mais qui n'était
en fait qu'une oligarchie égoïste et cupide,
épouvantablement dédaigneuse du sort
du peuple, cette "vile plèbe" que les "monstrueux"
empereurs Caligula,
Néron,
Domitien
et Commode
- démagogues et non "démocrates" - flattaient
pour asseoir leur pouvoir face au Sénat "républicain".
Merci également pour ces judicieuses considérations
sur la technologie antique. Cela dit, je ne suis pas
sûr que les connaissances scientifiques précédent
toujours nécessairement les avancées
techniques : Héron d'Alexandrie ne savait sans
doute pas pourquoi son gadget tournicotait, "eppur
si muove !"
et aujourd'hui, les "jeunes
des banlieues" (entre autres) savent très bien
se servir d'un siphon sans connaître le vide
ou la pression atmosphérique ! Reste qu'il
est très vrai qu'entre l'éolipyle de
Héron et une locomotive à vapeur roulant
à du 120 à l'heure sur les centaines
de kilomètres de rails d'acier laminés
à chaud, il y a un fameux chemin "épistémologique",
technique et économique à parcourir
! Quelques "intuitions géniales" n'y pourraient
suffire.
L. J. H |
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| 23 Janvier 2002 |
| Réponse
de Michel Eloy : |
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| Bien sûr,
le fantasme républicain du film est assez anachronique
au IIe s. de n. E. Serait-ce un legs de Claude nostalgique
(je songe au roman de Robert Graves, Moi Claude)
qui se serait égaré dans le scénario
de Gladiator ? Tibère et Claude forment
une sacrée fine équipe de duettistes
du bon sentiment dans le cinéma hollywoodien.
Voyez les se pencher tous les deux sur le rapport
que leur a adressé Ponce Pilate à propos
de l'exécution du Christ dans la suite de LA
TUNIQUE, "LES GLADIATEURS" (Demetrius
and the Gladiators) (NB : à ce sujet, voir
ici : Clic
!). Un roman récent, BLEU MARINE,
du norvégien Roar Skolmen, montre même
Tibère anticipant avant même que le Christ
ait entamé sa vie publique: sur base de la
IVe Bucolique, il se croit, lui Tibère, le
Messie des Romains, et recherche les textes bibliques
allant dans le sens des prophéties dont il
se sent investi. J'en ai fait la critique dans Le
Journal du Médecin, il y a quelques mois.
Je suis nul en mécanique,
aussi me retrancherais-je derrière l'autorité
de B. Gille qui semble expert en la matière.
Mais je croirais volontiers qu'on n'invente rien de
neuf si l'on ne dispose pas déjà d'un
certain nombre d'éléments déjà
mis au point.
MICHEL ELOY |
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| RÉPONSE : |
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| Mes souvenirs de la "victor-maturisante"
Tunique et de son inénarrable séquelle
sont bien lointains
En réalité, je me
rappelle davantage de l'obsession allergique de Demetrius-Mature,
tripatouillant frénétiquement sa main souillée
du sang du Christ, que du désopilant numéro
de duettistes de Tibère
et de Claude.
Vraiment pas de chance pour ce bon vieux Tibère déjà
fort maltraité par Tacite et Suétone ! Pourtant,
si un Princeps envisagea jamais, non la pure et simple restauration
de la République romaine, mais le partage du pouvoir
avec un Sénat dont il surestimait le désintéressement,
ce fut bien cet empereur qui manquait si cruellement de
confiance en soi... Je me demande vraiment comment ce Roar
Skolmen (dont je n'ai pas lu le livre) a pu imaginer que
le trop modeste Tibère,
cet empereur qui refusa obstinément tous les honneurs
divins, aurait pu envisager, dans une crise de mégalomanie,
de contester au Christ sa royauté divine et universelle
!
