54-68
Néron
Quelques livres |
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| QUELQUES
LIVRES SUR NÉRON |
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Attention : ceci n'est
pas une "bibliographie" exhaustive, loin de là
! Il s'agit simplement de quelques "beaux" livres, histoire
et romans, que j'aime bien, que je fréquente souvent,
et qui permettront sans doute au lecteur intéressé
- mais non spécialiste - d'approfondir sa connaissance
de Néron, de sa vie et de son temps.
- Claude AZIZA - Néron, le mal aimé de l'Histoire
: Clic !
- Eugen CIZEK - Néron, l'Empereur maudit : Clic
!
- Carlo-Maria FRANZERO - Néron, sa vie et son temps
: Clic !
- Lion FEUCHTWANGER - Le Faux Néron : Clic
!
- Pierre GRIMAL - le Procès Néron : Clic
!
- Hubert MONTEILHET - Néropolis : Clic
!
- PÉTRONE - Satiricon : Clic
!
- Jean-Charles PICHON - Saint Néron : Clic
!
- Jean RACINE - Britannicus : Clic
!
- Cristina RODRIGUEZ - Moi, Sporus, prêtre et putain
: Clic !
- Henryk SIENKIEWICZ - Quo Vadis ? : Clic
!
- SUÉTONE - Vies des Douze Césars : Clic
!
- TACITE - Annales : Clic !
- Mika WALTARI - Le Secret du Royaume (Minutus) : Clic
!
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| 1. Les sources indispensables
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TACITE : Annales.
"Tacite n'est pas un historien, un savant, qui ferait
la somme objective et froide de la vie politique de Rome au
Ier, siècle, mais un homme vivant, d'une grande intelligence
limitée par des préjugés d'époque
et de classe, d'un jugement sûr mais orienté
par des passions qu'il avoue, d'une grande noblesse d'âme
mais tempérée par beaucoup de prudence. C'est
un artiste. Il voit loin et profond, il remarque, en tout,
la ligne de force, la couleur dominante. Il sait ramasser
une impression, situer un fait, ouvrir par un seul mot de
vastes perspectives. Le premier, parmi les écrivains
occidentaux, il a compris que l'histoire des hommes n'est
pas un état de choses vers lequel on s'efforce, et
puis qui se prolonge, mais une durée sans fin, un changement,
une évolution. Il y a malentendu lorsqu'on veut voir
en lui le premier grand peintre de la grandeur et de la décadence
de Rome. Il est le témoin d'un moment particulier,
et c'est bien pourquoi il devient le contemporain de chacun
de ses lecteurs." (Léon Thoorens, Panorama des
Littératures, 2, Marabout; 1966).
Les Annales traitent la vie de Néron, depuis son adoption
par Claude (livre XI) jusqu'à l'année 66 (livre
XVI incomplet).
Tacite et Néron sur le Web : Clic
!
Les Annales de Tacite sont disponibles (entre autres)
:
- Tacite, Annales, traduction, d'après Burnouf,
par Henri Bornecque, Éditions Garnier-Flammarion,
Classiques N° 21.
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SUÉTONE : Les Douze Césars.
"Lire Suétone, c'est enquêter de nuit dans
le palais, en rasant les murs, écoutant aux portes
et fouillant dans les corbeilles à papier. (
).
Suétone a une âme de détective privé.
Il note tout, les anecdotes, les on-dit, les potins : tout
ce qui, de tous les temps, passionne les lecteurs de la presse
à sensation. (
) Car ses portraits n'en
sont pas. Pour chaque César, il avait rédigé
des fiches où il groupait les faits et anecdotes glanés
dans les archives ou dans les conversations d'antichambres
sous des rubriques, toujours les mêmes . la table, le
lit, les amis, les cruautés, les vices, etc. (
).
Suétone n'a pas d'imagination précisément,
ni de style, ni de vision. Il rapporte ce qu'il entendait
raconter, et ce qu'il entendait raconter était, pour
une large part, la vérité, les Césars
ayant eu plus d'imagination, dans leur vie, que leurs contempteurs,
plus tard, dans leurs récits." (Léon Thoorens,
Panorama des Littératures, 2, Marabout; 1966)
Sur le Web :
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Claude AZIZA : Néron - Le
mal aimé de l'Histoire.
