|
Appien, Guerres civiles
:
- Livre II, chapitre X, 71 : Cléopâtre et Ptolémée
envoient soixante navires pour renforcer la flotte de Pompée
aux prises avec César ;
- Livre II, chapitre XII, 84 : Cléopâtre est
partie d'Égypte et rassemble une armée en Syrie,
contre son frère ;
- Livre II, chapitre XIII, 90 : Après avoir établi
Cléopâtre sur le trône à la place de
son frère, César fait une croisière (400
navires) sur le Nil, et prend du bon temps avec Cléopâtre
;
- Livre II, chapitre XV, 102 : César fait placer dans "son"
temple de Venus Genetrix une belle statue de Cléopâtre,
à côté de celle de la déesse ;
- Livre II, chapitre XXI, 154 : "César procéda
de même, lorsqu'il demeura en Égypte pour y restaurer
le pouvoir de Cléopâtre" ;
- Livre III, chapitre XI, 78 : César a peut-être
laissé des légions à Cléopâtre.
Pseudo-Aurelius
Victor, Livre des hommes célèbres de Rome :
- LXXXV
Marc Antoine : "esclave de sa passion pour Cléopâtre"
;
- LXXXVI
la Reine Cléopâtre : conspiratrice, corruptrice,
libido démentielle la poussant à se prostituer,
beauté fatale prenant la vie à ses amants d'une
nuit, piquée par des aspics.
César, La guerre
civile :
- Livre III, chapitre CIII : Lorsque Pompée arrive, Ptolémée
est en train de faire la guerre à sa sur Cléopâtre,
qu'il vient de chasser du pouvoir avec l'aide de ses parents et
de ses favoris ;
- Livre III, chapitre CVII : César, empêché
de partir à cause des vents étésiens, estime
qu'il est de son devoir de régler le différent entre
Cléopâtre et Ptolémée. Il se pose en
arbitre ;
- Livre III, chapitre CIX : Le testament de Ptolémée
Aulète (le père) institue ses héritiers l'aîné
des ses fils et la plus âgée de ses filles.
Cicéron, Correspondance
:
- Lettres à Atticus, Att. XIV, 8 = DCCXXVII : Cicéron
écrit que la fuite de la reine ne lui cause aucun chagrin
;
- Lettres à Atticus, Att. XV, 15 = DCCLXVIII : l'orateur
proclame sa détestation de la reine, faisant allusion à
des promesses "d'ordre érudit" non tenues. Il évoque
également la superbe de la reine et l'arrogance de son
entourage pour justifier sa haine.
Dion Cassius, Histoire romaine
:
Dion écrit une histoire "à la Tite-Live",
ab Urbe condita, c'est-à-dire depuis les origines.
Il relate donc en détail les évènements, le
séjour (court) de Pompée et (plus long) de César
en Égypte (livre 42), puis la rivalité entre
Octavien et Marc Antoine, (livre 48, 50, 51).
Eutrope, Abrégé
de l'histoire romaine :
- Livre VI, 22.2 : César donne le royaume à Cléopâtre,
avec laquelle il avait coutume de se livrer à la débauche
- Livre VII, 6.1 : Antoine répudie Octavie et prend pour
épouse Cléopâtre, reine d'Égypte ;
- Livre VII, 7 : Antoine déclenche une formidable guerre
civile, sous l'impulsion de Cléopâtre, qui veut "avec
une passion toute féminine" régner aussi sur
Rome. Cléopâtre se fait piquer par un aspic et succombe
au venin.
Flavius Josèphe
- Contre Apion :
- Livre II, 56 : "Cléopâtre, reine d'Alexandrie"
;
- Livre II, 57 : inique et criminelle, en particulier contre
ses maris et ses amants, ses bienfaiteurs romains, et jusqu'à
sa sur l'innocente Arsinoé ;
- Livre II, 58 : assassine également son frère,
dépouille les temples et les tombeaux de leurs richesses,
se révolte contre le fils et successeur de César,
séduit et corrompt Antoine pour en faire un traître,
dépouillant des rois et en poussant d'autres au crime
;
- Livre VII, 59 : abandonna le père de ses enfants
en pleine bataille , l'oblige à livrer son armée
et son empire pour la suivre ;
- Livre VII, 60 : après sa défaite, ne put que
se suicider pour échapper à une punition bien
méritée. C'est donc tout à l'honneur
des Juifs que Cléopâtre ait refusé lors
d'une disette de leur distribuer du blé ;
- Livre VII, 61 : cette reine a reçu le châtiment
qu'elle méritait.
