|
Septembre 2001 (page 2/2)
Sommaire du mois de Septembre : Clic
!
|
| |
| 18 septembre 2001 |
| Chrialdtal a écrit
: |
| |
| Je cherche désespérément
la réponse à cette question : La plupart
des statues romaines ont été détruites,
grâce à quel malentendu la statue équestre
de Marc Aurèle n'a-t-elle pas été
détruite ?
J'espère que grâce
à vous j'aurai cette réponse. |
| |
| |
| RÉPONSE : |
| |
| Ne cherchez plus "désespérément"
: vous avez trouvé ! Vous aurez même droit
à deux réponses pour le prix d'une : l'une
"officielle", l'autre plus "fantaisiste". Il faut bien
que moi aussi, je me fasse plaisir en faisant un peu travailler
mon imagination !
Il est assez difficile de trouver
le motif d'actes qui n'ont pas été
exécutés. Tout ce que je sais de source
sûre, c'est que la statue équestre
de Marc
Aurèle, qui orne actuellement la
place du Capitole à Rome, se trouvait auparavant
dans la basilique de Saint-Jean de Latran. Ce n'est
qu'en 1537 que Michel-Ange fit effectuer le déplacement
de l'uvre, dans le cadre des travaux de rénovation
de la place en question.
Quant à savoir pourquoi cette statue d'empereur
païen est restée si longtemps intacte
dans une église chrétienne, c'est
une autre histoire ! D'autant plus que Marc
Aurèle, qui fit exécuter le philosophe
chrétien saint Justin ainsi que les "Martyrs
de Lyon" (saint Pothin, sainte Blandine et consorts),
n'a franchement pas fort bonne presse chez les historiens
de l'Église !
Évidemment, me direz-vous, au Moyen Age,
l'artillerie n'avait pas encore été
inventée et l'on n'avait pas encore besoin
de bronze pour fondre des canons ! D'accord, mais
cette magnifique statue aurait tout aussi bien pu
servir à confectionner de belles cloches,
bien canoniques !
Le site de l'Académie de Grenoble (Clic
!) signale qu'une confusion entre Marc
Aurèle et Constantin,
premier empereur chrétien, explique la préservation
de la statue équestre de Marc Aurèle.
Cette explication "officielle" ne me satisfait
guère. En effet, il me semble hautement douteux
que les Chrétiens des IVe et Ve siècles,
époque à laquelle la statue est probablement
arrivée au Latran, aient pu confondre leur
(presque) contemporain saint Constantin
le Grand, dont ils connaissaient sûrement
d'autres effigies, avec cet empereur païen
disparu depuis plus de deux siècles et qui,
en outre, avait persécuté le christianisme.
|
|
Moi, je me demande plutôt si, aux premiers siècles
de l'ère chrétienne, en ces temps difficiles
des invasions barbares où le métal était
rare, cette statue en bronze massif n'a pas été
considérée comme une réserve monétaire
et mise à l'abri dans l'endroit le plus sûr
de Rome : l'église de l'évêque de
la Ville. Ensuite, après le VIIIe siècle,
ça ne m'étonnerait guère que cette
imposante effigie d'un bel empereur barbu ait été
prise pour la représentation de Charlemagne plutôt
que celle de Constantin.
Naturellement, considérée comme celle de
"l'Empereur à la Barbe fleurie", promu au rang
de "saint Charlemagne", la statue du païen Marc
Aurèle devenait intouchable !
Quoi qu'il en soit, si les "Chrétiens des temps
barbares" avaient pu confondre Marc Aurèle et Charlemagne,
ce ne fut plus le cas de ceux de Renaissance. Eux, qui
avaient réappris à lire et écrire
le grec, connaissaient parfaitement Marc
Aurèle
et s'ils appréciaient sa
philosophie stoïcienne, ils savaient pertinemment
que son effigie n'avait guère sa place dans une
église chrétienne. C'est sans doute pourquoi
Michel-Ange effectua le déménagement de
cette statue avec l'accord du pape régnant (Paul
III) et sans risque être accusé de profanation
de reliques. Ce qui n'aurait pas été peut-être
pas été le cas pour "saint
Constantin "
Voici mon explication. Naturellement je n'ai aucune preuve
pour étayer ces assertions gratuites, mais je trouve
néanmoins cette hypothèse plus "élégante"
Toutefois, dans un cadre scolaire, je vous conseille vivement
de vous en tenir à la version "officielle" et à
l'équation Marc
Aurèle = Constantin.
