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Avril 2001 (page 2/2)
Sommaire du mois d'Avril : Clic
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| 22 Avril 2001 |
| Aurélien
a écrit : |
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| Ayant
un travail à fournir en Histoire sur le thème
de l'Empereur Romain, je recherche en vain depuis un moment
des informations sur le déroulement du sacre,
ainsi que sur le lieu des couronnements des Empereurs
romains.
J'apprécierais si vous pouviez
me renseigner où m'envoyer des liens vers des sites
sur ce thème
Merci d'avance... |
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| RÉPONSE
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| Je ne
sais plus exactement si c'est Gibbon ou Montesquieu qui
a affirmé que "l'Empire romain était
une monarchie absolue dont l'absolutisme était
tempéré par le coup d'État".
Toujours est-il que, contrairement à ce qui se
passa depuis dans d'autres empires, la légitimité
de l'empereur romain n'était pas nécessairement
de nature dynastique et certainement pas de nature religieuse,
même si certaines fonctions impériales étaient
religieuses.
Donc, dans l'Empire romain, pas de sacre ni de couronnement
!
Celui qu'on a coutume, par facilité, d'appeler
l'"empereur romain" était, à la fois, le
premier citoyen de Rome, son premier magistrat et le commandant
en chef de ses armées.
Revêtu de la puissance tribunitienne et doté
du droit de veto lié à la fonction de "Tribun
du Peuple", l'empereur pouvait être considéré
comme le protecteur du peuple romain.
En tant que Princeps, il était aussi le
leader de l'aristocratique Sénat de Rome. C'est
lui qui convoquait les sessions, qui fixait l'ordre du
jour des délibérations, qui prenait la parole
en premier et qui, naturellement, pouvait valider ou invalider
tous les votes grâce à son droit de veto.
Enfin, il était l'Imperator, c'est-à-dire
le généralissime des armées, celui
dont les soldats attendaient gloire, honneur et surtout
grasses rémunérations.
Cette "triple casquette" de l'empereur romain explique
que la désignation de l'empereur pouvait revêtir
plusieurs aspects. Parfois, (par exemple pour Tibère,
Caligula,
Titus,
Domitien,
Trajan
et les Antonins,
etc) le nouvel empereur, successeur désigné
de son prédécesseur, voyait son élévation
confirmée par le Sénat sans que l'armée
ne rechigne. Dans d'autres cas, bien plus rares, (pour
Nerva,
par exemple) le Sénat prenait l'initiative de désigner
le nouveau souverain. Mais à partir, du IIIe siècle,
l'armée fit main basse sur l'élection impériale
: l'empereur en titre ne fut plus, désormais, que
le général qui, soutenu par ses armées,
avait, au terme d'une guerre civile plus ou moins longue,
plus ou moins féroce, triomphé de tous ses
rivaux soutenus, eux aussi, par d'autres soldats avides
de récompense.
Naturellement, je simplifie outrageusement. Chaque cas
est particulier.
Une constante reste cependant : avant l'empereur byzantin
Léon Ier (457 - 474) qui reçut la couronne
des mains du patriarche de Constantinople, aucun "empereur
romain", qu'il soit païen ou chrétien, ne
fut "couronné" ou "sacré".
Comme,
si j'en crois votre adresse e-mail, vous êtes
Français, sacrifions à un certain
chauvinisme. ;-))
Peut-être vous serait-il agréable de
lire le récit de la seule et unique désignation
d'un empereur romain qui se déroula jamais
à Paris (Lutèce). Il s'agit du pronunciamiento
militaire qui, en 360, porta au pouvoir l'empereur
Julien
II dit "l'Apostat". Il s'agit d'un extrait
des Histoires de l'historien romain Ammien
Marcellin (fin du IVe siècle).
(Les soldats rassemblés à Lutèce,
réquisitionnés par l'empereur régnant
Constance II pour son expédition contre les
Perses, ne peuvent se résoudre à quitter
leur Gaule natale)
Au début de la nuit, leur mutinerie éclata
ouvertement, et chacun attisant son ressentiment
en proportion de l'affliction que lui causait cet
événement inattendu (leur envoi
en Orient), ils en viennent aux armes et aux
voies de fait. En poussant une immense clameur,
ils se dirigèrent tous vers le palais, qu'ils
encerclèrent sur toute sa superficie pour
empêcher quiconque de parvenir à trouver
le moyen de s'échapper, et en vociférant
affreusement, ils hurlaient : "Julien Auguste !"
