La Persécution de Valérien
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Dans les quatre premières
années de son règne, Valérien
s'était montré particulièrement amical à
l'égard du christianisme. Son premier édit de persécution,
publié au mois d'août 257, fut donc, pour les Chrétiens,
une totale - et fort mauvaise - surprise. Dans un décret
au ton très modéré, nous disent les auteurs
chrétiens du temps, l'empereur ordonnait aux évêques,
sous peine d'exil, de sacrifier aux dieux de l'Empire. Il interdisait
aussi aux Chrétiens de se rassembler dans les cimetières
Enfin, c'est ce qu'on peut induire de sources indirectes car le
texte de l'édit est perdu.
En application de ce décret, les évêques
Cyprien de Carthage et Denys d'Alexandrie furent exilés,
le premier dans un de ses domaines tout proche de sa cité
épiscopale, l'autre dans une paisible oasis du désert
libyen. Curieusement, le pape Sixte II, alors qu'il résidait,
naturellement, dans la capitale impériale, sous les yeux
mêmes de l'empereur, ne fut pas inquiété et
continua à diriger paisiblement l'Église.
L'année suivante, au mois d'août 258,
un deuxième édit, beaucoup plus sévère,
est publié contre les Chrétiens. |
Ici, nous possédons le témoignage direct
de saint Cyprien de Carthage : "L'empereur Valérien a envoyé
au Sénat un rescrit par lequel il décide que les évêques,
les prêtres et les diacres seront immédiatement mis à
mort. Les sénateurs, les notables et ceux qui portent le titre
de chevaliers romains seront privés de toute marque de dignité
et même de leurs biens. Si ensuite, même après confiscation
de leurs biens, ils devaient s'entêter dans leur profession de
foi chrétienne, ils devront être condamnés à
la peine capitale. Les matrones chrétiennes subiront la saisie
de tous leurs biens et seront ensuite envoyées en exil. À
tous les fonctionnaires impériaux qui ont déjà
confessé la foi chrétienne ou qui devraient la confesser
à présent, on confisquera également tous leurs
biens. Ils seront ensuite arrêtés et enrôlés
parmi les préposés aux propriétés impériales".
(Cyprien, Epist., LXXX).
C'est clair et net : les membres du clergé chrétien
doivent être exécutés séance tenante ; les
biens des notables romains convertis au christianisme seront confisqués,
et si ces opiniâtres refusent d'abjurer, ils seront également
exécutés ; les dames chrétiennes seront exilées
après avoir été dépouillées de leurs
richesses ; et enfin les fonctionnaires opiniâtres seront eux
aussi privés de leurs biens et envoyés aux travaux forcés.
Inutile de le nier, nous voilà bien en face du
premier "édit de persécution" historiquement assez bien
avéré. Il paraît donc impossible de douter de la
réalité de la répression qui frappa les Chrétiens
au temps de Valérien.
Reste à connaître les raisons de ce décret.
Puisque l'on parle de "persécution religieuse",
est-ce bien en tant que religion que le christianisme fut poursuivi
?
Là, les choses se compliquent un peu !
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L'évêque Denys d'Alexandrie prétend
que Macrien,
ministre des finances de Valérien
et membre éminent de confréries païennes
égyptiennes, aurait, par des tours de magie noire, convaincu
l'empereur que tous les maux de l'Empire provenaient d'"ondes
négatives" émises par les Chrétiens.
Il fallait donc abolir d'urgence leur religion perverse.
Sur base de ces ragots, nombre d'historiens modernes n'ont
vu dans le vieux Valérien qu'un païen fanatique,
un "réactionnaire idolâtre" qui, par ses édits
persécuteurs, aurait tenté de briser la "Révolution
de la Croix".
Cependant, l'hypothèse d'une "Contre-Révolution
païenne" dirigée par Valérien
ne tient pas la route. En effet, si l'on ne connaît pas
très bien les convictions philosophiques de Valérien,
on est, en revanche, certain de celles de son fils Gallien,
celui qu'il avait associé au trône en lui confiant
le gouvernement de l'Occident romain. Or ce Gallien fut effectivement,
lui, un adepte convaincu du néo-platonisme. Et pourtant,
dès qu'il assuma seul le gouvernement de l'Empire, Gallien
publia un édit de tolérance qui donnait presque
un statut légal au christianisme.
