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Novembre 2001 (page 2/2)
Sommaire du mois de Novembre : Clic
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| 11 Novembre 2001 |
| Marie-Claude a écrit : |
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| Je suis actuellement en train
de faire une recherche pour l'école sur l'impact
du christianisme dans le monde romain
et peut-être
pourriez-vous me renseigner sur une question: Est-ce
que Constantin a transporté la capitale de l'empire
à Constantinople pour la seule raison de mieux
combattre les Barbares ?
Si vous pouvez me renseigner, j'en
serais bien heureuse. |
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| RÉPONSE : |
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| En ce qui concerne Constantin
et la fondation de Constantinople, peut-être,
histoire de s'éclaircir un peu les idées,
un texte fort intéressant de Ferdinand Lot sur
la question :
"La fondation de Constantinople
est une énigme politique. Elle n'est
pas l'aboutissement d'une évolution.
Si, en fait, Rome cesse d'être la capitale
depuis l'an 284, si les esprits ont été
habitués à dissocier de Rome
le séjour habituel de l'empereur, c'est
par la force des choses et sans qu'il y ait
eu un dessein prémédité.
Jamais l'idée de décapitaliser
Rome n'est venue à un empereur.
(
)
L'idée de susciter à Rome
une rivale appartient bien en propre à
Constantin. La fondation de Constantinople
est l'effet d'une décision foudroyante.
Le 18 septembre 324, quand débute la
dernière bataille contre Licinius (non
loin de Chalcédoine), Constantin ne
peut être assuré de ne pas être
refoulé en Occident. Le 8 novembre,
la création de la nouvelle capitale
est déjà décidée.
Que s'est-il passé dans l'âme
de Constantin dans ce bref intervalle ? Nous
en sommes réduits aux conjectures.
Ce qui ressort du récit d'Eusèbe
(= l'historien ecclésiastique Eusèbe
de Césarée), c'est que l'empereur,
au moment d'engager la lutte suprême
contre son rival, était dans un état
d'esprit tout semblable à celui du
28 octobre 312 (= date de la bataille
du Pont Milvius, contre Maxence). Licinius,
en dépit d'un édit de tolérance,
n'avait pas sauté le pas et n'était
point devenu chrétien. Loin de là,
il passait son temps à consulter des
magiciens.
Constantin, enfermé dans une sorte
de tabernacle où il avait placé
la croix, ne cessait de prier ; il s'entretenait
avec Dieu, " comme Moïse ". Vainqueur
dans une bataille où son rival se remit
entre ses mains, Constantin devait au Dieu
des victoires un signe éclatant de
sa reconnaissance. Il la manifesta en transportant
sa capitale hors de cette Rome infectée
d'un paganisme incurable, dans une ville nouvelle
toute chrétienne. |
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Le choix de Byzance lui vint certainement à
l'esprit au cours des combats livrés sous
la vieille cité où il pressait Licinius
quelques semaines auparavant. Il fut frappé
de ses avantages stratégiques. Mais, sans
une crise psychologique intense, comment eût-il
transporté en Orient la capitale de l'Empire
au moment même où la disparition de
son émule rendait l'unité au monde
romain ? Tout ce que les modernes racontent sur
la vitalité de l'Orient supérieure
à celle de l'Occident est, à cette
date, purement hypothétique, inventé
pour les besoins de la cause.
Une fois la décision prise, l'uvre
avança avec une rapidité exceptionnelle.
L'antique ville de Byzance n'avait jusqu'alors joué
qu'un rôle très secondaire, en dépit
de la théorie qui attribue aux belles positions
géographiques une valeur prétendue
fatale. Constantin ne la laissa subsister que comme
noyau de la nouvelle capitale. L'enceinte nouvelle
quadruplait ou quintuplait sa superficie. Commencée
en novembre 324, elle reçut le nom de Constantinopolis,
dès 326 pour le moins. L'inauguration eut
lieu le 11 mai 330.
Les temples païens audacieusement pillés
(
) servirent à l'ornement de la
Nouvelle Rome. L'administration demeurée
païenne dressa la statue de Tyché (la
Fortune), mais dans la vieille ville, et aussitôt
que l'empereur fut installé, il n'y toléra
plus aucune manifestation de paganisme. Constantin
se plut dans sa capitale, tellement que, sauf de
rares interruptions, il ne la quitta plus jusqu'à
sa mort (22 mai 337).
