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Mai 2001 (page 2/2)
Sommaire du mois de Mai : Clic
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| 17 Mai 2001 |
| Bert
a écrit : |
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| Tout
d'abord un grand merci, et un grand bravo pour ce site
! Tant d'érudition, des présentations synthétiques,
un vrai régal ! Et puis l'humour, ce qui manque
souvent dans ce genre de boulot, la " gravité est
le bonheur des imbéciles ", n'est ce pas ?
Et puisqu'on est dans les citations,
et en français dans le texte, " le venin est dans
la queue " !
Fallait s'y attendre, une critique,
plus de forme que de fond d'ailleurs
Pourquoi tant d'acharnement
sur les chrétiens, que ce soient les premiers
ou les autres, d'ailleurs
? Je ne suis ni chrétien,
ni pratiquant (l'un n'étant jamais exclusif de
l'autre), mais toujours intéressé par l'origine
de cette religion, et votre site très documenté
est un régal, assorti des apports d'autres personnes.
Mais un (parfois) lourd parti pris empêche souvent
de s'assurer de l'impartialité de certaines de
vos positions, au demeurant plus que défendables
et originales. Il me semble que cela les desserts (vos
positions), plus qu'autre chose
Je me souviens d'un courrier dans
lequel un visiteur était sûr de votre haut
niveau universitaire, vous vous présentiez comme
autodidacte, les deux m'agréent
Mais si je
devais participer au débat, je dirais que vos études
secondaires se sont déroulées chez les pères
jésuites ou autre, seule justification valable
à la " dent " (canine, hein ?) que vous avez contre
les chrétiens ! |
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| RÉPONSE
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| Tout d'abord merci pour
vos encouragements. Quant à votre "venenum in
cauda", il n'est pas si venimeux que ça, car
vous avez mille fois raison : je suis volontiers excessif
! C'est ma nature et je n'y puis pas changer grand-chose
! Inutile donc de chercher l'origine de mon humour parfois
lourdingue dans une quelconque "dent canine" à
l'encontre des bons pères Jésuites : je
ne les ai que très peu fréquentés
! En revanche, si vous aviez décelé chez
moi un "de profondes séquelles d'intense exposition
voltairienne juvénile", là, j'aurais eu
plus de difficultés à m'en disculper !
Bien sûr, il n'entre nullement dans mes intentions
d'attaquer personnellement les Chrétiens d'aujourd'hui
! L'ai-je d'ailleurs jamais fait ? Je ne sais
. En
tout cas, je n'ai, à ce jour, pas reçu la
moindre réaction indignée à ce sujet
; ce qui tendrait à montrer soit que je réussis
assez souvent à brider ma verve sarcastique, soit
que les bons chrétiens ne sont pas choqués
par mes textes, soit - et c'est sans doute le plus probable
- que les "gens bien pensant" ne me lisent pas !
Et puis quoi !? Pourquoi devrais-je à tout prix
rester impartial et pratiquer le "politiquement correct"
? Je ne vends rien, et n'ai aucune "position" intellectuelle
à "défendre" au prix de ma carrière
ou de ma vie - "jusqu'au bûcher exclusivement",
disait le brave Rabelais. Un site Internet n'est pas un
livre qu'on choisit, qu'on achète, qu'on accueille
dans son home, qu'on lit puis qu'on range soigneusement
dans sa bibliothèque ! Ce ne sont que des infos
mises à disposition, totalement libres d'accès
ou de non-accès ! Si des Chrétiens irritables
sont choqués par ma prose, ma foi, tant pis pour
eux ! Ils ne sont pas obligés de me lire. Si mes
pages sont pour eux objet de scandale, un simple clic
leur suffit les quitter et les reléguer dans leur
enfer informatique !
Cela dit, encore merci pour votre message et ses petits
reproches constructifs ! |
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| Bert
a répondu : |
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| J'ai
dû mal m'exprimer
Tant pis !