Il est donc bien difficile de croire que Valérien, hypothétique
sectaire néo-platonicien, persécuta les Chrétiens
par fanatisme philosophique alors que son fils qui était,
lui, un disciple convaincu des philosophes néo-platoniciens,
donna presque un statut légal au christianisme ! |
D'après les historiens chrétiens, l'empereur
Valérien
aurait eu une seconde fort bonne raison de persécuter les Chrétiens.
Il aurait voulu s'emparer de leurs richesses pour assainir les finances
d'un Empire au bord de la ruine financière et de la catastrophe
militaire.
Naturellement, si, à l'instar de ces très
catholiques auteurs, on admet la nature effroyable des persécutions
de Dèce
et de Gallus,
il est bien difficile d'admettre que seulement quatre ans plus tard,
en 257, les richesses de cette Église, qui aurait dû encore
être pour le moins convalescente, suscitaient tant de convoitise.
Elles auraient même suffi à renflouer le gouffre sans fond
du Trésor public romain ! Diable de redressement économique
!
Quant à nous, qui doutons de l'ampleur (sinon de la réalité)
de la "persécution de Dèce", nous pouvons reconnaître
sans risque de contradiction que le mobile "économique" des édits
de Valérien
demeure une hypothèse plausible. D'ailleurs, en 258, le deuxième
décret impérial, avant de menacer la vie des Chrétiens,
ordonnait la confiscation des biens des notables, des matrones et des
fonctionnaires chrétiens. D'autre part, il est tout aussi vrai
que la situation quasi désespérée de l'Empire romain,
en proie aux invasions, aux épidémies, à la guerre
civile et menacé de banqueroute, pouvait justifier tout expédient
susceptible de fournir au fisc l'indispensable "nerf de la guerre".
Cependant, le mobile "financier" n'explique pas pourquoi
ce n'est qu'après quatre longues années de règne
que Valérien
commença à guigner les trésors chrétiens,
lui qui avait jusque-là protégé la secte comme
nul empereur ne l'avait fait avant lui. Si l'objectif de Valérien
avait été de confisquer les biens de l'Église,
il aurait certainement commencé par là !
La convoitise des richesses de l'Église déjà
opulente en ce milieu IIIe siècle est certes une des causes probable
de la "persécution de Valérien", mais ce n'est pas la
seule. Il existe à cet acharnement subit de l'empire envers le
christianisme une autre raison probable, plus diffuse, plus secrète,
plus occulte.
À mon avis, voici que qui s'est passé.
Dans ces années 253-257, tout se liguait contre
l'Empire. C'était vraiment l'Apocalypse !
Le découragement de l'empereur atteignit son comble quand il
apprit que le roi de Perse Sapor avait annexé l'Arménie,
jusqu-là protectorat romain et menaçait la Syrie ainsi
que la riche cité d'Antioche. Si rien n'était fait, après
la Syrie, ce seraient la Palestine, et la riche Égypte, le grenier
de Rome, qui tomberaient, aux mains des Asiatiques.
Or que disaient certains rapports provenant d'Orient ?
Ils précisaient que de nombreux Chrétiens accueillaient
les envahisseurs perses en libérateurs. D'aucuns de ces fanatiques
anarchistes favorisaient même la progression des armées
ennemies, soit en leur fournissant d'utiles renseignements sur la disposition
des troupes romaines ou sur les faiblesses des villes assiégées,
soit en retardant l'approvisionnement des légions. Les plus excités
allaient jusqu'à prendre les armes aux côtés des
Perses.
Dans un premier temps, Valérien
répugna à croire pareille forfaiture. Lui-même n'était-il
pas, depuis le début de son règne, l'ami avéré
des Chrétiens, ne protégeait-il pas leur Foi ?
Longtemps, le vieux Valérien résista à son ministre
des finances Macrien qui, aussi de soucieux d'équilibrer son
budget que de punir ces traîtres présumés, lui conseillait
de profiter de ces rumeurs pour dépouiller l'Église de
toutes ses richesses.
Au mois d'août 257, le roi Sapor se trouvait devant
les murs d'Antioche. C'était justement dans cette ville-là,
qu'au milieu du Ier siècle, les adeptes du Christ avaient, pour
la première fois, pris le nom de "Chrétiens". On conçoit
donc que, deux siècles plus tard, ils formaient au sein de la
vieille cité syrienne une communauté aussi remuante que
puissante.
Et encore et toujours parvenaient à l'empereur
Valérien
ces mêmes rapports qui parlaient de collusion entre Chrétiens
et Perses
Si les Chrétiens d'Antioche trahissaient, la
riche métropole était perdue !
