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Sommaire Mars 2001 :

  • 3 Mars :
    • Qui sont les "Césars fous" : Clic !
  • 11 Mars :
    • Chauve qui peut… receler bien des secrets ! : Clic !
    • Stéganographie et messages secrets dans l'Antiquité : Clic !
  • 11 Mars :
    • L'évergétisme à Xanthos de Lycie : Clic !
    • Histoire de Xanthos de Lycie : Clic !
    • Une inscription de Xanthos : Clic !
    • Kaisareion, Bouleute, Modii et Gérousia : Clic !
2e PAGE :
  • 16 Mars :
    • Considérations sur Jésus, l'évolution du christianisme, les sectes gnostiques et le "Triomphe de la croix" : Clic !
    • Quid de la personnalité de Jésus ? : Clic !
    • Quelques remarques sur l'évolution du Christianisme : Clic !
    • Christianisme et héritage juif ? : Clic !
    • Constantin et la "Révolution de la Croix" : Clic !
  • 25 Mars :
    • Ce sacré "Karlus Magnus" ! (La date du sacre de Charlemagne) : Clic !
  • 25 Mars :
    • Composition de l'Empire romain sous Constantin Ier ? : Clic !
    • Quelques liens concernant l'organisation des provinces sous la Tétrarchie : Clic !
    • Composition administrative de l'Empire sous la Tétrarchie (liste des Diocèses et Provinces) : Clic !
  • 27 Mars :
    • Quoi !? Jules César parmi les empereurs ? : Clic !
    • Des prétentions de Jules à la royauté : Clic !
    • Monnaies à l'effigie de Jules avec la légende "REX" ? : Clic ! 
  • 28 Mars :
    • La statue équestre de Marc Aurèle : Clic !
    • Parution d'un article sur Marc Aurèle : Clic !
    • Deux des "Pensées pour moi-même" de Marc Aurèle : Clic !
  • Mars :
    • Site Nimispauci : Traductions françaises de textes latins : Clic !
 
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"EMPEREURS ROMAINS"
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3 Mars 2001
Émilie a écrit : 

Vous êtes mon dernier espoir ! Je suis une jeune fille de 14 ans qui a un exposé à faire sur les empereurs qui sont devenus fous. Votre liste m'a beaucoup aidée, mais cependant, étant donné que mon exposé est pour mardi 6 mars 2001, il m'est impossible de tout lire en un week-end.

Alors si vous aviez le moindre renseignement sur quoi que se soit concernant les empereurs fous, je vous prierais de bien vouloir me l'envoyer.

 
 
 
RÉPONSE :

Bonjour, ô désespérée Émilie,

Peut-être devrais-je penser à placer une petite icône, un entonnoir par exemple, en regard du nom de chaque empereur barjot, ou réputé tel. ;-)))
Quoi qu'il en soit, et s'il ne s'agit que d'orienter et faciliter tes recherches, je puis te fournir illico presto une liste succincte de ceux que l'on a coutume d'appeler "les Césars fous".

La voici. Pour chaque empereur, un lien te dirigera vers la page "ad hoc" de mon site. Comme cela, tu seras directement au bon endroit ! :

  • Caligula (on a beaucoup exagéré ses méfaits) : Clic !
  • Néron (qui pourtant n'était pas si fou que cela) : Clic !
  • Domitien (plus sournois que fou) : Clic !
  • Commode (remis à la mode par le film Gladiator) : Clic !
  • Caracalla (plus méchant que fou) : Clic !
  • Et enfin Élagabal (ou Héliogabale) : Clic !

Si ma prose ne te suffit pas, tu trouveras, au bas de chaque notice biographique d'empereur, une (longue) liste de liens qui te permettront d'enrichir encore ta documentation.

Si tu as encore d'autres questions, n'hésite pas à contacter (quoique je ne puisse toujours garantir une réponse aussi prompte.

commode

 

 
 
 
11 Mars 2001
Lucie a écrit : 
Je suis à la recherche de documentation ou de sites en français qui traitent de la distribution du courrier à travers les âges. Quelqu'un m'a parlé que, du temps des Romains, on écrivait sur le crâne des esclaves et on les envoyait à pied, à leur destinataire. Mais voilà je ne réussis pas à trouver des références sur le sujet. Les seules disponibles, que j'ai trouvées sont à partir de Louis XI.
 