Constantinople est née du caprice d'un
despote en proie à une intense exaltation
religieuse. Et cependant peu d'actes politiques
concertés ont eu des effets plus considérables
et plus durables. Pendant une longue suite de siècles,
un grand État a eu ses destinées attachées
à cette ville. À maintes reprises
Constantinople a refait l'Empire. La culture hellénique,
antique et médiévale, a été
sauvée d'une destruction totale parce qu'elle
a trouvé sur le Bosphore un asile inexpugnable.
Rien de tout cela n'aurait été, sans
la volonté de Constantin. Mais était-ce
cela qu'il voulait ? Il ne semble pas.
La Rome nouvelle, dans sa pensée, devait
être toute romaine. Il y transporta une partie
du Sénat et fit bâtir des palais pour
les vieilles familles qu'il y attira. Les lois furent
toutes romaines. La langue de la Cour, des bureaux
fut le latin. La Rome nouvelle devait être
l'instrument du triomphe de la Foi, la capitale
du Christianisme"
(Ferdinand Lot, La Fin du monde antique et le
début du Moyen Age, Albin Michel, 1968)
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Outre son mysticisme religieux et
ses "caprices" qu'évoque Ferdinand Lot, notre
Constantin
fonda-t-il Constantinople afin de "mieux combattre
les Barbares", ainsi que vous le dites ? Certes
cela a certainement joué un rôle !
À ce moment (début du IVe siècle),
les Goths et les autres peuplades d'outre-Danube
pouvaient être considérés comme
les Barbares les plus dangereux pour la survie de
l'Empire. Mais il eut sans doute bien d'autres motifs
:
1. Comme Alexandre le Grand, Constantin
le Grand souhaitait d'une capitale qui portât
son nom
2. Même si le Sénat romain était
en plein déclin et que son rôle n'était
plus guère que celui d'un "Conseil municipal",
les traditions "républicaines" (en fait
celles d'un pouvoir exercé par des riches
aristocrates) de Rome n'étaient guère
compatibles avec la monarchie absolue "de droit
divin" que Constantin
avait instaurée. Mieux valait donc fonder
une nouvelle ville où Constantin et ses
successeurs pourraient, sans risque de révolution
ni de guerre civile, exercer à leur guise
leur pouvoir arbitraire et régner comme
des despotes orientaux sur des sujets dociles.
(Ce en quoi Constantin se trompait : en matière
d'échauffourées, les habitants de
la nouvelle Rome égalèrent (voire
surpassèrent) ceux de l'ancienne
mais ledit Constantin, tout bon catholique qu'il
devint, n'était pas prophète !)
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3. Face à la très sérieuse
menace perse (le royaume des Perses sassanides était
considéré comme le seul adversaire "non
barbare" de Rome, son seul vrai rival) et face à
la civilisation iranienne, il était nécessaire
de restaurer le prestige de l'Orient grec. Dans cette
partie de l'empire Constantinople "la Grecque" devait
relayer et compléter Rome "la Latine".
4. Même si Constantinople était destinée
à devenir la "capitale de l'hellénisme",
la nouvelle ville devait aussi devenir la capitale chrétienne
d'un l'Empire chrétien. Un rôle auquel
Rome ne pouvait prétendre. Au début du
IVe siècle, malgré la présence
d'un évêque très influent (le futur
"pape"), la vieille cité des Césars était
encore trop baignée de paganisme. Les symboles,
les cultes, les temples de l'ancienne religion romains
y étaient encore trop présents, trop visibles
et trop vénérés. Mieux valait faire
table rase de ce passé païen ! En outre,
l'évangélisation de la partie occidentale
(et latine) de l'Empire n'était pas aussi avancée
(loin s'en fallait) que celle des provinces orientales
(et grecques). D'où la nécessité
de cette nouvelle capitale chrétienne et grecque.
5. Au point de vue symbolique, il n'y avait rien de
plus parlant que d'édifier la nouvelle capitale
de l'Empire romain "catholique" (c'est-à-dire
"universel") précisément au point charnière
de l'Occident et de l'Orient.
6. Outre cette évidence symbolique, la nouvelle
capitale n'était pas très éloignée
de Nicomédie, la ville que Dioclétien,
le restaurateur de l'Empire romain, avait choisie sinon
pour capitale, du moins comme lieu de résidence
privilégié. Il y avait donc un glorieux
précédent au choix du site de "Constantinople".
