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Sommaire Decembre 2000 :
- 11 décembre :
- Où trouver des notices plus courtes ? : Clic
!
- 23 décembre :
- Les "Crimes" de Néron ? : Clic
!
- Repères chronologiques pour le règne de
Néron : Clic !
- 25 décembre :
- Les Odéons de Rome et d'ailleurs
: Clic
!
- 25 décembre :
- Antoine est-il "oublié" ? : Clic
!
- Cléopâtre, César et Antoine : Clic
!
- Jules César gay ? : Clic
!
- "Netiquette" des pages "Empereurs romains" : Clic
!
- 29 décembre :
- Rien sur Arcadius ? : Clic
!
- "Victoria Augusta"
certains doutes subsistent
: Clic
!
RECHERCHE
DANS LE SITE
"EMPEREURS ROMAINS"
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| 11 Décembre 2000 |
| Sylvain
a écrit : |
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| Génial,
Un travail de "fou" !
Je suis moi-même en cours
de réalisation d'un site, mais sur les trente dynasties
Égyptienne, Chrétienne, etc
J'aurais
besoin de renseignements sur les empereurs Romains, bien
entendu, avec un lien sur ton site.
Mon besoin est simple : nom, date,
mort (avec suivant l'importance, un ou deux faits). J'attends
ta réponse, si c'est OK, un lien, cela va sans
dire, sur ton site. Et avertissement lorsque le mien sera
OK. À ce jour, je possède déjà
80 Mo de texte. Comme quoi, sur Internet, y a vraiment
des cas ! |
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| RÉPONSE
: |
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| Merci pour ton message,
et bon courage pour ton site égyptien !
La page "Index"
de mes "empereurs romains" reprend, naturellement, les
noms de tous les empereurs romains, ainsi les dates de
leur règne.
Évidemment, les notices reliées
à cette page-index fournissent plus bien qu'"un
ou deux faits" par empereur
C'est d'ailleurs
ce qui fait leur originalité ! C'est en effet surtout
parce que je n'avais rien trouvé d'équivalent
en français sur le Net que je me suis décidé
à y mettre la documentation que j'avais récoltée
depuis un certain temps ! Ceci pour te dire que résumer
des notices que j'ai laborieusement enrichies me paraîtrait
revenir quelque peu en arrière dans ma démarche
!
Cela dit, pour disposer d'un résumé
des principaux faits des empereurs, je te conseille,
par exemple (car je crois, qu'il y a sur le Net, de nombreuses
pages Internet de ce genre), de jeter un coup d'il
sur le site
de Quid, qui me paraît, à première
vue, répondre parfaitement à tes besoins
spécifiques.
J'espère voir bientôt ton site. N'hésite
pas à me tenir au courant quand tu l'auras "basculé"
sur le Net
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| 23 Décembre 2000 |
| Guillaine
a écrit : |
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| Pouvez-vous
m'envoyer la liste de tous les crimes de Néron
ainsi que leurs dates. |
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| RÉPONSE
: |
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| Les "Crimes de Néron
C'est vite dit !
Aujourd'hui beaucoup d'historiens plus sérieux
que moi (qui ne suis ni historien, ni tout à
fait sérieux), revoient leur avis sur Néron,
trouvent bien des excuses à ses crimes et ne
le considèrent plus systématiquement comme
un monstre sadique et vicieux.
De fait, entouré
comme il l'était d'individus ambitieux
et sans scrupules, ce pauvre Néron n'avait
guère le choix : c'était tué
ou être tué ! Même l'assassinat
de sa mère Agrippine, elle-même meurtrière
de son mari l'empereur Claude et incestueuse à
force d'ambition, pourrait être compris
sinon excusé.
Tout cela pour dire qu'il est donc bien difficile
de déterminer quels sont réellement
les vrais "crimes" de Néron. C'est pourquoi
je te livre ci-dessous une chronologie complète,
quoique succincte, de la vie de Néron telle
qu'elle est couramment admise (Source : Néron,
Eugen Cizek, Librairie Arthème Fayard,
1982. - Clic
!).
