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Août 2001 (page 2/2)
Sommaire du mois d'Août : Clic
!
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| 10 Août 2001 |
| Sébastien
a écrit : |
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| Site complet, mais faudrait
peut-être penser à mettre sur chaque dossier
un petit lien vers un fichier Word par exemple, parce
que les mises en page Internet c'est pas le top.
Bon courage. |
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| RÉPONSE : |
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| Merci pour ce mail aussi sympathique que constructif.
Comme mes capacités relativement limitées
en matière de création de pages Web m'empêchent
d'atteindre une perfection formelle (par parenthèse,
votre site, qui allie sobriété et recherche
graphique, est fort joli : Clic
!), je m'efforce simplement de privilégier
le contenu et le confort de lecture
Évidemment, la mise en forme de fichiers Word
annexés serait certainement bien meilleure,
mais le problème, c'est que mes pages "empereurs
romains" sont en évolution constante
Adapter fréquemment toutes ces notices (près
de cent actuellement) me demande déjà un
temps considérable. Je ne sais comment je m'en
sortirais, comment je pourrais assumer ce surcroît
de travail, si je devais le faire deux fois !
Je constate d'ailleurs que les sites américains
qui traitent du même sujet (De
Imperatoribus romanis et The
Throne of the Caesars) ne se lancent pas dans une
telle aventure alors même qu'ils disposent certainement
de bien plus de moyens (humains et techniques) que moi
et que leurs pages subissent nettement moins de modifications
que les miennes. |
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| 14 Août 2001 |
| Anne a écrit : |
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| Pourrais-tu me trouver une biographie
sur Tigellin, l'âme damnée de Néron
!
Merci, ce personnage m'intrigue
malgré tout ! |
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| RÉPONSE : |
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| Malheureusement je ne connais pas de
"biographie de Tigellin". Il est vrai aussi que,
même si son rôle d'exécuteur des basses
uvres du prince le plaça souvent sur le devant
de la scène, Tigellin n'est finalement qu'un "personnage
secondaire" du règne de Néron.
Les auteurs antiques (Suétone, Tacite et Dion Cassius)
ne l'évoquent donc qu'occasionnellement, tout en
parlant d'autres personnes, d'autres événements
plus importants
Néanmoins ces allusions ont
largement suffi à noircir définitivement
la réputation de cet homme, présenté
comme débauché, cruel (voire sadique), ambitieux,
cupide, lâche et sans scrupules.
Voici, en résumé, à peu près
tout ce que l'on sait de lui (Source : Eugen Cizek, Néron,
Librairie Arthème Fayard, 1982) :
Caius Ofonius Tigellinus provenait d'une famille
grecque de Sicile. Élevé dans la maison
d'Agrippine et de ses surs, il fut banni par Caligula
et se réfugia quelque temps en Grèce avant
de s'établir en Lucanie (Sud de l'Italie). C'est
là qu'il s'enrichit en élevant de chevaux
de course. Ce métier le rapprocha de Néron,
qui adorait les courses de chars et faisait même
l'aurige à l'occasion (pour ne pas dire l'"aurige
d'occasion").
Tigellin commença par se rendre indispensable
en tant qu'organisateur de jeux, notamment de ceux qui
se déroulèrent après l'exécution
d'Agrippine. Il devint préfet des vigiles, puis
préfet du prétoire, mais il n'exerça
jamais cette fonction seul : Néron
eut l'élémentaire prudence d'adjoindre à
cet ambitieux un collègue en la personne de Nymphidius
Sabinus.
Vu ses origines modestes et provinciales, Tigellin était
l'homme idéal pour organiser la mise au pas, voire
éventuellement à l'élimination physique,
des Sénateurs réactionnaires qui, congénitalement
opposés à la politique culturelle orientalisante
l'empereur-artiste, ne voyaient en Néron
qu'un histrion ridicule et scandaleux, nuisible au prestige
romain.
