37-41
Caligula
(Suite et fin) |
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L'ASSASSINAT DE CALIGULA.
Si Caligula avait réellement été le dément
hystérique et pervers que ce bon Suétone dépeint
à longueur de pages, il serait sans doute parvenu à
imposer son régime de terreur pendant quelques mois, mais
cela n'aurait guère duré. Peut-être le peuple
se serait-il accommodé du comportement dépravé
de ce Princeps aussi libidineux qu'incestueux - quoiqu'en général
les gens réprouvent toujours davantage l'immoralité
de leurs dirigeants que leurs propres fredaines. Mais les soldats,
eux n'auraient pas fait preuve d'une telle patience ! Par nature
dépourvus de tout sens de l'humour, ils n'auraient pas supporté
bien longtemps les caprices d'un commandant en chef plus digne de
la camisole de force que de la pourpre impériale. Inéluctablement,
le règne de ce Caligula caricatural se serait terminé
par une révolte populaire ou un coup d'état militaire,
par une révolution dans le genre de celle qui, deux siècle
plus tard, sera fatale à l'insane Élagabal,
ou par un putsch militaire comparable à celui qui porta au
pouvoir le sauvage Maximin
le Thrace.
Or, la fin du règne de Caligula ne respecte pas ce scénario
logique ! Malgré sa prétendue "folie", le César
Caius resta toujours incroyablement populaire. Le peuple de Rome
l'idolâtrait et l'affection des soldats envers leur jeune
"Imperator, fils du grand Germanicus,
ne se démentit jamais. Au bout de quatre années de
règne, pas de moindre signe d'exaspération populaire
ni de grogne militaire !
Mais si le peuple et l'armée n'avaient pas à se plaindre
de Caligula, les Sénateurs, eux, commençaient à
en avoir ras la patate, du fils de Germanicus ! Leurs privilèges
aristocratiques, déjà sérieusement écornés
par Auguste puis par Tibère,
menaçaient d'être anéantis par ce jeune "Princeps"
qui ne faisait pas mystère de ses prétentions à
la royauté et qui voulait régner seul, sans aide ni
conseil ne personne. À son retour de Germanie (août
40), Caligula n'avait-il d'ailleurs pas fait proclamer urbi et
orbi qu'il ne revenait que pour le peuple et qu'il gouvernerait
désormais sans se soucier du Sénat (Voir Suétone,
Vie
de Caligula, XLIX).
Comme les patriciens, tremblant autant pour leur vie que pour leurs
prérogatives, n'osaient conspirer ouvertement contre l'empereur,
ils soudoyèrent quelques soldats mécontents, en particulier
Cassius Chærea, un officier de la garde prétorienne.
Aux dires de l'ineffable Suétone (Vie
de Caligula, LVI), Chærea haïssait Caligula parce
que ce soi-disant fou vicieux d'empereur lui reprochait sa mollesse
et ses murs efféminées
Un bel exemple
pré-évangélique de la parabole de la paille
et de la poutre !
Le 24 janvier 41 vers midi, l'empereur, revenant d'un spectacle,
se retrouva, comme à l'improviste, entouré de sicaires
armés jusqu'aux dents. Chærea et ses complices passaient
à l'action : "Les uns disent que, pendant que l'empereur
parlait à ces jeunes gens, Chærea l'avait grièvement
blessé à la nuque du tranchant de son glaive, en criant
: "À moi !", qu'aussitôt Cornelius Sabinus, le second
des tribuns conjurés, lui avait percé le cur.
D'autres prétendent que Sabinus, ayant fait écarter
la foule par des centurions qui étaient du complot, lui avait,
selon l'usage militaire, demandé le mot d'ordre, et que Caius
ayant répondu "Jupiter", Chærea s'était écrié
: "Le voici !" et, comme le prince se retournait, il lui avait brisé
la mâchoire. Renversé par terre et se repliant sur
lui-même, il criait qu'il vivait encore ; mais les autres
conjurés lui portèrent trente coups, selon le mot
de ralliement : "Redouble". Quelques-uns lui enfoncèrent
l'épée dans les parties honteuses" (Suétone,
Vie
de Caligula LVIII).