(= "Julien, empereur !").
Ils s acharnaient de la manière la plus
pressante, pour le contraindre à se présenter
devant eux-, forcés d'attendre les premières
lueurs du jour, ils l'obligèrent finalement
à se montrer. À sa vue, le vacarme
reprit de plus belle, et ils le proclamèrent
Auguste (= empereur), à l'unanimité
et sans aucune réserve. |
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Mais lui résistait de pied ferme, à tous
et à chacun, tantôt en manifestant son indignation,
tantôt en leur tendant les bras pour les prier et
les supplier de ne pas commettre un acte déshonorant
après tant de victoires si heureuses, et de ne pas
donner matière à discorde par un faux-pas
téméraire et intempestif. Et voici ce qu'il
ajouta en s'adressant à eux d'un ton bienveillant,
quand ils se furent enfin apaisés : "Que votre colère
se calme pour un temps, je vous prie, et il sera facile
d'obtenir sans rébellion ni menées révolutionnaires
ce que vous réclamez. Puisque les attraits de votre
terre natale vous retiennent, et que vous craignez des pays
étrangers auxquels vous n'êtes pas habitués,
retournez maintenant chez vous : vous ne verrez rien au-delà
des Alpes, puisque vous ne le voulez pas. Je vous en excuserai
personnellement par des justifications appropriées
auprès de l'Auguste (= l'empereur Constance
II) : c'est un prince capable d'entendre raison,
et fort avisé ". Les clameurs, là-dessus,
n'en continuaient pas moins de toutes parts, tous les assistants
s'opiniâtrant également avec une ardeur unanime,
et comme le tohu-bohu de cet affrontement était à
son comble et que s'y mêlaient des invectives insultantes,
le César (Julien
avait été nommé "César", c'est-à-dire
empereur-adjoint par Constance
trois années plus tôt) fut contraint
de leur céder.
On le hissa sur un bouclier de fantassin, et tandis qu'il
se dressait bien haut au-dessus de la foule sans que personne
fit silence, il fut déclaré Auguste (=empereur)
; on le somma de montrer un diadème, et comme il
assurait n'en avoir jamais eu, on se mit à lui réclamer
un collier ou un bandeau de sa femme. Et comme il disait
avec insistance qu'il ne convenait pas, pour de premiers
auspices, d'être affublé d'une parure de femme,
on se mit en quête des phalères d'un cavalier,
pour qu'une fois couronné, il présentât
au moins en apparence l'ombre du pouvoir suprême.
Mais comme il s'évertuait à dire que cela
non plus n'était pas moins déshonorant, un
certain Maurus (...) retira le torque qui était
son insigne de porte-étendard, et le posa avec une
belle audace sur la tête de Julien. Ainsi
acculé à la dernière extrémité,
conscient de ne pouvoir échapper désormais
au danger présent s'il persistait dans son refus
obstiné, Julien promit de leur distribuer à
tous cinq pièces d'or et une livre d'argent par tête."
(Ammien Marcellin, Histoires, 20 : IV - Traduction
de Jacques Fontaine, Les Belles Lettres, Paris, 1996).
Dans le cas de Julien,
on le voit, l'acclamation des soldats révoltés
suffit à faire de lui, sinon l'empereur légitime,
du moins un prétendant valable au trône impérial.
Le fait de revêtir un insigne militaire comme symbole
de la dignité impériale, purement anecdotique,
ne peut en aucun cas être considéré
comme un "couronnement" et encore moins un comme un "sacre".
Seule compte ici l'acclamation, le pronunciamiento,
des soldats.
Naturellement, je me suis contenté ici d'esquisser
très grossièrement les grandes lignes de
la dignité impériale romaine. Vous trouverez
bien d'autres renseignements, bien plus complets, sur
le site d'Emilia Robin qui détaille, fort
intelligemment et de manière fort claire, toutes
les facettes du pouvoir impérial à Rome
: Clic
! |
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| 24 Avril 2001 |
| Matthieu
a écrit : |
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| J'ai
en charge de faire un exposé sur l'empire romain,
qui, ma foi, me pose quelques soucis au niveau de la recherche.