Il fallait impérativement faire quelque chose pour
s'assurer de la loyauté de ces sectaires.
Ce sera le premier "édit de persécution".
Gardant un ton très modéré, Valérien ordonnait
aux évêques, diacres et prêtres d'offrir un sacrifice
aux dieux de Rome. Ceux qui refusaient devaient être exilés.
D'autre part, il était interdit aux fidèles de tenir des
assemblées secrètes en dehors des villes. Dans l'esprit
de Valérien, il ne s'agissait nullement de "persécuter"
la religion chrétienne de quelque manière que ce soit.
L'empereur voulait seulement s'assurer de la loyauté patriotique
des cadres chrétiens. L'hommage aux dieux de l'État était
le seul moyen dont Valérien disposait pour cela ; il n'allait
quand même pas leur demander de prêter serment sur la Bible
!
Ceux qui refusaient de se présenter devant les autels des divinités
ne devaient pas être exécutés. C'aurait été
une mesure aussi barbare qu'inutile. L'exil suffisait à assurer
la sécurité publique, car loin de leur base populaire,
les leaders chrétiens seraient désormais incapables de
fomenter des troubles à l'intérieur de l'Empire. Isolés,
ils pourraient aussi être mieux surveillés. Et enfin, ces
irréductibles prélats seraient garants de la loyauté
des Chrétiens d'Orient. Si les rapports qui accusaient ceux-ci
de forfaiture se révélaient exacts, ces otages payeraient
pour tous les traîtres chrétiens, d'Antioche et d'ailleurs.
Au milieu de l'année 258, Antioche tombe aux mains
des Perses. S'effondrent aussi les dernières illusions de Valérien
envers les Chrétiens.
Considérant ceux-ci - à tort ou à raison - comme
responsables et de l'invasion de l'Orient romain par les Perses et de
la chute d'Antioche, l'empereur prend alors à leur encontre des
mesures d'une sévérité inouïe. Cependant,
malgré sa colère, Valérien ne châtie pas
les Chrétiens "de base". Il sait pertinemment qu'une répression
générale ne provoquerait que manifestations, troubles,
émeutes
Car ce n'est pas une religion que Valérien
"persécute", il punit seulement des crimes politiques : trahison
et lèse-majesté.
"Belle théorie ! me direz-vous. Mais
où sont les preuves historiques d'une alliance entre les Chrétiens
et les Perses ?"
Il serait beaucoup trop long de détailler ici l'analyse des maigres
indices qui subsistent çà et là.
Signalons simplement que, précisément à
cette époque, toute la chrétienté orientale (en
particulier l'Église d'Égypte, mais aussi celle de Syrie
et de Mésopotamie) fut prise d'une véritable fièvre
millénariste. Beaucoup de Chrétiens orientaux attendaient
impatiemment le retour glorieux du Christ sur terre et appelaient de
tout de leurs vux le rush final des cavaliers perses qu'ils
identifiaient à ceux de l'Apocalypse. Si la police de Valérien
était bien faite, l'empereur, mis au courant de cet espoir lourd
de trahison, put donc légitimement concevoir quelques doutes
légitimes quant à la loyauté des Chrétiens
d'Orient. Surtout après les inexplicables débâcles
militaires des Romains et l'invasion de la Syrie par les troupes perses
!
Après la chute de la métropole syrienne d'Antioche, ces
soupçons devinrent des quasi-certitudes !
Rappelons aussi qu'à cette époque, Sapor,
roi des Perses, favorisait ouvertement le manichéisme. Le souverain
sassanide voyait dans cette religion, fortement teintée de gnose
chrétienne, "le cheval de Troie" qui lui permettrait de rallier
à sa cause de larges couches de la population de l'Orient romain.
Les Chrétiens étaient presque les coreligionnaires, les
alliés naturels de l'ennemi héréditaire perse.
Et cela Valérien ne l'ignorait pas non plus.
Examinons maintenant les conséquences des édits
de Valérien dans les diverses provinces de l'Empire romain. Pour
ce faire, nous allons effectuer un petit voyage autour de la Méditerranée.
Valérien,
dès son accession au pouvoir, avait associé au trône
son fils Gallien,
lui confiant la défense de la partie occidentale de l'Empire.
Les édits de Valérien furent-ils également d'application
dans ces territoires contrôlés par Gallien ?
Cela nous l'ignorons.
