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TYRANS FANTAISISTES
DE L'HISTOIRE AUGUSTE
Saturninus
- Trebellianus - Celsus
Titus - Censorinus
AVERTISSEMENT :
Afin d'arriver au nombre requis des "Trente Tyrans",
l'auteur, aussi anonyme que facétieux, de l'Histoire
Auguste, inséra, au milieu de biographies d'usurpateurs
avérés de la décennie 260-270, celles, totalement
fictives, de "faux tyrans".
Dans les notices précédentes, j'ai
déjà eu l'occasion de parler d'Herennianus
et Timolaüs,
les deux fils factices du roi de Palmyre Odenath,
de Maeonius,
de Ballista,
les hypothétiques fils des empereurs gaulois Postumus
et Victorinus,
ainsi que de Valens,
Pison
et autre Victoria
Augusta, tous "tyrans" hautement douteux. Là cependant,
l'intention facétieuse de l'auteur de l'Histoire Auguste
n'avait été que peu visible : les "tyrans" étaient
certes fictifs, mais ils n'en étaient pas moins reliés,
peu ou prou, à des personnages ou événements
historiquement avérés. Ceci explique sans doute
pourquoi, nombre d'historiens ont soutenu (et dans certains cas
soutiennent encore) la réalité de tel ou tel de
ces "tyrans douteux" ou "faux tyrans".
Il n'en va pas de même pour les usurpateurs
évoqués dans ce chapitre.
Ici, le rédacteur de l'Histoire Auguste a
lâché la bride à son imagination, à
sa fantaisie, voire à son esprit polémique. Il serait
dès lors assez oiseux de chercher dans ces exercices de
style, parodiques ou satiriques, d'autre "intérêt
historique" que le témoignage, ironique ou courroucé,
d'un auteur païen et érudit du début du Ve
siècle sur sa propre époque.
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Saturninus
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Saturninus, homme sage, pondéré
et courageux, était l'un des meilleurs généraux
de l'empereur Gallien.
Comme il avait remporté quelques victoires
contre les Barbares, ses soldats le revêtirent de
la pourpre et le proclamèrent empereur. "Vous
avez perdu un bon chef et gagné un bien mauvais souverain",
commenta l'usurpateur, désabusé.
Il n'avait pas tort, le Saturninus ! Une fois
juché sur le trône, ses belles qualités
s'estompèrent. Il se montra cassant, autoritaire
et capricieux.
Exemple : ayant une sainte horreur que ses soldats exhibent
leurs jambes nues, il leur ordonna de porter continuellement
(même couchés à table), un long manteau,
léger en été, chaud en hiver.
Lassés de cette tyrannie, ses soldats
le massacrèrent. (Histoire Auguste, Trente Tyr,
XXIII).
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Saturninus sur la Toile:
De Imperatoribus romanis : Fictitious
usurpers: Trebellianus, Celsus and Saturninus
HIstoire Auguste
: Tyranni
triginta (Ling. Lat.)
GIBBON, Histoire
du déclin et de la chute de l'Empire romain
(site Histoire antique des pays et des hommes de la Méditerranée) :
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Trebellianus
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Trebellianus, chef
de pirates, fut nommé empereur par les montagnards
de l'Isaurie, au Sud-Est de l'Asie mineure (Turquie actuelle),
puis fut vaincu et tué par le général
égyptien Camsisoleus, frère de Théodote,
celui qui avait mis fin à l'usurpation d'Émilien.
Cependant, commente savamment l'auteur de l'Histoire
Auguste (Trente Tyr, XXVI), suite à
la défaite de leur prétendant à l'Empire,
les Isauriens se retranchèrent dans leurs montagnes
et firent sécession. Cette attitude hostile leur valut,
continue notre bon auteur, d'être considérés
comme des Barbares et leur territoire fut entouré d'un
épais rideau de fortification (limes), à
l'instar des frontières les plus menacées de
l'Empire.
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Trebellianus sur la Toile :
De Imperatoribus romanis : Fictitious
usurpers: Trebellianus, Celsus and Saturninus
HIstoire Auguste
: Tyranni
triginta (Ling. Lat.)
GIBBON, Histoire
du déclin et de la chute de l'Empire romain
(site Histoire antique des pays et des hommes de la Méditerranée) :
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Celsus
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Alors que les Barbares envahissaient
la Gaule et les Balkans, et tandis que l'empereur Gallien
se gobergeait dans tous les bouges de Rome, les habitants
de l'Afrique (du Nord) voulurent, eux aussi se doter d'un
souverain capable et énergique. Sous la pression
du proconsul d'Afrique et du commandant de l'armée
de Libye, ils couronnèrent un certain Celsus, un
homme qui en imposait plus par sa large carrure que par
son intelligence foudroyante.
Celsus ne régna que six jours. Au septième,
il fut assassiné par une femme nommée Galliena
et qui n'était rien moins qu'une cousine de l'empereur
Gallien.
Comble d'horreur ! le cadavre de Celsus fut livré
aux chiens, tandis que son effigie, attachée à
une croix, était livrée aux lazzis de la populace.
Remarque :
Dans la courte biographie de Celsus (H.