(4e de couverture)
Empereur "fou " ,criminel`et pervers, incendiaire
de Rome, persécuteur des chrétiens… Au-delà
du mythe, qui fut réellement Néron ? Grâce
aux historiens latins Suétone et Tacite, l'Histoire
peut s'écrire, avec ses zones d'ombre et ses incertitudes…Devenu
empereur en 54 après J.-C., grâce à l'ambition
démesuré de sa mère, Agrippine, et aux
conseils avisés de son précepteur, le philosophe
Sénèque, Néron découvre vite le
goût du pouvoir. S'il offre au peuple Romain jeux et
festivités, respecte en apparence l'autorité
du sénat, le jeune prince mène de fait une politique
autoritaire et n'hésite pas a éliminer ses rivaux,
y compris sa propre mère. Mais, en 64, Rome est ravagée
par le feu. Tout bascule… Néron est soupçonné
d'être l'incendiaire; les chrétiens sont désignés
comme boucs émissaires. La révolte gronde: des
sénateurs conspirent Contre l'empereur, bientôt
les légions se joignent à eux… En 68,
Néron est contraint au suicide.
Dans un récit enlevé, Claude Aziza remet en
perspective la folie meurtrière de Néron et
brosse le portrait inattendu d'un empereur-artiste, mal aimé
de l'Histoire.
- Claude AZIZA, Néron, le mal aimé de
l'Histoire, Découvertes Gallimard, 2006.
Claude AZIZA
Maître de conférences honoraire de langue et
littérature latines à l'université La
Sorbonne Nouvelle-Paris III, Claude Aziza collabore régulièrement
aux revues L'Histoire et Le Monde de la Bible.
Directeur de collection chez Pocket et aux Belles Lettres,
il a coécrit un Dictionnaire des personnages
(Garnier, 1980. Dans le domaine de l'Antiquité, il
a édité, chez Omnibus, dans la série
Villes antiques, Pompéi (1992), Carthage
(1993), Jérusalem (1994) ; aux Belles Lettres,
Isaac Laquedem (2005) et Mémoires d'Horace
(2006), tous deux d'Alexandre Dumas ; aux éditions
de Passy, Voyage à Pompéi, d'Alexandre
Dumas. Outre ses nombreux articles sur les films traitant
de l'Antiquité il a dirigé Le
péplum : L'antiquité au cinéma
(avec la collaboration de Michel
Éloy, Hervé Dumont, Laurent Aknin, Lucas
Balbo et alii), CinémAction, n°
89, 4e trim. 1998 (Corlet-Télérama). |
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Eugen CIZEK : Néron - L'empereur
maudit.
"Il serait certes absurde de soutenir que Néron
fut un empereur compétent et un homme équilibre.
Il n'en faut pas moins rétablir la vérité
et déblayer un terrain encombré par nombre de
légendes et traditions douteuses. Nous tâcherons
donc d'expliquer les " méfaits " de Néron en
explorant aussi bien les méandres de son psychisme
que le contexte historique qui l'a conditionné. Néron,
s'il a tué sa mère, sa femme, son précepteur,
n'est pas pour autant coupable de tous les crimes qu'on lui
a prêtés. De même, certains témoignages
antiques ont présenté de manière caricaturale
ses débauches et ses excès d'histrion. Last
but not least, nous nous efforcerons d'analyser au plus près
les programmes politiques de l'empereur comme ceux des autres
grandes forces en présence à l'époque.
En effet, Néron n'a pas toujours agi selon ses seuls
caprices. Il fut un stratège et un tacticien, qui sut
s'entourer d'amis et de conseillers utiles. Son déséquilibre
psychique, de ce point de vue, n'est pas à séparer
du modèle de gouvernement qu'il s'efforça d'imposer,
ni sa " folie " de ses choix politiques. (
) Entendons-nous
bien : si nous reconnaissons à Néron une doctrine
et une stratégie, nous ne le disculpons pas, pas plus
que nous ne justifions ses crimes ou la faillite de sa politique.