 
 
RÉPONSE :

L'anecdote de l'esclave au crâne tatoué et rasé est antérieure aux Romains.
Il faudrait plutôt, si je puis m'exprimer ainsi, s'en aller voir chez les Grecs : en l'occurrence chez l'historien grec Hérodote (Ve siècle av. J.-C.). Celui-ci, raconte, au livre V (35 : 1) de ses Histoires, qu'un dénommé Histiæus souhaitait encourager la révolte d'Aristagoras de Milet contre le roi de Perse. Comme les routes étaient étroitement surveillées par l'ennemi, cet Histiæus rasa la tête de son messager, y écrivit son message et attendit que les cheveux repoussent avant de l'envoyer traverser les lignes ennemies. Les îles d'Ionie se soulevèrent contre Darios Ier qui fut vaincu.

Voici le texte d'Hérodote ;

"Aristagoras ne put tenir la promesse qu'il avait faite à Artapherne. On exigeait de lui les frais de l'expédition, et cela l'inquiétait. Comme Mégabate l'accusait, il craignit qu'on ne lui imputât le mauvais succès de l'entreprise, et se crut sur le point d'être dépouillé de la souveraineté de Milet. Ces sujets de crainte lui firent prendre la résolution de se révolter. Sur ces entrefaites, il arriva de Suses un courrier qui lui enjoignait de prendre les armes. Cet ordre était empreint sur la tête du courrier. Histiée, voulant mander à Aristagoras de se soulever, ne trouva pas d'autre moyen pour le faire avec sûreté, parce que les chemins étaient soigneusement gardés. Il fit raser la tête au plus fidèle de ses esclaves, y imprima des caractères, et attendit que ses cheveux fussent revenus. Lorsqu'ils le furent, il l'envoya aussitôt à Milet, avec ordre seulement de dire, à son arrivée, à Aristagoras de lui raser la tête, et de l'examiner ensuite. Ces caractères, comme je viens de le dire, lui ordonnaient de se révolter. Histiée prit cette résolution, parce qu'il se trouvait très malheureux d'être retenu à Suses, et qu'il avait de grandes espérances que, si Milet se soulevait, Darius l'enverrait vers la mer pour lui amener Aristagoras. Il sentait, en effet, que, s'il ne suscitait point de troubles en cette ville, il n'y retournerait jamais." (HERODOTE, Histoires, V, 35 : 1 - Traduction française : remacle.org)

Pour terminer, ce site Web qui vous sera peut-être utile : Historique de la Stéganographie

 

 
 
 
11 Mars 2001
Sylvain a écrit : 

Je dois faire un exposé sur l'évergétisme en Asie mineure pour la ville de Xanthos en Lycie !

Si vous pouviez m'aider ca serait gentil !

 
 
 
RÉPONSE :

Comme vous vous en doutez sans doute, l'évergétisme exercé au profit de la ville de Xanthos par des monarques antiques ne comptait pas, jusqu'ici, au premier rang de mes préoccupations ! Tout au plus ce nom de Xanthos évoquait-il chez moi de vagues souvenirs d'Iliade et d'homérique Guerre de Troie. Mais je me suis renseigné et je vais vous faire part de ce que j'ai recueilli (sur Internet et ailleurs). Mille excuses si ces infos, assez fragmentaires, je vous l'avoue, font double emploi avec ce que vous avez déjà trouvé.

Aux dires d'Homère, les habitants de Xanthos de Lycie (au Sud de la Turquie actuelle) se battirent au côté des Troyens lors de la Guerre de Troie. Leur chef Sarpédon, ami d'Hector, compte parmi les héros mineurs de l'Iliade. Ceci semble donc indiquer que la ville de Xanthos existait déjà au XIIe siècle avant J.-C.