Cæsonia, la fidèle épouse de Caligula fut exécutée
peu après son cher époux. Leur petite fille Claudia,
elle, fut sauvagement écrasée contre un mur, comme
un vulgaire chaton superfétatoire !
Je ne voudrais qu'on me taxe d'antisémitisme primaire (ni
même secondaire ou tertiaire d'ailleurs !), mais force m'est
bien de signaler qu'il y a certaines bonnes raisons de subodorer
une participation juive dans le complot fatal à Caligula
quoiqu'on ne puisse pas déterminer exactement les modalités
de cette intervention.
Je ne reviendrai pas sur l'opposition des Juifs à l'érection
de la statue de l'empereur dans le Saint des Saints du Temple de
Jérusalem, ni sur l'attente d'un arbitrage impérial
quant aux problèmes municipaux des Juifs d'Alexandrie d'Égypte.
J'en ai déjà parlé (Voir Caligula
et les Juifs), et puis, ce ne sont là que des indices
d'un antagonisme grandissant entre l'empereur romain et la communauté
juive, non des preuves d'une participation à la conspiration.
Ce qui est plus gênant, ce sont les témoignages de
reconnaissance de l'empereur Claude,
successeur de son neveu Caius, à l'égard du peuple
juif. À peine monté sur le trône de feu son
neveu, le nouvel empereur accorda la titre royal à Hérode
Agrippa et restaura à son profit le royaume d'Hérode
le Grand, avec sa capitale à Jérusalem où,
naturellement, il ne fut plus question d'élever quelque statue
impériale que ce fût. En outre, dans l'épineux
problème du droit de cité à Alexandrie d'Égypte,
Claude donna plutôt satisfaction aux Juifs de la ville.
Is fecit cui prodest, comme on disait en ce temps-là
Or, bénéficiaires du meurtre, les Juifs le furent
bien ! Tout autant que le Sénat de Rome, de Claude et d'Agrippine
la Jeune que son frère Caligula avait exilée quelques
mois plus tôt après qu'elle eut participé à
une autre conspiration.
L'assassinat du jeune empereur semble donc avoir été
l'aboutissement d'un complot dont nous ne connaissons pas précisément
les rouages mais dont les complices furent certainement bien plus
nombreux que ce que les sources antiques laissent entendre. |
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CALIGULA ET PONCE PILATE
Si vous ouvrez les Annales de Tacite, vous constaterez que
manquent les livres qui couvrent le règne de Caligula et
les premières années de celui du Claude.
Le texte s'arrête avec la mort la mort du vieux Tibère
(livre VI - 37 ap. J.-C.) pour ne reprendre qu'avec le meurtre de
Messaline (livre XI - 47 ap. J.-C.)
Cette importante lacune n'est certainement pas le fruit de hasard
! Il est plus que probable que Tacite y énonçait quelques
"vérités" scandaleuses aux yeux des copistes chrétiens
du haut Moyen Age. Entre autres choses, l'historien latin y parlait
sans doute de Ponce Pilate et de sa condamnation par Caligula.
Il faut dire que cette histoire est bizarre.
Le seul texte qui nous a été conservé à
ce sujet est celui de l'historien juif Flavius Josèphe
Un récit tellement "abracadabrantesque" qu'on a tout lieu
d'y subodorer quelques "chipotages" éhontés de la
part des scribouillards chrétiens des premiers siècles.
Voici, en gros, ce que l'"on" fait dire à ce pauvre Josèphe
(Antiquités Judaïques, XVIII, 4) :
À l'instigation d'un homme "qui ne craignait pas de mentir
et qui usait de toutes sortes de manigances pour séduire
le peuple", une foule de Samaritains prennent les armes et se
réfugient sur leur montagne sacrée, le Mont Garizim.