A
propos de la statue équestre de Marc Aurèle,
voyez aussi également une autre réponse de Mars 2001 : Clic ! |
|
| |
| |
|
| |
| 24 Septembre 2001 |
| Marc a écrit : |
| |
| 1.
Je voudrais juste savoir comment insérait-on
des galères lors des naumachies dans l'amphithéâtre
Flavien (avant que les souterrains furent construits)
? - Et y a-t-il eut d'autres naumachies dans le Colisée
après la construction des souterrains ? |
| |
| |
| RÉPONSE : |
| |
| À vrai dire, tu m'as tout l'air de connaître
l'amphithéâtre des Flaviens (Colisée)
mieux que moi, car si je savais qu'il recelait des souterrains,
j'ignorais que ceux-ci étaient utilisés
lors des naumachies. L'édifice étant
rempli d'eau lors de ces joutes nautiques, je pensais
que le seul souci des organisateurs devait être
l'étanchéité des lieux et que, de
ce fait, les souterrains devaient être, pour l'occasion,
inutilisables et inutilisés
Du moins en ce
qui concerne la "machinerie de scène". Mais, naturellement,
je ne suis pas un spécialiste ni en architecture
ni en logistique événementielle dans l'Antiquité.
Quant aux galères utilisées pour ces naumachies
"in door" il s'agissait évidemment de modèles
réduits. Sinon il eût été impossible
de faire évoluer les "flottes" romaines et "barbares"
entières. Évidemment, cette taille (relativement)
réduite des embarcations favorisait grandement
le montage de ces barques (à l'extérieur
de l'amphithéâtre), leur transport en pièces
détachées et leur remontage sur la piste
avant la "mise en eau" de l'édifice.
À mon avis, cela devait se passer à
peu près comme de cette façon, mais comme
je ne connais pas de récits de contemporains qui
relatent une "naumachie" (à part celle de l'empereur
Claude dont je t'ai déjà parlé :
Clic !). Ce sont
peut-être là de pures spéculations
de ma part. |
| |
| |
| |
| 2.
Encore une question (ou d'autres)
- Je sais que Domna, la mère
de Marcus Aurelus Antonius, a été
un moment impératrice ? Mais je ne sais pas grand-chose
sur elle. Aussi, y a-t-il eu d'autres impératrices
à Rome ?
J'ai tellement de questions
- As-tu des infos sur la Forma
Urbis et des descriptions ? J'ai la numération
des monuments à faire (DUR)
|
| |
| |
| RÉPONSE : |
| |
Julia Domna était,
en effet une "impératrice". C'était
l'épouse de Septime
Sévère et la mère de Marcus
Aurelius Antoninus Bassianus, alias Caracalla.
J'évoque d'ailleurs cette illustre matrone
dans les notices consacrées à ces
empereurs. ( Clic
! et Clic
!).
Il y eut, bien sûr, d'autres impératrices
(en latin Augusta) que cette Julia Domna.
Depuis Livie
(épouse d'Auguste)
aux débuts de l'Empire, jusqu'à Galla
Placidia, mère de Valentinien
III, à son extrême fin, les exemples
ne manquent pas. En général, tout
empereur soucieux de fonder une dynastie tenait
à décerner ce titre à la mère
de ses fils. J'ai déjà eu l'occasion
d'évoquer cette question dans une réponse
à un autre internaute qui s'interrogeait
sur la profusion de pièces romaines à
l'effigie de ces dames (Clic
!)
Jusqu'à la lecture de ton mail, j'ignorai
tout de cette "Forma Urbis", ce plan
de Rome du IIe siècle. Je n'ai donc d'autres
renseignements à ce sujet que les deux liens
(en anglais et italien) que je viens de dégoter
pour savoir que quoi tu pouvais bien me parler.
Je les reprends ci-dessous au cas où ils
tu ne les aurais pas encore repérés
:
- The Digital Forma Urbis Roma Project : Clic
!
- Forma Urbis Romae - Digital Acquisition : Clic
!
