Enfin
rentré à Rome, il entreprit sa marche vers le pouvoir
absolu auquel il allait être porté par le consentement
(résigné) du peuple.
Il fut sans doute impliqué, mais ce rôle reste assez
obscur, dans la conjuration de Catilina, (-63). À cette occasion,
il s'opposa aux mesures radicales (et illégales) d'un Cicéron
par ailleurs fort suspect d'avoir monté en épingle
ce minable complot populiste pour se poser en "Sauveur de la
République" et en "Père de la Patrie".
Préteur en -62, propréteur d'Espagne en -61, Jules
forma ensuite un Triumvirat avec Pompée et Crassus.
Lui-même apportait à l'association son génie
politique, Pompée son prestige militaire et le richissime
Crassus, les fonds indispensables pour séduire la plèbe.
C'est ainsi que César obtint le consulat en -59. Cependant,
pour égaler la gloire de Pompée, il lui fallait aussi
un grand commandement militaire. Il se fit donc attribuer les proconsulats
de Gaule cisalpine et de Narbonnaise pour -58.
L'autorité de Rome, limitée,
à cette époque, à une simple bande littorale
entre Monaco et Narbonne, allait, grâce au "Génie de
César", s'étendre désormais à l'intérieur
des terres gauloises.
Prenant prétexte d'une invasion d'Helvètes, eux-mêmes
poussés dans le dos par les Germains, et à la requête
de certaines tribus gauloises, épouvantées, César
envahit la Gaule.
La supériorité militaire des légions romaines
fit merveille : les Helvètes furent bien vite refoulés
dans leurs cantons et les Germains d'Arioviste rejetés au-delà
du Rhin.
Cependant si les Gaulois croyaient s'être débarrassés
à bon compte des demandeurs d'asile suisses et des envahisseurs
germaniques, ils se trompaient lourdement ! Son mandat terminé,
leur "protecteur", leur "sauveur" Jules César ne faisait
pas mine de quitter le pays ! Il s'enracinait même, prétendant
subjuguer les imprudentes tribus gauloises et coloniser, romaniser
toute la Gaule !
Au nord de la Gaule, les Belges se révoltèrent.
D'où venaient, qui étaient réellement ces "Belges"
?
En vérité, on ne le sait pas trop.
Jules César, qui, on l'a assez dit, les qualifie de "fortissimes"
(fortissimi sunt Belgae - "Extrêmement courageux sont
les Belges !")), prétend aussi que certaines d'entre
leurs tribus seraient, en fait, composées des descendants
de guerriers germains qui auraient passé le Rhin dans les
bagages des Cimbres, des Teutons et consorts, puis se seraient dissociés
du gros de la troupe pour s'installer dans ce qui deviendra la Belgique.
En outre, d'autres tribus belges, peu satisfaites de leur nouveau
territoire ou qui avaient la bougeotte, passèrent la Manche,
colonisèrent également les îles anglaises, puis
passèrent en Irlande où on les appela les "Fier
Bolg", les "nobles Belges".
Mais de tout ce folklore celtique, César n'en
avait rien à cirer !
Si les Belges résistaient, ils seraient écrasés,
tout "fortissimi" qu'ils fussent ! Et ce fut la bataille
dite de la "Sabis" (-57), du nom d'une rivière que
les historiens ont bien du mal à situer sur la carte (Sambre
?).
Dévalant la pente opposée de
la vallée, franchissant la rivière à
la nage, remontant au pas de charge l'autre versant, une masse
compacte de guerriers belges, provenant de diverses tribus
coalisées mais constituée surtout de Nerviens,
attaqua par surprise le camp de César.
Celui-ci, voyant que tout se déglinguait autour de
lui, se précipita aux avant-postes, et, l'épée
à la main, rétablit les lignes qui menaçaient
d'être enfoncées. Trois légions, attardées,
arrivèrent juste à temps pour dégager
le camp du général en chef et donner la victoire
aux aigles romaines.
"Mais L'ennemi, même alors qu'il ne lui restait plus
guère d'espoir, montra un tel courage que, quand les
premiers étaient tombés, ceux qui les suivaient
montaient sur leurs corps pour se battre, lançaient
des traits sur nos soldats et renvoyaient les javelots qui
manquaient leur but. Ainsi, ce n'était pas une folle
entreprise pour des hommes d'un pareil courage, il faut le
reconnaître, que d'avoir osé franchir une rivière
très large, escalader une berge fort élevée
et monter à l'assaut d'une position très forte.