Voyant cela, le sang de l'irascible Ponce Pilate ne fait qu'un tour
! Il rassemble ses troupes, fonce sur les émeutiers, en extermine
une partie et disperse le reste. Là-dessus, le conseil des
Juifs (ou des Samaritains, on ne sait trop), s'en va trouver Vitellius,
le gouverneur de Syrie, pour se plaindre de la brutalité
du préfet Pilate. Vitellius écoute attentivement cette
ambassade judéo-samaritaine puis, indigné, ordonne
à Pilate de se précipiter à Rome pour se justifier
devant l'empereur. Le préfet se hâte d'obéir,
mais quand il arrive à Rome, Tibère
est mort et son successeur Caligula l'envoie pourrir en exil en
Gaule, à Vienne près de Lyon.
Je n'épiloguerai sur le fait que, je ne sais pourquoi, cette
étrange manifestation armée sur le mont Garizim évoque
irrésistiblement chez moi un autre rassemblement qui, dit-on,
eut lieu à peu près à la même époque,
sur une autre montagne de Palestine. Je veux bien sûr parler
de ce que l'on appelle "l'Ascension du Christ"
Sans
doute une association d'idées par trop hasardeuse !
Non, ce qui paraît bizarre dans cette histoire c'est le motif
du rappel à Rome de Pilate. Vitellius
aurait donc renvoyé Pilate devant le tribunal impérial
uniquement parce qu'il aurait énergiquement réprimé
une insurrection armée. Allons donc ! n'était-ce pas
son devoir ? Vitellius, qui préparait à ce moment
une expédition militaire contre l'ennemi héréditaire
parthe, n'aurait-il pas dû plutôt féliciter Pilate
d'avoir si rapidement et si efficacement étouffé dans
l'uf ce qui pouvait devenir une dangereuse révolte
contre l'autorité romaine ?
Quant à l'indignation suscitée par la brutalité
de Pilate, laissez-moi rire ! Il en avait largement usé et
abusé au cours de ses dix ans de mandat en Palestine sans
que ses administrés juifs ne mouftent ni les autorités
impériales romaines ne bronchent.
Ainsi, personne à Jérusalem ou à Rome n'avait
élevé la voix lorsqu'il avait sauvagement réprimé
une manifestation de Juifs qui, pour Dieu sait quel motif religieux,
s'opposaient à la construction d'un aqueduc pour la Ville
Sainte. Des centaines de Juifs étaient restés sur
le carreau, bastonnés à mort, et nul n'avait osé
se plaindre des méthodes quelque peu "rugueuses" du Préfet
!
Je ne sais pas, mais moi, je crois que cette affaire du mont Garizim
(ou du mont Thabor, ou d'une autre montagne de Galilée),
c'est du pipeau ! Ou bien c'est une pure fiction, ou bien un événement
sorti du contexte, déplacé géographiquement
et/ou chronologiquement.
Je pense plutôt que Ponce Pilate a été rappelé
en Italie à la fin de l'année 36 ap. J.-C. pour expliquer
de vive voix au vieil empereur Tibère
les derniers rebondissements de l'affaire Jésus.
J'ai expliqué par ailleurs (voir ici : Clic
!) qu'il n'est pas impossible que, pour rétablir le calme
dans cette région "sensible " qu'était la Palestine,
Tibère ait envisagé de remplacer la dynastie hérodienne,
étrangère et haïe, par la famille de David, nationale
et populaire. Pour ce faire, il fallait, naturellement, garder en
vie le prétendant "davidien" au trône d'Israël,
en l'occurrence Jésus. Même s'il ne montait pas sur
le trône, le simple fait de disposer d'une alternative aux
turbulents princes hérodiens suffisait à maintenir
ceux-ci dans l'allégeance romaine !
"Toute la puissance et toute la gloire de ces royaumes m'a été
donnée, et je la donne à qui je veux" pouvait
se vanter Tibère à l'instar du Satan des Évangiles
(Luc, 4 : 6).