N'en reste que je continue à
penser, pour avoir lu (avec grand plaisir) l'ensemble
de vos biographies des empereurs, que la systématisation
de la présentation des Chrétiens du temps
comme un groupuscule lobbyiste comploteur (à côté
duquel nos Corses paraîtraient des vendeurs de fromages
de chèvres invités à l'organisation
mondiale du commerce !), bien que parfois fondée,
n'en tourne pas moins rapidement à l'acharnement,
et surtout ne prouve rien ! Il faudrait faire preuve de
candeur ou de naïveté forcée pour penser
que les dogmes de l'église sont à prendre
pour argent comptant, que la présentation faite
de l'élaboration du système clérical
reposerait sur la bonté et l'amour, sur la bonne
foi de gentils (dans le sens littéral !) prophètes
et martyrs ! Une fois la démonstration de ce "piège"
administrée, quoi ?
Je continue donc de croire que
l'exagération dessert parfois vos notices
Un exemple ? Fin de celle concernant
Antonin le Pieux : (Les parenthèses, à part
les premières, sont de moi !) "L'historien ecclésiastique
Eusèbe de Césarée nous a conservé
un fragment de lettre où le bon Antonin donne ses
instructions à ce sujet : "De nombreux gouverneurs
de province avaient écrit à mon divin Père
(= Hadrien) au sujet de ces gens (= les Chrétiens).
Il leur avait répondu que ces individus ne devaient
nullement être maltraités tant qu'ils ne
seraient pas trouvés à comploter contre
l'Empire romain. Beaucoup ont eu aussi recours à
moi à leur sujet, et je leur ai répondu
en suivant la décision de mon Père. Si donc
quelqu'un continue à attaquer l'un de ces Chrétiens
et le dénonce parce que tel, que ce Chrétien
soit absous, même s'il apparaît qu'il est
Chrétien".
(Jusqu'ici tout va bien !)
Évidemment, semble dire Antonin, c'est dans
la nature des Chrétiens de comploter contre l'Empire
(Ah bon ?)
Les personnes qui ne se rendent pas coupables de ce
crime, ne sont donc pas de bons Chrétiens, de vrais
Chrétiens !
(Ben voyons !).
Dès lors, si on dénonce comme Chrétien
une personne connue pour être un loyal sujet de
l'Empire, cet individu doit nécessairement, impérativement
et immédiatement être absous !
(Désolé, mais votre conclusion, là,
vous avouerez qu'à part le parti pris, je n'en
conçois pas la cause ! Et le dès lors me
semble même là pour ca !)
La lettre d'Antonin concernant les Chrétiens ne
constitue donc ni un blanc-seing, ni un certificat de
bonne vie et murs pour l'ensemble de la communauté
chrétienne, loin de là ! (Mais à
part les quelques écrivains systématiquement
cités, peu de personnes en sont à dire cela
!)
Parce que là aussi, j'y
vois du parti pris : Citer Benoist-Méchin, ooooh
Et d'ailleurs, sa vision de l'instauration du calendrier
Julien dans la perspective de je ne sais quelle cosmo-machin
Si je me souviens, c'est un mathématicien
égyptien (Sosigène, ou quelque chose d'approchant
)
qui présenta le calendrier,( sur la demande de
César, 46 ?) afin de remplacer le calendrier lunaire.
Bon. Difficile de faire correspondre les deux, monsieur
machin devrait en convenir ! Bon. Ce matheux venait d'Égypte,
et là, on voit venir la cosmo-machin
Mais
plus prosaïquement, je vois venir le matheux, qui
avait calculé (et il fallait le faire !) la durée
de rotation, à quelques secondes près, qui
a arrondi à 365 un quart en sachant très
bien qu'il se plantait de quelques secondes, mais qui
savait aussi que ca n'aurait d'"importance" que dans quelques
siècles, et donc peu pour sa santé personnelle
!
En résumé, je trouve
que monsieur Benoist-Méchin fait des phrases et
pas autre chose lorsqu'il parle de calendrier, et il n'y
a pas de raison qu'il n'en fasse aussi (et que dire de
Daniel-Rops, le "docteur Petiot de la littérature
savante") lorsqu'il parle d'autre chose !
Pourquoi toujours citer ces deux
réacs, alors qu'il existe des historiens cathos
plus intelligents ?!
Ça ne m'empêche pas
de ne pas être d'accord avec eux d'ailleurs !