7. Au point de vue économique, Constantinople
était idéalement située. Elle se
trouvait au carrefour de deux importantissimes routes
commerciales : celle qui, du Nord au Sud, reliait l'Europe
à l'Asie, et celle qui, d'Est en Ouest, unissait
la Mer Noire (avec, au-delà, la Route de la Soie)
et la Méditerranée.
8. Plus localement, Byzance, située sur la Corne
d'Or, était une ville facile à défendre
: une simple muraille suffisait à l'isoler de
l'intérieur des terres, quant à l'assiéger
par mer, c'était une autre paire de manches :
les Perses, puis les Arabes s'y casseront les dents
pendant des siècles !
Voilà, il me semble que je n'ai oublié
aucune hypothèse sur cette "énigme historique"
chère à Ferdinand Lot. |
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| 12 Novembre 2001 |
| Marc a écrit : |
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| Toujours content de lire la
suite de votre intéressant courrier.
Et bien sûr, toujours l'envie
de réagir.
1.
À propos des Africains.
Si je ne m'abuse, le mot Africa pour les Romains
ne représente pas la même région
du monde que pour nous. C'est comparable au mot Asia,
qui pour eux ne couvre que ce que nous appelions Asie
mineure, aujourd'hui Turquie. Lorsque les Européens
découvrirent qu'il y avait tout un continent
au-delà de l'Inde, ils n'eurent pas plus d'imagination
que les ministres des Finances qui ont baptisé
l'euro : ils se contentèrent d'utiliser un nom
qui voulait dire autre chose.
Même chose pour l'Afrique. Pour un Romain classique,
l'Afrique c'est la Tunisie actuelle. J'ignore si, comme
vous le présentez, on appelait Africain un Numide
(Maroc) ou un Égyptien, a fortiori un Blemmye
ou un Nobade (Soudan). Lors des Grandes Découvertes,
le Tout a pris le nom de la Partie. Mais cela a pris
un certain temps : au XVe siècle on ne parle
pas d'Afrique pour parler des contrées subsahariennes
côtoyées par les explorateurs portugais.
Aujourd'hui, cela a encore évolué. Quand
on dit Africain, on ne pense plus géographie,
on pense race. Au point que de purs Américains
se qualifient d'African-American sous prétexte
qu'ils sont Noirs. Et a contrario, on dit Maghrébin
ou Arabe plutôt que Nord-Africain.
Bref, les papes et empereurs "africains" n'étaient
pas plus noirs que les Belges d'aujourd'hui ne sont
Celtes... ou braves !
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| RÉPONSE : |
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| Pour le courage des Belges, anciens ou modernes, je
ne me permettrai pas le moindre commentaire : la modestie
m'étouffe !
C'est toujours un plaisir renouvelé (et intelligent)
que de vous lire ainsi que de constater "qu'il y en a
qui suivent", comme on dit dans les milieux professoraux.
"C'est nous les Africains qui revenons de loin !"
disait la vieille chanson. Quant aux Africains romains,
vous avez donc mille fois raison de mettre les points
sur les "i" de "Numidie" : ils ne venaient pas de si loin
que ça. Finalement, moi non plus, je ne sais pas
trop si, après l'époque classique, l'appellation
"Africain" contrôlée s'est élargie
à tous les habitants de l'Afrique du Nord, du Maroc
à la Libye.
Haïssant subitement cette mortelle incertitude,
véritable plaie béante de mon inculture
que vous venez de remettre à vif, j'ai pris mon
courage à deux mains et, de l'autre, l'imposant
"Dictionnaire Historique de la Langue française"
(Robert) pour y lire avec un intérêt non
dissimulé que "le mot Africa désigne
en latin la partie connue par Anciens de ce continent,
essentiellement la province occupée par Rome au
milieu du IIe siècle av. J.-C. et auparavant nommée,
d'après le grec, Libya, province correspondant
à l'Est du Maghreb".
Au départ, l'Afrique, ce serait donc la
Libye. Mais continuons cette intéressante
lecture :
"Plus tard (après plus d'un siècle), l'Africa
s'étend à la Numidie (Africa nova)
puis, non officiellement, à la Mauritanie".
