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Après l'assassinat de Domitien,
le Sénat accorda la couronne impériale au vieux
Nerva (âgé de 70 ans), sans qu'on sache trop
bien pourquoi le choix des Pères conscrits se porta
précisément sur ce survivant de l'époque
de Néron et
des premiers flaviens.
Peut-être le parti aristocratique et sénatorial,
durement éprouvé par la tyrannie de Domitien,
espérait-il que ce juriste assez falot, légèrement
efféminé et très peu intéressé
par la politique, lui laisserait enfin les mains libres.
Mais ce Nerva, qui avait côtoyé tant de souverains,
fous comme Néron et Domitien, ou sages comme Vespasien
et Titus (?), avait
certainement acquis une profonde connaissance de l'âme
humaine et de prodigieuses facultés d'adaptation. Ces
qualités lui furent précieuses pour réparer
les dégâts du règne de son prédécesseur,
et surtout pour reconnaître en Trajan, un militaire
espagnol jusque-là assez obscur, l'homme le plus digne
de lui succéder. De plus cette adoption rassurait l'armée
et les redoutables Gardes prétoriens qui, quant à
eux, s'étaient parfaitement accommodés de la
tyrannie de Domitien.
L'adoption de Trajan
par Nerva marque, aussi traditionnellement qu'arbitrairement,
le début de la dynastie des Antonins (ou "antonine",
du nom d'Antonin le Pieux,
troisième successeur de Nerva. Une "dynastie" d'ailleurs
bien particulière puisque basée sur l'adoption
et non sur la filiation directe. (Voir tableau
généalogique)
Nerva ne régna que seize mois et son autorité
fut sans doute plus décorative que réelle :
Trajan, son fils adoptif et associé faisant "le plus
gros du boulot". |