Peut-être le site "Plan et maquette de Rome"
de l'Université de Caen (Clic
!) te serait-il également utile pour
ton dur labeur sur les monuments romains ?
|
|
|
| |
|
| |
| 25 Septembre 2001 |
| Guillaume a écrit : |
| |
| Je voudrais avoir plus d'informations
sur ceux qui font le site
car j'ai l'intention
d'utiliser certaines informations qui est sur votre site
pour rédiger mon mémoire de Démarche
d'intégration des acquis
qui pour sur la
propagande sous Auguste
Alors pour ma médiagraphie,
je dois avoir certains renseignements par rapport aux
auteurs
|
| |
| |
| RÉPONSE : |
| |
| Je suis ravi d'apprendre que mes pages Internet vous
ont été utiles pour la rédaction
de votre mémoire.
Quant aux renseignements que vous me demandez, ils se
résument à bien peu de chose : moi-même,
votre serviteur "Lucien J. Heldé" (pseudonyme forgé
sur mes initiales "JLD" - mais ce c'est ni Jean-Luc Dehaene
ni Jean-Luc Delarue), suis bien le seul concepteur (Webmaster)
du site Empereurs
romains, l'unique auteur de toutes les notices biographiques
de ce site et le seul responsable de toutes les réponses
de la section "Courrier
des lecteurs". |
| |
| |
|
| |
| 28 Septembre |
| Carl-Stéphane
a écrit : |
| |
| Je viens de terminer après
de longs mois (par manque de temps et certainement pas
d'intérêt) la lecture de toutes les notices
sur chaque empereur et de pas mal de renvois de votre
site.
Mes études latines sont
bien loin et n'étant pas historien, j'en ai tiré
un grand plaisir et j'y ai aussi beaucoup appris, mais
ne peux donc soupeser cela d'un il critique appuyé.
J'apprécie à sa juste valeur (je crois)
la somme extraordinaire de travail que cela a dû
représenter et représente encore si vous
voulez réactualiser le site de temps à autre.
Je tiens franchement à vous féliciter pour
cette compilation et à vous remercier pour le plaisir
que sa lecture m'a procuré.
Néanmoins, (il en faut toujours
un, n'est-ce pas ?) j'ai une petite remarque. Il ne s'agit
en rien d'une critique, mais bien d'une petite réticence
liée à une certaine crainte.
Je m'explique.
Je perçois tout au long de vos notices une certaine
- comment dire - exaspération ou même
opposition vis-à-vis de l'Église catholique.
je crois que c'est le moins qu'on puisse dire. Je ne sais
(et en fait, cela ne me regarde pas) si cette anti-catholicité
s'exprime vers l'église des diverses époques
concernées, ou aussi vers l'église actuelle.
Mon impression est que vous n'êtes pas très
porté sur la religion chrétienne. C'est
votre droit et je n'ai rien à y redire. Je suis
moi-même franchement loin d'être bigot et
de supporter l'église en toutes circonstances.
Vous pourriez me répondre
en plus qu'à la lecture de vos textes, vous en
annoncez plus ou moins la couleur et que cela est assez
évident, et que le lecteur est assez grand pour
faire lui-même la part des choses et être
capable de différencier vos opinions et commentaires
personnels et la réalité ou le bien-fondé
de certains éléments ou de certaines analyses.
C'est exact que la majorité
en seraient capables et, au fond, c'est à nous,
lecteurs, de "trier le bon grain de l'ivraie"
pour faire une petite allusion biblique
Jusqu'ici toujours pas de réticence
de ma part direz-vous. Ma réticence porte sur le
fait que probablement de nombreux jeunes lecteurs
sont ou seront amenés à consulter votre
site et à s'en inspirer pour des travaux d'école.
Et là, je crains que leur sens critique ne soit
pas encore toujours suffisamment développé
que pour bien percevoir qu'en de nombreux cas, vous vous
exprimez clairement à titre personnel et qu'il
ne s'agit pas "paroles d'évangiles" à avaler
et croire à tout prix.
Ce qui me gêne donc, c'est
parfois pour ces jeunes de n'avoir pas la possibilité
personnelle de peser le pour et le contre de votre texte,
qui est, admettons-le, loin d'être neutre (ce que
je ne regrette pas, car cela a le mérite de le
rendre vivant et agréable à lire au contraire
de beaucoup de manuel scolaire plutôt ennuyeux).