A., Trente Tyr., XXIX), l'intention satirique de l'auteur
de l'Histoire
Auguste semble évidente. Quand il lui fallut,
pour faire bonne mesure situer au moins un de ses "Trente
Tyrans" en Afrique du Nord, cet écrivain anonyme
du début Ve siècle, païen lettré,
ne put sans doute pas résister à la tentation
de lancer quelques piques à l'encontre du christianisme
triomphant.
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| Or, en ce début du
Ve siècle, à l'époque où le
rédacteur de l'Histoire
Auguste écrivait, l'Afrique était
profondément christianisée. L'Église
chrétienne y brillait de tous ses feux (saint Augustin),
et les fidèles chrétiens y étaient
particulièrement intransigeants (les Donatistes,
des hérétiques chrétiens plutôt
"intégristes").
Dans ces conditions, comment notre malicieux écrivain
aurait-il donc pu résister au plaisir de donner à
son imaginaire tyran africain un autre nom que Celsus ?
N'était-ce pas celui du célèbre polémiste
anti-chrétien du IIe siècle, celui de cet
auteur d'un Discours de Vérité que
seul le grand savant chrétien Origène avait
été capable de réfuter (à grand-peine
et plus de 70 ans après sa parution) ?
Comment résister aussi à l'envie
de montrer les habitants d'Afrique (en majorité chrétiens
à l'époque de la rédaction de l'Histoire
Auguste) en train d'insulter et de profaner l'effigie
de l'usurpateur Celsus, suspendue à une croix, quand
cette disposition rappelait l'étendard impérial,
le fameux labarum, en vigueur depuis Constantin
le Grand, cet empereur chrétien qui, à
tout prendre, n'était guère qu'un usurpateur
lui aussi !
Dans l'esprit de l'auteur païen de l'Histoire
Auguste, cette bizarre effigie de l'usurpateur, suspendue
à une croix, pouvait même évoquer la
problématique crucifixion de ce Christ, qui, finalement,
n'était mort sur la croix "qu'en apparence"
comme Celsus, qui n'avait été pendu qu'en
effigie !
(À ce sujet, voir : A. Chastagnol,
Histoire
Auguste, Celsus + Introduction, VI : L'atmosphère
religieuse).
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Celsus sur la Toile :
De Imperatoribus romanis : Fictitious
usurpers: Trebellianus, Celsus and Saturninus
HIstoire Auguste
: Tyranni
triginta (Ling. Lat.)
GIBBON, Histoire
du déclin et de la chute de l'Empire romain
(site Histoire antique des pays et des hommes de la Méditerranée) :
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Titus
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Avec Titus (Histoire
Auguste, Trente Tyrans, XXXII), nous sommes
reportés plus de trente années en arrière.
Effectivement, en 235, un certain Titus (que
l'historien grec Hérodien appelle Quartinus) disputa
bien le trône à Maximin
le Thrace en prenant la tête d'une révolte
des archers arabes.Ce Titus fut tué dans sa tente
par l'un de ses amis ou par ses propres soldats qui avaient
rallié la cause de Maximin.
Ça ce sont les faits historiques !
L'auteur de l'Histoire Auguste, lui,
en rajoute une couche. Il prétend que ce Titus avait
épousé une dame issue de la haute noblesse
- elle aurait été de la gens Calpurnia,
c'est-à-dire l'illustre famille Pison. Cette digne
matrone aurait possédé des perles ayant appartenu
à Cléopâtre
et une statue chryséléphantine à son
effigie, placée dans le temple de Vénus, aurait
été l'objet d'une fervente vénération.
Vive madame Titus !
Voir Avertissement |
Titus sur la Toile :
HIstoire Auguste
: Tyranni
triginta (Ling. Lat.)
GIBBON, Histoire
du déclin et de la chute de l'Empire romain
(site Histoire antique des pays et des hommes de la Méditerranée) :
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Censorinus
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D'après l'Histoire
Auguste (Trente Tyr, XXXIII), Censorinus
était un brillant homme de guerre. Il fut proclamé
empereur par ses soldats alors qu'il atteignait l'âge
de la retraite.
Comme tant d'autres vieilles ganaches, une
fois couronné, il se montra d'une sévérité
si insupportable que ses légionnaires se mutinèrent
contre lui et l'assassinèrent.
Censorinus fut enterré près
de Bologne où son épitaphe rappelait toute
sa glorieuse carrière militaire en indiquant "Qu'il
avait été heureux en tout, mais malheureux
en tant qu'empereur".
Après sa mort, le reste de sa famille,
trouvant l'air de Rome irrespirable tant les murs
y étaient corrompues, s'exilèrent en Bithynie
(Turquie moderne). Ils y vécurent heureux et eurent
beaucoup de petits Censorinus.
Voir Avertissement
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Censorinus sur le Web :
HIstoire Auguste
: Tyranni
triginta (Ling. Lat.)
GIBBON, Histoire
du déclin et de la chute de l'Empire romain
(site Histoire antique des pays et des hommes de la Méditerranée) :
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Textes originaux du site www.empereurs-romains.net
: © JLD - Lucien J. Heldé - 2001 |