Donc chez les Romains, l'appellation "Afrique"
recouvrit d'abord la Tunisie puis s'étendit, un
peu abusivement, aux régions qui correspondent
actuellement au Nord de l'Algérie et au Nord-Est
du Maroc.
C'était tout ce qu'il nous fallait savoir, mais
achevons quand même de lire l'article étymologique
de ce bon vieux Robert, juste histoire d'enrichir notre
culture générale :
"Le latin Africa et le grec Aphrikê sont
probablement issus du nom indigène d'une tribu
berbère (en latin Afer, pluriel Ifri).
D'autres origines ont été évoquées,
comme l'arabe afar (poussière et terre),
qui correspond à l'hébreu 'afar (akkadien
epiru, poussière) ; on a aussi supposé,
en s'appuyant sur l'usage carthaginois pour désigner
les tribus voisines de Tunisie, un nom punique (langue
sémitique) de racine frq dénotant
le partage, pour désigner des terres colonisées.
Le terme arabe Ifriqiya vient lui-même du
latin ".
Voilà !
Alors, si j'ai bien compris, Septime
Sévère, qui naquit à Leptis Magna
(Libye), peut, à juste titre et très officiellement
être considéré comme un "empereur
africain", tandis que son troisième successeur,
l'empereur Macrin
ne peut l'être qu'à titre "officieux", lui
que la naissance prit du côté de la Maurétanie
césarienne (auj. Nord de l'Algérie). |
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2.
Romulus le Grand
En effet, belle pièce de Dürrenmatt (qui
est suisse, je crois ?). Mais ne parlons pas de "jeune"
Romulus : dans la pièce c'est un homme d'âge
mûr qui vit avec sagesse un changement de régime
que tout son entourage attend avec effroi. La pièce
n'a rien d'historique, c'est une réflexion sur
la façon d'accepter l'évolution des choses
et de la société. Quel plus beau contexte
symbolique que la fin officielle de l'Empire Romain
?
3.
Un de vos correspondants vous reproche vos jugements
moraux. Il n'a rien compris ! C'est justement cela
qui rend votre site si agréable et vivant. Si
nous voulions de l'histoire pure et désincarnée,
nous pouvions la trouver partout ailleurs. Surtout ne
changez rien, c'est comme ça qu'on vous aime
!
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| RÉPONSE : |
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| Un grand merci pour vos éclaircissements quant
à pièce "Romulus" de Durrenmatt. Mes souvenirs,
fort lointains, étaient très confus. Quant
à ces fameux "jugements moraux", rassurez-vous
: je voudrais me brider que je n'y parviendrais pas. |
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| 20 Novembre 2001 |
| Marc a écrit : |
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| Je fais présentement
des recherches sur les costumes de Jules César.
Pourriez-vous m'aider à
trouver des photos de lui en différents costumes
où il serait possible de distinguer les couleurs ? |
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| RÉPONSE : |
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| Un très belge artiste de variétés
nommé "le Grand Jojo" chantait jadis - je vous
fais grâce du texte exact et complet du "poème"
- que "Jules César ne portait pas de falzar
pour qu'on voie ses belles jambes de super star".
Donc point de pantalon pour le grand Jules, mais de cela,
nous nous en serions bien doutés !
Bien plus fiable que le "Grand Jojo",
l'historien latin Suétone (début du
IIe siècle ap. J.-C.) écrivit que
César
était plutôt coquet : "Il attachait
trop d'importance au soin de son corps; et, non
content de se faire tondre et raser de près,
il se faisait encore épiler, comme on le
lui reprocha. Il supportait très péniblement
le désagrément d'être chauve,
qui l'exposa maintes fois aux railleries de ses
ennemis. Aussi ramenait-il habituellement sur son
front ses rares cheveux de derrière ; et
de tous les honneurs que lui décernèrent
le peuple et le sénat, aucun ne lui fut plus
agréable que le droit de porter toujours
une couronne de laurier. On dit aussi que sa mise
était recherchée, et son laticlave
(= sa toge ornée d'une large bande pourpre)
garni de franges qui lui descendaient sur les mains.
C'était toujours par-dessus ce vêtement
qu'il mettait sa ceinture, et il la portait fort
lâche; habitude qui fit dire souvent à
Sylla, en s'adressant aux grands: "Méfiez-vous
de ce jeune homme, qui met si mal sa ceinture."