Il faut cependant noter que plusieurs dates reprises
ci-dessous (Voyage en Grèce, Révolte
Juive par exemple) restent assez controversées.
D'autre part, pour répondre à votre
demande spécifique, j'ai indiqué
en caractères gras et rouges les
"crimes de Néron"
. ou prétendus
tels. Cependant, comme je l'ai signalé
ci-dessus, je parierais volontiers qu'avec un
bon avocat, Néron, s'il passait devant
une cour d'Assises actuelle sortirait du tribunal
libre comme l'air tant nombre de ces "crimes"
sont, soit excusables, soit improbables ! |
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REPÈRES
CHRONOLOGIQUES POUR LE RÈGNE DE NÉRON.
- 37
Le 15 décembre : Naissance
à Antium de Lucius Domitius Ahenobarbus
fils de Cnæus Domitius Ahenobarbus
et d'Agrippine la Jeune, fille de Germanicus,
sur de Caïus (Caligula).
- 39
Le 27 octobre : complot de Cætulicus
et de Lepidus contre Caligula. Agrippine
est exilée.
- 40
Mort de Cnæus Domitius Ahenobarbus.
Orphelin, Lucius est élevé
dans la maison de sa tante Domitia Lepida,
sur de son père.
- 41
Le 24 janvier, Caligula est assassiné.
Avènement de Claude, frère
de Germanicus, donc oncle d'Agrippine.
Celle-ci rentre à Rome et, plus
tard, épouse Crispus Passienus.
- 48
Août-septembre : Claude fait tuer
Messaline, sa femme.
- 49
Janvier : Claude épouse Agrippine,
la mère de Lucius.
À la fin de l'année, Agrippine
reçoit le titre d'Augusta.
Fiançailles de Lucius et d'Octavie.
- 50
Le 25 février : Lucius devient
Néron, fils adoptif de Claude,
sous le nom de Tiberius Claudius Nero.
Plus tard, il s'appellera Nero Claudius
Cæsar Drusus Germanicus.
- 51
Le 4 mars, Néron prend la toge
virile.
- 53
Néron épouse Octavie,
sa sur par adoption et parente de
sang. Il a 16 ans, Octavie en a 12.
- 54
Le 13 octobre, annonce officielle de la
mort de Claude, assassiné par Agrippine.
Avènement de Néron (54-68).
Influence d'Agrippine sur le gouvernement
impérial.
Début de la guerre d'Arménie,
contre les Parthes.
- 55
Janvier : L'influence d'Agrippine
diminue sensiblement au profit de celle
de Sénèque et Burrus qui
tâchent d'orienter le régime
vers un contrat avec la majorité
des sénateurs.
Le 13 février
Britannicus a 14 ans révolus. Peu
de temps après, Néron le
fait tuer.
Combats en Orient, livrés par Corbulon
contre les Parthes.
Pourparlers entre Romains et Parthes.
- 56
Les pourparlers avec les Parthes se
poursuivent.
Néron subit l'influence positive
de Burrus et de Sénèque
- 57
Néron envisage de transformer
le système fiscal romain.
Corbulon amorce une nouvelle offensive
contre les Parthes.
- 58
Le Sénat rejette le projet
de réforme fiscale de Néron.
Néron, aurige et citharède.
Début de sa liaison avec Poppée.
Corbulon chasse Tiridate et les Parthes
de l'Arménie.
- 59
Fin mars : Néron
fait tuer sa mère, Agrippine.
Corbulon installe Tigrane V sur le trône
d'Arménie et en fait le vassal
fidèle des Romains.
Les Parthes semblent se résigner.
- 60
Néron organise la première
édition des jeux quinquennaux.
Il tente d'helléniser les murs
romaines.