(Eugen Cizek, Néron, chap. Ier)
Professeur de langues et littératures classiques à
l'Université de Bucarest, Eugen Cizek enseigne
également à l'Université de Lyon. Il
a notamment publié L'Époque de Trajan,
Mentalité et institutions politiques romaines
et L'Empereur Aurélien et son temps.
- Néron d'Eugen CIZEK est paru chez Arthème
Fayard, 1982
- Réédition : Eugen CIZEK, Néron
- l'Empereur maudit. Marabout Université N° 486.
1988.
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Carlo-Maria FRANZERO :
Néron, sa vie et son temps.
"Toute ma vie, semble-t-il, j'ai porté au fond
de mon esprit un portrait de l'être étrange que
fut Néron. Chaque fois que je suis retourné
à Rome, je suis remonté sur la colline, chaque
fois mes rêves ont pareillement pris leur essor.
Du sommet du Palatin j'apercevais la Rome néronienne
étalée sous mes yeux. Là-bas, du côté
de Saint-Pierre, je voyais le cirque personnel de Néron,
celui où il fit montre de ses talents de conducteur
de char et de chanteur. Au-delà des ruines du Forum
et du délicieux temple de Vesta, mes regards exercés
distinguaient les souches marquant l'emplacement de la Maison
d'Or qu'il fit construire dans sa folie. Je n'avais aucune
peine à imaginer, auprès du Circus Maximus,
sa statue géante (
). Je voyais revivre
l'immense cité, telle que Néron la fit reconstruire
après le grand incendie. (
) Il me suffisait
d'étendre les mains pour toucher des fantômes
: Agrippine, meurtrière et assassinée, Sénèque
l'hypocrite, Tigellin, vil et pervers, et Néron, l'empereur-enfant,
qui aimait tant à écrire des poèmes et
à chanter en s'accompagnant sur la lyre.
Quel homme était-il, en réalité ? me
demandais-je et la question n'a jamais cessé de me
hanter. (
) Ses cendres étaient à
peine froides que ce sycophante de Suétone entreprenait
de le noircir aux yeux de la postérité afin
de donner plus de lustre aux Antonins, ses patrons. Les auteurs
chrétiens des premiers siècles en ont brossé
un portrait absurde, en en faisant le féroce assassin
des martyrs'. Fut-il seulement le meurtrier de sa mère,
de son frère, de sa femme et de ses amis ? Assurément.
Mais il fut également un grand potentat, connaissant
à la perfection l'art de se rendre populaire. Il fut
un précurseur des princes de la Renaissance, un mélange
étrange de cruauté, de grandeur et de dilettantisme.
L'Histoire est encombrée de héros vertueux et
assommants ! Néron fut un jeune empereur insensé,
le dernier des Césars, le miroir et l'image d'une Rome
à qui le monde obéissait et que blasait déjà
l'exercice de son immense pouvoir. Et le peuple romain l'adorait."
(Carlo-Maria Franzero, Néron, sa vie et son temps,
Préface)
- C.M. FRANZERO, The Life and Times of Nero, Alvin
Redman Ltd, Publishers, London
- Carlo-Maria FRANZERO, Néron, sa vie et son temps
- Traduction de R. Jouan, Payot, Paris, 1955
- Réédité notamment en 1980, dans la
Petite Bibliothèque Payot.
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Pierre GRIMAL : Le Procès
Néron.
"Aucun empereur romain n'a été aussi sévèrement
condamné par l'Histoire que le fils d'Agrippine, arrivé
au pouvoir par la volonté de sa mère à
l'âge de dix-sept ans, mort à trente et un ans.
Cette condamnation, que faut-il en penser ?