J'ai trouvé l'URL de votre site et je le trouve
fort intéressant, seulement voilà, j'aimerais
vous poser une ou deux questions, pourriez-vous m'accorder
un peu de votre temps libre ?
Donc voilà : tout d'abord
je dois rechercher quelle est l'origine de la fonction
impériale ; j'ai cherché en vain.
Voilà ce que je souhaiterais
savoir :
- Qu'il y avait-il avant les empereurs
romains ?
- Comment ces empereurs sont-ils
apparus ?
Voilà pour l'origine de
la fonction impériale
Ensuite, j'aimerais savoir si je
dois citer César comme empereur romain
?
J'hésite fortement, voici
comment j'aurais aimé me justifier :
- Il gouverna comme un empereur
- Il était populaire auprès
du peuple
- La "Vie des douze césars"
n'est pas un titre au hasard
- Les empereurs s'appelaient tous
César
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| RÉPONSE
: |
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| Tout d'abord, je vous remercie
de l'intérêt que vous portez à mes
pages.
Quant aux questions que vous me posez
- du moins les deux premières - il est assez difficile
d'y répondre en quelques lignes sans opérer
d'outrageuses simplifications.
1. Qu'y avait-il avant les "empereurs romains" et
comment sont-ils apparus :
Après plus de deux siècles (de ± 753
à 509 avant J.-C.) d'une royauté étrusque,
Rome conquit son indépendance et opta pour un gouvernement
républicain, d'abord aristocratique, puis démocratique.
Tous les actes officiels de l'État étaient
posés au nom "du Sénat et du peuple romain"
(Senatus PopulusQue Romanus - SPQR).
Au fur à mesure de l'expansion territoriale de
Rome, le pouvoir accordé au peuple, à la
plèbe, se délita. Les patriciens (aristocrates)
devenaient de plus en plus riches, et les plébéiens
de plus en plus dépendants de leur bonté
intéressée. Rome gardait le nom de "République",
mais était devenue, en fait, une oligarchie : les
sénateurs les plus riches achetaient les voix populaires
et gouvernaient selon leurs propres intérêts.
Vers 130 avant J.-C., les réformes des frères
Gracques (Tiberius et Caius Gracchus), visant à
enrayer l'appauvrissement des classes moyennes et populaires,
échouèrent. Les deux leaders populaires
furent assassinés, mais leurs idées leur
survécurent et, afin de les imposer, un parti politique
populaire (les populares) vit le jour. C'était
le début des guerres civiles.
Le général Marius, réformateur de
l'armée romaine, vainqueur des Cimbres et des Teutons
et leader des populares prit un moment l'avantage.
Il réduisit les pouvoirs des Sénateurs,
mais lui et ses partisans furent vaincus par le sanguinaire
Sylla, chef du parti aristocratique qui s'empara du pouvoir
à Rome en 82 avant J.-C. Nommé "dictateur
à vie", il devint le seul maître de l'État
romain.
En 79 avant J.-C., à la surprise générale,
Sylla renonça à tous ses pouvoirs. Le parti
populaire releva alors la tête sous la direction
de Jules
César. Celui-ci s'allia un temps avec Pompée,
le bras armé du parti sénatorial, et avec
le richissime Crassus pour former le "Premier Triumvirat",
mais les rivalités entre les deux hommes apparurent
bientôt au grand jour. Une autre guerre civile éclata.
Le grand Jules écrasa Pompée à Pharsale
(48 av. J.-C.), puis ses derniers partisans à Thapsus
en Afrique (-46) et à Munda en Espagne (-45).
Le parti aristocratique était à nouveau
vaincu. Jules
César devint, lui aussi, "dictateur à
vie", et voulait même coiffer la couronne royale
quand il fut assassiné (ides de mars -44) par des
prétendus "républicains" mais qui n'étaient,
en fait, que des représentants de l'aristocratie
sénatoriale.
Les meurtriers de César furent vaincus par Octave
(futur Auguste)
et Antoine
à la bataille de Philippes (42 av. J.-C.). Au terme
de cet affrontement, Octave, qui n'avait pas hérité
de la magnanimité de son père adoptif Jules
César, fit massacrer froidement tous les chefs
du parti aristocratique. Le Sénat de Rome était
désormais "à la botte" d'Octave. Il restait
encore à celui-ci à se débarrasser
de son encombrant allié Antoine qui gouvernait
l'Orient. Ce fut chose faite à la bataille d'Actium
(31 av. J.-C.) : Antoine
et sa maîtresse Cléopâtre
furent vaincus et se suicidèrent peu après.
