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Juillet 2001 (page 2/2)
Sommaire du mois de Juillet : Clic
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| 25 Juillet 2001 |
| Marc
écrit : |
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| Une
question qui me tarabuste et dont je ne trouve nulle part
la réponse : comment se nommait Octave avant
son adoption par César ? Tous les documents
que j'ai consultés le nomment C. Julius Caesar
Octavianus, mais jusqu'à ses 18 ans il devait bien
avoir un praenomen (et peut-être un cognomen) ?
Alors ? Caius Octavius ?
Autre détail : la tête
de Romain marquée "Brutus" sur la notice d'Octave
n'est-elle pas, en réalité, non identifiée
? Une grammaire que j'ai gardée de mes années
de collège dit de ce portrait qu'on y retrouve
l'aspect qu'on prête aux "vieux Romains", et nous
propose d'y voir Brutus l'Ancien, le fondateur de la République
mais en aucun cas M. Iunius Brutus l'assassin de César. |
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| RÉPONSE
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Les Romains
n'étaient pas très riches en prénoms.
Ils en disposaient d'ailleurs de si peu que, le
plus souvent, ils n'en mentionnaient que l'initiale
(si ce sujet vous intéresse, voyez cette
page fort intéressante quoiqu'en anglais
: Clic
! ). Caius était l'un des plus communs
: "ubi Caius ego Caia" (= où tu seras
Caius, je serai Caia) avaient coutume de promettre
les jeunes mariées, quel que soit le "prænomen"
de leur promis !
Comme bien d'autres Romains, et en particulier
comme son futur père adoptif Jules César,
celui qui deviendra Auguste
se prénommait donc Caius. À l'origine,
il portait effectivement le même nom que son
père, c'est-à-dire Caius Octavius.
Suétone signale aussi que, dans ses jeunes
années, ce C. Octavius junior porta le surnom
de Thurinus, soit en souvenir du village de Thurium
(colonie grecque au Sud de Tarente) où l'un
de ses ancêtres aurait été cordier,
soit parce que son père aurait défait
à Thurium les restes d'une des bandes d'esclaves
révoltés de Spartacus. (Suétone,
Vie d'Auguste, II, III et VII - traduction
sur le site de la Bibliotheca Classica Selecta ici
: Clic
!).
Quant au buste prétendument
de Brutus,
vous avez raison : il s'agit effectivement d'un
portrait "de vieux romain" du "Palazzo dei Conservatori"
de Rome. Certains experts y voient le vieux Brutus,
d'autres l'assassin de César,
d'autres encore se contentent d'opiner dubitativement
du chef
Dans le doute, moi qui ne suis nullement
un spécialiste, je me suis rangé à
l'avis qui me convenait le mieux
d'autant
plus que je trouve cette sculpture remarquablement
expressive ! Cependant, si vous voulez mon avis,
et Brutus pour Brutus, ce portrait à plus
de chances de représenter, plus ou moins
fidèlement, un personnage historique bien
réel, qui a marqué l'histoire de son
empreinte, qu'un héros légendaire
du VIe siècle av. J.-C., époque obscure
où Rome n'était, au mieux, qu'une
petite bourgade soumise aux Étrusques. |
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| Marc
réécrit : |
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1.
Connaissez-vous le cycle de bandes dessinées
intitulées "Murena", qui relate de façon
(à mes yeux de profane) relativement correcte
les débuts du règne de Néron ?
Je me demandais si ce Murena est historique ou inventé
(Dans la BD, sa mère est une maîtresse
de Claude, dont ce dernier veut faire sa femme officielle,
mais Agrippine l'assassine avant. J'oublie son nom).
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| RÉPONSE
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| Je ne connais malheureusement
pas la BD Murena de Delaby et Dufaux, mais, d'après
ce que j'en ai vu sur les pages Internet qui lui sont
consacrées (Clic
! et Clic
!), elle paraît fort intéressante.
Cependant, il m'est naturellement assez difficile de donner
un avis pertinent quant à l'historicité
de cette série dont j'ignore tout. À première
vue, je ne pense pas qu'il existe de Murena avéré
pour les "temps néroniens" (le client votre cher
Cicéron est antérieur d'un bon siècle),
mais cela ne veut bien sûr pas dire que cette série
n'est pas historiquement fondée.