À travers une série de documents hétérogènes,
qui reposent tous sur des témoignages authentiques
(lettres, actes publics, fragments de journal intime, etc.)
on découvre la suite des événements (remis
à leur date par les commentaires d'un complice, le
découvreur du " dossier ") et les mobiles vraisemblables,
ainsi que les réactions des différents personnages,
acteurs ou témoins. Il devient alors possible de discerner
la complexité du réel que le récit historique,
dit " objectif ", masque sous une apparente simplicité.
Qui est Néron ? Un monstre de perversité ? Un
enfant aimant et sensible à la beauté du monde
? Un enfant meurtri, privé d'amour ? Un adolescent
soumis à toutes les tentations de son imagination ?
Un provocateur défiant la morale et les lois, et en
position de le faire ? Un criminel pur et simple ? Son talent
pour la musique a-t-il joué un rôle dans le destin
du monde ? Et ce monde, l'a-t-il changé ?
Chacun des textes recueillis dans ce dossier, et dont aucun
n'est entièrement imaginé, reflète une
facette de la réalité. C'est au lecteur lui-même,
et à lui seul, qu'il revient de se faire historien,
de découvrir le vraisemblable, au-delà de la
légende, d'imaginer des angles de vision possibles
et de composer un personnage et un paysage qui ne seront qu'à
lui. Peut-être se plaira-t-il à retrouver, à
travers ces témoignages, quelques-uns des problèmes
de notre temps, par exemple ceux que pose la répartition
des richesses ou le rôle assignable à la pensée
et à la sensibilité des hommes, à côté
des mécanismes et des fatalités dont nous nous
plaisons à feindre qu'ils enchaînent la liberté
humaine." (Le Procès Néron, Éd.
de Fallois - texte de couverture)
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Jean-Charles PICHON : Saint Néron.
"L'ouvrage de Jean-Charles Pichon marque un refus : celui
de s'en tenir aux conventions d'une histoire figée,
alors même que des éléments nouveaux d'une
part, une lecture des évènements et des textes
qui tient compte de leur dimension mythologique et ésotérique
d'autre part, apportent un éclairage différent
à ce premier siècle.
Certes, ne serait-ce que parce qu'il dénonce l'imposture,
l'essai de Jean-Charles Pichon mérite que l'on s'y
arrête.
Mais sa portée véritable, ce qui lui confère
un statut qui dépasse de loin la majorité des
livres consacrés à l'époque, tient en
l'affirmation que le règne de Néron est en soi
un tournant : celui de la création des mythes du christianisme
par un être dont il ne s'agit pas de juger des vertus
et des vices, mais de constater que, peut-être, sans
lui, cette religion n'aurait pas existé - ou connu
une telle diffusion - en dépit du rôle prépondérant
de Paul en tarit que premier propagateur de la foi nouvelle.
Le 10 mai 1962, le quotidien belge Le Soir publiait ces lignes,
signées d'un certain Albert Kies : « Faut-il ajouter
que j'ai lu sans ennui le Saint Néron de M. Pichon
?Au fur et à mesure que j'avançais dans ma lecture,
les livres s'entassaient devant moi : Tacite, Suétone,
le Nouveau Testament, un dictionnaire latin. [,Un livre
qui invite à tant de lectures, peut-on vraiment nier
qu'il soit passionnant ? » (Jean-Paul Debenat, Postface
du Saint Néron de Jean-Charles Pichon, e-dite
histoire, 2000)
- Jean-Charles PICHON, Saint Néron, e-dite.
(Voir aussi ici : Clic
!)
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PÉTRONE : Satiricon.
"Il faut renoncer à résumer le Satiricon.
Les deux cent cinquante pages qui en subsistent racontent
les vagabondages de deux jeunes voyous, Encolpe et Ascylte,
flanqués de leur petit ami Giton - dont le nom devint
commun pour désigner son emploi. Ils assistent à
une lecture publique, s'esquivent, s'égarent, font
de mauvaises rencontres, se disputent les faveurs de Giton,
se battent, se réconcilient, volent, se font voler,
trompent, se laissent tromper, se mêlent aux plaisirs
divers et corsés d'une compagnie de riches oisifs,
s'enfuient en emportant tout ce qu'ils peuvent emporter, s'embarquent,
débarquent, échappent aux prêtresses d'un
dieu qu'ils ont insulté, disputent avec des poètes,
assistent à un grand banquet : tout cela dans une atmosphère
de ribauderie générale, naturelle et forcenée.