Bien sûr des récits hagiographiques mentionnent nombre
de victimes gauloises et espagnoles, martyrisées lors de le la
"Persécution de Valérien". Cependant nous savons que Gallien
n'était pas hostile au christianisme, bien au contraire !
Nous pouvons donc supposer que même si les édits de Valérien
valaient également pour "l'Empire" de Gallien, celui-ci ne montra
aucun zèle pour les faire appliquer.
Et puis, le fils de Valérien avait bien d'autres chats à
fouetter ! Même si Gallien avait voulu obéir aux ordres
paternels et faire exécuter les dignitaires chrétiens,
il n'en aurait eu ni le temps ni les moyens : Dès 257, soit un
an avant que Valérien ne publie son terrible édit, Gallien
fut contraint d'abandonner la Gaule et l'Espagne devant la menace que
l'usurpateur Ingenuus
faisait peser sur Rome. Ce faisant, il laissait le champ libre aux Francs
et aux Alamans qui, pendant quatre ans, allaient mettre ces provinces
en coupe réglée.
Comment, en 258, Gallien, aurait-il donc bien pu persécuter les
Chrétiens, d'ailleurs ses futurs amis, dans des contrées
désorganisées, dévastées par les Barbares
ou par la guerre civile et où, de surcroît, son autorité
était battue en brèche, voire inexistante ?
Au Sud-Est des états administrés (théoriquement)
par Gallien,
en Grèce et en Asie Mineure, les édits de Valérien
ne purent sans doute pas être appliqués non plus. Ces provinces
étaient ravagées par les Goths, et ceux-ci ne furent repoussés
qu'après 259. Mais comme il s'agissait de régions fortement
hellénisées, peuplées de païens très
attachés à la civilisation gréco-romaine, le ressentiment
à l'encontre de ces Chrétiens, soupçonnés
d'être "la cinquième colonne" de la pénétration
barbare, dut être assez vif. Vraisemblablement, la "Paix romaine"
ne put être maintenue toujours et partout. La haine populaire
s'exprima probablement, çà et là, par des échauffourées
et des tumultes populaires où périrent les rares victimes
dont quelques textes chrétiens, exagérés et déformés,
nous parlent aujourd'hui.
Vers le Sud de l'Empire, les provinces de Mésopotamie
et de Syrie étaient occupées par l'armée perse.
Les Chrétiens, évidemment, n'y furent pas inquiétés.
Poursuivons notre petit périple autour de la Mare
Nostrum en revenant vers l'Ouest.
En Égypte, le préfet Émilien ne semble
avoir montré aucun zèle à mettre en application
les ordres les plus rigoureux de Valérien.
Quant à Denys d'Alexandrie, le chef de l'Église d'Égypte,
il ne peut désigner nommément aucun condamné à
mort parmi ses nombreux prêtres et diacres. Pourtant, ceux-ci
auraient dû, en vertu des édits impériaux, être
exilés dès 257 et exécutés l'année
suivante.
Denys, lui-même se tira sans dommages de l'épreuve. Après
un interrogatoire fort courtois, il fut envoyé en exil à
Kephô, dans le désert de Libye, tout près de l'oasis
de Siouah (ou Parætonium ou Ammonia).
Si à l'Est au Sud de Rome, diverses circonstances
s'opposèrent à l'exécution des édits de
Valérien, il n'en alla pas de même en Afrique (du Nord)
où l'autorité impériale pouvait encore s'exercer
normalement.
Proximité de Rome, situation politique et militaire "sous contrôle",
le sort de l'évêque saint Cyprien de Carthage ne pouvait
donc qu'être singulièrement plus tragique que celui de
son confrère saint Denys d'Alexandrie. Il fut exécuté
le matin du 18 septembre 258. Quant aux Chrétiens qui, aux dires
des Actes soi-disant authentiques de son martyre, assistèrent
en foule au jugement et au supplice du saint homme, ils ne furent pas
inquiétés.
Pourtant, malgré cette prétendue nonchalance des autorités
romaines, tout porte à croire que d'autres membres du clergé
africain subirent le sort de leur éminent évêque
Cyprien. On cite par exemple, les diacres Montanus, Lucius et Renu.
Ce sont là presque les seuls noms qui nous sont parvenus, du
moins en ce qui concerne la "persécution légale", exercée
en Afrique par les magistrats romains en application des décrets
impériaux. Peut-être y eut-il encore d'autres victimes
"exécutées selon les formes de la loi", mais, de l'aveu
même de l'historien très catholique Daniel-Rops, la majorité
des victimes africaines de cette persécution succombèrent
lors d'émeutes et de pogroms anti-chrétiens.