Tigrane V attaque l'Adiabène, territoire
vassal des Parthes. Il est repoussé.
En Bretagne, éclate le grand soulèvement
dirigé par Boudicca. Graves revers
des Romains.
- 61
Néron modifie sa stratégie
politique et durcit sa conduite à
l'égard de l'aristocratie sénatoriale.
Des sénateurs d'origine relativement
modeste deviennent consuls.
À Rome, construction d'un gymnase.
Le royaume du Bosphore devient protectorat
romain.
Commence la seconde étape de la
guerre parthique : Vologèse fait
chasser Tigrane V d'Arménie et
y installe Tiridate, son frère.
- 62
Printemps : mort de Burrus. Tigellin
et Fænius Rufus deviennent préfets
du prétoire. Sénèque
se retire peu à peu de la cour.
Néron
fait tuer Rubellius Plautus et Faustus
Cornelius Sulla.
Octavie est répudiée, l'empereur
épouse Poppée.
L'affranchi Doryphore,
partisan d'Octavie, est tué.
Le 19 juin, Octavie,
exilée, est tuée sur l'ordre
de Néron. Commencent
les procès de lèse-majesté
au Sénat. Néron envoie Cæsennius
Pætus en Orient afin d'annexer l'Arménie.
À la fin de l'année, Cæsennius
Pætus est écrasé par
les Parthes à Randeia.
- 63
Janvier : Poppée donne naissance
à une fille, Claudia Augusta.
Mai : Mort de la petite Claudia Augusta.
Rupture entre Néron et Lucain,
qui se voit interdire de lire en public
sa Pharsale.
CorbuIon reprend en main la situation
sur le front oriental. Les Romains reconnaissent
Tiridate comme roi d'Arménie et
vassal de Rome. La guerre parthique prend
fin.
La révolte est définitivement
écrasée en Bretagne.
- 64
Néron se produit pour la première
fois sur une scène publique à
Naples.
Fin juillet :
Rome est ravagée par un grand incendie.
Néron entreprend la construction
d'une nouvelle Rome (nova urbs)
et de la Maison dorée (domus
aurea).
Annexion du Pont.
- 65
Fin avril : la conjuration
de Pison est découverte. Sont tués
ou contraints au suicide Pison, Lucain,
Sénèque, Fænius Rufus,
etc.
Été : seconde édition
des jeux quinquennaux.
Poppée, enceinte est brutalisée
par Néron (?) et meurt.
Elle est divinisée après
sa mort.
- 66
Pétrone se
suicide sur ordre de Néron.
Tiridate arrive à Rome où
il est couronné roi d'Arménie.
Sommet du règne et du néronisme.
Clôture du temple de Janus et proclamation
de la paix universelle.
Thrasea est condamné
et se suicide.
Néron épouse Statilia Messalina.
Fin septembre : Néron part pour
la Grèce. Vague de répressions
à Rome et dans l'Empire.
Soulèvement des Juifs en Judée.
- 67
Exploits artistiques de Néron en
Grèce.
Corbulon est
contraint au suicide.
Début du creusement du canal de
Corinthe. Libération de la Grèce.
Une nouvelle conspiration contre Néron
se forme.
Retour de Néron en Italie (décembre).
Vespasien combat les Juifs révoltés.
- 68
Janvier : entrée de Néron
à Naples.
Février : contacts entre Vindex
et d'autres gouverneurs de provinces,
tel Galba, pour renverser Néron.
Mars : à la suite de sa tournée
en Grèce, triomphe artistique de
Néron à Rome. L'empereur
se rend à Naples. Vindex déclenche
le soulèvement de la Gaule contre
Néron. L'empereur l'apprend à
Naples.
Échec d'une tentative de meurtre
contre Galba. Néron rentre à
Rome.
Avril : Galba s'insurge contre Néron.