C'est aussi Tigellin, en personne,
qui dirigea - non sans un certain plaisir sadique,
paraît-il - les interrogatoires extrêmement
"musclés" des servantes Octavie, l'épouse
délaissée de Néron. La répartie
d'une de ces pauvres femmes à l'adresse de
son bourreau est d'ailleurs restée célèbre
: "Ô Tigellin, la sexe d'Octavie est plus
pur que ta bouche !"
et cette courageuse
dame ne parlait pas précisément d'hygiène
dentaire !
Ce Préfet du Prétoire, notoirement
débauché, outrageusement corrompu
et immensément riche (les deux vont souvent
de pair), acquit rapidement une influence considérable
sur l'empereur. Sa carrière atteignit son
apogée dans les années 66-66.
Il accompagna Néron
en Grèce. Mais, de retour en Italie (68 ap.
J.-C.), subodorant sans doute le proche effondrement
du régime néronien, il démissionna
de ses fonctions de Préfet du Prétoire,
prétendument pour raisons de santé.
Il se trouvait donc fort opportunément éloigné
de Rome quand Néron fut renversé et
contraint au suicide.
Tigellin parvint encore à se faire oublier
durant le règne éphémère
de Galba,
mais toutes ses trahisons, tous ses crimes avaient
catalysé bien trop de rancunes sur sa personne.
En 69, l'empereur Othon,
qui venait de succéder à Galba, donna
satisfaction à ses nombreux ennemis en le
contraignant au suicide.
Voilà ! C'est à peu près tout
ce qu'on sait sur ce gros dégueulasse ! |
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Tu comprendras qu'avec aussi peu de certitudes (?) historiques,
il n'existe pas (du moins à ma connaissance) de
biographie "sérieuse" de Tigellin : elles se seraient
limitées à deux trois pages tout au plus
! Mais, les romanciers, eux, se sont emparés de
ce personnage taillé sur mesure pour jouer le rôle
de "vilain méchant pas beau" de service. Tigellin,
c'était le personnage repoussoir par excellence
! Il intervient donc dans tous les romans "néroniens"
enfin
tous ceux que j'ai lus.
Si tu veux savoir ce qu'il devient sous la plume de ces
auteurs ingénieux et souvent plus perspicaces que
bien des historiens, tu le retrouveras par exemple dans
:
- Quo Vadis de Henryk Sienkiewicz, ("Livre
de Poche" - 2001)
- Le Secret du Royaume - Minutus de Mika Waltari
(Éditions Olivier Orban - 1983 et "Livre de Poche"
- 1991)
- Néropolis d'Hubert Monteilhet
(Presses Pocket - 1997)
et très récemment
- Moi Sporus, prêtre et putain de Cristina
Rodriguez (Édition Calmann-Lévy -
2001)
NB
:
UN PETIT BÉMOL POUR TIGELLIN : Clic
! |
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| 16 Août 2001 |
| Yves a écrit : |
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| Petite question pourrais-je
savoir, où sont né les Empereurs
suivants ainsi que ces femmes.
- Empereur Geta
- Faustine jeune
- Élagabal
- Constance II
- Constant
- Julia Domna
- Valens
Merci pour ces renseignements |
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| RÉPONSE : |
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| On ne connaît pas nécessairement
toujours, ni toujours précisément, les
lieux de naissance des empereurs
Et ceux de
leurs dames encore moins !
Voici néanmoins ce que j'ai trouvé :
- Geta
: né le 27 mai (ou le 7 mars) 189 à Rome
(ou à Milan)
- Faustine la Jeune (Fille d'Antonin
le Pieux, épouse de Marc
Aurèle) : née en 130 ap. J.-C. - lieu
de naissance inconnu.
- Élagabal
: né en 201 ou 203, sans doute à Rome
(?)
- Constance
II : né le 7 août 317 en Illyrie (côte
dalmate), peut-être à Sirmium (auj. Mitrovica
en Serbie)
- Constant
: né entre 320 et 323. Lieu de naissance inconnu.
- Julia
Domna : née en Syrie, sans doute à
Émèse où son père était
grand-prêtre héréditaire.
- Valens
: né vers 328. Lieu de naissance inconnu mais
probablement à Cibalis (auj. Vinkovci en Croatie)
comme son frère Valentinien Ier.
