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Décembre 2001 (page 2/2)
Sommaire du mois de Décembre : Clic
!
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| 13 Décembre 2001 |
| Ugo
a écrit : |
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| Ce mot pour
vous signaler que j'ai mis en ligne la
Vie de César, de Plutarque.
Peut-être
pourriez-vous indiquer la référence
à ce lien dans votre site, puisque
apparemment seule la version anglaise
figure sur la Toile :
nimispauci.free.fr
: Vie de César - Plutarque
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| 14 Décembre 2001 |
| Paul a écrit : |
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| Bonjour, je suis élève,
et je dois faire un exposé sur les empereurs
à l'époque de Cicéron (biographie
).
Je ne trouve aucun document...!!!
Vous n'auriez pas par hasard un
filon ?! |
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| RÉPONSE : |
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| L'époque de Cicéron
(106 - 43 av. J.-C.), c'est celle de la fin de la République
romaine, et non celle de l'Empire. Ce grand orateur n'a
donc pas connu d'"empereurs" à proprement parler.
Cependant, on considère parfois son contemporain
Jules
César (101 - 44 av. J.-C.) comme le premier
"empereur", bien qu'il n'ait jamais porté ce titre.
Quant à Octave
Auguste premier "vrai" empereur romain, il n'accéda
au pouvoir suprême que presque 15 ans après
la mort de Cicéron. Mais, dans les années
44 - 43 av. J.-C., il fut l'allié politique de
Cicéron avant de le trahir et de le livrer à
ses ennemis. On pourrait donc, lui aussi, le considérer
comme un "empereur romain contemporain de Cicéron".
Comme je ne sais si vous avez déjà consulté
les notices biographiques que j'ai consacrées à
ces deux grands Romains, je me permets de vous signaler
l'adresse de ces pages. Vous trouverez aussi, au bas de
ces notices, un grand nombre de liens vers d'autres sites,
ce qui vous permettra sûrement de compléter
votre documentation.
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| 14 Décembre 2001 |
| Jonvaux a écrit : |
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| Votre site est passionnant !
Mais je n'ai pas réussi à y trouver ce que
je voulais : une image ou une photo d'une pièce
avec la tête de César. |
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| RÉPONSE : |
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| Vous trouverez sur le Web tout ce que vous voulez,
et plus encore. Par exemple, au bas de la notice consacrée
à Jules
César (rubrique : "Numismatique), je reprends
l'adresse d'une base de donnée qui répertorie
un nombre considérable de pièces à
l'effigie du grand Jules, avec des liens pour accéder
aux photos de ces monnaies.
Pour ne pas vous faire perdre de temps, voici le lien
qui vous permettra d'accéder à cette documentation
: Clic
!
Je pense que vous y trouverez exactement ce qui vous
convient, car, à mon avis, il est difficile d'être
plus exhaustif ! |
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| 16 Décembre 2001 |
| Emmanuel a écrit : |
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| L'admiration me cloue
les lèvres !
C'est un travail magnifique que
vous avez fait là, un panorama aussi précis
que drôle et truculent !
Alors bien sûr, je pourrais
être tenté comme plusieurs de vos visiteurs
d'ergoter ici ou là sur telle ou telle expression,
notamment sur ces pauvres chrétiens que vous peignez
sous des couleurs bien sombres, mais comme vous l'avez
indiqué une fois, ce ton excessif - drôle
aussi, c'est la contrepartie ! - est peut-être la
cause de notre empressement à tout lire, à
tout dévorer. Et à quoi bon ? Vos notices
sont belles ainsi, et je ne voudrais pour rien au monde
que vous y changiez une virgule.
Encore bravo et merci pour ce travail
d'intérêt public
PS. Avez-vous lu la pièce,
quasiment jamais montée et rarement traduite, d'Henrik
Ibsen, "Empereur et Galiléen" ? Elle éclaire
très joliment le caractère de Julien, son
échec (c'en fût un
) et son fol espoir
d'un troisième royaume. Peut-être parce qu'il
faut être poète pour comprendre Julien. Précipitez-vous
dessus si vous ne la connaissez pas (mais je ne le crois
pas une seconde tant est impressionnante votre érudition). |
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| RÉPONSE : |
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| Un grand merci pour votre mail. Tous ces jolis compliments
ne manqueront pas de me donner du cur à l'ouvrage
afin d'amplifier certaines notices biographiques actuellement
encore à l'état d'ébauche.