Remerciements, mes excuses pour
la longueur ! Comme disait l'"autre", je ne suis pas d'accord
avec ce que vous dites, mais je me battrais pour que vous
puissiez l'exprimer ! |
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| RÉPONSE : |
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Ce n'est
pas de l'ironie, mais vous n'imaginez pas le plaisir que
j'ai ressenti à lire votre message ! Malgré
vos objections, vous me prouvez que j'ai eu raison d'adopter
un ton assez critique pour évoquer les débuts
du christianisme. En effet, sans ce "lourd parti pris",
sans cet "acharnement sur les chrétiens",
bref sans cette "verve sarcastique" que j'ai le plus grand
mal à brider, vous seriez-vous intéressé
aux décrets d'Antonin
le Pieux et au calendrier julien ? Et surtout
auriez-vous trouvé le courage de lire l'intégralité
de mes notices biographiques ?
Cela dit, ce ton critique ne procède évidemment
pas d'une tactique destinée à attirer le
chaland ! J'écris ce que je pense, même si
je l'exprime parfois mal ou de façon outrée,
et même si la brièveté de ces notices
m'impose parfois des simplifications excessives. C'est
un peu le cas pour ce passage concernant le décret
d'Antonin le Pieux que vous citez.
Idéalement, il faudrait mettre cet extrait en
parallèle avec la célèbre correspondance
entre Pline le Jeune et Trajan,
que je n'ai fait qu'évoquer dans la notice consacrée
à cet empereur et qui me pose aussi certains problèmes
d'interprétation.
Il n'entre nullement dans mes intentions ni d'engager
une polémique avec vous, ni d'entrer dans les détails
de ces textes (d'ailleurs controversés). Je me
contenterai simplement de vous citer deux ou trois exemples
de ma façon de raisonner :
Quand je lis, dans
cette fameuse correspondance entre Pline et Trajan,
que les Chrétiens repentis qu'interroge le
préfet romain vers 110 ap. J.-C. s'étaient
engagés "par serment, non à perpétrer
quelque crime mais à ne commettre ni vol,
ni brigandage, ni adultère", ne faut-il
pas croire que le vol et le brigandage (je passe
sur l'adultère qui est un "crime" d'ordre
privé) étaient précisément
les délits que les Romains (opinion publique
ou magistrat) imputaient aux Chrétiens ?
De même, quand ces prévenus affirment
qu'ils ont quitté le mouvement chrétien
après que Pline, sur ordre de Trajan, a interdit
les hétairies (= associations secrètes),
est-il absurde de prétendre que les Romains
(juges ou peuple) considéraient (à
tort ou à raison) le Christianisme comme
une "société secrète" ? C'est
en tout cas comme ça que les bons Père
jésuites (eh oui !) m'ont appris, au cours
de leur cours passage chez eux (j'allais écrire
"entre leurs griffes", mais vous alliez sans doute
encore m'accuser de Dieu sait quelle rancune à
leur égard !) à interpréter
les textes historiques, où une dénégation
est souvent aussi révélatrice qu'une
affirmation
Il en va de même pour le décret d'Antonin
le Pieux. Quand l'empereur rappelle les paroles
d'Hadrien qui interdisait que les Chrétiens
soient maltraités "tant qu'ils ne seraient
pas trouvés à comploter contre l'Empire
romain", il ne me semble pas abusif (mais je
peux errer) d'émettre l'hypothèse
(vous voyez combien je suis prudent) que les Chrétiens
avaient (à tort ou à raison) une réputation
de conspirateurs. |
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Si Antonin (ou Hadrien)
avait écrit : "j'interdis que les Chrétiens
soient molestés tant qu'ils ne sont pas bourrés
à cinq heures du mat, tant qu'ils ne volent pas
les sacs des petites vieilles ou tant qu'ils ne brûlent
pas les pinèdes ", j'en aurais, de la même
façon, déduit que les premiers Chrétiens
étaient généralement considérés
(à tort ou à raison) comme des ivrognes,
des voyous ou des incendiaires
Une dernière petite chose :
Jusqu'ici, je me suis surtout basé sur des traductions
de textes historiques "originaux" pour élaborer
mes théories "hérétiques" sur les
premiers temps chrétiens, mais je compte bien,
dès que j'en aurai un peu le loisir, les confronter
avec celles d'historiens de l'Église plus sérieux
que ce bon vieux Daniel-Rops (que vous ne portez guère
dans votre cur dirait-on). Comme je ne suis ni têtu
ni obtus, je peux donc encore changer d'avis et revoir
radicalement mes "positions" !