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| 24 Août 2001 |
| Compagnon1
a écrit : |
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| Ayant découvert
votre site, je me demande certaines choses.
1. Allez-vous
parler des Empereurs bretons du Ve siècle
? Bien qu'abandonnés de Rome les Bretons ont
continué à donner des titres impériaux.
Concernant l'introduction de
Jules César, elle est justifiée. L'Empire
est fondé en -27, c'est la date des historiens,
mais qui préfèrent appeler ça le
principat. Pour l'époque, c'est toujours la République
et c'est à partir des Flaviens, je crois, que
la notion d'Empire fait son apparition. En gros, César
était Empereur d'une République et
Auguste d'un Empire. C'est comme ça que je le
vois.
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| RÉPONSE : |
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| À vrai dire, je ne connais pas
grand-chose de l'histoire de la Grande-Bretagne après
le départ des légions "romaines" de l'usurpateur
Magnus
Maximus, qui laissa l'île sans défense.
J'ignorais même que les chefs bretons avaient porté
le titre impérial. Je pensais, peut-être
un peu naïvement, qu'à partir du Ve siècle,
il n'y avait plus guère que l'archéologie
ainsi que les vagues allusions des légendes arthuriennes,
Beowulf et quelques fables colportées par Bède
le Vénérable pour éclairer l'Histoire
(avec un grand H) d'Angleterre.
Tout cela pour vous dire que je serais actuellement fort
embarrassé d'écrire, ne fût-ce qu'une
ligne, sur ces "empereurs bretons" tardifs dont
j'ignore jusqu'aux noms. Pourriez-vous, éventuellement,
me communiquer une liste chronologique de ces souverains
? Cela pourrait peut-être éclairer ma pauvre
lanterne. Merci d'avance.
Pour Jules
César, vous avez mille fois raison. À
mon avis aussi, il fut bien un "empereur" sans
en porter le titre. Cela dit, si je j'ai repris le grand
Jules dans liste des empereurs, c'est surtout parce que
je pouvais envisager ce site sans une notice consacrée
à celui qui fut sans doute, quelque fût son
titre, "le plus grand des Romains" (l'expression n'est
pas de moi, mais du diable si je me souviens de qui elle
est !). |
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2. Pour
la date de 476, je pense que c'est vécu
par les contemporains non pas comme la fin d'un empire,
mais plutôt comme celle d'une réunification
entre l'Occident et l'Orient. L'empereur d'Orient devenant
Empereur tout court, avec une sorte de "domaine royal"
(l'Orient, Soissons), des fiefs de vassaux turbulents
compris dans l'Empire (Goths, Francs), des zones perdues
(Afrique, Bretagne
). C'est une sorte de féodalisation
avant l'heure, avec des royaumes, mais les feudataires
deviennent vite indépendants et quittent l'Empire.
En fait, l'empire redevient d'Orient en 812 quand le
basileus reconnaît le Saint Empire Romain. Je
pense donc que de 476 à 800/812 on doit parler
d'Empire Romain (sans plus de précision) et pas
d'Empire Byzantin ou d'Orient.
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| RÉPONSE : |
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| La date de 476 pour "la chute
de l'Empire romain" est aussi traditionnelle qu'arbitraire.
Là-dessus, tout le monde est d'accord. Mais quant
à savoir comment la fin de l'Empire d'Occident
fut ressentie par ses habitants, c'est une autre paire
de manche ! Comme le dit Paul Veyne dans un entretien
récent (L'Histoire n°254 - mai 2001
- p.53) : "Les habitants savent bien qu'ils ont changé
de maître, que le maître maintenant c'est
le barbare. Qu'est-ce que cela change ? Pour les paysans,
je crois qu'on n'en sait rien. Pour les grands seigneurs
(
), Ils négocient d'égal à
égal avec les chefs barbares du coin, ils se mettent
à leur service, ils leur en imposent sans doute,
,ils ont pour eux le prestige lié à richesse
et à la culture".