Seul maître de
Rome, Octave, que l'on appellera désormais
Auguste
(du latin Augustus, sacré, divin)
n'allait pas suivre la voie de Jules César.
Il refusa le sceptre royal, conserva la fiction
républicaine, mais concentra entre ses mains
tous les pouvoirs régaliens.
Revêtu de la puissance tribunitienne et doté
du droit de veto lié à la fonction
de "Tribun du Peuple", Auguste
se considérait comme le protecteur du peuple
romain. Mais il était aussi le "Princeps"
(dont nous avons tiré le mot français
"prince"), c'est-à-dire le membre plus éminent
de l'aristocratique Sénat de Rome. Il convoquait
les sessions, en fixait l'ordre du jour, prenait
la parole en premier et naturellement, faisait valider
invalider tous les votes grâce à son
droit de veto.
Et enfin, Octave Auguste
était l'Imperator, c'est-à-dire
le général victorieux, le généralissime
de toutes les armées, celui dont les soldats
attendaient gloire, honneur et surtout grasses rémunérations.
Le mot Imperator, dont nous avons tiré
le mot français "empereur", ne recouvrait
donc qu'une des multiples facettes du "pouvoir impérial".
C'est donc avec Octave Auguste que le gouvernement
de Rome bascula définitivement vers ce que
l'historien britannique Edward Gibbon (Histoire
du Déclin et de la Chute de l'Empire romain)
a caractérisé comme "une monarchie
absolue revêtue de toute forme la forme d'une
république" ; vers ce que nous avons
coutume d'appeler, par facilité, "l'Empire
romain".
Évidemment, comme je vous l'ai signalé
d'emblée, j'ai été contraint
ici de condenser grossièrement plus de sept
siècles d'Histoire romaine. Vous trouverez
sans doute des renseignements plus précis
dans les sites ci-dessous : |
|
- Noctes Gallicanae - abrégé d'histoire
romaine : Clic
!
- J-B Histoire - Histoire romaine : Clic
!
- J. Honoré - Résumé d'Histoire
romaine : Clic
!
- Rome Antique, de la fondation de la cité à
la chute de l'Empire : Clic
!
- Histoire romaine : Clic
!
- L'Histoire de la civilisation romaine : Clic
!
- le site d'Emilia Robin : tout ce qu'il faut
savoir sur les fonctions de l'empereur romain :
Clic
!
2. Jules
César était-il un "Empereur romain"
?
Les avis divergent.
Suivant la tradition qui remonte à ce cancanier
de Suétone, et tenant compte du fait que ce n'est
pas sans raison que les Allemands et les Russes appelaient
respectivement leur empereur Kaiser et Tsar,
j'ai repris ce brave Jules en "tête du hit-parade",
suscitant de ce fait l'indignation de certains internautes.
Aussi, pour vous "faire une religion" à ce sujet,
je vous conseille de lire aussi bien leurs arguments que
les réponses que je leur ai adressées (Clic
! et Clic
!)
Cela dit, quant à moi, je persiste et signe, et
maintiens le grand Jules
comme premier empereur. |
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| 24 Avril 2001 |
| Matthieu
a écrit : |
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| J'aimerais
savoir que signifient les dynasties ?
En réalité, ce n'est
qu'un regroupement d'empereur ?
Pourriez-vous me résumer
cela rapidement (je ne vous demande que quelques lignes,
ne me consacrez pas trop de temps SVP. Vous en faites
déjà beaucoup :o) |
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| RÉPONSE
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| Si le mot "dynastie"
désigne couramment une succession de souverains
au sein d'une même famille, dans le cas de la succession
impériale romaine, il faut considérer ce
cercle familial dans son sens le plus large.
Quelques exemples :
- Dynastie Julio-Claudienne : D'Auguste
à Néron,
les empereurs furent désignés parmi les
descendants de Jules
César et de Tiberius Claudius, le père
de l'empereur Tibère.