Qu'en pensez-vous ? Je serais flatté
si vous aviez une réaction à mon commentaire
et que vous ayez la gentillesse de m'en faire part.
De toute manière, encore
un grand merci. Et j'espère un jour pouvoir lire
les notices d'un site "Empereurs d'Orient"
Qui sait
? |
| |
| |
| RÉPONSE : |
| |
| C'est vraiment un plaisir de recevoir
un mail comme le vôtre
Pas seulement pour
tous ces beaux compliments, dont je suis très flatté
et dont je vous remercie, mais aussi pour votre "néanmoins",
ô combien pertinent.
Mon site est-il violemment "anti-chrétien",
ou "anti-catholique", ou "anti-ecclésial",
voire "anti-calotin" (biffez la mention inutile)
? À vrai dire, je ne le pense pas. Je conçois
volontiers que je présente les Chrétiens
des premiers temps sous un jour un peu particulier.
J'admets aussi que cette vision, qui m'est propre,
peut, éventuellement, choquer certains chrétiens
d'aujourd'hui
Mais, jamais au grand jamais
ma prose n'attaque mes contemporains chrétiens.
J'ai d'ailleurs déjà eu l'occasion
de m'expliquer à ce sujet à d'autres
internautes. Mais comme je ne sais si, dans votre
lecture exhaustive (dont je suis, par parenthèses,
époustouflé) vous avez pris connaissance
de ces "justifications", trouvez bon que je mentionne
ici les liens qui y mènent : Clic
! et Clic !
Ce que je disais "in illo tempore" (moi
non plus, je n'ai pas oublié mes Évangiles)
reste, en gros, valable aujourd'hui : pas d'acharnement
conscient de ma part, et, à ce jour, pas
de réaction indignée de la part de
bons chrétiens outrés !
Votre objection finale est également fondée.
C'est une question qui, dès le moment où
j'ai pensé mettre mes idées saugrenues
sur la Toile, n'a pas été sans tarabuster
quelque peu ma conscience
Et c'est pourquoi
j'ai, en général, soigneusement placé
ces "réflexions personnelles sur l'origine
du Christianisme" en fin de notice, afin de les
séparer - ne serait-ce que par un alinéa
plus important - de ce qui était moins "sensible"
idéologiquement.
Alors, ces textes malgré tout "engagés"
ne sont-ils pas susceptibles de "polluer l'esprit"
(comme aurait dit feue ma très chrétienne
sainte mère) de jeunes lecteurs encore
dénués d'esprit critique ?
Pas simple de répondre à cette question
Je vous dirai simplement ceci : oui certainement,
mes textes peuvent influencer de "jeunes lecteurs
non avertis" mais
-
Bof ! Avec toutes les horreurs que véhicule
le Net, une de plus ou de moins, quelle importance
!
Une réponse irresponsable ! et je
ne suis pas irresponsable. |
|
Alors, plus sérieusement :
- Puisque j'écris "pour tout le monde", dois-je
m'autocensurer pour complaire à certains ou en
ménager d'autres, au risque n'être plus
sincère et/ou de tomber dans "politiquement correct"
le plus fadasse ?
Ça c'est un argument égoïste.
- Si ces notices sont utilisées dans le cadre
scolaire, j'espère que les profs rectifieront
le tir, et, comme vous le dites, sépareront le
bon grain (les "vérités historiques
indubitables), de l'ivraie (mes élucubrations
partisanes).
Mais ça, c'est peut-être un peu
utopique.
- Prenons en compte le rôle pédagogue d'Internet.
Il est particulièrement formateur pour les jeunes
d'être confronté à des opinions
contradictoires. Vu la richesse du Web, mon parti pris
anti-chrétien sera certainement et amplement
corrigé par d'autres sites, plus sérieux
ou plus engagés "à droite".
Un argument plus valable que les précédents,
mais encore fort utopiste !
Comme vous voyez, ce n'est pas facile !
