260 (?)
- 269 (?)
Le nullissime et pusillanime Sylvanus prônait l'attentisme
: On allait tout bonnement s'adosser douillettement à Mer du Nord
et constituer un "réduit romain" dans les provinces belges. Et
puis, dans quelques semaines, dans quelques mois, dans quelques années,
les Francs, lassés du pillage, finiraient bien par rentrer chez
eux, alourdis de butin et de prisonniers. C'est le moment que les légions
choisiraient pour jaillir de leur repaire, les attaquer, les défaire
et s'emparer de leurs richesses. De chamaillerie en dispute, les relations entre les deux chefs s'envenimèrent Enfin, un contentieux idiot relatif au partage du butin à venir mit le feu aux poudres. Les soldats de Postumus pénétrèrent dans Cologne et massacrèrent Sylvanus ainsi que le jeune César Salonin. Complice ou non, Postumus était dans de sales draps. Compromis dans l'assassinat du fils de l'empereur, il savait qu'il n'avait guère de mansuétude à attendre de Gallien, un souverain qui n'était pas précisément réputé pour sa douceur, sa pitié et sa clémence. Contraint à une fuite en avant, le général gaulois se résigna donc à accepter de revêtir la pourpre impériale que lui proposaient ses légionnaires, eux-mêmes épouvantés par les conséquences de leur acte (260 ?). Il semble cependant que Postumus essaya de justifier sa
conduite auprès de Gallien. Il tenta probablement de lui faire
comprendre l'absolue nécessité de répartir le commandement
des armées de l'Empire : toutes les frontières étant
menacées en même temps, un seul imperator, qui ne pouvait
être partout à la fois, ne pouvait évidemment suffire
à la tâche. Si Gallien
acceptait cette évidence, Postumus, de son côté, se
contenterait des Gaules et jamais ne remettrait en cause la primauté
de l'empereur de Rome
Et pourtant, en qualité d'empereur des Gaules, Postumus ne tira pas trop mal son épingle du jeu. Malgré l'hostilité déclarée de l'empereur Gallien, il parvint à purger les provinces gauloises des bandes franques qui l'infestaient. Au prix de dures batailles (à Arles par exemple) les Barbares furent rejetés au-delà du Rhin et son autorité fut reconnue de l'Espagne à la Grande-Bretagne. C'est donc amplement que Postumus mérita le titre de "Restitutor Galliarum" ("Libérateur des Gaules) qu'il fit orgueilleusement graver sur ses monnaies. Les circonstances qui entourent la fin de Postumus sont assez peu claires. Vers 269, alors que l'empereur des Gaules allait célébrer le dixième anniversaire de son accession au trône, Laelianus (Lélien), commandant de la place de Mayence leva contre lui l'étendard de la révolte et se fit, à son tour reconnaître comme empereur par quelques villes de Germanie. "Les Gaulois sont toujours par nature avides de changements politiques" commente peu flatteusement le rédacteur anonyme de l'Histoire Auguste pour expliquer cette rébellion. En fait, on ne connaît rien des mobiles de Laelianus et de ses complices Énergique comme à l'accoutumée, Postumus fonça sur Mayence, défit les troupes fidèles à Laelianus, tua l'usurpateur et pénétra en vainqueur dans la cité rhénane. Une victoire trompeuse : les propres soldats de Postumus grognaient. Ils n'avaient, jusque-là, trouvé aucun profit à cette guerre fratricide, aussi exigèrent-ils, que, pour les récompenser de leurs peines, la ville de Mayence, capitale du général félon, fût mise à sac. Postumus s'y refusa catégoriquement : Alors que les Barbares pouvaient réapparaître à tout instant, ce n'était vraiment pas le moment d'affaiblir la défense du Rhin en démantelant gratuitement, sur un coup de tête, l'une des plus importantes forteresses de la région ! C'était le bon sens même Mais les soldats, trop obtus ou trop cupides, ne l'entendirent pas de cette oreille. Retournant leurs glaives contre leur propre chef, ils le massacrèrent sans la moindre hésitation (été 269). Le rédacteur anonyme de l'Histoire Auguste (début du Ve siècle) prétend que Postumus eut un fils appelé lui aussi Postumus. Ce Postumus Junior, associé au pouvoir par son père en qualité de "César", tué avec lui après la révolte de Laelianus, aurait été un orateur si fin que ses déclamations valaient, paraît-il, celles du célèbre Quintilien. On croit rêver ! En réalité, personne ne sait rien de l'éventuel fiston de l'empereur gaulois, Certes, il est possible que l'empereur des Gaules eut un fils, et si c'est le cas, peut-être lui confia-t-il certaines responsabilités Mais de là à faire de l'hypothétique rejeton de Postumus le Démosthène des Gaules, il a un pas que tout historien sérieux se refusera à effectuer !
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