Pendant les Guerres Médiques (VIe - Ve siècle avant J.-C.), Xanthos fut pillée et incendiée à plusieurs reprises (546, 475 ou 450 av. J.-C.). Elle se releva pourtant de ses cendres et, en 429 av J.-C., rejoignit la confédération des villes de Lycie en lutte contre la lourde domination athénienne.

En 334 av J.-C., Xanthos fut conquise par Alexandre le Grand, mais on se sait trop si elle se soumit de bon gré ou si elle fut enlevée de vive lutte.

Après la mort du conquérant macédonien, Xanthos, d'abord revendiqué par Antigone Monophtalmos, fut prise par Ptolémée Ier d'Égypte.

Au début du IIe siècle av. J.-C., les habitants de Xanthos, sans doute fatigués de servir éternellement de champ de bataille aux Ptolémées d'Égypte et aux Séleucides de Syrie, se soumirent à cette dernière dynastie. Les Séleucides semblaient être les plus puissants successeurs d'Alexandre : ne contrôlaient encore la plus grande partie de son gigantesque l'Empire ?. C'est ainsi qu'en 197 av. J.-C. le roi séleucide Antiochos III le Grand consentit à accorder à Xanthos une certaine autonomie et la consacra à Léto, Apollon et Artémis.

Les Xanthiens profitèrent peu de temps de cette semi-liberté : en 191 av J.-C., Antiochos III fut vaincu à Magnésie et Xanthos tomba sous le joug de Rhodes puis sous celui de Rome.

xanthos

 

En 42 av J.-C., la ville fut entièrement détruite par les soldats de Brutus, l'assassin de César, alors en lutte contre Antoine et Octave. Dans son livre consacré à Marcus Brutus (chap. XXXVIII et XXXIX), Plutarque narre ce siège dramatique au terme duquel les Xanthiens, cédant au "syndrome de Massada", incendièrent leur propre ville et se suicidèrent en masse. Seuls cinquante habitants survécurent, paraît-il.

L'année suivante, Antoine, désormais seul maître de l'Orient romain, tendit une main secourable à ces rescapés et les aida à reconstruire la ville.

Ensuite, on n'entend plus guère parler de Xanthos qui ne fut plus qu'une modeste cité des Empires romain et byzantin, avant que son site soit totalement et définitivement abandonné après les invasions arabes.

En ce qui concerne l'évergétisme (= le fait pour un roi, pour un prince, ou même pour un particulier, de dispenser des bienfaits à une ville, à un pays) exercé au profit de la ville de Xanthos de Lycie, je ne vois donc guère que trois personnages historiques susceptibles d'être concernés : le Séleucide Antiochos III, le triumvir Antoine et l'empereur Vespasien.

Je n'ai rien trouvé en ce qui concerne les deux premiers "souverains". Et d'ailleurs, à vrai dire, ni Antiochos ni Antoine n'entrent pas dans le cadre strict de mes pages Internet.

Quant au troisième, l'empereur Vespasien, l'historien latin Suétone parle lui comme celui qui enleva leur indépendance aux cités de Lycie. Je cite : "L'Achaïe, la Lycie, Rhodes, Byzance et Samos se virent enlever l'indépendance, de même que la Cilicie Trachée et la Commagène, qui avaient été soumises à des rois jusqu'alors, furent par lui (=Vespasien) en provinces " (Suétone, Vespasien, VIII).

Pourtant, et quoi qu'en dise Suétone, cet avaricieux de Vespasien, ce vieux radin, semble avoir traité la ville de Xanthos avec des égards particuliers : les Xanthiens érigèrent même un arc monumental en son honneur. Peut-être était-ce pour le remercier de cet aqueduc qui date du Ier siècle après J.-C., seule manifestation possible de "l'évergétisme" du premier des Flaviens à l'égard des habitants de Xanthos.

vespasien

Voilà, je suis conscient que tout ceci est assez maigre et léger, mais c'est tout ce que j'ai pu glaner sur ce sujet si ciblé.

 

 

Réaction de Sylvain :

J'ai lu et étudié votre réponse merci ! Soi-disant, j'ai un document sur lequel je dois m'appuyer pour mon exposé ! Je vais vous le retranscrire !