(
). Le monde du Satiricon est un gigantesque
lupanar, identique à lui-même dans les diverses
villes où l'on a cru pouvoir situer les « actions
» : Naples, Pompéi ou Crotone. Des philosophes
stoïciens proclament la pure doctrine, mais agissent
en débauchés ; des poètes déclament
avec émotion de « beaux » vers,
mais roulent aussitôt après dans la basse luxure
; les passants sont prêts à toutes les complicités
; les hôtes riches sont d'anciens esclaves enrichis
dans on ne sait quels horribles commerces, leurs palais des
constructions colossales et délirantes de mauvais goût,
les invités des forbans. Sans scrupules, sans pitié,
sans cur, nul ici n'hésite jamais, ni devant
rien, et nul ne doute jamais non plus que l'inconnu qui survient
ne soit également corrompu, également abject.
Y a-t-il place, d'ailleurs, dans ce monde, pour les notions
de corruption, d'abjection ? La vie roule, forcenée,
haletante, impitoyable, et les choses y sont ce qu'elles sont
: monstrueuses. (
). Témoignage terrible
et accablant sur son époque, le Satiricon est l'uvre
le plus étrange, la plus étonnante, de toute
l'Antiquité. (Léon Thoorens, Panorama
des Littératures, vol 2, Marabout, 1966.
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Pour une traduction française du Satiricon,
voyez l'excellent site remacle
.org : Clic
!
Pour le texte latin complet : Clic
!
Traduction anglaise : Clic
!
Éditions disponibles (entre autres)
- PÉTRONE, Satyricon, Flammarion GF N° 357,
Paris, 1981
- PÉTRONE, Le Satiricon, Livre de Poche N°
589, Paris, 1995
- PÉTRONE, Satiricon, Belles lettres, Paris, 2001
Collection : Classiques en poche
- PÉTRONE Le Satyricon, Ellipses-Marketing, 1999
Collection : Les textes fondateurs
- PÉTRONE, Satiricon, Arléa, Paris, 1991
Collection : Retour aux grands textes
- PÉTRONE : Encolpe et Giton, Quintes-Feuilles,
Paris : Clic
!
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Jean RACINE : Britannicus
“Britannicus a donné son nom à la
pièce sans qu'il ait un rôle de premier plan.
Le conflit véritable se situe entre Néron et
Agrippine. Ce drame violent, inhumain, se place dans une atmosphère
de révolution de palais. C'est une tragédie
politique dans la mesure où elle peint le combat d'Agrippine
et de son fils pour une toute-puissance exclusive. Lutte sans
merci, où fous les coups sont permis ; c'est en quoi
drame privé et drame politique sont inséparables
ici. La mort de Britannicus est le premier signe de la disgrâce
d'Agrippine : l'unité est donc parfaite.
L'action est simple. Néron avait fait enlever Junie
avant que la pièce commence, et, dès le début
de la tragédie, le paroxysme est atteint : Agrippine,
furieuse du nouvel affront qu'elle vient de subir, veut (…)
reprendre sur Néron l'autorité qu'elle a perdue.
Mais cette entrevue, que l'empereur a esquivée le plus
longtemps qu'il a pu, se trouve différée jusqu'à
l'acte IV. Entre-temps, les instincts de Néron se sont
révélés : en épiant Junie, il
est tombé amoureux d'elle (mais n'était-ce pas
déjà le motif inconscient de l'enlèvement)
; il a, par cruauté jalouse, espionné l'entretien
de Junie et de Britannicus, après l'avoir lui-même
suscité ; sa fureur, lorsqu'il les a surpris à
nouveau réunis, mais cette fois contre sa volonté,
a provoqué l'arrestation de Britannicus, première
étape vers l'assassinat du jeune prince. Ainsi Néron,
que l'on ne connaissait au premier acte que par les commentaires
contradictoires d'Agrippine, de Burrhus, d'Albine, de Britannicus,
a glissé vers le crime; mais tout semble l'y avoir
poussé : par ambition déçue, Agrippine,
découvrant sa politique de bascule, a utilisé
Britannicus pour faire pièce à Néron
; Burrhus, pour contrecarrer l'ambition d'Agrippine, a justifié
l'empereur et s'en est fait ainsi le complice involontaire.
