474 - 475
Julius Nepos
(Flavius Julius Nepos)
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Après l'échec
(programmé) d'Anthémius
et la mort inopinée d'Olybrius,
son autre candidat au trône de l'Empire occidental, l'empereur
d'Orient Léon Ier ne renonça pas à intervenir
dans les affaires italiennes. La conjoncture paraissait on ne peut
plus favorable : le patrice Ricimer, l'homme qui, depuis plus d'une
décade, faisait et défaisait les empereurs d'Occident,
avait cassé sa pipe. Son remplaçant, le chef burgonde
Gondebaud, paraissait plus soucieux des affaires de son royaume
transalpin que de celles de la cour impériale. Bien sûr,
à la mort d'Olybrius, il avait hissé sur le trône
romain l'obscur Glycerius, un de ses soldats, mais on pouvait croire
que ce fantoche, qui, intrinsèquement, ne valait déjà
pas grand-chose, ne pèserait plus très lourd quand
son protecteur Gondebaud s'en serait retourné au-delà
des Alpes.
À l'instigation de son épouse l'impératrice
Vorine, l'empereur d'Orient Léon Ier choisit donc Julius
Nepos comme collègue occidental.
Ce Julius n'était autre que le fils de Marcellinus,
un chef de pirates qui s'était taillé une principauté
presque indépendante en Dalmatie (Croatie actuelle) et avait
trouvé la mort lors de la désastreuse expédition
d'Anthémius contre le royaume vandale d'Afrique du Nord.
Julius Nepos était aussi le mari d'une nièce de l'impératrice,
ce qui explique l'insistance de cette népotique Vorine à
lui faire revêtir la pourpre impériale.
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Fort de ce soutien et du départ de Gondebaud, parti voir quel
temps il faisait entre Saône et Rhône, Julius Nepos débarqua
au port d'Ostie, et se dirigea vers Rome. Le pauvre Glycerius,
l'empereur fantoche du chef burgonde, épouvanté, fut bien
content qu'en échange de sa renonciation au trône, on lui
laissât la vie sauve. Julius Nepos lui offrit même, en guise
de gratification, l'évêché de Salone (auj. Split en
Croatie). Le choix de ce siège épiscopal était judicieux
: cette importante cité dalmate se trouvait au cur des possessions
personnelles du nouvel empereur, celui-ci pourrait donc toujours garder
à l'il son rival évincé !
L'accession au pouvoir de Julius Nepos suscita de vives
espérances chez le Sénat et le peuple romain. Elles furent
déçues car, en un an de règne, le fils du pirate
dalmate ne fit rien de valable. Il reconnut la possession de l'Auvergne
à Euric, le roi des Wisigoths. Mais ce traité qui consommait
la fin de toute autorité romaine sur les Gaules, ne faisait qu'entériner
une situation déjà ancienne. Ensuite il entra en conflit,
pour des raisons assez obscures, avec les barbares confédérés
qui "défendaient" cet empire romain désormais réduit
à la seule Italie.
Sous la conduite du patrice Oreste, ancien secrétaire
du roi des Huns Attila, les Barbares mirent le siège devant Ravenne,
où l'empereur s'était retranché. La ville était
réputée imprenable, mais Julius Nepos renonça à
la défendre et s'enfuit précipitamment par mer, rejoignant
sa principauté dalmate. (475)
On sait peu que c'est Julius Nepos, et non Romulus
Augustule qui fut le dernier empereur d'Occident. En effet, jusqu'à
sa mort, et en dépit de l'élévation à l'empire
de ce Romulus, fils d'Oreste, Julius Nepos se considéra comme le
seul souverain légitime de l'Empire d'Occident
Cela explique
que, quand Julius Nepos s'éteignit en 480, d'étranges rumeurs
coururent, prétendant qu'il aurait été empoisonné
par Glycerius,
son ancien rival devenu évêque de sa ville de Salone.
Il faut dire que la mort de Julius Nepos, dernier empereur
d'Occident, arrangeait tout le monde.
Odoacre, le premier "roi d'Italie", qui avait liquidé
l'empire romain en renvoyant les insignes impériaux à Constantinople,
voyait disparaître sans regrets ce symbole d'une époque révolue.
D'autant plus que la mort de Nepos lui permettait de faire main basse
sur sa principauté de Dalmatie.
Quant à l'empereur d'Orient Zénon, qui avait
succédé à Léon, entériné la
fin de l'Empire d'occident et reconnu le pouvoir d'Odoacre, il se considérait
sans déplaisir comme le seul et unique détenteur de la puissance
impériale. À ses yeux, Julius Nepos n'était guère
qu'un usurpateur.
Nombre de puissants personnages étaient donc susceptibles
d'inciter Glycerius à verser le poison dans la coupe de Julius
Nepos. Certaines mauvaises langues prétendent même que l'évêque,
en récompense de son crime reçut l'archevêché
de Milan.
Mais rien de tout cela, que ce soit l'empoisonnement de
Julius Nepos ou la promotion de Glycerius, n'est historiquement incontestable.
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