- Antiquités Judaïques :
- Livre XV, III, 5 : Hérode craint la malveillance
de Cléopâtre, qui ne cesse d'exciter Antoine
contre lui ;
- Livre XV, III, 8 : Antoine se laisse prendre aux
flatteries d'Hérode : les discours de Cléopâtre
restent sans effet. Antoine signifie à Cléopâtre
de rester en dehors des affaires de l'État. Animosité
de Cléopâtre contre Hérode, ses prétentions
territoriales sont calmées par l'octroi de la Clé-Syrie
;
- Livre XV, IV, 1 : Cléopâtre pousse Antoine
à déposséder tous les rois pour elle.
Elle a une forte influence sur lui, grâce à la
passion qu'il éprouve. Elle est d'une nature âpre
au gain, n'a aucun scrupule à piller et profaner pour
s'enrichir. Elle a assassiné son frère et sa
sur. C'est un reine avide et injuste, "prodigue et
esclave de ses désirs", capricieuse. Antoine semble
assujetti par des philtres. Il résiste faiblement,
en biaisant ;
- Livre XV, IV, 2 : Cléopâtre tente de séduire
Hérode. Elle est naturellement portée sans retenue
au plaisir des sens, mais il se peut qu'elle soit tombée
amoureuse d'Hérode. Hérode flaire un piège
et pense assassiner Cléopâtre, y renonce par
peur d'Antoine. Il la reconduit en Égypte en la comblant
de présents ;
- Livre XV, IV, 3 : Antoine livre les dépouilles de
l'Arménie à Cléopâtre.
- Guerre des Juifs :
- Livre I, 12, 4 : Antoine est asservi à Cléopâtre
par la passion ;
- Livre I, 14, 2 : Hérode est reçu avec faste
par Cléopâtre, qui espère le mettre à
la tête d'une expédition qu'elle prépare
;
- Livre I, 18, 4 : Antoine amoureux éperdu de Cléopâtre,
est subjugué par la passion. Cléopâtre
a assassiné toute sa famille, a maintenant soif du
carnage des étrangers. Comme elle l'a fait en Syrie,
elle calomnie les rois Hérode et Malchus afin de les
faire destituer par Antoine et s'emparer de la Judée
et de l'Arabie ;
- Livre I, 18, 5 : Antoine refuse de faire périr des
rois d'un tel prestige, mais ampute leurs territoires au bénéfice
de Cléopâtre. Hérode la désarme
par des flatteries, prend les territoires à ferme.
Antoine, de retour d'Arménie, offre Artabaze, fils
de Tigrane, à Cléopâtre. La totalité
du butin et des richesses, ainsi que le Parthe lui-même
lui sont par la suite offerts ;
- Livre I, 19, 1 : Les perfidies de Cléopâtre
empêchent Hérode de prendre part aux combats
d'Actium aux côtés d'Antoine. Elle veut faire
combattre Hérode et Malchus l'un contre l'autre, afin
de les éliminer et de s'emparer de leur territoires
;
- Hérode, ne pouvant plus être utile à
Antoine militairement, lui conseille de faire exécuter
Cléopâtre. Mais les oreilles d'Antoine sont bouchées
par sa passion pour Cléopâtre ;
- Livre I, 19, 2 : L'amour et la fidélité d'Antoine
pour Cléopâtre sont assimilées à
la folie ;
- Livre I, 20, 3 : Lorsque César arrive en Égypte,
Antoine et Cléopâtre sont déjà
morts. César fait don à Hérode de quatre
cents Gaulois antérieurement attachés à
la personne de Cléopâtre ;
- Livre I, 20, 3 : Une ruse de Cléopâtre a causé
la mort de Lysanias ;
- Livre VII, 8, 4 : Cléopâtre supplie Antoine
de faire assassiner Hérode et de lui accorder le trône
de Judée. Antoine n'obéit pas à ses ordres,
ce qui est étonnant vu l'esclavage dégradant
où le tient sa passion.
Florus, Épitomè
de Tite-Live :
- Livre II, 13 : Cléopâtre, prosternée aux
pieds de César, réclame sa part du royaume. César,
trompé notamment par la beauté de la reine, se laisse
abuser. César rétablit la reine sur son trône.
César rentre à Rome et célèbre plusieurs
triomphe. Le second est celui sur l'Égypte : on y voit
le Nil, Arsinoé et le Phare ;
- Livre II, 14 : Deux possibilités expliquent l'attitude
d'Antoine : soit il est indigné de voir Octave succéder
à César, soit, par amour pour Cléopâtre,
il se détache de Rome pour devenir roi. Son humeur est
inconstante ;
- Livre II, 21 : la fureur d'Antoine est éteinte en fin
de compte par le luxe et la débauche. Il s'éprend
de Cléopâtre et "c'est ainsi qu'une Égyptienne
demande l'Empire romain à un général ivre,
pour prix de ses faveurs" Et Antoine le lui promet. Il s'abandonne
tout entier au "monstre", et adopte un costume oriental
quasi-royal, il ne lui manque que le diadème "pour que
ce fût aussi en roi qu'il pût jouir d'une reine".