L. J. H. |
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| 25 Janvier 2002 |
| Réponse
de Michel Eloy : |
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Et moi,
je me demande comment Roar Skolmen a pu écrire
pareil bouquin, qui essaie d'être à la
Bible ce que Le Monde de Sophie fut
à la philosophie. Au demeurant, sa lecture
n'est pas désagréable en dépit
des nombreuses interférences entre des personnages
mis en abîme (qui se cache derrière qui
?) et une narration en tiroirs qui fait expressément
référence aux 1.001 Nuits. Malheureusement
(ou heureusement ?), l'auteur ne fait qu'entr'ouvrir
une fenêtre sur le paganisme romain, dont il
semble considérer que les délires de
la Doctrine secrète d'Helena Blavatsky
(la fondatrice de la théosophie) pourraient
être un mentor éclairé (!). Moi
qui en était resté à G. Dumézil,
P. Grimal et leurs satellites...
Je vous mets en attachement
la version longue (non calibrée) de mon article
paru dans Le Journal du Médecin du vendredi
21 septembre 2001 (23e année n° 1371)
(dans la version publiée, j'ai raboté
ce qui concerne LA TUNIQUE / LES GLADIATEURS, un peu
hors sujet) : Clic !
Tibère, en effet, a
subi à l'écran un traitement bien particulier
: c'est le Dr Jekyll - mister Hyde du péplum.
Sous les traits de Peter O'Toole, il fut l'abominable
vicelard du Caligula de Tinto Brass / Bob Guccione
et le sous-Néron des Bacchanales de Tibère
/ Ces sacrées romaines (Giorgio Simonelli,
1959), film parodique qui essayait de rééditer
le succès d'OK Néron de Mario
Soldati (1951). Mais Ben Hur (1959) le laisse
entrevoir comme quelqu'un de bon voisinage.
Dans Les Gladiateurs,
il est très préoccupé de la mort
du Christ (comme dans le roman de Boyer d'Agen) et
ordonne au pauvre Richard Burton solidement ébranlé
par ce qu'il a vécu sur le Golgotha d'aller
enquêter en Palestine, dans l'espoir qu'au terme
de cette "psychothérapie" il retrouve sa sérénité
; un autre film des '80, L'Inchiesta (Damiano
Damiani) reprendra plus ou moins la même idée
et montrera Tibère envoyant un enquêteur
à Jérusalem s'informer du procès
du Christ (bis repetita placent ?). Seuls les
neuf premiers épisodes de Moi Claude empereur
(TV, 1977 - 13 épisodes) me semblent donner
une assez honnête image de Tibère (interprété
par George Baker) : un militaire borné mais
aussi un homme blessé par le pouvoir puisque,
sous la pression de sa mère Livia (ressort
maléfique de toute la série, trucidant
à qui mieux mieux), il a dû - afin d'entrer
dans la famille d'Auguste - sacrifier la femme qu'il
aimait, Vipsania. |
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Tout ceci pour répondre à
votre dernier visiteur qui s'étonnait que vous ayez
parlé du Christ dans la biographie de l'empereur
(Clic
!). Je ne sais trop si le Christ a réellement
existé, et - dans l'affirmative - que Tibère
s'en soit soucié ou en ait eu connaissance me paraîtrait
hautement improbable. Mais dans notre imaginaire occidental,
les deux personnages sont liés - Tibère étant
censé ancrer dans la réalité séculière
la figure centrale de la mythologie chrétienne, Jésus-Christ.
Amicalement,
MICHEL ELOY |
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| RÉPONSE : |
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| Figurez-vous que, malgré les réticences
exprimées dans votre mail précédent,
votre article du "Journal du Médecin" (Clic !)
m'a donné une furieuse envie de lire le fameux bouquin
dudit Skolmen. Je vais donc me hâter d'en effectuer
la commande chez ma Rita de libraire
quoique que je
ne connaisse la sulfureuse Mme Blavatsky que par le biais
du prodigieux Pendule de Foucault d'Umberto Eco,
et bien que le néo-paganisme néo-fascisant
produise chez moi de violentes poussées d'urticaire
!
À ce qu'il me semble, bien peu d'historiens modernes
doutent encore de l'historicité du Christ. Il n'est
bien évidemment pas sûr que Tibère
entendît jamais parler du "Nazaréen", même
si le bouillant Tertullien affirme dans son "Apologétique"
que le vieil empereur songea un moment à mettre le
Christ au rang des divinités. Évidemment,
si Jésus n'était qu'un obscur charpentier
de village, considéré comme un savant rabbin
par quelques disciples incultes, puis exécuté
sous des motifs folkloriquement juifs, ses mésaventures
judéo-juives n'atteignirent jamais les impériales
oreilles de Tibère. Mais Jésus n'était-il
"que" cela ? C'est là toute la question
Personnellement,
je ne le pense pas. Mais n'étant ni vrai historien,
ni théologien, ni exégète, je reconnais
bien volontiers que mes hypothèses sur la personne
du Christ ainsi que sur ses relations avec les autorités
romaines demeurent extrêmement fragiles !