Quant à l'empereur d'Orient,
peut-être a-t-il ressenti la déposition
de l'usurpateur Romulus
Augustule comme une réunification. C'est
possible. C'est d'ailleurs ainsi qu'Odoacre lui
a présenté l'événement
: ce n'était pas la fin de l'Empire d'Occident,
mais la fin de la succession impériale en
Occident ! Il y a là un monde de nuances.
Il est vrai aussi que si le sacre de Charlemagne
fit tant grimacer l'Empire dit "byzantin" (terme
quelque peu péjoratif pour désigner
un empire qui n'était plus tout à
fait "romain" mais presqu'exclusivement grec), c'est
qu'il n'avait pas renoncé (et ne renonça
finalement jamais) à sa prétention
à l'universalité
Et si les basilei,
un plus tard - en 812, dites-vous ? - acceptèrent
le fait accompli "carolingien" c'est seulement du
bout des lèvres, bien contraints et forcés
! Ces dirigeants grecs de l'Empire romain de Constantinople
se crurent et se voulurent toujours les seuls héritiers
légitimes de Rome. Des empereurs grecs, certes,
mais plus romains que les Romains de Rome. Et, finalement,
si l'on considère objectivement l'histoire,
on doit bien admettre qu'ils n'avaient pas tout
à fait tort !
Leur Empire "romain" ne mourut donc définitivement
que le 29 mai 1453, avec la prise de la "deuxième
Rome" par les janissaires du sultan Mehmed II (ou
jusqu'en 1460 avec la chute de l'Empire grec de
Trébizonde, sur les rives Mer Noire, ultime
survie de l'idée impériale "romaine"
en Orient). |
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Il n'en reste pas moins que, selon l'optique adoptée,
on peut voir des "empereurs romains" un peu partout. Ainsi,
vos chefs Bretons du Ve se prenaient sans doute pour d'authentiques
"empereurs romains", mais l'étaient-ils réellement
? Le pape Léon III intronisa Charlemagne "empereur
des Romains", mais pour les empereurs romains, ceux de
Constantinople, il ne fut jamais qu'un arriviste. Les
empereurs "romains" du Saint Empire romain germanique,
eux aussi, se voulaient tout aussi "romains" que ceux
de Byzance. Et les empereurs "latins" de Constantinople
aussi, et les empereurs grecs de Nicée, et ceux
de Trébizonde
Et l'empereur des Français
Napoléon Ier, quelle idée avait-il donc
derrière la tête quand il donna à
son fils le titre de "Roi de Rome" ? Et les empereurs
(Kaisers - Césars) d'Autriche-Hongrie, leur devise
A.E.I.O.U. (Austria Est Imperare Orbi Universo
- "Il appartient à l'Autriche de régner
sur l'univers") n'est-elle pas digne des "empereurs romains"
? Et les Tsars (Césars) de toutes les Russies,
ne se prétendaient-ils pas les "empereurs de la
Troisième Rome" ? Et Mussolini avec sa restauration
de la "Mare Nostrum" ? etc
etc
Comme vous voyez, toutes ces notions de "chute d'Empire
romain", d'"Empire romain", d'"Empire romain d'Occident",
d'"Empire Byzantin", d'"Empire grec" sont bien souvent
devenues des slogans, utilisées dans des disputes
d'écoles teintées de nationalisme et/ou
de sectarisme religieux
Et s'il me fallait rédiger
une notice biographique pour chacun de ces "empereurs
romains", réel, douteux ou faux, j'aurais encore
beaucoup de pain sur ma planche ! |
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| Compagnon1
réécrit : |
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| Merci pour votre
réponse.
1.
Hélas, je ne connais pas l'histoire des Empereurs
bretons. Il y aurait d'abord eu Marc et Gratien
en 407, usurpateurs de Gaule et de Bretagne, puis Constant
de 408 à 411 (Bretagne seulement). De 407 à
411 il y avait Constantin, pour Bretagne et Gaule. Il
aurait été remplacé en Bretagne
par Maxime (dates ?).Pour la suite, j'ai vu des cartes
médiévales anglaises du Ve siècle
montrant le recul romano-celte face aux Barbares et
des États se constituaient, dont certains avec
à leur tête un empereur.