Celui-ci devient "Consul sans collègue"
Mai : Verginius écrase Vindex à
Vesontio. Soulèvement de Macer
en Afrique
Rumeurs à Rome quant à la
défection générale
des armées de l'Empire. La situation
politique est déstabilisée.
Le régime s'effondre.
Le 11 juin : abandonné par le Sénat,
sa cour et les Prétoriens, Néron
est contraint au suicide au moment où
on l'arrête comme ennemi public.
(Source : Néron, Eugen
Cizek, Librairie Arthème Fayard,
1982.) |
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| 25 Décembre 2000 |
| Amélie
a écrit : |
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| Je
dois présenter un exposé sur l'Odéon,
mais je ne dispose que de peu de documents. Je dois
faire un plan d'un odéon, ainsi qu'un texte d'environ
cinq pages. Pourriez-vous m'aider ? |
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| RÉPONSE
: |
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| Au risque de décevoir
une presque compatriote, je ne dispose pas de beaucoup
de documentation sur l'Odéon de Rome,
construit sur ordre de l'empereur Domitien
(81 - 95), sur le modèle d'édifices grecs
du même genre et destiné aux récitations
poétiques. On notera néanmoins que de
telles préoccupations culturelles et artistiques
paraissent assez paradoxales chez un empereur d'aussi
mauvaise réputation que Domitien, que ses biographes
présentent comme un souverain particulièrement
soupçonneux, ignare et paresseux.
Néanmoins, si cela peut t'être utile,
voici une citation de Suétone (Historien latin
du début du IIe siècle) qui montre que
l'édification de l'Odéon de Rome s'inscrivait
dans une politique de reconstruction et d'embellissement
de la Ville :
"Il restaura beaucoup de grands édifices
qui avaient été la proie des flammes,
entre autres le Capitole qui avait été
brûlé de nouveau. Mais ces reconstructions
se faisaient toujours sous son propre nom, et sans aucune
mention des anciens fondateurs. Il bâtit un temple
neuf sur le Capitole, et le dédia à Jupiter
Gardien. On lui doit la place qui porte aujourd'hui
le nom de Nerva, le temple de la famille Flavia, un
stade, un odéon, enfin une naumachie dont les
pierres servirent ensuite aux réparations du
grand cirque, dont les deux côtés avaient
été incendiés". (Suétone,
Vie
des Douze Césars, Domitien, V).
Quant aux premiers spectacles qui furent donnés
dans cet Odéon flambant neuf, ainsi que dans
le stade tout proche, ce même bon vieux Suétone
nous en parle sans doute quand il écrit :
"Il (= Domitien) institua en l'honneur de
Jupiter Capitolin un concours quinquennal de musique,
d'équitation et de gymnastique, et les couronnes
y étaient un peu plus nombreuses qu'elles ne
le sont aujourd'hui. On se disputait même le prix
de prose grecque et de prose latine. Les joueurs de
luth, avec ou sans accompagnement de chant, rivalisaient
ensemble. Dans le stade, des vierges concouraient pour
le prix de la course. Domitien présidait en sandales,
vêtu d'une toge de pourpre à la grecque,
portant sur la tête une couronne d'or avec les
effigies de Jupiter, de Junon et de Minerve. Il était
assisté du flamine de Jupiter et du collège
des prêtres Flaviens, tous habillés comme
lui, à l'exception que son image surmontait leurs
couronnes." (Suétone, Vie
des Douze Césars, Domitien, IV)
Voilà, quant à moi, c'est à peu
près tout ce dont je dispose, mais tu peux aussi
(si tu ne l'as déjà fait lors de tes recherches),
aller jeter un coup d'il sur ces quelques liens
intéressants :
Voilà, je pense qu'avec tout cela, tu as déjà
de la lecture pour une bonne partie de tes vacances
de fin d'année ;-)
Bon courage et bonne chance pour ton exposé
! |
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| 25 Décembre 2000 |
| Stéphane
a écrit : |
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| Votre
site m'a donné envie de (re)lire Suétone
.