Cette tâche, leur héroïsme l'avait rendue
facile" (César, Guerre des Gaules, II, 27).
Les Belges finirent par être écrasés
Mais César avait eu chaud. Très chaud !
La Belgique vaincue et conquise, il restait à César
à pacifier le reste de Gaule.
Malgré les révoltes d'Ambiorix, en Belgique
(-54 / -53), et de Vercingétorix, en Auvergne (-52),
tout fut assez vite réglé. (Seul un petit village
résista, encore et toujours, à l'envahisseur,
etc
).
César put même se payer le luxe d'une excursion
militaire en Britannia (Grande-Bretagne), histoire de donner
aux indigènes un aperçu de la puissance romaine
et de les dissuader de porter secours à leurs frères
gaulois et belges.
Jules avait acquis la gloire militaire.
Il bénéficiait aussi une renommée littéraire
considérable : ses "Commentaires sur la Guerre des
Gaules" étaient (et sont toujours) considérés
comme un chef d'uvre de style, de précision et
de concision ; des générations de latinistes
débutants peuvent en témoigner !
Mais la situation politique ne cessait de se détériorer.
Depuis la mort de Crassus en 53 av. J.-C., le triumvirat n'existait
plus. César et Pompée restaient seuls à
s'affronter. Or, deux maîtres pour Rome, c'était
un de trop ! |
|
 |
César était aimé
du peuple, tandis que Pompée disposait de l'appui inconditionnel
du Sénat. Le vainqueur de Mithridate tenta donc, par
des mesures assez maladroites, de dépouiller son rival
de tous ses commandements, tant civils que militaires. Sous
prétexte de troubles en Orient, deux légions
furent retirées au vainqueur de Vercingétorix.
Ensuite, le Sénat, toujours manipulé par Pompée,
s'opposa à toute prolongation des pouvoirs de César
et l'obligea de venir en personne à Rome pour briguer
le consulat pour l'année -49.
Longtemps, César ne broncha pas, subissant avanie
sur avanie sans moufter et faisant même montre d'une
modération et d'un esprit de conciliation exemplaires.
Il faut aussi dire qu'Antoine
et Cassius, tribuns du peuple et partisans de César,
usaient et abusaient de leur droit de veto pour saper les
menées de ses adversaires.
Mais, à la séance du Sénat du 7 janvier
-49, les tribuns, dont l'intégrité physique
était pourtant sacrée, furent molestés
par les Sénateurs et durent s'enfuir de Rome.
César, qui se trouvait à Rimini (Ariminium),
estima alors que la légalité avait été
bafouée, et marcha sur Rome à la tête
de ses troupes pour "rétablir l'ordre".
Alea jacta est ("les dés en sont jetés")
aurait-il dit - mais cela est loin d'être prouvé
- en franchissant le Rubicon, un insignifiant ruisselet séparant
la Gaule cisalpine de l'Italie proprement dite... insignifiant
certes, mais qui n'en marquait pas moins la limite qu'aucun
général romain en armes ne devait franchir,
sous peine d'être considéré comme un "ennemi
de l'État".
Jules s'empara sans difficulté de Rome, abandonnée
par Pompée et par la plupart des Sénateurs puis
se prépara à affronter son rival qui s'était
réfugié dans des Balkans avec une armée
considérable, bien plus nombreuse que la sienne.La
rencontre décisive se déroula en Thessalie (Grèce),
à Pharsale, le 9 août -48.
Au soir de la bataille, l'armée de Pompée était
littéralement écrasée. César lui,
sur les vingt-deux mille hommes dont il disposait, n'avait
perdu "que" dix centurions et deux cents légionnaires |
Après avoir, un temps, erré
en Méditerranée orientale, Pompée, vaincu se
réfugia en Égypte, où il fut assassiné
sur ordre du roi Ptolémée XIII (16 octobre -48).
Quelques jours plus tard, César arrivait à
son tour à Alexandrie d'Égypte.