Quant à la pièce d'Ibsen sur Julien
dit "l'Apostat", je crains bien qu'en l'occurrence,
vous n'ayez surestimé mon érudition : je
ne connaissais pas cette uvre
Mais je vais
tenter au plus vite de combler cette lacune
le personnage
de Julien est si fascinant ! |
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| 19 Décembre 2001 |
| Philippos a écrit : |
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| Je dois, malgré vos
dénégations de façade, appeler
votre attention sur le fait que les préjugés
anti-chrétiens qui émaillent ce
site semblent l'apparenter dans sa tonalité,
consciemment ou pas, à une tradition néo-païenne
suspecte.
Je suis peut-être politiquement
correct, mais lire que des développements
théologiques ont mis "des siècles"
à faire du christianisme ce qu'il est (divinité
du Christ, etc.), c'est ne pas savoir lire Saint-Paul
(pardon, "Paul de Tarse")... Malgré cela, ce
fut un réel plaisir pour moi de découvrir
aujourd'hui votre excellent site avec l'art. "Aurélien".
Philippos (un comploteur de
la secte de Chrestos). |
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| RÉPONSE : |
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| Rassurez-vous, je ne suis pas - mais
alors vraiment pas du tout ! - un adepte d'un quelconque
"néo-paganisme" si souvent fascisant.
Le grand Pan est définitivement mort, comme
le chantait jadis feu Brassens
Cependant, j'admets
bien volontiers que certains passages de ma prose
reflètent certains doutes personnels quant
à l'histoire "officielle" du Christianisme,
mais sans volonté consciente de provocation,
de dogmatisme, ou de prosélytisme,
Il est donc vrai que, malgré saint Paul (de
quand datent les meilleurs manuscrits de ses épîtres
? - fin du IIe siècle, IIIe siècle ?)
je pense que, pas plus que Rome, le dogme chrétien
ne s'est construit en un jour. Un seul exemple
: Si, encore au beau milieu du IIe siècle,
les Chrétiens d'Asie mineure, héritiers
directs du doux apôtre Jean, préféraient
célébrer la Pâque juive plutôt
que faire chrétiennement leurs Pâques,
n'était-ce pas parce qu'ils accordaient plus
d'importance la "libération du peuple élu"
(quel que soit celui-ci) qu'à la Résurrection
du Christ, et parce que, malgré tous les écrits
de Paul, cette "Résurrection" n'était
pas encore un dogme "catholique" (= universel).
Faut-il également rappeler qu'à la
fin du Ier siècle, donc un peu après
la mort de Paul, toute une kyrielle de sectes chrétiennes
ne reconnaissaient pas encore la divinité du
Christ. Par exemple les Elkasaïtes qui rejetaient
les enseignements de Paul. Réfugiés
en Jordanie actuelle après la destruction du
Temple (70 ap. J.-C.), ces "Chrétiens", regroupés
autour des "parents du Christ" (dixit Eusèbe
de Césarée, Histoire Ecclésiastique,
III, 2), restaient fidèles à bon nombre
de coutumes juives comme la circoncision et la célébration
de la Pâque. Leur secte essaima un peu partout
en Orient, surtout parmi la population d'origine sémite.
Au beau milieu du IIIe siècle, en Mésopotamie,
Mani, fondateur de la religion manichéenne,
et son père fréquenteront encore un
de leurs groupuscules judéo-chrétiens.
Ce n'est pas ici le lieu de
détailler les diverses sectes chrétiennes
et leurs étranges opinions sur la "nature"
du Christ : depuis les gnostiques qui faisaient
de lui un "éon" issu de la Divinité
suprême jusqu'aux Carcpocratiens qui pensaient
acquérir ses pouvoirs en le livrant à
la débauche effrénée, il
y a l'embarras du choix !