Britannicus lui-même, par témérité,
s'est laissé entraîner à conspirer contre
Néron en songeant beaucoup plus à reconquérir
Junie qu'à s'emparer du pouvoir. Aussi, lorsque Agrippine,
qui a laissé passer une occasion de morigéner
Néron, tente enfin de lui dicter sa volonté,
il est trop tard : la jalousie amoureuse, la peur de retomber
sous la tutelle de sa mère ne font que pousser Néron
au meurtre de Britannicus ; le crime lui apparaît alors
comme une nécessité, s'il veut régner
seul et rester maître du sort de Junie.
Ainsi l'on s'avance progressivement vers un dénouement
qui paraît de plus en plus inéluctable. On peut
avoir l'illusion que l'issue fatale sera différée
(…). Mais les dernières hésitations sont
balayées par la vague furieuse des passions qui précipitent
un dénouement dont la logique s'impose à l'esprit
: c'est en quoi il apparaît comme vraisemblable. Le
tragique vient de l'acheminement des personnages vers un destin
qui les dépasse et dont ils ne sont que le jouet. L'action,
c'est le récit des premiers pas de Néron dans
la voie du crime : la jalousie amoureuse et la crainte de
la menace que constitue Agrippine convergent bien. (…)
Britannicus, otage innocent, est le premier obstacle rencontré
par le jeune empereur sa mort ouvre la voie du parricide.”
(Jean-Pol CAPUT, présentation du Britannicus
de RACINE, pour les Nouveaux Classiques Larousse, 1971) |
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SUR RACINE ET SON BRITANNICUS :
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Henryk SIENKIEWICZ : Quo Vadis ?
Roman des temps néroniens.
"Le Néron de Quo Vadis est un monstre, mais Sienkiewicz
lui a donné une séduction qu'il n'a ni dans
Tacite ni dans Suétone ; le diable d'aventure tient
la main de Sienkiewicz écrivant. À mainte reprise,
quand Néron chante, les auditeurs écoutent «
en un muet ravissement ». Quand il parle sur l'art
avec Pétrone, toute la conversation est captivante
et fécondante. Comme le scélérat se révèle
humble devant la beauté ! Ne va-t-il pas jusqu'à
dire que l'art le fait se sentir « aussi bon que l'enfant
au berceau » ? Ailleurs éclate la folie perverse.
Enfin il se tue, - à grand-peine. Après sa mort,
seuls lui resteront fidèles deux de ses esclaves. Une
femme qui brûlera son corps sur un bûcher d'aromates.
Un très jeune homme que l'historien Weigall nous montre
« pleurant assis sur un lit ». Que faut-il pour
faire répandre des larmes sur les égoïstes
et sur les monstres ?" (H. de Montherlant, Préface
de Quo Vadis ?)
Éditions disponibles (entre autres)
- Henryk SIENKIEWICZ, Quo Vadis ?, 2 volumes , Buchet
Chastel, Paris, 1998
- Henryk SIENKIEWICZ, Quo Vadis ? - Roman des temps néroniens,
LGF, Paris, 2001 - Coll. : Le Livre de poche N° : 16077
- Henryk SIENKIEWICZ , Quo Vadis ?, Hachette-Jeunesse,
Paris, 1996 - Coll. : Le livre de poche jeunesse N°
: 1119
- 4literature.net : Henryk Sienkiewicz : Quo
Vadis (traduction anglaise)
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Mika WALTARI : Le Secret du Royaume
- Minutus.