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2. D'autre
part, concernant César et les Belges,
le terme qu'il utilise est "fortissimi" et non "bravissimi"
(voir ici : http://patriot.net/~lillard/cp/caes.gall.1.html
(Il n'y a que César et Cicéron que je
puisse encore lire dans le texte, hélas)
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| RÉPONSE
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| "Fortissimi sunt Belgae",
bien sûr ! Où donc avais-je la tête,
qu'avais-je donc dedans pour déshonorer d'un tel
barbarisme le texte sublime du divin Jules
? Voilà ce que c'est de se fier à une mémoire
défaillante pour retranscrire de lointains souvenirs
scolaires ! À force d'entendre répéter
urbi et orbi que les Belges sont les "plus braves",
j'avais commis l'inepte et fautif "bravissimi"
Merci de m'avoir signalé cette bourde que je vais
m'empresser de corriger. Errare humanum est, persevare
diabolicum ! |
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| 27 Juillet 2001 |
| Pascal
a écrit : |
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| Je
suis passionné par la civilisation romaine, et
je me demande si vous pouvez m'aider à trouver
des renseignements sur l'économie de l'empire,
ce à n'importe quelle période (méthodes
de productions, industries, capitalisation, agriculture
).
J'aimerais également savoir
deux choses
- Est-il réaliste de dire
que la technologie romaine et leur savoir était
égal à celui de notre XVIIe voire XVIIIe
siècle ?
- De plus dans ce cas, quelles
sont les raisons qui empêchèrent nos
aïeux de se lancer dans une "révolution
industrielle ?
Je sais que ce sont des questions
de "novice" mais je vous les soumets quand même. |
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| RÉPONSE
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| Vos questions sont loin
d'être des "questions de novice". Elles vont même
si loin qu'il est assez difficile de vous répondre
clairement et en quelques lignes !
La technologie et le savoir des Romains étaient-ils
comparables à ceux de notre XVIIe voire XVIIIe
siècle ?
Jusqu'au XIXe siècle, la plupart des savants vous
auraient répondu par l'affirmative : après
la chute de l'Empire romain, ce fut le règne de
la barbarie, l'époque "gothique", le "Moyen Age",
deux termes hautement péjoratifs pour stigmatiser
une époque de transition violente, obscurantiste
et barbare. Mais depuis, ledit "Moyen Age" a été
si bien réhabilité qu'aujourd'hui certains
érudits en viendraient presque à vous affirmer
que les vrais barbares, c'étaient les Gréco-romains,
que ce sont ceux qu'ils nommaient "barbares" qui leur
ont apporté de hautes valeurs morales, le respect
de la vie humaine, le goût de la liberté,
qui leur ont fait renoncé aux cruels jeux de l'amphithéâtre,
etc, etc
"Lumineux Moyen Age", écrit-on
maintenant
sans doute pour mieux stigmatiser les
ténèbres païennes de l'Antiquité
!
Tout cela n'est naturellement qu'une question de point
de vue
et surtout de parti pris ! Parce qu'il s'agit
d'un sujet controversé, vous risquez donc d'obtenir
autant de réponses à votre question que
vous aurez d'interlocuteurs !
Difficile vraiment de comparer des civilisations différentes
! De plus, nous connaissons finalement assez mal les technologies
romaines.
Exemple : j'ai regardé récemment sur la
très sérieuse chaîne ARTE un documentaire
allemand consacré aux dernières découvertes
de Pompéi. Je me suis permis de recopier à
votre intention quelques extraits du commentaire. Vous
allez voir, c'est édifiant : "L'étude
des machines qui doivent avoir existé est passionnante.
Les historiens des sciences et les ingénieurs s'intéressent
aux systèmes d'adduction d'eau des maisons et des
thermes. Ces canalisations et robinets, d'apparence si
moderne, sont travaillés de façon étonnamment
précise. Seuls des appareils de précision,
des tours par exemple, permettent d'un produire avec une
telle exactitude. Jusqu'ici, on supposait que ces machines
n'avaient été inventées qu'après
le Moyen Age (
). En voyant les analyses de
verre effectuées à l'institut de Murano,
nous avons été surpris de constater qu'en
réalité, la technique de soufflage du verre
était déjà très évoluée.
Elle s'est perdue au Moyen Age pour être retrouvée
plus tard. Mais on sait maintenant que les Romains possédaient
déjà une technique très au point".