Cependant, si vous avez parcouru ma notice
consacrée à Aurélien,
vous avez vu à l'uvre l'évêque
Paul
de Samosate qui proclamait, en plein milieu
du IIIe siècle et de son église
d'Antioche, que Jésus était "d'ici-bas"
Et
puis il y a encore les Ariens du IVe siècle,
qui mettront tant de distance entre les natures
du "Père" et du "Fils" que les plus extrémistes
d'entre eux en viendront presque à considérer
Jésus seulement comme un "homme supérieur".
"Mais tous ces gens étaient des hérétiques
! m'objecterez-vous. Les horreurs qu'ils
proféraient n'avaient rien à voir
avec la saine orthodoxie fondée par Jésus
et Paul et restée inchangée depuis
!"
Justement, je viens de lire dans la très
scientifique, très récente et
assez orthodoxe "Histoire du Christianisme"
que je consulte de temps en temps pour voir
si je n'énonce pas des bêtises
plus grosses que moi (et qui donc, vu mon volume,
seraient considérables, vous pouvez me
croire sur parole) que, dans l'Église
chrétienne, le concept d'"orthodoxie"
n'est guère antérieur au IVe siècle.
En fait la réflexion sur l'orthopraxie,
c'est-à-dire sur l'accomplissement orthodoxe
des rites, aurait très longtemps et très
largement précédé la réflexion
sur les dogmes.(Voir Histoire du Christianisme.
Vol 1. Le Nouveau Peuple. 2e partie,
Chap. 2 : Hétérodoxie et orthodoxie,
par Alain Le Boulluec, éditions Desclée). |
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Cela dit, je me doute bien que je ne parviendrai
pas à vous convaincre puisque votre opinion
est probablement fondée sur une Foi chrétienne
que je respecte, même si je ne la partage plus
guère. Ce n'était d'ailleurs pas mon
objectif ! Ce que je souhaitais ici, c'est simplement
vous expliquer un peu mon opinion sur la question
et ma vision, purement historique (mais sans doute
pas dénue de parti pris - en cela vous avez
mille fois raison !) de l'Histoire de l'Église.
Un grand merci pour votre mail si judicieux. |
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| CONCLUSION
DE PHILIPPOS : |
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| J'aime moi aussi la provocation,
n'en doutez pas, et malgré mon nouvel intérêt
pour les empereurs romains, je ne sombre pas pour
autant dans un quelconque impérialisme nostalgique,
et me sens politiquement plus proche de ce Brassens
que vous citez. Mes préventions venaient du
fait que j'ai connu des personnes compromises dans
un "néo-paganisme" qui n'était qu'une
manière "nouvelle droite" de donner une assise
pseudo intello à leurs délires et à
leur haine.
Me voilà donc rassuré.
Je vous remercie de votre réponse
circonstanciée.
Je me doute que Nicée-Constantinople
n'a pas été livré comme un bébé
par une cigogne ou plus justement comme une sainte-ampoule
par colombe-express, et les développements
théologiques ont pris du temps, surtout dans
les domaines christologique et pneumatologique. Toutefois,
malgré les exemples judéo-chrétiens
que vous donnez (on sait que Juifs et Paléo-Chrétiens
étaient deux communautés étroitement
liées culturellement et liturgiquement, à
Jérusalem, à Édesse ou ailleurs
en Orient pendant au moins deux siècles), l'histoire
liturgique de l'Église primitive telle que
reconstituée par des érudits tels qu'Afanassief
ou l'Archimandrite Placide Deseille montre (chant
du sanctus pour cacher aux espions du pouvoir les
mystères du primitif canon eucharistique, etc.)
que les Paléo-Chrétiens, y compris Judéo-Chrétiens,
associaient bien la notion de divinité à
la passion de IC-XC. Et donc Il participait pleinement
à la divinité de "Dieu" au sens du Père.