Or, sans cette optique, Pilate ne s'était pas trop mal débrouillé
en Judée ! Malgré l'agitation messianique des disciples
du prétendu "Christ", malgré les embrouilles des dynastes
hérodiens et malgré les manigances du haut clergé
juif, il était parvenu à maintenir l'ordre dans sa
province tout en gardant ce trublion de Jésus en vie
un peu abîmé certes, mais encore présentable
! Et tant pis si des exaltés le croyaient "ressuscité
des morts", personne de sensé ne goberait jamais pareille
faribole !
Pilate avait fait de son mieux dans des circonstances difficiles,
du moins le croyait-il ! Il pouvait donc rentrer en Italie sans
crainte. En outre, le Préfet de Judée était
très bien en cour : sa chère et tendre épouse
Claudia Procula n'était -elle pas une descendante (de la
main gauche s'entend) du divin Auguste
?
Mais quand Pilate arriva à Rome, la situation politique
avait radicalement changé : Tibère
venait de mourir et son successeur Caligula estimait que le particularisme
religieux juifs devait définitivement s'incliner devant la
toute-puissance de Rome personnalisée par l'empereur divinisé.
Pour lui, il était hors de question de réunifier la
Palestine sous le sceptre de ces "Messies" davidiens au nationalisme
ombrageux, nécessairement hostiles à Rome. Si un roi
d'Israël devait être intronisé, ce ne pouvait
être que son ami Hérode Agrippa, un homme cultivé,
théoriquement Juif mais sensible aux charmes de la civilisation
gréco-romaine. Contrairement à Jésus, cet Hérode,
qui comprenait aussi bien les avantages de la soumission à
Rome que les dangers d'une aventure nationaliste, ferait un parfait
vassal de l'Empire, c'est-à-dire un roitelet fantoche, une
marionnette aux mains de son vieux pote Caius César !
Il va de soi que suite à cette réorientation radicale
de la politique juive de l'Empire romain, les "Actes de Pilate"
en tant que préfet de Judée se transformaient en autant
d'énormes gaffes !
Pilate s'était, non sans mal, emparé de Jésus,
un prétendant au trône d'Israël d'autant plus
dangereux qu'il était considéré comme légitime
par une bonne partie de population locale, et, au lieu de l'exécuter
séance tenante, il l'avait laissé filer, ou pire,
avait favorisé sa fuite !
À cause de la maladresse insigne de Pilate, proche de la
haute trahison, Hérode Agrippa, l'ami de l'empereur, avait
un rival de plus sur les bras, un concurrent supplémentaire
soutenu, qui plus est, par une faction d'exaltés qui croyaient
dur comme fer que leur chef n'avait échappé à
la mort que grâce à une intervention divine !
C'est sans doute pour cette raison, et non pour une énigmatique
répression en Samarie, que Ponce Pilate fut exilé
à Vienne.
L'année suivante (38 ap. J.-C), Hérode Antipas, ex-tétrarque
de Galilée, rejoignit Pilate au bord du Rhône. On prétend
que son épouse Hérodiade (celle-là même
qui avait exigé la tête de saint Jean-Baptiste), jalouse
de la faveur de son frère Hérode Agrippa, l'avait
incité à se rendre à Rome pour demander à
l'empereur d'agrandir ses domaines et de lui conférer le
titre royal. Mal lui en avait pris ! L'empereur avait trouvé
que ce prince hérodien était décidément
par trop "insatiable". Il l'avait dépossédé
de sa tétrarchie de Galilée au profit de son ami Hérode
Agrippa et l'avait envoyé croupir en Gaule auprès
de Ponce Pilate.
On estime généralement que ce petit cercle d'exilés
(Ponce Pilate, Claudia Procula, Hérode Antipas et son épouse
Hérodiade), derniers témoins non-chrétiens
de "l'Affaire Jésus" disparut (suicide, exécution)
dans le courant de l'année 39, après une énigmatique
visite en Gaule du futur empereur Claude.