C'est également dans cette optique que j'ai placé
sur le Net ces textes sur l'origine du christianisme,
extraits résumés et condensés d'un
ouvrage plus ambitieux. Ce faisant, j'espérais
des réactions intelligentes, des suggestions pertinentes,
des reproches constructifs. Pour cela aussi, vos mails
me prouvent que mes espoirs n'étaient pas vains
! |
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| 20 Mai 2001 |
| Ariane
et Marc ont écrit : |
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| Pourrions-nous
avoir plus de précisions sur Marc Antoine et
les relations entre Rome et le Royaume d'Égypte.
Les dissensions entre les différentes armées
Romaines. |
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| RÉPONSE
: |
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Ce bon Antoine,
imperator (avec une minuscule) mais pas encore
exactement empereur romain, se situe un peu
"en marge" du sujet de mes pages. J'ai néanmoins
évoqué sa carrière à
plusieurs reprises dans la notice biographique consacrée
à Octave
Auguste ainsi que dans certaines réponses
à d'autres internautes qui me reprochaient
soit de l'avoir "oublié", soit d'avoir été
trop tendre à son égard.
Comme je ne sais si vous avez déjà
pris connaissance de ces textes, je me permets d'en
mentionner ci-dessous les liens qui y mènent
:
- Antoine et Octave : Clic
!
- Antoine et Cléopâtre contre Octave
: Clic
!
- La bataille d'Actium : Clic
!
- Antoine "oublié" : Clic
!
- Antoine, Cléopâtre et César
: Clic
!
- Antoine, une "grosse crapule" ? : Clic
!
En outre, vous trouverez certainement d'autres
informations sur Antoine, Cléopâtre
et la Guerre civile contre Octave dans les sites
ci-dessous : |
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- Noctes Galicanae :
- La Vie d'Antoine de Plutarque : Clic
!
- La fin de la République romaine :
Clic
!
- JB Histoire - De la mort de César à
la bataille d'Actium : Clic
!
- Infomonnaies.com - Jules César et Mac
Antoine (Numismatique) : Clic
!
- nordnet.fr/~gdedieu :
- Le destin brisé de Cléopâtre
: Clic
!
- Cléopâtre, ange ou démon
: Clic
!
- microtec.net - Cléopâtre, dernier
pharaon d'Égypte : Clic
!
- france.diplomatie.fr - Antoine et Cléopâtre
(un sonnet bien troussé de J.-M. de Heredia)
: Clic
!
- stephencjames.com - Antoine et Cléopâtre
(Résumé de la tragédie de
Shakespeare) : Clic
!
- replicka.com : La rencontre d'Antoine et de
Cléopâtre à Tarse (un tableau
célèbre de Véronèse)
: Clic
!
Et enfin, (malheureusement il s'agit de ressources
en Anglais) :
- The House of Ptolemy :
- Caesar, Cleopatra & Marcus Antonius
: Clic
!
- Caesar, Cleopatra & Marcus Antonius
(numismatics) : Clic
!
- - Marc Antony : Clic
!
- - Second Triumvirat - End of Roman Republic
: Clic
!
Voilà, j'espère que vous trouverez
dans ces pages les informations qui vous intéressent ! |
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| 23 Mai 2001 |
| Anne
a écrit : |
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| Je
suis totalement désespérée car je
dois faire un exposé pour dans 4 jours sur Constantin
le Grand et je me trouve face à un embrouillamini
total ! Je comprends tout à fait tous les empereurs
romains différents qui se côtoient dans
l'empire oriental et occidental mais j'aurais voulu une
explication claire et nette sur tous ces empereurs avec
toutes les dates, leurs façons de gouverner, leurs
successeurs, leurs prédécesseurs, leurs
alliées
Si vous pouviez me donner quelques
explications, ça m'aiderait vraiment beaucoup. |
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| RÉPONSE
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| "L'embrouillamini" d'empereurs
dont vous vous plaignez provient sans doute de l'établissement
de la Tétrarchie
(quatre empereurs régnant conjointement) par Dioclétien
en 285.