Toutefois, il semble que ces
empereurs sont parfois juste appelés rois. J'ai
trouvé Aurelius et Constantin. Il y en avait
d'autres. Mais comme je l'ai dit, leur dénomination
semble varier. C'est tout ce que je sais sur la question.
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| RÉPONSE : |
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| Merci pour ces infos complémentaires
!
Ces Marc, Gratien, Constantin III, Constant II et Maxime
ne m'étaient pas tout à fait inconnus. Je
compte d'ailleurs - si Dieu ne prête vie, comme
on dit - leur consacrer une brève notice. Si la
chose vous intéresse - et si vous n'avez pas déjà
repéré ces pages-, vous pouvez déjà
trouver des renseignements à leur sujet (en anglais)
dans le site De
Imperatoribus romanis.
Voici les liens ad hoc :
- Marcus (406 - 407) et Gratien (407)
: (évoqués dans la notice consacrée
à Honorius) : Clic
!
- Constantin III (407 - 411) : Clic
!
- Constant II (409 - 411) : Clic
!
- Maxime (409 - 422) : Clic
!
Quant au rois-empereurs bretons Aurelius et Constantin
dont vous me parlez, leur nom n'évoque rien chez
moi pour l'instant. Je chercherai davantage quand je compléterai
mon site en ce qui concerne cette période et cette
aire géographique. |
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2.
Concernant la 3e Rome, où la Russie se prétendait
héritière de Byzance, il ne faut pas oublier
que dès la prise de Constantinople les califes
Ottomans se sont titrés "empereurs romains"
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| RÉPONSE : |
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| Je ne savais pas que les califes ottomans
s'étaient bombardés "empereurs romains"
après la prise de Constantinople
Mais, à
la réflexion, cela ne m'étonne guère
: les Turcs Seldjoukides, prédécesseurs
des Ottomans, ne s'étaient-ils pas autoproclamés
"Sultans de Roum" (= rois de Rome ou plutôt "Rois
de la Romanité") dès le XIe siècle,
après que leur victoire de Mantzikert (1071) sur
l'empereur "byzantin" Romain Diogène leur eut permis
de faire main basse sur une bonne partie de la Turquie
actuelle.
Encore des "empereurs romains" d'occasion !
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| Compagnon1
réécrit : |
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| Bien
curieuse est l'évolution de la question impériale
romaine. Je me suis amusé à regarder
ça et on obtient la périodisation suivante,
que vous avez sans doute remarqué.
Au début c'est bien simple,
on a la période de l'empire unitaire et universel,
qui commence sous la République avec César,
l'empereur No 0. Les dates sont, bien sûr, -27 à
395, et cette unité n'a jamais été
contestée, sauf lors de l'affaire de l'empire gaulois
(260-274).
Tout change lors du partage de Théodose.
Période des empires d'Orient et d'Occident (395-476).
L'empire redevient unitaire de 476 à 800, malgré
des fantaisistes bretons se proclamant empereurs, Julius
Nepos et les ambitions de Théodoric (mais je ne
sais s'il a vraiment pris le titre). Tout irait bien s'il
n'y avait pas eu Charlemagne (appelons-le Charlie).
L'occident et le Saint Empire Romain (800-1806). Jusqu'en
1804 la situation impériale est stable, le Kaiser
est incontesté, sauf par Alphonse père et
fils en Castille qui ont pris le titre d'empereurs d'Espagne
(fin XIIe - début XIIIe siècle, je crois).
En revanche, l'Orient
. L'empire
romain redevient d'Orient de fait à cause des Carolingiens,
et il le restera jusqu'en 1453, malgré l'exil à
Nicée de 1204 à 1261 (je ne sais pas si
on peut vraiment parler de la fondation d'un nouvel empire
dans cette ville).
Enfin, rajoutant à la confusion l'empire de Trébizonde
(jusque 1461), celui de Thessalonique (1224-1230) et l'empire
latin, qui ne disparaît pas à la prise de
la ville, mais au XVe (le titre était porté
par les princes d'Achaïe, je crois).