Cléopâtre est la première à donner
le signal de la fuite. Elle se prosterne aux pieds de César,
et essaye d'attirer ses regards, mais "sa beauté ne
vainquit pas la chasteté du prince". Constatant son
échec, elle se réfugie dans son mausolée,
et se laisse glisser dans la mort comme dans le sommeil, aux côtés
de son cher Antoine.
Pseudo-César
(Aulus Hirtius ?), Guerre d'Alexandrie :
- XXXIII : César établit sur le trône les
souverains désignés dans le testament de Ptolémée
Aulète, c'est-à-dire, l'aîné étant
mort, qu'il donne le royaume au cadet ainsi qu'à Cléopâtre,
restée fidèle. Il emmène la séditieuse
Arsinoé, et laisse des troupes en Égypte.
Horace, Odes et Épodes
:
L'Ode XXXVII célèbre la victoire
d'Actium. Cléopâtre est présentée dans
la première partie (vers 1-21) comme une folle, ivre de débauche
malsaine et de vin maréotique, et grisée par "les
douceurs de la Fortune", qui préparait la ruine de Rome.
Elle est qualifiée de "monstre élu du destin"
(fatale monstrum). Dans la seconde partie (vers 21-32), Cléopâtre
est présentée comme une "femme au cur haut",
dotée d'une certaine noblesse et d'un indéniable courage,
d'ailleurs peu féminin. Elle est réhabilitée
par la grâce de son suicide.
Horace est visiblement influencé par les conceptions stoïciennes,
qui professent la prépondérance de la Fortune et
du Destin. La grandeur de l'Homme et la clé de son éventuel
bonheur réside dans la prise de conscience des dimensions
de la liberté, et dans l'action conséquente. Cléopâtre
est donc le monstre élu par le destin pour s'opposer à
Rome, et être vaincu par Octave, dont la destinée
était évidemment de vaincre (tout flatteur vit aux
dépens de celui qui l'écoute). Toutefois sa mort,
qui s'inscrit parfaitement dans les canons du stoïcisme,
la réhabilite dans l'esprit du poète, c'est pourquoi
la fin du poème sonne si différemment du début.
Juvenal, Satires :
Dans la satire II, lignes108-110, le poète,
qui déblatère d'une manière générale
contre l'hypocrisie et en particulier contre la débauche
des efféminés, oppose à ces efféminés
les guerrières et martiales Sémiramis et Cléopâtre.
Lucain, la Pharsale
:
Lucain est un lui aussi un stoïcien. La Pharsale
est consacrée à la lutte entre César et Pompée,
et le dernier livre (X) relate les aventures de César en
Égypte. Les personnages, orgueilleux jouets du Destin et
de la Fortune, sont présentés sont un jour peu favorable,
mis à part Pompée, qui a le beau rôle, épique
et tragique. Cléopâtre est dépositaire d'à
peu près tous les défauts : corruptrice d'un César
qui n'en a guère besoin, beauté malfaisante, perfide
et conspiratrice, étrangère, incestueuse, audacieuse,
menteuse, adultère, fastueuse, luxurieuse, impudique, vaniteuse,
cupide.
Fait intéressant, elle est comparée à Hélène,
beauté malfaisante qui entraîna la ruine de Troie.
Au-delà même de l'intérêt de la comparaison,
ressort cette vieille vision péjorative que la Romains
ont de la beauté, comme étant propre à générer
le dérèglement des sens et la passion.
Autre aspect intéressant, Cléopâtre comme
instrument du Destin : "fatale Erinys du Latium", c'est-à-dire
suscitée par le Destin pour punir Rome, au moins si l'on
se réfère à la fonction des Érinyes-Furies
dans la mythologie. Il s'agit peut-être d'une allusion implicite
à la suite des évènements, la seconde venant
de manière plus explicite pour dédouaner Antoine
de son "amour insensé" à la lumière
de celui que le rude César lui-même porta à
Cléo.
Macrobe, Saturnales
:
Macrobe, dans le livre III, 14, relate l'histoire de la
perle dissoute dans le vinaigre, dans le cadre général
d'une discussion sur les lois somptuaires. Le vice principal reproché
à nos deux duettistes est évidemment ici la gloutonnerie,
c'est ce défaut (= ambition) qui les pousse à "vouloir
faire de l'Empire Romain un royaume d'Égypte".