En guise de cadeau de bienvenue, le gouvernement égyptien
ne trouva rien de mieux que de lui offrir la tête, encore
sanglante, de Pompée. César s'en détourna,
écœuré : Pompée le Grand, le "triumvir",
avait été jadis son allié et même son
gendre (le vainqueur de Mithridate avait été marié
à Julia, fille unique de César - le décès
de celle-ci, en septembre 54, distendit considérablement
les liens d'amitié qui, jusque-là, unissaient les
deux politiciens).
 |
Puisqu'il se trouvait en Égypte, César
en profita pour remettre de l'ordre dans le pays.
Entre le pharaon Ptolémée XIII et sa sur-épouse
Cléopâtre,
c'était la guerre. Le jeune roi contrôlait Alexandrie
et l'essentiel du pays, tandis que sa sur s'était
s'enfuie au diable Vauvert.
Un jour, un serviteur se présenta aux portes du palais
où résidait le général romain.
Un admirateur anonyme l'avait chargé d'apporter un
cadeau à Jules, un somptueux tapis d'Orient. L'homme
insistait pour le lui remettre en mains propres. À
force d'insistance, de supplications (et de bakchichs), le
portefaix franchit toutes les portes, toutes les sentinelles
et arriva devant César. Il déposa précautionneusement
son fardeau par terre, retira les ficelles qui maintenaient
l'étoffe roulée, déroula enfin le tapis
et
qui apparut ? La petite Cléopâtre
en chair, en os et en nez ! La sur et épouse
du Pharaon d'Égypte !
Coup de foudre !
César fut sans doute aussitôt séduit ;
autant par l'ingénieuse ruse que par le joli minois
de la petite reine. Cléopâtre, elle, de son côté,
tombait probablement sous le charme de cet alerte quinquagénaire,
de ce descendant de Vénus qui avait affronté
et vaincu d'innombrables armées barbares, de ce puissant
général romain qui lui rendrait, à elle
et à elle seule, le trône d'Égypte et
qui peut-être, pourrait même un jour, restaurer
l'empire d'Alexandre. |
Effectivement César allait tenter d'éliminer
le roi-époux-frère de la belle Cléopâtre
pour donner à celle-ci tout pouvoir en Égypte. Mais
les choses se compliquèrent : le parti du Pharaon était
bien plus puissant que César ne l'avait prévu. Le
grand Jules se trouva bientôt assiégé, encerclé
dans le palais d'Alexandrie, avec seulement une poignée de
légionnaires pour repousser toute la populace d'Alexandrie
et affronter l'armée de Ptolémée XIII, commandée
par l'eunuque Ganymède, un général de raccroc,
certes, mais énergique et très compétent.
Une nouvelle fois, Jules n'en menait pas large.
Après avoir vainement tenté de rompre l'encerclement
ennemi, force lui fut d'appeler ses alliés au secours.
Les plus proches étaient les Juifs. Ceux-ci se mirent en
campagne sous la conduite d'Antipater (en latin) ou Antipatros (en
grec). Cet Antipas, arabe Iduméen selon certaines sources,
Juif gouverneur de l'Idumée selon d'autres, était
surtout le Premier ministre d'Hyrcan II, Grand Prêtre et roi
(fantoche) des Juifs. Antipas était aussi le père
du futur roi des Juifs Hérode le Grand, de si détestable
réputation.
Joignant ses forces à celles de Mithridate de Pergame, le
"Maire du Palais" juif parvint briser l'étau égyptien
et à libérer César (24 mars -47). Le surlendemain,
Jules et ses alliés orientaux écrasaient l'armée
du pharaon lors d'une bataille sanglante.
Ptolémée XIII trouva la mort en s'enfuyant, noyé
dans le Nil.
Débarrassé des opposants égyptiens,
César s'en fut alors faire une petite croisière sur
le Nil
Voyage de noces ? Tourisme culturel ? Initiation aux mystères
religieux et ésotériques de l'ancienne Égypte
? Inventaire des ressources fiscales du pays ? Sans doute un peu
de tout cela. Quoi qu'il en soit et quels que fussent les motifs
de cette excursion, César et sa royale maîtresse remontèrent
le Nil jusqu'à Assouan, conçurent sans doute le petit
Césarion, puis s'en revinrent dare-dare à Alexandrie
tant la situation politique requérait à nouveau la
vigilance, la présence et l'intervention du divin Jules.
(Juillet -47).
Malgré la sanglante bataille de Pharsale et
la mort du Pompée, le parti sénatorial renaissait
de ses cendres en Afrique (du Nord) autour de Caton le Jeune (dit
"Caton d'Utique), tandis que les légions de César,
stationnées en Italie et privées depuis trop longtemps
de la présence (rémunératrice) de leur chef,
paraissaient prêtes à se révolter.Mais César
n'était pas un larbin qui rapplique quand on le siffle !