Je me pose tout de même
une petite question
Je ne vois pas Antoine
après César. L'avez-vous oublié
(ça m'étonnerait ;o) ) ? |
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| RÉPONSE
: |
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| Non, non, rassurez-vous,
je n'ai pas "oublié" le brave Antoine,
ce vert galant, amant, entre autres, de la belle Cléopâtre
au si joli nez ; ce joyeux luron, membre émérite
de la confrérie des Anime Tobioi ("Les
Inimitables viveurs") qui égayait les chaudes
nuits alexandrines de ses beuveries effrénées
!
En fait, même
s'il fut certainement un "imperator", avec
petit "i", c'est-à-dire un général
de corps d'armée, même s'il ne laissa
a personne d'autre le soin de prononcer du haut
des rostres l'oraison funèbre de César,
même si ce fut lui, et non le falot Octave-futur-Auguste,
qui se chargea de régler leur compte aux
assassins dudit César en leur infligeant
la cuisante raclée de Philippes, Marc Antoine,
contrairement à Jules
et à Auguste,
ne gouverna jamais l'ensemble de l'Empire romain.
En effet, pendant qu'il batifolait avec la belle
Cléopâtre en
Égypte, Octave Auguste dirigeait la partie
occidentale de l'Empire, sans parler de l'évanescent
Lépide qui se vit un temps attribuer les
provinces d'Afrique.
Tout cela pour dire que s'il me paraissait tout
à fait indiqué d'insérer
le grand Jules César sur la liste des "empereurs
romains" (quoique cela en ait étonné
certains, voir
ici), il me semblait peu judicieux d'y placer
Antoine. Et ce d'autant plus que, dans son gouvernorat
d'Asie, cédant aux demandes pressantes
et aux arguments convaincants de sa royale maîtresse,
il accepta de n'exercer ses pouvoirs qu'au nom
de Césarion, fils de César
et de Cléopâtre.
Il en vint même, pratiquement, à
compromettre l'unité territoriale de l'Empire
en cédant au royaume d'Égypte toute
la côte orientale de la Méditerranée,
avec l'île de Chypre, et en transformant
des provinces romaines en royaumes pour les enfants
nés de son union avec Cléopâtre
(son fils Alexandre Hélios recevait l'Arménie
et sa fille Cléopâtre Séléné
se voyait octroyer la Cyrénaïque,
la Libye et une partie de Tunisie actuelle). D'ailleurs,
Antoine se contentera toujours du titre de "Triumvir"
!
Mais, il y a quand même un paradoxe dans
toute cette histoire : Antoine, qui n'est, traditionnellement,
pas considéré comme un "empereur
romain", n'en demeure pas moins le grand-père
de l'empereur Claude
et l'arrière grand-père de Néron.
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Petite explication généalogique :
- Claude
est né de l'union de Drusus et d'Antonia, elle-même
fille d'Antoine et d'Octavie la Jeune (la sur
d'Octave
Auguste).
Donc : Antoine -> Antonia la Jeune -> Claude
(tableau généalogique : Clic
!)
- Néron
est le fils d'Agrippine la Jeune et de Cn. Domitius
Ahenobarbus, lui-même fils de Lucius Domitius
Ahenobarbus et d'Antonia l'Aînée, l'autre
fille d'Antoine et d'Octavie. Donc Antoine -> Antonia
l'Aînée -> Cn Domitius Ahenobarbus
-> Néron (tableau généalogique
: Clic
!)
Comme quoi, si Antoine n'est pas un empereur à
proprement parler, il n'en est pas moins, à l'instar
de Jules
César, le fondateur de la dynastie que l'on
appelle traditionnellement "Julio-Claudienne"
J'espère avoir apaisé votre légitime
inquiétude ! |
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| Réaction
de Stéphane : |
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| Cléopâtre
était la maîtresse d'Antoine, mais aussi
sa perte non ? (je fais très attention avec ce
que j'avance, j'ai peur de paraître bête
;o) ).