Quant à la date des
premiers manuscrits conservés de St Paul (qui
m'agace passablement par ses côtés réactionnaires
mais dont j'admire le génie philosophique et
lyrique), de grâce, de grâce ! Bientôt
vous allez me dire que les évangiles datent
du IIe siècle ! Nous ne sommes plus au temps
de Voltaire ou de Renan et l'exégèse
a vaguement progressé.
À force de faire du
révisionnisme "néo-chrétien"
on finit comme John Boswell et on conclut trop vite. |
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| 23 Décembre 2001 |
| Annie et
Gilles ont écrit : |
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| Tombé par hasard
sur
je cite :
"Ne "démolis" quand
même pas trop "Gladiator"
devant ta classe. Malgré ses graves incohérences
historiques (le "180 avant J.-C." de la présentation
vaut son pesant d'inculture américaine !"
(Courrier du mois d'Avril : Clic
!)
Il vaudrait mieux parler
d'inculture française : la V. O. indique
bien "180 A. D.", soit 180 Anno Domini
(qui a dit prof de latin ?), ou après
J.-C. selon la pratique francophone - l'inculture
anglo-saxonne a bon dos, il me semble
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| RÉPONSE : |
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| Fort bien vu ! J'avais donc - au choix ou simultanément
- surévalué l'inculture hollywoodienne
et sous-estimé celle des adaptateurs francophones
de Gladiator ! Pour paraphraser approximativement
le petit Jésus : je n'aurais pas dû
attribuer aux "Oscars" ce qui revenait aux
"Césars"
Coïncidence amusante - et je vous prie de
croire que je ne fabule pas : au moment où
je recevais votre mail, j'étais précisément
occupé à (re)visionner ce fameux film,
mais en DVD cette fois, alors qu'au moment au j'écrivais
les lignes que vous citez, je ne disposais que d'une
K7 de la version française. Or, d'après
ce que je viens de lire, le tir a été
rectifié : "180 A.D". est dorénavant
correctement traduit par "180 ap. J.-C."
Dieu merci, Marc
Aurèle n'est plus le contemporain de
Caton l'Ancien, et l'honneur francophone est - à
peu près - sauf ! |
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| 27 Décembre 2001 |
| Julien a écrit : |
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| (...) Je me demandais
si vous aviez lu le Satiricon de Pétrone
et Quo Vadis (je n'en doute pas) et ce
que vous en pensiez. J'aimerais faire une petite
étude sur Quo Vadis et tenter d'y élaguer
un peu la part "d'historique" de celle purement
romanesque.
J'ai fait une petite page
sur le Satiricon : http://www.multimania.com/eucolpe/petrone.html
et je serais honoré que vous me donniez votre
avis et surtout vos critiques.
Encore une fois, félicitations
et bonne continuation |
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| RÉPONSE : |
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| C'est amusant que vous me parliez du Satiricon
et de Quo Vadis : occupé que je
suis à revoir la notice consacrée
à Néron,
je comptais justement - et compte toujours d'ailleurs
- mettre "en ligne" une page reprenant quelques
beaux livres sur "Néron, sa vie et son temps",
et, naturellement, j'avais prévu d'évoquer
ces deux bouquins, lus dans ma jeunesse et relus
à maintes reprises depuis.
J'ai été voir et lu attentivement
votre fort intéressante page sur le Satiricon.
(Clic
!)