L. J. H. |
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| 28 Janvier 2002 |
| Réponse
de Michel Eloy : |
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| Skolmen ne fait qu'esquisser
la problématique Blavatsky : c'est une piste qu'il
donne à propos du paganisme. Mais l'essentiel du
roman concerne la Bible (Ancien et Nouveau Testament).
Je me méfie un peu des théories
cryptohistoriques ou dois-je dire ésotériques
à la Henri Guillemin (Jeanne d'Arc princesse française),
à la Pichon (Néron converti par Paul - Tiens,
comme dans Néron Tyran de Rome / Nerone e Messalina,
de Primo Zeglio, 1952, si ma mémoire ne me trahit
pas !) ou à la Gérald Messadié (l'Apôtre
Paul, prince juif). A vrai dire, je n'ai pas lu Messadié,
mais deux de ses cinq volumes sont dans ma bibliothèque,
et je les ai feuilletés. Son érudition est
incontestable, et même stupéfiante. Mais ne
s'oriente-t-il pas vers la quête du sensationnalisme
? Moi j'en suis tout bêtement resté à
la mythologie comparée, en ce qui concerne le Christ.
Notez bien que si les Romains ignorent tout du Christ, les
Egyptiens ne savent rien de Moïse. Les Hébreux
n'ont-ils pas usurpé leur place dans l'Histoire ?
L'épique conquête de Canaan par Josué
et ses descendants, par exemple, est complètement
bidonée, l'archéologie le démontre.
La conquête de la Terre promise ne fut qu'une infiltration
de bédouins... Donc, je suis systématiquement
méfiant dès qu'il s'agit du contenu de la
Bible auquel le christianisme veut toujours donner une ampleur...
cosmique. Et quel crédit accorder à Tertullien,
à propos de la rencontre Tibère-Jésus
: il défendait son fond de commerce. Mais après
tout, puisqu'aussi bien Napoléon ne fut qu'un mythe
solaire, peut-être bien que Jésus fut un vrai
personnage historique. Le chiasme est intéressant.
MICHEL ELOY |
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| RÉPONSE : |
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D'autant plus intéressant
que cette transformation de Napoléon en "mythe solaire",
effectuée par un certain J.-B. Pérès
au milieu du XIXe siècle (voir site Pratique
de l'Histoire et dévoiements négationnistes
: Clic
!) , pourrait aussi servir à démontrer
par l'absurde qu'un mythe, même "bidon", se fonde
toujours - souvent (biffez la mention inutile) sur une réalité
historique. Car enfin, pour imaginer ce soudard de Napoléon
en Apollon, n'est-il pas nécessaire de postuler l'existence
d'un Napoléon "historique" de chair et d'os ? De
même, il me semble assez difficile d'affirmer que
le mythe d'un Jésus-fils-de-Dieu-incarné naquit
inopinément et spontanément au premier siècle
de notre ère sans qu'une personne de ce nom se soit
fait un tant soit peu remarquer auparavant.