Pas question pour lui de quitter l'Orient romain sans avoir imposé
partout la paix romaine !
Or, un certain Pharnace, roi du Pont (rives de la Mer Noire) refusait
de se soumettre à Rome.
Son compte fut vite réglé.
 |
Le 13 juillet -47, César
débarquait à Beyrouth, rassemblait toutes les
légions du coin et leur faisait traverser à
toute vitesse les brûlants plateaux brûlants d'Anatolie.
Quelques jours plus tard (2 août -47) l'armée
du présomptueux souverain oriental était anéantie,
Pharnace destitué et remplacé par son frère
Mithridate de Pergame, celui-là même qui, avec
le ministre juif Antipas, avait tiré Jules du guêpier
alexandrin. Commentaire de Jules : Veni, Vidi, Vici,
"Je suis venu, j'ai vu, j'ai vaincu".
De retour en Italie, César reprit fermement en main
ses légions mutinées puis se prépara
à déloger les "Pompéiens" d'Afrique du
Nord.
Ce n'était chose aisée car, en fait, ses adversaires
(Caton, Labienus, Metellus Scipion et Juba Ier, roi de Numidie)
semblaient plus puissamment armés, plus riches et mieux
approvisionnés que lui. En outre, ses propres soldats,
gavés de belles promesses, mais impayés depuis
des lustres, continuaient à grogner. Il lui fallait
donc faire au plus vite !
Malgré son infériorité numérique,
il débarqua à Hadrumète (auj. Sousse,
en Tunisie) et ce fut la bataille de Thapsus, rendue célèbre
par un épisode d'Astérix (Astérix
légionnaire).
Les forces "pompéiennes", commandées par Metellus
Scipion, ne se décidaient pas à attaquer. César
lui-même semblait hésiter. Ce furent les vétérans
de César qui prirent l'initiative : faisant fi de la
tactique prudente de leur imperator, ils se ruèrent
à l'assaut des lignes pompéiennes, les rompirent
et se livrèrent un épouvantable carnage, massacrant
leurs ennemis jusqu'au dernier. Seuls les chefs de l'armée
"sénatoriale" parvinrent à s'échapper
(4 avril -46).
Quelques jours plus tard (12 avril), Caton le Jeune (Marcus
Porcius Cato) se suicidait à Utique.
Les provinces africaines, avec toutes leurs richesses et leurs
immenses réserves céréalières
étaient désormais aux mains de César
et celui-ci, qui s'était enfin acquitté de ses
dettes envers ses soldats, put rentrer à Rome. |
Pour peu de temps !
Le parti pompéien avait à peine été
écrasé en Afrique qu'il renaissait en Espagne.
Cette fois c'était Cnæus Pompée, le fils
aîné du Grand Pompée, qui brandissait l'étendard
de la révolte. Il avait étrillé les maigres
forces dont César disposait en Espagne après avoir
réuni autour lui tous les ennemis de César, en particulier
Labienus, l'ancien lieutenant du conquérant des Gaules mais
qui était devenu son plus farouche adversaire.
Et le vieux César (il avait cinquante-six ans, âge
vénérable à l'époque) de se remettre
en route, casque en tête et cuirasse aux flancs.
La dernière bataille entre le divin Jules et ses adversaires
pompéiens se déroula le 17 mars -45 à Munda,
non loin de Cordoue. Manque de bol, César, ce jour-là,
n'était pas au mieux de sa forme : il se remettait à
peine d'une de ces crises d'épilepsie auxquelles il était
sujet.
Il émergea à grand-peine de son lit de douleur, et,
tête lourde, oreilles bourdonnantes et jambes flageolantes,
se traîna devant ses troupes, déjà alignées
en ordre de bataille face à l'ennemi, pour les haranguer
: "Soldats ! leur s'écria-t-il en substance, voici
la dernière bataille qu'il vous faudra livrer contre vos
concitoyens ! C'est la der des der, je vous le promets ! Une fois
ces ennemis exterminés, nous pourrons triompher à
Rome avant de nous lancer dans d'autres aventures, encore plus glorieuses
et plus profitables, je vous le garantis !".
Mais, pour la première fois, ses soldats ne furent pas convaincus.