Orose (et non Paul Orose),
Histoires contre les Païens :
Orose (Livre VI, 16.1 ; 19.3 ; 19.8-19 relate les évènements
sans rentrer trop avant des les détails. Il écrit
que César avait fait venir des Psylles (charmeurs de serpents)
pour aspirer le venin des blessures de Cléopâtre.
Pline l'Ancien, Histoires
naturelles :
Pline (Livre IX, 6) relate l'histoire de la perle, dans
le cadre d'exemples de luxe. Cléopâtre est qualifiée
de "courtisane couronnée".
Plutarque, Vies :
Voir ;
Properce, Élégies
:
Cléopâtre, (III, XI), est celle qui apporta
l'opprobre aux armes romaines, une prostituée qui s'offrait
à ses esclaves et qui demandait à Antoine l'Empire
Romain pour prix de ses faveurs.
Properce a pour thème quasi unique dans son uvre
les turpitudes de l'amour, et le ton de ses élégies
varie en fonction des hauts et des bas de sa relation avec Cynthie.
Le jour de l'élégie XI du livre III doit être
un mauvais jour, car Properce reprend et développe à
l'envi le thème de l'esclavage amoureux, en le déplorant
assez hypocritement d'ailleurs. Il énumère les femmes
qui avant Cynthie ont, elles aussi, soumis des hommes aussi puissants
soit-il à leur empire : Médée, Penthésilée,
Omphale, Sémiramis, puis passant du mythe à la réalité,
Cléopâtre. Il termine sur des louanges à César,
vainqueur de cette femme.
Sénèque le
Philosophe, Lettres à Lucilius :
Dans le cadre d'une démonstration contre l'ivrognerie,
Sénèque utilise l'exemple d'Antoine comme modèle
du grand homme perdu par l'intempérance. C'est donc son ivrognerie
et son amour pour Cléopâtre, qui égalait sa
passion pour le vin, qui l'ont fait passer sous la coupes de murs
étrangères, de vices inconnus des Romains. (Livre
X, 83, 25)
Suétone, Vies des
Douze Césars :
- Vie de César :
- César, XXXV : vainqueur, César laisse
le royaume d'Égypte à Cléopâtre
et à son frère cadet
- César, LII : la plus grande passion de César
fut pour Cléopâtre. Il lui offre des festins
et l'emmène avec lui sur le Nil. Il la fait venir à
Rome et ne la renvoie que comblée de présents
et d'honneurs. Il accepte que Cléopâtre donne
son nom au fils qu'elle vient d'avoir. Toutefois la paternité
de César est contestée par la suite.
- Vie d'Auguste :
- Auguste, XVII : Auguste fait venir des psylles pour
sucer le venin des plaies de Cléopâtre, qu'il
tient à préserver pour son triomphe. Suétone
ne présente pas le fait que Cléopâtre
ait été piquée par un aspic comme certain.
Auguste accorde à Cléopâtre et Antoine
l'honneur d'une sépulture commune et fait achever leur
tombeau. Il met à mort Antyllus (fils d'Antoine et
de Fulvie) et Césarion, mais traite généreusement
les enfants d'Antoine et Cléopâtre.
Tertullien, Ad martyras
:
Dans ce bel exercice de rhétorique destiné
à consoler les futurs martyrs, Tertullien exalte la force
de l'âme, qui doit soutenir et maîtriser la chair. Il
cite un certain nombre d'exemples de cette force de caractère,
et souligne que les femmes y ont tenu leur place : Lucrèce,
Didon, la femme d'Asdrubal, et Cléopâtre.
Velleius Paterculus, Histoire
romaine :
- Livre II, LXXXII : l'ardente passion qu'Antoine nourrit pour
Cléopâtre, associée à tous les vices
suscités par la richesse, les flatteries et la licence,
le decide à déclarer la guerre à sa patrie
;
- Livre II, LXXXV : Cléopâtre est la première
à prendre la fuite. Antoine préfère la suivre
que de rester auprès de ces hommes. "on peut se demander
s'il eut usé de la victoire à son goût ou
à celui de Cléopâtre".
Virgile, Énéide
:
Description du bouclier d'Énee, sur lequel sont
représentés les principaux épisodes de l'histoire
des Romains. Au centre, on trouve la représentation d'Actium,
présenté comme la bataille entre Rome et les barbares.
Virgile, comme Properce et Horace, ne désigne jamais Cléopâtre
par son nom, mais utilise une périphrase.
|