Mais Auguste, fondateur de cette dynastie, n'était
que le petit-neveu de César (petit-fils de la
sur de Jules). (Voir tableau
généalogique)
- Dynastie flavienne : Ici, la filiation est
directe. Titus
puis son frère cadet Domitien
succèdent à leur père Vespasien.
(Voir tableau
généalogique)
- Dynastie dites "des Antonins" : Ici, au contraire
et exception faite du lamentable Commode
qui succéda à son père Marc
Aurèle, il n'existe pas de liens de parenté
(du moins de liens proches) entre les empereurs successifs.
Nerva
adopta Trajan,
Trajan adopta Hadrien,
Hadrien adopta Antonin
le Pieux qui donna son nom à cette dynastie-bidon
!
- Dynastie des Sévères. Caracalla
et Geta
succédèrent à leur père
Septime
Sévère, le fondateur de la dynastie,
mais Sévère
Alexandre, dernier représentant de cette
lignée, n'était qu'un petit-neveu de l'épouse
de ce Septime. (Voir tableau
généalogique).
Etc.
Comme vous le constatez, si j'ai adopté un classement
des empereurs "par dynastie", c'est par obéissance
à une classification "classique" traditionnelle.
En réalité, l'Empire romain, ce n'était
pas le Royaume de France : les coups d'états et
les assassinats étaient fréquents et, bien
souvent, les princes héritiers n'étaient
pas en mesure de reprendre le sceptre paternel. |
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| 24 Avril 2001 |
| ALINEROCH
a écrit : |
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| Je
fais un exposé sur Caligula et il y a certains
noms que je ne trouve pas dans les encyclopédies.
Je voudrais donc savoir qui
sont Macron et Marcus Silanus et si possible
les dates de naissance et de mort.
Merci de me répondre sachant
que ceci me serait d'un grand secours. |
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| RÉPONSE
: |
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| Voilà ce que j'ai
trouvé.
Macron : De son vrai
nom Quintus Naevius Cordus Sutorius Macro, il fut
choisi par l'empereur Tibère
pour le débarrasser de Séjan, ce préfet
du prétoire qui, profitant de l'éloignement
de l'empereur, retiré à Capri, était
devenu le vrai maître de Rome et ambitionnait de
monter sur le trône. Macron s'acquitta parfaitement
de sa tâche, élimina Séjan et toute
sa famille, prit sa place comme Préfet du Prétoire
et, à son tour, tyrannisa le peuple de Rome.
Suétone prétend (Douze Césars,
Caligula, 12) que Caligula
séduisit Ennia Naevia, la femme de Macron, et
qu'il alla même jusqu'à lui promettre de
l'épouser s'il devenait maître de l'Empire.
Par ce biais, Caligula entra dans les bonnes grâce
de l'époux (bafoué ou complaisant) qui
lui prêta main-forte pour accéder au trône.
Tacite, rapporte en effet (Annales
VI, 50)
que Macron "euthanasia" proprement le vieux Tibère
qui se n'en finissait pas de mourir. Cependant, bien
des historiens modernes émettent les plus nettes
réserves sur la vraisemblance de cet épisode.
Ce fut aussi Macron qui se chargea de lire au Sénat
le testament de feu Tibère qui instituait comme
héritiers, à part égales, Caligula
et Tiberius Gemellus (petit-fils de Tibère),
mais Caligula
se débarrassa bien vite de son confrère
impérial.
Le nouvel empereur montra également bien peu
de reconnaissance envers ceux qui l'avaient aidé
à monter sur le trône : toujours aux dires
de Suétone (Caligula, 26), Macron et son Ennia
d'épouse "reçurent une mort sanglante"
en l'an de grâce 38.
Pour infos complémentaires :
- Traduction française de la Vie de Caligula
de Suétone : Clic
!
- Traduction du passage de Tacite relatant l'assassinat
de Tibère : Clic
! )
Marcus Silanus :
Marcus Junius Silanus était le père
de Junia Claudilla, première épouse de Caligula,
qui, en 38, le contraignit au suicide sous prétexte
d'un complot. Cfr Suétone, Cal. 12, 1, 23, 5 ;
Dion Cassius 59, 8, 4) - Renseignement trouvé dans
les notes sur le site de la BCS (notes sur une nouvelle
édition de l'Agricola de Tacite) : Clic
!