Si je puis me permettre de vous dire le fond de ma pensée,
si j'ai écrit ces textes c'est aussi un peu pour
lutter, à ma façon et avec mes pauvres moyens,
contre l'intolérance et contre le fanatisme. Je
pense qu'il n'est peut-être pas inutile de signaler,
tant aux jeunes qu'aux autres, que les dogmes religieux,
bien que présentés comme irréfutables
parce que d'origine divine, ne sont le plus souvent
(vous voyez comme je suis prudent) que des créations
humaines, donc contingentes, tributaires de conditions
historiques données.
Naturellement, je ne parle que de la religion chrétienne,
parce que c'est celle dans laquelle j'ai été
élevé, mais cela vaut pour toutes les "religions
révélées", Islam et judaïsme
compris.
Dès lors, je pense très sincèrement
que je ne suis pas damnable si je "pollue l'esprit" de
jeunes en leur insinuant le doute, en leur susurrant à
l'oreille qu'en matière de foi (surtout), il n'existe
pas de "Vérité", avec un grand "V", mais
des vérités relatives ; que tous ces dogmes
contradictoires étant par nature improuvables,
tous ceux qui les professent méritent un égal
respect
et surtout, et comme le disait Brassens,
qu'aucune idée ne vaut ni qu'on meure pour elle
ni qu'on donne la mort pour elle
avec un Boeing
ou autrement .
P.S. Vous me dites que vous avez commencé la lecture
de mon site il y a quelques mois déjà. À
cette époque, les biographies des premiers empereurs
(de César à Claude) n'étaient encore
qu'ébauchées. Depuis, elles se sont considérablement
enrichies. peut-être n'avez-vous pas encore lu ces
nouvelles versions ? |
| |
| |
|
| |
| 29 Septembre 2001 |
| Serge
Bilé a écrit : |
| |
| Je découvre
par hasard votre site et votre perplexité sur les
papes africains.
Je suis au regret de vous apprendre
(je prépare d'ailleurs pour la télévision
un documentaire sur le sujet) qu'il y avait bel et bien
3 papes africains comme le confirme d'ailleurs le "Liber
Pontificalis" la bible des pontifes au Vatican, le
Vatican qui, comme vous le savez n'a pas la même
notion de frontières que les Romains : la vie de
l'église - les persécutions l'attestent
- c'est autre chose.
Pour votre info encore, je viens
de terminer un documentaire sur un "saint noir" du
IIIe siècle, un soldat égyptien enrôlé
dans l'armée romaine et qui est mort dans le Valais
suisse.
Eh bien savez-vous ce qui lui est
arrivé ? Pour ne pas reconnaître qu'un noir
(la couleur du mal) pouvait accéder à la
sainteté, on l'a "blanchi" sur les gravures. Fort
heureusement, les Allemands, qui étaient bien plus
ouverts à l'époque, ont eu le courage de
le représenter tel qu'il était. Statue que
vous pouvez voir aujourd'hui à la cathédrale
de Magdeburg près de Berlin.
Donc attention !!! Avant d'affirmer
des choses de façons péremptoires, il faut
se renseigner.
Je vous conseille au passage, puisque
vous êtes passionné par l'époque romaine,
de vous procurer un excellent livre : l'image du noir
dans l'art occidental. Le volume 1 qui va des pharaons
à la chute de l'empire romain. |
| |
| |
| RÉPONSE : |
| |
| Mille mercis pour votre mail et vos intéressantes
précisions.
Mon allusion à l'inexistence de papes africains
(Clic
! : "Pas plus d'empereur black que de pape
africain, de président des USA afro-américain
ou de Président de la République française
martiniquais !") n'était évidemment
qu'une boutade (ou d'une comparaison hasardeuse, si vous
préférez), destinée à faire
comprendre l'improbabilité historique d'empereurs
romains "de couleur" à l'aide de (regrettables)
similitudes contemporaines.
Il est vrai que j'aurais pu, j'aurais dû, sinon
être moins péremptoire dans mes affirmations,
du moins signaler que, dans l'Antiquité, des prêtres
originaires d'Afrique (Victor, Miltiade
) s'étaient
assis sur la chaire de saint Pierre. Il n'en reste pas
moins vrai qu'il est très improbable que ces "papes
africains" des premiers siècles du christianisme
fussent noirs. À ma connaissance - mais je puis
naturellement me tromper - ni le Liber Pontificalis,
ni les historiens de l'Église n'ont d'ailleurs
jamais rien affirmé de tel
Dans l'incertitude,
je me réjouis de voir votre documentaire TV qui,
je n'en doute pas, ne manquera pas d'apporter un peu de
lumière dans cet abîme d'incertitudes. (Je
tiens à préciser, en passant, que le fait
que saint Victor ou saint Miltiade fussent noirs, ou que
le prochain successeur de J.-P. puisse être un évêque
africain, cela ne me fait ni chaud ni froid. Il n'est
pas marqué "Berlusconi" sur mon front !)