À cause de ce système complexe qui tourna
d'ailleurs rapidement à la pagaille, l'Empire romain
compta parfois jusqu'à six "empereurs" en même
temps ! De quoi perdre son latin
Il y a cependant peut-être moyen de clarifier un
peu les choses grâce à la petite chronologie
de la Tétrarchie, de Dioclétien à
la mort de Constantin (centrée uniquement sur
les "succession impériales") que vous trouverez
ici : Clic
!.
Tout cela n'est pas, je vous l'avoue, d'une simplicité
biblique. J'espère néanmoins que ces quelques
éléments auront contribué à
clarifier votre vision de cette période historique
pour le moins confuse. |
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| 23 Mai 2001 |
| Sulla79avJC
a écrit : |
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| Je
ne comprends pas pourquoi la biographie de Sylla sort
du cadre de votre site. |
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| RÉPONSE
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| Il faut toujours savoir
se limiter ! Comme son nom l'indique, ce site empereurs-romains.net
n'a pas pour objectif de relater toute l'histoire
romaine : son champ d'investigation se limite tout naturellement
à la seule période impériale (de
Jules
César à Romulus
Augustule).
Vous allez me dire : "Mais Jules
César n'était pas un empereur non plus
! Et puis Sylla, qui n'avait que quarante ans de
plus que le grand Jules, exerça à Rome un
pouvoir absolu, comparable à celui des empereurs
!".
J'en suis parfaitement conscient et je me suis d'ailleurs
expliqué à de multiples reprises sur la
présence de César dans ces notices biographiques.
(Voir ici : Clic
!).
En outre, au-delà de ces courtes biographies d'empereurs,
ce qui m'intéresse particulièrement pour
l'instant, c'est d'évoquer les rapports du pouvoir
romain avec le christianisme naissant. Il est donc naturel
que, dans cette optique, ce qui est antérieur à
l'apparition de la religion chrétienne, c'est-à-dire
la période républicaine en général,
et le dictateur Sylla en particulier retiennent moins
mon attention. |
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| 29 Mai 2001 |
| Marc
a écrit : |
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1.
Peut-être est-ce mentionné ailleurs sur
le site
? Toujours est-il que (si mon information
est correcte) : plutôt que de dire que Charlemagne
a été couronné en 800, il est
plus juste de dire que ce fut l'an 800 parce que Charlemagne
se faisait couronner.
Je m'explique. Le moine Denys
(je ne connais plus son nom complet) avait été
chargé de calculer l'ère chrétienne
- la date de naissance du Christ - et, forcément,
avec les informations dont il disposait et la manière
dont on faisait des chronologies en ce temps-là,
il y avait un certain flou. On pouvait raisonnablement
situer des événements les uns par rapport
aux autres, mais pour "fixer" le tout c'était
une autre affaire. (On a toujours ce même problème
de nos jours pour la chronologie égyptienne antique.)
Donc puisqu'il devait "choisir",
il a probablement jugé politiquement avisé
de faire tomber le sacre en une année "ronde".
Et ça collait sans doute avec ses croyances sur
les intentions de Dieu et la mission de Karolus Magnus.
Depuis on juge que le Nazaréen
est né quelques années plus tôt
que ce que Denys avait calculé, pour autant que
les récits sur son âge à la crucifixion
et le recensement à sa naissance, soient historiquement
crédibles. Vu l'invention du Massacre des Innocents,
on peut douter de l'exode en Égypte et supposer
qu'il y a eu reconstruction légendaire tardive
des premières années de Jésus.
Se souvenant de l'existence d'un recensement "vers cette
époque" et souhaitant faire naître JC à
Bethléem pour respecter les prophéties,
l'évangéliste a très facilement
pu intégrer cela dans son récit. Gardons
à l'esprit qu'on n'est pas là dans une
époque d'exactitude historique, a fortiori
lorsqu'il s'agit de construire un mythe fondateur de
religion.
Idem, l'âge de trente ans
pour commencer sa prédication et de trois ans
de ministère font probablement plus appel à
une série de symbolismes numériques, très
fréquents chez les Hébreux, plus qu'à
une précision d'annaliste.
En conclusion
on ne sait
pas précisément quand est né le
bonhomme Jésus, on a juste une fourchette. Mais
on suspecte que c'est avant l'an I (rappel : pas d'an
Zéro) puisque Hérode le Grand est mort
en 4 BC.
Ouf !