À noter aussi que dans son célèbre
roman Néropolis, Hubert Monteilhet met
en scène un certain Decimus Silanus. descendant
(petit-fils ?) de ce Marcus Silanus,
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| 25 Avril 2001 |
| Lauriane
a écrit : |
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| J'avais
un exposé à faire sur Néron et je
me suis beaucoup aidée de votre site. En cours,
lorsque j'ai annoncé à mon professeur qu'Agrippine
avait été exilé, elle m'a dit qu'elle
n'en était pas sûre.
Alors voila mon problème
: J'ai dit à mon professeur que j'allais me renseigner.
J'ai cherché sur plein de sites, mais aucun ne
mentionne Agrippine. Alors je vous écris pour savoir
si vous avez des renseignements sur l'exil d'Agrippine,
sur la première puis seconde partie du règne
de Néron et également sur la mort de Néron.
J'ose à peine vous demander
si se serait possible que je l'obtienne pour ce soir mais
je pense que se sera impossible. Ou alors, pouvez-vous
me donner des sites qui pourraient m'aider. J'espère
du fond du cur que vous pourrez rapidement m'aider.
En vous remerciant tout de même
d'avance, je vous prie d'agréer toutes mes félicitations
pour votre site. |
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| RÉPONSE
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| Évidemment,
vous fournir des renseignements sur "sur l'exil d'Agrippine,
sur la première puis seconde partie du règne
de Néron
et également sur sa mort", cela reviendrait à
récrire toute la biographie de cet empereur, chose
qui serait difficile à réaliser d'ici ce
soir !
Pour rassurer votre prof, je puis cependant dès
à présent vous confirmer qu'Agrippine
la Jeune fut exilée en octobre 39 sur ordre
de Caligula et fut autorisée à rentrer à
Rome dès l'avènement de Claude,
son oncle et futur époux (début 41).
Quelques citations à ce sujet :
- "Alors que le garçon (Néron)
avait trois ans, l'empereur Caligula, son oncle, le
bannit avec sa mère (Agrippine la Jeune)
dans l'île de Ponza, sous l'accusation de conspiration.
Cette accusation n'était pas sans fondement parce
qu'Agrippine avait été assez insensée
pour comploter avec son amant Lépide, qui était
également un des mignons de son frère.
Caligula en fut si irrité qu'il obligea sa sur
à gagner son lieu d'exil en transportant sur
ses genoux les cendres de son amant exécuté"
"Il (Claude) avait pourtant le cur
bon et l'un de ses premiers actes fut de signer le décret
permettant à Agrippine de rentrer d'exil".
(C.-M. Franzero, Néron, sa vie et son temps
- Payot, Paris, 1955)
- "Néron n'a pas encore deux ans lorsque sa
mère est impliquée dans la conspiration
dirigée contre Gaius-Caligula par Gnæus
Lentulus Getulicus et Marcus Æmilius Lepidus.
Le 27 octobre 39, le complot est découvert et
les conjurés châtiés. Sur ordre
de l'empereur, son frère, elle est reléguée
(Note : relégation = exil n'entraînant
pas la perte des droits civils et militaires), et ses
propriétés lui sont confisquées).
(
) Suétone présente la relégation
d'Agrippine comme postérieure à la mort
de son mari (Domitius Ahenobarbus, en 40) : en
réalité, les événements
se sont déroulés dans l'ordre inverse.
(
) Pourtant la situation va changer assez
vite : après l'avènement de Claude, frère
de Germanicus, Agrippine rentre d'exil. On est en 41,
le futur Néron à quatre ans. Agrippine
recouvre alors ses biens et son crédit politique."
(Eugen Cisek, Néron, Arthème Fayard,
1982).
Quant
aux autres renseignements que vous me demandez,
il m'est, je vous l'ai dit d'emblée, difficile
de vous donner satisfaction.
Quelques pistes cependant :
- Outre la biographie
de Néron qui figure dans mon site,
avez-vous jeté un coup d'il sur les
liens placés au bas de cette page (Clic
!) ainsi que sur les repères chronologiques
de la vie de Néron (Clic
!) ?
En outre, ces repères eux-mêmes peuvent
être utilement complétés par
les données, bien plus exhaustives, qui
figurent sur l'excellent site Tiberius13 : (Clic
!).