(Pompéi : le Dernier Secret. Documentaire
de Riccardo De Sanctis et Gero von Boehm - 2000)
Sans aller jusqu'à parler de "savoir perdu" et
de "civilisation disparue", il me semble évident
que le Moyen Age, malgré un savoir-faire empirique
et malgré certaines découvertes primordiales
dans le domaine de l'agriculture (collier d'attelage des
chevaux, charrue), est marqué par un net recul
technologique par rapport à l'Antiquité
romaine. Voyez l'architecture : les cathédrales
gothiques sont certes prodigieuses, mais furent construites
au XIIe, sept longs siècles après la "chute
de l'Empire romain"
Ensuite, il fallut encore quatre
siècles et un génie de la stature de Michel-Ange
pour édifier un dôme comparable à
celui du Panthéon d'Hadrien
(IIe siècle) !
Vous connaissez sans doute aussi la semi-légende
qui veut que Botticelli et les premiers peintres de la
Renaissance italienne puisèrent leur inspiration
dans les fresques de la Maison dorée (Domus
Aurea) de Néron, redécouvertes par hasard
à leur époque.
Sans parler de la question démographique ! Je
n'ai plus les chiffres précis en tête, mais
s'il m'en souvient bien, le niveau démographique
de l'Empire romain (supposé, car on ne dispose
pas de données précises) ne fut, en gros,
rattrapé qu'au XIIe siècle
et rechuta
à nouveau après la Peste noire de 1348,
où périt un bon tiers de la population européenne.
On peut donc estimer que certaines contrées européennes,
et (plus certainement encore) bien des grandes villes,
n'ont retrouvé un niveau de peuplement égal
à celui du temps l'Empire romain qu'au beau milieu
du XVIIIe siècle. Dois-je vous rappeler le cas
de la ville de Rome, même s'il n'est pas réellement
exemplatif ? Plus d'un million d'habitants au IVe siècle,
moins de 10.000 au Moyen Age, à peine 100.000 à
la grande époque de la Renaissance !
À mon avis donc, et bien que n'aime pas ces mots,
la civilisation romaine était, par bien des côtés
"technologiquement plus avancée" que celle du Moyen
Age. Mais naturellement, la technologie et le savoir n'expliquent
pas tout. Par exemple - et c'est vraiment l'exemple bateau
- les anciens Incas ne connaissaient pas la roue
Mais leur civilisation était-elle "moins avancée"
pour cela que celle de ces grandes brutes de conquistadors
espagnols ? En fait, une technologie nouvelle ne naît
peut-être que si elle s'avère nécessaire.
S'ils en avaient vu la nécessité, les peuples
de l'Antiquité auraient sans doute pu maîtriser
des techniques développées seulement par
les modernes, mais qui, finalement, ne réclament
que peu de connaissances théoriques et des matériaux
simples. Ils auraient pu, par exemple, découvrir
la photographie en noir et blanc, construire des postes
de radio à galène, ou même utiliser
la force motrice de la vapeur (voir l'éolipyle
d'Héron d'Alexandrie : Clic
!) et inaugurer une "révolution industrielle"
avant la lettre.
Avec des "si" !
À première vue, je
ne connais pas de sites Internet en français
qui traitent de l'économie de l'Empire
romain. Cependant, vous en trouverez dans d'autres
langues dans la prodigieuse base de données
LacusCurtius. Voici quelques adresses dans
ce site :
- Économie et commerce : Clic
!
- Sciences, techniques, ingénierie, médecine
: Clic
!
- Agriculture, élevage : Clic
!
- Vie quotidienne : Clic
!
Je me permets aussi de vous recommander un excellent
livre : L'Occident romain, Gaule, Espagne,
Bretagne, Afrique du Nord de Louis Harmand (Éditions
Payot, 1989). L'auteur s'y livre à une étude
quasi exhaustive de la situation politique, géopolitique,
économique et militaire de la partie occidentale
de l'Empire romain de 31 av. J.-C. à 235
ap. J.-C.. En outre, une copieuse bibliographie
complète cet ouvrage. |
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| 28 Juillet 2001 |
| Jean-Michel
a écrit : |
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| J'aimerais
avoir votre avis sur un détail qui me chiffonne
.
Sur votre site, vous décrivez
Philippe
l'Arabe comme le premier empereur chrétien
vraisemblable. Mais sur la page consacrée a Sévère
Alexandre, vous le décrivez comme "un
être intelligent, cultive, pieux". Plus loin
vous parlez du savant chrétien Origène qui
devait l'instruire "dans tout ce qui pouvait servir
à glorifier le seigneur, et à confirmer
ses enseignements divins". Eusèbe de Césarée
dit que sa mère Julia
Mammaea "etait une femme tres religieuse".