Puisque nous avons parlé de ce fameux Liber
Pontificalis, je ne sais si ce recueil mérite
cette étiquette de "Bible" que vous lui collez
péremptoirement ? ;-)
D'après le peu de ce que j'en sais, cette compilation
assez tardive (VIe siècle pour sa partie la plus
la plus ancienne) de courtes biographies pontificales
ne brille pas précisément par son respect
de la vérité historique. Dans le "Dictionnaire
historique de la Papauté" (Fayard, 1994), Françoise
Monfrin écrit d'ailleurs que "quoiqu'il constitue
un témoignage essentiel pour la connaissance de
l'histoire des évêques de Rome jusqu'au VIe
siècle", ce recueil est surtout "un instrument
officieux de la propagande pontificale (
) qui
vise à asseoir historiquement les prétentions
en matière de foi, de discipline et de primauté
juridictionnelle"
C'est tout dire.
Votre anecdote sur ce saint égyptien du Valais
suisse m'a aussi vivement intéressé, surtout
s'il s'agit de faits ayant un rapport quelconque avec
le très célèbre - et très
très controversé - martyre de saint Maurice
et de sa "Légion Thébaine". En effet,
je cherche depuis longtemps des informations fiables à
ce sujet. Si vous pouviez me donner quelques références
(livres, sites internet) à ce sujet, cela m'aiderait
grandement. |
| |
| |
| |
| Serge
répond : |
| |
Merci également
de votre réponse
Je vous concède également
que le Liber Pontificalis n'est pas une bible
des papes fiable à 100 %. Mais attention
! Si on admet tout ce qu'il affirme sur les autres
papes "européens" pourquoi faire exception
pour les papes "africains".
Je dis bien "africains" et
non pas "noirs". Pour cette précision sur
la couleur, je vous informerai prochainement du
résultat des recherches iconographiques que
j'effectue en ce moment aux
Etats-Unis.
J'étais effectivement
la semaine dernière à Saint-Maurice
où j'ai appris auprès des chanoines
qu'une confirmation scientifique (datation notamment
au carbone 14) avait authentifié et le martyr
et les dates et l'origine de la légion thébain
Et là encore, je vous
rappelle qu'il faut toujours se départir
du réflexe multiséculaire, héréditaire
et naturel (sans pour autant être berlusconien)
qui consiste à ne même pas envisager
que telle ou telle chose qui nous est étrangère
puisse avoir eu lieu.
Je vous suggère vivement
de lire la collection "l'Image du Noir dans l'Art
occidental" qui est une véritable mine d'or
(textes et photos) sur le monde noir. On y parle
non seulement de Saint-Maurice mais aussi de la
période égyptienne et gréco-romaine
et on y apprend notamment que les noirs étaient
déjà à Rome au IIe siècle
avant Jésus-Christ.
Mon documentaire lui sera
disponible en VHS sur mon site d'ici janvier. (voir
ici : Clic !) |
| |
|
|
| 
L'Image du
Noir dans l'art occidental,
tome 1 : Des pharaons
à la chute de l'Empire romain
Éditions Gallimard
|
|
| |
| |
| RÉPONSE : |
| |
| Vous prêchez à un
converti : si vous avez jeté un coup d'il
sur mes notices
d'empereurs, vous aurez certainement constaté
que moi non plus je ne me contente pas des vérités
préétablies et des dogmes prédigérés.
Sans verser dans la dans la flagornerie, encore un grand
merci pour ces infos ainsi que pour l'intéressante
photo. J'attends impatiemment de vos nouvelles, tant en
ce qui concerne vos recherches que pour la sortie de votre
film.
À bientôt donc.
NOTE
:
Sur saint Maurice et la légion thébaine,
voir ici : Clic
! et Clic
! |
|
| |
| |
|
|