Inscription de Xanthos (Lycie), époque impériale :

Un bienfaiteur anonyme de Xanthos (Lycie)

Il a offert en cadeau, au Koinon des Lyciens, pour des distributions : 250 000 d.
Et pour le Kaisareion national situé dans le sanctuaire : 30.000 d.
Aux Xanthiens, pour la Gérousia : 10.000 d.
Au nom d'Helen : 30.000 d.
(je passe les autres donations pour arriver au texte - cela dit les donations etaient aussi pour Patara, Myra et Telos)
Il nourrit et éduque tous les enfants des citoyens, d'abord en se chargeant lui-même de cette dépense pendant 16 ans, puis, après cela, grâce a une fondation en argent confiée à la cité, avec une avance d'une année de revenu (de la fondation), de sorte que sa générosité soit maintenue pour toujours grâce aux revenus (de la fondation). Il a aussi donné un fond d'obsèques pour les défunts, et il a doté les jeunes filles pauvres, et il nourrit aussi les pauvres.
Ayant fait restaurer les portiques simples et doubles du sanctuaire de Létô, qui avaient brûlé, et le Kaisareion, a ses frais, a l'occasion de la dédicace des travaux, il a fait distribuer à la Boulé, à la Gérousia, aux bénéficiaires des distributions de blé, 1.000 deniers et aux autres citoyens et métèques, 10 drachmes.
Il a remis des intérêts et a cédé le capital, pour 400.000 d.

Le nom du personnage n'est pas indiqué, sans doute parce qu'il figurait originellement sur une statue placée à côté. Il ne s'agit pas du célèbre évergète Opamoas de Rhodiapolis, comme l'a admis le premier éditeur.

Voilà le document dans sa quasi-totalité

Les mots "Kaisareion", "Bouleutes", "Modii", "Gérousia" me posent problème ! Gérousia c'est un conseil des anciens, mais c'est vague !

RÉPONSE :

Une question : Pourquoi me concentré-je surtout sur les empereurs "romains" et laissé-je pour l'instant soigneusement de côté mes empereurs "byzantins" ?

Réponse (partielle) : parce que, si je peux encore un peu me débrouiller dans un texte latin, mes connaissances en grec ancien (et moderne d'ailleurs) avoisinent le zéro absolu.

Dès lors, mille excuses (préliminaires) pour le caractère fragmentaire de ces éléments de réponses à vos questions. J'atteins ici, comme dirait le fameux Peter du principe, "mon seuil d'incompétence".

Cela dit, voici le peu que je sais ou que j'ai découvert sur le Net.

  • Le "Kaisareion", c'est le nom grec du Cesareum (ou Cæsareum), sanctuaire destiné au culte impérial (auquel les premiers Chrétiens étaient si allergiques). Le Cesareum d'Alexandrie est le plus connu, mais il y en avait un dans toute ville gréco-romaine de quelque importance.
  • Un "Bouleute", c'est un membre de la "Boulé", assemblée de citoyens qui, dans l'Athènes classique (mais également dans bon nombre de villes grecques) préparait les séances de l'ecclésia (= assemblée) (ex. : préparation des textes de loi). Les Bouleutes surveillaient aussi le bon fonctionnement de la démocratie : la trésorerie, les magistrats. Le conseil de la Boulé siégeait sur l'agora.
  • le modus (au pluriel modii) est une mesure romaine, qui servait, en général à mesurer les céréales. C'est de cela dont parle Jésus quand il dit : "Donnez et l'on vous donnera. On versera dans votre sein une bonne mesure, tassée et débordante, car on mesurera pour vous avec la mesure dont vous vous êtes servis" (Luc, 6 : 38). Il est difficile de préciser la valeur du "modus" : cela pouvait sensiblement varier de province à province.
  • Quant à la "Gerousia", c'était effectivement à Sparte (et dans bon nombre de villes grecques par après) le Conseil des Anciens. Ses attributions pouvaient, elles aussi, varier sensiblement de ville à ville et de province à province.
caesareum