Paradoxalement, nous achèverons notre tour de l'Empire
romain à Rome, à l'endroit même où furent
promulgués ces édits persécuteurs dont nous examinons
toujours les conséquences
La communauté chrétienne de Rome ne semble
pas avoir été concernée par le premier édit
de Valérien.
Le pape Sixte II resta confortablement assis sur son trône épiscopal
et continua à diriger ses ouailles.
Au début du mois d'août 258, l'empereur Valérien
annonça au Sénat son intention de décapiter le
mouvement chrétien, à ses yeux coupable de haute trahison.
Peu de temps - quelques jours - après ce discours, le pape Sixte
était mort et enterré.
Cyprien de Carthage nous apprend (Epist., 80).que Sixte "a
subi le martyre avec quatre diacres le 6 août, alors qu'il se
trouvait dans la zone du Cimetière ". Cette date prouve bien
que l'empereur ne perdit pas de temps pour agir et qu'il voulut s'assurer
rapidement de la personne de l'évêque de Rome.
Ayant appris qu'il s'était planqué dans les catacombes,
accompagné d'un grand nombre de partisans, il envoya un détachement
militaire pour mettre un terme à cette sédition. Quand
les soldats firent irruption dans la catacombe de Prétextat,
le pape, entouré de ses fidèles, était tout occupé
à célébrer la messe. Flagrant délit ! Il
contrevenait à (au moins) trois dispositions de l'édit
impérial : il fréquentait les cimetières, ressuscitait
une association interdite et tenait une assemblée illégale.
Son compte était bon ! Après avoir, manu
militari, dispersé la foule chrétienne, les soldats
se saisirent de Sixte et le décapitèrent séance
tenante, sur le théâtre même de ses crimes. D'autres
sources prétendent que le pape mourut dans l'échauffourée
et que quatre diacres qui assistaient à la réunion délictueuse,
furent tués en même temps que leur évêque.
Tout cela ne ressemble-t-il pas plus
à une opération (musclée) de police contre
une bande de factieux qu'à une appréhension de quelques
illuminés, paisibles et pacifiques chanteurs de psaumes
au clair de lune ?
Un diacre nommé Laurent aurait, lui aussi,
péri à Rome lors de la persécution de Valérien.
Il aurait été brûlé, paraît-il,
sur grill porté un rouge. Tout le monde sait cela !
Ce qui est plus révélateur, c'est que ce saint Laurent
aurait exercé les fonctions le trésorier de l'Église
de Rome. S'il ne faut donc retenir qu'une chose de ce martyre
spectaculaire, mais à l'authenticité très
douteuse, c'est la confirmation de l'hypothèse que la convoitise
des richesses accumulées par les Chrétiens fut une
des cause de la persécution de Valérien.
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Après la liquidation des principaux
dignitaires de l'Église romaine, l'empereur Valérien
n'eut guère le loisir de s'attarder en Occident pour surveiller
l'application de ses édits persécuteurs car il s'embarqua
bien vite pour l'Orient pour livrer bataille au roi de Perse Sapor.
On connaît la suite. (Voir : Mort
de Valérien)
Un beau jour de l'année 260, suite à
la trahison des Chrétiens de la région d'Édesse,
où l'armée perse s'était repliée comme
en territoire ami, Valérien et ses légions affamées,
assoiffées et décimées par la peste, se retrouvèrent,
comme par enchantement, encerclées de toutes parts par
les cavaliers perses.
Si Valérien avait gardé, jusque-là,
quelques doutes quant à la collusion entre Chrétiens
et envahisseurs Perses, ses scrupules furent alors dissipés
de la plus horrible manière.
S'il regretta une seule chose ce jour-là, ce fut sans doute
d'avoir, au début de son règne, accordé tant
de confiance à de tels traîtres et de ne pas les
avoir châtiés plus tôt et plus sévèrement
!
Valérien
fut capturé ainsi que toute son armée, par le Roi
des Rois perse. L'empereur, rongé par la honte et les humiliations,
mourut bientôt, toujours en captivité. Ses édits
persécuteurs furent aussitôt abrogés par son
Gallien
de fils.
La grande "Persécution de l'antéchrist
Valérien" n'avait pas duré plus de deux ans
Mais on en parlerait très longtemps ! |
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