Pour reprendre l'amusant paradoxe
de Pérès, on pourrait imaginer que les
seules preuves historiques qui subsisteraient aujourd'hui
de l'existence réelle d'un Napoléon antique,
déifié quelques décennies après
à sa mort, consisteraient seulement en un "Évangile
selon Jean-Roch Coignet", en des "Actes de Napoléon
et de ses disciples", attribués à un certain
Las Cases, et en une "Apocalypse de Waterloo, morne plaine"
d'un prophète nommé Victor Hugo - le tout,
évidemment, "revu et corrigé" par des générations
de "copistes napoléoniens", certes fervents et de
bonne Foi, mais mois respectueux du texte original que soucieux
de le "faire coller" au dogme en vigueur à leur propre
époque. D'autre part, le "Napoléon tel
quel" de votre copain Henri Guillemin ne serait connu
que par la réfutation d'un Origène napoléonien
; quant aux écrits de Max Gallo, hautement suspects
d'hérésie bonapartiste (tendance à
réduire Napoléon à sa seule nature
humaine), ils ne nous seraient parvenus que sous forme de
manuscrits tardifs, fort endommagés. Et bien sûr,
l'Église napoléonienne garderait un souvenir
ému de ses martyrs. En particulier de ces "premiers
napoléoniens", injustement persécutés
lors de la "Terreur blanche", cette répression aveugle
qui frappa leurs paisibles communautés peu de temps
après l'Ascension de Fontainebleau, quand leur Messie
Napoléon, ressuscité pendant cent jours, fut
miraculeusement transporté au-delà des mers
Cela dit, vous avez mille fois raison de ne considérer
la Bible ni comme un livre historique (bien qu'elle demeure
un document historique de tout premier ordre), ni comme
un traité scientifique, et de vous méfier
de ceux - graines de "talibans chrétiens" - qui prétendent
la prendre au pied de la lettre
À ce propos, et puisque vous évoquez Moïse
et son Exode, il y a quelque temps, la (re)diffusion sur
la chaîne Arte d'un documentaire (intitulé"
pompeusement "La Véritable Histoire de Moïse")
qui prétendait retrouver des "preuves archéologiques"
du récit biblique, avait surtout eu rare privilège
de me faire sortir de mes gonds. On avait le front d'y affirmer
- "preuves" archéologiques et scientifiques à
l'appui - qu'effectivement, les Hébreux, alors esclaves
des Égyptiens, construisirent des villes pour Ramsès
II vers 1250 avant J.-C.. Heureusement pour eux, Moïse
aurait profité de l'émoi suscité par
l'éruption volcanique de Santorin - pourtant antérieure
de deux siècles au règne de Ramsès
- pour arracher à ce Pharaon la liberté de
son peuple. Et ce n'est pas tout : après avoir fort
opportunément profité de la brève phase
éruptive de cette catastrophe volcanique vieille
de deux siècles pour infliger dix plaies bien senties
au peuple égyptien, pour rassembler tout son peuple,
pour le conduire aux confins du royaume d'Égypte
et pour y noyer l'armée royale (quel sens du "timing"
!), Moïse et ses compagnons se seraient retrouvés
dans le désert du Sinaï "au début
du IIe millénaire avant J.-C.", soit vers l'an
2000 avant notre Ère, donc presqu'un demi-millénaire
avant l'éruption de Santorin !
Ô
temps, suspends ton vol !
Et c'est enfin là,
dans ces solitudes désertiques, et à cette
époque (donc dans les années 2000 av. J.-C.)
que Moïse aurait imposé à son peuple
une libre adaptation du "monothéisme" du pharaon-hérétique
Akhnaton
qui, pourtant, ne régna que vers 1350
av. J.-C.
Une manipulation historique de haut vol !
Comme l'a dit récemment l'égyptologue Jean
Yoyotte dans une interview (Collections de l'Histoire
n° 13, octobre 2001 - Vérités et Mensonges
de la Bible - pp. 78 - 83) : "Je le répète,
des événements rapportés par la Bible
et situés en Égypte, la documentation ne garde
aucune trace directe. (
) La saga de Moïse
ne peut être retenue comme une source d'histoire.
Il n'est pas de bonne méthode de vouloir en fonder
à tout prix l'historicité sur certains détails
« vraisemblables » en oubliant les magies
et miracles, objectivement peu croyables."
Mais je crains que tout ceci m'ait entraîné
bien loin des empereurs romains ainsi que du film Gladiator
avec lequel nous avions débuté ce fort enrichissant
(du moins en ce qui me concerne) échange de correspondance.
L. J. H. |
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| 1er Février 2002 |
| Réponse
de Michel Eloy : |
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| Je viens de remettre
la main sur le texte de Pérès, publié
dans le MUSEE PHILIPON en 1836 (je l'avais fait photocopier
à la Royale en 1974; ça ne me rajeunit pas).
Ce texte parodique tirait sa légitimité du
révisionnisme de Louis XVIII - depuis Touthmosis
III et Horemheb, Staline n'a rien inventé
-
niant que le marquis de Buonaparte eut jamais été
Empereur des Français (corrigez-moi si je me trompe).
