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Tels furent d'après la fantaisiste et assez tardive Histoire Auguste (Ve siècle), les débuts de la carrière militaire du futur empereur Maximin le Thrace. Il convient naturellement d'émettre quelques réserves quant à véracité de ce récit tout émaillé d'exagérations. Cependant, il n'en reste pas moins vrai que Maximin était d'origine très humble et que c'était vraiment un très grand gaillard Même si la taille de 2m70 que lui prête son biographe paraît un peu excessive et qu'on puisse également douter qu'il se servait des bracelets de son épouse en guise de bagues ! Il est aussi tout à fait exact que carrière
de Maximin fut purement militaire. Engagé comme simple soldat à
la fin du règne de Commode,
sa bravoure et sa robustesse lui permirent de monter rapidement en grade.
Selon l'Histoire Auguste, il avait atteint, sous Caracalla,
le grade de centurion, mais aurait, par point d'honneur, refusé
de servir sous son successeur et meurtrier Macrin,
ainsi que sous l'efféminé Élagabal. Aux dires de l'Histoire Auguste, l'empereur aurait même songé à donner la main de sa propre sur au fils de Maximin. Mais ces noces ne se firent point Ces Maximins étaient décidément par trop insortables ! À cause de cet affront, ou simplement en raison de son ambition démesurée, le grand Maximin se mit à comploter contre son bienfaiteur. Profitant du fait que, pour impressionner des Germains toujours menaçants, l'armée était rassemblée sur le Rhin, près de Mayence, il convoqua les principaux chefs militaires et leur monta la tête contre le jeune empereur. Selon lui, Sévère Alexandre allait agir de la même façon que sur le front oriental : il allait, de nouveau, acheter honteusement la paix sans en découdre avec l'ennemi, et, une nouvelle, fois priver les soldats de récompenses et de butin. Ces paroles séditieuses produisirent l'effet escompté. Lors d'un exercice, l'armée, réunie sur la plaine de manuvres, acclama le grand Maximin comme empereur et celui-ci n'eut rien de plus pressé que d'aller tremper ses mains dans le sang de Sévère Alexandre, de sa mère et de ses conseillers.(Mars 235) Maximin le Thrace ne gouverna l'Empire que trois ans, et pendant son court règne, il ne mit jamais les pieds à Rome. Militaire jusqu'au bout des ongles, il resta aux frontières à combattre les Barbares... le plus souvent d'ailleurs avec succès, car ce soudard était aussi un excellent général (ou plutôt un stratège né). Après avoir mâté la révolte
des archers arabes (osrhoéniens) commandés par un certain
Titus
(que l'historien grec Hérodien nomme Quartinus), Maximin refoula
les Germains dans leurs forêts au-delà du Rhin. Puis, sur
le Danube, il donna une sévère leçon aux Daces et
aux Sarmates qui présumaient d'envahir l'Empire. Il aurait même
eu l'intention de conquérir toute la Germanie jusqu'à la
mer Baltique afin de sécuriser définitivement les frontières
de l'Empire de ce côté. Mais toutes ces victoires ne firent pas de Maximin un personnage fréquentable, loin de là ! Cet empereur mit littéralement l'empire à sac, pillant les temples païens, faisant fondre les statues des divinités séculaires pour frapper des monnaies sonnantes et trébuchantes, rançonnant les sénateurs et les patriciens qui l'avaient humilié dans sa jeunesse malheureuse, massacrant l'élite politique et intellectuelle de la nation Bref, Maximin le Thrace considéra l'État comme un pays conquis, et ses ressources comme prises de guerre. Ni plus, ni moins. Cela ne pouvait naturellement pas durer, et Maximin dut
