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Lucius était le fils de cet Ælius
César (de son vrai nom Lucius Ceionnius Commodus)
qu'Hadrien avait adopté
en 136 pour en faire son successeur et qui mourut de tuberculose
deux ans plus tard.
Désespéré de ce décès
prématuré, Hadrien adopta alors Antonin
le Pieux, ordonnant à son nouveau fils adoptif
et successeur d'adopter à son tour le fils de son cher
Ælius César, un garçonnet âgé
alors de huit ans seulement, ainsi que Marcus Annius Verus,
futur Marc Aurèle
qui, lui, allait sur ses vingt ans.
Pour tout simplifier, Hadrien avait aussi prévu que
le petit Lucius Ælius devrait, une fois qu'il aurait
atteint l'âge légal, épouser Faustine,
la fille d'Antonin. Lucius serait ainsi en quelque sorte devenu
l'époux de sa sur !
Mais finalement, non par crainte de l'inceste légal,
mais plutôt à cause de la différence d'âge
des fiancés, quand il devint empereur, le bon Antonin
ne put se résoudre à un tel mariage. Ce fut
donc Marc Aurèle qui fut donc contraint de se taper
Faustine
et toute la philosophie du bonhomme fut bien
utile pour assumer un tel sacrifice, car la gosse Faustine,
ce n'était vraiment pas un cadeau !
À la mort d'Antonin (161), Marc Aurèle, par
respect des décisions d'Hadrien, associa son frère
adoptif au pouvoir. Il revêtit donc Lucius Aelius de
la dignité impériale et, sans l'adopter (il
venait d'avoir un fils, le lamentable Commode), il lui donna
son nom de famille. Ælius César Junior devint
alors Lucius Aurelius Verus. |
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On sait finalement bien peu de chose
sur le règne de ce co-empereur.
L'Histoire Auguste, recueil anonyme et assez tardif (IVe
- Ve siècle) de biographies impériales souvent assez
fantaisistes, nous le présente comme un débauché
"qui rivalisait de vices avec Caligula, Néron et autre
Vitellius". Il est cependant fort probable que ce portrait tiré
au noir n'est là que pour faire mieux ressortir toutes les
brillantes vertus de son frère et associé, l'empereur-philosophe
Marc Aurèle.
Ce dont nous sommes certains, c'est que Lucius Verus reçut
le commandement suprême des armées romaines d'Orient
qui devaient lancer une grande expédition contre l'ennemi
héréditaire, les Parthes de Mésopotamie.
Nous savons aussi qu'après la victoire des légions,
l'occupation de l'Arménie, de la Mésopotamie et la
destruction de Ctésiphon, la capitale ennemie, ce fut lui
qui reçut les honneurs du triomphe à Rome et les titres
ronflants d'"Arméniaque, Médique et Parthique".
Cependant, il semble bien qu'il abandonna le commandement effectif
à des chefs compétents du genre d'Avidius Cassius.
Il se borna sans doute à diriger cette campagne de loin et
resta à se goberger dans tous les bouges, bordels et autres
mauvais lieux d'Antioche, la riche, luxueuse et dépravée
métropole syrienne.
D'après l'Histoire Auguste, pendant l'expédition
de Perse, le général Cassius, manquant à la
parole donnée, avait pris d'assaut à la ville de Séleucie
du Tigre alors que cette cité avait accueilli les légionnaires
en amis.
Les dieux ne pouvaient rester indifférents à un tel
parjure. De sa brillante campagne, l'armée romaine d'Orient
ne rapporta pas seulement des lauriers triomphaux ; elle ramena
aussi la peste ! C'est à partir de cette époque, que
cette maladie deviendra endémique dans l'Empire romain, dépeuplant
sporadiquement des villes et des régions entières.
Et pourtant, Lucius Verus ne mourut pas de la peste. Il fut frappé
d'apoplexie au retour d'une expédition contre les Barbares
du Danube. Malgré sa sainte horreur pour la rude vie des
camps, il s'était résigné à accompagner
Marc Aurèle dans cette guerre aux confins du monde civilisé,
mais avec les pieds de plomb, l'esprit ailleurs et sans renoncer
le moins du monde à sa vie de patachon - c'est du moins ce
que prétend l'auteur de l'Histoire Auguste. |