Mais le but, avoué dans l'intro,
était de se moquer de certains ouvrages récents
dans la lignée de l'école météorologique
de Max Müller (et de citer un auteur français
dont le nom m'échappe pour l'instant, le document
étant à la maison). Bref, Pérès
n'a rien écrit d'autre qu'une satire de la mythologie
comparée, mais n'a jamais songé un seul instant
à nier l'existence historique de Napoléon.
Remettons les pendules à l'heure ! D'ailleurs, qui
aurait pu nier vingt ans après les carnages qui avaient
ensanglanté l'Europe (quoique
on nie bien,
de nos jours, la réalité des chambres à
gaz - je viens de relire le témoignage d'Achille
Guyaux, BLUTBERG, LA MONTAGNE DU SANG, publié
à Charleroi en 1947. L'auteur fut un célèbre
footballeur carolo des années '30, qui connut l'hospitalité
de Buchenwald courant 1944, et qui, si j'en crois la dédicace,
devait être un ami de mon parrain).
Du reste, j'imagine que les Archives
de l'Armée française au Château de Vincennes
doivent être pleins de dossiers relatifs aux exploits
de la Grande Armée, susceptibles d'apporter un témoignage
surabondant aux Evangélistes et Panégyristes
napoléoniens que vous citez avec un humour qui me
ravit. Évidemment, Jésus, c'est autre chose.
Deux mille ans se sont écoulés, mais j'aimerais
faire observer que si ce Messie prétendant au trône
de David avait eu un quelconque poids politique (comme Bar
Kocheba, par exemple) leurs historiens en auraient certainement
parlé. Tacite et Suétone nous ont bien conservé
le souvenir de personnages aussi secondaires que Terentius
Maximus, le sosie de Néron (il en eut plusieurs)
qui défrayèrent la chronique à l'époque,
manquant de ranimer la guerre avec les Parthes.
Reste, évidemment, que beaucoup
d'ouvrages d'historiens romains sont perdus pour nous. Bien
sûr.
Non, je préfère rester
prudent, si ingénieux que soient les arguments qui
permettent la construction du roman de ce nouveau "masque
de fer" en péplum. Vous savez, on a écrit
sur la question des trucs inénarrables, de Félicien
Champsaur (Le Crucifié) à Robert Graves
(King Jesus) sans oublier ce grand Crétois
de Kazantzakis. Tous les Crétois sont des menteurs,
on le disait déjà à l'époque.
Mais sans doute est-ce très stimulant, intellectuellement
parlant, d'essayer d'imaginer ce que recouvre exactement
le Nouveau Testament. Mythologie comparée.
Histoire ésotérique
Allons, je vous convie à découvrir
en avant-première de Cinerivage.com
un autre mystère de l'Histoire: la "vie secrète"
de l'empereur romain Jules César (hum) avec Cléopâtre.
(Clic
!)
MICHEL ELOY |
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| RÉPONSE : |
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| Je ne connaissais le texte de Pérès
que par le site anti-négationniste phdn.org.
C'est vous dire que (rassurez-vous), j'avais très
bien saisi l'intention polémico-satirique de l'auteur.
Cependant, j'ignorais contre qui cette charge était
dirigée. Tout à mes modestes recherches d'amateur
sur les premiers temps du christianisme, j'y avais vu (aberration
monomaniaque ?) une dénonciation niant l'historicité
du personnage du Christ. Ça eût pu !
Puis, à la réflexion, la date de parution
indiquée m'a fait comprendre l'inanité de
cette hypothèse : à cette époque en
1827 (date que donne le site phdn.org
?), l'exégèse "libérale" était
encore dans les Limbes, "dans le sein d'Abraham", pour mieux
dire. Il s'agissait donc d'une satire contre les "Ultras",
ces monarchistes réactionnaires copains comme cochon
avec le frais vermoulu roi Charles X ! Merci à vous
d'avoir éclairé ma lanterne à ce propos
Ancien abonné du magazine "Pilote" de la grande
époque et grand amateur des BD "Astérix" (du
moins quand elles étaient "griffées" Goscinny-Uderzo,
car aujourd'hui
), j'ai pris beaucoup de plaisir à
lire - en primeur du site Cinérivage
- votre amusante (quoique pertinente ô combien) analyse
du film de Chabat (Clic
!). Moi non plus, je n'avais trouvé le premier
opus, celui de Zidi, si absolument catastrophique que cela
Quant à Mission Cléopâtre, comme
Jamel ne figure pas parmi mes acteurs favoris (c'est un
énorme euphémisme), votre texte m'a davantage
donné l'envie de relire (pour une xième fois)
l'album plutôt que d'aller contempler ce Numérobis
relooké Canal+. Il faudra donc probablement que je
me prenne par la main pour aller me faire cette toile
quand la fièvre de la sortie du film sera un tant
soi peu retombée.