(Suétone, Vie
des 12 Césars, Vie du Divin Jules,
XLV)
Cela dit, il n'existe, naturellement,
aucun moyen de savoir précisément
comment César
s'habillait quotidiennement, ni de quelle couleur
étaient ses vêtements. Les statues
antiques (dont la polychromie a disparu) le représentent
toujours - et c'est bien naturel - en général
victorieux (donc en costume militaire) ou en membre
éminent du Sénat (donc en toge). Il
est cependant probable que, dans la vie de tous
les jours, César,
comme tous les aristocrates Romains de ce temps-là,
s'habillait "à la grecque", c'est-à-dire
vêtu d'une tunique. |
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Vous trouverez ci-dessous quelques liens vers des pages
(pour la plupart en Anglais) où figurent des représentations
de ces statues. Je fais également figurer quelques
liens vers des sites traitant (le plus souvent en Anglais)
de l'habillement dans l'Antiquité.
Statues de Jules :
- Une fort belle photo de Jules : Clic
!
- Statue au Forum Julien de Rome : Clic
!
- Jules, toujours en général romain
(Statue du Musée du Capitole) : Clic
!
- Idem : Clic
!
- Une reproduction, à vendre : Clic
!
- Jules en toge : Clic
!
- Statue (Moderne) de Jules assis, à Bonn (Allemagne)
: Clic
!
Sites sur les vêtements dans l'Antiquité
romaine :
Enfin, rien que pour le "fun", quelques "reconstructions"
modernes des vêtements du grand Jules et d'autres
romains :
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| 21 Novembre 2001 |
| Sebast2002 a écrit
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| Je voudrais savoir si dans l'empire
étaient organisées des "croisières"
;c'est-à-dire si le passager devait payer le billet
ainsi que toutes classes de passagers ; je sais d'après
un livre de mon arrière grand père (il était
historien écrivain ) que pour aller d'Ostie à
Fréjus on mettait par temps beau fixe et vent moyen
7 jours, merci de m'éclairer.
Sur le temple de Mars vengeur
j'ai trouvé qu'à l'extrémité
de ses bords se trouvaient deux fontaines (peut être
des nymphées?) et que le temple était réservé
aux cultes de Mars vengeur, Iules César et Vénus
? Ça fait beaucoup de monde dans ce temple ? |
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| RÉPONSE : |
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| Un grand merci pour ces infos sur le Temple de
Mars Vengeur (Ultor). Il était tout à
fait normal d'honorer dans ce seul édifice le grand
Jules, son aïeule Vénus et Mars, le dieu de
la guerre, dont la soif de vengeance avait été
assouvie à la bataille de Philippes où Brutus
et sa clique avaient été liquidés.
Quant à la promiscuité qui devait régner
dans ce temple, avec tous ces dieux ou demi-dieux représentés,
ne vous en souciez pas trop ! Les purs esprits n'ont pas
pour habitude de se marcher sur les pieds
En outre,
ces divinités "païennes" qui, depuis le "deal"
de Prométhée, se contentaient des fumées
de l'encens et de celles des sacrifices, elles étaient
nettement moins exigeantes, et aussi beaucoup moins encombrantes
que nos Dieux modernes !
En ce qui concerne les voyages dans l'Antiquité
romaine, j'ai moi aussi lu en son temps (mais je ne
me rappelle plus où) que, par beau temps, il n'aurait
pas fallu plus de dix jours pour naviguer d'Ostie à
Alexandrie d'Égypte
Ce qui me paraît
quand même un exploit !
Cependant, même s'il n'est pas douteux que la navigation
fut plus aisée à l'époque romaine
que dans les plus siècles suivants, il me semble
assez douteux - et c'est un euphémisme - qu'il
existât en ce temps-là des "croisières-s'amuse"
comparables à celles d'aujourd'hui, avec réservations,
billetterie, cabines de luxe et dîner de gala à
la table du commandant !
Même si la civilisation "gréco-romaine"
fut particulièrement brillante, bien des contingences
s'opposaient à l'émergence d'un "tourisme
de masse", voire d'un tourisme "tout court". Il serait
fastidieux d'entrer dans des détails socio-économiques,
mais il ne faut jamais perdre de vue que, comme toutes
les populations anciennes, la majorité des habitants
de l'Empire romain vivaient dans une situation précaire.