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| RÉPONSE
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| Tout d'abord, merci pour
votre message, à nouveau très intéressant,
ainsi pour que pour vos judicieuses remarques quant à
la date présumée de la naissance du Christ.
À ce sujet, avez-vous déjà jeté
un coup d'il sur les quelques gloses que j'ai récemment
insérées à la fin de la notice consacrée
à Auguste (voir ici : Clic
!) ? À noter aussi que je reviendrai sur
la vie de Jésus dans la nouvelle mouture de la
vie de Tibère, laquelle mouture devrait être
disponible sur le Net au début du mois de juin
2001. (voir ici : Clic
!)
Quant au couronnement de Charlemagne, la plupart
des historiens d'aujourd'hui n'admettent plus la version
des chroniqueurs carolingiens, Éginhard et consorts,
qui prétendaient que cette cérémonie
fut quasi improvisée par le pape Léon III
sans que le grand Charles n'en fût informé.
"Si j'avais su ce que Léon avait manigancé,
jamais je ne serais entré dans cette église
!" se serait-il même exclamé là
ses confidents ! En fait, il ne s'agit là que d'une
"version officielle", soucieuse de ménager le très
chicaneur Empire byzantin, très chatouilleux dès
qu'il s'agissait de préserver ses prérogatives
impériales et qui voyait d'un très mauvais
il l'émergence d'un empire rival à
l'Ouest.
Dès lors, si l'acclamation de Charles n'était
pas le cadeau-surprise de Noël du pape Léon
au roi des Francs et puisqu'il semble bien, au contraire,
que cette cérémonie avait été
préparée minutieusement et de longue date,
il est alors possible que le choix de la date ne fût
pas innocent. Il aurait été sot de ne pas
profiter de la coïncidence qu'offrait une fin de
siècle : le jour de Noël de l'an 800, c'était
"imparable" !
Toutefois, je suis loin d'être sûr que les
contemporains de Charlemagne connaissaient et utilisaient
cette chronologie établie quelques siècles
plus tôt (Ve siècle) par un obscur moine
byzantin du nom de Denys le Petit. En fait, ce système
de datation n'aurait été adopté en
Occident qu'au Xe siècle !
À mon avis (et ce que montrent d'ailleurs les
sources médiévales les plus anciennes),
les gens de l'époque carolingienne, pour se situer
dans le temps, se référaient aux dates de
règne de leurs souverains. Cela dit, dans cette
optique également, le moment choisi pour le couronnement
de Charlemagne tombait bien : il y avait exactement trente
ans que Charles était seul roi de Francie (son
frère Carloman était mort le 4 décembre
771). Trente ans ! Un chiffre lourd de symbolisme, comme
vous le faites judicieusement remarquer
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1.
Terminons par une remarque qui n'a rien à voir
avec vos préoccupations (mais bon, c'est si gai
de communiquer avec des gens cultivés !)
Depuis quelque temps, la mode se répand de noter
les dates avant JC par un signe négatif.
Même dans le Robert des noms propres je vois cette
ignominie ! Alors que s'il n'y a pas d'an zéro,
c'est bien la preuve qu'on n'a pas affaire à
un système mathématique (cardinal, doté
des opérations d'addition etc.) mais à
un pur rangement ordinal. Pour nous autres modernes
formés aux maths, ça a l'air plus facile
et cohérent, mais voilà : ce n'est pas
correct. Les dates avant Jésus-Christ ne sont
PAS des nombres négatifs.
For what it's worth, comme
disent les Américains.
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| RÉPONSE
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| Vous avez raison, c'est
vilain-pas-beau, et incorrect de surcroît, d'écrire
les dates avant J.-C. comme s'il s'agissait de vulgaires
chiffres négatifs
Mais que voulez-vous
: flemme, paresse, paralysie digitale sélective,
ou Dieu sait quoi, il m'arrive, et je le regrette, de
sacrifier à ce que vous appelez cette "ignominie".
;-)))
Mais restons sérieux ! J'essaye de limiter l'emploi
de ces si peu esthétiques mentions à de
brèves indications chronologiques en fin de paragraphe,
entre parenthèses, quasiment en dehors du corps
du texte. Il s'agit un peu d'une "ponctuation historique",
surtout destinée à mes lecteurs étudiants,
souvent pressés et avides de repères chronologiques
précis. |
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