bientôt faire face à une révolte généralisée. L'affaire africaine semblait close au plus grand bénéfice de Maximin. Pourtant, la rébellion ne faisait que commencer : le feu qui avait été étouffé en Afrique reprit à Rome. Dans la capitale, quand l'échec des Gordiens fut connu, le profond abattement qui s'était emparé de toute la population se transforma bien vite en peur panique. Le Sénat, qui avait emboîté le pas aux rebelles d'Afrique, et le peuple, qui avait déjà massacré tous les partisans romains de Maximin, savaient qu'ils n'avaient aucune indulgence à espérer du sanguinaire barbare couronné, et cela leur donnait une audace insoupçonnée ! Les Sénateurs, contraints à une fuite en avant, déclarèrent donc Maximin ennemi public et désignèrent, pour succéder aux malheureux Gordiens et défendre la Patrie en danger, deux empereurs ex æquo : Maxime Pupien, qui s'occuperait des questions militaires, et Balbin qui maintiendrait l'ordre dans la Capitale. De son côté, le peuple exigea que l'on adjoigne à ces deux nobles personnages un petit-fils du vieux Gordien d'Afrique, le futur empereur Gordien III. Si ce triumvirat parvint sans peine à se faire reconnaître par la plupart des provinces, son pouvoir resta contesté à Rome même. Les soldats de la garde prétorienne, suspects de sympathie pour l'empereur Maximin, et qui étaient agressés par une foule surexcitée, s'étaient retirés, menaçants, dans leurs casernements, non sans avoir incendié une bonne partie de la Ville. L'empereur Maximin se trouvait, lui, sur les rives du Danube
avec le gros de l'armée. Il apprit les événements
de Rome avec un sang-froid surprenant et décida de marcher sur
l'Italie avec toute son armée. Ce ne serait, pensait-il, qu'une
promenade militaire : comment ces Italiens dégénérés
pourraient-ils résister aux légionnaires vainqueurs des
Germains et des Sarmates ! Il faut dire que Maxime
Pupien, l'empereur du Sénat, à défaut d'être
un grand homme de guerre, était néanmoins un stratège
réaliste. Sachant parfaitement que ses chances de vaincre des troupes
aguerries de Maximin en bataille rangée étaient quasi nulles,
il avait adopté la tactique de la "terre brûlée".
C'est ainsi que le siège d'Aquilée prit une tournure inattendue.
Sur les remparts, les assiégés festoyaient à longueur
de journée, au nez et à la barbe des assiégeants
tandis que ceux-ci, la campagne environnante étant vide de blé,
de viande et de vin, crevaient de faim. C'était le monde à
l'envers ! On croira volontiers que cette brutalité injustifiée n'accrut pas la popularité de l'empereur. Plus que jamais désireux d'en finir avec ce siège interminable, les généraux survivants et les légionnaires, désemparés et affamés, se mirent d'accord pour assassiner leur chef. Maximin et son fils, qu'il avait élevé au
rang de César et associé au trône, furent massacrés
par leurs troupes alors qu'ils sortaient de leur tente pour les haranguer. Dans l'Histoire de l'Église, cette grande brute de Maximin le Thrace a acquis une fâcheuse réputation d'empereur persécuteur. Ici encore, il faut relativiser. Après avoir assassiné son prédécesseur
Sévère
Alexandre, Maximin le Thrace massacra aussi tous les amis, tous les
familiers de l'empereur. Or, aux dires de l'historien ecclésiastique
Eusèbe de Césarée, les Chrétiens étaient
nombreux dans l'entourage de l'infortuné Alexandre. La "persécution de Maximin" ne doit donc être considérée que comme une épuration politique consécutive à un changement de régime et aussi limitée dans le temps que dans les faits. On notera d'ailleurs, qu'à Rome, le pape Pontien et l'antipape Hippolyte furent condamnés "seulement" au bagne - un châtiment purement politique, tandis que l'éminent philosophe chrétien Origène, ami de l'ancienne impératrice-mère Julia Mammaea et précepteur occasionnel d'Alexandre Sévère, échappa à toute répression. C'était pourtant une autorité chrétienne reconnue partout dans l'Empire.
Maximin le Thrace sur la Toile :
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