"Minutus Lausus Manilianus est le fils de Marcus, héros
du premier volet du Secret du Royaume.
Minutus naît à Antioche, mais très jeune
vient à Rouie où il se lie avec Lucius Domitius,
amoureux des arts, qui ne tardera pas à s'illustrer
sous le nom de Néron.
Cette rencontre va dominer toute son existence. Successivement
tribun en Bretagne et père de l'enfant d'une princesse
icène, otage en Arménie de brigands sanguinaires,
espion à la solde de Sénèque, éternel
médiateur entre les Juifs et Rome, il devient l'un
des hommes les plus riches de son temps, intendant général
des ménageries impériales, fournisseur de tous
les spectacles du cirque. Il en arrive même à
caresser l'espoir que son fils accède au trône
impérial. C'était compter sans la secte de Nazaréens,
que Minutus verra se dresser sans cesse sur son chemin : son
épouse, la belle Claudia, est elle-même chrétienne.
Minutus mourra d'ailleurs dans la fosse aux lions avec sa
femme et son fils, après s'être converti en ricanant.
Et à l'instant de sa mort se produira un miracle. Mais
les hommes sont plus cruels que les dieux quand le pouvoir
d'un empereur est en jeu." (Le Secret du Royaume -
Minutus, Éd. Olivier Orban - texte de couverture)
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Lion FEUCHTWANGER : Le FAUX NÉRON.
"Onze ans ont passé depuis la mort de Néron.
Céion, fonctionnaire zélé mais sans imagination
qui vient d'être nommé gouverneur de, la province
de Syrie, est horrifié par la vie turbulente et anarchique
de l'Orient. À peine arrivé, il se heurte à
Varron, ex-sénateur animé d'une ambition d'autant
plus dévorante qu'il a été banni de Rome
par les successeurs de Néron. Varron répond
à ce qu'il considère comme une provocation par
une opération politique, diplomatique et finalement
militaire de grande envergure : profitant du ressentiment
des royaumes d'Orient qui souffrent du joug de Rome, il exploite
les talents de comédien et surtout l'étonnante
ressemblance de son ancien esclave, le potier Térence,
avec l'empereur défunt, pour faire croire à
un " retour " de Néron, et propulse le potier sur le
devant de la scène politique, où il sera bientÔt
entouré de personnages douteux, coquins et malandrins
qui cherchent à profiter de cette aventure.
L'ascension fulgurante puis la chute de Néron-Térence
mettent au jour les rouages du combat politique dominé
par l'ambition personnelle et la lutte pour le pouvoir. Publié
en 1936 à Amsterdam, interdit par les Nazis, le Faux
Néron plonge dans le monde de l'Antiquité et
dans l'univers exotique de l'Orient pour mieux dénoncer
les dérives politiques de son temps". (Le Faux
Néron, Fayard - texte de couverture)
Critique (le théâtre, fondateur, en 1908, du
magazine culturel Der Spiegel, metteur en scène, dramaturge,
auteur de romans (la plupart historiques) qui connurent dans
les années 20 et 30 un extraordinaire succès,
Lion FEUCHTWANGER (Munich, 1884 - Los Angeles, 1958), d'origine
juive, l'ut contraint de fuir l'Allemagne nazie en 1933. Réfugié
en France, à Sanary-sur-Mer, il lut interné
en 1940 au camp des Milles, mais réussit à s'évader
et gagna les États-Unis, où il vécut
jusqu'à sa mort.
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Hubert MONTEILHET : Néropolis.
"
À l'occasion d'un Salon du Livre au Grand
Palais, je suis tombé en arrêt sur un ouvrage~
fascinant : une thèse du regretté Georges Ville,
publiée par l'École de Rome : La gladiature
romaine, des origines au milieu du IIe siècle de notre
ère. Lisant cet admirable travail, je me répétais
: si Sienkiewicz avait pu assimiler une pareille science,
que n'aurait-il pas fait ? J'avais effectivement été
quelque peu déçu par mes récentes relectures
de Quo Vadis ?. Si la qualité
romanesque restait intacte à mes yeux, l'histoire,
la vraie, n'était plus au rendez-vous. Il me semblait
que l'auteur avait agité des héros de convention
devant un décor romain plein de trous. Et me gênait
aussi un parti pris hagiographique, qui s'expliquait sans
doute par le désir d'opposer une Pologne catholique
à une Russie schismatique - déjà puissance
occupante !