Que d'héritiers légitimes
et de bâtards !
Et les slaves : empire bulgare
de 917 à 1018. Rebelote de 1197 à 1371,
suivi d'un fractionnement en deux entre les empires de
Vidin (1352-1396) et de Tirnovo (1371-1393). La Serbie
n'est pas en reste entre 1346 et 1371.
Le partage de l'Occident.
C'est bien connu, l'empire d'Autriche remplace le vieux
Reich (1804-1918) même si la vedette lui est volée
par la France (1804-1914;1815). Quant au vieil Empire,
il tente de renaître en 1849, mais il faudra attendre
1871 pour que le IIe Reich fasse son apparition alors
que dans le même temps la France ressort de ses
cartons le sien (1852-1870). Finalement, le dernier empire
naît en 1934 avec Hitler, mais il s'agit d'un empire
sans empereur, comme au début on avait un empereur
sans empire !
Le partage de l'Orient
Qui est le meilleur successeur de Rome ? Les califes Ottomans
(1453-1924) ? Le tsar de Russie (1547-1917) ? En fait,
Pierre le grand bouleverse la hiérarchie en se
nommant Imperator, reléguant le grade de tsar en
seconde place
Ainsi, le pauvre IIIe empire bulgare
(1908-1946) n'est plus que considéré comme
royaume
Mais le point intéressant
de cette histoire, car jusque-là ce n'étaient
que des banalités, c'est l'exportation du concept
à l'étranger ! :
- Ier empire d'Haïti : 1804,
le second : 1849-1855
- Ier empire du Mexique : 1822-1823
et le second : 1864-1867
- Empire du Brésil : 1822-1889.
- et enfin l'empire de Centrafrique
: 1977-1979.
À ce moment, le concept
s'élargit et des Tenno, Négus et autres
fils du Ciel deviennent empereurs alors qu'ils n'ont aucune
filiation avec les Imperators !
Plus fort, toute possession territoriale
large est qualifiée d'empire : l'empire colonial
français. Parfois, cela autorise la création
d'un titre impérial nouveau : Empereur des Indes
(1876-1947) ou la transformation d'un titre existant en
nouveau : négus devenant empereur au sens Imperator
Que cette histoire est compliquée
! Et encore je n'ai pas parlé de ces aventuriers
du XIXe siècle, qui parfois se sont proclamés
empereurs dans une région perdue, et dirigeant
quelques tribus d'indigènes
En fait si vous voulez vraiment
faire les biographies de tous les Empereurs de notre pauvre
monde je vous souhaite bonne chance, ce n'est pas une
mince affaire.
En revanche ce qui m'intéresse
dans votre travail est sa fonction première, l'histoire
des paléochrétiens. D'ailleurs je crois
qu'il y a un lien mort dans la biographie de Tibère
(ça se rapporte avec le Christ).
Bonne continuation ! |
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| RÉPONSE : |
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| Bravo pour cette "périodisation"
aussi amusante que pertinente ! Rassurez-vous, il n'entre
nullement dans mes intentions de "biographier" tous ces
"imperators", vrais ou faux !
Merci aussi de m'avoir signalé ce lien mort. Je
vais vérifier cela ! Si vous en détectez
d'autres, n'hésitez pas à me le faire savoir. |
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| Compagnon1
réécrit : |
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| Une dernière
remarque concernant la date officielle de disparition
de l'Empire, donc en 1453.
Après moult réflexion
je pense que la date n'est pas correcte. En y pensant
bien, qu'a fait Mehmet II ? Il n'a fait "que " s'emparer
de la capitale impériale. La date finale de
l'Empire serait donc plutôt 1460 quand Démetrios
Paléologue remet les clés de Mistra au sultan,
car jusqu'à preuve du contraire, la Morée
faisait partie intégrante de l'Empire. Qu'en pensez-vous
? |
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| RÉPONSE : |
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| Effectivement, on peut voir les choses
comme ça puisque, vers 1430, Thomas et Démétrios
Paléologues, frères de Constantin XI Dragasès,
dernier "empereur romain de Constantinople", avaient réussi
à reconquérir la totalité de la Morée
(Péloponnèse) sur les latins (Génois,
Napolitains et Aragonais).