L. J. H. |
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| 6 Février 2002 |
| Conclusion
de Michel Eloy : |
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| Eh bien non, Pérès
chargeait les "comparatistes" qui voyaient des mythes solaires
ou astraux partout et - entre autres - niaient l'historicité
du Christ. Je ne sais quels thèmes abordait l'auteur
français incriminé, mais je ne résiste
pas au plaisir de recopier le "chapeau" de cet article,
en vous signalant en passant que la date de 1827 que vous
citez est plausible : le texte ci-dessous indique bien que
l'édition ("chez Aubert - place de la Bourse") est
une reprise d'une dissertation qui circule depuis un certain
temps. Enfin, je tiens encore à préciser que
ce document abondamment illustré de dessins satiriques
de M. Lorentz fait 4 pages et un quart.
| "Voici
une petite dissertation qui a déjà
obtenu de grands succès, et qui est destinée
à de plus grands succès encore ; c'est
assurément l'écrit le plus ingénieux
qui ait été composé et mis
en lumière de nos jours. Rien, en vérité,
n'est plus fait pour jeter le doute et le trouble
dans les croyances contemporaines ; rien n'est plus
fait pour préparer des tortures, non seulement
aux Saumaise, mais aux générations
futures.
À
ceux qu'un simple jeu d'esprit ne saurait
satisfaire et qui veulent que leur conscience
soit de moitié dans leurs plaisirs,
nous dirons qu'une double pensée a
pu présider à la conception
de cet agréable opuscule : Duplex libelli
dos est. D'abord on pourrait y voir, dans
un intérêt religieux, la réfutation
la meilleure et la plus forte de l'ouvrage
de M. Dupuis, L'Origine de tous les cultes;
puis, dans un intérêt plus terrestre,
une parodie excellente de cette nouvelle école
historique, qui s'est appliquée surtout
en Allemagne, à rejeter les faits les
plus avérés de l'Antiquité,
dans le domaine des mythes et des allégories.
Il existe une brochure
anglaise, antérieure, croyons-nous,
à ce présent travail, ayant
pour titre : Historical Doubt. Une personne
digne de foi, qui l'a lue, nous a donné
l'assurance qu'il y avait une grande analogie
entre la composition étrangère
et celle du savant et vénérable
bibliothécaire de la ville d'Agen ;
mais quelque diligence que nous ayons faite,
nous n'avons pu parvenir encore à nous
la procurer. Si jamais elle tombe entre nos
mains, nous nous empresserons de la faire
connaître au public." - Petrus Borel. |
|
|
J'imagine assez que vous ayez perçu
l'intention satirique de l'écrit de Pérès
; mais quand Pichon susurre que Néron était
un crypto-chrétien, converti par Saint Paul, il y
croit me semble-t-il (ou il se fout de notre g...). Oh bien
sûr, il y a eu avant lui le film de Primo Zeglio sur
un scénario de Fulvio Palmieri d'après le
roman de David Bluhmen, Nero und Messalina (connais
pas). Je ne résiste pas au plaisir de reproduire
ci-dessous, extrait de mon CORPVS PEPLORVM, mon résumé
de ce film rare, inédit en France (mais qui, en son
temps, sortit en Belgique), et que j'ai eu le privilège
rare de visionner dans l'amphithéâtre romain
de Carthage par une agréable soirée d'août
1987 - avec Gino Cervi (Néron) - Yvonne Sanson (Statilia
Messalina) - Renzo Ricci (Petronius) - Paola Barbara (Agrippine)
- Carlo Tamberlani (Tigellin) - Milly Vitale (Acté)).
| Nerone
e Messalina
(La Messaline dont il
est ici question est Statilia Messalina quatrième
femme de Néron - quoique le début
du film évoque aussi l'exécution de
la fameuse Valeria Messalina).