Plus loin encore "il caressa l'idée de construire
une église chrétienne à Rome".
Dans le livre sur les monnaies
romaines "Monnaies 13" de la CGB, sur Alexandre
Sévère il est écrit "parti en
Germanie pour mater les Goths et les Alamans qui menaçaient
la Gaule il avait envoyé de l'or a leurs chefs
pour négocier la paix. Il ne craignait pas leurs
forces, mais très pieux (il priait tous les jours
dans son oratoire ou se trouvait entre autres une statue
du Christ), il ne voulait pas la guerre".
Vous dites que ses croyances etaient
éclectiques, peut être
Mais il m'a
l'air quand même très chrétien
en tout cas plus que moi. C'est le Canada Dry de l'empereur
chrétien, il en a le goût, et la couleur
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| RÉPONSE
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| Intelligent et amusant,
votre mail ! Malheureusement, les historiens de l'Antiquité
ne sont pas toujours fiables et jamais objectifs. Force
m'est donc de compléter votre slogan publicitaire
: Sévère
Alexandre a peut-être le goût,
la couleur et l'odeur d'un empereur chrétien
mais ce n'en est pas un !
Du reste, vous avez bien raison : si vous et moi faisions
construire une église, si nous recevions des cours
particuliers d'éminents théologiens et si
nous avions dans nos oratoires privés (on peut
rêver) un crucifix, une statuette de Moïse
(avec toutes ses cornes) et une autre d'Abraham (avec
ses dix commandements au grand complet), nous serions
réputés chrétiens, et même
bons chrétiens ! Mais, à l'époque
de ce Sévère
Alexandre, il en allait différemment. Il ne
suffisait pas d'être "sympathisant" pour être
admis dans la communauté chrétienne : il
fallait une longue période de probation, être
longtemps catéchumène avant d'être
admis aux cérémonies et aux sacrements.
Mais, naturellement, ce n'est pas là l'unique
raison de dénier à Sévère
Alexandre la qualité d'empereur chrétien.
Comme je ne manque
pas de le signaler dans la courte notice biographique
consacrée à cet empereur, les anecdotes
qui font état de ses sympathies chrétiennes
proviennent de sources très peu fiables.
La plupart sont dues à l'Histoire
Auguste, recueil anonyme de biographies
impériales de la fin du IVe siècle
(voire du début du Ve). Or, cette Histoire
Auguste, texte hautement fantaisiste du point
de vue historique, est aussi un texte polémique.
Son auteur anonyme, un païen qui vivait à
l'époque où Théodose interdisait
l'ancienne religion gréco-romaine, n'avait
pas comme unique objectif de narrer la vie d'empereurs
défunts ; il voulait aussi montrer que, tout
idolâtres qu'ils fussent, les "bons empereurs"
romains, eux, étaient ouverts aux autres
croyances !
Ce facétieux auteur, fit donc mine de louer
la tolérance de Sévère Alexandre
afin de pouvoir critiquer, en catimini, l'intolérance
de Théodose ! Mais si celle-ci est bien réelle,
l'autre est beaucoup plus douteuse. N'oublions quand
même pas que si le jurisconsulte Ulpien, ami
et conseiller de l'empereur Sévère
Alexandre, compila soigneusement tous les règlements
anti-chrétiens édictés jusque-là,
c'est bien parce qu'on estimait en haut lieu qu'ils
pourraient être remis en vigueur un jour ou
l'autre !
Quant aux assertions d'Eusèbe de Césarée,
elles ressortissent un peu de la même démarche.
L'historien ecclésiastique, lui, veut montrer
qu'un prétendument excellent empereur comme
Sévère
Alexandre, (ce qu'il était loin d'être
dans la réalité des faits) était
sinon sur le chemin de la conversion, du moins sensible
aux idées chrétiennes. La rencontre
- possible - de Julia
Mammaea et d'Origène (un des savants
les plus éminents de ce temps) lui sert de
point de départ. Le reste n'est sans doute
qu'extrapolation partisane ! |
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À ce compte, si tous empereurs qui fréquentèrent
des Chrétiens devaient être considérés
comme des "empereurs chrétiens", on compterait
Néron, Domitien, Commode et Dioclétien au
calendrier des saints !