Quand Mehmet II força Mistra à capituler
(30 mai 1460), puis s'empara des forteresses environnantes
et annexa de "Despotat de Morée", fief de la dynastie
impériale des Paléologues depuis 1384, il
effaçait donc bien la dernière survivance
de l'empire romain de Constantinople en Europe. |
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| 28 Août 2001 |
| Frédéric
a écrit : |
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| Je crains qu'il n'y ait une
petite erreur quant à la date de règne de
Valens, sur votre site figure la date de 261 ap J.-C.,
or Valens régna de 364 à 378 ap J.-C
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| RÉPONSE : |
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| Vous avez parfaitement raison
et je n'ai pas
tout à fait tort !
Il y eut en effet deux empereurs romains du nom de
Valens :
1. Le Valens que tout le monde connaît,
ce frère de Valentinien qui fut tué par
les Goths à la bataille d'Andrinople et qui, effectivement,
régna de 364 à 378 : Clic
!
2. Et avant lui, un autre Valens, un usurpateur,
un des "Trente Tyrans", dont l'historicité reste
fort douteuse, mais qui aurait, peut-être, tenté
de se faire reconnaître comme empereur en Grèce
vers 261 ap. J.-C. : Clic !
Ah, ces homonymies !
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| 30 Août 2001 |
| Nicolas
a écrit : |
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| Travaillant sur
Apollonius de Tyane, ce passage m'a intéressé
:
"Alors qu'Aurélien
traversait l'Asie mineure pour livrer bataille à
Zénobie, la progression de ses troupes fut un moment
entravée par la ville fortifiée de Tyane,
dont la garnison refusait de lui ouvrir les portes. Furieux
de cette résistance importune, l'empereur menaça
: "Je ne laisserai pas un chien vivant dans cette ville
!". Mais le plus illustre enfant de Tyane, le philosophe
et thaumaturge Apollonios, contemporain et prototype du
Christ, bien que mort et enterré depuis plus de
deux siècles, lui apparut en songe et lui dit,
d'une terrifiante voix d'outre-tombe : "Aurélien,
si tu veux vaincre, cela ne te mènera à
rien de méditer le massacre de mes concitoyens
! Aurélien, si tu veux régner, épargne
le sang des innocents ! Aurélien, si tu veux vivre,
montre-toi clément !" (Histoire Auguste,
Aur., XXIV). Cette apparition miraculeuse bouleversa Aurélien
et son caractère s'en trouva tout chamboulé.
Lui qui était plutôt d'un tempérament
brutal, violent et cruel, se montra désormais plus
posé et plus indulgent."
Est-ce que le texte d'origine est
consultable facilement ?.
Je vous dis cela car la trace d'Apollonius
de Tyane fut effacé de la plupart des manuscrits
de l'Antiquité.
Que pensez-vous de ce personnage
?. En quoi peut-il être un prototype du Christ
puisque les deux personnes ont vécu au même
moment ?. De plus, le nouveau testament ne parle pas d'Apollonius
& Philostrate n'évoque pas Jésus. |
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| RÉPONSE : |
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| Le texte de la "Vie d'Aurélien"
de l'Histoire Auguste est disponible sur Internet,
dans le site Nimispauci de Ugo Bratelli :
- Site Nimispauci : Clic
!
- Vie d'Aurélien : Clic
!
- Vie d'Aurélien - Chapitres 17 à 32
(où se trouve le texte complet de la citation)
: Clic
!
Peut-être êtes-vous comme moi, et vous n'avez
rien contre l'introduction d'un peu de fantastique dans
l'Histoire (avec un grand H) ? Cependant, et comme je
l'ai signalé dans la notice consacrée à
Aurélien,
l'apparition d'Apollonius à cet empereur
a de bonnes chances de n'être qu'une pure invention
du facétieux auteur de cette "Histoire Auguste",
recueil de biographiques, souvent assez fantaisistes,
d'empereurs des IIe et IIIe siècles.