On dit aussi que si le mont Pilat, sur les contreforts de l'Ardèche,
porte ce nom, c'est parce que l'ancien Préfet de Judée,
bourrelé de remords, s'y donna la mort en se jetant dans
le Giers
Mais tout cela reste vraiment très hypothétique
! |
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Caligula sur la Toile
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| (Liens
vérifiés et complétés le 15 septembre
2007) |
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PILATE
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roman historique de Cristina Rodriguez pour clarifier
et corriger les idées reçues sur les
"années d'apprentissage" de Caligula : Clic
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Cristina Rodriguez : Clic
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disponible en DVD : Clic !
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CALIGULA
(1979)
Péplum atypique, film-culte, Caligula fut
surtout un champ de bataille entre les producteurs,
le scénariste et le réalisateur qui
chacun voulurent tirer la couverture à soi.
Il nous reste un film étrange, fascinant
dans ses outrances, l'étonnante illustration
d'un des ouvrages latin les plus connus du public,
La Vie des Douze Césars.
Mais l'Histoire y a-t-elle gagné ?
- I
CLAUDIUS (Moi, Claude, empereur) [Herbert Wise,
TV BBC 1976]
Depuis longtemps, elle était attendue
des afficionados ! La série-culte de la BBC
tirée du célèbre roman de Robert
Graves (1934) et mise en scène par Herbert
Wise, Moi, Claude, empereur vient de sortir
en VO + VF chez Antartic Vidéo, dans un superbe
coffret en bois, un collector qui, sur vos rayons,
prendra place avec honneur à côté
de Rome (HBO)
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En vrac, encore
d'autres pages internet :

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Caligula
joue de l'Hélicon
et réciproquement
!
Un excellent roman
historique :
Le César aux pieds nus
de Cristina RODRIGUEZ
(en collaboration avec Domenico CARRO)
Pour ceux qui s'intéressent à l'ascension
de Caligula
vers le "trône impérial" mais qui se perdent
un peu dans tous ces complots, dans toutes ces machinations,
dans toutes ces intrigues qui assombrirent les dernières
années du règne du vieux Tibère,
le dernier roman de Cristina RODRIGUEZ, le César
aux Pieds nus (Éd. Flammarion) apparaîtra
comme une oasis dans un désert assoiffé,
comme une éclaircie dans un ciel orageux ! |
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Comment le jeune Caligula
parvint-il à rester vivant alors que tous
les membres de sa famille, celle de l'illustre
Germanicus,
tombaient comme des mouches ? Pourquoi sa mère,
l'ambitieuse Agrippine
"l'Ancienne" fut-elle exilée sur un
rocher de la Méditerranée ? Pourquoi
fût-ce lui, ce turbulent et instable Caius,
simple cadet dédaigné d'une famille
très nombreuse, que le misanthrope Tibère
choisit comme héritier et successeur ?
Caligula brûla-t-il d'une passion incestueuse
pour sa sur Drusilla
? Montra-t-il dès son adolescence ces funestes
penchants que la tradition lui prête ? Et
pourquoi tant de rumeurs sinistres courent-elles
sur ce jeune prince réputé fou à
lier ?
À toutes ces questions, le roman de Cristina
RODRIGUEZ fournit autant de judicieuses réponses
mais sans perdre le fil d'un récit passionnant
de bout en bout, celui de la "domestication" réciproque
de Caligula, le "lémure", et d'Hélicon,
son nouvel esclave égyptien.
Car le César aux pieds nus, ce
n'est pas qu'une manière plaisante d'aborder
l'histoire avec un grand H, c'est aussi, et à
la fois, une histoire d'amours bigarrées
et d'amitiés troubles, troublées,
troublantes, et un véritable "thriller"
politique antique. Même si l'on sait pertinemment
qu'en définitive, Caligula
succédera à Tibère
et que l'histoire finira donc bien (du moins provisoirement),
l'inévitable happy end n'empêche
pas que l'on ne cesse de trembler pour ce jeune
homme si fragile malgré ses apparences
colossales
et l'on se retient d'aller jeter
un coup d'il sur les dernières pages
pour se rassurer sur le sort d'un héros
dont l'esclave Hélicon - le narrateur -
nous fait partager les appréhensions quotidiennes
ainsi que les angoisses !