Doutant cependant de pouvoir refaire Quo Vadis ?, j'ai
caressé d'abord l'idée d'un roman tout nourri
de gladiature, mais pour m'apercevoir bientôt qu'une
telle tentative n'aurait été intelligible que
si un nombre de pages considérable avaient été
consacrées à faire revivre tout un indispensable
contexte. Et puisque contexte il fallait par la force des
choses, pourquoi pas un roman plus ambitieux, capable de ressusciter
les moindres aspects de la Rome antique ? Et au fond, pourquoi
pas un nouveau Quo Vadis ?, en harmonie avec les derniers
progrès des connaissances historiques ? Comme l'avait
bien vu Sienkiewicz, les temps néroniens n'étaient-ils
point passionnants ? Quel thème que ce heurt entre
une civilisation de l'homme et de ses plaisirs et la Cité
de Dieu, annoncée par des apôtres encore en vie
mais près du supplice ! (
)
On m'a souvent demandé si j'avais voulu réhabiliter
Néron. Mais réhabiliter ou discréditer
un personnage historique n'est pas faire uvre d'historien,
puisque l'attitude présuppose une intention a priori.
Je me suis borné à présenter le Néron
que les plus récents travaux - ceux de l'historien
roumain Cizek, en particulier
- nous révèlent ou nous suggèrent. Néron
ne nous est guère connu que par les diffamations plus
ou moins calomnieuses de ses ennemis aristocrates ou chrétiens.
Il était légitime de discerner entre les lignes
comme au travers de certains faits un Néron plus humain
et plus normal.
De même en ce qui concerne les premiers chrétiens,
le me suis efforcé de dépasser une hagiographie
saint-sulpicienne pour atteindre une réalité
qui me semble à tout prendre plus édifiante
encore. L'humilité, les imperfections de l'instrument,
ne font-ils pas ressortir, pour le croyant, toute l'étendue
miraculeuse de la grâce divine ?" (Hubert Monteilhet)
- Néropolis d'Hubert MONTEILHET est paru aux
Éditions Juliard (1984)
Aussi disponible :
- Hubert MONTEILHET, Néropolis, Pocket N°
3545, Paris, 1997
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Cristina RODRIGUEZ : Moi, Sporus,
prêtre et putain.
"Certains destins pourraient surprendre les dieux eux-mêmes.
Qui aurait parié un sesterce sur l'avenir de Sporus,
enfant prostitué et exploité par sa marâtre
dans un bouge infâme de Subure ? Et pourtant
De tribulation en tribulation, il devient prêtre de
Cybèle, une déesse orientale dont le culte inspire
des sentiments partagés à Rome. Tout à
la fois sacré et eunuque, respecté mais inculte,
indiscipliné et rebelle, gouailleur et surtout irrésistiblement
charmeur, ses imprudences lui valent bien des déboires.
Mais Néron lui-même ne reste pas insensible à
ce curieux garçon, et fait de lui son favori, et même
son épouse, avant de sombrer dans la folie et la mort.
Entre banquets, intrigues, fêtes et voyages, le jeune
prêtre apprendra à ses dépens que la cour
de Rome peut être aussi dangereuse que les forêts
de Germanie
Conté avec la voix de Sporus, dont la verve et l'insolence
désarçonnent amis et ennemis, rythmé
par une suite d'épisodes picaresques, ce récit
n'en est pas moins rigoureux : chaque détail est fidèle
à la réalité historique, et, en contrepoint,
c'est la fin d'un règne, celui de Néron, la
fin d'une dynastie, celle des Julio-Claudiens, que Cristina
Rodriguez raconte avec émotion". (Moi, Sporus,
Calmann-Lévy - texte de couverture)
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