Sans être un grand spécialiste en
la matière, il me semble cependant que l'attribution
de cette uvre au Pétrone décrit
par Tacite dans ses Annales, à cet
"homme qui consacrait le jour au sommeil, la
nuit aux devoirs et aux plaisirs de la vie",
pose problème. Voici d'ailleurs ce qu'en
dit Léon Thoorens, un ingénieux critique
belge : "Le Satiricon raconte les pérégrinations
de trois jeunes dévoyés à travers
la pègre et le demi-monde de petites villes
italiennes. C'est une épopée de la
crapule, vulgaire, grossière, d'une telle
densité, d'une telle authenticité,
qu'elle ne peut être l'uvre d'un dilettante
ayant, à l'occasion, fait quelques escapades
dans ces milieux. L'auteur connaît ce dont
il parle de l'intérieur, a vécu tout
cela, non à titre d'expérience mais
quotidiennement, et longuement. L'élégant
Pétrone de Tacite a-t-il pu, en dépit
de ses longues études, de sa vie mondaine,
de ses charges et puis de son absorbante existence
de courtisan, accumuler une telle expérience
en menant une existence seconde de truand ? et a-t-il
pu trouver, dans sa courte vie, le temps matériel
et surtout la liberté d'esprit nécessaires
pour transposer cette expérience en uvre
d'art ? La rumeur publique aura attribué
le Satiricon à Pétrone le courtisan
parce qu'il réalisa dans sa vie un certain
idéal d'humanisme cynique, que l'uvre
anonyme incarnait elle aussi, autrement, et à
un niveau social moins élevé. Le véritable
auteur devait être quelque lettré pauvre,
issu du "milieu", ayant rêvé de réussites,
retombé dans la misère, vivant de
basses besognes littéraires, et ne se doutant
peut-être pas qu'il avait du génie"
(Léon Thoorens, Panorama des Littératures,
Vol. 2. Marabout, 1966).
Personnellement, je pense que cette vision ne manque
pas de pertinence.
D'autre part, en ce qui concerne les "orgies",
j'aime assez une petite remarque de l'éminent
historien Paul Veyne. Permettez-moi de vous en faire
part : le "Satiricon de Pétrone dut justement
son succès au fait qu'il décrivait
des scènes de débauche à une
société, la société
romaine, alors très puritaine : les Romains
compensaient leur propre austérité
par les délices de l'imagination" (L'Histoire,
N°254, p. 53).
Bref, prendre les orgies du Satiricon au pied de
la lettre, ce serait un peu comme croire que les
films pornos américains sont l'exact reflet
de prétendues murs dévergondées
du commun des citoyens des States
On est vraiment
loin de compte !
Cela dit, de Pétrone ou non, conforme à
la vérité historique ou pas, le Satiricon
reste un chef d'uvre
et surtout, un
des rares textes antiques que l'on peut lire de
nos jours avec un vrai plaisir de lecteur, c'est-à-dire
sans recours systématique à un dictionnaire
spécialisé ou sans consultation incessante
d'un volumineux apparat critique en fin de volume.
(NB : Sur Pétrone et le Satiricon,
voyez aussi ici : Clic
! et Clic
!)
Et Quo Vadis ?
À mon avis, le livre de Sienkiewicz c'est
un peu comme une vieille image pieuse que l'on retrouve
dans le missel écorné de sa vieille
mémé ! Désuet; attendrissant
mais un peu cucul la praline !
Bien sûr, quand il décrit les crimes
et les perversions de Néron,
ou quand il s'apitoie sur les martyrs des amphithéâtres,
l'auteur polonais suit assez fidèlement les
récits de Tacite et de Suétone. Mais
comme le témoignage des deux grands historiens
antiques est singulièrement déformé
par leur esprit partisan, et comme ce bon catholique
d'Hendrik Sienkiewicz n'était pas non plus
un modèle d'objectivité, son "roman
des temps néroniens" tourne bien vite
à l'apologie du christianisme. Cependant,
on ne peut bien évidemment reprocher à
Quo Vadis, publié en 1900, d'ignorer
les tentatives de réhabilitation de Néron,
bien plus tardives, et par conséquent de
manquer un peu (beaucoup) de nuances.
Ce livre est donc un peu démodé,
mais c'est ce qui fait son charme ; les amours tumultueuses
mais à l'eau de rose, genre Collection
Arlequin, de Vinicius et de sa belle Lygie sont
un fifrelin lassantes et franchement datées
"Belle Époque", mais les personnages de Pétrone
et Néron
sont fascinants, même s'il ne sont pas vraiment
conformes aux dernières recherches historiques.
N'hésitez pas à me contacter quand
vous mettrez "en ligne" votre étude sur Quo
Vadis : je me ferai un plaisir de placer un lien
vers cette page. En outre, dès que la page
consacrée aux livres sur Néron sera
prête, je me permettrai également d'y
indiquer l'adresse de votre page consacrée
au Satiricon. |
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