Quant à la citation de "Monnaies 13", moi
je veux bien croire que Sévère
Alexandre, pacifiste avant la lettre, ne voulait pas
la guerre
Mais alors pourquoi, l'année précédente,
avait-il guerroyé - avec un succès plus
que médiocre - contre les Perses ?
L'historien Hérodien, plus fiable parce que contemporain
des événements qu'il relate, précise
bien que si Sévère voulut acheter la paix
plutôt que de combattre les Germains, ce fut par
couardise et par mollesse : "Les soldats s'irritaient
à l'idée que l'empereur, loin de montrer
de la vaillance et de l'ardeur à combattre, ne
s'intéressât qu'aux courses de chars et aux
plaisirs alors qu'il eût dû attaquer les Germains
et punir leur audace" (Hérodien, Histoire,
VI, 7).
Pas question d'évangélisme là-dedans
!
Sévère
Alexandre, arrière petit-fils du grand-prêtre
héréditaire de la divinité solaire
d'Émèse, fut et resta sans doute, comme
tous ses aïeux et ses parents, un adepte convaincu
des cultes solaires
Si on lui est favorable, on
pourra, tout au plus, lui concéder une curiosité
à l'égard d'autres cultes orientaux, mais
sans faire de lui un Chrétien, une thèse,
qu'à ma connaissance, personne n'a d'ailleurs jamais
défendue. |
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| 28 Juillet |
| Sophie
a écrit : |
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| C'est
toujours très délicat de parler de juifs
superstitieux ou dévots appréciant la
mort prématurée de Titus.
En effet, non seulement la tradition juive explique très
clairement sa mort mais en plus, il n'y a pas toujours
corrélation entre les évènements
heureux ou malheureux de la vie d'un homme et ses actions. |
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| RÉPONSE : |
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| "Honore ton père et ta mère
selon l'ordre du Seigneur, pour que se prolongent
tes jours et que tu prospères sur le sol que t'as
donné le Seigneur ton Dieu" (Deutéronome,
5 : 18) -"Vous suivez exactement la voie que le Seigneur
votre Dieu vous a tracée, afin que vous
viviez, que vous soyez heureux, et que vous prolongiez
vos jours dans le pays que vous allez posséder."
(Deutéronome, 5 : 33).
À l'époque
de la chute du deuxième Temple (70 ap. J.-C.),
incendié et détruit par les légions
de Titus,
les Juifs "sadducéens" qui étaient,
pour citer l'historien juif Flavius Josèphe
"d'humeur farouche et dépourvus d'aménité",
restaient fidèles à ces antiques préceptes
de Moïse (conceptions que ne partageaient déjà
plus, je vous l'accorde, les Pharisiens et les Esséniens,
ces initiateurs du judaïsme moderne). Or, comme
ces Sadducéens ne croyaient ni à l'immortalité
de l'âme ni aux châtiments et récompenses
dans l'au-delà, ça ne m'étonnerait
qu'à moitié qu'ils aient pensé
que Yahvé (ou plutôt, en l'occurrence
Sabaoth, le Dieu des armées) n'avait pas
attendu le Jugement dernier pour se venger des sacrilèges
perpétrés par Titus
et ses soudards.
Quant à bien d'autres Juifs, toutes sectes
confondues, voyant ledit Titus "mourir à
douleur" après seulement deux ans de règne
alors qu'eux-mêmes avaient été
réduits en esclavage ou chassés de
leur terre et contraints à un douloureux
exil, comment n'auraient-ils pas murmuré
in petto : "C'est bien fait pour sa pomme,
à ce bourreau impie, débauché
et cupide ! Il y a quand même une justice
!".
Il n'y a rien de religieux là-dedans, ni
rien de particulièrement attaché aux
traditions juives, c'est simplement dans la nature
humaine ! |
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Cela dit, je suis mille fois d'accord avec vous : il
n'y a pas de corrélation nécessaire entre
les actions d'une personne et son destin heureux ou malheureux
"dans cette vallée de larmes". Ce serait trop simple
!
D'ailleurs, s'il m'en souvient bien, selon le grand philosophe
allemand Emmanuel Kant, l'"injustice" de la vie terrestre
démontrait la nécessité de l'immortalité
de l'âme : ce "gadget philosophique" serait indispensable
pour qu'après la mort, Dieu puisse exercer sa Justice
réparatrice en récompensant le "juste malheureux"
et en punissant le "méchant heureux" ! |
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