Les Pompéiens étaient deux fois plus nombreux qu'eux,
et puis, la crise de "haut-mal" qui avait frappé l' imperator
leur semblait de mauvais augure, un averissement des dieux peut-être...
Ils restèrent donc figés, l'arme au pied, comme épouvantés.
| César alors commença à
avoir peur. Non pour sa vie, mais pour son honneur. "Les
dieux ne m'ont-ils accordés tant de victoires que pour
me voir succomber ici ? se dit-il. Si telle est leur
volonté, autant mourir en combattant !" Alors,
forçant son corps encore endolori à lui obéir,
il se lança seul, tout seul, glaive à la main,
à l'assaut des lignes ennemies
Geste désespéré, mais décisif
! Après un bref moment d'hésitation, ses soldats,
émerveillés de l'audace, de la bravoure de leur
vieux général, entraînés par son
charisme quasi surnaturel, suivirent son exemple et se ruèrent
eux aussi à l'attaque, comme un seul homme.
Au soir, l'ultime armée "pompéienne"
était anéantie.
Quant au fils aîné de Pompée, en fuite,
il sera exécuté par des soldas quelques jours
plus tard.
César, désormais seul maître du monde
méditerranéen, allait gouverner en souverain
absolu, mais sans sortir du cadre républicain.
Déjà chef de la religion romaine en qualité
de grand pontife, il s'était également fait
décerner la dictature pour dix ans en-46 et était
devenu, en même temps, consul annuel.
En -44 il fut nommé dictateur et censeur à vie
en Italie.
Mais ces dignités" républicaines" ne lui suffisaient
pas : poussé sans doute par la belle Cléopâtre
qui l'avait rejoint à Rome au grand scandale des Romains
traditionalistes, il aspirait au titre de roi, non par gloriole
personnelle, mais pour mieux asseoir son prestige auprès
des populations orientales avant d'engager une grande expédition
militaire contre les Parthes.
À la séance du Sénat qui devait lui
accorder ce titre (Ides de mars, 15 mars -44), il fut tué
à coups de poignards par les conjurés menés
par M. Junius Brutus, qui était, peut-être,
son fils "de la main gauche. |
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Dans son excellent livre "Cléopâtre
ou le rêve évanoui", (Librairie
académique Perrin), Jacques Benoist-Méchin,
vieux facho mais auteur souvent pénétrant, compare
très intelligemment les destinées d'Alexandre
le Grand et de notre Jules :
"L'un (Alexandre) se présente à nous
comme un adolescent impétueux, paré de toutes
les séductions de la jeunesse et qui semble avoir l'éternité
devant lui ; l'autre (César) comme un homme
mûr, aux tempes grisonnantes, auquel le temps est parcimonieusement
mesuré. Alexandre est poussé en avant par une
ivresse dionysiaque. Rien ne paraît le contraindre à
faire ceci plutôt que cela. Il danse à travers
les sables dorés de l'Asie et c'est pourquoi sa conquête
garde la grâce et la liberté d'un jeu. Tandis
que César parcourt le monde d'un pas grave et réfléchi.
Chaque étape de sa carrière est commandée
par la nécessité. Sans cesse, un délai
rigoureux lui est imparti. Il faut, à jour nommé,
qu'il franchisse le Rubicon ; il faut qu'il rattrape Pompée,
avant qu'il ne soit trop tard ; il faut qu'il mette un terme
rapide à la guerre civile, sans quoi le monde entier
sombrera dans le chaos.
Alexandre, l'immortel, semble protégé du danger
par une cuirasse invisible. Rien ne paraît pouvoir trancher
le fil de ses jours. César, éminemment mortel,
est exposé à tous les périls et le poignard
de ses assassins ne l'épargnera pas. Sans doute ont-ils
l'un et l'autre la même ardeur créatrice, qui
se traduira par deux des plus belles chevauchées que
l'histoire ait retenues. Mais l'un tire son pouvoir de sa
fougue et de son imagination, l'autre de son audace et de
sa volonté de puissance. Porté par son propre
mythe, le premier semble voler de prodige en prodige. Le second,
pris dans les obligations astreignantes de la politique, n'obtient
rien qu'en respectant l'enchaînement serré des
causes et des effets. Alexandre clôt la série
des demi-dieux antiques ; César ouvre celle des chefs
d'État modernes." |
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