Il est sûr d'une chose
c'est qu'à ce petit jeu, le joyeux luron s'en
est moins bien sorti que son père spirituel -
le grand César - qui, malgré le fameux
coup du tapis, a réussi à dominer la belle
Cléopâtre. Il faut dire qu'elle était
jeune et lui n'avait plus rien à prouver dans
ce domaine
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| RÉPONSE
: |
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La personnalité
de la dernière représentante de
la dynastie des Ptolémées fut toujours,
et reste encore, controversée.
Les historiens antiques (latins surtout) l'ont
considérée comme une véritable
sorcière, une ensorceleuse et l'ont traitée
de tous les noms : "Serpent du Nil" (Horace),
"Femelle lubrique, usée par la débauche"
(Properce), "Putain couronnée" (Pline
l'Ancien), '"Il y avait tant de vice en elle
qu'elle se prostituait au premier venu" (Tite-Live).
Il est vrai aussi que pour ces vieux romains traditionalistes
tout ce qui venait d'Orient, et en particulier
d'Égypte, était suspect !
Aujourd'hui, la tendance s'est radicalement inversée.
On met surtout l'accent sur l'intelligence politique
de Cléopâtre, sur ses capacités
à jouer de son (ses) charme(s) pour sauver
l'indépendance de son royaume égyptien,
menacée par la rapacité romaine
Une Indira Gandhi, mâtinée de Sissi
impératrice féministe, avec un zeste
de Lolo Ferrari !
Naturellement, la vérité se trouve
entre ces deux extrêmes ! Mais comment concilier
des opinions si tranchées ?
Sans avoir personnellement approfondi le sujet,
j'apprécie le très intelligent "Cléopâtre
ou le rêve évanoui" de Benoist-Méchin
(Lib. Acad. Perrin). |
|
Ce vieux Benoist-Méchin, par ailleurs
souvent assez pénétrant quoique
facho sur les bords, y décrit la reine
d'Égypte comme l'initiatrice de Jules
César aux mystères de l'Orient
; comme celle qui lui fit découvrir les
splendeurs de son royaume. Et surtout, d'après
cet auteur, ce fut Cléopâtre qui
fit prendre conscience à César de
la nécessité de conquérir
l'Asie, de restaurer l'Empire d'Alexandre le Grand,
d'unir l'Orient et l'Occident sous un seul sceptre
(le sien, celui de Jules, celui de leur fils Césarion
?).
L'assassinat de César,
alors qu'il s'apprêtait ceindre la couronne
royale, condition sine qua non de la réussite
de ce projet, brisa le rêve. Cléopâtre,
alors, séduisit Antoine
Un peu pour tenter de se remémorer l'amour
du grand Jules, beaucoup pour sauvegarder les
intérêts dynastiques de Césarion,
le fils né de ces amours.
Mais si César était un véritable
génie, Antoine n'était qu'un pauvre
homme, un peu (beaucoup) porté sur la dive
amphore ! Le Triumvir tenta bien de redonner vie
au projet de Cléopâtre en entrant
en guerre contre les Parthes de Mésopotamie,
mais il reçut une raclée homérique.
Enfin, la bataille
d'Actium, une bataille qu'Antoine ne pouvait,
ne devait, pas perdre, vit s'écrouler les
derniers espoirs de Cléopâtre.
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La fin est archi-connue ! Antoine
se transforme en kebab en s'embrochant sur son glaive,
tandis que Cléopâtre se fait piquer par
un aspic (?), non sans avoir essayé de séduire
de grand glaçon d'Octave
Auguste
Naturellement, selon cette biographie assez idéalisée,
on ne peut pas vraiment dire que César
"domina" une Cléopâtre qui, plus
tard, causera "la perte d'Antoine",
pour reprendre vos expressions. Cependant ce sont sans
doute vos hypothèses qui restent les plus vraisemblables.