Messaline, l'épouse
débauchée de l'Empereur Claude, est
exécutée par les soldats de la garde.
Cette disparition ouvre la voie à l'ambitieuse
Agrippine. Celle-ci épouse peu après
l'Empereur, et le persuade d'adopter son fils Néron.
Mais comme Claude voit en Britannicus - le fils
que lui a donné Messaline - le futur héritier
du trône, Agrippine empoisonne son époux
et à la faveur d'une révolution de
palais, fait proclamer son fils Néron comme
souverain.
À
travers son fils - qui, au fond de lui-même
ne convoite pas le pouvoir, n'ayant d'autre
ambition que le chant et la poésie
- Agrippine espère régner sur
l'Empire romain.
Néron passe
son temps en festins, orgies et aventures
galantes. Au cours d'une beuverie, il donne
un coup de pied au ventre à Poppée,
sa femme, qui est enceinte. Poppée,
qui est fort aimée des Romains, menace
de le dénoncer publiquement. Agrippine
l'étouffe avec un coussin. Néron
épouse alors Statilia Messalina, qu'il
a arrachée à Britannicus. Ce
dernier, qui jouit encore d'une grande popularité
auprès de l'armée, mourra empoisonné
à la suite d'un Conseil de Guerre.
Néanmoins l'heure
d'Agrippine a sonné, à présent.
Néron l'accuse de complicité
avec le conspirateur Britannicus, sa victime.
Au cours d'un voyage en bateau, entre Antium
et Baïes, elle est poignardée
par un des sbires de l'empereur, et son corps
précipité à la mer.
Quelques temps plus
tard. Escorté par des soldats déguisés,
Néron qu'aiguillonne la curiosité,
s'introduit dans une catacombe chrétienne.
Pendant l'office divin, il aperçoit
pour la première fois Acté,
et en devient tout de suite amoureux. Sur
le chemin du retour à Rome, les Chrétiens
sont pris à partie par la populace,
qui les attaque à coups de pierres.
Acté est blessée, mais Néron
lui vient en aide et l'entraîne à
l'abri dans une taverne. Il se présente
à elle comme un simple serviteur. Mais
accablé par le remords, l'Empereur,
toujours sans se nommer, lui confesse être
un matricide. Surmontant son aversion pour
le criminel, Acté tente de lui montrer
le chemin du Christ-Rédempteur. |
|
À l'occasion d'une
nouvelle rencontre secrète, Acté lui
remet une lettre de l'apôtre Paul. Pour la
lire, Néron sort l'émeraude qui lui
sert de loupe. À la vue de cet objet, Acté
connaît à qui elle a réellement
affaire. Elle s'enfuit épouvantée
et en larmes. Néron mesure l'abîme
qui le sépare de cette femme et du Christ.
Il brûle la lettre de Paul. Mais à
peine a-t-il quitté la chambre, qu'un fragment
du document, mal éteint, communique le feu
aux tentures. Le grand vent qui sévit fait
monter les flammes. Rome s'embrase… |
Commencé en
1949, le film fut seulement achevé en 1953, au
prix de terribles difficultés financières.
Le titre est équivoque. En effet, Valeria Messalina
(mère de Britannicus) n'y tient qu'un rôle
très mineur. En fait, la Messaline ici associée
au nom de Néron est Statilia Messalina, dont le
nom est généralement abrégé
en Statilia; mais sans doute D. Bluhmen dut-il estimer
"plus commercial" de titrer "Nerone e Messalina",
associant ainsi de manière on ne peut plus racoleuse
les noms deux monstres sacrés.
Eh bien voilà, That's all,
Folks ! C'est tout pour ce soir. Ma séance de
hammam m'attend. Puis, si j'en ai encore le courage, je
me remettrai à ce travail sur Néron, à
l'occasion de la sortie du Quo Vadis polonais de
Jerzy Kawalerowicz. Ce travail qui m'a fait découvrir
votre site.
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MICHEL ELOY |
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