En fait, cet écrivain anonyme,
un païen de la fin du IVe siècle (ou
du début du Ve siècle), ne ratait
pas une occasion de ridiculiser le christianisme
triomphant. La "Vision d'Aurélien"
n'est donc probablement rien d'autre qu'une parodie
de la célèbre "Vision de Constantin",
celle où une croix dans le ciel lui serait
apparue, avec ces mots "In hoc signo vinces"
("Tu vaincras par ce signe") qui poussaient l'empereur
chrétien à faire un grand massacre
de ses adversaires. Aurélien,
lui, bénéficie d'une apparition plus
matérielle et plus "humaine" (dans les deux
sens du mot) : Apollonius lui demande d'être
miséricordieux et lui promet gloire et honneur
s'il sait se montrer clément. Et quand l'auteur
de l'Histoire Auguste écrit que : "Cette
apparition miraculeuse bouleversa Aurélien
: lui qui était plutôt d'un tempérament
brutal, violent et cruel, se montra désormais
plus posé et plus indulgent", il s'agit
également d'un trait satirique contre Constantin,
lui qui, après son apparition miraculeuse,
se montra encore plus cruel qu'auparavant, allant
jusqu'à faire assassiner son fils aîné
et son épouse.
Quant à Apollonius de Tyane lui-même,
je ne connais que bien peu de choses de lui
Un thaumaturge du Ier siècle, qui aurait
ressuscité des morts et qui, après
sa mort, aurait été considéré
comme un dieu
Bref, simplement de la culture
générale ! Il me serait donc bien
présomptueux de ma part d'émettre
quelque opinion pertinente que ce soit sur ce personnage !
Vous avez raison de dire que mon emploi du mot
"prototype" est un peu paradoxal : en effet, comment
Apollonius pourrait-il être le "prototype"
de son contemporain Jésus ? |
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Tout à fait d'accord
Mais, pas plus que
Rome, Jésus ne s'est construit en un jour !
Le "Jésus historique" était - du moins je
le pense - sensiblement différent du "Jésus
de l'Église". À mon avis, Jésus était
davantage chef politique que fondateur de religion. Il
fallut plusieurs décennies, voire plusieurs siècles
pour transformer en un Dieu incarné, Fils de Dieu,
rédempteur de l'humanité convertie à
une religion d'amour et de paix, cet homme de chair et
de sang, qui n'était pas venu apporter la paix,
mais le glaive, qui ne voulait pas changer un iota
à la Loi et qui interdisait que ses disciples
se rendrent auprès des païens.
Or, il impossible de créer un mythe de toutes
pièces ! De la même façon qu'ils "adoptaient"
certains éléments de leur culte à
d'autres religions (culte de Mithra), les premiers Chrétiens
"empruntèrent donc certains traits caractéristiques
de Jésus à d'autres personnages
Et
le Jésus guérisseur des Évangiles
doit sans doute beaucoup à Apollonius le Thaumaturge
!
C'est donc bien la figure christique qui commença
à s'ébaucher à partir du IIe siècle
qui eut (du moins en partie) Apollonius de Tyane comme
prototype, et non le contemporain d'Apollonius, ce Jésus
le Nazaréen, fils de David et prétendant
au trône d'Israël.
Un emploi un peu ambigu de ce mot et qui, je le reconnais,
méritait une petite explication. Bravo pour votre
sagacité ! |
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| Conclusion de Nicolas
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| En effet les liens entre le
Christ & Apollonius sont bien plus étroits
que prévu. Il semblerait que la réalité
soit encore plus explosive que le fantastique mélangé
à l'histoire !. Il est redouté comme le
démon par l'Eglise depuis vingt siècles.
Cette opposition farouche est plus suspecte que légitime.
L'Eglise a quelque chose à se reprocher. Il reste
à savoir quoi ? Des fois, le fantastique aide à
faire progresser la réalité. Sans doute
ce moyen sera utile afin de réhabiliter ce grand
méconnu. |
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