Le grand Jules, grand séducteur (femmes et hommes)
devant l'éternel, n'était pas homme à
se laisser manipuler par une gamine de seize ans. Quant
à Antoine, grand, fort et bête, ébloui
par les splendeurs de l'Orient, par les fastes de la
cour des Ptolémées, abruti de vin et d'orgies,
il ne put jamais rien refuser à la belle Cléopâtre
au si joli nez
Un peu comme ces gendarmes guignolesques,
qui, hors de chez eux, font les "mangeurs de charrettes
ferrées" (comme dirait Robert Merle), mais chez
qui c'est la femme qui porte la culotte !
Mais ce qu'il faut, à mon avis, se garder de
faire, c'est de transformer Cléopâtre en
archétype d'une prétendue "émancipation
des femmes dans l'Antiquité". En effet si son
comportement de "femme libérée" suscita
tant d'indignation de la part des historiens antiques
(comme, plus tard, ceux de la reine Zénobie
de Palmyre et de la philosophe Hypatie), c'est précisément
parce qu'il sortait de la norme, qu'il était
très exceptionnel ! |
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| Réaction
de Stéphane : |
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1.
C'est vrai que notre ami César était
aussi intéressé par les hommes
De toute façon les Romains avaient une notion
de la sexualité et de la pudeur qui ne cadre
pas trop avec notre époque. (pour la pudeur
ça c'est sûr, pour la sexualité,
on vit dans une époque où les limites
sont assez "floues") ;o)
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| RÉPONSE
: |
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| Quant à
l'homosexualité présumée
de César,
j'avoue que le rapport qu'en fait Suétone
(et que je viens de relire par acquis de
conscience) m'a toujours semblé suspect
Ce cancanier de Suétone a une vraiment
une trop fâcheuse tendance à
noircir la réputation de tous les
empereurs antérieurs à ces
Antonins qui rémunéraient
grassement ses louanges ; alors pourquoi
ne pas entacher également la réputation
du "divin Jules" ?
D'autre part, il est vraisemblable que
si César
avait été le giton du roi
Nicomède de Bithynie, il aurait perdu
à jamais toute réputation
et n'aurait jamais pu exercer tant d'ascendant
sur ses troupes composées de rudes
et virils légionnaires. En effet,
à l'époque de César
la réticence des vieux Romains traditionalistes
envers les "murs grecques" était
encore très vive, même si le
jugement moral portait plutôt sur
le rôle respectif des partenaires
sexuels. L'homosexuel actif sauvait toujours
la face, quant à son giton, passif,
il était universellement déconsidéré.
Comme le constate Paul Veyne (Collections
de l'Histoire n° 5,) : "En ce
monde, on ne classait pas les conduites
d'après le sexe, amour des femmes
ou des garçons, mais en activité
ou passivité : être actif,
c'est être un mâle, quel que
soit le sexe du partenaire dit passif. Prendre
du plaisir virilement ou en donner servilement,
tout est là !".
Ainsi l'empereur Hadrien divinisera son
favori Antinoüs sans perdre pour autant
la face, mais l'empereur Élagabal,
qui épousa son favori Hiérocles,
sera massacré par la foule révoltée.
Ô fines balances de la morale sexuelle
antique ! |
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2.
Si vous voulez que je publie des biographies sur ce
même principe, n'hésitez pas à
me le faire savoir
.
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| RÉPONSE
: |
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| Publier certaines de mes
biographies d'empereurs sur votre site ? Je vous avoue
que je ne saisis pas très bien l'intérêt
de la chose : pourquoi disperser la même information
à deux endroits différents du Net ? Cela
dit, je ne voudrais pas être mal compris ! Ne
voyez dans cette attitude aucun souci de ma part de
"protéger" ces textes. Si je les ai mis sur la
Toile, c'est justement parce que j'estimais qu'ils pouvaient
être copiés, "collés", imprimés,
bref utilisés par tout un chacun. Et ce d'autant
plus que, dans mon esprit, aucune de ces biographies
d'empereurs n'est définitive ; toutes sont destinées
à évoluer, s'enrichir, être complétées,
corrigées, modifiées selon les recherches
que j'effectue actuellement.