- En ce qui concerne Agrippine la Jeune,
vous trouverez également d'autres renseignements
à son sujet sur les pages que le siteTiberius13
(toujours lui) consacre aux principats de Caligula
(Clic
!) et de Claude (Clic
!) ()
et aussi, naturellement, dans
la biographie que j'ai consacrée à
l'empereur Claude.
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| 26 Avril 2001 |
| Matthieu
a écrit : |
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| Quelque
chose m'interpelle : pour mon dossier, je pensais parler
de la famille de l'empereur, mais je ne trouve
rien.
- Primo, je pensais parler des
successions, de la place tenue par les fils de
"princes"
Auriez-vous une URL à me conseiller
?
- Secundo, où pourrais-je
me renseigner sur les lieux qu'habitaient les empereurs,
- Ensuite, que peut-on penser
des relations familiales de l'empereur ?
Merci de m'orienter sur le net,
car je ne connais pas particulièrement les sites
dédiés au culte de l'empire romain |
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| RÉPONSE
: |
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| 1. En ce qui concerne les
successions impériales, vous tombez juste
à point : cette question recoupe à peu près
celle qu'un autre sympathique internaute m'a posée
avant-hier (Clic
!)
2. Lieux de résidence des
empereurs romains.
C'est un peu enfoncer une porte ouverte que de rappeler
que les empereurs romains résidaient à Rome.
Et de fait, jusqu'à Dioclétien
(début du IVe siècle), aucun empereur
n'osa s'éloigner trop longtemps de sa turbulente
capitale.
Cependant, après la fondation de Constantinople
(future Istanbul) et les invasions barbares, la résidence
impériale des empereurs romains d'Occident se fixa
plus volontiers dans des villes plus proches de frontières
menacées (Milan, Trêves).
Au Ve siècle
enfin, l'empereur, qui n'était plus qu'un
fantoche aux mains de ses généraux
barbares, se réfugia à Ravenne, une
ville située au bord de l'Adriatique, d'où
il pouvait donc facilement mettre les voiles vers
Constantinople, et qui de plus était bien
protégée par les marécages
qui l'entouraient.
Maintenant, quant à vous fournir l'adresse
de sites Internet sur Rome (ou Milan), il en existe
tant que plusieurs pages ne suffiraient pas à
mentionner, même en se limitant aux principaux
d'entre eux ! Cependant, en ce qui concerne la Rome
impériale, j'ai un petit faible pour le site
"Plan de Rome" de l'Université de
Caen (Clic
!).
D'autre part, pour vous faire une idée de
ces "capitales de raccroc" que furent Ravenne et
Trêves, je vous livre ci-dessous deux adresses
les concernant :
- Pour Ravenne (Italie) : Clic
!
- Pour Trêves (Allemagne) : Clic
!
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Peut-être aussi pourriez-vous allez jeter un coup
d'il, à mes signets sur Rome. Sans
doute l'un ou l'autre de ces sites pourront-ils également
vous livrer quelques infos intéressantes et pas
seulement sur les capitales impériales : Clic
!
3. Relations familiales des empereurs
romains.
Avec quatre-vingt-deux souverains qui se succédèrent
en plus de quatre siècles et demi, il est impossible
de trouver l'ombre d'un trait commun. Il n'y a, par exemple,
aucune commune mesure entre Antonin
(138-161) qui montra tant d'égards envers son vieux
père (adoptif) qu'on le surnomme "le Pieux", et
ce Commode
(180-192) réputé (le film Gladiator fait
écho à cette légende) avoir assassiné
son vieux Marc
Aurèle de père ! Et comment comparer
ce même Marc
Aurèle qui honora toujours son frère
adoptif, l'incapable Lucius
Verus, à ce Domitien
(81-96) qui aurait empoisonné son frère
Titus
(79-81) ou à ce Caracalla
(211-217) qui haïssait son frangin Geta
(211) au point de l'égorger de ses propres mains,
comme un mouton !
À ma connaissance, il n'existe donc aucun site
qui aborde précisément un sujet aussi vaste.
Même si certains, à l'instar du mien, rapportent
grosso modo comment chaque empereur se comporta
envers sa parenté, aucun, du moins à ce
qu'il me semble, ne s'est spécialisé dans
l'étude sociologique de toutes familles impériales
romaines. |
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