Il suffisait que quelques années de mauvaises récoltes
pour que le prix du blé flambe et que la plupart
des familles passent d'une relative aisance à la
misère la plus noire ! En outre, la navigation
restait dangereuse (tempêtes et ces pirates que
la fameuse "Paix romaine" ne parvint jamais à éradiquer),
très coûteuse, et les conditions de (sur)vie
sur la plupart des navires étaient épouvantables,
tant pour les matelots que pour les rares passagers :
confort nul, nourriture rare ou malsaine, absence d'hygiène
On ne prenait donc pas le bateau pour le plaisir, mais
parce qu'on y était obligé ! D'autant plus
que les Romains n'eurent jamais le pied marin
Ce qui, en revanche, semble bien avoir existé
- et nous en revenons aux temples -, ce sont des pèlerinages
fort fréquentés. Par exemple, chaque année
jusqu'aux environs de 70 ap. J.-C., des dizaines de milliers
de Juifs venus des quatre coins de l'Empire se rendirent
à Jérusalem pour y célébrer
la Pâque (et, accessoirement, verser au Temple le
tribut requis). Mais ce n'était pas là non
plus un voyage d'agrément !
Il y avait aussi d'autres pèlerinages "païens"
qui rassemblaient des foules considérables et hétérogènes.
À Éleusis, naturellement, mais aussi en
Asie mineure (Turquie actuelle) où étaient
particulièrement vénérés le
dieu-médecin Asclépios et Apollonios de
Tyane, et à Pergame. Mais ici encore, l'intense
"merchandising" qui se développait autour
de ces centres de pèlerinage semble montrer que
les "foules" qui fréquentaient ces lieux-saints
étaient surtout composées de gens "qui avaient
les moyens". Outre les nombreux "indigènes", on
n'y voyait sans doute pas des masses de paysans gaulois
ou de plébéiens romains, mais surtout des
personnes issues de l'aristocratie ou de la haute "bourgeoisie",
qui avaient assez d'argent pour naviguer confortablement
dans des "yachts" privés, ou qui avaient le temps
de voyager (en litière) par voie terrestre.
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| 26 Novembre 2001 |
| Tabata a écrit : |
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| Nous (élèves de
latin) faisons une recherche sur le cursus honorum
pour les cours et nous aimerions avoir des documents à
ce sujet. |
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| RÉPONSE : |
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| Si j'en crois une vieille encyclopédie,
le "Cursus honorum" (" le cours, la carrière
des honneurs") fut fixé en 180 av. J.-C. par la
"Lex Villia Amalis" qui établissait l'âge
minimum requis pour accéder aux magistratures romaines
: 28 ans pour les questeurs (plus tard, 30 ans), 30 ans
pour les préteurs et 43 ans pour les consuls. Il
paraît aussi que ce grand bavard de Cicéron
effectua un "cursus honorum" des plus exemplaires : il
en gravit tous les échelons "suo anno" (c'est-à-dire
à l'âge minimum prescrit).
Naturellement, ces magistratures "républicaines"
évoluèrent sensiblement au fil des siècles.
Ci-dessous quelques liens qui devraient peut-être
vous permettre d'y voir un peu plus clair :
(Liste vérifiée
et complétée le 29 Octobre 2005)
- Encyclopédie Wkipédia - Cursus honorum
: Clic
- C'est en anglais, mais ce n'en est pas moins clair
comme de l'eau de roche ! Une fort intéressante
récapitulation des magistratures aux temps de
la République : Clic
!
- Site de Philippe Remacle - Les institutions romaines
: Clic
!
- Site Orbis romanum - la république romaine
: Clic
- Site kvhigh.com - La République romaine : Clic
!
- Site SPQR - Le Cursus honorum : Clic
!
- Site Histoire romaine - Les Institutions romaines
: Clic
!
- Site Noctes Gallicanae - Cursus honorum sénatorial
sous l'Empire (en détail) : Clic
!
- Site d'Emilia Robin - Cursus honorum sous l'Empire
(tableau récapitulatif) : Clic
!
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| 27 Novembre 2001 |
| Hugues a écrit : |
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| Je suis à la recherche
d'infos sur Marcus. Pouvez-vous m'éclairer
?
Les motivations de ma requête
sont simples et peuvent vous apparaître un peu irrationnelles.
Nous attendons un second enfant pour début mars
et envisagions de l'appeler Marcus. Je souhaitais simplement
avoir quelques traits de caractères d'illustres
Marcus pour évaluer la pertinence de notre choix.
