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Rien ne prédestinait
Vespasien, issu la petite bourgeoisie provinciale, à
devenir empereur. Son père T. Flavius Sabinus fut soldat
(voir Tableau généalogique),
mais quitta l'armée avec le grade de centurion pour
devenir fonctionnaire du fisc en Asie Mineure (Turquie actuelle).
Il finit banquier en Suisse. Comme quoi l'administration mène
à tout à condition d'en sortir !
Vespasien, lui, persévéra dans la carrière
militaire. Il se distingua en Grande-Bretagne où sa
compétence, sa modération et son réalisme
firent merveille.
Considéré comme un soldat rustre mais intelligent,
il risqua bien souvent sa vie à la cour de Néron
où son incompétence artistique le désignait
tout naturellement aux sarcasmes des amis raffinés
de l'empereur-artiste. Néron sut cependant reconnaître
ses talents en le nommant à la tête de l'armée
d'Orient chargée de réprimer la grande révolte
juive. Là encore, les talents de Vespasien firent merveille.
Au départ de la Syrie, il reconquit la Galilée,
un des principaux sanctuaires des nationalistes juifs radicaux
(les Zélotes) et investit Jérusalem.
À ce moment (69), Néron fut déclaré
hors-la-loi, se suicida et, en moins d'un an, trois empereurs
se succédèrent sur le trône (Galba,
Othon, Vitellius).
En août 69, Vespasien à son tour, fut proclamé
empereur par les légions d'Orient.
Laissant à son fils Titus
le soin de réduire la ville de Jérusalem, il
marcha sur l'Italie, écrasa l'armée de Vitellius
et pénétra à Rome après que la
foule eut massacré son rival. |
Les frasques de Néron avaient sérieusement grevé
le trésor public, la guerre civile avait désorganisé
l'empire. Vespasien était vraiment "the right man in the
right place" pour remettre de l'ordre dans tout ce bordel.
Une stricte économie lui permit de restaurer les finances
de l'État.
Comme l'armée, à cause de la guerre civile, avait
acquis une fâcheuse tendance à intervenir dans la vie
politique, elle fut réexpédiée dans ses casernes.
Vespasien entreprit aussi une politique de grands travaux (début
des travaux du Colisée).
Bien que son avarice soit restée légendaire
(il aurait même imposé l'urine, où plutôt
l'usage des latrines publiques que l'on appellera plus tard "vespasiennes"),
celle-ci ne porta pas atteinte à sa popularité tant
étaient précieux les acquis du règne, dont
les moindres n'étaient pas la sécurité et la
paix.
Au point de vue militaire, Vespasien se borna à
consolider les frontières de l'Empire. Son fils Titus liquida
la révolte juive en s'emparant de Jérusalem. Le Temple
fut incendié et les Romains firent main basse sur une partie
du Trésor sacré qui fut transféré à
Rome. En Occident, une des rares révoltes gauloises, celle
de Civilis fut écrasée dès le début
du règne de Vespasien (70) et le général Agricola,
beau-père de l'historien Tacite consolida la conquête
de la Bretagne.
Avant de mourir, Vespasien désigna son fils
Titus pour lui succéder. C'était la première
fois dans l'histoire (encore brève à ce moment) de
l'Empire romain qu'une succession de type dynastique pouvait avoir
lieu.
Quel fut le rôle des Chrétiens dans la
révolte juive ? D'après la plupart des historiens,
ils se seraient retirés à Pella (Jordanie actuelle)
pour échapper au conflit.
Admettons-le.
Mais faut-il induire de ce comportement, qui frise d'ailleurs la
lâcheté, voire la trahison, qu'ils ne prirent aucune
part à la révolte ? Je suis on ne peut plus sceptique
à ce sujet
Pourquoi donc le Christianisme qui à ce moment n'était
guère distinct du judaïsme, aurait-il été
la seule secte juive à ne pas prendre position dans le conflit
? Les Saducéens s'accommodaient de la présence romaine,
les Pharisiens la critiquaient, les Esséniens s'y opposaient,
les Zélotes la combattaient et les Chrétiens
n'en pensaient pas moins (?).
D'autre part, Menahem, l'initiateur de la révolte, se présentait
comme un descendant de David. Comme Jésus !...
Si ces allégations généalogiques recèlent
une part de vérité, force est donc de penser qu'un
lien de parenté existait entre ce Menahem et le Christ. On
notera d'ailleurs que Jésus a dit un jour : "Je vous enverrai
un autre Paraclet" (Jean 14 : 16). Or ce "Paraclet",
qui peut être traduit en français par "consolateur,
assistant, avocat", donne "Menahem" en hébreu ! Il
y a là de quoi se poser quelques questions
D'autant
plus que les Actes des Apôtres (13 : 1) nous apprennent que
ce Menahem fut élevé avec Saül, notre saint Paul
! Coïncidences ?
Quant à moi, je pense que les Chrétiens,
au début de la révolte juive, soutinrent Menahem.
Mais celui-ci, qui se comportait comme un véritable tyran
("Il vous gouvernera d'une verge de fer" avait prédit
Jésus), fut assassiné et une autre faction juive prit
le pouvoir à Jérusalem. C'est à ce moment seulement
que certains Chrétiens se réfugièrent en Jordanie
tandis que d'autres rejoignaient Eléazar (Lazare), frère
de Menahem, et ses Zélotes qui s'étaient retranchés
dans l'imprenable forteresse de Massada.
Après l'échec de la révolte juive,
les Chrétiens de Jordanie, se rattacheront (ou fonderont)
la secte des Elkasaïtes, très proche du judaïsme
et qui niera farouchement la divinité du Christ. Ce qui est
bien normal : d'après Eusèbe de Césarée
(Hist Ecclés. 3 : 2), ils s'étaient regroupés
là-bas "autour des parents du Christ" ! Comment concevoir
un dieu vierge, né d'une vierge alors qu'ils avaient sous
le nez, quotidiennement, mangeant, buvant et copulant comme tout
un chacun, une partie de Sa Famille !
Dernière chose : il y a un certain temps, un
historien, allemand s'il m'en souvient bien, a affirmé que
Jésus serait mort au cours du siège de Massada. Quant
à moi, allez savoir pourquoi, je préfère l'imaginer
finir ses jours calmement dans le sud de la France, dégustant
allègrement, jusqu'à son dernier soupir, les bons
vins des Corbières
À vrai dire, les traditions
qui font état de l'exil de la Sainte Famille dans cette région
sont nettement plus nombreuses que celles qui parlent de son retour
en Terre Sainte ! |