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"Lorsque Domenico Carro
et moi-même avons décidé de collaborer
à ce roman, explique Cristina RODRIGUEZ dans
postface du livre, ce n'était certes pas avec
l'intention d'écrire un livre d'Histoire ou de
réhabiliter qui que ce soit. Le César
aux pieds nus est, avant tout, une fiction. Une fiction
pour laquelle de méticuleuses recherches se sont
avérées indispensables mais une fiction
tout de même.
Si la plupart des événements et des analyses
historiques, parfois en contradiction avec les conclusions
de certains spécialistes, sont basés sur
des preuves concrètes, l'imagination trouve aisément
sa place dans ce récit. Toujours, cependant,
avec un souci de réalisme et de rigueur auxquels
nous avons refusé de renoncer au profit de la
créativité débridée. Notre
but était avant tout de faire découvrir,
ou redécouvrir, de façon ludique, une
partie de l'histoire romaine souvent mise à mal
par de nombreux films et idées reçues".
Une documentation solide pour soutenir une imagination
et des hypothèses hardies : tous les ingrédients
d'un roman historique de haut vol ! Car, comme l'affirme
Robert Merle, cet autre romancier ami de l'histoire
sans être esclave de l'"historiquement formaté"
: "L'histoire entière n'est que conjectures.
Car si on voulait s'en tenir aux faits nus, on se résignerait
à n'y entendre jamais rien".
Le César aux pieds nus de Cristina
RODRIGUEZ
est paru aux éditions Flammarion (2002) - Prix
: env. 22 EUR.
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| TOUJOURS
AVEC CALIGULA ET SON ESCLAVE HÉLICON
ET TOUJOURS DE CRISTINA RODRIGUEZ
UN POLAR ANTIQUE :
Les Mystères de Pompéi
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4e de
couverture :
En l’an 31, l’empereur Tibère,
désabusé et las des intrigues de
Rome, se retire à Capri. Une fin de règne
délétère commence, sur laquelle
plane l’ombre du terrible Séjan,
préfet du prétoire, à qui
l’empereur a confié le pouvoir, et
dont l’ambition est sans limite… Personne
n’ose s’opposer à ses hommes
de main. Personne ? C’est oublier Kaeso,
jeune centurion du corps des prétoriens
impériaux, une tête brûlée,
qui a le courage de s’insurger. Expédié
à Pompéi comme chef de la police,
il y découvre un climat de tourmente et
plonge dans l’œil du cyclone. Devant
l’urgence, Kaeso se lance à corps
perdu dans un enquête serrée et tente
de déjouer un complot qui pourrait bien
viser l’héritier du trône,
un certain Caligula. Le jeune homme a heureusement
de précieux alliés : Io, son fidèle
léopard; les gardes germaniques - ses frères
d’armes; Hildr, sa mère, guérisseuse
le jour et magicienne la nuit; et enfin sa propre
cousine, la ravissante Concordia, très
bien informée des secrets de la Cour …Le
prétorien en aura bien besoin.
Découvrir l'Antiquité romaine avec
Cristina RODRIGUEZ, c'est être au plus près
de la vie et de la tourmente, grâce à
un héros qui n'a pas froid aux yeux : l'irrésistible
centurion Kaeso.
Les Mystères de Pompéi
de Cristina RODRIGUEZ
est paru aux Editions du Masque - Coll. Labyrinthes
- env. 8,50 €
VOYEZ AUSSI :
|
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| |
Les Mémoires de Caligula :
Moi, Sporus, prêtre et putain
:
- Bibliothèque de Livresse : Clic
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Le César aux Pieds nus :
- romaeterna.org : Clic
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- Même l'empereur Auguste a apprécié
le bouquin ! : Clic
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Les Mystères de Pompéi
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Thya de Sparte
Dans ces pages, voir aussi :
- Un courrier de Cristina Rodriguez : Clic
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- Moi, Sporus, prêtre et putain : Clic
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