Votre approche historique me serait
appréciable. |
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| RÉPONSE : |
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| Il n'est pas si simple de vous répondre en
quelques lignes.
Que je m'explique : les anciens Romains n'utilisaient
en tout et pour tout qu'une petite dizaine de prénoms.
Tous ces gens s'appelaient Aulus, Caius, Lucius, Gnaeus,
Tiberius
ou Marcus ! Et si, de passage dans
la Ville Éternelle aux temps de son antique splendeur,
vous aviez crié : "Hé ! Marcus !"
dans la rue, des centaines de têtes se seraient
tournées dans votre direction ! Avec tous les Marcus
de Rome, on aurait pu former un parti politique ou lever
une armée ; et avec tous ceux qui habitaient l'Empire
romain, on aurait pu peupler toute une province. Les Marcus,
en gros, représentaient sans doute à eux
seuls un bon dixième de la population de la Ville
et Monde !
Ceci pour vous dire que des empereurs romains se prénommant
Marcus, il y en a eu une flopée ! Des bons
et mauvais, des sadiques et des tendres, des généreux
et des radins, des courageux et des lâches, des
philosophes et des terre-à-terre
Et, naturellement,
il est aussi illusoire d'espérer trouver des traits
de caractère communs à tous ces impériaux
Marcus qu'une similitude de goût entre le marc de
Bourgogne et le marc de Gewurztraminer (si je puis me
permettre cette comparaison hasardeuse). Exemple parmi
d'autres : l'austère et rigoureux Marc
Aurèle (Marcus Aurelius Antoninus) ne ressemble
en rien au cruel "Marcus" Caracalla
!
Je ne puis naturellement entrer ici dans les détails,
mais si, de votre côté, vous souhaitez vous
faire une idée du caractère de quelques-uns
de ces Marcus qui gouvernèrent l'Empire romain,
voici les liens menant à leurs notices biographiques
(je n'ai repris que les empereurs les plus "importants")
:
Et, au cas où vous les auriez pas encore dénichés
sur le Net, deux sites sur les prénoms (en général)
:
- 25.000 prénoms : Clic
!
- E-prénoms - origine, étymologie des
prénoms : Clic
!
Pour terminer, permettez-moi de vous présenter
mes meilleurs vux pour l'heureux événement
du mois de mars prochain. Beaucoup de bonheur au futur
petit Marcus, et tous mes compliments à sa maman
ainsi qu'à son grand frère (ou grande sur)
! |
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| 29 Novembre 2001 |
| Kymie a écrit
: |
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| J'ai un problème, je
dois faire un exposé sur Jules César
et Néron, j'ai regardé un peu le site
et j'ai bien vu qu'il était plus que complet...
Mais je ne comprends pas tout et j'aurai besoin de renseignements
sur leur vie privée, de tous les jours
en
moins compliqué ! |
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| RÉPONSE : |
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| Il m'est naturellement difficile de réécrire
"en plus simple" les notices consacrées à
César et Néron. Cependant, d'autres pages,
sur d'autres sites, te procureront sans doute les infos
que tu recherches. Je pense en particulier à ces
deux pages - travaux étudiants également
- qui traitent justement du grand Jules et de son arrière
arrière petit-fils :
- colstjean.free.fr - Jules César : Clic
!
- colstjean.free.fr - Néron : Clic
!
Toujours concernant Jules César, ces pages
fort bien faites, très claires, et ingénieusement
illustrées :
Tu trouveras sans doute aussi d'autres renseignements
dans ces autres pages qui présentent des notices
biographiques moins développées (et peut-être
moins "compliquées") que les miennes, mais au demeurant
excellentes :
Sur César :
Dernière chose : à ma connaissance, il
n'existe pas - et c'est regrettable - de sites français
consacrées exclusivement à la vie quotidienne
dans l'ancienne Rome. Mais tu trouveras peut-être
des choses qui pourraient t'intéresser à
ces adresses :
- Académie de Versailles : La vie dans la cité
et en dehors : Clic
!
- Histoire de la civilisation romaine : Clic
!
NB.
POUR ALLER RAPIDEMENT À L'ESSENTIEL, CONSULTEZ
L'ABRÉGÉ DES EMPEREURS ROMAINS,
TOUS LES EMPEREURS EN 2 PAGES WEB :
CLIC
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