Mon seul souhait serait que ces personnes qui utilisent
mes textes citent leur source d'inspiration, c'est-à-dire
mentionnent mon propre site comme référence
Mais même cela, je ne puis, naturellement, l'exiger
!
Cette"netiquette" me semble d'ailleurs, a priori,
la plus saine façon d'aborder l'Internet : promouvoir
un accès libre (voire libertaire) et économique
(de temps, d'argent et de moyens
) à l'information
! Mais sans pour cela encombrer la Toile par du "spamming"
de l'info. Je n'aurais en effet jamais passé
mon temps à créer un site sur les empereurs
romains s'il en avait déjà existé
un sur le Net (il y en avait un, excellent, en anglais,
mais rien de comparable en français)
Et
si, un jour, apparaît un site qui me semblera
meilleur, plus complet, mieux documenté que le
mien, celui-ci n'aura plus aucun intérêt
et je le supprimerai sans aucun regret, remords ou animosité
! |
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| 29 Décembre 2000 |
| Régis
a écrit : |
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| Je
voudrais seulement savoir pourquoi rien sur Arcadius
?
Collectionnant les monnaies romaines
de longue date je suis à votre disposition si
vous voulez des photos des monnaies pour votre site |
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| RÉPONSE
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| Merci
pour votre sympathique message.
Ces pages sont (pour l'instant ?) uniquement consacrées
aux empereurs romains qui régnèrent soit
sur l'ensemble de l'Empire romain, soit sur l'Empire
romain d'Occident. Or, Arcadius, fils de Théodose
le (bien peu) Grand, ne reçut, à la mort
de son père, "que" la partie orientale de l'Empire
romain à gouverner, tâche dont il s'acquitta
d'ailleurs assez mal et avec beaucoup d'indolence !
Quoi qu'il en soit,
à ce moment, la scission de l'Empire romain
était devenue irréversible. Arcadius
est donc, en général, considéré
comme le premier "empereur byzantin" au sens propre
du terme, et à ce titre, il sort du cadre
de mon "étude", si j'ose employer un mot
si prétentieux pour ces modestes biographies.
Si Dieu ne prête vie, peut-être un
jour m'occuperais-je de ces empereurs de Constantinople
Cet Arcadius figurera alors en tête de liste,
juste après ce bigot de Théodose
qui, lui, possède le rare privilège
de figurer dans les nomenclatures impériales
d'Occident et d'Orient !
Je prends note, et vous remercie, de votre proposition
d'aide. À première vue, j'ai trouvé
sur Internet de quoi illustrer mes pages
en espérant ne pas avoir commis trop d'erreurs
numismatiques. Cependant, si vous constatez qu'il
y a quelque chose qui cloche n'hésitez
pas à me le faire savoir et à, éventuellement,
m'envoyer des clichés corrects et/ou de
meilleure qualité.
À ce sujet, je saisis la balle au bond,
pour vous demander, puisque vous êtes numismate,
si vous ne posséderiez pas de la documentation
(iconographique ou littéraire) sur les
émissions "Victoria
Augusta" de l'Empire romain des Gaules,
pour les années 269 et 270. Comme vous
le savez sans doute, il existe une polémique
au sujet de ces monnaies : cette Victoria est-elle
une femme de chair et d'os, ou une allégorie
de la Victoire divinisée ? J'ai tranché
en faveur de la seconde hypothèse, mais
j'aimerais disposer d'avis de personnes plus éclairées
en numismatique que je ne le suis. Merci d'avance. |
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